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  • il y a 2 jours
Ce vendredi 27 mars, la confusion qui persiste sur le marché et l’entrée en correction du Nasdaq ont été abordées par Alexandre Baradez, chef analyste chez IG, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Et après avoir cédé 1% hier, le CAC 40 est stable quelques minutes après l'ouverture à 7763 points.
00:07Bonjour Alexandre Baradez, merci de nous accompagner ce matin.
00:10Vous êtes chef analyste d'IG.
00:12Le pétrole repart une nouvelle fois de l'avant.
00:14On tutoie les 110 dollars sur le baril de Brent.
00:17Et puis le marché obligataire qui continue de grimper avec le Bund, le 10 ans allemand,
00:23qui est à 3,1% même lundi, au début de semaine quand il y avait un petit mouvement de
00:27panique.
00:27On n'était pas sur ces niveaux.
00:29Effectivement, bonjour à tous, bonjour Étienne.
00:31C'est vrai que l'événement qui a marqué la soirée hier, c'était la déclaration de Donald Trump,
00:35de repousser finalement l'ultimatum, s'engager à ne pas frapper les installations liées à l'énergie, en Iran notamment.
00:42Donc on a repoussé ce délai au mois d'avril.
00:44C'est un petit effet sur le marché temporairement.
00:46Pendant quelques minutes, les indices ont rebondi.
00:48Et puis on voit que ça a du mal à tenir parce que le marché considère que ces ultimatums,
00:51à répétition, qui ne sont pas répétées ou qui donnent une vision un peu trop floue de la situation,
00:55ne sont pas suffisants.
00:56On voit que sur les taux, ça ne les a pas détendus.
00:58Le pétrole, très légèrement, mais ça repartit ensuite.
01:00Et puis c'est vrai, vous l'avez dit, votre intervenante précédente l'a dit,
01:03c'est des taux qui se redressent pas mal.
01:05C'est vrai qu'on l'a aussi un peu oublié, mais du côté du Japon par exemple,
01:08on a le niveau de taux à 10 ans le plus élevé depuis 1999.
01:12Si vous prenez les taux américains, on était avant l'intervention militaire en Iran,
01:16dans la zone des 3,90, on est à 4,45 ce matin.
01:19Ça équivaut à l'équivalent de deux hausses de taux en termes d'effet, j'ai envie de dire,
01:25sur le taux 10 ans.
01:26C'est comme si la Fed avait relevé à deux reprises son taux de 25 points de base,
01:30nous ramenant finalement à des niveaux de 4,45, quasiment 4,50.
01:34Donc c'est là qu'on voit qu'effectivement la situation reste tendue.
01:38Les indices américains par exemple sont retombés hier sur leur plus bas niveau.
01:42Alors je dis plus bas niveau parce que c'est pas des corrections énormes,
01:45mais par exemple le SP500, il est revenu sur le niveau de septembre.
01:48Donc on est sur un plus bas de 5, 6 mois pour les marchés américains.
01:50Pareil pour le Nasdaq également.
01:52Et on a une volatilité pour autant qui n'est pas gigantesque.
01:54C'est ça qu'on note parce que, vous voyez par exemple,
01:59le Nasdaq est entré en territoire de correction.
02:01La correction c'est ce qui définit 10% de baisse.
02:03Donc à partir du moment où vous baissez de 10% depuis le sommet,
02:06vous êtes en correction.
02:07Si vous atteignez les 20% de baisse, c'est ce qu'on appelle le bear market.
02:09Donc pour l'instant, on est qu'au stade de la correction sur le Nasdaq
02:12et le SP500, lui qui est le plus gros indice américain,
02:15n'a même pas encore atteint les 10% de correction.
02:18On a une volatilité donc qui reste assez limitée.
02:20On est à 27 de volatilité ce matin.
02:22Vous voyez, c'est pas gigantesque.
02:23Je rappelle que par exemple, quand Trump avait relevé les tarifs douaniers l'année dernière,
02:27la volatilité était montée à quasiment à 60.
02:29Et quand tout va bien dans le marché, la volatilité c'est plutôt entre 10 et 15.
02:33Donc vous voyez qu'entre 25 et 30,
02:35c'est pas du niveau de panique non plus du marché.
02:37Mais on voit que le marché allège comme ça progressivement,
02:40vend progressivement.
02:41Et pour l'instant, je ne vois pas de situation en même temps de changer ça.
02:44Ce qui me fait dire ça, c'est qu'on a vu hier encore une fois les déclarations de Trump
02:47qui a un oeil rivé, on le sait tous, sur ses écrans.
02:50Il voit les cours du pétrole, il voit le niveau des indices.
02:52Donc de temps en temps, il balance comme ça des messages
02:54pour essayer de faire un petit peu retomber la pression sur les marchés.
02:57Mais peut-être que les marchés, dans toute cette séquence
02:59depuis l'épée de l'intervention en Iran,
03:01commencent à voir un peu le jeu de Trump.
03:03À savoir, je déclare beaucoup de choses.
03:04Il y a 15 jours, même presque trois semaines,
03:06il nous disait que le conflit sera réglé en quelques jours.
03:08On y est maintenant depuis quatre semaines.
03:10Donc le marché s'habitue finalement à ces déclarations.
03:14Il est peut-être un petit peu moins sensible.
03:16Il était très sensible à ce lundi dernier.
03:17Mais hier, c'était un peu de pétard mouillé.
03:19La tentative de Trump d'apaiser un peu les choses.
03:21Le marché n'a pas mordu à l'hameçon.
03:23Et donc, il y a une volatilité qui reste relativement élevée ce matin.
03:25Donald Trump qui a dit hier que le conflit pourrait durer 4 à 6 semaines.
03:28Bon, ça fera 4 semaines demain.
03:30Donc ça peut autant se terminer ce week-end que dans deux semaines
03:32si on suit son calendrier.
03:34Il n'y a toujours pas de panique généralisée sur les marchés, Alexandre Baradez.
03:39Sur l'ensemble de la semaine, le CAC 40 est positif.
03:41Il gagne 1,3% après avoir perdu 3% la semaine dernière.
03:45Néanmoins, c'est vrai que cette remontée des taux est quand même assez frappante,
03:50inquiétante peut-être.
03:51Je ne sais pas, quand vous regardez un 10 ans français à 3,8,
03:53ce n'est pas anodin quand même.
03:54On est sur une remontée de 60 points à l'espace d'un mois.
03:57Effectivement, ce n'est pas anodin.
03:58Et puis vous êtes tous les taux de la zone euro qui grimpent.
04:01Ça, vous parlez du 10 ans français.
04:02Nous avons aussi des mouvements sur le 10 ans italien,
04:03sur le 10 ans grec, sur le 10 ans espagnol.
04:05Donc tous les taux de la zone euro se redressent.
04:07Les taux allemands un peu moins que les autres.
04:08Là, c'est vraiment la valeur refuge, le Bund.
04:11Mais vous parliez effectivement des marchés européens sur la semaine
04:14qui sont plutôt stables.
04:14Mais ne pas oublier que les marchés européens avaient baissé
04:17deux fois plus vite que les marchés américains
04:19depuis le début de l'intervention.
04:20Quand on était à nous aux alentours de 11-12% de baisse,
04:23le S&P 500 était à moins 6%.
04:25Toujours ce côté un peu valeur refuge américaine
04:28qui fait que ça baisse, mais ça baisse moins vite qu'en Europe.
04:30Et puis en Europe, évidemment, le sujet énergie
04:31qui frappe des pays comme l'Allemagne de plein fouet.
04:34Vous avez vu qu'hier, les prévisions de croissance
04:35probablement de l'Allemagne sont révisées.
04:37Je ne sais plus qui a sorti cette estimation de 0,5%.
04:40Ce n'est pas la Bundesbank.
04:41Je vérifie la source.
04:42Mais des estimations de croissance qui ont été abaissées
04:45pour l'Allemagne pour cette année
04:46alors qu'on était sur des prévisions plus proches de 1%.
04:49Et puis c'est Christina Garde également hier
04:51qui a eu ses propos indiquant que le marché
04:53pourrait potentiellement sous-estimer
04:55les effets un peu plus durables de cette crise.
04:57C'est vrai que le marché s'attend à,
04:59comme vous l'avez dit, à chaque instant,
05:01à ce que ça s'arrête.
05:01Trump a eu cette capacité à entretenir
05:03comme ça un espèce de suspense,
05:05un espèce de baguette où du lendemain il dirait
05:07je veux que ça s'arrête et ça s'arrête.
05:08Le marché a voulu y croire au début
05:10quand il disait que ça allait dure quelques jours.
05:12Et puis effectivement, c'est la quatrième semaine de conflit.
05:15Et donc, si ça a duré deux, trois semaines de plus,
05:18la question, et c'est Christina Garde à soulever hier,
05:21c'est la question des effets.
05:22C'est-à-dire, est-ce que c'est les effets
05:23en termes d'impact sur l'économie,
05:24sur le moral des consommateurs,
05:26sur les entreprises aussi,
05:27et puis le temps qu'il faudra en fait.
05:28Même si le conflit s'arrête,
05:29pour que tous ces navires puissent repasser
05:31des trois dormus,
05:31donc il y a toujours cet effet un peu d'embouteillage,
05:33des choses qu'on avait connues un peu pendant le Covid,
05:35même si là, c'est à beaucoup moins d'échelle,
05:38beaucoup moins de grande échelle que le Covid,
05:39mais il y avait quand même besoin
05:40d'avoir une phase ensuite,
05:41un peu de fluidification de toute cette partie
05:44de blocage des trois.
05:45Et c'est sûr que même si des négociations
05:48commencent à s'ouvrir,
05:49il y aura le temps de la logistique,
05:50le temps de la supply chain,
05:51qui sera un petit peu différent.
05:53Donc voilà, c'est pour ça que je considère,
05:55alors attention, je ne vais pas faire trop long,
05:56mais sur les indices européens,
05:57on est quand même sur des zones
05:58qui me semblent assez opportunes
05:59d'un point de vue moyen terme.
06:00Des trous d'air comme ça,
06:01de 10 à 15% sur les gros indices,
06:02c'est plutôt des opportunités
06:04pour les investisseurs patients.
06:06Mais sans avoir peur effectivement,
06:07et garder un peu d'équité s'il y a besoin,
06:09parce que si on a un trou d'air
06:10de 5, 6, 7% de plus,
06:12ce qui n'est vraiment pas impossible
06:12dans le contexte actuel,
06:14dans ce cas-là,
06:14essayer de garder un peu d'équité
06:16pour des points qui seraient un peu plus bas.
06:17Mais d'un point de vue de l'investisseur,
06:19je pense quand même qu'il y a des secteurs
06:20qui étaient un peu en surchauffe,
06:21qui sont un peu détendus maintenant.
06:23Celui qui est patient
06:23sur des horizons de 1, 2 ans,
06:25il peut trouver déjà des points d'entrée
06:26par contre relativement intéressants
06:27sur les indices européens actuellement.
06:290,3% pour le CAC 40,
06:317 747 points,
06:32l'indice qui perd 9,4%
06:34depuis le début du mois
06:35et un peu plus de 5%
06:37depuis le début de l'année.
06:38Alexandre Barraza est chef analyste d'IG.
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