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Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay et en podcast.

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00:00BFM Business et La Tribune présente
00:05Le 18-19 d'Edwish Chevrillon
00:10Vous êtes bien dans le 18-19 avec mon invité Eric Trappier qui est le président de Dassault Aviation.
00:16Bonsoir Eric Trappier.
00:17Bonsoir.
00:17Merci d'être là, beaucoup de sujets à voir avec vous parce que ce matin vous avez présenté vos résultats
00:222025,
00:23des résultats pour Dassault record historique portés notamment évidemment par la vente de Rafale.
00:30Ça fera le lien avec notre sujet qui nous préoccupe aussi, c'est ce contexte de guerre qui est en
00:34train d'embraser toute la région
00:36et même on sent que la France est en train de se faire rattraper.
00:38On en parlera dans un instant.
00:39Vous êtes aussi président du groupe Marcel Dassault, le Figaro, et président de lui-même la puissante fédération du MEDEF.
00:47On en parlera avec les conséquences que cette guerre peut avoir sur les prix de l'énergie.
00:52On va commencer d'abord peut-être sur ce contexte de guerre au Moyen-Orient.
00:56Le président français Emmanuel Macron a annoncé l'envoi du Charles de Gaulle, du porte-avions,
01:03et puis le chasseur Rafale qui pourrait être là pour soutenir la défense aérienne et les radars aéroportés.
01:11La question que j'ai envie de vous poser c'est quels peuvent être justement les rôles des Rafales aujourd
01:15'hui dans ce conflit ?
01:17Je crois qu'il y a une volonté d'être à côté de nos alliés, les Émirats Arabes Unis par
01:25exemple,
01:26qui est un pays avec lequel nous avons des relations, en particulier Dassault Aviation.
01:31Bien sûr.
01:32Je rappelle aussi qu'il y a une base française aux Émirats Arabes Unis.
01:36Donc il est important que la France protège les intérêts français et protège les intérêts de ses alliés.
01:44Et donc c'est dans ce contexte que le président a pris un certain nombre de décisions et prendra un
01:48certain nombre de décisions.
01:50Ce n'est pas à moi de commenter l'action militaire de la France, mais j'observe ce renforcement de
01:57position qui apparaît naturel.
02:00Il y aura combien de Rafales françaises sur place ?
02:03Ça je ne le dis pas, dans le contexte de guerre, ce n'est pas à moi d'annoncer le
02:07nombre de Rafales qu'il y aura.
02:09Et est-ce que justement, on parlait là du détroit d'Orbouz, les Iraniens disent qu'ils le contrôlent, on
02:14ne sait pas très bien,
02:15il faut faire toujours très attention à ce qu'on dit parce qu'il y a une désinformation.
02:18Il y a aussi une guerre de l'information qui est très forte.
02:22Est-ce que les Rafales que vous avez livrées aux Émirats, ils peuvent servir ?
02:31Et est-ce qu'ils ont servi ?
02:32Ils contribuent à défendre le pays, à défendre les intérêts du pays, les Émirats, c'est vrai aussi au Qatar,
02:40et donc à protéger le pays en lui-même, ses intérêts économiques,
02:46à éviter ces drones qui arrivent et donc à être capables de protéger le pays contre les agressions actuelles, contre
02:55ces pays-là.
02:56Mais est-ce qu'ils ont volé ces Rafales ?
02:58Ce n'est pas à moi de vous le dire, ce sont des informations qui sont aux mains des pays
03:02qui utilisent le Rafale,
03:03mais les Rafales sont là pour défendre le pays, y compris les défendre contre ces drones, contre ces agressions que
03:12l'on vit actuellement.
03:13Comment vous analysez justement sur le plan défense, l'industrie de la défense, comment vous analysez ce qui se passe
03:18là-bas ?
03:20Écoutez, d'un point de vue de la défense, on voit bien que dans toute guerre, il y a d
03:27'abord un engagement dans le ciel,
03:29on voit bien que c'est le ciel qui est le sujet du moment, tirer des missiles, tirer des drones,
03:34envoyer des avions,
03:37et c'est là que ça va se passer, il y a beaucoup de munitions tirées, donc les stocks de
03:41munitions seront un sujet,
03:43et ça reste un sujet, effectivement, on a oublié que dans une guerre, on l'a vu en Ukraine,
03:48à force, il y a aussi le renouvellement des stocks de munitions qui doivent aller sur les avions, sur les
03:55bateaux,
03:56et dans les systèmes solaires pour protéger les pays des agressions.
04:01Est-ce qu'on est proche de la pénurie ou pas ?
04:03Non, ça c'est pas à moi de le dire non plus, je n'ai pas ni l'habilitation, ni
04:08la connaissance des stocks d'armement
04:10que peuvent avoir les pays engagés dans ce conflit, je rappelle que les pays, c'est les Etats-Unis, Israël
04:17et Irland.
04:17Est-ce que le Rafale serait capable de faire ce qu'a fait l'avion américain, l'aviation américaine,
04:24enfin non, les avions américains, l'F-35, ce qu'ont fait les Israéliens,
04:29c'est-à-dire de rentrer sur le territoire iranien pour atteindre des cibles extrêmement précises
04:34grâce à un brouillage électronique qui fait qu'en fait on n'arrive pas à les voir sur un écran.
04:42Est-ce que vos avions sont capables de faire ça ?
04:44Alors oui, toute opération militaire est un ensemble de moyens,
04:47le renseignement est un premier moyen de savoir ce qu'on a en face de soi
04:52et une opération aérienne s'engage en fonction du renseignement et d'un certain nombre de moyens,
04:58vous avez les détecteurs de radars, par exemple les avions AWACS aussi,
05:05qui peuvent savoir s'il y a des avions qui volent, s'il y a des drones qui volent,
05:08vous avez des systèmes satellitaires...
05:10Vous avez la même capacité de ce brouillage électronique, de neutraliser en fait une défense aérienne ?
05:15Le brouillage électronique, il est fait soit par l'avion lui-même,
05:17soit par des avions accompagnateurs qui permettent de faire le brouillage électronique.
05:21Donc l'avion qui va tirer un missile, lui il est capable de passer au travers des défenses ennemies
05:28et de tirer sa bombe à destination.
05:30C'est un ensemble de moyens qui est mis en œuvre,
05:32ce n'est pas simplement un avion tout seul qui va faire la mission.
05:34Donc aujourd'hui les Israéliens, les Américains ont démontré qu'ils savaient le faire dans un environnement iranien.
05:41Les Rafales n'ont pas été engagées aujourd'hui, à ma connaissance,
05:44pour faire ce type de mission aujourd'hui dans cette guerre en Iran.
05:49Quelles sont les conséquences à votre avis de ce conflit qui est en train d'embraser une région
05:54et qui est en train aussi de rattraper un peu tous les pays européens ?
05:59On le voit bien, plus ou moins, avec certains avec réticence,
06:03d'autres avec justement une certaine prudence, comme la France ?
06:06La prudence, c'est d'abord le risque.
06:07C'est le risque que le président français a souligné sur l'embrasement d'une région.
06:13Et donc l'embrasement d'une région, c'est toujours quand est-ce qu'on rentre dans un conflit,
06:16c'est toujours plus difficile d'en sortir.
06:18Et donc c'est cette inquiétude générée par des opérations militaires qui fait que...
06:23Voilà, donc moi je ne préjuge pas de savoir si le conflit a une justification ou pas
06:29vu de la part des Américains et des Israéliens.
06:33Ce qui est certain, c'est que ça va créer une incertitude de navigation,
06:38par exemple pour entrer dans le Golfe, une incertitude du trafic aérien.
06:42On voit bien déjà que tout le trafic aérien est très perturbé.
06:45Et donc une des conséquences économiques,
06:48on voit aussi certains prix de pétrole qui sont en train d'être attaqués.
06:53On voit Total qui a décidé de quitter l'offshore.
06:57Donc il va y avoir non pas une pénurie,
07:00mais une pression sur les prix du pétrole et du gaz.
07:02Sur le gaz évidemment.
07:03Après ça dépendra du temps que ça dure.
07:05Si ça dure deux, trois semaines, un mois,
07:08je dirais que si ça dure beaucoup plus longtemps,
07:11il y aura des conséquences économiques plus durables.
07:14Là je m'adresse au président de l'UIMM,
07:16est-ce que vous pensez que ça peut avoir vraiment des répercussions
07:22pour les entreprises françaises ?
07:23Oui, ça aura des répercussions si ça dure.
07:26Si ça dure, ça dure quoi ? Au-delà de combien ?
07:29Si c'est un mois, trois semaines ?
07:32C'est difficile à dire, parce que chaque société a des stocks de matières premières,
07:35a des stocks de capacités.
07:37Et puis ça dépend selon qu'elle est engagée ou pas
07:40à fournir à un certain nombre de pays qui passent par le Golfe ou pas.
07:43Sinon le trafic maritime, comme vous le savez,
07:45il peut aussi se détourner.
07:47C'est une route plus longue, c'est un peu plus cher, c'est plus long,
07:50mais ça n'empêche pas le trafic maritime de fonctionner.
07:53Le trafic aérien, il va devoir aussi se redimensionner.
07:56C'est compliqué.
07:57C'est compliqué surtout pour...
07:59Filipe Pascal, patron des aéroports de Paris, d'ADP,
08:01il disait effectivement que ça va avoir des conséquences.
08:03Voilà, donc il y a des conséquences immédiques sur le trafic aérien,
08:05sur les compagnies aériennes, en particulier celles du Golfe,
08:08parce qu'elles jouaient sur les hubs que sont le Qatar et les Émirats arabes unis,
08:13Dubaï en particulier, et bon voilà, ces hubs sont...
08:16Ok, mais pour les entreprises françaises, que vous défendez,
08:19puisque c'est le patron de l'industrie française quelque part ?
08:22Chaque entreprise, c'est pour ça que le ministre de l'économie et ses équipes
08:25mènent des réunions pour essayer d'appréhender justement société par société,
08:31filière par filière.
08:33En ce qui nous concerne, c'est l'alimentation en matière première,
08:36et ceci évitera le Golfe à l'énergie près,
08:41donc pour l'instant le gaz n'est pas totalement touché,
08:45parce qu'on a des approvisionnements, mais un peu,
08:47et donc on va voir le prix monter, et idem avec le pétrole.
08:51Et donc vous n'êtes pas inquiet pour l'instant ?
08:53Si, je suis inquiet comme tout citoyen de voir une région du monde s'enflammer,
09:02mais ça dépendra de la durée de cette guerre.
09:04C'est difficile aujourd'hui de dire tout va mal.
09:09Non mais je suis d'accord, je ne vous demande pas de sortir,
09:10surtout vous, Éric Trappier, votre boule de cristal,
09:12mais est-ce que quand même, à partir de quand,
09:15vous considérez que ça nous met en danger sur le plan économique ?
09:19Sur le plan économique, il y aura des conséquences immédiates.
09:21Je vous ai dit, le trafic aérien, c'est quand même quelque chose d'important.
09:24C'est une compagnie aérienne, ok.
09:25Sur le plan des approvisionnements, ça dépend comment ça se passe.
09:31Mais pour l'industrie française ?
09:33Pour l'industrie française, chaque société aura attiré des conséquences
09:38pour sa propre société, selon qu'elle travaille ou pas au Moyen-Orient,
09:41selon qu'elle s'approvisionne dans des pays en Asie, par avion ou par bateau.
09:45Pas d'impact sur la croissance française ?
09:47Sur le trafic maritime, ça va continuer, ça ne va pas s'arrêter comme ça.
09:52Éric Trappier, si on revient sur vos résultats, pour le coup,
09:55parce qu'en 2025, ils ont été très bons, ils ont été même historiques.
09:59Vous avez vu votre bénéfice net progresser de 5,7%,
10:02juste un petit peu en dessous du milliard.
10:05Chinoffère a bondu de 18,5%.
10:07Merci la géopolitique, merci justement ces craintes de guerre
10:13qu'on voit un peu partout en train d'émerger.
10:18Je dis toujours, et je le répète,
10:20si vous voulez éviter une guerre, il vaut mieux être bien armé.
10:23Contrairement à ce que certains disaient, y compris en Europe,
10:26de vous rappeler la taxonomie, il ne faut pas être dans le domaine de l'armement, etc.
10:30Si, si vous êtes bien défendu, on évitera de vous attaquer.
10:34Donc, la réussite du Rafale, c'est d'abord, et avant toute chose,
10:38des relations stratégiques avec les pays dans lesquels nous nous implantons,
10:42et aussi la qualité intrinsèque du Rafale
10:45pour être capable justement de défendre les pays qui nous achètent du Rafale.
10:49Donc, on ne surfe pas sur la guerre,
10:52puisque vous voyez, si je prends la guerre d'Ukraine,
10:54ça ne nous a apporté aucun business jusqu'à aujourd'hui.
10:57Parce que justement, il n'y avait pas de Rafale en plus.
11:00Voilà, et donc c'est avant, il faut protéger les pays.
11:04Avant, on espère toujours que l'Europe s'équipera en avion européen.
11:10On voit la réalité qui est tout autre,
11:13et nous alimentons un certain nombre de pays qui font confiance à la France
11:18dans des relations stratégiques.
11:20Et c'est ça qui nous permet de vendre.
11:21Voilà, et en l'occurrence, vous pointez déjà l'Allemagne.
11:25On sait que ce matin, lors de votre conférence de presse,
11:27vous avez été extrêmement cash, pour ne pas dire autre chose,
11:30sur justement l'avenir du SCAF.
11:31Avant, quand même, 2-3 questions, 28 Rafales, 40 Falcons,
11:36parce qu'il ne faut pas oublier l'autre jambe de Dassault Aviation,
11:39qui est l'aviation du tourisme.
11:41Mais restons sur les Rafales.
11:43Il y a cette commande indienne de 114 avions, Rafales,
11:48qui seront made in India.
11:50Donc ça, c'est quand même une grande nouveauté.
11:53Et même les moteurs seraient fabriqués là-bas.
11:55En tous les cas, c'est ce qu'a dit Olivier Andriès,
11:57le patron de Safran.
11:58Ça, c'est pour quand la signature ?
12:01Il y a déjà eu 26 avions de livret.
12:03C'est pour quand la signature de cette méga-commande indienne ?
12:06La première étape, c'était d'avoir une décision indienne
12:11de débuter des négociations.
12:13Donc cette décision a été prise 8 jours avant la visite du président
12:18par le Conseil des ministres local,
12:20qui a consisté à dire,
12:21on va maintenant négocier avec Dassault l'acquisition de 114,
12:25moyennant un certain nombre de conditions.
12:27qui comprend le fait qu'il faudra travailler en Inde
12:29pour être capable d'avoir cette commande,
12:33avec un chiffre qui est grosso modo autour de 50%,
12:36mais derrière, il y a tout un tas de caractéristiques
12:38pour atteindre ces 50%.
12:40Donc oui, on va travailler en Inde.
12:41Donc 50% de l'avion doit être fabriqué sur place ?
12:44C'est l'équivalent de 50% de l'avion
12:46qui doit être mis en prenant en compte beaucoup de paramètres.
12:50Donc quelque part, oui, on va faire beaucoup de choses en Inde.
12:54On a débuté en avance de phase.
12:57On travaille déjà avec Tata pour faire des fuselages de Rafale.
13:03On travaille dans notre joint venture à Nagpur
13:06pour faire des parties de Falcon.
13:09Nos coopérants comme Safran et Thalès ont déjà débuté des discussions
13:16et fabriquent déjà en Inde.
13:18Et l'ensemble de notre supply chain va trouver des partenaires
13:22pour faire la même chose et consolider une supply chain.
13:25Mais en fait, ça sera des rafales indiens ?
13:28Ça sera en partie des rafales assemblées en Inde,
13:32mais en partie aussi fabriquées en France.
13:35Donc il y a un équilibre qui va se faire.
13:37Quand on dit 50%, ça prouve déjà au minimum qu'il y a déjà 50%.
13:41C'est toute la technologie qui sera fabriquée en France ?
13:43Parce qu'il y a une question de transfert de technologie.
13:44C'est les pièces, c'est pas le savoir design,
13:48c'est le savoir fabriqué qui sera fait en Inde.
13:51Dans la plupart de cas, ce sera des joint ventures,
13:54donc des sociétés communes entre celui qui fabrique
13:58traditionnellement la pièce en France
13:59et des partenaires indiens qui se mettront à la fabriquer
14:02avec les partenaires français.
14:05En fait, on s'installe aussi en Inde.
14:07C'est ça.
14:08En fait, c'est très difficile.
14:10C'est la première fois qu'il y a un tel mouvement,
14:14une telle délocalisation.
14:15Pour le rafale, oui.
14:17Oui, ça c'est un point important.
14:20Alors venons, avant de venir peut-être au cas,
14:22venons au point, parce que je disais extrêmement bon résultat,
14:26mais il y a un gros mais que vous avez souligné ce matin,
14:29Éric Trapier, c'est de dire avec la fiscalité,
14:32à peser beaucoup sur nos résultats,
14:35notamment la super taxe,
14:36et vous avez dénoncé l'enfer fiscal français.
14:40Est-ce que...
14:42Qui parlait ?
14:43C'était le patron de Dassault ?
14:45C'est le patron du Figaro ?
14:46Ou c'est le patron de l'industrie française ?
14:48Je te dirais qu'avec toutes ces casquettes,
14:51à chaque casquette,
14:52le sujet est quand même une surfiscalité,
14:54c'est factuel,
14:55en France par rapport à nos concurrents.
14:57Et si je prends les Falcon,
14:59c'est pas si facile de vendre des Falcon,
15:01puisque nous sommes en concurrence
15:02avec des concurrents purement américains,
15:04qui ont une fiscalité moins grande.
15:06Et donc, quand le président Macron
15:08avait baissé la fiscalité
15:10au début de son premier quinquennat
15:12pour passer de 35% à 25%,
15:15ça nous a permis de gagner en compétitivité,
15:17et donc d'être capable de mieux résister
15:20à l'agressivité américaine,
15:21qui est une agressivité commerciale normale.
15:24Ça coûte moins cher de fabriquer aux États-Unis
15:26que de fabriquer en France.
15:27Comme on veut garder des fabrications en France,
15:31le sujet de la compétitivité
15:33et de la capacité à payer notre modèle social
15:36pèse sur les prix de nos avions civils en particulier.
15:40Je rappelle d'ailleurs que les Falcon,
15:42ce n'est pas des avions de tourisme,
15:43mais des avions pour les entreprises,
15:46principalement, 80% des entreprises
15:48pour faire du business.
15:51Certains disent que c'est l'avion des riches,
15:54non, c'est l'avion des entreprises.
15:55Oui, c'est aussi un peu l'avion des riches.
15:57Ce qui se passe à Dubaï,
15:59ou à Doha, etc.,
16:00ça peut peut-être avoir des conséquences,
16:02parce qu'il y en a pas mal
16:02qui utilisaient vos avions pour aller là-bas ?
16:05Peu.
16:05Le gros du marché sont les États-Unis
16:08et l'Europe.
16:09Donc, ça touche, bien sûr,
16:13pour aller au Moyen-Orient.
16:15Ça n'a pas de conséquences ?
16:16Ça touche beaucoup plus l'avion commerciale,
16:18puisqu'il y a des hubs à Dubaï et à Doha.
16:21Mais l'avion d'affaires est moins touchée,
16:23justement, que l'avion commerciale
16:25sur ces pays-là.
16:27Le business jet, c'est surtout aux États-Unis.
16:29C'est né aux États-Unis.
16:30Maintenant, c'est beaucoup opéré aussi ailleurs
16:32dans le reste du monde.
16:34Principalement, je le redis,
16:35par des entreprises qui ont besoin
16:37de faire des trajets
16:39dans des destinations
16:40qui ne sont pas forcément les grands hubs
16:42et qui, donc, ont cette souplesse d'emploi
16:45et cette confidentialité
16:47dont on peut continuer à travailler
16:49dans un avion
16:49sans avoir des voisins qui vous écoutent.
16:52Donc, c'est un avion d'affaires,
16:54comme son nom l'indique.
16:55Vous avez les droits de douane
16:56en pesant aussi sur vous ?
16:59Oui, le premier semestre 2025,
17:01l'incertitude des droits de douane
17:04a pesé,
17:05puisque si on devait livrer
17:06des avions américains,
17:07on devait payer les droits de douane
17:08à la hauteur de ce que c'était
17:10il y a donc un an.
17:11Ceci a été levé,
17:13cette hypothèque a été levée cet été,
17:15l'été dernier, pardon.
17:16Et donc, c'est 0% maintenant
17:18de droits de douane sur l'aéronautique
17:19dans les deux sens.
17:20Et c'est une très bonne chose
17:22qui, pour l'instant,
17:22est toujours le cas.
17:24Donc, ça, c'est un point positif.
17:26Vous allez, je crois que c'est
17:27mardi prochain, c'est ça ?
17:28Vous allez dévoiler
17:29votre nouvel avion d'affaires,
17:32le 10X.
17:33Oui, on est dans un...
17:34Qu'est-ce qu'il aura de nouveau ?
17:36C'est aussi important que le 8X
17:38que vous étiez venu nous présenter
17:39il y a quelque temps ?
17:41On est en train d'améliorer la gamme,
17:43de faire des nouveaux avions.
17:44On a sorti le 6X,
17:46qui a déjà un fuselage
17:47beaucoup plus grand,
17:49plus moderne,
17:50et qui est sorti,
17:51qui est maintenant opérationnel
17:52et qui a fait des tas
17:53de milliers d'heures de vol.
17:55Les clients sont satisfaits.
17:56On va maintenant se préparer
17:58à la campagne d'essai du 10X,
17:59puisque ce qu'on appelle
18:00le roll-out,
18:01c'est la présentation de l'avion,
18:02du premier avion fabriqué
18:04à Mérignac,
18:05puisque tous nos avions
18:06sont assemblés à Mérignac.
18:08Ce 10X a en plus
18:10une capacité de distance supplémentaire,
18:12puisqu'il fera 7500 nautiques,
18:15donc 1000 nautiques de plus
18:16qu'un 8X, par exemple.
18:17Il est beaucoup plus large aussi
18:19et beaucoup plus grand.
18:21Donc, ça coûte combien ?
18:22Ça coûte dans les 80-90 millions de dollars.
18:26Est-ce que vous disiez
18:28que c'est l'avion des entreprises ?
18:29Certes.
18:30Est-ce que ce n'est pas des avions
18:31qui sont à des entreprises
18:33de location, justement,
18:35en grande partie ?
18:36Non, peu.
18:37C'est beaucoup des avions d'entreprise.
18:39D'accord.
18:40Propriété de l'entreprise.
18:41Oui, nos concurrents
18:42qui ont déjà
18:44ces ranges d'avions
18:46comme Gulfstream
18:47ou Bombardier,
18:48c'est beaucoup des sociétés
18:49qui les achètent,
18:51qui permettent
18:52de couvrir le monde entier.
18:54Vous faites des escales
18:55ou vous ne faites pas d'escales
18:55selon vos destinations.
18:57Et si vous voulez faire
18:57un non-stop,
18:58vous faites un non-stop
18:59pratiquement
19:00dans des grandes distances,
19:01avec les gens
19:02qui vont beaucoup en Asie maintenant,
19:03des États-Unis
19:04ou d'Europe.
19:04Qui sont les principaux acheteurs ?
19:06Ils sont en quelle nationalité ?
19:08Les principaux acheteurs
19:10de ces superjets ?
19:12Principalement les Américains
19:13et les Européens.
19:14Et les Européens quand même ?
19:16Les Européens aussi.
19:16Les grandes sociétés européennes
19:18utilisent des avions d'affaires
19:20parce qu'elles essayent
19:21de vendre leurs produits
19:22un peu partout dans le monde
19:23et en particulier en Asie.
19:24Et donc, il faut aller loin.
19:25Et donc, il faut avoir des avions
19:26dans lesquels
19:27on voyage en toute sécurité
19:29et de manière discrète
19:31et flexible.
19:33L'avion peut se poser
19:34sur des petites pistes,
19:35peut aller d'un endroit
19:36à un autre
19:37très facilement
19:37sans qu'on soit tributaire
19:39des horaires
19:40de l'aviation commerciale.
19:42Là, je reviens
19:43un instant sur la surtaxe
19:44d'impôts en France.
19:45Ça vous a coûté
19:4596 millions d'euros,
19:47presque 100 millions d'euros.
19:53Vous pensez que
19:54cette surtaxe
19:55elle va rester
19:56encore deux ans ?
19:57C'est bien notre inquiétude
19:59parce qu'on nous a dit
20:00qu'il faut mettre
20:01la main à la poche
20:02pendant un an.
20:03Bon, on a accepté.
20:04Enfin, on a accepté,
20:05on n'a pas le choix.
20:07C'était un an.
20:08Promis juré,
20:09craché,
20:09c'est un an.
20:10Maintenant, on nous dit
20:11compte tenu des difficultés budgétaires,
20:14on est obligé
20:14de rester un an de plus.
20:16Et puis, on nous dit
20:16peut-être 2027 aussi.
20:18Donc, ça fera trois ans.
20:19Donc, notre crainte,
20:20nous, les grandes entreprises,
20:22c'est que cette surtaxe
20:23s'installe.
20:24Et si elle s'installe,
20:26elle taxe d'abord
20:27ceux qui sont en France,
20:29qui travaillent en France.
20:30Les taxes,
20:31le chiffre d'affaires
20:31fait en France.
20:32Moi, je paye 100% d'impôts
20:35en France.
20:35Donc, parce que j'ai
20:37beaucoup d'activités
20:37en France.
20:38Celui qui a moins d'activités
20:40en France
20:40va payer moins d'impôts.
20:41Donc, le mauvais réflexe
20:44serait de quitter la France
20:45pour payer moins d'impôts.
20:48Le mauvais réflexe ?
20:49Mais est-ce que ça sera
20:50un réflexe que vous pourriez avoir ?
20:51Pas moi,
20:52parce que je suis
20:53principalement dans la défense.
20:55Mais tous ceux
20:55qui peuvent le faire.
20:57Oui, mais je ne sais pas.
20:57Par exemple,
20:58toute la partie avion d'affaires,
21:02vous pourriez la délocaliser
21:03aux Etats-Unis ?
21:04Oui, on peut.
21:05Donc, on y a réfléchi
21:06il y a un an.
21:07Pour l'instant,
21:07on a décidé
21:08de rester en France
21:09parce qu'on trouve
21:10une synergie
21:12entre la fabrication
21:13des avions militaires
21:14et la fabrication
21:14des avions civils.
21:16C'est le même bureau d'études.
21:17Donc, c'est tout notre intérêt
21:18de rester ancré
21:19en France
21:20avec nos sous-traitants.
21:21Parce que si la grande
21:22entreprise quitte,
21:23on dit,
21:23mais c'est que les grandes
21:24entreprises qui vont payer plus.
21:26Si la grande entreprise
21:28rééquilibre son chiffre d'affaires
21:29à l'extérieur,
21:30c'est moins d'activité
21:31en France
21:32et donc,
21:32la supply chain
21:33faite d'ETI,
21:35de PME
21:36souffrira en cascade.
21:37Donc, je pense
21:38que c'est une mauvaise mesure
21:40et que la bonne mesure,
21:41c'est ce qui avait été pris
21:42pour la politique de l'offre
21:44dans le premier quinquennat Macron.
21:46Oui, enfin, évidemment
21:47qu'il n'a pas eu...
21:48En tous les cas,
21:49le ruissellement
21:49n'a pas été à la mesure
21:51peut-être
21:51de certaines espérances.
21:52Le ruissellement a eu lieu.
21:53Les PME se sont développées,
21:55les ETI se sont développées.
21:56Après, c'est la problématique
21:58du budget
21:58et des économies
22:00à faire
22:00dans certains domaines.
22:02Vous avez rencontré
22:04Marine Le Pen,
22:05Jordan Bardella ?
22:06J'ai rencontré
22:07Marine Le Pen,
22:08j'ai rencontré
22:08Jordan Bardella,
22:10j'ai fait visiter
22:11Sergi
22:11à Jean-Luc Mélenchon,
22:13je vois
22:14les gens
22:15de Renaissance,
22:17je vois
22:17les gens
22:17de Horizon,
22:18je vois
22:18les gens
22:19de LR,
22:19je vois
22:20tous les partis politiques
22:21représentés
22:22dans les hémicycles
22:23de la démocratie française.
22:25Et qui parle là ?
22:26Pardon,
22:27quand je dis ça,
22:28c'est qui parle là ?
22:29C'est le patron du Figaro ?
22:30C'est le patron de Dassault ?
22:31Et c'est le patron de lui-même ?
22:33Le patron de Dassault ?
22:35Parce que les partis
22:35s'intéressent à la défense,
22:37donc il faut
22:38leur expliquer
22:39ce que nous faisons
22:41et pourquoi nous le faisons.
22:43Et deuxièmement,
22:43et d'ailleurs,
22:44ils font partie
22:44des commissions de la défense
22:46au sein du Parlement,
22:47donc il est normal
22:48de les voir,
22:49et au sein de lui-même
22:51pour expliquer
22:52le modèle social,
22:53expliquer
22:54la problématique économique
22:55qui est liée
22:56aux entreprises
22:57et principalement
22:58à l'industrie française.
22:59Il est normal
23:00qu'on explique
23:00aux députés,
23:01qu'on explique
23:02aux chefs de parti
23:03ces problématiques.
23:04À propos
23:05d'industrie de défense,
23:06de budget,
23:07un petit détour
23:08quand même
23:08sur ce point-là.
23:09La loi de programmation militaire,
23:10vous l'attendez,
23:11elle sera pour quand ?
23:12Je ne sais pas.
23:13Avant 2027 ?
23:15Oui,
23:16je pense qu'elle sera
23:16avant 2027.
23:17Si révision il y a,
23:18il faut qu'elle soit faite maintenant.
23:19Grâce au budget,
23:20il y a eu des marches,
23:21les fameuses marches
23:22qui permettent
23:22d'augmenter le budget
23:23de la défense.
23:23Absolument,
23:23c'est ce qu'il a dit.
23:24Ça, au moins,
23:25c'est une bonne chose
23:26dans l'énoncé
23:27du budget 2026.
23:29Mais est-ce que vous êtes payé
23:30par l'État ?
23:31Parce qu'on sait
23:31que le reste à charge
23:33est extrêmement élevé.
23:34Non, on est payé par l'État.
23:36La problématique,
23:36c'est les engagements budgétaires,
23:38c'est-à-dire les nouveaux programmes,
23:39comment on se les paye
23:40pour la prochaine décennie.
23:43C'est ça l'engagement
23:45de la loi de programmation militaire
23:46si elle est révisée.
23:47Et quand l'État nous commande,
23:49l'État nous paye.
23:50On va parler du SCAF,
23:51maintenant,
23:52ce fameux avion
23:53qui pourrait,
23:53à notre moment,
23:54être le successeur du Rafale,
23:55cet avion franco-allemand,
23:58enfin, du moins,
23:59c'est Airbus Dassault.
24:02Et ce matin,
24:03vous avez tenu
24:03des propos très durs.
24:04On sent que la tension,
24:05elle est extrême.
24:06Même le chancelier allemand
24:07a émis des doutes
24:09sur la viabilité
24:10de cet avion du futur.
24:12On attend peut-être,
24:13je ne sais pas,
24:14dans tous les cas,
24:14des propos plus clairs
24:15de la part du chef de l'État.
24:16Vous, ce matin,
24:17vous avez dit,
24:17c'est simple,
24:18s'il n'y a pas de leadership
24:19d'assaut sur le SCAF,
24:22il n'y aura pas de SCAF
24:23parce que ce n'est pas négociable.
24:25Est-ce que vous n'allez pas
24:25un peu trop loin quand même ?
24:26Est-ce que vous n'êtes pas
24:27un peu trop droit
24:28dans vos boîtes d'avions ?
24:30Non, non, en général,
24:30je suis assez direct
24:32et assez transparent.
24:33Je répète donc
24:34ce que j'ai dit ce matin.
24:36C'était l'équation de départ.
24:38Il était clair
24:39que le SCAF,
24:40la France serait leader
24:42et Dassault serait leader
24:43de l'avion de combat,
24:45Airbus prenant le leadership
24:47du fameux pilier 4
24:49du cloud,
24:50etc., etc.
24:51Donc, il y avait
24:51un partage clair.
24:53Et d'ailleurs,
24:54quand l'euro-drone s'est fait,
24:56vous savez,
24:56le fameux euro-drone,
24:58Airbus est maître d'œuvre.
25:00Ça ne pose pas de problème
25:01à Airbus d'être maître d'œuvre
25:02quand c'est l'euro-drone.
25:03Ça lui pose problème
25:04de ne pas être leader
25:06ou co-leader
25:07quand c'est l'avion de combat.
25:08Mais c'est l'équation de départ,
25:09c'est les contrats
25:10que nous allons signer.
25:11Donc nous,
25:11nous tenons nos engagements.
25:13Et donc,
25:13il y a une volonté
25:15indirecte de certains
25:17de vouloir revenir
25:18à une organisation
25:19de type Eurofighter
25:20que nous ne souhaitons pas.
25:21C'est ça le désaccord
25:23qui existe entre Airbus et Dassault.
25:24Oui, c'est plus qu'un désaccord.
25:25On veut un vrai leadership
25:26pour faire un avion de combat
25:29avec des grandes performances.
25:31Mais est-ce que vous comprenez
25:32quand même la position d'Airbus
25:33ou pas du tout ?
25:33Non.
25:34Celui qui est le plus compétent
25:36prend le leadership.
25:37C'est ce que le chef de l'État
25:39a appelé la coopération
25:41par les best-athlètes.
25:42Best-athlètes,
25:43ça veut dire que les meilleurs,
25:44ça ne veut pas dire
25:45que je fais tout.
25:45Loin s'en faut.
25:46D'ailleurs,
25:47avec l'arrivée de l'Espagne,
25:48je ne fais plus qu'un tiers du travail.
25:49Et Airbus fait les deux tiers.
25:51Donc si vous appelez ça,
25:54voilà.
25:54Mais là,
25:54on est dans une impasse.
25:55Vous êtes d'accord ?
25:55Il y a bien un équilibre.
25:56On est d'accord que...
25:57Enfin,
25:58on est dans une impasse, là.
25:59Est-ce qu'il ne faut pas quand même
26:00que vous baissiez un peu votre garde
26:02pour trouver un compromis ?
26:03Il faut bien trouver un compromis.
26:05Sinon,
26:05il n'y aura pas de scaf.
26:06Eh bien,
26:06il n'y aura pas de scaf.
26:07Je veux dire,
26:07le compromis...
26:07Donc vous préférez avoir
26:09une position quand même
26:10assez rigide ?
26:10Je préfère en rien.
26:12Il y a une équation de départ
26:13sur laquelle nous nous sommes engagés.
26:16Dans la réalité
26:17de l'exécution de ces contrats,
26:20nous avons vécu des difficultés.
26:22Il faut régler ces difficultés.
26:24Mais j'estime que ce n'est pas à moi
26:26à baisser la garde.
26:27J'ai fait des ouvertures.
26:29Et c'est les ministres de la Défense
26:31qui en ont été témoins
26:32quand j'ai été à Berlin,
26:33à la fin de l'année 2025.
26:36J'ai fait des ouvertures.
26:38Ceux qui sont rigides,
26:39ce n'est pas Dassault,
26:40c'est Airbus.
26:41Le président Macron a jugé
26:43incompréhensible
26:43que les divergences
26:44ne soient pas surmontées.
26:46Vous lui répondez quoi,
26:47encore une fois ?
26:48Je suis d'accord.
26:50C'est incompréhensible.
26:53Oui, mais pour nous,
26:55on n'est pas initiés comme vous.
26:57Ça veut dire quoi ?
26:58Il n'y aura pas de scaf.
26:59Il faut mieux ne pas avoir
27:01un avion européen du futur.
27:03Mais finalement,
27:04la question de fond,
27:05c'est peut-être que
27:06les Allemands n'ont pas besoin
27:07du même avion que nous.
27:08Je vais vous poser,
27:09Edwige, une question.
27:10Faut-il mieux un bon avion
27:12ou un mauvais avion ?
27:12Répondez-moi.
27:14Plutôt un bon avion.
27:15Donc, il vaut mieux un bon avion.
27:16Il vaut mieux que celui
27:17qui est l'architecte de l'avion
27:18soit celui qui est le plus compétent
27:21dans les coopérants.
27:22Après, on va coopérer
27:23avec d'autres sociétés.
27:25Mais par exemple,
27:25sur le moteur,
27:26c'est Safran qui est leader du moteur.
27:27C'est eux les plus compétents
27:29dans le domaine.
27:30Ça paraît logique.
27:31Airbus a levé le doigt
27:32pour être le plus compétent
27:33dans le domaine des clouds.
27:35Très bien.
27:36Et maintenant,
27:36il faut qu'ils assument
27:37cette compétence.
27:38Et l'euro-drone,
27:39ils ont levé le doigt
27:40en disant
27:40je suis le compétent
27:41pour faire des drones
27:42de surveillance.
27:43Moi, j'ai levé le doigt
27:43pour dire
27:44je veux bien rentrer
27:45dans une coopération
27:46franco-allemande.
27:47À l'époque,
27:47il n'y avait pas l'Espagne.
27:48C'était 50-50.
27:50Sous réserve,
27:50que nous soyons
27:51très clairement identifiés
27:53comme l'architecte
27:53qui est le leader.
27:54Mais ce n'est pas des mots.
27:56Il faut que derrière,
27:57les équipes sur le terrain
27:59aient les moyens
27:59de pouvoir exécuter
28:01leurs responsabilités.
28:03Sinon, il ne faut pas
28:03me demander
28:04d'être responsable.
28:05Mais avec trappé,
28:06le dossier,
28:06j'ai envie de dire
28:06est quand même
28:08un dossier grave.
28:08Ça veut dire
28:09qu'à ce moment-là,
28:10il n'y a pas de successeurs
28:11au Rafale.
28:12S'il n'y a pas de scaf,
28:13qu'est-ce qui se passe ?
28:13Je vais vous dire,
28:14pour l'instant,
28:15moi je suis très occupé.
28:15J'ai 114 avions
28:16à préparer pour l'Inde.
28:18J'ai,
28:19conformément à ce
28:19qu'a annoncé
28:20le chef de l'État,
28:21un standard F5
28:23pour moderniser
28:24la composante nucléaire
28:25aéroportée pour 2035.
28:26Et je suis le premier
28:28à vouloir
28:28un démonstrateur
28:29qui permette
28:30d'envisager
28:31un futur avion de combat
28:32après le Rafale.
28:33Donc je ne peux pas être
28:34plus positif que ça.
28:36Mais c'est normal.
28:37Donc ça veut dire
28:37que vous êtes en train
28:38de préparer
28:39un nouvel avion.
28:41Oui.
28:42Et puis vous verrez
28:43si ça va s'inscrire
28:45dans un scaf
28:45ou si c'est un Rafale 2.
28:46Mais c'est l'objet
28:47des travaux
28:48que nous menons
28:49avec Airbus
28:50et d'autres,
28:51avec Thalès,
28:52avec d'autres coopérants
28:54depuis Indra
28:55en Espagne
28:56et d'autres en Allemagne
28:57depuis 3-4 ans.
28:59Donc c'est là-dessus
29:00qu'on travaille.
29:00On travaille
29:01sur un futur avion.
29:02Mais pour faire voler
29:03un avion,
29:04il faut un patron.
29:06Et il faut que
29:07le patron
29:08ait les moyens
29:08de dire
29:09aujourd'hui
29:10je vais autoriser
29:11le vol de cet avion
29:12qui a été conçu
29:13de telle manière.
29:14Ça ne peut pas être
29:15une décision consensuelle.
29:17Enfin je veux dire...
29:19Est-ce que quand le président
29:20de la République
29:21décide de quelque chose,
29:22il fait une décision consensuelle ?
29:23Et non, il décide.
29:24C'est normal.
29:25On attend un président
29:26de la République
29:26qui décide,
29:27on attend un chef d'entreprise
29:28qui fait des avions
29:29qui le décide.
29:30Mais là, vous ne construisez pas
29:31l'ensemble de l'avion.
29:33Vous construisez un bout
29:34de l'avion.
29:34Mais bien sûr.
29:35Et quand je travaille
29:36avec Safran sur les moteurs,
29:38je ne fais pas le moteur,
29:39je travaille avec Safran
29:40et on échange
29:42des informations
29:42qui nous permettent
29:43de faire au mieux.
29:45Mais il y a bien
29:45à un moment donné,
29:46il faut faire
29:46des arbitrages techniques.
29:47C'est ça qui est la clé.
29:49Quand vous faites un building,
29:51vous avez bien un architecte,
29:52vous n'avez pas deux architectes
29:54qui discutent entre eux
29:55et puis on va faire
29:56un collège de discussion
29:58des architectes.
29:58Mais alors, c'est quoi
30:00votre analyse du dossier ?
30:01Enfin, en une minute,
30:02parce que c'est quoi
30:03votre analyse du dossier ?
30:04Demandez à Airbus
30:05pourquoi ils n'acceptent pas
30:06le leadership de Dassault.
30:07Enfin, vous,
30:08vous avez bien unié...
30:09Airbus ne veut plus travailler
30:09avec Dassault,
30:10mais dont acte.
30:12Je prends bonne note.
30:12Donc on est dans une impasse.
30:14Donc il n'y aura pas de scaf.
30:16Parce que même
30:16la décision politique,
30:17elle peut même supposer
30:18qu'il y a un accord,
30:20alors même si c'est pour
30:20les relations avec l'art
30:21qui est compliquée en ce moment.
30:22Moi, je suis prêt.
30:23Les allemands et les Français.
30:25Mais si Emmanuel Macron
30:26vous dit que vous trouvez
30:27une solution ?
30:29Mais on verra.
30:30La solution,
30:30elle sera le résultat
30:32d'un compromis ou pas
30:34sur comment on pilote
30:35un avion de combat
30:38pour l'horizon 2040 et après.
30:40Et en attendant,
30:41ce qu'il faut,
30:42c'est faire voler
30:42un premier avion.
30:43Oui, mais si on vous demande
30:44si l'État,
30:45enfin si le président Macron
30:46ou son successeur,
30:47enfin a priori,
30:48la décision...
30:50vous demande de trouver
30:51un accord.
30:52Mais il demande
30:53de trouver un accord,
30:54mais il ne dit pas lequel.
30:56Oui, mais...
30:57Donc moi,
30:58je ne vais pas dire
30:58que j'accepte
30:59que toutes les décisions
31:00comme l'Eurofighter,
31:01c'est ce que veut Airbus,
31:03toutes les décisions
31:03sont collégiales.
31:05Je pense quand même
31:05que le Rafale est meilleur
31:06que l'Eurofighter.
31:07Vous ne croyez pas, Edwige ?
31:09C'est ce que tout le monde dit.
31:10Oui, oui, c'est sûr.
31:11Vous n'êtes pas une spécialiste,
31:13mais demandez aux armées.
31:14Non, non, mais ça,
31:14je sais bien.
31:16Et il faut que cet avion,
31:17il aille sur un porte-avion
31:18puisqu'on a annoncé
31:19qu'on allait faire
31:19un nouveau porte-avion.
31:20Qui sait faire des avions
31:22qui vont sur les porte-avions ?
31:24Qui a fait des avions
31:24qui vont sur les porte-avions ?
31:26Il n'y a que Dassault en Europe.
31:27Qui fait un avion
31:28qui porte l'arme nucléaire ?
31:30Il n'y a que Dassault
31:31qui fait ça en Europe.
31:32Donc pourquoi,
31:33si on veut une Europe forte,
31:35pourquoi on ne peut pas
31:36choisir des champions
31:37qui pilotent
31:38dans les domaines
31:39où ils sont les meilleurs ?
31:40Ou alors ça veut dire
31:41que d'autres veulent dupliquer.
31:42C'est une Europe
31:42de la duplication,
31:44ce qui le politique,
31:45Florence Parly l'avait dit,
31:46le chef de l'État l'avait dit,
31:48duplication justement.
31:49Qui plaide pour avoir
31:50deux avions ?
31:54Alors ?
31:54Qui ?
31:56C'est le BDLI allemand
32:00et les politiques.
32:01Ben oui.
32:03Donc voilà.
32:05Une toute dernière question,
32:07Éric Trappier,
32:07parmi le nombre de casquettes,
32:08évidemment,
32:08puisque vous êtes
32:10président du groupe,
32:10de l'ensemble du groupe,
32:12il y a un problème
32:13chez d'autres systèmes quand même.
32:14On a vu la publication
32:15des résultats,
32:16on a vu la...
32:16Là, on a vu
32:17ce qui s'est passé en bourse.
32:19Ça aussi,
32:20vous allez traiter le problème ?
32:21On est en train
32:22de prendre la mesure
32:24de l'explication
32:25et de comprendre,
32:26en tant qu'actionnaire,
32:28on est actionnaire
32:28à 40% le groupe
32:29dans Dassault Systèmes,
32:31du pourquoi
32:32de la chute brutale
32:33de la valorisation
32:35de l'action,
32:36ce qui veut dire
32:36que les marchés
32:37ont des inquiétudes.
32:38En tant qu'actionnaire,
32:39on partage ces inquiétudes.
32:41et vous avez vu
32:43la démission
32:44pour raisons personnelles
32:45de Bernard Charless.
32:46Donc,
32:47on a donné le manche
32:48à Pascal Dallot,
32:49ce qui connaît très bien
32:50Dassault Systèmes,
32:51pour qu'il organise
32:52et qu'en toute transparence,
32:54le futur
32:55d' Dassault Systèmes.
32:56Donc,
32:57il faut lui laisser
32:57le temps de s'organiser.
32:58D'accord,
32:58il n'y a pas de changement
32:59de gouvernance,
33:00en tous les cas.
33:01Il y a un changement
33:02de président.
33:03Oui.
33:04On a eu un changement
33:05de gouvernance.
33:05On avait un président ADG,
33:06on a maintenant un PDG.
33:06C'est venu après,
33:08c'est venu quand après.
33:09Donc,
33:09en tous les cas,
33:10vous êtes en train
33:11de traiter le problème.
33:11Absolument.
33:12La solution.
33:12Merci beaucoup
33:13d'avoir été avec nous.
33:15Eric Rapier,
33:15donc le patron
33:16de Dassault Aviation,
33:17le patron du Figaro,
33:18le patron de lui-même.
33:20Pas le patron du Scarfoy,
33:22parcellement,
33:22en tous les cas.
33:23Merci beaucoup
33:23d'avoir été avec nous
33:24dans un instant.
33:25Lui,
33:26c'est simple,
33:27il est le directeur général
33:27de Banijay.
33:28Vous savez ce que c'est
33:29que Banijay ?
33:30C'est là,
33:33dans votre annonce.
33:34Ah bon ?
33:34D'accord,
33:35OK,
33:35erreur sur BFM.
33:36Je ne la connais pas encore.
33:37Autant pour moi,
33:38leader mondial
33:38de la production audiovisuelle
33:40à vérifier.
33:41Bonne réponse,
33:42Eric Rapier,
33:43à tout de suite.
33:43Merci.
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