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  • il y a 2 semaines
Ce vendredi 17 avril, la nette progression du Nasdaq Composite a été analysée par Christopher Dembik, conseiller en stratégie d'investissement chez Pictet AM, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01À 9h07, on va rejoindre Christopher Dembic qui nous attend depuis Pictet Asset Management,
00:06conseiller en stratégie d'investissement. Bonjour Christopher, merci de nous consacrer
00:10quelques minutes ce matin pour parler de l'emploi aux Etats-Unis. Dans un instant,
00:14nous reviendrons sur les inscriptions hebdomadaires au chômage qui ont été publiées hier,
00:17mais surtout sur les nombreux records qui sont touchés en ce moment sur le marché action,
00:22avec un S&P 500 qui est sur des plus hauts, au-delà des 7000 points,
00:25quand le Nasdaq a touché hier un nouveau record également, 12e séance dans le vert.
00:31Il faut revenir à 2009, Christopher Dembic, pour voir 12 séances dans le vert consécutives à Wall Street.
00:37Ça y est, c'est déjà le retour du FOMO, la peur de louper la hausse en quelque sorte.
00:42Complètement. Bonjour Etienne. C'est vraiment ce scénario-là qui se manque là.
00:45On s'en doutait à un certain stade, c'est-à-dire que le conflit au Moyen-Orient,
00:49même s'il va avoir des répercussions économiques qui vont durer pendant plusieurs mois,
00:52à un trimestre, que le marché allait passer rapidement à autre chose,
00:55une fois que l'intensité de la guerre était derrière nous.
00:58Et c'est ce qu'on constate. Alors bien évidemment, le calendrier joue.
01:01Vous l'avez déjà évoqué en introduction plusieurs résultats d'entreprise.
01:03Donc ça, ça joue énormément.
01:05Peut-être que l'enseignement qu'on peut tirer, c'est qu'après la période un peu de panique qu
01:09'il y a eu,
01:10on voit que quasiment tous les indices, et aussi bien du côté américain,
01:13qui a été quand même plutôt résilient dans la durée du conflit,
01:16mais même des indices qui avaient beaucoup plus souffert.
01:18Si on regarde par exemple le COSPI, qui est l'indice sud-coréen,
01:22on a une hausse depuis le début du mois d'avril d'à peu près 22%.
01:25Alors bien sûr, à chaque fois, ça s'explique par la composition de l'indice.
01:29Par exemple, du côté de l'indice sud-coréen, vous avez beaucoup de semi-conducteurs
01:32qui ont plutôt très bien profité du contexte actuel,
01:35avec des ventes qui restent toujours en hausse, donc bien orientées.
01:38Mais le message qu'on peut mettre en avant,
01:40et c'est un message d'ailleurs qu'on mettait en avant au début du conflit,
01:43c'est-à-dire que les marchés surréagissent, puis par la suite, finalement,
01:47ils ont tendance quand même à atténuer l'effet de ces conflits géopolitiques,
01:50même si les répercussions économiques peuvent perdurer,
01:53et on est exactement dans ce scénario.
01:55Alors certes, certaines entreprises peuvent être encore prudentes
01:57et imputer des mauvais résultats au conflit,
02:00le secteur du luxe l'a fait notamment,
02:03mais globalement, effectivement, on est orienté dans une autre fenêtre.
02:06Il y a peut-être, dernier point, un élément aussi qui a beaucoup joué,
02:09c'est qu'au tout début du conflit,
02:11vous aviez cette tendance à considérer que l'inflation allait rebondir très durablement,
02:15que les banques centrales allaient augmenter le loyer de l'argent.
02:18La réalité, c'est que tout ça s'est un peu retombé, heureusement d'ailleurs,
02:22et quand on regarde le consensus Bloomberg,
02:24en termes d'anticipation de l'inflation,
02:26c'est tout simplement une inflation qui va être transitoire,
02:28avec probablement des banques centrales qui n'ont pas su réagir,
02:31d'ailleurs du côté de la Fed,
02:33et même d'ailleurs un loyer de l'argent,
02:35si on regarde un indicateur de référence sur le marché du crédit à court terme aux États-Unis,
02:40qui s'appelle le SOFR,
02:41vous avez atteint, il y a quelques jours de cela, un point bas depuis 2022.
02:45C'est une bonne nouvelle,
02:46ça veut dire que les conditions financières restent en tout cas très bonnes.
02:49Donc il y a quand même un contexte qui est favorable, malgré tout,
02:52pour une hausse durable des marchés actions.
02:54Quand vous échangez avec vos clients, Christopher Dembic,
02:57comment aujourd'hui les conseiller, les guider face à un tel rallye,
03:02parce que c'est vrai que là, ça fait quand même 12 jours que le Nasdaq est dans le vert,
03:05mais il ne va pas enchaîner comme ça à 20 ou 30 séances,
03:07il y aura bien une pause à un moment ou à un autre.
03:09Et puis surtout, aujourd'hui, comment arbitrer son portefeuille
03:13face à des marchés qui ont totalement changé de paradigme ?
03:15En début d'année, c'était, il faut allouer son capital sur l'Europe, sur l'Asie,
03:19faire plutôt une pause sur les US,
03:21et puis là, depuis 15 jours, 3 semaines, c'est un retournement total de la situation.
03:25Alors je pense que d'une certaine manière, j'avais un peu de chance,
03:28sur une grande partie de ma clientèle,
03:29ils avaient effectivement réduit leur position,
03:31et c'est ce qu'on avait mis en avant en début d'année,
03:33sur les États-Unis, mais pour être très transparent,
03:37réduire les expositions, ça veut dire qu'on restait malgré tout
03:39quasiment à 60% en moyenne dans leur portefeuille sur des actions américaines.
03:43Donc vous savez qu'on partait de très très haut,
03:45donc ils bénéficient largement du rallye actuel,
03:48et même de la résilience pendant le conflit.
03:51Beaucoup ont été opportunistes en gardant du cash,
03:53un peu plus que d'habitude au tout début du conflit,
03:56ce qui leur a permis pour certains de faire des belles opérations.
03:58J'ai un client institutionnel, une grande mutuelle, notamment française,
04:02qui a décidé d'aller sur les valeurs des logiciels,
04:06qui a été énormément sanctionné en tout début d'année,
04:08et finalement qui a fait une belle opération pendant le conflit.
04:11Donc garder du cash pour saisir quelques opportunités.
04:15Mais peut-être ce qui est assez frappant,
04:16c'est que j'ai l'impression sur, en tout cas,
04:19essentiellement sur la clientèle institutionnelle,
04:21beaucoup ont tellement eu à gérer ces dernières années du risque géopolitique,
04:25que peu ont paniqué,
04:26et beaucoup se sont dit « c'est temporaire,
04:28on fait le dos rond au grand maximum,
04:30et on ne change pas diamétralement nos visions,
04:33nos vues de marché qui étaient présentes, par exemple,
04:35en janvier ou tout début février. »
04:38Et jusqu'à présent, je pense qu'ils ont assez raison,
04:40et c'est un peu la démarche aussi que j'aurais.
04:42D'autant plus que pour l'instant, il n'y a pas d'étincelle
04:45qui vient arrêter cette hausse juste spectaculaire.
04:49Pour rappel, quand même, le Nasdaq gagne 16% en ligne droite
04:51depuis la fin du mois de mars.
04:52Même l'emploi, hier, est resté résilient aux États-Unis,
04:56avec des inscriptions hebdomadaires qui sont restées stables.
04:59On avait eu le coup de choc un peu du mois de février,
05:03avec un rapport sur l'emploi qui était mauvais,
05:06et ensuite en mars, on a eu des données qui étaient un peu plus rassurantes.
05:09Notamment, il y a toujours un peu cette thématique,
05:11mais qui est trop prématurée,
05:12tous les économistes sont d'accord sur cela,
05:14sur les destructions d'emplois qui seraient liées à l'IA.
05:17Aujourd'hui, c'est encore très très maturé,
05:18de le voir massivement dans les statistiques.
05:21On est plus sur des suspicions qu'autre chose.
05:23La dynamique américaine reste très très bonne dans son ensemble.
05:27Certes, la croissance des salaires ralentit assez fortement,
05:30mais c'est normal à un certain stade.
05:32C'est aussi un signe que le marché de l'emploi est un peu moins dynamique.
05:35Mais il n'y a pas un scénario d'inquiétude.
05:37Et c'est d'ailleurs plutôt, tout ça, ça constitue une assez bonne nouvelle,
05:40parce que quand on regarde la Fed,
05:43il y a trois semaines de cela,
05:44vous aviez un consensus de marché disant,
05:46ça va être très compliqué pour elle.
05:47Elle a un marché de l'emploi qui ralentit fortement,
05:49en même temps des pressions inflationnistes qui vont être peut-être durables.
05:52Finalement, ces pressions inflationnistes, elles ne sont pas durables.
05:55Le marché de l'emploi, certes ralentit,
05:57mais il n'y a pas de nécessité d'agir d'urgence.
05:59Donc, ça conforte un peu la vision que la Fed va faire le dos rond pendant quelques mois.
06:03Et puis ensuite, elle peut éventuellement baisser de nouveau ses taux,
06:07peut-être une fois ou deux, ça ne va pas être massif au cours de l'année.
06:10Donc, c'est plutôt un scénario un peu idéalique.
06:13Et elle a toute fin.
06:13Moi, j'ai tout de même comme vision de dire qu'à la toute fin,
06:18économiquement et du point de vue des marchés,
06:20c'est quand même souvent les États-Unis qui s'en sortent bien,
06:23en tout cas dans le paradigme dans lequel on se trouve.
06:25Nous reparlerons de ce contexte de marché avec Charles-Henri Monchot,
06:28le chef des investissements de la Banque 6,
06:30qui sera avec nous depuis Genève.
06:32Bien sûr, on vous retrouve à 11h, Christopher Dembic,
06:34comme chaque vendredi, tout pour investir la Masterclass.
06:38Quel sera le programme aujourd'hui ?
06:40Alors, on a une thématique centrale sur la démographie.
06:42On se déconnecte un peu de l'actualité.
06:44Mais sur la démographie, c'est un sujet qui revient assez régulièrement.
06:47On aura notamment deux invités.
06:49Thibaut Prévé, qui est déjà venu à l'antenne de BFM Business
06:52pour présenter son dernier ouvrage.
06:54Donc, ça va être un peu pour comprendre la macroéconomie.
06:56Et ensuite, un autre invité, Cyril Restier,
06:58qui va nous avoir une approche un peu plus marché.
07:01Comment on gère, comment on essaie de s'adapter face à des marchés
07:05qui vont jouer à un certain stade la thématique de la démographie ?
07:08C'est assez compliqué.
07:08Mais en tout cas, ça va être intéressant de voir ces aspects-là.
07:12Merci beaucoup, Christopher Dembic,
07:13conseiller en stratégie d'investissement chez PICT Asset Management.
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