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  • il y a 10 minutes
Ce lundi 16 mars, Raphaël Legendre a reçu Olivier Provost, directeur et associé de Rumeur Publique, Louis-Samuel Pilcer, haut-fonctionnaire, enseignant à Sciences Po et à l'École polytechnique, et François Ecalle, fondateur de FipEco.fr, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:03BFM Business et La Tribune présente
00:06Les experts, Raphaël Lejean
00:09Allez bonjour, il est 10h pile, vous êtes en direct sur BFM Business et Les Experts
00:14et on va commencer une fois n'est pas coutume par un peu de politique ce matin
00:17pour tirer les leçons du premier tour des élections municipales
00:22des élections qui n'ont jamais aussi peu mobilisé avec un taux de participation de 58%
00:28l'abstention est devenue le premier parti de France au niveau local comme au niveau national
00:35avec des extrêmes qui progressent un peu partout
00:38alors faut-il y voir un indice sur la présidentielle
00:41que surveiller dans les prochaines heures et les prochains jours en vous du second tour
00:46ce sera le premier sujet aujourd'hui
00:48avant d'aller au Moyen-Orient
00:50au Moyen-Orient où Donald Trump exige que d'autres pays contribuent à la sécurité du détroit d'Hormuz
00:57alors sans grand succès pour l'instant
00:59les cours du pétrole eux continuent de grimper
01:02on est à 105 dollars le baril ce matin
01:04en Asie on voit des files d'attente interminables
01:07dans les stations services en Indonésie, au Vietnam ou en Thaïlande
01:13et de son côté le Japon met 80 millions de barils sur le marché
01:17mais quelles conséquences en Europe, quelles conséquences pour notre économie européenne
01:22qui pâtit d'une énergie toujours très chère, bien plus chère qu'aux Etats-Unis par exemple
01:28alors faut-il réformer le marché de l'énergie en Europe ?
01:31ce sera le deuxième débat des experts ce matin
01:33et puis compétitivité toujours, la Commission européenne doit présenter cette semaine
01:38un nouveau statut juridique pour créer des entreprises de nationalité européenne en quelque sorte
01:45alors avec quelles règles ? qu'est-ce que ça va changer réellement ?
01:49on va en discuter avec mes experts
01:50et puis pendant qu'on tente d'améliorer la compétitivité européenne
01:55et bien en France on surtaxe nos champions
01:57la surtaxe d'IS de Michel Barnier concerné 100 entreprises
02:02et bien 10 d'entre elles ont acquitté la moitié de la facture
02:06qui s'est élevée à près de 8 milliards tout de même
02:09c'est les leçons de l'an 1 de cette surtaxe d'IS
02:13ce sera notre dernier débat
02:16il est 10 heures passées de 2 minutes
02:18vous êtes en direct sur BFM Business
02:20c'est les experts, les missions qui vous aident à vous rendre l'économie plus claire
02:24allez c'est parti
02:28les experts, débats et controverses sur BFM Business
02:34et pour parler de ces nombreux sujets
02:37j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau Olivier Proveau
02:40bonjour Olivier
02:40bonjour Raphaël
02:41directeur et associé de Rumeurs Publiques
02:43à vos côtés François Eccal
02:45bonjour François
02:46bonjour
02:46fondateur de Fipeco.fr
02:49la bible des finances publiques
02:51et face à vous j'ai le plaisir d'accueillir
02:53Louis-Samuel Pilser
02:55bonjour Louis-Samuel
02:56bonjour Raphaël
02:58haut fonctionnaire ancien dans la Sciences Po
03:00et enseignant à Sciences Po et Polytechnique
03:03allez je pars pour le premier sujet évidemment
03:06les municipales
03:07le débrief du premier tour des municipales
03:10on va faire un peu de politique
03:11une fois n'est pas coutume
03:14pour tirer les leçons de ce premier tour
03:18Olivier Proveau
03:18qu'est-ce que vous retenez de la soirée électorale d'hier
03:21vous en avez suivi quelques-unes ?
03:22oui plusieurs
03:23alors d'abord tout le monde dit
03:25plus fort taux d'abstention
03:26hors Covid
03:27sous la Ve République
03:28ce qui est vrai
03:29et d'un autre côté
03:30moi j'aurais tendance à tempérer un peu l'analyse
03:32parce qu'en fait
03:33on a eu des élections municipales
03:35qui sont une occasion ratée
03:37c'est l'élection normalement
03:38la plus proche des français
03:39absolument
03:39et donc on se disait
03:40c'est génial
03:41alors que tout le monde
03:42a les yeux rivés sur 2027
03:44on va avoir la vraie réalité du terrain
03:47et puis patatra
03:48guerre américano-israélienne
03:50contre l'Iran
03:51qui a brutalement
03:52avec un baril de pétrole
03:54dont on va reparler tout à l'heure
03:55et un prix à la pompe qui explose
03:57et du coup
03:58la fin du mois rattrapée par la fin du monde
04:00et du coup peut-être moins envie d'aller voter
04:02dans cette conjoncture-là
04:04je trouve que les français
04:05ont quand même été pas mal votés
04:07et je tempérerais le fait de cette abstention
04:09par le fait que dans les petites communes
04:11honnêtement
04:12la décision contestable
04:14de la fin du panachage
04:16du fait qu'on pouvait plus
04:17Mauvaise idée ?
04:18Très très mauvaise idée
04:19Ah pourquoi ?
04:19Je peux vous dire
04:20j'habite une partie du temps
04:22dans un petit village de l'Allier
04:24je peux vous assurer
04:25qu'il y avait cette habitude
04:27ancrée
04:27de pouvoir à un moment
04:28mettre un nom
04:29rayé les gens
04:30sanctionner un voisin qu'on aimait pas
04:32on va dire c'est malsain
04:33non c'est pas malsain
04:34c'est la vraie vie
04:35c'est la réalité du terrain
04:36d'avoir supprimé cette idée
04:37je pense à beaucoup jouer
04:39beaucoup jouer dans le taux d'abstention
04:40parce que vous regardez
04:41dans des villes moyennes ou grandes
04:43regardez les taux d'abstention
04:44ils sont pas si élevés que ça
04:45donc je pense que
04:46on a quand même
04:48une mobilisation des français
04:49qui est pas si basse
04:51que cela
04:52Les français sont toujours intéressés
04:53par la politique
04:55effectivement c'est vrai
04:56que dans les principales métropoles
04:58on a des duels absolument passionnants
05:00à Paris
05:00à Lyon
05:01à Marseille
05:02et on a vu des taux de progression
05:04de participation
05:04de 25 points
05:06à Paris
05:06c'est la plus forte participation
05:07depuis 2001
05:09effectivement
05:10quand dans 60% des communes
05:12vous aviez une liste unique
05:14alors c'est vrai que ça
05:14peut-être que ça
05:17mobilise pas
05:17ça n'incite pas
05:18les gens à aller voter
05:19plus que ça
05:20Louis-Samuel Pilser
05:22qu'est-ce que vous tirez
05:23comme leçon
05:24de ces municipales ?
05:25C'est vrai que la participation
05:26était assez faible
05:27c'est le deuxième plus faible
05:28taux de participation
05:29à des municipales
05:30si on met de côté
05:30évidemment
05:31l'année Covid
05:32Le Covid
05:32qui était un peu particulier
05:33Ce qu'il faut retenir
05:34je pense
05:34c'est essentiellement
05:35la percée
05:36des deux extrêmes
05:37on n'a jamais eu
05:38une progression
05:39aussi forte
05:39de la France insoumise
05:40et du Rassemblement national
05:41qui est en passe
05:42de gagner une ville
05:43comme Marseille
05:43c'est à suivre
05:45dans la perspective
05:45des présidentielles
05:47ces élections
05:47elles sont évidemment
05:48extrêmement importantes
05:49c'est surtout un signal
05:50et le début
05:51d'une dynamique
05:52pour l'année prochaine
05:53je pense que c'est surtout
05:54à ce titre
05:55de précurseur
05:57de l'élection
05:57qui arrive
05:58et qui a pour le coup
05:59des incidences
05:59encore beaucoup plus fortes
06:01sur la vie des Français
06:01il faut regarder
06:02les résultats de la semaine prochaine
06:04Effectivement
06:04et l'intérêt de voir aussi
06:06toutes les alliances
06:07qui vont se nouer
06:08d'ici mardi
06:10fin d'après-midi
06:11c'est la date limite
06:12pour déposer
06:13les listes
06:14du second tour
06:15donc on va avoir
06:16toute la journée
06:16très probablement
06:17pas mal d'annonces
06:19qui vont arriver
06:19au niveau local
06:20et à surveiller
06:21pour voir les accords
06:22LFI
06:23Parti Socialiste
06:24évidemment
06:25Olivier Faure a indiqué
06:26hier
06:26pas d'accord
06:27mais au niveau national
06:29évidemment qu'au niveau local
06:30il y en aura beaucoup
06:31et puis entre
06:33LR
06:33et le RN
06:34est-ce que le cordon
06:35sanistère
06:36risque de sauter ou pas
06:37oui Olivier ?
06:37Alors bien sûr
06:39Louis Samuel a parfaitement raison
06:40les municipales
06:41ça ne se juge pas au premier tour
06:42ça se juge au second tour
06:44c'est là qu'on voit
06:44à un moment
06:45et on va voir
06:45dans certaines grandes villes
06:46ce qui se passe
06:46il y a quand même
06:47un sujet de lisibilité politique
06:49c'est-à-dire que moi
06:50je suis électeur français
06:51à un moment
06:52j'entends des appareils nationaux
06:53qui donnent des consignes
06:55et derrière je vois
06:56que localement
06:57il se passe complètement autre chose
06:58je prends l'exemple à Lyon
06:59où on explique que
07:00la candidate LFI
07:01n'ayant pas été très agressive
07:04envers le maire sortant
07:05du coup
07:06il pourrait s'allier
07:06vous êtes électeur ailleurs
07:08vous n'avez pas vécu
07:09ce qui se passe à Lyon
07:09vous entendez qu'à un moment
07:12le parti de gauche
07:13va s'allier avec LFI
07:14malgré les consignes
07:15données par Olivier Faure
07:16honnêtement
07:17la lisibilité
07:18elle est loin d'être parfaite
07:19et ça
07:19ça peut peser pour 2027
07:21c'est intéressant
07:22François Eccal
07:23on n'a absolument pas parlé
07:25programme
07:26ville de demain
07:28économie
07:28dans le cadre
07:29de cette campagne
07:29écrasée par la permacrise
07:31on l'a dit
07:32crise budgétaire
07:33d'abord
07:33en début d'année
07:34et puis cette fin de campagne
07:35écrasée évidemment
07:36par les événements
07:37au Moyen-Orient
07:39est-ce que les communes
07:41ont encore des leviers
07:42économiques
07:42après la suppression
07:43de la taxe d'habitation
07:44est-ce que ça a
07:45un impact économique
07:46sur le niveau
07:49local et national
07:50encore aujourd'hui
07:51la carte électorale
07:52des maires ?
07:53Pour les communes
07:55oui
07:55parce qu'en fait
07:56la taxe d'habitation
07:57a été supprimée
07:58globalement
07:59au niveau
08:00de l'ensemble
08:00des collectivités locales
08:02elle a été remplacée
08:03par de la TVA
08:04sur laquelle
08:05les élus locaux
08:06n'ont aucun pouvoir
08:06mais pour ce qui est
08:08des communes
08:08et des intercommunalités
08:10en fait
08:11elles ont eu
08:11en compensation
08:12essentiellement
08:13de la taxe foncière
08:14il y avait une partie
08:15de la taxe foncière
08:16qui était affectée
08:17au département
08:18et cette taxe foncière
08:19des départements
08:20a été transférée
08:21aux communes
08:22et aux intercommunalités
08:23donc en réalité
08:25et comme la taxe d'habitation
08:26elle existe encore
08:27d'ailleurs
08:27sur les résidences secondaires
08:29etc
08:29en réalité
08:30les communes
08:31et intercommunalités
08:32n'ont pas tellement
08:33perdu de pouvoir fiscal
08:35elles n'arrêtent pas
08:36de dire qu'elles n'ont plus
08:37aucune autonomie fiscale
08:38c'est les départements
08:38qui ont tout perdu
08:40dans cette histoire
08:41mais pas tellement
08:42les communes
08:42et intercommunalités
08:43en réalité
08:44est-ce qu'on peut dire
08:45autre question
08:45que la taxe foncière
08:46a explosé depuis
08:48la suppression
08:49de la taxe d'habitation
08:50c'est ce qu'on craignait tous
08:51évidemment
08:51que les communes compensent
08:52est-ce que ça a été le cas ?
08:53d'ailleurs il y a une note
08:55sur le site de FIP
08:56que j'ai faite
08:57à l'automne dernier
08:58là-dessus
08:59quand on fait la somme
09:01du produit
09:02de la taxe foncière
09:03et de la taxe d'habitation
09:04on voit qu'il y a
09:05un net décroissage
09:07que ce soit en euros
09:08en pourcentage du PIB
09:09ou en tout ce que vous voulez
09:10il y a un net décroissage
09:11alors c'est vrai
09:12que le taux
09:13de la taxe foncière
09:14a beaucoup augmenté
09:15ah oui on a eu l'impression
09:16un peu
09:16après elle a indexé
09:17sur l'inflation
09:18donc forcément ça aide pas
09:19alors il y a deux choses
09:20qu'il faut regarder
09:21qui sont différentes
09:22il y a d'une part
09:23le fait que
09:26la taxe foncière
09:27peut augmenter
09:28parce que
09:29l'assiette augmente
09:30et l'assiette de la taxe foncière
09:31comme c'était le cas
09:32d'ailleurs pour la taxe d'habitation
09:34est revalorisée chaque année
09:35mais au niveau national
09:36c'est d'ailleurs
09:37une absurdité
09:38qui fait que
09:39parce que
09:40tous les ans
09:42les calculés
09:42sur l'inflation
09:43du mois de novembre
09:44sont revalorisés
09:45comme l'inflation
09:46disons
09:46alors qu'en réalité
09:47les prix de l'immobilier
09:48entre les pays
09:49d'une région
09:49à l'autre d'un endroit
09:50même d'un quartier
09:51à l'autre dans une ville
09:52n'évoluent pas du tout
09:53de la même façon
09:54donc le résultat
09:55aujourd'hui
09:56c'est que
09:57vos impôts fonciers
09:58sont assis
09:59sur des valeurs
09:59administratives cadastrales
10:01qui n'ont aucun rapport
10:01avec la réalité
10:02donc il y a cette première hausse
10:04oui qui a été forte
10:05ces dernières années
10:05puisque l'inflation
10:06a été très forte
10:07donc effectivement
10:08après il y a un deuxième
10:09facteur de hausse
10:10qui est les taux
10:11qui sont votés
10:12par les collectivités locales
10:13c'est la deuxième là
10:14en effet
10:14là on aurait pu craindre
10:16qu'une très forte hausse
10:18des taux votés
10:19par les collectivités locales
10:20pour compenser
10:21la perte de la taxe d'habitation
10:22mais elle n'a pas été
10:23si forte que ça
10:24ce que j'avais noté
10:25c'est que finalement
10:26elle n'avait pas été
10:27plus forte dans les années
10:28qui ont suivi
10:29la fin de la taxe d'habitation
10:31ces dernières années
10:31la 2020
10:32disons
10:33voilà
10:332020-2024
10:34que pendant
10:35le quinquennat
10:36que pendant la période
10:38électorale
10:39précédente en fait
10:40pas beaucoup plus
10:40donc il y a
10:41une petite compensation
10:43mais pas tellement en réalité
10:44Olivier Provopi
10:45Louis Samuel
10:46je ne sais pas ce qu'en pense François
10:47mais je considère quand même
10:48que la suppression
10:49de la taxe d'habitation
10:50aura été une des pires
10:51mesures
10:52prises pendant ces deux quinquennats
10:54aucun bénéfice politique
10:56un bénéfice économique
10:57extrêmement contestable
10:59une usine à gaz
11:00pour la compenser
11:01ça n'était pas un impôt
11:03qui était extrêmement impopulaire
11:04je pense que typiquement
11:05c'est le type même
11:07de la fausse bonne idée
11:08prise
11:08pendant les
11:09cinquennats
11:10c'est peut-être ce qui lui a permis
11:11de gagner l'élection
11:12en 2017
11:12en même temps
11:13c'était un peu la mesure
11:14c'était je pense que politiquement
11:18ça a été fait pour compenser
11:20la suppression
11:21de l'USF
11:22son remplacement
11:23par l'IFI
11:24la flat tax
11:25etc
11:25politiquement
11:26voilà
11:26mais en effet
11:27c'était une erreur
11:28parce que la taxe d'habitation
11:29avait plein de défauts
11:30en particulier celui
11:31que je viens de citer
11:32c'est Pascal Astral
11:33qui date des années 70
11:34mais les taxes foncières
11:35ont exactement le même défaut
11:37et on l'a jamais corrigé
11:39à côté de ça
11:40on a perdu une vingtaine
11:41de milliards d'euros
11:42et on a supprimé un impôt
11:44qui faisait un lien
11:45entre les habitants
11:46de la commune
11:47et les services publics locaux
11:49et donc le développement
11:50territorial
11:51Louis-Samuel Pilser
11:53la suppression de la taxe d'habitation
11:56c'est le cadeau fiscal
11:57le plus cher
11:57des 30 dernières années
11:58je pense
11:5920 milliards d'euros
12:00je pense qu'on n'a jamais fait
12:01une mesure fiscale aussi chère
12:03et en effet
12:05ça vient dans le cadre
12:06d'un paquet de baisse d'impôts
12:0860 milliards d'euros
12:09depuis 2017 par an
12:10quand on regarde
12:11l'explosion des déficits
12:12c'est pas sans lien
12:13avec
12:14deux tiers pour les ménages
12:16contrairement à ce qu'on a pu entendre
12:17des cas aux entreprises
12:18nombreuses et variées
12:19les deux tiers sont partis au ménage
12:20dans la taxe d'habitation
12:21et l'impôt sur le revenu
12:22qui touche absolument tout le monde
12:23Oui
12:2420 milliards c'est énorme
12:25ensuite
12:25pour les communes
12:26effectivement la base maintenant
12:27elle est assise essentiellement
12:29sur les propriétaires
12:30mais les communes
12:31elles conservent beaucoup de leviers
12:32notamment pour investir
12:34parmi les strates de collectivité
12:35qui ont le plus de marge de manœuvre
12:37ce qu'on appelle
12:38la capacité de désendettement
12:40enfin les ratios financiers
12:40sont plutôt bons
12:42par rapport notamment
12:43aux départements
12:43et aux autres collectivités
12:44qui pour le coup
12:45peuvent être dans le rouge
12:45les communes
12:46les intercos
12:47ce qu'on appelle le bloc communal
12:48a quand même la capacité
12:49de porter des politiques
12:50et donc notamment
12:51sur les investissements
12:52en matière de logement
12:53en matière d'aménagement
12:53du territoire etc
12:54c'est quand même un échelon
12:55où on peut encore
12:56changer les choses
12:57Elle présente toujours
12:58environ 60%
12:59d'investissement public
13:00le bloc communal
13:01c'est le premier
13:02j'avais des chiffres
13:03un peu plus élevés
13:04de l'ordre de 70
13:04mais François Hickel
13:05pourra peut-être
13:0660% c'est pour l'ensemble
13:08des collectivités locales
13:09en fait
13:09oui
13:0960%
13:10mais les communes
13:11c'est un peu plus
13:12de la moitié
13:12des collectivités locales
13:13c'est les deux tiers
13:14des collectivités locales
13:15et donc c'est le premier investisseur public local
13:18les communes et les intercos
13:19donc le bloc communal
13:20ce qui sera nommé
13:22désigné à la suite de l'élection
13:25de la semaine prochaine
13:25c'est quand même le premier facteur
13:29qui permet d'orienter
13:30l'investissement public local
13:31et donc effectivement
13:32ça va avoir un impact économique
13:33assez important
13:34sur la capacité
13:35à relancer des investissements
13:36et les orienter
13:37est-ce qu'on va investir
13:38dans le logement
13:39enfin voilà
13:40les priorités politiques
13:41des élus
13:43qui ressortiraient
13:44le logement qui est sérieusement
13:45en crise
13:45effectivement
13:46on en aurait besoin
13:48bon
13:48on passe au deuxième sujet
13:50il est 10h14
13:51vous êtes toujours en direct
13:52sur BFM Business
13:53Iran
13:53quelles conséquences
13:54d'un baril
13:55à 100 dollars
13:56en réalité
13:57on est encore un peu plus
13:58ce matin
14:00le dollar est autour
14:01de 105
14:02le baril est autour
14:03de 105 dollars
14:05après notamment
14:06de nouveaux bombardements
14:08ce week-end
14:09sur l'île de Ca
14:10où il y a beaucoup
14:11de raffinement
14:12beaucoup de pétrole
14:13iranien
14:13part
14:15bon
14:16ce baril
14:17à 105 dollars
14:17c'est pas le niveau
14:18le plus élevé
14:19qu'on ait vu non plus
14:20Olivier Provo
14:21est-ce qu'on peut vivre
14:23avec un baril
14:24durablement autour
14:25des 100 dollars
14:25alors ça dépend qui
14:26ça dépend qui
14:27et moi ce qui m'étonne
14:29le plus dans cette aventure
14:30c'est que
14:31quand vous regardez
14:32le programme de Trump
14:33pour sa réélection
14:34son programme
14:35il est clairement
14:35de jouer
14:37sur la baisse
14:38de l'inflation
14:38aux Etats-Unis
14:39or
14:40qu'est-ce qu'il fait
14:41derrière
14:41les droits de douane
14:42qui font
14:43en qui génèrent
14:44de l'inflation
14:45à porter
14:45et le seul
14:46la seule marge
14:47de manœuvre
14:48qu'il ait
14:48c'est les prix
14:49des carburants
14:50c'est-à-dire
14:50les prix de l'énergie
14:51et qu'est-ce qu'il fait
14:52le Venezuela
14:53passant
14:54et l'Iran
14:55c'est-à-dire
14:55deux mesures
14:56qui vont faire
14:57augmenter
14:57les prix du pétrole
14:58il y a quelque chose
14:59d'incompréhensible
15:00totalement incompréhensible
15:02si on le met en rapport
15:03la politique intérieure américaine
15:05et notamment
15:05les mid-term
15:06qui vont arriver
15:06et ce qu'il fait
15:07au niveau international
15:08et on a tendance
15:10à dire
15:11à un moment
15:11il avait dit
15:12ah oui
15:12je me concentrais
15:13sur la vie intérieure américaine
15:14ça c'est la vision politique
15:15des choses
15:16mais on est là
15:16pour faire de l'économie
15:18économiquement
15:18ce qu'il fait
15:18est une hérésie
15:19il fait à un moment
15:20il provoque un conflit
15:21qui augmente
15:23mécaniquement
15:23les prix du pétrole
15:24il va se retrouver
15:25avec une inflation
15:26qui va revenir
15:27en boumang
15:28alors elle revient
15:28chez nous
15:29elle revient partout
15:30mais quand même
15:31la première économie mondiale
15:33reste les Etats-Unis
15:33elle va impacter
15:34les Etats-Unis
15:35de manière profonde
15:36et durable
15:37alors que
15:38les Etats-Unis ont les moyens
15:39d'être
15:39enfin sont autonomes
15:41d'ailleurs complètement
15:43c'est vrai
15:44sauf que le prix du pétrole
15:45il est mondial
15:45et donc à un moment
15:46quand vous faites ça
15:47le côté
15:48ah ben moi
15:48je vais maintenir des prix
15:49ou alors on entre
15:50en économie administrée
15:51j'avais pas l'impression
15:52que c'était le projet de Trump
15:53ça administre beaucoup plus
15:55qu'on ne le croit
15:55les Etats-Unis
15:56qu'on pense libéral
15:57c'est pas toujours le cas
15:58Louis-Samuel Pilser
16:00vous êtes un grand spécialiste
16:01de la compétitivité
16:02quel impact
16:03ce baril à 100 dollars
16:04a sur notre économie européenne
16:06française en particulier
16:07et européenne en général
16:07en effet
16:08si le conflit se prolonge
16:10certains estiment
16:11que le baril
16:12pourrait atteindre
16:13même les 200 dollars
16:13donc c'est peut-être
16:14que le début des problèmes
16:15c'est Blanchard du FMI
16:16qui estimait
16:17qu'on pourrait atteindre
16:18les 150 à 200 dollars
16:19si le conflit
16:20s'installe dans la durée
16:20et ce matin
16:22ou hier
16:22Trump a annoncé
16:23qu'il s'apprêtait
16:24à restaurer la sécurité
16:26des trois d'hormous
16:27on voit que le prix
16:28continue à augmenter
16:28donc personne n'y croit
16:29non parce qu'il ne peut pas
16:30le faire seul
16:31oui c'est ça
16:31il dit en fait
16:32je veux le faire
16:33mais vous avez besoin d'aide
16:35personne n'a répondu
16:36le roi est nure
16:37le roi est nure
16:38c'est incroyable
16:40ensuite
16:41ce qui est le plus préoccupant
16:42sur la compétitivité
16:44française et européenne
16:45c'est l'impact
16:46que peut avoir ce conflit
16:46sur le prix du gaz
16:47puisque le gaz
16:48est également impacté
16:49par le blocage du Détroit
16:50et le gaz
16:51est ce qui indexe
16:52le prix du marché européen
16:54de l'électricité
16:54on paye déjà en Europe
16:55une électricité
16:57deux à trois fois plus chère
16:58qu'aux Etats-Unis
16:59ou en Chine
17:00c'est toujours le cas
17:00ça malgré la baisse
17:02on a eu une baisse
17:02quand même après la crise
17:03inflationniste de 2022-2023
17:05absolument
17:06massive
17:07très importante
17:07du prix de l'électricité
17:08on est toujours
17:09deux à trois fois plus cher
17:11qu'aux Etats-Unis
17:12en Chine
17:12oui une différence colossale
17:14qui est liée au fait
17:14qu'on a choisi
17:15d'avoir un mix énergétique
17:16globalement décarboné
17:17en France
17:17et plus globalement
17:19dans différents pays d'Europe
17:20et puis également
17:22à la structure
17:22du marché européen
17:23de l'électricité
17:23en fait on a une organisation
17:25de ce marché
17:25qui décorèle complètement
17:27le prix du coût de production
17:28réel de l'électricité
17:30on peut rappeler peut-être
17:31comment fonctionne
17:32ce marché européen
17:33de l'électricité
17:34qui est basé sur le coût
17:36de la dernière unité produite
17:38quelle est la logique
17:39c'est ça
17:40en fait
17:40en France
17:41on produit une électricité
17:42qui coûte
17:4350 à 70 euros
17:44le mégawatt-heure
17:46c'est l'unité de production
17:47d'électricité
17:48qui permet de donner
17:50une référence
17:51mais l'unité additionnelle
17:53c'est-à-dire
17:53si on a besoin
17:54d'augmenter
17:55la consommation
17:56d'électricité
17:57on va faire appel
17:58à du gaz
17:59si on a besoin
17:59d'augmenter la production
18:00oui
18:00parce que la consommation
18:01augmente
18:02on va faire tourner
18:03des centrales au gaz
18:03et donc c'est sur la base
18:05des centrales au gaz
18:05qu'on calcule le coût
18:06de l'électricité
18:07sur le marché européen
18:08mais ça c'est pas
18:09une fatalité
18:10c'est-à-dire qu'on pourrait
18:10tout à fait réformer
18:12le fonctionnement de ce marché
18:13ça a été fait il y a quelques années
18:14mais ça n'a pas changé
18:15les règles en profondeur
18:16je pense qu'aujourd'hui
18:17en tout cas
18:18si une crise énergétique
18:19s'installe dans la durée
18:20si on a durablement
18:21un gaz
18:21qui a un prix très élevé
18:22il a pris 50%
18:23le prix du gaz
18:24il faudrait que les allemands
18:25soient d'accord
18:27exactement
18:27c'est les allemands
18:28qui payent leur électricité
18:29au prix du gaz
18:29en fait l'Allemagne
18:30produit de l'électricité
18:31sur la base du gaz
18:32parce qu'ils sont sortis
18:33du nucléaire
18:33il faut le rappeler
18:34ils sont en train de dire
18:35qu'ils le regrettent
18:36mais bon
18:36ils le regrettent
18:37mais qu'ils ne changeront pas
18:38oui
18:38mais ça c'est incroyable
18:40parce que l'électricité
18:41c'est le titanique
18:41c'est-à-dire qu'en fait
18:42quand vous prenez la décision
18:43les conséquences sont
18:4510 ou 20 ans après
18:47et quand l'Allemagne
18:48a un moment arrêté de nucléaire
18:49ils peuvent nous dire
18:49aujourd'hui en 2026
18:50ah bah c'est ballot
18:51on n'aurait pas dû faire ça
18:53oui mais les gars
18:53vous nous avez envoyé
18:54dans le mur
18:55et du coup
18:55vous êtes devenus
18:56très dépendants du gaz
18:57et notamment du gaz russe
18:58et vous avez imposé
18:59parce que vous êtes
18:59les plus puissants en Europe
19:00notamment financièrement
19:02une indexation
19:03du prix de l'énergie
19:04sur les prix du gaz
19:05ce qui pour nous
19:06qui sommes très nucléaires
19:08est une hérésie totale
19:09oui donc on est en train
19:10de payer nous français
19:11les errements de l'Allemagne
19:13le mauvais modèle énergétique
19:15allemand
19:16c'est ça qu'on a
19:17c'est souvent le cas
19:18on paye souvent
19:19les erreurs de l'Allemagne
19:20en matière industrielle
19:22commerciale énergétique
19:23enfin sur l'accord
19:25qu'on a fait avec Trump
19:26l'an dernier
19:27c'est un peu pareil
19:27on paye le modèle allemand
19:29qui exporte
19:29enfin les allemands
19:30exportent des voitures
19:31aux Etats-Unis
19:32c'est une grande partie
19:32de leur valeur ajoutée
19:33industrielle
19:34et donc on paye
19:35en acceptant
19:35un accord très déséquilibré
19:36sur l'électricité
19:37c'est un peu pareil
19:38on paye leurs erreurs énergétiques
19:39nous on a un mix énergétique
19:41extrêmement décarboné
19:42et compétitif
19:43pas non plus
19:44enfin voilà
19:45ça reste 50 à 70 euros
19:47du mégawatt heure
19:47mais on sort
19:48voilà c'est ça
19:48on sort à peu près
19:49au prix du marché
19:49donc 50 à 70 euros
19:50le mégawatt heure
19:51mais ce qu'on me dit
19:52c'est que les américains
19:54payent leur énergie
19:55à peu près à 20 euros
19:56du mégawatt heure
19:57pour vous donner une idée
19:59donc il y a quand même
19:59un écart énorme
20:00en termes de compétitivité
20:01parce que là-bas
20:02c'est plutôt
20:03à base de pétrole
20:04c'est drill, drill, drill
20:06pétrole, chiste
20:07donc on a une petite crise
20:09environnementale aussi
20:10qui nous porte au nez
20:11et qui est déjà là
20:12donc il y a peut-être
20:13des choix à faire aussi
20:13et du côté chinois
20:14c'est du charbon
20:15peut-être pour préciser
20:16la question quand même
20:17indirecte
20:18c'est pourquoi finalement
20:19on laisse l'Allemagne
20:20nous imposer ça
20:21qui est la vraie question
20:22et la réponse
20:23on l'a tous
20:24aussi longtemps
20:25qu'on a une économie
20:26qui est la deuxième économie
20:27de la zone
20:27qui est l'économie française
20:29avec un déficit
20:30tel qu'il est
20:31dépendant à un moment
20:32de taux d'intérêt
20:32et d'une monnaie
20:33qui sont driveées
20:34par l'Allemagne
20:35qu'on le veuille ou non
20:36on est dépendant d'eux
20:37et donc à un moment
20:38la sécurité financière
20:39qui nous procure
20:39qui nous permet
20:40d'emprunter pas trop cher
20:41et d'avoir une monnaie
20:43qui se casse pas la gueule
20:43et d'être surendetté
20:44et d'être surendetté
20:46à ces niveaux stratosphériques
20:48et du coup
20:48cette dépendance à l'Allemagne
20:50on la paye cher
20:51on la paye avec cette dépendance
20:52sur la structuration
20:54du marché de l'énergie
20:55on la paye sur un accord
20:56comme le Mercosur
20:57dans l'intérêt
20:58d'exporter des voitures allemandes
20:59on la paye sur plein de sujets
21:01et regarder ce qui se passait aussi
21:03sur des sujets de souveraineté
21:04sur le SCAF
21:04pourquoi il y a eu ce bras vert
21:05sur le SCAF
21:06c'est qu'à un moment
21:07l'Allemagne a dit
21:07moi je veux réussir
21:09à avoir des transferts
21:10de technologie
21:11parce que je ne sais pas
21:12faire d'avion de combat
21:12et donc que Dassault
21:13me transfère sa techno
21:15puisque vous dépendez
21:16de l'Allemagne
21:16pour votre sécurité
21:17de votre dette
21:19et de votre monnaie
21:20et heureusement
21:21la France a tenu bon
21:22parce qu'on était
21:22sur un sujet de souveraineté
21:23mais sur l'énergie
21:24on avait lâché
21:25mais pardon
21:26les amis
21:26on est quand même tous
21:27embarqués dans le même bateau
21:28question énergie
21:29on est un continent européen
21:30on est censé construire
21:31une souveraineté énergétique
21:33européenne
21:33moi je me souviens
21:34qu'en fin 2022
21:37si nous n'avions pas eu
21:38ce système européen
21:39l'électricité
21:40certes il coûte cher
21:41mais la France
21:42c'était trois semaines
21:42de blackout
21:43quand on avait la moitié
21:44de nos réacteurs
21:46qui étaient sous révision
21:48donc est-ce qu'on a
21:50est-ce qu'il est possible
21:51d'avoir un système
21:52plus efficace
21:53et moins cher
21:54qui garde cette sécurité
21:55d'approvisionnement
21:56aussi
21:57Louis-Samuel Pilser
21:59c'est vrai en fait
22:00en 2022
22:00ce qui s'était passé
22:01c'était que
22:02le mix énergétique français
22:04il dépend beaucoup
22:04du nucléaire
22:05on dit 80%
22:06de notre production
22:07d'électricité
22:07donc aujourd'hui ça va
22:08mais il y a trois ans
22:09c'était la cata
22:09c'est ça
22:10en fait on l'avait mal
22:10entretenu pendant le Covid
22:11et quand on entretient mal
22:13le parc nucléaire
22:15le pays s'écroule
22:16et donc c'est un problème
22:17de résilience aussi
22:18de notre mode énergétique
22:19je pense à titre personnel
22:20il faudrait déployer plus
22:21d'énergie renouvelable
22:22pour un peu équilibrer
22:23ce mix énergétique
22:23et être plus résilient
22:24face à des crises
22:26de ce type
22:26c'est vrai que
22:27le système européen
22:27c'est le sujet de la PPE 3
22:28la programmation pluriannuelle
22:30de l'énergie
22:31troisième version
22:32qui va à contresens
22:34de la précédente
22:35d'ailleurs
22:35qui reculait beaucoup
22:36sur le nucléaire
22:38mais donc elle va
22:39dans le bon sens
22:39cette PPE 3 selon vous ?
22:41je pense qu'elle va
22:41dans le bon sens
22:42d'abord parce qu'on confirme
22:43notre soutien au développement
22:45de l'énergie nucléaire
22:46avec 8 plus 6
22:47nouveaux EPR
22:48donc c'est les réacteurs nucléaires
22:50de nouvelle génération
22:51après avoir fermé Fessenheim
22:54et Superphénix
22:55dit 30 ans avant
22:57qui était une des conneries majeures
22:58de notre politique énergétique
23:00c'est vrai qu'en fait
23:01en matière énergétique
23:02il faut de la stabilité
23:03du long terme
23:04et les alternances
23:05à ce titre
23:05je pense qu'il faut
23:07un modèle de fonctionnement
23:09beaucoup plus constructif
23:09et qu'on arrive à construire
23:10des consensus transpartisans
23:12et qu'on n'ait pas
23:12des alternances droite-gauche
23:13qui accélèrent le nucléaire
23:15arrêtent le nucléaire
23:16etc
23:16je pense qu'il faut qu'on arrive
23:17à se mettre d'accord
23:17sur un mix énergétique
23:19une trajectoire de développement
23:20qu'on garde sur 50 ans
23:21parce que c'est quand même
23:22un sujet d'intérêt national
23:23et il n'y a rien de pire
23:24dans ce domaine
23:25que de faire des allers-retours
23:26pour être bien sûr de comprendre
23:27je veux votre avis
23:29aux uns et aux autres
23:30pour ou contre
23:31le marché européen
23:31de l'énergie
23:32Olivier Provo
23:32oui mais allons plus loin
23:34organisons-le
23:34on prend un exemple
23:35on a des pays du sud
23:36qui ont beaucoup de soleil
23:38il faudrait qu'ils se spécialisent
23:39dans un moment
23:40des panneaux solaires
23:41il faudrait couvrir
23:42le sud de l'Espagne
23:43et le sud du Portugal
23:43c'est pas le cas
23:44de panneaux solaires
23:44pas encore
23:45pas assez en tout cas
23:46mais surtout que ça fonctionne
23:47au niveau européen
23:48la France c'est
23:49les centrales nucléaires
23:50on le sait
23:50et tant mieux
23:51il y en a en France
23:52il y en a pas beaucoup ailleurs
23:54regardons les atouts
23:55des uns et des autres
23:56les Allemands ont certains atouts
23:57notamment dans les réseaux
23:58dans les smart grids
23:59dans les réseaux de distribution
24:00si on veut aller
24:01dans votre sens Raphaël
24:02un vrai marché européen
24:04spécialisons-le
24:05et organisons-le
24:06mais pour l'instant
24:06on va pas assez loin
24:07donc c'est changer les spécialités
24:08parce qu'on avait des spécialités
24:10c'était le gaz en Allemagne
24:11sauf que cette spécialité
24:12le gaz en Allemagne
24:13me dérange pas
24:14à condition que ce soit pas du gaz russe
24:16ce qui était le cas
24:18Louis-Samuel Pilser
24:19pour ou contre le marché européen
24:20l'énergie
24:21est-ce qu'il faut nationaliser
24:22revenir à juste nous
24:24franco-français
24:25ou est-ce qu'on reste
24:25au niveau européen
24:26alors contre
24:27ensuite
24:27pas contre les interconnexions
24:29c'est important d'avoir
24:29du commerce d'électricité
24:31entre la France et l'Allemagne
24:32enfin je veux dire
24:33ce serait débile
24:34de couper les
24:35on est un peu interdépendants
24:36les uns des autres
24:36on est interdépendants
24:37ensuite le fait de baser
24:38ce système sur un marché
24:40avec un système de fonctionnement
24:42qui fixe les prix
24:43sur la dernière unité produite
24:44etc
24:44c'est pas une fatalité
24:45on pourrait le faire
24:46fonctionner différemment
24:46en fait
24:47il n'y a absolument pas
24:48de lien
24:51entre le fait
24:51d'avoir un prix
24:52basé sur un fonctionnement
24:53de marché
24:53et d'avoir des interconnexions
24:55on pourrait tout à fait
24:55faire du commerce
24:56tout en ayant des prix régulés
24:57sur le marché intérieur
24:58ce qu'on appelle
24:59les tarifs réglementés
25:00de vente de l'électricité
25:01donc les tarifs
25:02auxquels on vend
25:03l'électricité
25:04aux ménages
25:05et aux petites entreprises
25:08on pourrait les étendre
25:09à l'ensemble de l'économie
25:10en fait
25:10on pourrait réglementer
25:11les prix sur le marché intérieur
25:12tout en continuant
25:12à faire du commerce
25:13pour éviter les potentiels
25:14Est-ce que c'est pas la garantie
25:15d'avoir des pénuries
25:16à un moment ou à un autre
25:18quand l'État organise
25:19impose des prix
25:20blocs, contrôles
25:22limites
25:23est-ce que ça permet
25:24d'avoir une production
25:25suffisante ?
25:26Je ne pense pas
25:27parce que le système français
25:28il est de toute façon
25:28monopolistique
25:29on a EDF
25:30enfin je veux dire
25:31il y a quelques petits producteurs
25:32mais ça reste résiduel
25:33et donc en fait
25:34à partir du moment
25:35on a EDF
25:36le système
25:37il est globalement
25:37depuis 45 nationales
25:39et donc on peut organiser
25:41la production
25:42pour répondre aux besoins
25:44et si on a des problèmes
25:46des risques de pénurie
25:47et bien on achète
25:49de l'électricité importée
25:50et tout ça peut passer
25:52par EDF
25:52et être organisé
25:53de manière intelligente
25:54je ne pense pas que ça
25:55François Eccal
25:55pour revenir au prix du baril
25:57et au prix de la pompe
25:58à l'essence
25:58qui a flambé ces derniers jours
25:59c'est un sujet
26:00éminemment politique
26:02comment peut-on le réguler ?
26:03Il y a eu différentes réponses
26:04européennes
26:05est-ce que la modulation
26:06de la fiscalité
26:07est une réponse
26:09efficace ?
26:11Non je pense que
26:13d'abord
26:14On a déjà fait
26:15la TIPP flottante
26:16il y a quelques années
26:17On entend dire
26:18chez certains politiques
26:19que lorsque le prix
26:21du baril augmente
26:21l'Etat s'enrichit
26:22Est-ce que c'est vrai ?
26:23Il faut bien comprendre
26:24c'est que dans le prix
26:26à la pompe
26:26il y a beaucoup de taxes
26:27en effet
26:28à moitié de taxes
26:29la principale de ces taxes
26:31qu'on appelle aujourd'hui
26:32les assises
26:32qu'on appelait autrefois
26:34la taxe intérieure
26:35de consommation
26:35des produits pétroliers
26:36c'est une taxe fixe
26:38en euros par litre
26:39donc celle-là
26:40elle ne bouge pas
26:41sur cette assise
26:42il y a de la TVA
26:43à 20%
26:44elle ne bouge pas non plus
26:45puisqu'elle est en pourcentage
26:47On paye de la TVA
26:48sur l'impôt en France
26:49Oui
26:49on paye beaucoup d'impôts
26:50sur les impôts
26:51mais voilà
26:51mais c'est fixe
26:52ça ne bouge pas
26:53la seule chose qui bouge
26:55c'est la TVA
26:56sur le prix hors-tout de taxes
26:59donc celui-là
27:00en effet
27:00il bouge
27:01il augmente
27:02et dans un premier temps
27:03c'est vrai que
27:04si le prix du baril augmente
27:05on va gagner
27:07quelques centaines
27:07de millions supplémentaires
27:09au titre de cette taxe
27:10mais d'un autre côté
27:11lorsque le prix du baril augmente
27:13le coût de nos importations
27:15augmente
27:15etc
27:16ça a toujours
27:17les chocs pétroliers
27:18ont toujours eu
27:19des effets négatifs
27:20sur l'activité
27:21donc grosso modo
27:22pour une hausse
27:23de 10 dollars
27:25le baril
27:26etc
27:27on a un effet négatif
27:29plus ou moins vide
27:30de 0,2 ou 0,3
27:32points de PIB
27:33et ça
27:33ça se traduit
27:34c'est au-dessus de ce qu'on évoquait
27:36l'INSEE évoquait
27:37je crois que c'est une étude de 2009
27:38ça s'atteint un peu
27:39mais 0,1
27:3910 dollars
27:400,1 points de PIB
27:41vous dites 0,2 à 0,3
27:42non je pense
27:43c'est un peu plus
27:44en fait
27:44mais 0,1
27:45c'est peut-être
27:46en revanche
27:46l'impact sur les finances publiques
27:48oui c'est à peu près
27:49la moitié de ça
27:50donc c'est de l'ordre de 0,1
27:51donc 0,1 points de PIB
27:53c'est en disant
27:53entre 1 et 2 milliards
27:54voilà
27:55donc en effet
27:56ça c'est l'impact
27:57sur le déficit public
27:580,1
27:59et donc ça fait plus
28:01que compenser
28:02le supplément de recettes
28:04qu'on a sur la TVA
28:05donc en réalité
28:07l'État ne s'enrichit pas
28:08et l'État au contraire
28:10s'appauvrit
28:10quand il est un pétrolier
28:12et on a aujourd'hui
28:13alors bien sûr
28:14on n'a pas de problème
28:15on l'a dit
28:15pour des tas de raisons
28:16aujourd'hui
28:16on emprunte
28:17sans aucun problème
28:18donc on pourrait emprunter
28:20pour réduire les taxes
28:21la TVA
28:22cette TVA par exemple
28:23mais ça ne ferait qu'aggraver
28:25nos problèmes de finances publiques
28:27à moyen et long terme
28:28et un jour
28:28on va avoir un problème
28:30donc il ne faut pas le faire
28:32il ne faut pas le faire
28:33il faut essayer de résister
28:35il faut essayer quand même
28:35de résister
28:36parce que la pression politique
28:37va être très forte
28:38si en effet ça continue
28:39parce que c'est mauvais
28:41pour les finances publiques
28:42c'est mauvais
28:42d'un point de vue environnemental
28:44puisque ça conduit
28:45à consommer quand même
28:46plus d'hydrocarbures
28:47c'est mauvais
28:48pour notre souveraineté
28:49puisque si à chaque fois
28:51que le prix du pétrole
28:52augmente
28:52vous baissez les taxes
28:53bah vous favorisez
28:55vous favorisez
28:56les producteurs de pétrole
28:57et nos fournisseurs
28:59ils ne sont pas toujours
29:00très recommandables
29:01donc il ne faut pas faire ça
29:03contrôle des marges
29:04contrôle des prix
29:05bonne idée
29:05Olivier Provo
29:06par rapport à ce que dit François
29:07je trouve qu'il y a quelque chose
29:08de très intéressant en termes
29:09puisque c'est un peu
29:10ma spécialité de communication
29:11l'État communique hyper mal
29:14à partir du moment
29:15où il n'empoche pas plus d'argent
29:17quand les prix du pétrole augmentent
29:19pourquoi il ne dit pas
29:20bah moi c'est facile
29:21sur le pétrole chaque année
29:23j'engrange
29:24allez 20 milliards
29:25et ben ces 20 milliards
29:26ils sont sanctuarisés
29:28ils ne bougeront pas
29:29au fur et à mesure
29:30que le pétrole
29:30ce qui est la vérité
29:31il ne le dit pas
29:32il ne le dit pas
29:33du coup
29:34évidemment il se laisse attaquer
29:35sur le fait
29:36vous êtes le premier profiteur de guerre
29:37quand on dit
29:38il faut lutter contre les profiteurs de guerre
29:39le premier regard se tourne
29:41vers celui
29:41qui engrange plus de 50%
29:43du prix sur l'essence
29:44c'est-à-dire l'État
29:45et l'État ne se défend pas
29:46et ne dit pas
29:47attendez moi
29:47je touche 20 milliards par an
29:48pas plus
29:49pas moins
29:49et ce chiffre-là
29:50ne bouge pas
29:51même quand les prix du pétrole
29:52augmentent
29:53il ne le dit pas
29:54je ne comprends pas
29:55en termes de communication
29:55je ne comprends pas
29:56ça alimente tous les fantasmes
29:58du fait que l'État
29:59continue à engranger
30:00et François a mille fois raison
30:01ce qui l'engrange en plus
30:02la seule partie variable
30:04c'est la TVA
30:05sur la partie hors-taxe
30:06or cette TVA
30:07elle est malheureusement
30:08pour l'État
30:09compensée par
30:10la perte de fiscalité
30:12sur l'activité
30:13sur l'activité
30:14par la hausse des prix du pétrole
30:15même ça
30:15il ne l'explique pas
30:16bon maude Bréjon
30:17est certainement
30:18en train de nous écouter
30:19à la fois porte-parole
30:21donc en charge de la communication
30:22et de l'énergie
30:23le message est passé
30:24ne quittez pas
30:25on se retrouve dans une minute
30:26après une très courte pause publicitaire
30:29on va parler compétitivité
30:31toujours
30:31avec ce 28ème régime d'entreprise
30:34que faut-il en attendre
30:35et puis on continuera
30:36de parler impôts
30:37avec cette surtaxe d'IS
30:38on tirera les premières leçons
30:40de l'an 1
30:41de cette surfiscalité
30:42à tout de suite
30:43ne quittez pas
30:49BFM Business et la Tribune
30:51présente
30:52les experts
30:53Raphaël Le Gendre
30:56allez on est de retour
30:57pour la seconde partie
30:58de l'émission
30:59avec toujours autour de la table
31:00Olivier Provo
31:01François Eccal
31:01et Louis-Samuel Pilser
31:03Louis-Samuel
31:04je reprends avec vous
31:06on va parler de ce 28ème régime
31:08des sociétés
31:09qui doit voir le jour
31:11très prochainement
31:12la commission présente
31:13cette semaine
31:14ce statut juridique
31:16alors qu'il va passer
31:16à la moulimètre du Parlement
31:18encore
31:18mais on va d'abord
31:20commencer par expliquer
31:21un peu de manière pédagogique
31:23ce qu'est ce 28ème
31:25régime d'entreprise
31:27qu'est-ce qu'il va permettre
31:28très concrètement
31:29pour les entrepreneurs
31:31qui nous écoutent
31:32ou ceux qui souhaitent
31:33se lancer
31:33des jeunes comme vous
31:35dans le monde de l'entreprise
31:35et qui souhaitent se lancer
31:37directement au niveau
31:38européen
31:39qu'est-ce que ça pourrait apporter
31:40en fait quand on a fait
31:41la construction européenne
31:42on s'est dit
31:43on crée un grand marché
31:44pour être compétitif
31:45face aux blocs
31:47face aux Etats-Unis
31:48face à la Chine
31:50mais on a toujours
31:52aujourd'hui
31:5327 droits des sociétés
31:55différents
31:56avec leurs spécificités
31:57donc si vous êtes
31:58une société
31:59de la tech
32:00ou d'un autre secteur
32:02qui souhaite se développer
32:03sur l'ensemble
32:04du marché européen
32:05en fait il y a à la fois
32:06la barrière de la langue
32:06bon ça j'avoue que
32:07je pense qu'une proposition
32:09réglementaire de la commission
32:10n'y changerait malheureusement rien
32:11mais vous avez aussi
32:13la barrière du fait
32:13qu'on a 27 droits différents
32:14avec des spécificités
32:16et donc
32:16donc quand on veut
32:17se lancer au niveau européen
32:18aujourd'hui
32:19il faut lancer
32:2027 dossiers
32:21dans 27 pays
32:22ça paraît complètement dingue
32:24alors vous regardez
32:25en arrivant
32:25mais typiquement
32:26Doctolib
32:26vous avez Doctolib France
32:28qui est le groupe
32:29puis vous avez Doctolib
32:30Allemagne
32:30vous avez Doctolib Italie
32:32en fait vous devez
32:32créer des sociétés
32:33un peu dans chaque pays
32:34où vous vous implantez
32:35parce que vous avez
32:35des spécificités locales
32:37et donc l'idée de la commission
32:39c'est de créer un 28ème régime
32:40qui serait un peu
32:40un régime socle
32:41qui sera compatible
32:43avec l'ensemble
32:43des droits nationaux
32:44pour des sociétés
32:45qui seraient vraiment
32:46d'envergure européenne
32:47bon
32:48c'est plutôt une bonne idée
32:49non ?
32:50c'est le rapport
32:51l'État
32:51le rapport Draghi
32:52qui le propose
32:53le grand sujet
32:54Olivier Proveau
32:55c'est de faire sauter
32:55toutes les barrières
32:56qui nous empêchent
32:57de créer un marché unique
32:57oui mais est-ce qu'on fait
32:58sauter des barrières
32:59en rajoutant à un moment
33:01une réglementation
33:02j'en rêverais
33:03je rêverais à un moment
33:04que l'Europe soit
33:04une machine
33:05à simplifier
33:06on a une dizaine
33:07de textes de simplification
33:09qui sont attendus
33:10cette année
33:10on va voir
33:10c'est vrai
33:11alors la difficulté
33:13sur ces sujets
33:13à un moment
33:14d'harmonisation
33:15c'est la frontière
33:17entre l'harmonisation
33:18et la lutte
33:19contre le dumping
33:20et il y a un exemple
33:21évident en Europe
33:22qui est l'IS
33:22c'est-à-dire que fondamentalement
33:23si j'ai une Irlande
33:24qui peut à un moment
33:25maintenir un taux d'IS
33:26extrêmement attractif
33:27extrêmement bas
33:28et qui fait venir
33:28les GAFA sur ses territoires
33:30fondamentalement
33:31quand la France
33:31à un moment
33:32ne le fait pas
33:32ou ne le peut pas
33:33j'ai quand même un problème
33:34c'est-à-dire qu'on a créé
33:35une Europe
33:35à un moment
33:36qui a tellement de vitesse
33:37est-ce que ce type de règles
33:39à un moment
33:40va permettre
33:40de résoudre le problème
33:41alors on pourra m'objecter
33:43qu'aux Etats-Unis
33:44qui est pourtant
33:44un seul marché
33:45vous pouvez avoir
33:46des régimes fiscaux
33:47très différents
33:47selon les Etats
34:04pourquoi pas
34:05la limite quand même
34:07c'est que vous disiez
34:08vous disiez Raphaël
34:09que je veux me lancer
34:10en Europe
34:10il faut que je dépasse
34:1127 dossiers
34:11dans les faits
34:12un entrepreneur comme moi
34:13il ne résonne pas comme ça
34:14il dit je suis en France
34:15j'ai envie de me lancer
34:16en Italie
34:17et au Danemark
34:19et donc à un moment
34:20il va déposer son dossier
34:21en Italie et au Danemark
34:22l'idée de se lancer
34:24sur 27 marchés
34:25honnêtement
34:25est une idée assez théorique
34:27mais en pratique
34:27ça ne fonctionne pas comme ça
34:29sauf pour les grands groupes
34:30petits cas 40
34:31qui ont les moyens
34:32à un moment
34:32de régler les problèmes
34:35juridiques autrement
34:35quand on est dans le numérique
34:36quand on est dans la tech
34:37et qu'on veut lancer
34:38un produit
34:39on se dit que c'est quand même
34:39la bonne échelle
34:40maintenant à l'échelle européenne
34:41oui à condition
34:42que ce type de texte
34:43simplifie et ne rajoute
34:45pas de la complexité
34:45François Eccal
34:46dans les règles juridiques
34:48harmonisées
34:48que propose ce 28ème régime
34:50il y a l'insolvabilité
34:51il y a le travail
34:51et il y a la fiscalité
34:53est-ce qu'on a des règles
34:56de fiscalité
34:57harmonisées au niveau européen
34:58aujourd'hui
34:58pour les entreprises
34:59non
35:00alors ce 28ème régime
35:02moi je ne sais pas
35:02j'avoue ne pas avoir
35:03trop suivi
35:04peut-être
35:04parce qu'en tête
35:05j'ai le fait
35:07qu'on parle
35:08de ce genre de projet
35:09depuis des dizaines d'années
35:10en Europe
35:11et qu'on n'est jamais
35:12allé jusqu'au bout
35:13donc vous n'y croyez pas
35:14une seule seconde
35:15inconsciemment
35:16je me suis dit
35:17de toute façon
35:17ça va capoter
35:18comme tous les projets précédents
35:20et notamment
35:21l'impôt sur les sociétés européennes
35:23ça fait quand même
35:23moi j'en ai entendu parler
35:24depuis que je suis jeune
35:25j'en ai dit
35:25on en parle depuis 40 ans
35:27l'impôt sur les sociétés européennes
35:29il y a eu des tas de projets
35:31de la commission européenne
35:34mais qui n'ont jamais fonctionné
35:35parce qu'en matière de fiscalité
35:38la règle c'est l'unanimité
35:40et donc il suffit
35:41qu'il y ait un état
35:42l'Irlande par exemple
35:43qui ont des intérêts
35:44en matière d'impôt sur les sociétés
35:45ont des intérêts particuliers
35:47pour bloquer tout le processus
35:49et jusqu'à présent
35:50ça a toujours bloqué
35:51donc on a réussi
35:52en matière de fiscalité
35:53il y a un impôt
35:54pour lequel on a réussi
35:55à harmoniser
35:56c'est la TVA
35:56au début
35:57mais ça remonte
35:58il y a très loin
35:58ça remonte aux années 60-70
36:01on était beaucoup moins nombreux
36:03en Europe
36:03à l'époque
36:04mais qui est la première
36:05ressource fiscale des pays
36:07on a quand même réussi
36:08à se mettre d'accord
36:09sur la plus importante
36:09on a réussi
36:10à harmoniser la TVA
36:12mais après
36:13on n'a rien fait
36:13on parlait tout à l'heure
36:15des assises sur l'énergie
36:17sur les assises sur l'énergie
36:18il y a une directive européenne
36:20qui date déjà
36:21d'il y a 30 ans
36:21qui met des minimas
36:23mais ces minimas
36:24aujourd'hui
36:25sont très très très faibles
36:26qui n'ont rien à voir
36:27avec ce qui serait nécessaire
36:28en matière de lutte
36:30contre les émissions
36:31de gaz à effet de serre
36:31donc tous les pays
36:32sont au-dessus
36:33très facilement
36:33donc ça n'a en réalité
36:35aucun effet
36:36donc non
36:37en dehors de la TVA
36:39on n'a rien fait
36:39jusqu'à présent
36:41avec une petite hypocrisie
36:42par exemple
36:43sur le coût du travail
36:44quand on fait l'élargissement
36:45de l'Union Européenne
36:46on sait qu'on fait rentrer
36:47des pays d'Europe de l'Est
36:48dont le coût du travail
36:49est notoirement plus bas
36:50et on le fait
36:51pour ça
36:52en partie pour ça
36:53et du coup évidemment
36:55notamment
36:55nos amis allemands
36:56mais je pense
36:58que globalement
36:59beaucoup en ont profité
36:59sans doute aussi en France
37:01se disent
37:01ah génial
37:02je vais pouvoir faire travailler
37:03des gens
37:04dans des pays
37:04qui relèvent de l'Union Européenne
37:06donc ça reste quand même
37:07assez harmonisé
37:08avec un coût du travail inférieur
37:09c'est une espèce
37:10d'hypocrisie totale
37:11parce que fondamentalement
37:13du coup on n'harmonise rien
37:13et on se retrouve
37:14à intégrer chez nous
37:15des pays qui ont
37:16des fiscalités différentes
37:17fiscalité du travail
37:18différentes
37:19IS différents
37:20et après on nous parle
37:21de globalisation européenne
37:23c'est compliqué
37:24je rappelle que c'est
37:25le plombier polonais
37:26qui a provoqué
37:27à la base
37:28le désir de Brexit
37:29oui mais sauf
37:30qu'aujourd'hui
37:31regardez l'économie polonaise
37:32qui est en train
37:33de nous rattraper
37:33en PIB par habitant
37:35ils vont passer devant la France
37:36dans deux ou trois ans
37:39en fait ce qui est harmonisé
37:41sur la TVA
37:41c'est l'assiette de la TVA
37:42mais les taux de TVA
37:43ils sont différents
37:44d'un pays à l'autre
37:44et les possibilités
37:46pendant très longtemps
37:47on a été très contraints
37:48sur la possibilité
37:50d'appliquer des taux réduits
37:51ces contraintes
37:52ont été fortement allégées
37:53il y a trois ans
37:54aujourd'hui
37:55sauf sur les produits énergétiques
37:56vous pouvez appliquer
37:57des taux réduits
37:58là où vous voulez
37:58donc en fait
37:59même sur la TVA
38:01l'harmonisation
38:01elle est quand même minimale
38:03Tout ça pose la question
38:04des normes
38:05qui morcellent
38:06le marché européen
38:09on a deux fois moins
38:10d'échanges
38:11entre pays européens
38:13qu'au sein des pays
38:14des Etats-Unis
38:15par exemple
38:16Louis-Samuel Pilser
38:18est-ce que c'est pas ça
38:19le principal frein
38:20à la croissance
38:21sur le vieux continent ?
38:22Ça en fait partie
38:23je serais un peu moins
38:24pessimiste
38:25que vous
38:26sur les perspectives
38:28de renforcement
38:29de l'harmonisation fiscale
38:30européenne
38:30parce qu'aujourd'hui
38:31on a un contexte également
38:32celui de l'endettement commun
38:33et donc on a
38:34une trajectoire
38:35de croissance
38:36des ressources propres
38:37de l'Union
38:38à trouver
38:38et qui est en cours
38:39de construction
38:40par la Commission européenne
38:41qui a un tas de projets
38:42de nouvelles taxes
38:43et donc dans ce cadre
38:44harmoniser les impôts existants
38:46notamment
38:47remettre sur la table
38:48celui d'un IS plancher
38:50c'est pas forcément
38:52inintéressant
38:52et par ailleurs
38:53en fait
38:53les nouvelles vagues
38:54que l'Irlande
38:55va accepter
38:56un taux d'IS plancher
38:57Je pense que la pression
38:58commence à monter
38:59mais je suis d'accord
38:59avec vous
39:00qu'avec l'unanimité
39:01c'est très compliqué
39:01de faire signer
39:03les Irlandais là-dessus
39:04et ensuite
39:04il y a un vrai risque
39:05de fragmentation
39:06de l'Union européenne
39:06aujourd'hui
39:07parce que quand on élargit
39:08à l'Ukraine
39:09SMIC 200 euros
39:11on a l'Ukraine
39:13l'Albanie
39:14Monténégro
39:14une série de pays
39:16qui sont candidats
39:16à l'accession à l'Union
39:17en fait
39:17si on commence
39:18à rajouter
39:19dans l'Union européenne
39:20à intégrer des pays
39:22qui ont des salaires minimums
39:23aussi bas
39:24sans harmonisation fiscale
39:25sans harmonisation sociale
39:26on court vers la catastrophe
39:27on pourra pas
39:28enfin ça tiendra pas
39:2910 ans
39:30enfin pardon
39:30Olivier
39:31vous rappeliez
39:32que la Pologne
39:33allait rejoindre bientôt
39:34les niveaux de PIB
39:35par tête
39:36en France
39:37quand la Pologne
39:38a intégré en 2004
39:40de mémoire
39:41l'Union européenne
39:41je pense que le SMIC
39:43était à un niveau
39:44beaucoup plus faible
39:45que le nôtre
39:46aussi probablement
39:47après il faut voir
39:48que cette espèce
39:49de miracle polonais
39:50a été largement nourri
39:51à l'aide de fonds européens
39:52ils en ont beaucoup
39:54beaucoup profité
39:54je veux dire
39:55la loi du juste retour
39:57n'a pas été
39:58totalement appliquée
39:59mais je rebondis
40:00sur ce que dit
40:01Louis Samuel
40:01qui est tout à fait exact
40:02on a une disparité
40:03le problème de l'Europe
40:04c'est que si je compare
40:05avec les Etats-Unis
40:06les Etats-Unis
40:07il y avait des différences
40:07mais pas de disparités
40:09vous n'aviez pas
40:09du coût de travail
40:10en Californie
40:11qui était trois fois
40:12ou quatre fois inférieur
40:13au coût du travail
40:14dans l'état de Washington
40:15c'est pas vrai
40:15vous aviez quand même
40:16une espèce d'harmonie
40:18au niveau de l'ensemble
40:19du pays
40:19il y avait des différences
40:21mais c'est pour ça
40:21que je dis qu'on devrait
40:22s'en inspirer
40:23et notamment ne pas intégrer
40:24c'est pour ça que honnêtement
40:25j'adore l'Ukraine
40:26et je suis fondamentalement
40:27partisan du soutien à l'Ukraine
40:28de là aller voir
40:30rentrer dans l'Union européenne
40:31dans les conditions
40:32dans lesquelles opère
40:32l'Ukraine de l'Ukraine
40:32je pense qu'il va passer
40:35de l'eau sous les pots
40:35oui
40:36vous évoquiez
40:38de nombreux projets
40:39d'impôts européens
40:41dans les tiroirs
40:42de la Commission européenne
40:44François Eccal
40:45à quoi il faut s'attendre
40:46à une nouvelle couche
40:47après les collectivités locales
40:49le national
40:50on va avoir en plus
40:52de la fiscalité européenne
40:53qui va s'ajouter à tout ça
40:54ce qui est en jeu
40:56c'est qu'on a pris
40:57une décision historique
40:58au niveau européen
40:59en juillet 2020
41:00en pleine Covid
41:01de permettre
41:02à l'Union européenne
41:03de s'endetter
41:05pour
41:06disons
41:07subventionner
41:08les états membres
41:09et
41:10il y a des pays
41:10qui en ont
41:11l'Italie
41:11on a beaucoup profité
41:12par exemple
41:13240 milliards
41:14c'était énorme
41:15voilà
41:15et donc
41:16mais
41:16les pays frugaux
41:17comme on les appelait
41:19à l'époque
41:19commençait par les Hollandais
41:21il y en a d'autres
41:22qui n'ont pas voulu
41:23qui ne voulaient pas
41:24de cet emprunt européen
41:25de ce moment
41:26hamiltonien
41:27comme on disait à l'époque
41:27exactement
41:28mais c'est très important
41:29c'est un moment très important
41:30mais ont obtenu
41:31que ces autres questions
41:33soient remboursées
41:35sans qu'on réemprunte
41:36un pays comme la France
41:37rembourse toujours
41:38mais réemprunte le même montant
41:40donc ils ont obtenu
41:41que ça serait remboursé
41:42sans réemprunter
41:43ce qui veut dire
41:43qu'il faut trouver des ressources
41:45donc en effet
41:46il a été décidé
41:47au niveau européen
41:48que ces ressources
41:49viendraient
41:50de ressources nouvelles
41:51de l'Union Européenne
41:52notamment
41:53alors de quoi parle-t-on
41:54il y a par exemple
41:57ce qu'on appelle
41:58le mécanisme d'ajustement
41:59aux frontières
42:00la taxe carbone
42:01aux frontières
42:02qui est supposée
42:03qui rentre là
42:04en application
42:05mais dont le produit
42:07est très limité
42:08c'est une très bonne idée
42:09moi je suis totalement pour
42:10le problème
42:11c'est que
42:12vis-à-vis de beaucoup
42:13de nos partenaires étrangers
42:15ça ressemble beaucoup
42:16à des droits de douane
42:17donc ils n'aiment pas trop
42:19et donc on y va
42:20très très prudemment
42:21on y va très prudemment
42:24et le résultat
42:25c'est qu'aujourd'hui
42:26on ne les a pas trouvées
42:27ces ressources
42:28et donc
42:28et une des conséquences
42:30c'est que
42:31si on n'a pas
42:31ces ressources nouvelles
42:33fiscales au niveau européen
42:34il va falloir
42:35prélever plus
42:36au titre
42:37du prélèvement ordinaire
42:39sur les états membres
42:40chaque année
42:40et c'est pour ça
42:41que dans les
42:42on a une perspective
42:44devant nous
42:45dans les années qui viennent
42:46d'augmentation
42:47des prélèvements
42:48de l'Union Européenne
42:49sur le budget français
42:51comme sur le budget
42:53allemand
42:53espagnol
42:54tous les budgets européens
42:55parce qu'en effet
42:56il va falloir rembourser
42:59ces emprunts européens
43:00et les taxes
43:02il y en a bien
43:03quelques-unes
43:04on a créé une taxe
43:05sur les plastiques
43:06je crois
43:06mais elle rapporte quoi
43:07un milliard
43:07ou deux milliards
43:08au niveau de l'Union Européenne
43:09c'est rien
43:09donc
43:10non non
43:11donc on
43:11on a besoin du plastique
43:13voilà
43:14donc on a
43:15on a un problème
43:16on a un problème
43:17donc il y a deux éléments
43:19sur lesquels
43:19il faut s'attendre
43:20à payer de plus en plus
43:21c'est un
43:21la charge d'intérêt
43:22de la dette
43:23au niveau français
43:23et le prélèvement
43:25sur recette
43:25comme on l'appelle
43:26de l'Union Européenne
43:29est-ce qu'il y a
43:29d'autres assiettes
43:31Louis-Samuel
43:32Pilser
43:33qui pourraient
43:33servir de recette
43:35d'abord est-ce qu'on sait
43:35combien rapporte
43:37la taxe carbone
43:38aux frontières
43:38combien elle pourrait
43:40rapporter
43:40le MACF
43:41c'est tout petit
43:42c'est de l'ordre du milliard
43:43même pas
43:45en fait on parle
43:47de 1 milliard
43:48plus 1 milliard
43:48plus 1 milliard
43:49c'est pour ça qu'il y a
43:49une espèce de concours
43:50l'épine des armes européens
43:51où la commission
43:53propose chaque année
43:542-3 nouvelles
43:55sources de fiscalité
43:57mais ça reste
43:57des choses
43:58qui sont toutes petites
43:59en montant
44:00l'essentiel du budget
44:01européen
44:02le budget européen
44:02c'est à peu près
44:03200 milliards
44:03les ressources
44:05de l'Union
44:06et par exemple
44:07le bloc principal
44:09enfin vous avez
44:09un bloc de TVA
44:10mais le bloc principal
44:12c'est les droits de douane
44:15c'est 20 milliards
44:16à peu près
44:17mais ça rapporte pas
44:19enfin voilà
44:19même si vous voulez doubler
44:20vous voyez
44:21vous avez pas un impact
44:22extrêmement significatif
44:23sur les ressources propres
44:25de l'Union
44:25donc c'est assez compliqué
44:26et la voie est plutôt
44:28pour l'instant
44:29de rajouter des impôts
44:30nouveaux
44:301 milliard
44:31plus 1 milliard
44:31plus 1 milliard
44:32bon surtout qu'on est en train
44:33de baisser les droits de douane
44:34avec les Etats-Unis
44:36même si la Cour suprême
44:37a supprimé le deal
44:38avec le Mercosur
44:39avec l'Inde
44:40avec qui on a signé
44:41des traités de libre-échange
44:42donc effectivement
44:43la ressource risque
44:44de s'annoncer
44:46compliqué
44:48il y a une ressource
44:49qui ne se tarie pas
44:50en France
44:50c'est l'impôt sur les sociétés
44:53avec la surtaxe
44:54d'IS
44:55qui avait été
44:55souvenez-vous
44:57votée
44:58installée en tout cas
44:59par Michel Barnier
45:00c'était fin 2024
45:01et on a eu
45:01il y a quelques jours
45:02François et Cal
45:05les résultats
45:06de l'année 2025
45:07en termes de recettes fiscales
45:08par la Direction Générale
45:10des Finances Publiques
45:12le service à Bercy
45:13qui s'occupe
45:14de la collecte
45:15qu'est-ce qu'on peut
45:16alors
45:16plus généralement
45:17au-delà de l'IS
45:18d'abord
45:19comment s'est passée
45:20la collecte d'impôts
45:21en 2025
45:21on se souvient
45:22qu'en 2023
45:23et 2024
45:24on avait eu
45:25des dizaines
45:26de milliards
45:26de trous
45:27dans les recettes
45:29comment ça s'est passé
45:30en 2025 ?
45:31Est-ce qu'on est revenu
45:31à la normale ?
45:32Alors on aura
45:34des résultats définitifs
45:35sur les comptes publics
45:36dans une dizaine de jours
45:37l'INSEE va publier
45:39le compte des administrations publiques
45:40ce qu'on sait quand même déjà
45:43concernant l'État
45:44c'est que les recettes fiscales
45:46en 2025
45:48ont été à peu près conformes
45:49à ce qui a été prévu
45:50ce qui est très bien
45:51et en particulier justement
45:53cette surtaxe
45:54sur l'impôt sur les sociétés
45:55elle a rapporté
45:567 milliards et demi
45:56au lieu de 7 milliards et 8
45:58on est dans l'épaisseur du trait
45:59c'est très difficile
46:02de prévoir
46:02l'impôt sur la société
46:04est l'impôt le plus difficile
46:05à prévoir
46:05Pourquoi ça ?
46:07Parce qu'il est très volatile
46:08il est très volatile
46:10il dépend des bénéfices
46:11qui sont eux-mêmes
46:12très volatiles
46:13et c'est très difficile
46:14de prévoir les bénéfices
46:16les macro-économistes
46:18ne prévoient pas
46:19le bénéfice fiscal
46:20des entreprises
46:21ils prévoient
46:22l'excédent brut
46:23d'exploitation
46:23et entre l'excédent brut
46:25d'exploitation
46:25et le bénéfice
46:26il peut y avoir
46:26des tas de choses
46:27donc c'est très difficile
46:28de prévoir
46:28donc c'est bien
46:29après
46:33sur le fond
46:34cette surtaxe
46:34je pense que
46:35c'est une très grosse erreur
46:37Pourquoi ça ?
46:38Je pense
46:39On fait payer les riches
46:40c'est de la justice fiscale
46:41François Hécal
46:41Alors
46:42si c'était un impôt exceptionnel
46:44non durable
46:45ça n'aurait aucun effet
46:46sur les comportements
46:48et en effet
46:49l'INSEE d'ailleurs
46:49C'est ce qu'a dit l'INSEE
46:50dans sa rade de compte
46:52Et c'était tout à fait prévisible
46:54à partir du moment
46:56où on vous dit
46:56vous avez payé un impôt
46:57une année
46:58mais après c'est terminé
47:00bon bah vous ne modifiez pas
47:01vos investissements
47:02vos recrutements
47:03vos choix de localisation
47:04etc
47:04vous payez
47:05et puis voilà
47:06tant pis
47:06donc en effet
47:07il est assez normal
47:08de voir qu'en 2025
47:10ça n'a pas eu beaucoup d'effet
47:11ni sur l'investissement
47:12ni sur rien
47:13maintenant je pense
47:14que ça va pas durer
47:15cet impôt va durer
47:16il va pas rester exceptionnel
47:18et à ce moment là
47:19à partir du moment
47:20où les entreprises
47:21considèrent qu'il est durable
47:23et elles ont raison
47:24de considérer
47:25que ça va être durable
47:26à ce moment là
47:27ça risque en effet
47:28d'avoir un impact négatif
47:30sur l'investissement
47:31sur les choix de localisation
47:33etc
47:33il faut avoir en tête
47:35aujourd'hui
47:36qu'avec la surtaxe
47:37on atteint
47:38pour les grands groupes
47:39on atteint un taux
47:40de 36%
47:41quand on ajoute
47:42en plus
47:42il y a une petite contribution sociale
47:43au bout
47:43qui s'ajoute
47:4536%
47:46dans le dernier rapport
47:47de l'OCDE
47:48sur l'impôt sur les sociétés
47:49de novembre dernier
47:50nous sommes les premiers
47:52des 145 pays
47:53couverts par ce rapport
47:55avec ce taux de 36%
47:56on est les champions du monde
47:57alors il y a
47:58les entreprises
47:59qui tiennent compte
48:00de tas d'autres facteurs
48:01que le taux de l'IS
48:02bien sûr
48:03d'abord il y a
48:03l'assiette de l'IS
48:04qui n'est pas la même
48:05d'un pays à l'autre
48:06et puis il y a
48:07la qualité de la main d'oeuvre
48:08tout ce que vous voulez
48:09mais quand même
48:10c'est un signal
48:10qui est quand même
48:11très très fort
48:12pour les entreprises
48:13le taux le plus élevé du monde
48:15est-ce que comme d'habitude
48:16en France
48:17vous avez la règle
48:18et un taux
48:19bien sûr
48:20mais le taux effectif
48:21et confiscatoire
48:22avec des règles à côté
48:23qui lui permettent
48:24d'échapper à tout ça
48:25finalement
48:25bien sûr
48:26est-ce que c'est ce qu'elle paye
48:27réellement les grandes
48:27les grandes entreprises
48:28non bien sûr
48:29bien sûr
48:29mais d'ailleurs le CDE
48:30comme la commission européenne
48:32calcule ce qu'on appelle
48:33un taux effectif moyen
48:34qui tient compte
48:35en effet
48:36des règles d'assiette
48:37qui ne sont pas les mêmes
48:38des possibilités
48:39de réduction d'impôt
48:40en France
48:41en 2023
48:42les dernières données
48:43le problème c'est que
48:44ça a un peu de retard
48:45en 2023
48:46on était un peu
48:47au-dessus de la moyenne européenne
48:48mais on n'était pas
48:49les plus mauvais
48:49mais avec un taux d'IS
48:52qui était pour tout le monde
48:52à l'époque
48:53enfin un taux normal
48:55de 25%
48:57donc là
48:57on va
48:58dans les classements
48:59pour 2024
49:002025
49:012026
49:02alors je ne sais pas
49:03si on va être en effet
49:04sur cet indicateur là
49:05le champion du monde
49:06mais on n'en sera pas très loin
49:08ce qui n'est jamais super bon
49:09pour l'attractivité
49:10du pays
49:11en plus
49:11ce qu'on apprend
49:12aujourd'hui
49:13dans les échos aussi
49:14qui ont passé ces chiffres
49:15à la moulinette
49:15c'est que 10 entreprises
49:17bon c'est surtaxe
49:18elle ciblait
49:19les 100 plus grandes entreprises
49:21françaises
49:22pour faire simple
49:2210 de ces entreprises
49:25donc 10%
49:26payent la moitié
49:27des 7 milliards et demi
49:28de recettes
49:29qu'on a évoquées
49:31avec François Eccal
49:32Louis-Samuel Pilser
49:34ça veut dire
49:35qu'on a une concentration
49:36de l'impôt
49:36sur les entreprises
49:37comme on a une concentration
49:38de l'impôt sur le revenu
49:39sur les ménages
49:40alors c'est pas
49:41totalement étonnant
49:42parce qu'en fait
49:43cette sur-contribution
49:44elle avait été ciblée
49:45sur les plus grandes entreprises
49:46donc que les plus grandes entreprises
49:48soient celles qui payent le plus
49:49c'est à la limite
49:50la construction
49:51de cet impôt
49:53moi je prendrais un peu
49:55le contre-pied
49:56de ce que vient de dire
49:58François Eccal
49:59parce que je pense que
49:59dans la situation
50:00dans laquelle on est
50:01on a eu comme on l'a dit
50:0360 milliards d'euros
50:04de baisse d'impôt
50:04depuis 2017
50:05il faut trouver
50:06des nouvelles sources
50:07de fiscalité
50:07et donc dans la mesure
50:09où on a supprimé
50:10les impôts de production
50:11on a supprimé
50:12enfin on a baissé l'IS
50:13c'était à peu près
50:1411-12 milliards
50:15la baisse de l'impôt
50:16sur les sociétés
50:17par Macron
50:17pour revenir au niveau
50:18moyen européen
50:19de 25%
50:19ce qui par ailleurs
50:21c'est un facteur
50:22d'attractivité
50:23ça a un impact
50:23évidemment sur l'investissement
50:24etc
50:25ensuite
50:26on est dans une situation tendue
50:28est-ce qu'on remet
50:28la taxe d'habitation
50:29ou est-ce qu'on remet
50:29l'impôt sur les sociétés
50:31à un niveau
50:31qui était celui
50:32d'avant le quinquennat
50:33d'Emmanuel Macron
50:33je pense que c'est
50:34un arbitrage
50:35qu'il faut à un moment
50:36prendre
50:36ensuite évidemment
50:37le fait de mettre
50:38des contributions
50:38exceptionnelles
50:39tous les ans
50:39au bout d'un moment
50:40les gens commencent
50:40à avoir la supercherie
50:41je pense que ça
50:42ça passe un an
50:43ça passe peut-être deux ans
50:44mais la troisième année
50:45il faut qu'on ait
50:46un peu plus d'un moment
50:46Le ministre des Finances
50:47dans l'Escure
50:47est déjà en train
50:48de préparer le terrain
50:49pour la troisième lame
50:51en 2027
50:52alors il y a une troisième voie
50:53c'est éventuellement
50:54de baisser nos dépenses
50:55pour réduire
50:57le déficit
50:58Olivier Prevost
50:59non je dis un gros mot là
51:00pardon
51:02éventuellement
51:02Olivier vous conseillez
51:03des grands chefs d'entreprise
51:04qu'est-ce qu'ils vous disent
51:05au sujet
51:06de cette fiscalité française
51:08qui repart à la hausse
51:09plus globalement
51:10depuis 2025
51:11après dix ans
51:12une politique
51:13qu'on peut qualifier
51:14d'à peu près pro-business
51:15quoi
51:162014-2024
51:17La question de la fiscalité
51:20est très souvent
51:20la question de l'acceptabilité
51:22à l'impôt
51:22et dans le cas des entreprises
51:24il y a une double acceptabilité
51:25il y a est-ce que l'entreprise
51:26à un moment l'accepte
51:27peut le supporter
51:28mais il y a aussi
51:29comment l'opinion publique
51:30réagit à ça
51:30et c'est vrai
51:31quand l'opinion publique
51:32entend que les bénéfices
51:33des entreprises augmentent
51:34que les dividendes
51:35continuent à augmenter
51:35à un moment
51:36qu'elle soit plus taxée
51:38ne choque pas
51:39voire même paraît naturel
51:40donc fondamentalement
51:42il faut aussi
51:42tout remettre à plat
51:43sur la politique économique
51:46des entreprises
51:47il y a évidemment
51:48une question à la siette
51:48mais cette question
51:49de l'acceptabilité
51:50est importante
51:50globalement
51:51les chefs d'entreprise
51:52vous disent
51:52la première année
51:53tout le monde
51:54devait faire un effort
51:54et nous qu'on contribuait
51:55à cet effort
51:56n'était pas illogique
51:57comme le dit très bien
51:58Louis Samuel
51:58on en avait profité
51:59les années précédentes
52:00avec des baisses d'impôts
52:01à un moment
52:01faire un effort
52:02le problème
52:03c'est quand ça devient
52:03structurel
52:05et plus globalement
52:06ils ne vont pas jusque là
52:07mais quand vous parlez
52:08à l'univers économique
52:09il y a quand même
52:10cette question lancinante
52:11qui revient
52:11c'est
52:12pourquoi on n'essayerait pas
52:13l'inverse
52:14c'est-à-dire qu'à force
52:15à un moment
52:15de charger la barre
52:16de continuer la taxation
52:17le laisser faire
52:18laisser passer
52:19de Colbert
52:20in fine
52:21c'est une hypothèse
52:22qui n'a jamais été
52:23complètement utilisée
52:24Macron avait commencé
52:25un petit peu
52:26on a bien vu
52:27à un moment
52:27sans doute
52:28par quelques erreurs
52:30psychologiques
52:30type IFI ou flat tax
52:32qui sont très bons
52:33économiquement
52:33mais qui dans l'opinion
52:34ont marqué
52:35le côté président des riches
52:37mais fondamentalement
52:38c'était sur les entreprises
52:39qu'il fallait porter l'effort
52:40et fondamentalement
52:41on aurait dû continuer
52:42dans cette lignée
52:43d'alléger les taxes
52:44sur les entreprises
52:45pour voir
52:46si ça rapportait davantage
52:47au pays
52:48moi je reste
52:48ça a été le cas
52:49au moment du PFU
52:50la flat tax
52:51sur les revenus du capital
52:52on a enregistré
52:53c'est quasiment
52:54auto-financé
52:55en réalité
52:56moi je reste persuadé
52:57que fondamentalement
52:58le modèle du tax
52:59sont beaucoup moins
53:00les entreprises
53:01pour voir
53:02à un moment
53:02si ça rapporte davantage
53:03l'inverse
53:04de la courbe de l'affaire
53:06Hollande a démontré
53:07la courbe de l'affaire
53:08sur la fiscalité
53:08malheureusement
53:09on est le seul pays
53:10au monde
53:10qui avait réussi
53:11cet exploit
53:12de démontrer
53:12que la courbe de l'affaire
53:13qui n'est pas une courbe
53:14mathématique
53:14mais était bien
53:16c'est à dire que
53:16quand on augmente
53:17les impôts
53:17au bout d'un moment
53:18ils ne rapportent plus
53:19ça on l'a fait
53:20sur les particuliers
53:21je pense que
53:21sur les entreprises
53:22c'est la même chose
53:23il faudrait essayer
53:23l'inverse de la courbe
53:24de l'affaire
53:25détaxer massivement
53:26les entreprises
53:26pour voir les recettes
53:28qui arrivent
53:28le problème
53:29c'est que dans l'état
53:30de nos finances publiques
53:31c'est quasiment impossible
53:32à faire
53:33et qu'on voit bien
53:33que dès qu'on a un problème
53:34on va aller chercher
53:35l'argent
53:36là où il est
53:37et il est où ?
53:38il est aujourd'hui
53:38dans la trésorerie
53:39et notamment
53:40de nos très grands groupes
53:41qui heureusement
53:42vont très bien
53:43et sauf qu'il y a quand même
53:44une chose qu'on oublie
53:45de regarder
53:45regardez la structure
53:46du CAC 40
53:47on est sans doute
53:48le pays au monde
53:49dont les plus grandes entreprises
53:51sont les plus internationales
53:52quelle est la part
53:53de chiffre d'affaires
53:54et de bénéfices
53:54réalisées sur les territoires
53:56extrêmement faible
53:57oui c'est autour de 10%
53:58oui au maximum
54:00extrêmement faible
54:01nos grands groupes
54:02ont profité massivement
54:03de la mondialisation
54:04et c'est très bien
54:05parce qu'on avait
54:05des entrepreneurs
54:06à leur tête
54:06vous prenez
54:07les 30 premiers groupes
54:08allemands du DAX
54:09vous prenez
54:10les entreprises
54:11du Dow Jones
54:12elles sont beaucoup
54:13moins internationales
54:14que nos gros groupes français
54:15ne tuons pas
54:16cette dynamique
54:16qui aujourd'hui
54:18permet quand même
54:18de récolter des bénéfices
54:20qui profitent derrière
54:21au territoire
54:21est-ce qu'il y a un risque
54:22qu'elles partent
54:22ces entreprises françaises
54:24puisqu'elles se sont
54:24tellement internationalisées
54:26quand on a une fiscalité
54:28qui vient les taper
54:29beaucoup plus qu'ailleurs
54:30dans le monde
54:31en France
54:32c'est quand même
54:33des bruits
54:34qu'on entend
54:35très très régulièrement
54:36partent non
54:36mais c'est vrai
54:37que quand un total
54:38se fait coter en partie
54:39à New York
54:40fondamentalement
54:41c'est une espèce
54:42d'exil fiscal
54:42qui dit pas son nom
54:43et donc je pense
54:44que cette tentation là
54:45c'est moins qu'elles partent
54:46plutôt qu'elles augmentent
54:47encore les efforts
54:48ailleurs
54:48et qu'elles se développent
54:50moins en France
54:51donc c'est moins d'activité
54:52c'est moins d'activité
54:54et derrière on le paye
54:55pour l'entreprise
54:55ça ne change pas
54:56forcément grand chose
54:57si ce qu'elle a développé
54:58en Malaisie
54:59ou au Brésil
55:01lui rapporte davantage
55:02de chiffre d'affaires
55:03et de bénéfices
55:03mais pour nous
55:04pour la France
55:05ça fait une grande différence
55:06on est d'accord
55:07François Eccal
55:07que la France
55:08est complètement
55:08à contre-rebours
55:09de la dynamique mondiale
55:10sur l'impôt sur les sociétés
55:11en l'augmentant
55:12à 36%
55:13est-ce qu'on est
55:14dans une dynamique globale
55:15de baisse
55:16ou est-ce qu'il y a
55:16d'autres pays
55:17on réfléchit
55:18pour redresser les comptes
55:19à augmenter
55:20la fiscalité
55:21sur les entreprises
55:21en matière de
55:22le taux d'impôt
55:23sur les sociétés
55:25il y a eu
55:26pendant très longtemps
55:26une dynamique de baisse
55:28qui s'est un peu inversée
55:30avec les accords
55:31de l'OCDE
55:32il y a
55:33je ne sais plus
55:33de trois ans
55:34qui ont instauré
55:36un taux minimal
55:37un taux minimum
55:38sur les sociétés
55:39un taux
55:40une répartition différente
55:42pour les grandes entreprises
55:44de la répartition
55:46de leurs bénéfices
55:48et de l'impôt
55:48sur les sociétés
55:49entre les pays
55:50en fonction
55:51du lieu de réactivité
55:53tout ça a conduit
55:54à une inflexion
55:56de cette baisse
55:57qui s'est stabilisée
55:58mais aujourd'hui
55:59le taux moyen
56:00de l'impôt
56:01sur les sociétés
56:02dans les pays
56:02de l'OCDE
56:03il est à 21-22
56:04il était tombé
56:06à 20
56:07il est remonté
56:07à 21-22
56:08donc c'est très limité
56:10et ça n'a rien à voir
56:11avec le passage
56:12de 25 à 35%
56:14donc ça n'a aucun rapport
56:15On en est encore
56:16très loin
56:17Pas mal de sujets
56:18pour la prochaine présidentielle
56:19en termes de fiscalité
56:20merci à tous les trois
56:21pour cette émission
56:22absolument passionnante
56:23disponible en podcast
56:24et replay
56:25sur l'application
56:26BFM Business
56:27sur le site
56:27bfmbusiness.com
56:28et toutes les plateformes
56:30de diffusion
56:31merci Olivier Provot
56:32merci François Eccal
56:33merci Louis-Samuel Pilser
56:35on se retrouve demain
56:37même heure même endroit
56:3810h-11h en direct
56:39sur BFM Business
56:40tout de suite
56:40c'est Antoine Larigauderie
56:41pour Tout.Investir
56:43je vous souhaite
56:43une très bonne journée
56:44à toutes et à tous
56:44à demain
56:48les experts
56:49débats et controverses
56:51sur BFM Business
56:52Sous-titrage Société Radio-Canada
56:54Sous-titrage Société Radio-Canada
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