- il y a 2 jours
Ce vendredi 13 février, Raphaël Legendre a reçu Jean-Marc Vittori, éditorialiste aux Echos, Laurent Vronski, DG d'Ervor, et Erwann Tison, directeur des études de l'Institut de l'Entreprise, dans l'émission Les Experts sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présente
00:08Les Experts, Raphaël Legendre
00:12Bonjour à tous, il est 10h en direct sur BFM Business pour les Experts.
00:18Un game changer bousculé par la Chine, les Etats-Unis et la Russie.
00:22L'Europe cherche toujours la voie de sa propre autonomie.
00:25Hier, les chefs d'Etat et de gouvernement étaient réunis pour un séminaire de travail en Belgique à Alden Bison.
00:32L'exercice a davantage relevé de la haute voltage politique que du brainstorming décontracté initialement promis par Antonio Costal, président du Conseil.
00:43Au final, il en ressort un slogan, un continent, un marché.
00:47On l'espère, c'est ce que prône Ursula von der Leyen.
00:50Mais quelles voies et moyens pour y arriver ?
00:54La question reste posée.
00:55On avance un peu sur la préférence européenne, mais les positions entre la France et l'Allemagne restent encore très éloignées.
01:02Alors, souveraineté européenne, est-ce qu'on a vraiment un game changer ?
01:05Ce sera le premier débat des Experts aujourd'hui.
01:08Et puis, on reviendra sur l'autre événement plus géopolitique.
01:12Aujourd'hui, c'est la conférence défense de Munich,
01:16où Friedrich Schmerz et Emmanuel Macron sont aussi attendus aujourd'hui pour chacun un discours.
01:21L'année dernière, souvenez-vous, J.D. Vence, le vice-président américain, avait attaqué avec violence l'Europe et les valeurs européennes,
01:29c'est-à-dire ce qu'elle a de plus cher.
01:31Un an après, a-t-on avancé sur les questions de sécurité en Europe ?
01:36Ce sera le deuxième thème des Experts aujourd'hui.
01:38Et puis, PPE, Programmation pluriannuelle de l'énergie,
01:42cet acronyme affreux, tout le monde le connaît dorénavant.
01:45Elle a enfin été présentée, on l'attendait depuis trois ans,
01:48mais qui va payer la facture ?
01:50C'est la question qui se pose aujourd'hui.
01:52Et puis enfin, pour terminer, on parlera TVA.
01:55On sait enfin où sont passés les milliards disparus ces dernières années.
02:00Voilà pour le programme du jour.
02:01Il est 10 heures passées de deux minutes.
02:02C'est les Experts, vous êtes sur BFM Business et vous y êtes bien.
02:05C'est parti.
02:08Les Experts, débats et controverses sur BFM Business.
02:16Et pour parler de tout ça, j'ai le plaisir d'accueillir sur le plateau
02:19Jean-Marc Vittori.
02:20Bonjour Jean-Marc, éditorialiste aux Echos.
02:23Face à vous, Laurent Vronsky.
02:24Bonjour Laurent.
02:25Bonjour à tous.
02:26Directeur général d'Air Vort, secrétaire général de Croissance Plus
02:28et membre du comité stratégique des écoles Espérance-Banlieue.
02:33On rappelle Laurent ce que sont les écoles Espérance-Banlieue en un mot ?
02:36Oui, ce sont des écoles qui ont été créées par une fondation auxquelles j'appartiens.
02:43Comme nous les managers, nous sommes devenus des éducateurs malgré nous et fort de ce constat,
02:49des propositions répétées que nous faisions, on nous expliquait que nous n'étions pas légitimes.
02:54On a décidé de l'être et nous avons créé des écoles.
02:56Et nous avons maintenant un réseau de 16 écoles dans toute la France
02:59que nous ouvrons dans les quartiers les plus défavorisés.
03:03Et d'ailleurs, j'ai le plaisir d'annoncer que l'école d'Argenteuil recrute et cherche des professeurs.
03:08Donc si vous avez la vocation et si vous voulez contribuer à l'éducation de notre pays,
03:13vous allez sur notre magnifique site Espérance-Banlieue
03:15et puis vous proposez vos services et on se fera un plaisir de vous rencontrer.
03:19Bon parfait, quand la société civile pallie parfois les défauts des services publics.
03:23Et face à vous, Erwann Tison. Bonjour Erwann.
03:25Bonjour Raphaël.
03:25Nouveau directeur des études de l'Institut de l'Entreprise,
03:29chroniqueur pour le site Les Électrons Libres,
03:32un site formidable que je vous conseille d'aller visiter très régulièrement.
03:35Il y a beaucoup de matière grise et beaucoup de réflexions autour de l'économie
03:40sur le site lesélectronslibres.fr, si je ne m'abuse,
03:44et toujours chargé d'enseignement à l'Université de Strasbourg.
03:47Bonjour Erwann. Merci à tous les trois pour cette émission.
03:51On va commencer par faire le débriefing de ce qui s'est passé hier en Belgique.
03:57Je le disais, c'était au château de la commanderie d'Alden Bison,
04:01près de Maastricht.
04:04Antonio Costa, le président du Conseil européen,
04:07avait convié l'ensemble des chefs d'État et de gouvernement
04:11à venir brainstormer autour du sujet majeur de la compétitivité européenne,
04:16alors qu'on attend bientôt des annonces de la commission sur le sujet.
04:21Antonio Costa qui était ravi de son exercice.
04:24On l'écoute tout de suite.
04:25Ce séminaire a véritablement changé la donne,
04:36car l'ensemble des dirigeants ont accepté le défi proposé par Enrico Letta
04:40pour passer d'un marché unique incomplet à un marché unique pour une seule Europe.
04:44Voilà, c'était Antonio Costa, le président du Conseil européen.
04:52Un game changer, dit-il, cette retraite.
04:57Bon, moi je serais peut-être un peu moins enthousiaste.
05:00Qu'est-ce que vous en avez retiré, Jean-Marc Vittori ?
05:03Alors, c'est normal qu'Antonio Costa soit enthousiaste.
05:06C'est son propre bébé.
05:07Il faut organiser son truc, il ne faut pas dire que ça a été nul.
05:11Bon, c'est une étape.
05:13C'est une étape.
05:13On a eu plusieurs étapes qui ont été rappelées.
05:16Il y a eu le rapport l'État, le rapport de Railly en 2024, 2025.
05:20Il y a eu une langue prise de conscience qu'il fallait vraiment travailler sur la question.
05:23cette surfonde de dégradation accentuée de différents pans de l'industrie européenne.
05:30On pense évidemment à l'automobile.
05:31On pense aussi à un secteur dont on parle moins souvent,
05:34mais qui est absolument essentiel, qui est la chimie et derrière la pharmacie.
05:37Oui.
05:38Il y avait à Anvers une réunion des industriels, et notamment de la chimie,
05:42la veille, qui ont tiré la salette d'Alar.
05:44Ce n'est pas par hasard, parce que quand vous regardez historiquement,
05:46automobile, chimie, ça a été les deux mamelles industrielles de l'Europe au cours du XXe siècle.
05:51C'est ça qui a tiré la puissance et aussi la richesse du vieux continent pendant des décennies.
05:58Et c'est ça qui est en train de se dégrader, voire de s'effondrer.
06:01Avec des signes qui se sont accentués l'an dernier.
06:03Donc prise de conscience, toujours de la prise de conscience.
06:05Et là, c'est une nouvelle étape avec des discussions.
06:07On voit bien qu'il y a des points absolument fondamentaux
06:12qui opposent encore les pays les uns aux autres là-dessus.
06:15Et donc, ces différents-là, non.
06:17Hélas, pas été à Plani hier, mais ça n'est pas surprenant.
06:20Non, c'est un travail de longue haleine.
06:21Le problème, c'est que c'est un travail de longue haleine,
06:23alors qu'à côté, le monde change très très vite.
06:25Oui, c'est ça.
06:25C'est le rythme qui effraie un peu en Europe Erwann Tison.
06:30Alors, il y a évidemment des divergences, et on va en discuter ensemble.
06:33Il y a la voie française qui n'est pas la voie allemande.
06:38D'un côté, Emmanuel Macron, qui a donné cette semaine une interview à la presse européenne,
06:42dont le monde en France propose de la dette, encore et toujours,
06:47des eurobonds pour financer l'investissement du futur,
06:50qu'il estime à 1 200 milliards les besoins d'argent public pour financer l'innovation,
06:55la recherche, le futur en Europe.
06:58Et de l'autre côté, un axe italo-allemand,
07:04Merz-Meloni, qui lui appelle plutôt à lever les freins intérieurs
07:08au marché intérieur et à déréguler en réalité.
07:14Qui a raison entre les deux ?
07:15Alors, premièrement, on est encore face à un nouveau game changer.
07:19Je vous rappelle, la première élection de Donald Trump,
07:21je ne sais pas si vous vous rappelez, il y a eu branle-bas de combat,
07:24tous les dirigeants européens s'étaient réunis le lendemain en disant
07:26maintenant c'est bon, c'est un sursaut pour l'Europe,
07:28plus rien ne sera jamais comme avant.
07:30Deuxième élection de Donald Trump,
07:32c'est un game changer absolu pour l'Europe,
07:34plus rien ne sera jamais comme avant, on va se retrousser les manches.
07:36La guerre en Ukraine, pareil, le Covid, pareil,
07:39on pourrait citer à peu près tous les événements de ces dix dernières années,
07:42Laurent nous fait souvent la chronologie des différentes crises qu'on a ici,
07:45à chaque pic de crise, on a à chaque fois un game changer pour l'Europe.
07:48Le problème, ce n'est pas forcément une volonté de la part des pays européens
07:51ou des dirigeants de vouloir justement réaliser ce game changer.
07:54Le problème, c'est un problème institutionnel.
07:57L'Europe, l'Union européenne n'a pas les outils aujourd'hui nécessaires
08:01et on va dire politiques suffisants
08:03pour justement permettre de mettre en place ce game changer.
08:05Ce game changer, de quoi est-ce qu'il a besoin ?
08:07Il a besoin tout simplement d'une politique budgétaire commune
08:10qui accompagne la politique monétaire,
08:11pour faire tout simplement du policy mix,
08:13que font la plupart des économies développées et plus ou moins fédérales,
08:16et de l'autre côté, d'avoir tout simplement une feuille de route industrielle
08:20avec un cadrage qui puisse permettre de miser plutôt sur la croissance
08:26et la compétitivité plutôt que sur la satisfaction de la plupart des États membres.
08:30Je m'explique.
08:31On prend par exemple l'exemple industriel automobile,
08:34qui est un exemple que l'on prend souvent à l'aune de l'emploi.
08:37Effectivement, c'est un gros pourvoyeur d'emploi.
08:39On est à peu près à 13% de l'emploi européen quand on regarde les chiffres.
08:42Et aujourd'hui, de chômage.
08:43Je rappelle les chiffres spectaculaires.
08:46240 000 destructions d'emplois dans la filière automobile allemande dans deux ans.
08:51On a des chiffres qui sont tombés en France entre 2010 et 2013.
08:56Ça a été un carnage aussi.
08:57Et c'est que le début.
08:57Et le problème, c'est qu'on sait que l'automobile est face à trois révolutions.
09:00La révolution notamment de son électrification,
09:02la révolution de sa construction et la révolution de sa motorisation.
09:06C'est sa motorisation notamment via le développement des véhicules autonomes.
09:08Et on a raté la première révolution qui était celle de l'électrification.
09:14Et du coup, on ne s'est pas projeté sur la prochaine révolution
09:16qui est celle de l'automatisation de la conduite.
09:18Alors qu'on sait, en tout cas les études le montrent,
09:20que 70% de la valeur dans une voiture à l'avenir, ce sera le logiciel.
09:24Et donc, on s'est interdit de faire ça.
09:26Pourquoi ? Parce que tout simplement, on ne voulait pas déplaire aux Allemands.
09:29On ne voulait pas changer, pivoter quelque part l'industrie européenne.
09:33Et donc, du coup, on a raté la prochaine innovation.
09:35Et donc, tant que l'Europe continuera d'être un amoncellement
09:38de 27 intérêts parfois divergents
09:41et non pas l'addition d'un seul intérêt commun
09:45qui peut du coup prendre en compte toute la diversité.
09:47Le slogan européen, c'est union dans la diversité.
09:49Et bien, tant qu'on n'aura pas justement cette union dans la diversité,
09:52c'est-à-dire d'accepter de capitaliser sur les avantages comparatifs de certains États
09:56et accepter que certains États cassent certains monopoles
09:59et certains segments sur lesquels ils sont puissants,
10:00on n'avancera pas.
10:01Mais ça, ça demande un saut fédéraliste.
10:04Personne n'est prêt à adhérer pour l'instant.
10:05Depuis le rapport McCarthy dans les années 50-60, tout est dit.
10:09On sait la taille du budget européen.
10:13On sait que c'est entre 4 et 6 % du PIB des nations
10:15avec des transferts de compétences.
10:18Ça commencerait par l'assurance chômage,
10:19puis après sur la formation, puis sur l'éducation,
10:21puis après sur les systèmes de retraite
10:24pour internaliser la protection sociale.
10:25Il y a des milliers de pages de littérature académiques
10:28qui sont faites dessus.
10:30Le bétal laboratoire à l'université...
10:31Il y a l'académique et il y a le politique.
10:33Il y a la volonté des peuples, il y a la volonté des classes dirigeants.
10:36On sait ce qu'il faut faire.
10:37On a eu le rapport Draghi.
10:39Le plan Juncker avait bien fonctionné sur certains points
10:41parce qu'on voit que quand on va,
10:42comment dire, quand on se met en avant sur certains domaines,
10:45on arrive à lever quelque part de la croissance
10:48et à créer de la compétitivité et de l'emploi
10:50quand on se met en marge dans le même sens.
10:52On sait ce qu'il y a à faire,
10:53mais ça sous-entend de transférer une partie
10:55de la souveraineté nationale vers la souveraineté européenne
10:58et ça, aucun pays européen,
10:59à part deux, trois pays de l'Est,
11:01ne sont prêts à l'entendre.
11:02Bon, il y a un débat en ce moment même en Europe,
11:05évidemment, c'est un peu un débat permanent d'ailleurs
11:06sur ce fédéralisme,
11:07mais Mario Draghi, la semaine dernière à Louvain,
11:10a adressé encore un discours
11:11qui a fait pas mal de bruit
11:13et lui, il prône un fédéralisme pragmatique
11:16des coalitions de volontaires.
11:18Si on n'est pas capable de se mettre d'accord à 27,
11:20Laurent Wonski, mettons-nous à 4, 5, 6
11:23et puis essayons d'aller de l'avant.
11:27Quand même, je voulais qu'on vienne sur le sommet d'hier,
11:29sur ce séminaire,
11:31ça a un peu avancé
11:32et notamment les 27 se sont mis d'accord
11:34sur le principe d'une préférence européenne
11:38dans des secteurs stratégiques.
11:40Alors, ciblée, on n'a pas encore la liste de ces secteurs,
11:43elle arrivera au mois de mars,
11:45mais j'imagine que les entreprises de l'armement
11:47dont vous faites partie chez Hervor
11:51devraient faire partie de cette préférence européenne.
11:55On avance quand même petit à petit, non,
11:57Laurent, au niveau européen ?
12:00Oui, ça avance.
12:02Il ne faut pas confondre, si vous voulez,
12:05les mots et les actes.
12:09Précédemment, vous parliez de la proposition de notre président.
12:11Moi, je vais prendre une image.
12:12Je veux dire que l'industrie ou une entreprise,
12:15c'est comme un avion.
12:16Imaginez, vous êtes sur la piste de décollage
12:18et vous devez prendre votre envol.
12:19Il a besoin de deux choses.
12:20Il a besoin d'avoir du carburant.
12:22Ça, c'est le marché des capitaux.
12:23On sait qu'il y a un vrai sujet
12:25avec le marché des capitaux en Europe.
12:27On ne le sait pas depuis la semaine dernière.
12:29On ne le sait pas depuis le discours de notre président.
12:31On le sait depuis des décennies.
12:33Mais il a besoin aussi d'instructions claires.
12:35Imaginez, vous avez votre avion,
12:37vous êtes prêt à décoller, vous avez fait le plein.
12:38Il faut un plan de vol en général.
12:39Et là, vous devez avoir l'autorisation de cinq tours de contrôle.
12:43Vous avez votre tableau de bord qui s'est démultiplié.
12:48Vous devez faire un reporting de tous les instruments avant de décoller.
12:52C'est un peu ce qui se passe.
12:54Donc, ça veut dire quoi ?
12:56Ça veut dire que finalement,
12:57il va falloir avancer en crabe sur deux fronts qui sont essentiels.
13:01C'est le carburant, ça c'est le marché des capitaux.
13:03Mais pas dans 20 ans.
13:06On n'arrête pas de nous annoncer à chaque fois,
13:08c'est pour demain, c'est pour demain.
13:09Vous parliez par exemple, si vous voulez,
13:11c'est à la fois assez réjouissant et frustrant.
13:13Beaucoup de gens pensent que parce que nous faisons partie de la BITD,
13:16donc qui est la base identifiée d'entreprise.
13:18Base industrielle, technologie et de défense.
13:20Nous pleuvons sous les commandes.
13:22Bon, bien, je vais vous dire,
13:24nous n'avons pas reçu une seule commande.
13:27Et je ne suis pas le seul.
13:28La direction générale de l'armement vient de communiquer
13:30sur une année 2025 exceptionnelle en termes de commandes.
13:34Moi, je réponds à la question par rapport à l'aune de notre entreprise.
13:38Donc ça, c'est le carburant.
13:39Maintenant, sur la réglementation.
13:41Écoutez, j'ai entendu,
13:43il y avait le patron de Stellantis qui s'est exprimé cette semaine.
13:46Il a dit un truc qui est effrayant.
13:48« Un quart de mes ingénieurs,
13:51un quart des ingénieurs de Stellantis
13:53servent à décoder les normes
13:55et à être sûrs qu'on ne marche pas sur la ligne jaune. »
13:58Et quand vous entendez ça, vous vous dites
14:00« Mais c'est complètement dingue. »
14:01C'est-à-dire que plutôt que de réfléchir
14:02à la nouvelle génération de voitures,
14:05à contrer les Chinois, etc.,
14:07lui, il a un quart de ses ingénieurs,
14:09et ça fait du monde,
14:10qui ne réfléchissent qu'à une seule chose.
14:12C'est comment satisfaire aux impératifs technocratiques
14:16de l'Europe et de la France.
14:18Parce que tout le monde dit
14:18« C'est la faute de l'Europe. »
14:19Mais je rappelle quand même
14:20que la France est championne du monde
14:23dans la surtransposition des normes européennes.
14:26Donc, la morale de l'histoire,
14:28oui, ce que j'entends est agréable.
14:30Mais comme l'ont souligné Erwin et Jean-Marc,
14:33je veux dire, le problème...
14:34Il n'y a pas d'amour,
14:34il n'y a que des preuves d'amour.
14:35Le problème, c'est que si vous voulez,
14:36les questions que vous posez,
14:37il fallait des réponses déjà avant-hier.
14:39Donc là, il va falloir passer
14:40la quatrième vitesse.
14:41Bon, Jean-Marc, ça avance quand même.
14:43Les 27 sont mis d'accord
14:44sur une préférence européenne.
14:45On a le fameux 28e régime d'entreprise.
14:48On nous promet une création d'entreprise
14:49en 48 heures
14:50qui fonctionnerait dans l'ensemble
14:54des États membres de l'Union européenne.
14:56Ça répond exactement au problème
14:57que souligne Laurent Vonskiv.
14:58À condition que ça soit mis en œuvre correctement.
15:00C'est exactement ce que disait Laurent.
15:03Il faut absolument les deux.
15:04Vous disiez, est-ce qu'il faut de la dette
15:06ou est-ce qu'il faut des réglementations ?
15:09Il va effectivement falloir beaucoup d'argent
15:13pour investir.
15:15Le président public, Jean-Marc Vittori.
15:16C'est un peu ça la question.
15:17Quand on entend le président français
15:18dire qu'il me faut 1 200 milliards
15:20de dettes supplémentaires,
15:21moi je ne peux plus,
15:22on va le monter au niveau européen.
15:24Non, mais il va falloir de tout.
15:26Il va falloir de l'argent public
15:27et de l'argent privé.
15:29Et c'est pour ça que développer
15:30une capacité d'endettement
15:31à l'échelon européen,
15:32ça sera nécessaire.
15:33Même le patron de la Bundesbank
15:35qui n'est pas a priori un flambeur invétéré,
15:37on convient.
15:38Donc bon, il va falloir de l'argent public,
15:41ne serait-ce que pour abonder
15:42un certain nombre de projets
15:43qui sans cet argent public
15:44ne seront pas rentables
15:45alors qu'ils sont absolument indispensables.
15:48Je pense évidemment à la transition.
15:50Donc il faudra de l'argent public,
15:51il faudra de l'argent privé.
15:53Et là on revient évidemment
15:54à la question des marchés des capitaux
15:55qui est pendante depuis des décennies
15:56avec une opposition entre Paris et Berlin
15:58qui est pour l'instant apparemment...
16:00Pourquoi ça n'avance pas Jean Marchais ?
16:02Ça fait 20 ans que je suis journaliste économique,
16:05ça fait 20 ans qu'on nous parle
16:06de l'union des marchés de capitaux
16:08et qu'on les promet pour demain.
16:09C'est pour la raison que disait Erwin,
16:10il y a des intérêts contradictoires.
16:12Si vous faites une vraie union des capitaux,
16:15vous avez des établissements financiers allemands
16:17qui vont souffrir de manière absolument dramatique
16:20et donc il y a un blocage total de Berlin là-dessus
16:23et du côté français,
16:25il y a aussi des intérêts à préserver.
16:26Donc d'un côté, il faut absolument,
16:28il va falloir plus d'argent, plus d'argent public
16:30et plus d'argent privé.
16:32Il va falloir les deux
16:33et il va aussi falloir de la déréglementation
16:36absolument massive.
16:38Donc l'exemple d'Ervor est frappant,
16:42celui de Stellantis encore plus.
16:44Et si vous regardez,
16:45si vous faites un petit peu d'histoire,
16:48une société où on a un vrai problème de financement,
16:51un vrai problème budgétaire
16:52et un vrai problème de réglementation excessif,
16:55ça ne vous rappelle pas quelque chose ?
16:57– C'est 1789.
16:591789, on a un problème de dette.
17:01– J'ai l'impression d'avoir grandi toute ma vie là-dedans.
17:02– Absolument massive.
17:03– Mais ça monte à plusieurs.
17:05– Et on a eu la loi Le Chapelier,
17:07les décrets d'Alard, petit rappel historique,
17:10regardez ça, c'est absolument passionnant.
17:12Pourquoi ?
17:12Parce qu'on avait une réglementation
17:14qui était étouffante
17:14et qui empêchait le marché du travail
17:16de s'adapter à la révolution industrielle
17:18qui se profilait.
17:21Donc, trop de dettes,
17:23trop de réglementation.
17:25Si on ne règle pas ça calmement
17:27et on a du mal à le faire,
17:29ça peut finir en manière très exposive.
17:29– Jean-Marc Victorine nous annonce
17:32une ère révolutionnaire.
17:34Mais en même temps,
17:35c'est une accélération, une révolution.
17:37– C'est un moyen de contourner,
17:38de faire sauter des obstacles
17:40qu'on n'arrive pas à faire sauter autrement.
17:41– Révolution qui est d'origine fiscale, 1789.
17:43Je le rappelle,
17:44comme toutes les révolutions en France.
17:46– Mais les gilets jaunes, c'était pareil,
17:48c'était une jacquerie fiscale.
17:48– Un petit complément,
17:50moi ce que j'appelle de mes voeux les plus chers,
17:54c'est vraiment une révolution copernicienne
17:55sur la légitimité de qui prend quelle décision.
17:58Vous parliez de l'automobile.
18:00Je pense que ce qui aurait été efficace et intelligent,
18:03plutôt que d'avoir,
18:04et je le dis comme je le pense,
18:05des technocrates qui ne sont pas des grands spécialistes
18:07du moteur thermique,
18:08qui ont dit voilà, il faut faire comme ci,
18:09il faut faire comme ça,
18:10c'est qu'on donne un objectif
18:11et qu'on laisse le choix de la technologie
18:13et de la mise en œuvre de celle-ci
18:15à ceux qui sont légitimes,
18:16c'est-à-dire ceux qui conçoivent des moteurs tous les jours.
18:18Et ça, ça peut s'appliquer à énormément de secteurs d'activité.
18:23Et je pense, pour l'avoir vécu,
18:25puisque j'ai fait partie de par notre métier,
18:28on a participé, si vous voulez,
18:29à ces groupes de réflexion.
18:31Et clairement, je veux dire,
18:33sans être impertinent,
18:34il y a des gens qui sont autour de la table
18:36et on se demande ce qu'ils font là.
18:37Je vais donner un exemple très concret.
18:40Hervor a fait partie du groupe de réflexion
18:42pour les respirateurs en 2020,
18:44ça vous rappelle des souvenirs ?
18:45Bon, on manquait de respirateurs.
18:46Pour les néophytes, un respirateur,
18:48c'est un compresseur bas de gamme.
18:50Donc pour nous, ce n'est pas un problème.
18:51On a une usine qui est à proximité de la capitale.
18:54Donc là où il y a le plus d'hôpitaux en France,
18:55on avait proposé nos services.
18:57Il y a un groupe de travail qui a été formé.
18:59Je pense que c'est un petit peu à l'image de ce que j'ai vu.
19:01Et je pense vraiment que nous aurions pu,
19:03nous on n'a pas sorti un seul respirateur.
19:07Eh bien, je pense que cet exemple-là,
19:09si vous voulez, est assez symptomatique
19:10de la manière dont on doit résoudre
19:12des problèmes qui ne sont pas des problèmes du futur,
19:14qui sont des problèmes du présent et du passé,
19:16et de pouvoir donner un objectif,
19:18mais de laisser, si vous voulez,
19:20le choix des technologies et de la mise en œuvre
19:22aux sachants, aux gens légitimes.
19:23Bah oui.
19:24Bon, donc la gouvernance encore et toujours.
19:26Et là, moi, je vais juste mettre un petit caveat là-dessus.
19:29Si vous regardez l'automobile,
19:32qu'est-ce qui s'est passé dans l'automobile ?
19:33Dans l'automobile, les autorités européennes
19:35ont essayé d'expliquer pendant des années,
19:38voire des décennies, aux constructeurs européens
19:41qu'il fallait travailler sur l'électrique.
19:43Les constructeurs européens ont développé
19:45un lobbying absolument majeur
19:48pour que ces échanges soient reculés.
19:51Et on voit bien que, pendant que la commission
19:56essayait de faire avancer le sujet
19:57et que les constructeurs essayaient
19:59d'appuyer sur la pédale de frein
20:01au nom de leurs compétences.
20:04On a bien vu que la compétence,
20:05elle était ailleurs.
20:06Elle est partie ailleurs.
20:07Et la Chine a profité massivement
20:10du fait qu'on a laissé ce champ en jachère,
20:14alors que les pouvoirs publics poussaient plutôt à y aller.
20:17Ce que vous nous dites, c'est qu'ils ont eu raison,
20:19finalement, à l'époque,
20:20et que c'est parfois l'industrie et le privé
20:22qui...
20:22C'est aussi un mauvais fonctionnement
20:25entre public et privé.
20:26Mais là, on a même un cas majeur
20:27où il n'y a pas que la décision publique
20:29qui est en cause, excusez-moi de le dire.
20:30Non, mais il y a effectivement,
20:32sur ce cas-là, et Jean-Marc a raison de le dire,
20:34là, ce qu'on pourrait...
20:35Alors, il y avait...
20:35C'était surtout l'industrie pétrolière aussi
20:37qui faisait pas mal de lobby.
20:38Oui, oui, oui.
20:38Exactement.
20:39L'automobile aussi, mais c'était aussi par...
20:41À Bruxelles, les lobbyistes...
20:43Oui, oui, tout à fait.
20:43Mais il y avait aussi une fainéantise industrielle
20:45de certains constructeurs de se dire
20:46Ça coûterait trop cher de pivoter,
20:48je ne citerai pas.
20:48Il y en a un...
20:49Il y a eu la même chose sur le véhicule autonome.
20:51Un grand constructeur français
20:52qui avait dit à six ans,
20:52ça n'existera jamais,
20:53parce qu'en fait, il n'était pas prêt,
20:54qu'il n'ait pas envie de faire
20:55les investissements pour le faire.
20:58Il y a aussi un problème institutionnel
20:59en identifié.
21:00Il y a un problème réglementaire.
21:02Je pense qu'il y a un problème culturel aussi.
21:04Le problème qu'on a en Europe,
21:05et c'est quelque part baigné
21:06dans notre culture profonde,
21:08c'est qu'on est des peuples
21:09qui sont extrêmement riscophobes.
21:10On ne prend aucun risque.
21:12C'est pour ça que,
21:12plutôt que de prendre une décision
21:13de choisir AirVor
21:14pour faire un compresseur bas de gamme...
21:16Ce qui est un bon choix.
21:17Ce qui est un très bon choix.
21:18Vous ne prenez aucun risque.
21:19On se prévale...
21:21On imagine n'importe quel risque
21:22qui peut tomber dessus,
21:23et c'est pour ça qu'on préfère...
21:24On a inscrit le principe de précaution
21:26à la compresseur.
21:28Exactement.
21:28Et quand on regarde un petit peu
21:30les deux grands ensembles
21:31qui regardent le marché européen
21:33avec Appétit,
21:33qui sont l'Asie et les Etats-Unis,
21:35ce sont des pays qui sont,
21:36on va dire,
21:37qui ont un rapport au risque
21:38qui est fondamentalement différent
21:39de celui de la France.
21:41J'en veux la traduction
21:42et un rapport à l'échec.
21:43Et un rapport à l'échec.
21:44La traduction, par exemple, américaine,
21:46Philippe Aguillon nous en parle souvent,
21:47c'est la fameuse DARPA.
21:48Vous avez le pendant en santé
21:49qui est la BARDA.
21:50Qu'est-ce que c'est concrètement
21:51que la DARPA ?
21:52La DARPA, c'est un organisme parapublic
21:55qui dit,
21:56tous les projets qui ont plus de 95,
21:5897% de chances d'échouer,
22:00moi, je les finance.
22:01Et donc, du coup,
22:02sur 1000 projets qui vont financer,
22:04il y en a peut-être 4 ou 5
22:05qui vont réussir,
22:06mais les 4 ou 5 en question,
22:07ça s'appelle
22:07l'intelligence artificielle générative,
22:09ça s'appelle le vaccin contre le Covid,
22:12c'est, on va peut-être avoir un taux d'échec
22:14qui sera très important,
22:15mais quand ça marche,
22:17ça marche tellement bien
22:17qu'en fait, ça fait, là, pour le coup,
22:19un game changer
22:19qui irrigue complètement l'économie.
22:21En Europe, on a l'inverse.
22:23Pendant le Covid,
22:23quand vous discutez avec des gens
22:24de l'Inserm et du CNRS,
22:26ils vous disent,
22:26le vaccin Val-Nueva, par exemple,
22:28on l'avait,
22:29sur la table, on nous a dit,
22:30oh là là là,
22:31il y a 70% de chances que ça échappe,
22:32que ça nous échappe,
22:33ou en tout cas que ça ne marche pas.
22:35Et donc, du coup,
22:35vu que vous avez des gens autour de la table
22:36qui, quelque part,
22:38répondent de leur poste
22:39sur leur capacité
22:40à maîtriser le risque,
22:42eh bien,
22:42ils n'ont pas envie
22:43dans leur évaluation annuelle,
22:44même s'ils sont sous statut
22:45de la fonction publique,
22:46qu'on leur dise,
22:46mais vous vous rendez compte,
22:47vous avez mis X euros dedans
22:48et ça n'a pas fonctionné.
22:49Ça peut être une logique délétère
22:50parfois de l'administration,
22:51on sort le parapluie,
22:52effectivement,
22:52et du coup,
22:53on a risque à perdre.
22:53Et tant qu'on n'aura pas changé
22:53cette logique-là,
22:54avec justement d'accepter le risque,
22:57d'être un petit peu plus risquophile,
22:58alors comment faire ?
22:59On peut en discuter pendant des heures,
23:00mais c'est peut-être un mixte
23:01un petit peu général
23:02en disant,
23:03l'État,
23:04et c'est pour ça que le plan Juncker,
23:05peut-être un des seuls défenseurs,
23:06mais le plan Juncker marchait bien,
23:08c'est-à-dire que la BEI,
23:09donc la puissance publique,
23:10disait on va investir là-dedans
23:11et derrière,
23:12elle faisait des levées de fonds énormes
23:13parce que, quelque part,
23:14elle était tiers de confiance,
23:16presque rigoureux,
23:17pour la puissance privée
23:18qui se disait
23:18si la BEI y va,
23:20parce qu'elle a une très bonne image,
23:21une très bonne signature,
23:22je vais y aller aussi.
23:23Et donc,
23:23peut-être que l'industrie de demain
23:25au niveau européen,
23:26c'est plutôt que de se dire
23:28il faut 1 200 milliards
23:30d'eurobonds
23:31ou de financement
23:32par la dette,
23:33sachant qu'on est déjà
23:33très faible là-dessus
23:35et très fragile là-dessus,
23:36notamment en France,
23:37peut-être se dire,
23:38effectivement,
23:39rogner sur certaines dépenses
23:40de protection sociale
23:41qui sont, quelque part,
23:42un peu les caractéristiques
23:44de nos économies européennes
23:45pour financer un petit peu l'avenir.
23:47Moins de retraite
23:47et plus de recherche et développement.
23:49Exactement.
23:49C'est le grand débat.
23:50Et de se dire,
23:51nous, l'État va financer ça,
23:53suivez-nous
23:53parce qu'on vous fait confiance dessus
23:54et puis après,
23:56avoir des mécanismes
23:56d'assurance,
23:57par exemple,
23:57pour assurer certaines pertes
23:58comme le font les Anglais
23:59avec l'EIS, etc.
24:00Et peut-être qu'on aura
24:01une industrie
24:02qui pourra, en tout cas,
24:03avoir des leviers de financement
24:04qui sont plus importants
24:05que ce qu'on a aujourd'hui.
24:05Allez, il faut qu'on avance un peu.
24:07Aujourd'hui,
24:08c'est l'ouverture
24:09de la conférence de sécurité
24:10de Munich.
24:11L'année dernière,
24:12le vice-président américain,
24:14Jed Evans,
24:14avait attaqué avec violence
24:15l'Europe
24:16et notamment sur
24:18ce qu'elle a de plus chère
24:19ses valeurs.
24:20Un an plus tard,
24:21est-ce qu'on a avancé
24:22autour des différents plans ?
24:24On parlait de RéarmEU,
24:26un plan de 800 milliards.
24:28On devait renforcer
24:29la souveraineté militaire européenne.
24:33La direction générale
24:34de l'armement
24:34devait donner
24:35de la visibilité
24:37aux entreprises
24:37de la base industrielle
24:39de défense
24:39en France.
24:42Est-ce que ça a bougé
24:42en un an,
24:43Laurent Wonski ?
24:43Alors, ce qui a bougé,
24:44je ne dis pas ça
24:46pour être sympathique
24:47vis-à-vis de la DGA,
24:48mais la DGA a déjà
24:49fait un exercice
24:50qui paraît évident,
24:51mais ô combien nécessaire,
24:52qui est de recenser
24:52toutes les entreprises
24:53qui sont jugées stratégiques
24:55au niveau militaire
24:56en cas d'effort de guerre.
24:57Donc, ça s'appelle
24:58le RAID.
24:59Nous, on en fait partie.
25:01Mais comme je l'explique souvent,
25:02par exemple,
25:02sur la région Île-de-France,
25:04qui est la première région
25:04industrielle de France,
25:05il n'y a que 20 entreprises.
25:07Oui, et il faut expliquer
25:08que la base industrielle
25:09de défense,
25:10qui peut paraître
25:10un nom vrombissant comme ça,
25:12c'est que des PME.
25:13C'est majoritairement
25:14des PME.
25:14C'est majoritairement
25:15des PME.
25:15La bonne nouvelle,
25:17la très bonne nouvelle,
25:18c'est que la France
25:19a réussi à conserver
25:21des savoir-faire essentiels,
25:23mais souvent,
25:24ces savoir-faire essentiels
25:25sont détenus
25:26par des micro-boîtes.
25:27Donc, déjà,
25:28au niveau,
25:29si vous voulez,
25:29de cette prise de conscience
25:30et au niveau
25:31d'actions concrètes,
25:32la DGA a fait
25:33un super boulot.
25:34Le seul problème,
25:35c'est que toutes ces entreprises
25:36qui existent aujourd'hui,
25:38pourquoi est-ce qu'elles existent ?
25:39Parce qu'à une époque,
25:40elles ont travaillé
25:40pour le militaire,
25:41mais il a bien fallu,
25:42comme les budgets
25:42se sont taris,
25:43qu'elles retrouvent
25:43des débouchés.
25:44Et donc,
25:45elles ne vont pas,
25:45s'ils veulent faire un pivot
25:46à 180 degrés,
25:47faire des investissements
25:48colossaux,
25:49s'il n'y a pas en face
25:50un collatéral.
25:51Et c'est quoi le collatéral ?
25:52Ça s'appelle des commandes.
25:54Bon,
25:54ce n'est pas des discours.
25:55Je veux dire,
25:55vous ne payez pas
25:56vos collaborateurs
25:57avec des discours.
25:58Donc,
25:59de ce point de vue-là,
26:00je ne revendique rien.
26:02Mais je veux dire que moi,
26:03Laurent Vronsky,
26:04par rapport à Ervore,
26:05je ne vais pas investir
26:06massivement
26:07dans une augmentation
26:08de notre capacité industrielle
26:09et de conception,
26:11parce que ce n'est pas juste
26:11produire,
26:12il faut concevoir,
26:12uniquement sur des assurances
26:14avec des gens qui nous disent
26:15la main sur la Bible,
26:16ne vous inquiétez pas,
26:17tout va bien se passer.
26:18C'était pourtant la promesse
26:19de la direction générale
26:21de l'armement
26:21de donner de la visibilité
26:23justement
26:23à toutes ces entreprises,
26:25à toutes ces PME
26:26pour pouvoir investir
26:28puisqu'on sait que,
26:29évidemment,
26:29l'industrie de l'armement
26:30va être appelée
26:32à progresser
26:33dans les prochaines années.
26:35Quel bilan vous tirez,
26:36Jean-Marc Vittori,
26:37de cette année passée ?
26:39On a même débat
26:39que sur le sujet précédent.
26:40C'est connexion.
26:41C'est-à-dire que...
26:41On fait du surplace.
26:43Compétitivité, défense.
26:44Ça avance,
26:45ça avance lentement.
26:46Les gens se disent vraiment
26:46dans la tête,
26:47maintenant,
26:47il va falloir faire quelque chose.
26:49On fait...
26:50Il y a des choses
26:51qui sont lancées.
26:52On le disait à l'instant
26:54à propos du recensement.
26:56Un recensement,
26:56c'est un point de départ.
26:57C'est un point d'arrivée.
26:59Il y a même eu
27:00un point important
27:01là-dessus,
27:02c'est que le financement
27:03de la guerre en Ukraine
27:04est passé très largement
27:06des États-Unis
27:06à l'Europe
27:07et ça,
27:08c'est un vrai changement.
27:09L'Europe n'arrive pas
27:10à financer autant
27:10que les États-Unis.
27:11Et c'est une faiblesse.
27:1380 milliards,
27:1390 milliards d'euros
27:14qui doivent être transférés.
27:16Il y a même là
27:16un vrai changement
27:17qui ont...
27:18Je ne suis pas sûr
27:19qu'on aurait parié
27:20il y a un an
27:20que ça allait pouvoir
27:21vraiment se faire.
27:22Donc ça,
27:22il faut le souligner.
27:23Il y a des choses
27:24qui peuvent...
27:24pas complètement financées
27:25non plus,
27:25il faut le dire aussi.
27:26Il y a des choses
27:26qui peuvent avancer.
27:28C'est trop lent.
27:30On a des obstacles
27:31bureaucratiques
27:32absolument partout.
27:33Ce que,
27:33derrière ce que raconte
27:34Laurent Wonski
27:36à propos de la DGA,
27:37on devine derrière
27:38les gars dans les bureaux
27:39en train de dire
27:39« Oui, mais non,
27:40mais ça,
27:40on va réduire l'enveloppe
27:41parce que sinon,
27:42ça va faire trop.
27:43Il va falloir... »
27:43Ça peut nous retomber.
27:4438 milliards de commandes
27:45quand même en 2025,
27:46la DGA.
27:47Oui, mais centraliser
27:48sur combien d'entreprises ?
27:49Parce que si vous...
27:50Je ne dis pas
27:50que ce n'est pas bien,
27:51mais si vous achetez
27:51un avion,
27:52ça coûte très cher.
27:54Donc,
27:54toutes ces entreprises
27:55dont on vient de parler,
27:57elles ne vivent pas
27:58avec des commandes
27:58de 4 millions d'euros
27:59à l'unité.
28:00C'est des commandes
28:01de 70 000,
28:02200, 300 000.
28:03C'est ça,
28:03la vraie vie.
28:04Bon, Erwan,
28:05partagez l'avis général.
28:06D'un point de vue administratif,
28:08d'un point de vue européen,
28:09effectivement,
28:09cette année,
28:11il y a eu des choses
28:12qui ont été mises en avant.
28:13Maintenant,
28:13ce qu'il faut,
28:13c'est l'application.
28:14A noter que le pays,
28:15pour l'instant,
28:15qui est le plus en avance,
28:16c'est la Pologne.
28:17La Pologne,
28:17elle est un des pays
28:18qui a demandé justement
28:18à déroger aux règles budgétaires.
28:20Je pense que plus on est
28:21sur le front est européen,
28:23plus ils sont efficaces.
28:24Nécessité, nécessité.
28:25Mais encore une fois,
28:26ça fait un an
28:27et en fait,
28:27le problème,
28:27c'est que l'échelle aujourd'hui
28:29à laquelle répond l'Union européenne
28:31parce que c'est sa construction
28:32est une échelle de temps de paix,
28:33c'est-à-dire un temps très long.
28:35Et malheureusement...
28:36C'est l'ADN de l'Europe.
28:37C'est l'ADN de l'Europe.
28:37Construit par le commerce
28:38pour la paix.
28:39Les deux sujets sont connexes.
28:40On a effectivement,
28:41l'Europe est un bien
28:42extrêmement précieux
28:43mais qui fonctionne
28:44dans sa fonction administrative
28:45et institutionnelle
28:46très bien en temps de paix
28:47et pas suffisamment rapidement
28:49en temps de mutation,
28:51on va dire,
28:51tel qu'on le connaît aujourd'hui.
28:52Est-ce que ça va secouer,
28:53Jean-Marc,
28:54autant qu'l'année dernière
28:55à la conférence de Munich
28:55cette année ?
28:56C'est Marco Rubio qui vient.
28:58Ce n'est pas Jelly Vance.
29:00Oui,
29:00ce n'est pas le même tempérament.
29:01Ce n'est pas le même tempérament
29:02mais il y a une délégation
29:03de 50 congressements américains
29:05qui viennent quand même.
29:06Il y a un vrai diplomate,
29:08ce que je ne voulais pas dire.
29:11Intéressant de voir
29:12qu'au niveau allemand,
29:13celui qui va parler,
29:14l'an dernier,
29:14c'était le président
29:15qui a un titre
29:17et une fonction
29:18largement honorifique.
29:19Cette année,
29:19c'est le chancelier allemand
29:20Frédéric Schmerz.
29:21Avec un discours attendu
29:22à midi, effectivement.
29:23La dimension politique
29:25est importante
29:26et prise en tant que telle
29:27à l'échelon européen.
29:29J'espère,
29:29je pense,
29:30que ce sera un peu
29:30plus apaisé
29:31mais si vous lisez
29:33la stratégie américaine
29:35de défense,
29:35on s'est beaucoup concentré
29:36en Europe
29:37sur les deux paragraphes
29:38qui concernaient l'Europe
29:39mais si on regarde
29:40les 20 ou 30 pages
29:41du document,
29:42on voit qu'il y a un projet
29:43qui est même très divergent
29:45de celui de l'Europe
29:46et ça,
29:46il faudra en parler un jour.
29:47Bon,
29:48on débriefera très certainement
29:49cette conférence de Munich
29:50en début de semaine prochaine
29:51dans Les Experts.
29:53On se retrouve
29:53dans une petite minute
29:55après une courte pause
29:56publicitaire.
29:58On va revenir en France
29:59pour discuter
29:59prix de l'énergie,
30:01qui va payer
30:02la nouvelle PPE
30:03et puis
30:04où sont passés
30:06les milliards
30:07de TVA
30:08disparus.
30:09Ne quittez pas,
30:09on se retrouve tout de suite.
30:13Les Experts,
30:15débats et controverses
30:16sur BFM Business.
30:17BFM Business et la Tribune
30:26présente
30:26Les Experts,
30:29Raphaël Le Gendre.
30:31Allez,
30:31on est de retour
30:32pour la seconde partie
30:33de l'émission
30:33avec toujours autour
30:34de la table
30:35Laurent Wronski,
30:36Jean-Marc Vittori
30:37et Erwan Tison.
30:39On va revenir en France,
30:40on a beaucoup parlé
30:40d'Europe et d'international.
30:42On va revenir en France
30:44et on va parler
30:44de votre facture,
30:45votre facture énergétique.
30:47Voilà un sujet concernant.
30:48On vient de publier,
30:50c'était hier,
30:51enfin,
30:51après trois années
30:52d'attente,
30:53la programmation
30:55pluriannuelle
30:56de l'énergie.
30:58La troisième version,
30:59la PPE 3.
31:01On va peut-être
31:02commencer tout simplement
31:03par vous expliquer
31:04ce qu'est
31:05cette acronyme
31:06barbare
31:06avec Jean-Marc
31:08Vittori
31:09qui va nous expliquer
31:10tout ça très bien.
31:11À quoi ça sert
31:13la PPE,
31:14Jean-Marc ?
31:15L'énergie,
31:15c'est un domaine
31:16à temps long.
31:19Une centrale nucléaire,
31:20entre le moment
31:20où on commence
31:21à l'envisager,
31:22le moment où on va
31:22terminer de la démanteler,
31:25ça fait un siècle.
31:27Et donc,
31:27on ne peut pas gérer ça
31:29comme le budget annuel
31:30ou même comme le temps
31:33d'un cycle électoral
31:34normal de 5 ans.
31:35Il faut absolument
31:35se projeter dans le temps long.
31:37C'est vrai pour la centrale nucléaire,
31:38c'est vrai aussi
31:39pour les infrastructures
31:40les lignes à haute tension
31:41et l'ensemble du parc
31:44qui produit de l'énergie.
31:46On ne peut pas regarder ça
31:47à la petite semaine.
31:49Il faut vraiment regarder
31:49le temps long.
31:50Et c'est pour ça
31:51qu'il y a une tentative
31:53en France
31:53d'avoir une programmation
31:55pluriannuelle
31:56de l'énergie
31:57comme il y en a une
31:58dans le militaire
31:59pour les mêmes raisons.
32:01Le temps militaire,
32:01ça ne peut pas être
32:03le temps budgétaire annuel.
32:05Il faut que ça soit
32:05absolument un temps plus.
32:06Alors quand même,
32:07on la révise tous les 5 ans.
32:08On est à la troisième
32:09depuis 2015.
32:10Le problème,
32:11c'est que normalement,
32:12ça doit ouvrir
32:13du temps long
32:14et qu'en France,
32:15on fait exactement l'inverse.
32:16On est à la troisième
32:17en 10 ans
32:20et avec à chaque fois
32:21des inflexions
32:22tout à fait significatives
32:23sur les orientations.
32:25Et donc,
32:26ce qui devrait être...
32:27Il y a 10 ans,
32:27on devait fermer le nucléaire.
32:29Ce qui devrait éclairer...
32:30C'est une question très politique.
32:31Ce qui devait éclairer
32:32le chemin,
32:33en fait,
32:33au contraire,
32:34l'obscurcit
32:35et rend l'action
32:37plus difficile
32:37pour tous les acteurs privés
32:39qui doivent se mobiliser
32:41là-dessus.
32:42Donc effectivement,
32:43le cas le plus flagrant,
32:45c'est le nucléaire.
32:46Emmanuel Macron
32:47avait fermé
32:48la centrale de Fessenheim
32:49avec un argument extraordinaire.
32:51avec son argument extraordinaire,
32:52c'est que c'était une promesse
32:54de mon prédécesseur.
32:55Ce n'était pas ma promesse à moi,
32:56c'était la promesse
32:57de mon prédécesseur.
32:59Et donc,
32:59c'est un argument
33:00absolument baroque
33:02et on voit bien
33:03aujourd'hui,
33:04on l'a bien vu
33:05à partir de 2022
33:06quand on a commencé
33:07à tirer sur l'électricité
33:08et qu'on a eu en plus
33:09des problèmes
33:10sur les centrales,
33:11on voit bien
33:11à quel point
33:12on a zigzagué
33:15dans le n'importe quoi.
33:17Et donc,
33:17voilà,
33:18c'est évidemment
33:19une très bonne idée
33:20d'avoir une programmation
33:21pluriannuelle
33:22à condition
33:23de le faire sérieusement
33:24et en France,
33:24on ne le fait pas sérieusement.
33:25On ne le fait pas sérieusement
33:26parce qu'on n'écoute pas
33:27les ingénieurs,
33:28on écoute les politiques.
33:29Et oui,
33:30c'est peut-être
33:32la principale leçon.
33:32On voit la une des échos
33:33aujourd'hui,
33:34énergie,
33:36priorité
33:36au nucléaire.
33:38C'est ce qui ressort
33:39quand même
33:39de cette nouvelle PPE,
33:42c'est-à-dire qu'après
33:42avoir fermé
33:43ces fessenheims,
33:44on s'est rendu compte
33:44qu'effectivement,
33:46l'énergie
33:47était,
33:48enfin la voie
33:49était plutôt
33:49vers la relance
33:51du nucléaire,
33:52c'est ce qu'on retient
33:52de cette PPE,
33:53à la bonne tison.
33:54Il y a un,
33:55c'est l'article
33:56à la une
33:56des électrons libres
33:57aujourd'hui,
33:58de l'analyse justement
33:58qui est faite
33:59par deux de nos auteurs
34:01sur la PPE.
34:02En fait,
34:02ce qui est intéressant,
34:03déjà ce qu'on peut voir,
34:04c'est que premièrement,
34:05cette PPE-là,
34:06elle fait la part belle
34:07à l'atome.
34:08Donc ça déjà,
34:08c'est une bonne chose.
34:09On avait effectivement
34:10la dernière qui prévoyait
34:10la fermeture
34:11de 14 réacteurs nucléaires.
34:13Maintenant,
34:13on s'est guéri.
34:14Là,
34:15on va en ouvrir
34:156 plus peut-être 8.
34:16Voilà,
34:17donc déjà,
34:17c'est une bonne chose.
34:18Souvent,
34:19la politique varie,
34:19bienfois le tissif.
34:20À condition qu'on ne redonne
34:21pas un coup de volant
34:22dans l'autre sens
34:22dans trois ans.
34:23Exactement,
34:23ça c'est le problème.
34:24Mais ensuite,
34:25dans la PPE,
34:25il y a par contre,
34:26et c'est d'ailleurs
34:27le propos de l'article
34:28que je cite dans
34:29les électrons,
34:29il y a un petit peu
34:30fromage et dessert
34:31dans cette PPE-là,
34:32c'est-à-dire qu'on mise
34:33à la fois sur l'atome,
34:35mais de l'autre côté,
34:36un petit peu comme
34:37dans le budget en fait,
34:44entre les lignes réjouies
34:45de cette PPE-là aussi,
34:46c'est-à-dire qu'on a remisé
34:47aussi sur les énergies
34:48renouvelables.
34:49C'est-à-dire qu'en creux,
34:51on pourrait dire,
34:52on avance sur la filière nucléaire,
34:54mais en fait,
34:54quand on regarde dans le détail,
34:55on fait plaisir à peu près
34:56à tout le monde,
34:56si ce n'est bien sûr
34:57au lobby gazier et pétrole.
34:58Mais ça,
34:59c'est une très bonne chose
34:59pour l'environnement.
35:00La question qui se pose derrière,
35:01c'est comment est-ce
35:02qui va payer
35:02et combien ça va coûter ?
35:04Parce qu'effectivement,
35:05on est face à des investissements
35:06qui sont très importants
35:07et la question
35:08qui est quand même
35:09assez importante,
35:10c'est quels choix
35:11vont faire les entreprises ?
35:13Quelles sources d'énergie
35:14vont-elles choisir ?
35:15Sur quels robinets
35:16vont-elles ouvrir ?
35:16Parce qu'on a beau,
35:17effectivement,
35:18tous autour de la table
35:19et tous les patrons
35:20et chefs d'entreprise
35:21envie de sauver la planète,
35:23le problème,
35:24c'est que derrière,
35:24il y a aussi une compétitivité
35:25assumée.
35:26Et quand vous avez
35:26une compétitivité
35:27qui est largement,
35:28comment dire,
35:30amputée par l'environnement
35:31social ou fiscal
35:32de votre pays,
35:32vous n'avez pas
35:33des marges de manœuvre
35:34immenses sur votre choix énergique.
35:35Et un coût de l'énergie
35:36deux fois supérieur
35:38aujourd'hui,
35:39comment on fait Laurent Vronsky
35:40d'ailleurs quand
35:41vous, vous opérez
35:42aux Etats-Unis,
35:43vous vendez beaucoup,
35:44vous êtes en concurrence
35:45avec des entreprises
35:45aux Etats-Unis,
35:46vous êtes un industriel.
35:47Quand le coût de l'énergie
35:48est deux fois supérieur
35:49en Europe aux Etats-Unis,
35:52comment on reste compétitif ?
35:53Alors déjà,
35:53je rappelle qu'à l'origine
35:54de toute révolution
35:55technologique ou industrielle,
35:57vous avez l'énergie.
35:58C'est-à-dire que ce n'est pas juste
35:59des gens qui cogitent
36:00et des beaux rapports.
36:01On ne peut pas être insolent,
36:02mais si vous voulez,
36:03c'est bien d'avoir la PPE.
36:04Je veux dire,
36:04ce n'est pas parce qu'on a décrété
36:05qu'on allait ouvrir
36:06six centrales nucléaires
36:07qu'on va les ouvrir.
36:08Donc comment on fait ?
36:09Écoutez,
36:09ce n'est pas compliqué,
36:10c'est le cas de beaucoup d'entreprises.
36:11C'est que comme vous savez très bien
36:13que vous n'êtes pas compétitif
36:14sur certaines parties
36:15de votre chaîne de coûts,
36:17vous travaillez votre chaîne de valeur
36:18pour que sur d'autres éléments,
36:21vous soyez compétitif,
36:22voire plus.
36:23Ce qui fait que globalement,
36:25le client accepte
36:26de payer plus d'un côté
36:27pour pouvoir s'offrir
36:29vos merveilleux compresseurs
36:30que le monde entier nous envie.
36:32Moi, je vais vous dire,
36:33quand je vois le PPE,
36:35je suis absolument consterné.
36:37Et je suis consterné
36:38parce que si vous voulez,
36:39nous sommes dans les centrales nucléaires
36:40et on y est depuis 30 ans.
36:43Donc moi, je veux dire,
36:44et j'ai vu comment la filière,
36:47si vous voulez,
36:47a été laissée à l'abandon.
36:49J'ai vu comment les champions français,
36:50qui sont nos clients,
36:52si vous voulez,
36:52j'ai vu les plans sociaux
36:54où on a poussé tous les gens
36:56qui avaient 50 ans dehors.
36:57Oui.
36:57Mais ils sont partis
36:59avec leur bagage.
37:00Avec des pertes de savoir-faire
37:01terribles.
37:01La filière nucléaire,
37:03si vous voulez,
37:04c'est pas quelque chose
37:05qui se crée
37:06en un claquement de doigts.
37:08C'est pas parce qu'on a
37:09des politiques
37:10qui décident que demain,
37:11on ouvre une centrale,
37:12que la semaine prochaine,
37:12on en ouvre une.
37:13Ça ne se passe pas comme ça.
37:14C'est pas une ouverture
37:15de centres commerciaux.
37:17Donc, je rappelle aussi,
37:19et je ne citerai personne,
37:20j'ai lu dans un programme politique
37:21qui se dessine pour 2027
37:23qu'il y en a qui expliquent
37:24qu'on va en clair
37:25ressortir du nucléaire.
37:27Alors, on fait quoi ?
37:28Et c'est ce que disait Jean-Marc.
37:29Je veux dire que mettre
37:30en ordre de bataille
37:31une industrie
37:33avec des compétences,
37:34les formations,
37:35je répète juste
37:36qu'on a dit à des jeunes ingénieurs,
37:37surtout,
37:37il ne faut pas aller dans le nucléaire.
37:38Il ne restera que du démantèlement.
37:40C'est très vendeur, ça,
37:42comme proposition.
37:43Donc, il faut recréer
37:44de la compétence,
37:45former des jeunes,
37:47former un outil industriel,
37:49reconstruire un outil industriel,
37:51et on ne sait toujours pas,
37:52il y en a toujours
37:53qui sont là
37:53et qui vous expliquent
37:54que non,
37:55il faut mettre
37:55des éoliennes partout.
37:56C'est la même histoire
37:57que l'automobile.
37:59C'est-à-dire que plutôt
37:59que de laisser la parole
38:00aux politiques,
38:01il faut mettre
38:02les gens qui sont légitimes
38:03autour de la table.
38:04Et il y a des cas de figure
38:05où c'est de l'éolienne,
38:07il y a des cas de figure
38:08où c'est du nucléaire,
38:09il y a des cas de figure
38:10où c'est du solaire,
38:12mais il n'y a pas,
38:12si vous voulez,
38:13de costume à taille unique.
38:14Il n'y a pas de vérité ultime.
38:16Maintenant, nous,
38:16en tant qu'industriel,
38:17par rapport à la question
38:17que vous m'avez posée,
38:19on s'est posé
38:19la question,
38:21évidemment,
38:22de est-ce qu'il fallait,
38:26pour, je dirais,
38:27faire bien sur le site web
38:28de l'entreprise ?
38:29C'est que nous,
38:29on a eu des coupures de courant.
38:31Je ne sais pas si vous vous en souvenez,
38:32mais il y a eu des coupures.
38:34Bon.
38:34Et donc,
38:35pour une entreprise comme Hervor,
38:36ce n'est pas juste
38:37l'appareil d'air-conditionné
38:38qui s'arrête.
38:39Donc, on s'est dit,
38:40je me suis dit,
38:40écoute, là,
38:41il faut vraiment...
38:42Autonomie stratégique.
38:43Mais comme les écoles
38:44Espérance-Banlieu.
38:45Je me suis dit,
38:46si demain l'outil
38:47ne fonctionne plus de production,
38:49il faut que nous,
38:50on soit autonomes
38:50parce qu'on ne peut pas
38:51produire des compresseurs
38:52uniquement si...
38:53Non, mais vous avez eu
38:54des coupures, Laurent,
38:55dans la crise énergétique ?
38:58Absolument.
38:59Parce qu'on les...
39:00A priori,
39:01l'électricité ne s'est jamais
39:02arrêtée en France,
39:02quand même.
39:03Bah, écoutez,
39:03elle ne s'est pas arrêtée
39:03en France,
39:04elle s'est pas arrêtée
39:05complètement.
39:05Il y a eu des tensions.
39:06Mais vous avez eu
39:07des coupures,
39:07donc évidemment...
39:08Ils ont coupé dans les entreprises
39:09pour préserver les ménages,
39:10d'ailleurs, à l'époque.
39:11C'était le choix
39:11politique qui était fait.
39:12Je me suis dit,
39:13soyons intelligents,
39:14je veux dire,
39:14en plus,
39:15on nous explique,
39:21on recule maintenant
39:22dans la nouvelle PPU
39:23sur le solaire.
39:24Mais attendez,
39:25mettre en place
39:25des panneaux solaires,
39:27je veux dire,
39:28au niveau d'une entreprise,
39:29c'est complètement délirant.
39:31C'est-à-dire que la loi
39:31a changé quasiment tous les ans,
39:33parce que comme il y a une partie
39:34où vous ne pouvez pas consommer,
39:35vous êtes obligés
39:35de la rendre.
39:36Alors là,
39:37je veux dire que les tarifs changent,
39:38les aides changent.
39:38Alors oui,
39:39un coup,
39:39on vous dit,
39:40il faut le mettre sur le toit,
39:41là, vous avez des aides.
39:41Ah bah non,
39:42c'est plus sur le toit.
39:43Maintenant,
39:43il faut faire des ombrières.
39:44Ah bah non,
39:44il ne faut plus mettre des ombrières.
39:45Bref,
39:46vous savez ce qui s'est passé avec ça ?
39:47Bah maintenant,
39:47c'est un dossier sur mon bureau.
39:49Voilà où on en est.
39:49Et donc,
39:50il n'y a plus de panneaux solaires.
39:51Même histoire que l'automobile.
39:53Instabilité normative.
39:54Les conséquences très concrètes.
39:55Qui va payer la facture,
39:57Jean-Marc ?
39:57C'est la grande question.
39:59Erwan en parlait.
40:01Effectivement,
40:01je vous engage
40:02à aller voir le site,
40:03le papier sur le site
40:04des électronismes.
40:05On ne sait même pas
40:06combien va coûter,
40:07en fait,
40:08réellement,
40:09cette nouvelle PPE.
40:10Il y a beaucoup,
40:11beaucoup d'estimations
40:12qui ont été jetées
40:14dans l'air
40:15de 35 milliards
40:16pour certains
40:17sources au sein
40:18de l'exécutif,
40:19300 milliards
40:20pour l'ERN,
40:21la Cour des comptes
40:21qui nous dit
40:22une centaine de milliards
40:23entre les deux.
40:25Bon,
40:25est-ce qu'on sait
40:26qu'il va payer au final ?
40:27Non mais,
40:27d'abord,
40:28c'est une programmation.
40:29C'est quelque chose
40:30d'indicatif.
40:31Ce n'est pas une planification.
40:33Excusez-moi
40:34de faire un peu de vocabulaire.
40:35Non mais c'est important
40:36d'être précis.
40:36C'est une programmation.
40:37Donc,
40:38c'est indicatif.
40:40Il va y avoir des choses
40:41qui vont être
40:41d'initiatives publiques
40:43ou pas très loin
40:44parce que l'EDF
40:44c'est même une entreprise
40:45complètement publique
40:47mais il va y avoir
40:48aussi beaucoup de choses
40:49des acteurs privés
40:50avec une vraie difficulté
40:52pour l'esprit français.
40:54La France a pu faire
40:55un programme nucléaire
40:56très efficace
40:57parce que c'est un pays
40:58très centralisé
40:58et donc c'était facile
41:00de décider
41:01pour un pays
41:01très centralisé.
41:02Pierre Mesmer
41:03en 1973.
41:04Développer une énergie
41:05très centralisée
41:05ça c'était congruent
41:07et alors faire
41:09une énergie
41:10des formes d'énergie
41:11très décentralisées
41:12en décidant
41:13au cas par cas
41:14parce qu'en France
41:14on a beaucoup de mal
41:15à faire
41:15on a toujours tendance
41:17à dire
41:17on expérimente
41:18un truc quelque part
41:19et comme ça marche
41:20on va le faire
41:20dans la France entière
41:21là il faut faire
41:22l'inverse
41:23il y a des endroits
41:23où il faut du solaire
41:24parce qu'il y a du soleil
41:25et que c'est plus bien
41:26il y a des endroits
41:27où il faut faire du solaire
41:28il y a des endroits
41:29où il faut mettre
41:29de la batterie
41:30il y a des endroits
41:30où c'est moins nécessaire
41:31et donc ça
41:32c'est des choix
41:32qui doivent être faits
41:33au niveau local
41:34par des acteurs privés
41:35et donc ça
41:36c'est très difficile aussi
41:37à budgéter
41:38et à prévoir
41:38donc le chiffrage global
41:43moi me paraît
41:43un exercice
41:44extrêmement agardeux
41:45par contre
41:45qui va payer
41:46on sait
41:46c'est le consommateur
41:47ça il n'y a aucun doute
41:48peut-être un peu
41:49du contribuable
41:50après c'est le même
41:50l'essentiel
41:52sera le consommateur
41:53je vous rassure
41:54il faut donc s'attendre
41:55à une hausse
41:56du coût de l'énergie
41:57dans les 10 prochaines années
41:59regardez déjà
42:00dans votre facture
42:01d'électricité
42:01la part de la taxe
42:02on revient aussi
42:03la distinction
42:05entre contribuable
42:06et consommateur
42:07là n'est pas évidente
42:08puisque c'est le consommateur
42:09d'électricité
42:09qui paye une taxe
42:10je crois qu'on est
42:11à plus d'un tiers
42:12dans le prix
42:12oui c'est ça
42:13qui relève de la taxe
42:16et la taxe
42:17qui est affectée
42:18à des objets
42:19à l'efficacité
42:20oui le coût de l'énergie
42:21ça n'est que 30%
42:22finalement
42:22c'est 30% de taxe
42:2330% de réseau
42:25de financement du réseau
42:27et 30%
42:28sur l'énergie
42:28il y a le régime fiscal
42:29et le régime spécial
42:31des retraites
42:31des électriciens
42:33aussi
42:33accessoirement
42:34mais qui va baisser
42:37cette taxe là
42:38va baisser
42:39mais qui sera financée
42:40pour 10 euros par an
42:42sur votre abonnement
42:43mais qui sera financée
42:44ailleurs
42:44qui sera financée
42:45par le déficit
42:46du régime général
42:47des retraites
42:47dont le corps
42:48vient de nous expliquer
42:49cette semaine
42:50qu'il allait s'accroître
42:51du fait de la dénatalité
42:53bienvenue en France
42:55juste un petit point
42:56à faire
42:56et je pense que c'est
42:58le fil conducteur
42:59qu'on a sur nos trois sujets
43:00et ce qu'on voit
43:01en économie
43:02c'est le grand débat
43:03qu'il y a
43:03sur la différence
43:04entre la règle
43:05et la décision
43:05c'est le débat
43:06qui a sous-cendu
43:07sur l'indépendance
43:08des banques centrales
43:09c'est un débat
43:09dont on parle souvent ici
43:10en gros
43:10soit vous avez une règle
43:12c'est-à-dire que vous inscrivez
43:13dans la loi
43:14un objectif à atteindre
43:15et vous ne pouvez pas déroger
43:16de cet objectif là
43:17vous mettez tous les moyens
43:17pour y arriver
43:18soit vous avez la décision
43:19c'est-à-dire que vous arbitrez à vue
43:21au gré justement
43:21de l'actualité
43:22et de la conjoncture
43:23les deux modèles
43:24ont leurs avantages
43:25mais ce qui est bien
43:26dans la règle
43:27c'est pour ça que la banque centrale
43:28européenne est indépendante
43:29elle a une règle
43:30à lutter contre l'inflation
43:31et elle s'y tient
43:32on ancre les anticipations
43:33on peut anticiper
43:35ce que va faire la banque centrale
43:36pour l'énergie
43:37il nous faudrait exactement
43:37la même chose
43:38il nous faudrait un système
43:39il faudrait qu'EDF
43:40soit complètement hermétique
43:41aux politiques
43:42il ait le même statut
43:42qu'une banque centrale
43:43et qu'il puisse du coup
43:44fixer sa règle
43:45sur 100 ans
43:46en disant
43:46l'objectif c'est une énergie
43:47peu chère, peu carbonée
43:49et les ingénieurs
43:50se donnent les moyens
43:50et on ne déroge pas
43:52à cette règle-là
43:53pour les entreprises
43:54je pense que ce serait
43:55en tout cas
43:55c'est ce que la plupart
43:56chefs d'entreprise nous disent
43:57ce serait salutaire
43:59d'avoir déjà
43:59cette charge mentale-là
44:00en moins de se dire
44:01l'énergie
44:01on sait où on va
44:02et ça ne bougera pas
44:03et ça permettrait notamment
44:04d'avoir de la clarté
44:07et ça pourrait aussi
44:07s'appliquer à d'autres sujets
44:08cette règle et la décision
44:09mais on en parlera
44:10d'autres moments
44:11mais ça permettrait
44:12le politique ne serait pas content
44:13parce qu'effectivement
44:14il perdrait un petit peu
44:14de son efficacité
44:15de son utilité
44:16mais pour un pays
44:17qui en plus navigue
44:18à vue sur énormément de sujets
44:19de savoir sur des sujets régaliens
44:21où est-ce qu'on va
44:21ça ferait du bien
44:22peut-être un mot positif
44:24quand même
44:24pour dire que
44:25l'atome est sauvé
44:26le coût de l'énergie
44:26d'abord l'atome est sauvé
44:27l'atome est sauvé
44:28et le coût de l'énergie
44:30en France
44:30est de 40 à 45% inférieur
44:33de l'électricité
44:34pas de l'énergie
44:34de l'électricité
44:35pardon
44:36est de 40 à 45% inférieur
44:38à celui de l'Allemagne
44:39par exemple
44:41et qu'on produit
44:41aujourd'hui bien davantage
44:43que ce que nous consommons
44:44ce qui permet d'améliorer
44:45la balance commerciale
44:46et de manière décarbonée
44:47française
44:47et de manière décarbonée
44:49tout n'est pas si mauvais
44:50je rajouterais
44:51un exemple positif
44:52on sait faire ça
44:53je suis fasciné
44:54tout de même
44:54par l'exemple Notre-Dame
44:55bah oui
44:56mais il faut des lois
44:57d'exception pour ça
44:58Jean-Marc
44:58non mais j'y viens
44:59on a donné deux choses
45:01il y avait un budget
45:02et un délai
45:03on a tenu
45:04comme les Jeux Olympiques
45:05et donc le budget
45:07a été tenu
45:07le délai
45:09a été pratiquement tenu
45:10et ça a marché
45:11comment est-ce qu'on y est arrivé ?
45:13Volonté forte
45:14cap fixé
45:15règles claires
45:16un militaire à la tête du projet
45:17un militaire à la tête du projet
45:19un cordon sanitaire
45:20autour du projet
45:20et derrière
45:21et derrière
45:22des règles
45:23qu'on a fait sauter
45:24parce qu'elles étaient inutiles
45:26ou qu'elles ont travaillé le jeu
45:27et le chantier Notre-Dame
45:29n'a pas été un chantier mortel
45:31pour les ouvriers
45:32il n'y a pas eu de
45:33voilà
45:33le relâchement des règles
45:36n'a pas entraîné
45:37de conséquences graves
45:38donc c'est possible de le faire
45:40on sait faire
45:41on peut y arriver
45:42c'est exactement la même chose
45:43pour les Jeux Olympiques
45:44c'est quand même
45:44les deux victoires
45:45de l'année 2024
45:46les deux sont passées
45:47par des lois d'exception
45:48Laurent Wanski
45:49moi je veux faire un peu de sociologie
45:51puisque là on est
45:51on est dans l'hexagone
45:52en seconde partie d'émission
45:53je trouve qu'on vit
45:55on vit une période
45:55vraiment passionnante
45:57parce que
45:58vous avez
45:59une partie de notre pays
46:00qui est généralement
46:01la classe politique dirigeante
46:02qui continue à croire
46:03que c'est
46:04eux qui sont les plus légitimes
46:05et que forcément
46:06c'est-à-dire que
46:07les intérêts privés
46:08qui vont se mettre
46:08autour de la table
46:09pour résoudre un problème
46:10ne sont motivés
46:11que par leur intérêt propre
46:12et donc forcément
46:13on va arriver
46:15à une décision
46:15qui ne sera pas la bonne
46:16et qui va servir
46:17l'intérêt de peu
46:18de personnes
46:19autour de la table
46:19et au niveau
46:21de la population
46:23on assiste
46:25notamment depuis le Covid
46:26que nous avons tous
46:27bien connu
46:27il y a un renversement
46:29des tables
46:29c'est-à-dire que
46:30vous avez
46:30quand vous parlez
46:32je dirais
46:32à madame Dupont
46:34ou quoi de la rue
46:34il y a si vous voulez
46:36aujourd'hui
46:37un capital confiance
46:38inégalé
46:39qui est accordé
46:40aux gens
46:41de la société civile
46:42et particulièrement
46:43aux managers
46:43et aux chefs d'entreprise
46:44il y a un bar
46:45remède Sévipov
46:45qui est sorti
46:47très récemment
46:48là c'est un petit peu
46:50c'est aussi
46:50puisque vous parliez
46:51de fil conducteur
46:52je veux dire
46:52qu'on a
46:53des décisions publiques
46:55qui ont un vrai
46:56mais trop de retard
46:57et je veux dire
46:58qu'aujourd'hui
46:58de mettre des industriels
47:00de mettre des gens
47:00de la société civile
47:01qui apportent leur légitimité
47:03je ne dis pas
47:03qu'ils ont la science infuse
47:04et je dirais
47:06c'est pas servir
47:07les intérêts
47:07du grand capital
47:08et c'est ça le problème
47:10c'est que vous avez
47:10des gens
47:11qui considèrent
47:12qu'ils ont la vérité
47:13si vous voulez divine
47:14et que vous
47:15de toute façon
47:15vous êtes un privé
47:16donc de toute façon
47:17vous allez prendre
47:18des décisions
47:18qui ont biaisé
47:19c'est ça
47:19la révolution copernicienne
47:21que moi j'appelle
47:21de mieux pour notre pays
47:22oui alors même
47:23que les français
47:23ont de moins en moins
47:24confiance en politique
47:25c'est l'un des grands
47:26enseignements
47:27du baromètre
47:28Sévipov
47:29institut de l'entreprise
47:30sur la confiance
47:31que vous avez publiée
47:32il y a quelques jours
47:33tout à fait qui a été publiée
47:34cette semaine
47:34on voit qu'il y a une chute
47:35vertigineuse
47:36sur le long terme
47:37de la confiance
47:38envers les politiques
47:39et la confiance
47:39envers les entreprises
47:40est stable
47:41et ce qui est très intéressant
47:42encore c'est que
47:43la part des sondés
47:45qui demandent
47:45à ce qu'il y ait
47:46une augmentation
47:47du dirigisme
47:48des entreprises
47:48de la part de l'Etat
47:49diminue
47:49on est environ à 36%
47:51alors que la part
47:52des sondés
47:53qui demandent
47:53à ce qu'on laisse
47:54beaucoup plus de liberté
47:54aux entreprises
47:55est environ de 59%
47:56et ce qui est intéressant
47:57c'est que
47:58ce baromètre montre
48:00une stabilité
48:01de la confiance
48:02dans l'entreprise
48:03dans le chef de l'entreprise
48:04dans sa capacité
48:05à innover
48:06si on lui laisse
48:06sa liberté
48:07dans un environnement
48:08où l'entreprise
48:09n'a jamais été autant attaquée
48:10que ces derniers mois
48:11on sort quand même
48:11d'un débat
48:12sur les dividendes
48:12sur la taxe Zuckman
48:13sur les hauts patrimoines
48:14et j'en passe
48:15des vertes et des pas mûres
48:17malgré cette chape de plomb
48:19justement
48:20qu'impose le politique
48:21sur l'entreprise
48:22et bien en fait
48:22on se rend compte
48:23que l'électeur
48:24le citoyen
48:24qu'est-ce qu'il se dit
48:25préfère accorder sa confiance
48:26à celui qui est critiqué
48:27plutôt qu'à celui qui critique
48:29peut-être une parabole
48:30à méditer pour la politique
48:31à 18 mois maintenant
48:33de l'élection présidentielle
48:34allez
48:34il nous reste quelques minutes
48:36pour terminer
48:36je voulais qu'on parle
48:37de ce rapport
48:37de l'inspection générale
48:38des finances
48:38sur la TVA
48:39la TVA qui a fait des bons
48:41après le Covid
48:42les super profits
48:44qu'attaquait souvent
48:46le gouvernement
48:47en fait
48:47étaient pour les caisses
48:48de l'Etat
48:49après le Covid
48:51plus 9 milliards
48:53de recettes de TVA
48:54en 2022
48:55par rapport aux prévisions
48:56plus 12 milliards
48:58en 2021
48:59bref l'argent coulait à flot
49:01à l'époque
49:01et puis ça s'est retourné
49:02ensuite
49:032023
49:038 milliards de pertes
49:062024
49:0611,2 milliards
49:082025
49:085,6 milliards
49:09de trous encore
49:10l'IGF a rendu
49:12son rapport
49:12Laurent Wonski
49:13qu'est-ce qui s'est passé ?
49:14c'est très intéressant
49:16parce que finalement
49:17la TVA
49:18elle est assujettie
49:19sur tout un ensemble
49:20de produits
49:20avec des différences
49:22au niveau des taux
49:22et en fonction des produits
49:23qui sont consommés
49:25vous avez un taux de TVA
49:26ad hoc
49:26et si vous avez
49:27beaucoup de produits
49:28qui sont consommés
49:29où il y a un tout petit taux
49:30de TVA
49:30voire pas du tout
49:31vous allez forcément
49:32faire baisser vos recettes
49:34vous nous dites
49:35que les français
49:35ne consomment plus
49:36que des biens de première nécessité
49:38avec un taux de TVA
49:39ce qui est intéressant
49:39c'est que c'est un signe
49:40des temps
49:40dans le monde de l'entreprise
49:42on appelle ça
49:42le mix produit
49:43et donc tous les gens
49:44qui gèrent
49:45des gammes de produits
49:46le savent très bien
49:46vous avez des produits
49:47à forte marge
49:48et vous avez des produits
49:49à moins forte marge
49:49c'est exactement
49:50ce qui se passe
49:51avec la TVA
49:51pourquoi je trouve
49:52que c'est un signe des temps
49:53parce que
49:54moi je le vois au niveau
49:55de mes équipes
49:56et puis des gens
49:57que je rencontre tous les jours
49:58il y a une inquiétude
50:00qui va croissante
50:01je veux dire
50:01que les gens se posent
50:02de sérieuses questions
50:03sur l'avenir
50:04de notre pays
50:05l'avenir de leurs enfants
50:06l'avenir de l'Etat
50:08etc
50:08donc qu'est-ce qu'ils font ?
50:10ils thésaurisent
50:10alors avant
50:11on mettait des louis d'or
50:12dans les murs
50:13là on met de l'argent
50:14à la banque
50:14et donc ils consomment
50:15si vous voulez vraiment
50:16les biens de première nécessité
50:17les investissements
50:19je dirais
50:20ils sont quand même
50:20en baisse
50:21assez importante
50:23sur les investissements
50:24il y a de la TVA
50:25comme il n'y a pas
50:25d'investissement
50:26par exemple
50:26il n'y a pas de TVA
50:27et puis comme il n'y a pas
50:28certains produits consommés
50:29il n'y a pas de TVA non plus
50:30il n'y a pas besoin
50:30de sortir de l'ENA
50:32tout ça au détriment
50:33des biens industriels
50:35des véhicules
50:35du carburant
50:36ou de la construction
50:38de logements
50:39indique le rapport
50:40de l'IGF
50:41quelle leçon vous tirez
50:42Erwan Tizem ?
50:43il y a un milliard
50:44aussi identifié
50:45comme fraude
50:45notamment aux petits colis
50:47qui proviendraient de Chine
50:48alors ça c'est important
50:48parce que ça va bouger
50:49effectivement
50:50il faut expliquer pourquoi
50:51tout simplement
50:52parce qu'en fait
50:53vous avez une déclaration
50:54qui se fait
50:54notamment sur la valeur
50:55vous avez 200 millions
50:56de colis qui arrivent
50:57voire plus dans ces 3 millions
50:59par jour
50:59donc vous avez 2 millions
51:01de colis qui arrivent
51:01par jour
51:02de ces petits colis identifiés
51:04et vous ne pouvez pas
51:05ouvrir les 2 millions
51:06de colis tous les jours
51:07même avec des scanners
51:08et de l'intelligence artificielle
51:09et donc du coup
51:10la plupart du temps
51:10la valeur est déclarative
51:12donc du coup
51:13quelque part
51:13vous faites confiance
51:14mais toute déclaration
51:15n'est pas forcément
51:16toujours extrêmement bien précise
51:19et donc du coup
51:19vous avez un différentiel
51:21important
51:22entre la valeur déclarée
51:24et donc du coup
51:24la valeur attendue
51:25et la valeur réelle
51:26du produit en question
51:26donc là-dessus
51:28il y a clairement
51:28une fraude qui est identifiée
51:29normalement ça devrait changer
51:301 milliard d'euros
51:31ça devrait changer
51:32mais la question
51:33c'est la distorsion
51:34qu'il y a notamment
51:34sur les autres
51:35les 4,5 milliards
51:36pour l'année dernière
51:37il y a un changement
51:38de consommation
51:39effectivement
51:39il y a de la thésaurisation
51:41aussi
51:42il y a peut-être aussi
51:43des choses qui se passent
51:44sur le régime
51:45des micro-entrepreneurs
51:46des micro-entreprises
51:47il y a peut-être aussi
51:47des choses qui
51:48développement
51:49de certains économistes
51:51c'est un développement
51:51aussi de la fraude
51:52un peu plus accéléré
51:53pourquoi ?
51:54parce qu'en fait
51:54dans un environnement
51:55où fiscalement
51:56vous êtes pris en étau
51:57à peu près partout
51:58vous oubliez
51:59de déclarer
52:00une dernière mission
52:01en fin d'année
52:02ou quoi que ce soit
52:02je ne dis pas du tout
52:04que tous les entrepreneurs
52:05sont des fraudeurs
52:05mais quelque part
52:06c'est aussi une façon
52:07de respirer
52:07et vous avez aussi
52:09d'où la volonté
52:10de Bercy
52:12d'abaisser
52:12le seuil
52:13d'exonération
52:15des entreprises
52:16c'est la logique
52:17en fait
52:17là on montre
52:18qu'on est quelque part
52:18aussi au bout d'un système
52:19c'est-à-dire
52:20qu'on a un cadre fiscal
52:22qui est tellement contraignant
52:23et qui est tellement dense
52:24qu'en fait malheureusement
52:25vous avez aujourd'hui
52:26que ce soit pour
52:28les livreurs chinois
52:29ou pour n'importe quel type
52:31d'acteur économique
52:31il est beaucoup plus rationnel
52:32aujourd'hui d'essayer
52:33justement de trouver
52:34la porte de sortie grise
52:35plutôt que d'essayer
52:36de se conforter
52:36au cadre en question
52:38c'est pour ça qu'on voit
52:38qu'une mise à plat
52:40de la fiscalité
52:41avec quelque chose de flat
52:42quelque chose de bas
52:43quelque chose de large
52:44ça serait beaucoup plus intéressant
52:45et petit point d'ailleurs
52:46si vous permettez
52:47sur les baisses de fiscalité
52:48les baisses de la TVA
52:49ça coupe aussi un peu
52:50l'herbe sous le pied
52:51à ceux qui demandent
52:52une TVA sociale
52:52parce qu'on voit
52:53que ce n'est pas une base
52:55qui est extrêmement fiable
52:56là aussi
52:56donc pour ça
52:57quitte à baisser
52:58les cotisations sociales
52:59il faudrait peut-être
53:00plutôt penser sur une CSG sociale
53:01plutôt que de passer
53:02sur une TVA sociale
53:03ça serait plus efficace
53:04le rapport de l'inspection générale
53:06des finances
53:07ose aussi évoquer
53:09les problèmes
53:10de prévision
53:12de Bercy
53:13avec des hypothèses
53:14macroéconomiques
53:14jugées trop optimistes
53:16depuis 2022
53:17ce qui ne serait pas
53:17la première fois
53:18notamment sur les consommations
53:23intermédiaires
53:23des entreprises
53:24ainsi que sur
53:25les investissements
53:26est-ce que
53:28ça veut dire
53:28qu'on a un peu bidouillé
53:29les chiffres
53:30ces dernières années
53:31alors ces chiffres
53:32ont toujours été bidouillés
53:34il n'y a pas de doute là-dessus
53:35quand vous parlez
53:36avec des gens du Trésor
53:37ça s'est un peu amélioré
53:38quand même
53:38depuis la création
53:39du Haut Conseil
53:39aux finances publiques
53:40oui mais enfin
53:41on pourrait en parler
53:43normalement
53:44ça devait être
53:44une institution
53:45totalement indépendante
53:45la France s'est battue
53:46à Bruxelles
53:47pour que ça soit
53:47très dépendant
53:48bon laissons ça de côté
53:50je pense
53:51indépendamment
53:53de ce bidouillage
53:54qui a toujours existé
53:55je pense que c'est
53:57objectivement plus difficile
53:58de faire de la prévision
53:59aujourd'hui
53:59il n'y a pas qu'en France
54:02qu'on a vu ces évolutions
54:03un peu étranges
54:03je pense qu'objectivement
54:05c'est plus difficile
54:06de faire de la prévision
54:07pour toute une série de raisons
54:08et moi je suis beaucoup plus
54:09admiratif que je ne l'étais
54:11il y a 10 ans
54:11des conjoncturistes
54:13qui s'acharnent
54:14à faire des prévisions
54:15aux chiffres après la virgule
54:16moi je pense que
54:17voilà
54:18j'ai tendance
54:18de plus en plus
54:19à enlever le chiffre
54:19après la virgule
54:20parce que j'ai tendance
54:21à dire que c'est pas pertinent
54:22le problème
54:22c'est qu'on a 0,5% de croissance
54:23si on enlève le chiffre
54:24après la virgule
54:25on a un vrai problème
54:29aujourd'hui extraordinaire
54:30oui mais
54:30dans la mobilisation
54:32reste très compliquée
54:33il faut avoir
54:35des nouveaux partenariats
54:36publics privés
54:37parce que ces informations
54:38sont des informations privées
54:39qui sont détenues
54:39par exemple par les banques
54:40qui sont détenues
54:41par exemple par les distributeurs
54:42qui ont des bases de données
54:43d'une richesse
54:44absolument inouïe
54:45mais voilà
54:46qui gardent précieusement
54:49et donc ça pose
54:49des problèmes méthodologiques
54:51ensuite
54:52sur le point spécifique
54:54de la TVA
54:55on a
54:56en France
54:57on a 4 taux de TVA
54:58différents
54:58on a du 20%
55:00du 10%
55:01du 5-5
55:01et du 2-1
55:02alors quand les gens
55:03passent de l'un à l'autre
55:04en faisant un changement
55:05de comportement
55:05le mix produit change
55:09et le mix TVA change
55:10et donc aujourd'hui
55:12on est aussi dans un mode
55:13on voit bien
55:13que les gens changent
55:14de comportement
55:15pour toute une série de raisons
55:15il y a la pression financière
55:17mais il y a aussi
55:17des aspirations nouvelles
55:18le développement
55:19de la seconde main
55:20par exemple
55:21ça influe directement la TVA
55:22quand vous achetez la seconde main
55:23il n'y a plus de TVA
55:24et donc évidemment
55:25ça fait baisser
55:26c'est reçu de TVA
55:27c'est pourtant sans doute souhaitable
55:29qu'il y ait de la seconde main
55:29qui se développe
55:30pour des habits de bébés
55:31qui ont été portés deux fois
55:32mais évidemment
55:34ça fait moins de TVA
55:35et ça fait aussi derrière
55:36des entreprises
55:36qui sont en souffrance
55:38merci merci à tous les trois
55:40c'est la fin de l'émission
55:41on doit rendre l'antenne
55:42malheureusement
55:43merci à OneTison
55:44la TVA
55:44on pourra en parler
55:45pendant 10 ans
55:46je vous conseille d'aller voir
55:46la TVA sur le chocolat
55:47par exemple
55:48c'est un délice
55:49vous verrez
55:49il y a trois effets différents
55:51c'est une belle invention française
55:53exactement
55:53qui a fait floresse
55:55merci à OneTison
55:56merci Jean-Marc Vittori
55:57merci beaucoup
55:57pour cette émission passionnante
55:59tout de suite
55:59vous retrouvez
56:01Christopher Dabmik
56:02pour la masterclass
56:03tout pour investir
56:04quant à moi
56:04je vous retrouve
56:05lundi même heure
56:06même endroit
56:06à 10h
56:08en direct
56:08sur BFM Business
56:10très bon week-end à tous
56:12à lundi
56:15les experts
56:17débats controverses
56:18sur BFM Business
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