00:01Et après avoir cédé 1% hier, le CAC 40 est stable quelques minutes après l'ouverture à 7763 points.
00:07Bonjour Alexandre Baradez, merci de nous accompagner ce matin.
00:10Vous êtes chef analyste d'IG.
00:12Le pétrole repart une nouvelle fois de l'avant.
00:14On tutoie les 110 dollars sur le baril de Brent.
00:17Et puis le marché obligataire qui continue de grimper avec le Bund, le 10 ans allemand,
00:23qui est à 3,1% même lundi, au début de semaine quand il y avait un petit mouvement de
00:27panique.
00:27On n'était pas sur ces niveaux.
00:29Effectivement, bonjour à tous, bonjour Étienne.
00:31C'est vrai que l'événement qui a marqué la soirée hier, c'était la déclaration de Donald Trump,
00:35de repousser finalement l'ultimatum, s'engager à ne pas frapper les installations liées à l'énergie, en Iran notamment.
00:42Donc on a repoussé ce délai au mois d'avril.
00:44C'est un petit effet sur le marché temporairement.
00:46Pendant quelques minutes, les indices ont rebondi.
00:48Et puis on voit que ça a du mal à tenir parce que le marché considère que ces ultimatums,
00:51à répétition, qui ne sont pas répétées ou qui donnent une vision un peu trop floue de la situation,
00:55ne sont pas suffisants.
00:56On voit que sur les taux, ça ne les a pas détendus.
00:58Le pétrole, très légèrement, mais ça repartit ensuite.
01:00Et puis c'est vrai, vous l'avez dit, votre intervenante précédente l'a dit,
01:03c'est des taux qui se redressent pas mal.
01:05C'est vrai qu'on l'a aussi un peu oublié, mais du côté du Japon par exemple,
01:08on a le niveau de taux à 10 ans le plus élevé depuis 1999.
01:12Si vous prenez les taux américains, on était avant l'intervention militaire en Iran,
01:16dans la zone des 3,90, on est à 4,45 ce matin.
01:19Ça équivaut à l'équivalent de deux hausses de taux en termes d'effet, j'ai envie de dire,
01:25sur le taux 10 ans.
01:26C'est comme si la Fed avait relevé à deux reprises son taux de 25 points de base,
01:30nous ramenant finalement à des niveaux de 4,45, quasiment 4,50.
01:34Donc c'est là qu'on voit qu'effectivement la situation reste tendue.
01:38Les indices américains par exemple sont retombés hier sur leur plus bas niveau.
01:42Alors je dis plus bas niveau parce que c'est pas des corrections énormes,
01:45mais par exemple le SP500, il est revenu sur le niveau de septembre.
01:48Donc on est sur un plus bas de 5, 6 mois pour les marchés américains.
01:50Pareil pour le Nasdaq également.
01:52Et on a une volatilité pour autant qui n'est pas gigantesque.
01:54C'est ça qu'on note parce que, vous voyez par exemple,
01:59le Nasdaq est entré en territoire de correction.
02:01La correction c'est ce qui définit 10% de baisse.
02:03Donc à partir du moment où vous baissez de 10% depuis le sommet,
02:06vous êtes en correction.
02:07Si vous atteignez les 20% de baisse, c'est ce qu'on appelle le bear market.
02:09Donc pour l'instant, on est qu'au stade de la correction sur le Nasdaq
02:12et le SP500, lui qui est le plus gros indice américain,
02:15n'a même pas encore atteint les 10% de correction.
02:18On a une volatilité donc qui reste assez limitée.
02:20On est à 27 de volatilité ce matin.
02:22Vous voyez, c'est pas gigantesque.
02:23Je rappelle que par exemple, quand Trump avait relevé les tarifs douaniers l'année dernière,
02:27la volatilité était montée à quasiment à 60.
02:29Et quand tout va bien dans le marché, la volatilité c'est plutôt entre 10 et 15.
02:33Donc vous voyez qu'entre 25 et 30,
02:35c'est pas du niveau de panique non plus du marché.
02:37Mais on voit que le marché allège comme ça progressivement,
02:40vend progressivement.
02:41Et pour l'instant, je ne vois pas de situation en même temps de changer ça.
02:44Ce qui me fait dire ça, c'est qu'on a vu hier encore une fois les déclarations de Trump
02:47qui a un oeil rivé, on le sait tous, sur ses écrans.
02:50Il voit les cours du pétrole, il voit le niveau des indices.
02:52Donc de temps en temps, il balance comme ça des messages
02:54pour essayer de faire un petit peu retomber la pression sur les marchés.
02:57Mais peut-être que les marchés, dans toute cette séquence
02:59depuis l'épée de l'intervention en Iran,
03:01commencent à voir un peu le jeu de Trump.
03:03À savoir, je déclare beaucoup de choses.
03:04Il y a 15 jours, même presque trois semaines,
03:06il nous disait que le conflit sera réglé en quelques jours.
03:08On y est maintenant depuis quatre semaines.
03:10Donc le marché s'habitue finalement à ces déclarations.
03:14Il est peut-être un petit peu moins sensible.
03:16Il était très sensible à ce lundi dernier.
03:17Mais hier, c'était un peu de pétard mouillé.
03:19La tentative de Trump d'apaiser un peu les choses.
03:21Le marché n'a pas mordu à l'hameçon.
03:23Et donc, il y a une volatilité qui reste relativement élevée ce matin.
03:25Donald Trump qui a dit hier que le conflit pourrait durer 4 à 6 semaines.
03:28Bon, ça fera 4 semaines demain.
03:30Donc ça peut autant se terminer ce week-end que dans deux semaines
03:32si on suit son calendrier.
03:34Il n'y a toujours pas de panique généralisée sur les marchés, Alexandre Baradez.
03:39Sur l'ensemble de la semaine, le CAC 40 est positif.
03:41Il gagne 1,3% après avoir perdu 3% la semaine dernière.
03:45Néanmoins, c'est vrai que cette remontée des taux est quand même assez frappante,
03:50inquiétante peut-être.
03:51Je ne sais pas, quand vous regardez un 10 ans français à 3,8,
03:53ce n'est pas anodin quand même.
03:54On est sur une remontée de 60 points à l'espace d'un mois.
03:57Effectivement, ce n'est pas anodin.
03:58Et puis vous êtes tous les taux de la zone euro qui grimpent.
04:01Ça, vous parlez du 10 ans français.
04:02Nous avons aussi des mouvements sur le 10 ans italien,
04:03sur le 10 ans grec, sur le 10 ans espagnol.
04:05Donc tous les taux de la zone euro se redressent.
04:07Les taux allemands un peu moins que les autres.
04:08Là, c'est vraiment la valeur refuge, le Bund.
04:11Mais vous parliez effectivement des marchés européens sur la semaine
04:14qui sont plutôt stables.
04:14Mais ne pas oublier que les marchés européens avaient baissé
04:17deux fois plus vite que les marchés américains
04:19depuis le début de l'intervention.
04:20Quand on était à nous aux alentours de 11-12% de baisse,
04:23le S&P 500 était à moins 6%.
04:25Toujours ce côté un peu valeur refuge américaine
04:28qui fait que ça baisse, mais ça baisse moins vite qu'en Europe.
04:30Et puis en Europe, évidemment, le sujet énergie
04:31qui frappe des pays comme l'Allemagne de plein fouet.
04:34Vous avez vu qu'hier, les prévisions de croissance
04:35probablement de l'Allemagne sont révisées.
04:37Je ne sais plus qui a sorti cette estimation de 0,5%.
04:40Ce n'est pas la Bundesbank.
04:41Je vérifie la source.
04:42Mais des estimations de croissance qui ont été abaissées
04:45pour l'Allemagne pour cette année
04:46alors qu'on était sur des prévisions plus proches de 1%.
04:49Et puis c'est Christina Garde également hier
04:51qui a eu ses propos indiquant que le marché
04:53pourrait potentiellement sous-estimer
04:55les effets un peu plus durables de cette crise.
04:57C'est vrai que le marché s'attend à,
04:59comme vous l'avez dit, à chaque instant,
05:01à ce que ça s'arrête.
05:01Trump a eu cette capacité à entretenir
05:03comme ça un espèce de suspense,
05:05un espèce de baguette où du lendemain il dirait
05:07je veux que ça s'arrête et ça s'arrête.
05:08Le marché a voulu y croire au début
05:10quand il disait que ça allait dure quelques jours.
05:12Et puis effectivement, c'est la quatrième semaine de conflit.
05:15Et donc, si ça a duré deux, trois semaines de plus,
05:18la question, et c'est Christina Garde à soulever hier,
05:21c'est la question des effets.
05:22C'est-à-dire, est-ce que c'est les effets
05:23en termes d'impact sur l'économie,
05:24sur le moral des consommateurs,
05:26sur les entreprises aussi,
05:27et puis le temps qu'il faudra en fait.
05:28Même si le conflit s'arrête,
05:29pour que tous ces navires puissent repasser
05:31des trois dormus,
05:31donc il y a toujours cet effet un peu d'embouteillage,
05:33des choses qu'on avait connues un peu pendant le Covid,
05:35même si là, c'est à beaucoup moins d'échelle,
05:38beaucoup moins de grande échelle que le Covid,
05:39mais il y avait quand même besoin
05:40d'avoir une phase ensuite,
05:41un peu de fluidification de toute cette partie
05:44de blocage des trois.
05:45Et c'est sûr que même si des négociations
05:48commencent à s'ouvrir,
05:49il y aura le temps de la logistique,
05:50le temps de la supply chain,
05:51qui sera un petit peu différent.
05:53Donc voilà, c'est pour ça que je considère,
05:55alors attention, je ne vais pas faire trop long,
05:56mais sur les indices européens,
05:57on est quand même sur des zones
05:58qui me semblent assez opportunes
05:59d'un point de vue moyen terme.
06:00Des trous d'air comme ça,
06:01de 10 à 15% sur les gros indices,
06:02c'est plutôt des opportunités
06:04pour les investisseurs patients.
06:06Mais sans avoir peur effectivement,
06:07et garder un peu d'équité s'il y a besoin,
06:09parce que si on a un trou d'air
06:10de 5, 6, 7% de plus,
06:12ce qui n'est vraiment pas impossible
06:12dans le contexte actuel,
06:14dans ce cas-là,
06:14essayer de garder un peu d'équité
06:16pour des points qui seraient un peu plus bas.
06:17Mais d'un point de vue de l'investisseur,
06:19je pense quand même qu'il y a des secteurs
06:20qui étaient un peu en surchauffe,
06:21qui sont un peu détendus maintenant.
06:23Celui qui est patient
06:23sur des horizons de 1, 2 ans,
06:25il peut trouver déjà des points d'entrée
06:26par contre relativement intéressants
06:27sur les indices européens actuellement.
06:290,3% pour le CAC 40,
06:317 747 points,
06:32l'indice qui perd 9,4%
06:34depuis le début du mois
06:35et un peu plus de 5%
06:37depuis le début de l'année.
06:38Alexandre Barraza est chef analyste d'IG.
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