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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.
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00:00Le 18-19 d'Edwish Chevrillon sur BFM Business.
00:06Bonsoir Jean-Hérvé Lorenzi.
00:08Bonsoir.
00:08Merci d'être avec nous, vous êtes président du Cercle des économistes
00:11et puis président de les rencontres d'Aix-en-Provence
00:14où évidemment nous nous rendons chaque année
00:17trois jours de débat, là ça sera 2, 3, 4 juillet déjà.
00:21Tout à fait.
00:21Avec comme titre, c'est quoi le titre ?
00:23Alors le titre c'est « Naviguer dans un monde sans repères ».
00:27Donc le titre est plutôt interrogatif.
00:31La première journée, c'est une journée où on dit
00:33qu'il n'y a plus aucune certitude.
00:35Donc on est au fond en modeste.
00:37La seconde c'est affronter les tempêtes du XXIe siècle.
00:41Mais le vrai sujet c'est la fin, le samedi,
00:45qui se termine à l'heure de déjeuner,
00:48parce qu'il s'agit d'essayer de repérer
00:51les aspects de description du monde dans lequel on va entrer.
00:55C'est-à-dire au lieu de se lamenter inlassablement
00:58sur un monde qui n'est plus pareil,
01:01au lieu de parler de transition,
01:02je n'en ai pas le sujet à la tête de ce mot de transition,
01:04qui revient sur le sujet de transition.
01:09Là, on va essayer avec une dernière session
01:14dont le titre veut à lui tout seul dire
01:16qu'au fond le sentiment qu'on va essayer de faire développer,
01:21c'est « Un monde en progrès ».
01:24Oui, ça on verra, parce que d'ici là,
01:26il peut se passer tellement de choses,
01:27on voit bien même, c'est quasiment heure par heure
01:30que l'environnement change, on va dire ça comme ça.
01:35Justement, je recevais Olivier Gantoir,
01:37la première fois qu'il prenait la parole,
01:39le président de l'UFIP,
01:40donc il représente toute l'industrie pétrolière,
01:43et qui disait « On n'est pas dans un choc pétrolier,
01:45mais on est quand même à un moment un peu critique,
01:50on n'a pas encore basculé vers le choc,
01:52mais il ne faut pas que ça dure trop longtemps. »
01:55Pour vous, quelles conséquences vous voyez,
01:57en tant qu'économiste, sur l'économie mondiale ?
02:00Est-ce que ça, on va vers un ralentissement ?
02:02Et puis notamment, je vous poserai la question
02:03sur l'économie française.
02:05Est-ce qu'il va y avoir un choc,
02:07voire une stagflation qui nous menace ?
02:09Non, je trouve que les chiffres,
02:11pour le moment, pour le moment,
02:13le président de l'UFIP avait raison de dire
02:16qu'il ne faut pas que ça dure très longtemps.
02:17Si on a la guerre en Ukraine, la guerre en Iran,
02:20la guerre un peu partout,
02:21la guerre entre le Pakistan et l'Afghanistan,
02:23qu'il sait,
02:24et que ce sont des puissances extrêmement dangereuses,
02:29est-ce que, si ça a duré très longtemps,
02:31il se serait un impact ?
02:32Évidemment.
02:34Mais essayons simplement de réfléchir,
02:36disons dans les six mois qui viennent.
02:37Les scénarios, voilà.
02:39Réfléchissons sur les scénarios.
02:40Les scénarios, c'est quand même vraisemblablement,
02:43je ne suis pas du tout spécialiste,
02:45mais il me semble qu'à un moment ou à un autre,
02:49les deux sujets majeurs que sont le fait de se retirer
02:53la tête haute de la part des États-Unis
02:55et d'arriver à libérer quand même le détroit d'Hormuz,
02:59les deux sujets seront résolus dans les 15 jours,
03:043 semaines, 1 mois.
03:05Donc, l'impact sera évidemment fort,
03:08mais vous voyez bien,
03:08quand on regarde les taux d'intérêt à long terme
03:11qu'on a un peu partout,
03:13ils n'ont rien d'exceptionnel.
03:14Là, quand même, il y a la tension sur les taux d'emprunt.
03:16On voit bien qu'il y a une tension,
03:17notamment sur le taux français.
03:19Oui, mais enfin, on est à 3,5.
03:22Les Allemands sont aussi un peu grimpés.
03:24Les États-Unis à 4,6, je crois.
03:26Enfin bon, tout ça n'est pas bon,
03:30mais c'est comme avoir un 8 en classe.
03:33Ce n'est pas le drame, ce n'est pas le drame absolu.
03:37Alors, la croissance, on l'amène toujours,
03:39on imagine toujours qu'elle sera au niveau mondial
03:42de l'ordre de l'année prochaine,
03:44de l'ordre de 3 %.
03:45On va perdre sûrement, peut-être,
03:47un point de croissance.
03:48Oui, enfin, de point de croissance.
03:50Qui est non négligeable.
03:51Mais c'est quand même important.
03:52Mais c'est quand même dans le domaine de la croissance.
03:53La France.
03:54En revanche, oui, alors allez-y sur la France.
03:57Parce qu'il y a la croissance,
03:58et puis derrière, il y a la question de l'inflation,
04:00notamment de l'inflambée des prix du pétrole.
04:02Et donc, c'est pour ça qu'on parle,
04:04certains économistes parlent de taxation.
04:07Oui, ils ont, de mon point de vue...
04:09Vous êtes un économiste,
04:10et vous présidez une sorte des économistes.
04:11Donc, bon...
04:12Et en plus, je ne suis pas
04:14un perdreau de l'année.
04:16Donc, j'en ai vu
04:17beaucoup de circonstances diverses.
04:19La croissance française est très fragile.
04:23Elle est de l'ordre de 1 %,
04:25mais elle correspond d'ailleurs
04:26à la croissance dite potentielle.
04:28C'est-à-dire qu'on a des blocages
04:30dans notre société
04:31qui ne sont pas uniquement les retraités,
04:32mais il y a plein de blocages,
04:34le financement, etc.
04:35On va évidemment avoir un impact.
04:38Est-ce que cet impact sera...
04:39Je suis toujours dans la logique
04:41d'avoir une solution
04:43j'allais dire
04:44aux problèmes militaires majeurs
04:47dans les 3-4 semaines.
04:50On peut perdre 0,2 de croissance,
04:520,3 de croissance,
04:53mais je ne crois pas
04:54qu'on va s'effondrer.
04:56Je n'y crois pas.
04:59Sauf si...
04:59Et c'est là,
05:01j'allais dire,
05:01l'énorme difficulté.
05:03Toutes les guerres
05:04sont imprévisibles.
05:06Quelqu'un a dit à juste titre
05:07qu'on sait comment on y rentre,
05:08on ne sait jamais
05:09comment on en sort.
05:10Surtout avec Donald Trump.
05:11On peut avoir
05:12n'importe quel incident,
05:14et nous sommes bien placés
05:15pour le savoir,
05:16en France,
05:18les 3 dernières guerres
05:19que nous avons eues
05:20étaient des guerres
05:21dont personne n'imaginait
05:22le scénario.
05:24La DPSDM,
05:25c'était imprévisible.
05:27La guerre de 14,
05:28on imaginait
05:29qu'en 3 mois,
05:30on serait à Berlin.
05:31Et la guerre de 40,
05:32c'est un effondrement
05:33que personne n'avait soupçonné.
05:35donc je suis là-dessus
05:38très,
05:39comme tout le monde,
05:40incapable d'avoir
05:41la moindre logique.
05:43Mais je pense
05:43qu'à condition
05:46déterminée
05:46telles qu'elles sont
05:47aujourd'hui,
05:48ce n'est pas bon
05:49pour la croissance,
05:50ce n'est pas
05:50l'effondrement du monde.
05:51D'accord,
05:52donc c'est important.
05:52Sur le plan de l'inflation,
05:54c'est important
05:55parce que les banques centrales,
05:56là, évidemment,
05:57on les observe
05:58de très très près
05:59pour savoir
06:00qu'est-ce qui va se passer
06:00du côté de la Banque centrale européenne
06:02et qu'est-ce qui va se passer
06:03surtout du côté de la Fed.
06:05Est-ce que vous vous dites
06:07qu'il y a un risque
06:08de stagflation
06:09ou pas ?
06:10Non.
06:11Non.
06:12Non, parce que je crois que...
06:14Donc l'inflation,
06:14pour vous...
06:15Je crois beaucoup.
06:16On a compris sur la croissance,
06:17mais maintenant reste...
06:18Bon, la croissance,
06:19on a vu qu'elle allait ralentir,
06:21mais ce n'était pas
06:22la fin du monde.
06:23Et quant à l'inflation,
06:24je rappelle qu'on est
06:25sur des chiffres
06:26qui ne sont pas non plus,
06:27surtout pour les gens
06:28de ma génération,
06:29à tomber à la renverse.
06:31La France,
06:31pour le moment...
06:32La France est dans
06:33une meilleure situation.
06:34On est...
06:35Donc tout ça,
06:37j'ai vu que la zone euro
06:38se prévoyait
06:39peut-être d'inflation
06:40de 3%,
06:41les Etats-Unis
06:42peut-être un peu plus,
06:43mais bon,
06:44je rappelle toujours
06:45que quand Carter
06:47cède la place
06:49pour...
06:50Donc à la fin
06:51des années 80...
06:52Après le deuxième
06:53choc pétrolier, donc ?
06:54On a une inflation
06:55de 15%.
06:58Donc...
06:58C'est un jouable...
06:59Oui, bien sûr,
07:00plus récemment,
07:00on a bien vu,
07:01avec la guerre en Ukraine,
07:02il y a eu quand même
07:03un impact,
07:03un choc
07:04qui a engendré
07:05une inflation notable.
07:06Je suis d'accord avec vous,
07:07mais je trouvais
07:08que ce que disait
07:10votre interlocuteur...
07:11Olivier Gantois,
07:12le président de l'IFIP,
07:13était très juste.
07:14C'est-à-dire que
07:15ça n'est pas
07:16un choc pétrolier
07:18dans la mesure
07:18où dans le mot choc,
07:19il y a l'idée d'abord
07:20qu'il y a une rareté
07:21des ressources
07:22auxquelles on est
07:23brutalement confrontés.
07:24Il expliquait,
07:25d'après ce qu'il expliquait
07:27d'ailleurs très bien,
07:28que ce n'est pas le cas.
07:29On a cette mobilisation
07:32de l'AIEA
07:34et de l'ensemble
07:35des grands pays
07:37consommateurs
07:37qui expliquent
07:39qu'on peut utiliser
07:40les ressources stratégiques.
07:41Donc on est quand même
07:42dans un univers
07:43qui, curieusement,
07:45peut-être est-ce le phénomène
07:46qui a beaucoup de guerres,
07:47me paraît très contrôlé.
07:48Donc je ne crois pas
07:50à l'effondrement du monde
07:51dans un monde très contrôlé.
07:52Surtout qu'en France,
07:54il y a un petit,
07:55je sais que c'est important
07:56pour vous,
07:57il se passe quand même
07:58un petit phénomène
07:59sur le plan de la tech.
08:01On a vu,
08:01il y a eu Pascal
08:02dans le Cantique,
08:04il y a Amlecain quand même.
08:06Laissez-moi juste...
08:07On a l'impression
08:08qu'il y a une espèce
08:08de dynamique
08:10très positive,
08:11un peu inattendue.
08:13Totalement inattendue.
08:14Et donc il peut soutenir
08:15la croissance française.
08:16Totalement inattendue.
08:19Les gens de ma génération
08:20avaient en tête
08:21l'idée du Caravelle,
08:23le Truva,
08:23tout ce qui était
08:24le talent technologique français
08:25et on disait
08:26oui mais on est
08:27un pays d'ingénieurs,
08:28on est un pays d'ingénieurs
08:29et on n'est pas capable
08:30de vendre,
08:31etc.
08:31C'est ça le discours
08:32d'il y a un demi-siècle.
08:35Il s'est avéré
08:35que pendant,
08:37on a décidé,
08:38au début des années 2000,
08:39on a décidé
08:40de se désindustrialiser,
08:42on a décidé
08:42qu'on ne faisait pas
08:43de recherche,
08:44etc.
08:44etc.
08:45D'où cette espèce
08:47de croissance potentielle
08:48très faible
08:49parce que c'est ça
08:49le résultat.
08:51Et curieusement,
08:52au fond,
08:53cette perspective
08:54un peu sombre,
08:57un peu glauque,
08:58il se trouve
08:59que je suis,
09:02alors de manière
09:03très quantitative
09:04et précise,
09:07absolument stupéfait
09:08d'un phénomène
09:09qui, me semble-t-il,
09:12apparaît principalement
09:13en France,
09:14c'est-à-dire
09:14les naissances
09:15dans les domaines
09:16du quantique,
09:17de l'IA,
09:18des puces,
09:19du spatial,
09:20d'énormément d'entreprises,
09:21alors on parle beaucoup
09:22de Mistral,
09:23on parle beaucoup
09:24de quelques grandes entreprises,
09:26mais il y a beaucoup,
09:27je lisais l'autre jour
09:28qu'il y avait
09:281000 puces,
09:291000 petites entreprises
09:31dans le domaine
09:31de l'IA en France.
09:33Alors je veux dire,
09:33il y en a 990
09:34qui n'ont pas allé jusqu'au bout,
09:36mais il se passe
09:37quelque chose
09:38dans notre pays
09:39qui fait que,
09:40alors est-ce que c'est l'envie,
09:41est-ce que c'est au fond
09:43la moindre attirance
09:46pour la Californie ?
09:47Il faut être positif
09:48et l'autre jour
09:49j'ai été à Grenoble,
09:50j'ai été absolument bluffé
09:51par le quartier
09:54de la technologie
09:54qui est,
09:55on avait l'impression
09:56d'être dans un pays
09:57que la France.
09:58Jean-Hervé Laurinzi,
10:00j'avais envie aussi
10:01de vous faire venir
10:01pour avoir votre analyse,
10:03votre décryptage
10:03sur ce qui se passe
10:04sur le plan
10:04le front économique,
10:05mais aussi parce que
10:06j'ai vu que vous étiez,
10:08on vous avait chargé
10:08de réfléchir un peu
10:10sur les grands enjeux
10:12dans le cadre du G7,
10:15notamment sur la notion
10:16de souveraineté.
10:18Alors,
10:19la précision
10:21mérite d'être fixée,
10:24il y a quatre économistes
10:25à ma connaissance
10:26à qui on a demandé
10:27des réflexions.
10:29Dans le cadre du G7
10:30qui se déroule
10:30à Evian,
10:31je précise
10:31pour nos auditeurs
10:33et téléspectateurs.
10:34Les 17 et 18,
10:3616 et 17,
10:37Evian,
10:39ça va être le G7.
10:40Ça va être quand même
10:41la première discussion
10:43sur la manière,
10:45non pas du retour
10:47au multilatéralisme
10:48des années précédentes
10:51ou des années
10:52d'il y a dix ans,
10:52mais à la manière
10:54dont on peut trouver
10:54des formes de coopération,
10:56que ce soit en Europe,
10:57que ce soit dans le monde,
10:58etc.
10:59Donc un G7
11:00qui est sous présidence française,
11:01c'est important de souligner.
11:03Nous avons proposé,
11:04puisque nous sommes
11:0615 jours après,
11:07vous avez eu la gentillesse
11:08de rappeler
11:08que les rencontres d'ex,
11:10qui sont quand même
11:10le principal événement
11:11économique en Europe,
11:13que ces événements
11:15ont lieu
11:1616 ou 16 jours après.
11:17Nous avons proposé
11:19que nous reprenions
11:21les éléments du G7,
11:23c'est-à-dire au fond,
11:24les propositions
11:26qui ont été faites
11:26par les uns et par les autres.
11:28Je ne dis pas
11:28qu'il y aura un consensus,
11:29je dis juste
11:30qu'évidemment,
11:31par exemple,
11:31la France,
11:32les pays européens
11:33vont souhaiter
11:34expliquer comment
11:35ils voient la coopération,
11:37comment le fameux
11:40global sud,
11:41comment on le traite,
11:42comment, etc.,
11:43etc., etc.
11:44Et nous nous sommes
11:45emparés du sujet
11:47avec beaucoup de volonté,
11:50de tous les sujets
11:51qui sont sur la souveraineté,
11:52les sujets qui sont
11:53sur la spécificité
11:55de la période,
11:56les sujets qui sont
11:57sur l'immigration,
11:58donc les flux migratoires,
11:59les sujets qui sont
12:00sur le prix de l'énergie,
12:01les sujets qui sont
12:03sur, en gros,
12:05la manière dont on peut
12:06financer
12:07à travers le monde
12:08l'innovation.
12:10Et, au fond,
12:12c'est tout,
12:12je l'ai dit,
12:12quand vous prenez ça,
12:13tout est déséquilibré,
12:14tout.
12:15Il n'y a plus
12:15de multilatéralisme,
12:17il n'y a plus,
12:18il y a un prix de l'énergie
12:19dont vous-même,
12:20vous disiez il y a
12:20quelques instants
12:21qu'il pouvait y avoir
12:23des surprises
12:24d'augmentation
12:25du prix du pétrole,
12:26il n'y a plus,
12:28il y a des tensions
12:29très fortes
12:30sur les problèmes
12:30migratoires partout,
12:32et à commencer
12:32par les Etats-Unis,
12:33il y a également
12:35un problème
12:36sur les flux
12:36d'investissement
12:38un peu partout,
12:39il y a une concentration
12:40de l'investissement
12:40vers les Etats-Unis
12:41qui est quand même
12:42inimaginable,
12:43et qui est malheureusement
12:45très largement alimentée
12:46par des fonds européens,
12:47donc on est dans un univers
12:48qui a perdu ses repères.
12:50Eh bien,
12:51on va essayer
12:51de voir en quoi
12:52on peut essayer
12:53de réfléchir
12:55à partir de ça,
12:56faire des propositions
12:57en s'inspirant
12:58des discussions
12:59qu'ils auront pu avoir là.
13:01Malheureusement,
13:01nous ne serons pas
13:01dans la salle,
13:03enfin, bon,
13:04comme vous le savez,
13:04c'est toujours possible
13:05de savoir ce qui se dit,
13:06et on va essayer
13:08de sortir cela.
13:09On sort donc
13:10toute une série de notes
13:11qui vont porter
13:12sur ces sujets,
13:14notamment,
13:14est-ce que nous sommes
13:15dans une période particulière ?
13:16Oui, nous sommes
13:17dans une période particulière.
13:18Oui, je crois
13:19qu'on n'a pas besoin
13:19d'un G7 à Evian
13:20pour savoir.
13:21Oui, mais on l'a très...
13:22Vous allez la recevoir.
13:24Mais quand,
13:25justement,
13:25puisque vous avez déjà
13:27travaillé dessus,
13:27qu'est-ce que vous appelez
13:29particulière ?
13:29C'est-à-dire que,
13:31au fond,
13:32vous vous souvenez
13:33qu'il y a quelques mois encore,
13:36on disait
13:36c'est terrible,
13:37on a trois transitions,
13:39trois chocs,
13:39le choc énergétique,
13:40le choc démographique
13:41et le choc de l'innovation.
13:43Là, nous nous disons
13:44que c'est tout à fait difficile,
13:46tout à fait différent.
13:47On est confronté
13:48non plus à des chocs,
13:49bien sûr,
13:50qui continuent à exister.
13:51On est confronté
13:52à des situations
13:54macroéconomiques
13:55absolument incontrôlables
13:56sur le commerce mondial,
13:58donc qui est quand même
13:59la base du fonctionnement,
14:01sur la manière
14:02dont,
14:03j'allais dire,
14:04peuvent apparaître
14:05des secteurs nouveaux
14:07qui avaient été un peu délaissés,
14:08notamment en Europe,
14:09et j'en pense
14:10évidemment à la défense.
14:11On va être confronté
14:13à des problèmes
14:14migratoires
14:14absolument
14:16soit maltraités,
14:17soit traités
14:17de manière,
14:18j'allais dire.
14:19Donc,
14:20on est dans une situation
14:21dont le poids politique
14:23est beaucoup plus important
14:24que ce qui existait précédemment.
14:25On est en fait
14:26dans une espèce
14:28de choc politique
14:28qui est énorme.
14:31les économistes
14:32là-dedans
14:32sortent leurs chiffres
14:33mais avec un peu
14:34Mais vous vous trompez
14:35tout le temps,
14:35pardonnez-moi.
14:37Voilà,
14:38oui,
14:38j'en fais partie.
14:40Je pense qu'on peut
14:41avoir des idées
14:42jusqu'à six mois
14:42avec des hypothèses
14:44que j'ai évoquées
14:45tout à l'heure.
14:46J'ai essayé
14:47d'expliquer
14:47qu'on n'était pas
14:49dans la fin du monde
14:51mais les chocs politiques
14:53sont là.
14:55Et si vous permettez,
14:56je voudrais en ajouter
14:57quand même
14:57la question
14:58du choc européen.
14:59On parle beaucoup
15:00de la préférence
15:02européenne
15:03du « made in Europe ».
15:04En ce moment,
15:05c'est sur la table.
15:06C'est très important
15:07pour les entreprises.
15:08C'est très important
15:09pour l'Europe.
15:10Or,
15:10on a l'impression
15:11que l'Europe
15:12est complètement
15:13va tirer à U et à Diaz.
15:14C'est-à-dire que même
15:15le fameux couple
15:16franco-allemand
15:16n'existe pas,
15:17que les Allemands,
15:18ils ont décidé
15:18de prendre le leadership
15:20notamment sur la question
15:21de l'industrie de défense.
15:23Donc eux,
15:24notamment aussi
15:24sur les lanceurs
15:26puisqu'ils sont pris
15:28à mettre 100 milliards
15:28sur la table,
15:29donc beaucoup plus que nous.
15:30et puis ils veulent
15:32le leadership.
15:33On le voit
15:33dans le problème
15:34du SCAF.
15:34Ça, c'est un sujet important.
15:36C'est que l'Europe,
15:37est-ce qu'elle est prête
15:38à se mettre
15:39en ordre de bataille
15:41ou pas ?
15:41Il y a quand même
15:42une guerre,
15:43une guerre pour avoir
15:43qui a le leadership.
15:44On le voit tous les jours.
15:45Alors, vous avez
15:47mille fois raison.
15:49Moi, je n'aime pas
15:50l'expression de l'Europe.
15:52Vous voyez,
15:52on dit l'autre jour,
15:53je voyais sur une chaîne
15:55concurrente,
15:55on disait
15:56le porte-avions européen
15:58se dirige vers...
15:59Ce n'est pas un porte-avions européen,
16:00c'est un porte-avions français.
16:01Je crois beaucoup
16:02à la coopération.
16:03Vous n'étiez pas ici.
16:05Non, non.
16:06Bien entendu,
16:08je parlais d'une erreur.
16:11Bref.
16:12Tout ça pour dire
16:13qu'il faut repenser
16:14les sujets
16:15de manière un peu différente.
16:16C'est vrai
16:17qu'il y a une compétition
16:18très forte
16:19sur les domaines
16:20de la défense
16:21et du spatial,
16:22notamment du spatial,
16:23où l'Europe est en fait...
16:27C'est un exemple très précis.
16:29L'Europe a lancé
16:30une opération
16:31qui est menée
16:32par Eutelsat.
16:33qui s'appelle Iris II,
16:34qui doit normalement
16:36fournir une constellation
16:38qui doit faire concurrence
16:40à Elon Musk.
16:40Et nos amis allemands
16:42décident de faire
16:42une constellation
16:44militaire en même temps.
16:46Avec Elon Musk.
16:47Avec la technologie américaine.
16:48Avec la technologie américaine.
16:49Ça monte quand même.
16:51Vous voyez bien,
16:52ça, c'est des...
16:53Ça, c'est ce qu'on peut appeler...
16:54Et ça, on va en parler à Evian.
16:58Il faudra quand même
16:58que ça soit sur la table.
16:59C'est évidemment là-dessus.
17:01Mais vous ne le ferez pas
17:03parce que vous avez
17:04Mme Van der Leyen
17:05qui s'agit à droite
17:07et à gauche.
17:08Vous le ferez parce que
17:09on rétablit des relations
17:10de confiance
17:11entre la France
17:12et l'Allemagne.
17:12Parce que chacun
17:13y retrouve son avantage.
17:15Parce que peut-être
17:16M. Mers,
17:17qui apparaît quand même
17:19un peu,
17:20comment dire,
17:21pas facile à manier.
17:22et qui a un tropisme
17:25pro-américain
17:26qui est absolument hallucinant.
17:27Je veux dire,
17:28qui est hallucinant.
17:29Peut-être sera-t-il,
17:30j'allais dire,
17:32contrebalancé par les positions.
17:32Parce qu'il ne veut pas
17:32la technologie française
17:33parce qu'il veut la concurrencer.
17:35Donc, il cherche
17:35une autre technologie
17:36parce que les Allemands
17:37ne l'ont pas.
17:37Oui, mais tout ça
17:39a commencé,
17:40en fait,
17:40les vraies tensions
17:41entre la France
17:42et l'Allemagne
17:43ont commencé
17:43il y a un an,
17:44on va dire.
17:45Elles ont correspondu
17:46d'ailleurs à l'idée
17:47que notre président
17:48à nous se voulait
17:49leader politique
17:51en Europe.
17:51Mais c'est vrai
17:52qu'on repart
17:54directement
17:55sur des problèmes
17:55politiques.
17:56Donc, ce sont
17:57des problèmes politiques
17:58qu'il faut résoudre.
17:59Le premier des problèmes
18:00politiques à résoudre,
18:01c'est celui
18:01de la coopération
18:02entre pays européens.
18:03C'est celui
18:04d'arriver
18:05à rétablir
18:06ce qui a quand même
18:07bien marché
18:08pendant quelques décennies,
18:10les rapports
18:10entre la France
18:11et l'Allemagne.
18:12Un donnant-donnant,
18:13on avait une sorte
18:14de leadership
18:16sur les problèmes
18:17de défense.
18:17On l'a toujours.
18:18On l'a toujours,
18:19bien sûr.
18:20Enfin, bref,
18:21on voit qu'il y a
18:21quand même
18:22des très, très gros sujets.
18:24On pourra avoir
18:26accès à vos notes
18:26que vous allez faire
18:27pour Emmanuel Macron
18:28ou qu'il va faire pour vous ?
18:29Écoutez, je ne sais pas
18:30qui fera pour quoi
18:31pour eux.
18:32Je peux vous garantir
18:33qu'évidemment,
18:34vous serez la première
18:35personne à avoir ces notes.
18:36Surtout,
18:36nos auditeurs
18:37et nos téléspectateurs.
18:38C'est ça qui était
18:38encore plus important.
18:39Après, je suis convaincu
18:41que vous pouvez le transmettre.
18:44Merci.
18:46Merci beaucoup,
18:47Jean-Hervé Lorenzi,
18:48d'avoir été avec nous.
18:49Donc,
18:49les rencontres d'Aix.
18:50Evian,
18:50ça vous fait un programme
18:51très, très chargé.
18:52Et puis,
18:53le chargé des économistes,
18:54bien sûr,
18:55on a compris que pour l'instant,
18:56vous ne voyez pas
18:57de sacrification.
18:57C'est important
18:59de le rappeler.
19:00Merci beaucoup.
19:01Voilà,
19:01c'est la fin de ce 18-19.
19:03Bien sûr,
19:03on se retrouve demain.
19:04Tout de suite,
19:04vous retrouvez Stéphanie Collot
19:05pour son journal de l'écho.
19:07Bonne soirée.
19:09Le 18-19
19:11d'Edwish Chevrion
19:12sur BFM Business.
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