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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.
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00:00BFM Business et la Tribune présente le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:10Vous êtes bien dans le 18-19, mon premier invité, c'est donc Raphaël Gorgé qui est président du groupe
00:15Gorgé.
00:16Mais alors justement c'est toujours un peu compliqué, il va tout nous expliquer.
00:18Bonsoir Raphaël Gorgé, merci d'être là.
00:21Bonsoir.
00:21Parce que vous êtes sur le pont, on va voir ça dans un instant.
00:24Vous avez publié tout à l'heure vos résultats.
00:26On va quand même rappeler, vous avez déjà pris 6%, on va quand même rappeler que dans 5 ans vous
00:30avez pris 805%.
00:32C'est dire si vous êtes vraiment au cœur des enjeux dans l'industrie de défense.
00:36Parce que vous avez peut-être la solution avec un grand S pour déminer le détroit d'Hormuz.
00:42On n'en est pas encore là complètement parce que vous avez fabriqué un drone sous-marin avec Excel qui
00:50est la société qui est cotée.
00:52En deux mots le groupe Gorgé parce que c'est un peu compliqué.
00:54Vous faites des SMR sous un autre nom.
00:58Expliquez-nous en deux mots le groupe Gorgé.
01:00Alors le groupe Gorgé c'est un groupe industriel familial détenu à 100% par ma famille.
01:04Il y a une filiale principale qui s'appelle Excel Technologies qui est cotée en bourse et qui est notamment
01:09active dans le domaine de la robotique, des drones dans le domaine naval.
01:12Et par ailleurs on a d'autres activités industrielles, privées, dont le nucléaire.
01:17Et dans ces activités nucléaires nous développons ce petit réacteur nucléaire qui est amené à faire de la chaleur et
01:23qui s'appelle Calogéna.
01:24Oui, voilà.
01:25Et qui est un SMR, sauf qu'en général les SMR produisent de l'électricité.
01:29Vous c'est un SMR qui produit de la chaleur.
01:31Vous nous direz pourquoi.
01:33Vous avez un concurrent finlandais, mais en tous les cas vous avez une technologie qui est à priori meilleure.
01:42Raphaël Gorgé, ce qui est intéressant c'est qu'avec votre...
01:45On parle tout le temps des drones en fait, les drones qui ont complètement changé la vision qu'on pouvait
01:49avoir d'une guerre.
01:50Et vous, vous êtes en train de nous expliquer, c'est ce que vous expliquez, qu'en fait cette guerre
01:54hybride, on la retrouve aussi au niveau naval.
01:57Et que notamment, on voit que toutes les marines navales, elles ont beaucoup de mines qu'elles utilisent.
02:03Et vous avez mis au point un petit drone maritime qui peut permettre justement de détecter ces mines, voire de
02:12les faire sauter.
02:13Alors expliquez-nous exactement ce que vous faites et si c'est vous qui avez la solution pour débloquer le
02:18détroit d'Hormuz.
02:19Oui. Alors Excel Technologies est sur le secteur des robots de chasse de mines, de déminage.
02:26depuis plusieurs dizaines d'années.
02:28La société était déjà leader mondial sur les premières générations à l'époque.
02:32Alors je vous explique en deux mots comment se passe une opération de déminage.
02:35À l'époque, on entrait avec un navire chasseur de mines dans la zone dangereuse.
02:39Et la phase finale de destruction était faite par un petit robot que l'on développait.
02:44Ça c'était il y a une quarantaine d'années, mais ces robots sont toujours actifs dans le bon nombre
02:47de marines.
02:48Aujourd'hui, ce que nous avons développé depuis une dizaine d'années et que nous avons commencé à vendre il
02:52y a cinq ans,
02:53c'est ce qui s'appelle, nous l'appelons une toolbox, c'est un système de drones.
02:57C'est-à-dire des drones qui ne sont pas si petits que ça, puisque le plus important du système
03:02fait 12,50 m.
03:02C'est un navire sans pilote, donc un drone téléopéré qui a des capacités autonomes,
03:08et qui va lui-même mettre à l'eau quatre ou cinq types de drones sous-marins différents,
03:13pour toujours refaire les mêmes phases de déminage que je vais rappeler,
03:16mais d'une manière complètement sécurisée, puisque là, le navire chasseur de mines reste en dehors de la zone dangereuse,
03:22et ce ne sont que les drones qui entrent.
03:24Et c'est donc les trois phases qui sont tout d'abord de la détection.
03:28On va passer avec différents types de sonars, des sonars tractés, des sonars embarqués,
03:32des sonars autonomes, complètement à bord d'un robot sous-marin autonome,
03:36qui vont détecter les points sensibles.
03:39Ensuite, ces points vont être remontés au poste de commande,
03:42et on va décider s'ils sont intéressants ou non.
03:44On va envoyer une deuxième famille de robots pour faire de l'identification.
03:48Et s'il s'avère que c'est effectivement une menace, une mine ou un objet dangereux,
03:52on va envoyer la phase terminale, qui est faite par le robot qu'on voit à l'écran,
03:56qui est le Caster, qui est un robot qui a la particularité d'être consommable.
04:00C'est un petit drone sous-marin consommable.
04:02Oui, c'est l'équivalent du chahad iranien, quoi.
04:04Kamikaze. Je ne sais pas si j'aime l'analogie,
04:06parce que le nôtre, il est jaune et on est fiers de le montrer,
04:09mais il est équipé d'une charge creuse,
04:12et il va neutraliser la mine sous-marine,
04:14et il se sacrifie, donc il en faut au moins un par mine.
04:18Est-ce qu'il coûte à fabriquer aussi peu cher
04:21que les drones iraniens, ces fameux chahads,
04:24qui en fait, c'est un peu toute la difficulté
04:27de ce qu'on observe aujourd'hui au Moyen-Orient,
04:29c'est-à-dire que ces petits drones, ils ne coûtent pas cher à fabriquer,
04:33et que si on veut les détruire, il faut enfin se voir des missiles
04:37qui, elles, coûtent très cher.
04:38Est-ce qu'on peut retrouver la même chose au niveau maritime, sous-marin ?
04:42Ce sont effectivement les drones les moins chers du dispositif.
04:47L'OTAN, pour les marines belges et néerlandaises,
04:50nous en a commandé un millier au cours des deux dernières années.
04:53C'est quand même un robot qui coûte plusieurs dizaines de milliers d'euros.
04:56Oui, d'accord, donc on n'est pas complètement dans la même logique, en fait.
05:03Oui, mais si vous considérez le coût d'un jour de chasseurs de mines, ou pire...
05:08Le coût d'un jour d'immobilisation d'un des trois,
05:11le rapport de coût justifie tout à fait de mobiliser de nombreux casse-terres.
05:15Mais alors, la marine française, elle ne vous a pas commandé ?
05:19Non ? La réponse est non. Vous attendez ?
05:22La réponse est non.
05:23Elle nous avait commandé les premiers systèmes,
05:24et c'est d'ailleurs avec la DGA que nous avions développé les premiers systèmes,
05:27il y a plusieurs dizaines d'années.
05:29Aujourd'hui, c'est vrai qu'elle nous a commandé un premier dispositif,
05:34un robot sous-marin pour ses applications de déminage,
05:37mais je dois dire que pour l'instant, le scénario qui est encore envisagé,
05:43c'est un système qui serait vendu par un autre de nos concurrents.
05:48Qui est français ?
05:49Qui est français, et qui met en œuvre des drones pour la phase finale de destruction,
05:54qui seraient des drones suédois,
05:55et pour la partie de surface, des drones de technologie américaine.
05:59Et comment vous expliquez ça ?
06:02Je pense que...
06:03Non, parce que je ne sais pas, moi j'ai écouté tout à l'heure le président de la République.
06:06Tout d'abord, très important, je ne suis absolument pas résigné,
06:08et j'ai bon espoir de faire changer les choses,
06:11puisque depuis cette décision, qui a été une orientation prise il y a de très longues années,
06:15et peut-être qu'à l'époque, nous n'étions pas au niveau, il faut le reconnaître.
06:19Mais c'est vrai que depuis un gain tout à fait important en 2019,
06:23d'un premier contrat avec la marine de référence de l'OTAN, qu'est la Belgique,
06:26puis le fait d'avoir gagné systématiquement tous les programmes sur lesquels nous étions en compétition,
06:32le fait d'avoir aujourd'hui la meilleure solution au monde,
06:35qu'elle soit française, plus performante et moins chère,
06:38me semblait être des arguments qui doivent faire que ce choix initial doit être considéré,
06:43ou au moins remanier.
06:44Mais est-ce que vous avez parlé avec le chef de l'État ?
06:50Je crois que vous digniez justement le 12 mars, vous digniez à l'Élysée,
06:54alors ça c'était en cadre du Conseil de politique nucléaire,
06:56parce qu'on verra ça tout à l'heure, c'est une autre activité aussi,
06:59je le disais, c'est la construction de ces petits réacteurs nucléaires,
07:02mais est-ce que vous en avez parlé ?
07:04Moi j'ai écouté tout à l'heure le président de la République présenter le France Libre,
07:08qui est donc le nouveau porte-avions qu'il va construire,
07:11il a expliqué, attendez, il faut que vous construisez,
07:14surtout il y avait des nombreux chefs d'entreprise,
07:17il a dit, il faut construire, on a toujours honoré nos signatures,
07:22donc même s'il n'y a pas de commande, allez-y, allez-y, on est une économie de guerre.
07:26Vous lui répondez quoi ? En disant, d'abord, moi, un, j'y étais pas,
07:29alors que vous avez quand même une solution, et deux, qu'est-ce que vous faites ?
07:31Alors c'est vrai que je serais très triste si jamais, un des aspects critiques,
07:36je reparle de ce drone de surface, parce que prendre pour un aspect aussi important
07:40un drone de technologie américaine, ça me semblerait inenvisageable,
07:43mais pour autant, comme je le disais, on doit avoir notre part de responsabilité là-dessus,
07:47et moi le message, c'est que nous sommes prêts à faire les efforts
07:50pour trouver une collaboration d'ailleurs, qui serait satisfaisante pour les deux parties,
07:54il n'est pas question d'écarter complètement le concurrent,
07:58qui est par ailleurs un groupe tout à fait prestigieux,
08:00C'est lequel ?
08:01C'est une notoriété, c'est Thalès.
08:03Oui, déjà, je pensais, mais enfin bon,
08:05je souhaite avoir d'excellentes relations avec eux,
08:09et voilà, il y a peut-être un chemin à trouver,
08:12mais c'est vrai qu'on a la chance, en France, grâce à Excel Technologies,
08:17d'avoir une société qui est leader mondial en robotique sous-marine,
08:20en drone, sur des thématiques stratégiques,
08:23c'est vrai que c'est un petit peu difficile pour moi à expliquer,
08:25quand on remporte des succès à l'étranger,
08:27et que les clients ont parfois du mal à comprendre
08:29pourquoi la France n'a pas choisi notre système,
08:31c'est pour ça que j'ai bon espoir que ce soit corrigé.
08:33Oui, c'est peut-être un mal français, d'abord,
08:36on préfère toujours ce qui est étranger au départ,
08:38mais on avait le sentiment que ça a évolué.
08:41Je pense qu'en France, on préfère plutôt ce qui vient des grands groupes,
08:43plutôt que ce qui vient de...
08:43Et voilà, c'est le deuxième bémol, c'est ça,
08:46c'est qu'en France, c'est plus facile d'être un grand groupe
08:48que d'être une ETI.
08:51C'est un problème qu'on est en train de régler,
08:53en devenant peut-être nous-mêmes un jour un grand groupe.
08:55Oui.
08:57Juste sur le fond,
08:58ces batailles navales hybrides,
09:00vous pensez que c'est un peu,
09:02enfin, entre guillemets,
09:03l'avenir des conflits futurs ?
09:07Tout à fait.
09:08Et je pense que
09:10ce qu'on a pu observer dans le conflit
09:12en Ukraine,
09:13avec l'émergence des drones sous toute leur forme,
09:16drones aériens, énormément,
09:18on va observer également ça
09:20dans le domaine naval,
09:22puisque, finalement,
09:24on arrive à faire des opérations
09:25de manière beaucoup moins coûteuses.
09:27Les moyens sont beaucoup plus rapides
09:29à déployer.
09:30Si vous voulez construire une frégate,
09:31aujourd'hui, la première frégate d'un nouveau type
09:33va prendre 7 ou 8 ans,
09:35et la deuxième prendra 5 ou 6 ans,
09:37là où nos drones peuvent être opérationnels
09:38en 18 mois,
09:40entre le moment où on passe la commande
09:41et le moment où on les livre.
09:43Ça fait des missions
09:45pour tout ce qui relève
09:46de la surveillance,
09:47de l'inspection,
09:48de la surveillance de zones,
09:49pourquoi pas même
09:50de la lutte anti-sous-marine,
09:51qui sont des budgets absolument colossaux.
09:53On arrive à remplir ces missions
09:55de manière tout à fait intéressante
09:56avec des drones,
09:57avec des moyens qui sont moins coûteux,
09:59qui ne sont pas des cibles intéressantes
10:01pour des menaces hybrides.
10:03Et avec,
10:05ça c'est l'analogie,
10:06avec la perturbation
10:07ou la transformation
10:08qui vient des drones aériens,
10:10la différence majeure,
10:11et c'est en ce sens que je crois
10:12qu'Excel Technologies
10:13est peut-être un atout aussi
10:14pour la France
10:15et peut-être pour l'Europe,
10:17c'est que dans le domaine aérien,
10:18il y a des milliers d'entreprises
10:19qui font des drones,
10:20de toute taille.
10:22Dans le domaine naval,
10:23les acteurs que l'on est susceptible
10:25de rencontrer
10:26se comptent sur les doigts
10:27des deux mains
10:27ou peut-être même d'une main
10:28dans certains domaines.
10:29Pourquoi ?
10:30Parce que c'est beaucoup plus difficile
10:31de développer,
10:33de mettre au point
10:33des drones fiables
10:35dans ces environnements
10:36très exigeants.
10:36Ce sont des véhicules,
10:37notre Drix par exemple,
10:39le plus gros,
10:40a des capacités trans-océaniques.
10:42Il peut rester 30 jours en mer.
10:44Il faut un niveau de fiabilité
10:45absolument incroyable
10:47que vous ne développez
10:49qu'au fil des années.
10:51Et c'est en ce sens
10:52que l'avance
10:53que nous avons construite
10:54depuis des années,
10:55elle sera à mon avis
10:56difficile à rattraper.
10:57C'est ce qui explique
10:58qu'il y a finalement
10:58assez peu de concurrence
10:59aujourd'hui.
11:00Est-ce que,
11:01pardon,
11:01est-ce que si
11:02on vous disait
11:03top là là,
11:04demain,
11:04est-ce que vous avez
11:05de quoi fournir
11:07des drones
11:08pour débloquer
11:09le détroit d'Ormose ?
11:10Vous avez de quoi
11:10ou pas ?
11:11Alors,
11:12on en a qui sont en production
11:13pour différents clients,
11:15y compris d'ailleurs
11:16dans la région du Golfe.
11:18On pourrait dépanner,
11:21apporter,
11:21parce qu'un certain nombre
11:22de nos solutions
11:23sont aérotransportables.
11:25Ça serait en soutien
11:26de marines
11:27qui souhaiteraient
11:28déminer localement.
11:29Donc oui,
11:30on pourrait apporter
11:30un soutien
11:31et quelques moyens.
11:33Il faudrait quand même
11:34qu'à mon avis
11:35que la zone soit
11:35un petit peu apaisée.
11:36soit déjà sécurisé
11:38quand même.
11:39Parce que là,
11:40on était dans une situation
11:42d'urgence,
11:43comme dans le détroit d'Ormose,
11:44mais ce qui est intéressant
11:45aussi dans ce que vous faites
11:46avec vos drones,
11:47c'est une manière
11:48de sécuriser
11:49des espaces maritimes.
11:51Et ça,
11:51ça peut être très utile
11:53justement au nord
11:54des pays baltiques,
11:57face à la Russie,
11:58ça peut être quand même
12:00quelque chose
12:01à développer
12:01d'une manière
12:02très forte, non ?
12:03Tout à fait,
12:03que ce soit pour les mines
12:04d'ailleurs,
12:04ou pour les infrastructures
12:05sous-marines,
12:07ou pour la lutte
12:08anti-sous-marine,
12:09c'est-à-dire détecter
12:10des sous-marins ennemis.
12:11Dans tous ces cas-là,
12:13l'utilisation des drones
12:14est particulièrement adaptée
12:15et c'est important
12:16de le rappeler.
12:18Là,
12:19il y a beaucoup
12:20d'effervescence aujourd'hui,
12:21mais cette problématique
12:22de mines,
12:22il y a 60 pays
12:23dans le monde
12:23qui possèdent des mines,
12:25certains en possèdent
12:25quelques milliers
12:26comme l'Iran,
12:27d'autres quelques dizaines
12:28de milliers,
12:28c'est une menace
12:29qui est très importante
12:30et qui est asymétrique,
12:31c'est-à-dire qu'avec
12:31un moyen finalement
12:33très peu coûteux,
12:34vous provoquez des dommages
12:36ou des paralysies
12:36extrêmement contraignantes.
12:38Oui,
12:39donc ça,
12:39on voit,
12:40c'est ça qui est très intéressant,
12:41enfin intéressant,
12:42c'est bien parce que
12:43nous sommes dans un studio
12:44installé confortablement,
12:46mais c'est vrai
12:47de voir l'évolution
12:48des tactiques de guerre.
12:49On l'a vu
12:50encore une fois
12:51dans le ciel
12:53avec ces drones
12:53en Ukraine
12:54et puis maintenant
12:55on le voit avec l'Iran
12:56et puis ce que vous nous racontez
12:57sur ce qu'on pourrait faire
12:59de manière maritime,
13:02en fait,
13:03c'est ça qui est...
13:03Par exemple,
13:05au lieu de,
13:06si un pays
13:07a un projet
13:08de six frégates,
13:09peut-être qu'il est plus intéressant
13:11de n'en avoir que quatre
13:11et d'acheter
13:13une centaine
13:14de drones de surface
13:14pour quadriller
13:15une zone
13:15encore plus importante.
13:16Oui,
13:17parce qu'une frégate,
13:17je crois que c'est à peu près
13:18un milliard quand même
13:19et puis il faut quand même
13:20quatre, cinq ans
13:21pour la développer.
13:22Tout à fait.
13:23Oui,
13:23donc on n'est pas du tout
13:24dans la même logique.
13:26Alors,
13:26en même temps,
13:27est-ce que vous ne vous redoutez pas
13:28parce qu'aujourd'hui,
13:29vous disiez,
13:30vous avez un grand concurrent
13:31qui s'appelle Thalès,
13:32il y a peut-être un Suédois,
13:33mais vous n'êtes pas
13:34beaucoup d'acteurs,
13:35vous-même,
13:35vous avez dit
13:36une main suffit
13:37à aller boiter du doigt.
13:41Mais la concurrence,
13:44elle va se développer
13:44de manière très active.
13:46Si c'est un peu
13:47la nouvelle guerre
13:49sous-marine qui arrive,
13:50la nouvelle guerre navale
13:52qui arrive.
13:52Oui.
13:53Alors,
13:53il y a effectivement,
13:54notamment aux États-Unis,
13:55des nouveaux acteurs,
13:56des types de grosses start-up
13:57qui sont extrêmement bien financés,
13:59valorisés plusieurs dizaines
14:00de milliards.
14:02Ce que je rappelais tout à l'heure,
14:04c'est que l'environnement marin
14:05a ça de particulier,
14:06qu'il est extrêmement exigeant.
14:07Si vous voulez faire des tests,
14:09tout simplement de lancement-récupération
14:11d'un drone
14:12que vous mettez à l'eau
14:13depuis un navire,
14:14il faut que le navire
14:14soit disponible.
14:16L'armée,
14:16la marine concernée
14:17va vous donner un créneau
14:18d'une semaine.
14:19Si vous ratez le premier essai,
14:20le nouveau créneau,
14:21il va être peut-être
14:22dans neuf mois.
14:23Et si la fenêtre météo
14:24n'est pas bonne,
14:25c'est encore repoussé de six mois.
14:26Ce sont ces petits détails
14:27qui font qu'il est très très long
14:29de qualifier des drones marins.
14:30Donc la concurrence,
14:32elle arrive,
14:32le marché est énorme.
14:33Mais je pense qu'on a
14:35une avance intéressante
14:35au moins dans certains domaines.
14:37Oui, et on voit bien
14:37qu'il y a ces nouvelles
14:38doctrines de guerre
14:38et ça peut peut-être
14:39tout busculer.
14:40Avant peut-être
14:41de passer au nucléaire,
14:43parce que là aussi
14:44vous êtes très actif
14:45sur les nouveaux réacteurs nucléaires,
14:47un mot quand même
14:48sur les résultats
14:49que vous avez publiés aujourd'hui,
14:50donc avec un succès en bourse
14:52qui ne se dément pas,
14:53donc plus de 6%
14:54tout à l'heure,
14:54Antoine,
14:55il le rappelait,
14:57plus 805% en cinq ans.
14:59Là, c'est poussé
15:00parce que vous avez quand même,
15:01même si vous dites
15:02la France ne veut pas
15:03de mes drones pour l'instant,
15:04vous avez quand même
15:05un carnet de commandes
15:07incroyable
15:07et vous avez,
15:09oui,
15:09vous avez devant vous
15:10un très beau chemin quand même.
15:13Oui,
15:13et d'ailleurs c'est très important.
15:14Les événements du moment
15:16sont intéressants
15:16parce qu'ils mettent en lumière,
15:18indépendamment du fait
15:19qu'ils sont préoccupants,
15:20mais ils mettent en lumière
15:20notre activité.
15:21On ne s'inscrit pas du tout
15:22sur des phénomènes ponctuels.
15:24c'est une tendance de fond
15:26et on était très fiers
15:28de présenter ces résultats.
15:30C'est un chiffre d'affaires
15:30en croissance de près de 30%.
15:32À combien ?
15:33À 478 millions d'euros
15:36et un EBITDA
15:37qui dépasse pour la première fois
15:38les 100 millions
15:39en croissance de 40%.
15:40Donc ce sont des croissances
15:41très fortes pour une entreprise
15:42qui commence à...
15:42Et un carnet de commandes ?
15:43Le carnet de commandes,
15:44c'est plus d'un milliard,
15:46un milliard cent
15:47de carnet de commandes
15:47qui nous donnent
15:48une bonne visibilité
15:49et surtout,
15:50les tendances,
15:51je pense,
15:53tendances porteuses
15:54ont plutôt tendance
15:54à s'incentuer.
15:55C'est-à-dire que
15:55les dépenses de défense
15:57vont continuer à augmenter
15:58mais au sein
15:59de ces dépenses de défense,
16:00je pense qu'une part
16:01de plus en plus importante
16:02va aller vers les applications
16:03robotiques, drones.
16:05Oui.
16:05Juste un point,
16:06ça le fera le lien
16:07avec le nucléaire.
16:08Donc je disais,
16:09vous faites un carton en bourse.
16:11Est-ce que c'est plutôt
16:12l'activité
16:17Xmail
16:18qui vous booste
16:20ou alors c'est plutôt
16:22Calogena
16:22qui est la voie de filière nucléaire ?
16:24Très important,
16:26Excel technologique
16:27dont on vient de parler
16:28sur les drones,
16:29les systèmes de drones,
16:30la navigation
16:30est la seule société cotée.
16:32Calogena
16:33est une entreprise privée.
16:34Donc il ne faut surtout
16:36pas de confusion
16:37avec ça.
16:38Mais au niveau du groupe
16:39Gorgé alors ?
16:40Alors au niveau du groupe
16:40Gorgé,
16:41on va dire que le groupe
16:43familial que j'ai l'honneur
16:44de diriger
16:45se préoccupe
16:46de sujets de souveraineté.
16:48Donc c'est la défense,
16:51c'est aussi le nucléaire
16:52et l'énergie.
16:54Et donc qu'est-ce
16:55qui est le plus porteur ?
16:59Alors en termes
17:00de chiffre d'affaires
17:00et de rentabilité,
17:01indéniablement,
17:02c'est Excel technologie.
17:03Calogena,
17:04c'est un projet
17:07qu'un groupe tel
17:08que le nôtre peut porter
17:09mais qui s'inscrit
17:09sur le très long terme.
17:11C'est un projet
17:12extrêmement ambitieux
17:13que je peux...
17:14On va rentrer dedans,
17:15bien sûr, oui.
17:16Oui.
17:17Donc en termes
17:18de visibilité,
17:19ça existe
17:19puisque je pense
17:20qu'on est un des meilleurs
17:21projets français
17:22si ce n'est
17:23à un niveau plus large.
17:24En termes de chiffres,
17:25c'est encore...
17:26Sauf peut-être
17:27pour les dépenses,
17:28mais sinon...
17:29Alors,
17:30Calogena,
17:31c'est donc
17:32la construction
17:32de petits SMR,
17:34ces petits réacteurs.
17:36Je le disais,
17:36les vôtres,
17:37ils sont à destination
17:38de production de chaleur
17:39et non pas d'électricité.
17:41D'abord,
17:42pourquoi ?
17:42Parce qu'a priori,
17:43les SMR
17:44seraient plutôt
17:45dédiés à l'électricité,
17:46de la production
17:46d'électricité.
17:47Pourquoi vous avez fait
17:48ce choix ?
17:49Un choix technologique ?
17:50J'ai un avis
17:51assez tranché là-dessus
17:53pour deux raisons.
17:54Tout d'abord,
17:55un petit réacteur
17:56qui est produit
17:56de l'électricité
17:57va avoir à peu près
17:59les mêmes équipements
17:59qu'un gros,
18:00qu'un EPR.
18:02Souvent un générateur
18:03de vapeur,
18:03une conversion d'énergie.
18:06Sauf qu'il ne va pas
18:07bénéficier des effets
18:08d'échelle.
18:09Donc, selon moi,
18:10c'est quasiment
18:11la même difficulté
18:11de construction,
18:12de certification
18:13en termes de nombre
18:15d'équipements
18:15et du coup d'aléas
18:16sur les coûts
18:17et les délais de construction
18:18sans bénéficier
18:19de l'effet d'échelle.
18:20Première chose.
18:21Deuxième chose,
18:22un certain nombre
18:22de SMR
18:23sont envisagés
18:24pour des applications
18:25industrielles locales.
18:26Par exemple ?
18:27Par exemple,
18:28on parle beaucoup
18:29des data centers
18:29ou dans d'autres cas
18:31pour des applications
18:32pour alimenter
18:32les grands sites industriels.
18:35Pour des aéroports,
18:37pourquoi pas ?
18:37Je ne vois pas
18:38les besoins
18:38d'électricité
18:40particuliers des aéroports
18:41mais peut-être
18:42pour la chaleur,
18:42je ne sais pas.
18:44La difficulté,
18:45c'est que si vous vous adressez
18:46à des clients industriels,
18:47le nucléaire,
18:48c'est compétitif
18:50mais les CAPEX,
18:51c'est-à-dire
18:51les investissements initiaux,
18:52sont très coûteux.
18:53Et donc,
18:53il faut que votre industriel
18:55soit tellement sûr
18:56qu'il aura encore
18:57les mêmes besoins
18:57dans 30 ans
18:58pour qu'il soit prêt
18:59à contre-garantir
19:00les gens qui vont
19:01financer l'installation.
19:02C'est pour ça
19:02que le choix
19:04de la chaleur,
19:05et j'en ai pour deux minutes
19:07mais pas plus,
19:10on fait de la chaleur
19:11basse température
19:12pour une seule application,
19:13les réseaux de chauffage urbain.
19:15Pourquoi ?
19:15Parce que 40%
19:16de l'énergie consommée
19:17en Europe,
19:17c'est de la chaleur.
19:18Et cette chaleur,
19:20elle est à 90%
19:21émettrice de CO2
19:22parce qu'on brûle
19:23des choses
19:24pour se chauffer.
19:25Et ces choses
19:26que l'on brûle,
19:27du fioul,
19:27du gaz,
19:28du charbon,
19:28du bois,
19:29en général,
19:29sont importées.
19:30Donc ça n'est pas souverain.
19:32Donc cette approche
19:33du nucléaire
19:33pour fournir de la chaleur
19:34permet d'avoir
19:35de la chaleur compétitive,
19:37souveraine
19:37et décarbonée.
19:3930 MWh
19:41par SMR,
19:42c'est ça ?
19:42Vous dites pour alimenter
19:4420 000 foyers
19:45pendant 60 ans,
19:45donc ça veut dire
19:46c'est quand même assez
19:48longue période.
19:49Vous avez levé
19:50100 millions d'euros,
19:51dont 48 millions
19:53qui sont,
19:53c'est l'État pour le coup,
19:54qui vous apporte
19:55cet argent.
19:56Donc l'État fait quand même
19:56quelque chose
19:57pour le groupe Borgé,
19:57vous êtes d'accord ?
19:59Est-ce que
20:01le top départ
20:02a été vraiment donné
20:04lors de ce conseil
20:05de politique nucléaire
20:06le 12 mars dernier ?
20:07C'est plutôt le lancement
20:08de la deuxième étape.
20:09On avait eu
20:09une première phase
20:10de subvention
20:11de 5,2 millions.
20:13C'est un groupe Borgé
20:15qui finance
20:16jusqu'à maintenant
20:16ce développement
20:17et on a
20:19du fait
20:20de l'avancement
20:21des progrès
20:22et du potentiel commercial
20:24qui semblait important,
20:25on a été sélectionné
20:26parmi les deux projets
20:27qui sont jugés
20:29les plus prometteurs
20:30à ce stade
20:30et suffisamment avancés
20:31pour bénéficier
20:32de la deuxième phase
20:32du plan France 2030
20:33réacteur innovant
20:34et donc effectivement
20:35un mix de subventions
20:37et d'aides
20:37à hauteur de 48 millions.
20:39Et donc ça,
20:40ça va vous servir
20:42pour le développement
20:43de ces SMR ?
20:45Vous dites qu'on est
20:45dans une deuxième phase
20:46mais une phase
20:47de production.
20:48Est-ce que juste,
20:49est-ce que vous avez...
20:50C'est pour quand ?
20:50C'est quoi ?
20:51C'est 2030 ?
20:52C'est le premier...
20:54Le premier de série
20:55pourrait débuter
20:56sa construction
20:57en 2029.
20:58D'accord.
20:58Aujourd'hui,
20:59c'est à la fois...
21:00Et être très quand ?
21:012032.
21:02D'accord.
21:04Aujourd'hui,
21:05c'est 100 millions
21:05qui sont composés
21:06à la fois d'aides
21:07de subventions
21:07et d'une levée de fonds
21:09que nous avons bouclée
21:10à laquelle
21:11Gorgé reste
21:12le premier souscripteur
21:15va permettre
21:16de finaliser
21:16ce qu'on appelle
21:17l'avant-projet détaillé.
21:18Mais en parallèle,
21:19et c'est ça
21:19la particularité
21:20de notre situation,
21:21c'est que nous répondons
21:22déjà à des sollicitations
21:24et même un appel d'offres
21:25qui, à ma connaissance,
21:27est unique
21:27puisque la ville
21:28d'Elzinki
21:28a décidé
21:29de lancer
21:30un appel d'offres
21:31pour se chauffer
21:32au nucléaire.
21:33Ils ont besoin
21:33de l'équivalent
21:34de 15 de nos modules,
21:35donc c'est un marché
21:36potentiellement colossal,
21:38l'équivalent
21:38d'à peu près
21:38un milliard et demi
21:39pour se chauffer
21:40au nucléaire.
21:41Et vous dîniez
21:42à la table
21:42du maire d'Elzinki,
21:43non,
21:44à l'Elysée
21:44l'autre jour ?
21:45C'est plutôt
21:46notre client
21:47effectivement
21:47que nous avions essayé
21:48d'inviter
21:49avec succès
21:50à l'Elysée
21:51parce qu'en fait,
21:51finalement,
21:52ce que l'on vend
21:53à un client,
21:54que ce soit Elzinki
21:55ou d'autres villes
21:56d'autres pays
21:58d'Europe,
22:00ce n'est pas
22:00uniquement
22:01une très bonne
22:01technologie
22:02prometteuse,
22:03c'est aussi
22:03tout l'écosystème
22:04et c'est même
22:05plus largement
22:06la relation
22:08pendant des dizaines
22:09d'années.
22:10Deux questions encore
22:12pour finir,
22:13Raphaël Gorgé.
22:13Est-ce que ces technologies,
22:15vous les développez
22:15en France chez vous ?
22:16100% en France
22:17chez nous,
22:18sur des technologies françaises,
22:19des ingénieurs français,
22:20tout ce qu'il y a
22:21de français.
22:21Produits en France.
22:22Tout à fait.
22:24Est-ce que,
22:25par exemple,
22:25sur l'ESMR,
22:26vous avez un contact
22:27avec EDF ou pas ?
22:28Ou vous considérez
22:29que...
22:29Enfin, EDF,
22:31vous considérez justement
22:32que vous êtes trop petit,
22:33vous n'êtes pas
22:33dans son spectre ?
22:34Non, non,
22:34je pense qu'on est
22:35tout à fait identifié
22:36par EDF
22:37et je dirais
22:37qu'il nous regarde
22:38avec bienveillance,
22:40mais à ma connaissance,
22:43EDF ne développe pas
22:44de produits concurrents
22:46de la même taille
22:47ou pour cette application
22:48unique de chez leur.
22:48Non, non, bien sûr,
22:48mais en mettant le fait
22:49d'avoir des nouvelles
22:49technologies...
22:50On est très bien accueillis
22:51dans l'écosystème,
22:52que ce soit EDF,
22:53Orano,
22:54Framatome,
22:55et d'ailleurs,
22:56Framatome pourrait nous fournir
22:57le combustible
22:58que l'on propose
22:59à la Finlande.
23:00Donc, tout ceci
23:00fonctionne très bien.
23:02En conclusion,
23:02c'est difficile
23:03d'être quand même
23:03une ETI en France,
23:04familiale,
23:05parce que c'est quand même
23:07les fleurons
23:07de l'industrie française.
23:09Donc, est-ce que vous trouvez
23:10qu'on n'est pas très aidé ?
23:12Non, non,
23:12moi je trouve
23:12qu'on est bien aidé.
23:15Et notamment
23:15sur ce sujet nucléaire,
23:17l'État nous accompagne.
23:17On a été même soutenus
23:18depuis le début.
23:19Et sur la défense,
23:20je me plaignais
23:21sur un contrat précis.
23:22Mais on est aussi
23:23tout à fait bien identifié
23:24dans l'écosystème,
23:25dans la fameuse BITD
23:26dont on entend beaucoup parler.
23:29Non, non,
23:29moi je suis très content
23:30de développer ce groupe
23:31en France
23:32sur des sujets
23:32parce que vous êtes assez unique,
23:33le groupe Gorgelais,
23:34c'est assez unique.
23:36Oui, oui.
23:38Non, non,
23:38mais quand je dis ça,
23:39c'est sur le plan technologique
23:40en plus sur des créneaux
23:42qui en général
23:43sont plutôt développés
23:44par des grands groupes.
23:46On a la chance
23:47d'avoir à la fois
23:48la taille suffisante
23:48pour porter des projets
23:49très ambitieux,
23:51les ressources financières,
23:53mais aussi une certaine agilité
23:54qui nous permettent
23:54d'aller plus vite.
23:56Oui.
23:56Vous disiez peut-être
23:58que je vais donner
23:58un grand groupe moi aussi,
24:00c'est une parole en l'air
24:02ou c'est une ambition ?
24:03Non, il suffit d'attendre.
24:05Aujourd'hui,
24:05je vois très bien
24:07comment nos marchés actuels
24:09vont nous emmener
24:09à au moins un milliard
24:13et peut-être plusieurs.
24:14On voyait que Calogéna,
24:15c'est quand même fort
24:16d'une société que l'on crée.
24:18La première commande
24:19à laquelle elle répond,
24:20c'est potentiellement
24:20un milliard et demi.
24:23Incroyable l'entreprise.
24:24Merci beaucoup.
24:25En tout cas,
24:25on comprend pourquoi
24:26vous faites un carton en bourse.
24:27Merci beaucoup Raphaël Gorgé
24:28d'avoir été avec nous,
24:30d'avoir été aussi réactif.
24:31Merci beaucoup.
24:32Merci.
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