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  • il y a 10 heures
Le couple royal britannique se rend aux États-Unis pour une visite d’État de quatre jours, dans un contexte diplomatique tendu entre les deux pays autour du conflit en Iran, mais aussi deux jours après les coups de feu lors d'un gala à Washington. 

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Transcription
00:00On a des images en direct du roi Charles III et de Camilla qui sont en train d'arriver aux
00:08Etats-Unis.
00:09Leur avion vient de se poser sur le tarmac à Washington.
00:13Visite dans un contexte, on le sait, un petit peu particulier.
00:17Juste après cette attaque, lors d'un gala auquel assistait Donald Trump, le fameux dîner des correspondants.
00:26Elsa Vidal, sur ces images, cette rencontre entre le roi Charles III et Donald Trump dans un contexte très particulier
00:36en pleine guerre au Moyen-Orient, quel est l'objectif ?
00:40Il y a plusieurs objectifs.
00:41D'abord, vous faites bien de le rappeler, la visite a pu être maintenue.
00:45Mais il y a eu d'abord des interrogations de la part du Royaume-Uni quant à son opportunité après
00:51l'attaque du Hilton de Washington.
00:54Et durant cette visite d'Etat qui va se construire et continuer jusqu'au 30, je pense pendant 4 jours,
01:02il va être question notamment du caractère très tendu des relations entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni,
01:09en particulier sous la gouverne du Premier ministre Starmer.
01:13Au menu, évidemment, la guerre en Iran, puisque la relation très spéciale semble ne plus fonctionner,
01:19puisque le Royaume-Uni ne soutient pas la guerre du président Trump.
01:24Et puis, il y a aussi la question des dossiers Epstein, puisque vous vous rappelez,
01:28l'ex-prince Andrew est aussi particulièrement impliqué dans cette affaire,
01:32ce scandale extrêmement gênant qui éclabousse également le mandat de Donald Trump.
01:40Oui.
01:40Vous avez écrit là-dessus, Romuald Sura, pardonnez-moi,
01:45sur la relation entre Donald Trump et le roi Charles III.
01:49Elles sont complexes, elles sont un peu tendues, ces relations.
01:53L'objectif, là, ces prochains jours, c'est d'apaiser un petit peu tout ça ?
01:57Oui, en tout cas pour le roi Charles.
01:59Pour Donald Trump, il aime bien parader aux côtés d'un monarque.
02:02Cela lui donne l'impression qu'il est le nouvel empereur d'Occident.
02:05Il ne faut rien attendre, vraiment, de ces rencontres.
02:09Cela va être polissé, poli, plus ou moins chaleureux, autant que le roi Charles puisse être chaleureux.
02:16Mais il n'y aura pas de résultat tangible et les tensions récentes entre la Grande-Bretagne et les États
02:22-Unis vont persister.
02:24Ce n'est pas trois sourires d'un monarque sans pouvoir et sans guerre d'influence qui pourront changer la
02:30donne.
02:30Pourquoi il s'agace ?
02:33Pourquoi il s'agace ?
02:35Au départ, Trump a été agacé lorsqu'il a visité la reine Elisabeth.
02:40Durant son premier mandat, il avait été chaleureusement, selon lui, en tout cas, reçu par la reine d'Angleterre.
02:47Il avait eu un contact assez froid avec Charles.
02:50Mais une fois encore, je ne suis pas un spécialiste de la royauté.
02:54Mais d'après ce que j'ai cru comprendre, Charles l'avait un peu pris de haut.
02:58Charles, ce n'est pas quand même le bon roi, sympathique.
03:01Il faut quand même arrêter.
03:02C'est quand même un aristocrate.
03:03Vous êtes un peu dur avec Charles, je trouve.
03:05Comment ?
03:06Oui, vous me pardonnerez.
03:07Mais c'est quand même un peu un aristocrate un petit peu...
03:11Coincé.
03:12Coincé quand même, fier de sa lignée.
03:16Donc, il regardait.
03:17Mais ça, on peut aussi comprendre le prince Charles à l'époque.
03:19Il regardait Trump un petit peu comme a parvenu.
03:21On ne peut pas non plus dire que notre président américain soit le roi du bon goût et de l
03:26'élégance.
03:26Et donc, il regardait un peu cet homme qui semblait sortir tout droit d'un casino de Vegas avec un
03:32petit peu de circonspection.
03:33Et donc, Trump l'avait senti et Charles l'avait agacé.
03:36Donc, ce n'était pas parti d'un bon pied.
03:38Philippe Terl nous a rejoint.
03:40Bonsoir, Philippe.
03:41On est ravis de vous retrouver.
03:42Qu'est-ce que vous attendez, vous, de cette rencontre entre Donald Trump et le roi Charles III ?
03:48Et pourquoi elle est importante dans le contexte ?
03:51Alors, d'abord, je ne suis pas convaincu que le roi Charles soit très heureux de partir aux Etats-Unis.
03:55Parce que je savais que ce n'est pas lui qui décide.
03:57C'est le gouvernement britannique qui insiste et qui dit, voilà, vous allez partir pour une visite d'Etat aux
04:04Etats-Unis.
04:04C'est la visite qui peut être une visite positive pour la Grande-Bretagne, mais ça peut être une visite
04:11qui soit extrêmement compliquée pour le roi Charles.
04:14Parce que vraiment, cette fois-ci, il marche sur des oeufs.
04:18Et tout est fait pour que cette visite passe de la meilleure façon possible.
04:24A savoir qu'il n'y a que cinq fois que le président américain Donald Trump et le roi Charles
04:31seront vus ensemble.
04:33Aucune question de la presse, aucune réunion où la presse sera présente pour poser des questions.
04:40Comme par exemple, dans le bureau Oval, c'est uniquement des photographes.
04:44Donc, c'est pour éviter que des questions soient posées qui soient mal reçues, qu'on évoque l'effet Epstein.
04:52Mais il est vrai que c'est le scud, le missile, l'arme de soft power suprême de la Grande
05:02-Bretagne,
05:03c'est d'envoyer un membre de la famille Royal aux Etats-Unis pour Amadou et Donald Trump.
05:06Est-ce que ce voyage va réussir ou pas ?
05:09Ça, c'est la grande question.
05:10Et on verra dans les quatre jours qui viennent comment ça se déroule.
05:12Il adore ça, Donald Trump.
05:15Il adore, paradoxalement, alors qu'il y a des tensions avec le Royaume-Uni sur beaucoup de dossiers.
05:22Il aime être avec le roi Charles III.
05:24Il aime beaucoup les Windsor.
05:26Vous savez qu'il a écrit un livre qui s'appelle The Art of the Deal, l'art du deal.
05:31Et là-dedans, il évoque une période de sa vie où, quand il était gamin,
05:36sa mère a été scotchée dans la télévision en 1953 pour l'inauguration, la coronation de la reine Elisabeth II
05:44à l'époque.
05:45Et lui, étant jeune enfant, il regardait sa mère qui était folle de la famille Royal
05:51et quelque part, ça a mordu Donald Trump aussi.
05:54Et depuis cette date, c'est quelqu'un qui est tellement impressionné par la famille Royal,
06:00les dorures, la faste, etc.
06:02Il a envie d'être comme ça. Il se considère aujourd'hui comme, on l'a vu la semaine dernière,
06:06un peu comme Jésus,
06:07mais aussi comme un membre de la famille Royal, la famille Royal de Trump.
06:14Et donc, il a envie d'être vu avec le vrai roi.
06:17Et c'est vrai que, quand il était venu en Grande-Bretagne,
06:21lors de son premier mandat pour la première visite d'État,
06:25il était avec la reine Elisabeth II.
06:28Et je dis toujours, quand on est un chef d'État d'un pays étranger,
06:32il n'y a rien de mieux pour les Britanniques de sortir la reine Elisabeth II,
06:36et maintenant aujourd'hui le roi Charles.
06:37Parce que c'est un peu pour certains chefs d'État, notamment Donald Trump,
06:41c'est le summum de la réussite d'être reçu par un membre de la famille Royal
06:45et d'être vu photographié à côté de cette personne.
06:48Et donc, c'est toute cette partie-là qui est jouée dans cette visite aujourd'hui
06:53avec le roi Charles qui part aux États-Unis,
06:55où les relations entre la Grande-Bretagne et les États-Unis sont vraiment dans un état pitoyable.
07:00On parle dans la presse britannique des plus mauvaises relations sur cette entente cordiale,
07:04« special relationship » depuis 100 ans.
07:07Donc, le bilan à la fin sera très important.
07:13Et la pression sur les épaules du roi en arrivant là,
07:16je ne sais pas comment il va se sentir en descendant de l'avion,
07:19mais je pense qu'il est un petit peu mal à l'aise.
07:22Il est notamment excédé, Général Paloméros,
07:25par les réticences, les réserves des autorités britanniques
07:28à intervenir dans cette guerre en Iran.
07:33Il veut punir les pays de l'OTAN qui ne s'impliquent pas assez.
07:36C'est de ça dont il sera question aussi lors de ce voyage ?
07:39J'en suis pas sûr.
07:41Il va essayer d'amadouer un petit peu ?
07:43Non, mais il ne serait pas illégitime que le roi Charles
07:47arrive avec un message de paix.
07:49C'est ce qu'il pourrait faire de mieux, sans doute,
07:51et qu'il soit porteur, au nom de tant de pays,
07:55de ce message en disant qu'il va falloir qu'on arrête quand même
07:59un moment ou un autre.
08:00Mais ça s'arrêtera là, parce que ça marche de manœuvre,
08:03peut-être en privé, si ça ne sort pas dans la presse.
08:06C'est surtout en privé.
08:08C'est surtout en privé.
08:10D'un côté, on pourrait se dire qu'il y a quelque chose de décalé,
08:13et d'un autre côté, si chacun essaye de jouer une partition,
08:18pourquoi pas ?
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