- il y a 51 minutes
Retrouvez Le 18/19 d'Hedwige Chevrillon en replay.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:00BFM Business et La Tribune présentent le 18-19 d'Edwis Chevrillon.
00:11Bonsoir à tous, bienvenue dans le 18-19. Trois invités ce soir.
00:15Tout d'abord Eric Labaye qui est président du comité de surveillance des investissements d'avenir France 2030.
00:21Un rapport qu'il a rendu ce matin assez critique, notamment sur la question de gouvernance sur le côté trop
00:26procédurier.
00:27Mais en même temps on sait bien que c'est un outil très utile. Il nous dira peut-être comment
00:31réformer France 2030.
00:32Et puis il est aussi président du conseil d'administration d'Eutelsat.
00:35Eutelsat de plus en plus confronté à la concurrence américaine mais aussi allemande.
00:40Ensuite c'est le top 5 des patrons de la sphère publique, les plus plébiscités par quelques 160 journalistes anglo
00:49-saxons et français.
00:50Vincent Labesser qui a conduit cette enquête, sera avec nous pour nous le révéler.
00:53Et puis ensuite c'est Vincent Montagne, il est lui président du syndicat national de l'édition.
00:58Il est président du grand groupe Média Participation.
01:01C'est la grande fête du livre demain.
01:04Il va nous expliquer tous les enjeux pour l'édition.
01:06Mais à mon de l'édition, effectivement sous tension.
01:09Avec notamment encore hier, le départ de l'emblématique patron de Grasset, Olivier Nora.
01:15C'est-à-dire que c'est la fête de famille un tout petit peu brouillée.
01:17Mais pour l'instant la fête de famille se passe très bien sur les studios de BFM Business.
01:20On retrouve tout de suite Stéphanie Collot pour le journal de l'écho.
01:27Il est pile 18h, bonsoir Stéphanie.
01:30Bonsoir Edwige.
01:30Et on commence par le contact.
01:32Il ne serait pas rompu entre l'Iran et les Etats-Unis.
01:35Oui, Téhéran continue de parler avec Washington via Islamabad.
01:39Une délégation pakistanaise porteuse d'un message de Washington sur le prochain cycle de négociations
01:45est attendue dans les prochaines heures dans la capitale iranienne.
01:50Mais l'armée avertit qu'elle bloquerait la mer Rouge si les Etats-Unis maintenaient leur blocus maritime du détroit
01:56d'Hormuz.
01:58Une négociation aussi sur l'autre front du conflit opposant Israël au Hezbollah au Liban.
02:04Des discussions entre les deux pays étaient organisées hier à Washington.
02:06Elles ont été jugées productives.
02:08Ces pourparlers sont une occasion unique de mettre fin à l'emprise du Hezbollah sur le Liban selon Israël.
02:15Pendant ce temps, 11 pays dont le Royaume-Uni et le Japon appellent à une réponse économique coordonnée à la
02:21guerre
02:21pour faire face aux risques sur la croissance, l'inflation et les marchés.
02:25La France ne fait pas partie des pays signataires.
02:28Une journée compliquée en bourse pour le luxe,
02:31moins 8,2% pour le titre Hermès dont les ventes reculent de 1,4% au premier trimestre sur
02:37un an
02:37à 4,1 milliards d'euros.
02:39Mais elle progresse de 6% à taux de change constant.
02:42C'est inférieur aux attentes en cause.
02:44La guerre en Iran qui pèse sur le tourisme au Moyen-Orient mais aussi en France.
02:48De son côté, le titre Kering cède 9,2% ce soir à la clôture au lendemain de la présentation
02:54de ses résultats trimestriels.
02:56Et à la veille de sa journée investisseur organisée cette année à Florence, berceau de Gucci,
03:01Luca Demeo sera d'ailleurs l'invité de BFM Business ce vendredi à 8h10.
03:05Et puis après une année noire, Stellantis sort la tête de l'eau.
03:09Le constructeur enregistre des livraisons en nette hausse au premier trimestre de 12% à travers le monde
03:15à 1,4 million de véhicules.
03:17Une fois n'est pas coutume, Stellantis fait mieux que la majorité du marché
03:20et notamment des constructeurs allemands dont les livraisons reculent.
03:2418h02 sur BFM Business, on va faire un tour sur les marchés.
03:30Les marchés avec Antoine Larigauderie.
03:31Bonsoir Antoine.
03:32Bonsoir Stéphanie.
03:33Bonsoir Antoine.
03:33Et le CAC termine en baisse ce soir ?
03:35Oui, moins 0,64%, 8274 points.
03:40On n'a pas trop bougé depuis l'ouverture.
03:42On est sur un marché qui était effectivement en kilosé par le secteur du luxe.
03:46Vous l'avez dit, Kering moins 9,3%, 254 euros.
03:50Hermès moins 8,2%, 1636 euros.
03:54En revanche, on a entouré Stellantis avec ses chiffres de livraison qui ont été salués.
03:59Le titre a terminé sur une hausse d'1,9% à 7,06 euros.
04:04La plus forte hausse du CAC 40, elle est pour Publicis qui a gagné 3% à 78,68 euros.
04:09À noter un redressement continu aussi des sociétés informatiques liés au logiciel.
04:13Dassault Systèmes qui a gagné 1,7% à 18,06 euros.
04:16Et Capgemini plus 1,53, 106,30 euros.
04:19On sent qu'il y a vraiment du mieux.
04:20Eutelsat plus 4,8% à 2,50 euros.
04:23Le titre a passé une bonne journée.
04:26Et puis à noter la plus forte hausse du SBF 120, c'est Worldline qui a gagné 13,9%
04:30à 28 centimes.
04:32Seuil Tech signe une très bonne performance aussi.
04:34La Tech était en forme aujourd'hui.
04:35Plus 6,2%, 76,82.
04:38Les volumes d'échanges standards pour les séances de ces derniers jours.
04:41On est à 4,1 milliards d'euros d'actions négociées.
04:43Le CAC donc moins 0,6%, 8274.
04:47Merci Antoine.
04:48Merci Stéphanie.
04:49Rendez-vous avec vous 19h, 19h30.
04:51Tout de suite, Eric Labaye, le président du comité de surveillance des investissements d'avenir.
04:55Il est aussi donc président du conseil d'administration de Telsat.
04:58À tout de suite.
05:00BFM Business et la Tribune présente
05:04Le 18-19 d'Edvie Chevrillon
05:09Vous êtes bien dans le 18-19, mon premier invité.
05:12C'est Eric Labaye.
05:13Bonsoir.
05:14Bonsoir.
05:15Merci d'être là lors des différentes casquettes.
05:17Mais là, vous êtes surtout avec la casquette de président du comité de surveillance des investissements d'avenir.
05:23Bref, c'est vous qui avez regardé, ausculté Cifrance 2030, qu'on connaît bien ici.
05:29Si ça servait à quelque chose.
05:31Vous avez rendu un verdict quand même assez critique, avec des côtés positifs.
05:36On va y revenir.
05:37Mais en même temps, vous mettez en avant.
05:38Vous dites, certes, c'est un outil très puissant.
05:40Mais alors, il est beaucoup trop procédurier.
05:43Et je vais vous dire, c'est un tout petit peu l'écho qu'on a ici, sur ce plateau,
05:47avec des chefs d'entreprise.
05:49qui voudraient avoir recours à France 2030, mais qui disent, mais c'est tellement lent que vous allez dire, on
05:55a un accord, je ne sais pas moi, des mois après.
05:58Et on est presque déjà passé à autre chose.
06:00Alors, qu'est-ce qu'il faut faire pour changer ?
06:03Alors, c'est un des axes.
06:05Comme vous l'avez noté, nous avons parlé avec 600 membres des écosystèmes.
06:09Ça a été notre approche.
06:10Donc, vous en avez une partie qui passe sur vos plateaux.
06:12Mais nous avons parlé pendant un an et demi à 600 personnes.
06:15Et c'est effectivement un des sujets qui remontent.
06:17Je remarquerai d'abord que le premier sujet qui remonte, ce sont les bons sujets.
06:21C'est-à-dire que les domaines dans lesquels France 2030 investit, les domaines sectoriels, la santé, le nucléaire, sont
06:27des bons sujets.
06:27C'est déjà un premier point à noter.
06:28Donc, on est sur les bons sujets.
06:30J'ai presque envie de dire que c'est le point quand même fondamental.
06:33Mais, et à ce mais, je vous propose qu'on commence d'abord par ce côté procédurier, bureaucratie.
06:38Parce que tout ça tourne autour de la bureaucratie, en fait.
06:41Et après, on verra les secteurs où il y a eu un impact très positif.
06:45Bien sûr.
06:46Et d'autres secteurs où peut-être qu'il faut aller...
06:48Un impact n'est peut-être pas suffisant au regard de l'argent dépensé.
06:52Tout à fait.
06:52Et ça a été l'état d'esprit, d'ailleurs, du comité.
06:54Nous sommes 18 membres dans le comité, dont 8 parlementaires et 10 personnalités qualifiées.
06:58Et la lentille que nous avons prise pour, justement, interviewer les écosystèmes,
07:02c'est le retour sur investissement.
07:04Est-ce qu'on voit le retour sur investissement ?
07:05Comment est-ce qu'on peut le maximiser ?
07:06Effectivement, le premier levier, on a identifié 5 leviers pour améliorer le retour sur investissement.
07:10On voit que c'est l'ancien patron de Polytechnique qui parle.
07:13Il y a 3 points, il y a 2.
07:15Voilà.
07:15Et donc, le premier, effectivement, c'est ce qu'on a appelé lisibilité, rapidité, simplicité.
07:19Et donc, effectivement, on a parlé derrière avec le SGPI en disant,
07:21et là, il faudrait changer le SGPI, le secrétaire général pour l'investissement.
07:24Oui, oui, mais attendez, là, on n'est pas à Bercy, pardon, on n'est pas à Bercy.
07:27Donc, le secrétaire général pour l'investissement,
07:28qui est l'exécutif, justement, qui met en œuvre François Miletand,
07:30d'ailleurs, qui l'a mis en œuvre à un rythme assez élevé,
07:34et qui a, justement, 10 milliards d'engagements par an pendant 4 ans,
07:37ce qui ne s'était jamais fait jusqu'à maintenant.
07:39Donc ça, je pense qu'il faut le noter.
07:40Maintenant, pour améliorer l'impact, effectivement,
07:42il faut être, en gros, dans le rythme de l'innovation.
07:44L'innovation, dans l'IA, c'est toutes les semaines,
07:46ce n'est pas tous les ans.
07:47Dans la santé, c'est peut-être tous les mois.
07:50Et donc, à ce niveau-là, effectivement,
07:51et donc, on a émis des recommandations sur comment accélérer,
07:55comment simplifier, parce que les deux sont liés.
07:57Si vous simplifiez les procédures,
07:59généralement, vous accélérez les décisions,
08:00et puis aussi renforcer le pouvoir décisionnaire du centre
08:03pour prendre des décisions plus rapidement.
08:05Et ça, c'est la clé, en fait, une des clés du succès.
08:09Éric Lambert, pourquoi c'est si lent ?
08:13Vous dites que c'est parce qu'il y a trop de procédures ?
08:16C'est parce que la prise de décision est insuffisante ?
08:19Il y a deux éléments.
08:20Un premier élément, c'est qu'on a beaucoup de ministères autour de la table.
08:23Et donc, à ce niveau-là, vous avez à coordonner beaucoup.
08:27Et donc, ça, c'est un des axes.
08:29Un deuxième, simplement aussi, des procédures de l'État,
08:31qui pourraient être accélérées.
08:33On voit que l'État sait accélérer quand il faut.
08:35Là, il faut passer au journal officiel,
08:36il faut passer pas mal de temps sur ces sujets.
08:38Et puis, ensuite, il y a un temps politique.
08:41– Attendez, vous qui êtes un…
08:42Je disais, vous avez beaucoup de casquettes.
08:44Ça fait combien de temps qu'on dit ça, qu'on entend ça ?
08:47Pourquoi on n'y arrive pas ?
08:48On voit encore, là, ce que le gouvernement a décidé,
08:51d'essayer de mettre en place des marges,
08:55de bloquer les marges des distributeurs.
08:57C'est des systèmes tellement compliqués
08:58qu'eux-mêmes, ils comprennent pas.
08:59Donc, vous voyez, pourquoi on en est encore là, à votre avis ?
09:02Ça, c'est une question à la fois d'ambition, de volonté
09:05et de mettre en œuvre le système.
09:07C'est-à-dire que si on a comme ambition
09:08de pouvoir réduire ces marges de manœuvre,
09:10en tout cas, ou étendre ces marges de manœuvre
09:12et réduire les temps, on ne doit pas y arriver.
09:14Il faut nous mettre…
09:14Ce qu'on propose, d'ailleurs,
09:15c'est que ça soit un objectif important
09:17de ce type de programme.
09:17– Comment ?
09:18Vous proposez quoi ?
09:19– Il y a aussi le comment.
09:19– Qu'est-ce que vous proposez ?
09:20– Le comment, c'est que ceux qui sont en charge
09:23trouvent des moyens différents.
09:24Vous savez, j'étais à Polytechnique,
09:26établissement public.
09:26public, on peut changer beaucoup de choses
09:28dans l'établissement public.
09:30Il faut, de temps en temps,
09:32remettre en question certains a priori.
09:34On dit « Ah non, on ne peut pas le faire ».
09:35Et en fait, quand vous mettez tout le monde
09:36autour de la table, on trouve des solutions.
09:38Donc là, je pense que si on met comme objectif
09:39de le faire plus rapidement,
09:41et pour moi, l'objectif, c'est d'être au rythme
09:42de l'innovation.
09:43L'innovation avance rapidement dans le monde entier.
09:45On est en compétition internationale.
09:47Il faut que la France, justement,
09:48retrouve dans certains secteurs un leadership.
09:51Elle l'a dans certains, elle ne l'a pas dans d'autres.
09:52Eh bien, à ce niveau-là,
09:54il faut simplement se dire
09:54« Voilà, quel est le temps de cycle que l'on va avoir ? »
09:56Et on met en place des processus.
09:58Donc pour moi, c'est un élément très opérationnel.
10:00Est-ce qu'il faut changer la gouvernance de 2030 ?
10:02De France 2030 ?
10:03Alors, sûrement un peu également,
10:05sur au moins deux axes.
10:06Un premier axe, là, je vais étendre,
10:07il faut associer plus les scientifiques
10:09et les industriels.
10:10Parce que pour faire les bons choix,
10:12il faut avoir tout le monde autour de la table.
10:13Il faut avoir l'écosystème.
10:14On doit avoir une approche constamment écosystémique.
10:16L'écosystème, c'est qui ?
10:16L'écosystème, c'est ça.
10:17C'est les scientifiques,
10:18parce que les innovations de rupture,
10:19je rappelle, France 2030,
10:20c'est beaucoup sur l'innovation de rupture.
10:23Généralement, ça vient de la recherche publique.
10:25C'est là où elles sont le plus en avance.
10:26Et ensuite, le lien avec la recherche privée,
10:28les industriels, les utilisateurs,
10:30et puis, évidemment,
10:31les grandes directions centrales de l'État.
10:33Et donc, c'est tout le monde autour de la table
10:35pour se dire, finalement,
10:36où est-ce qu'on voit l'opportunité ?
10:37Où est-ce qu'on va être compétitif ?
10:39Et donc, s'assurer que quand on prend une décision,
10:41tout le monde dit « On y va ensemble,
10:42et pas uniquement l'État y va,
10:43les industriels n'y vont pas, par exemple. »
10:45Ou l'inverse.
10:45Donc ça, c'est un alignement de l'écosystème.
10:48Et puis, le deuxième,
10:49c'est sûrement de recentrer la gouvernance
10:51sur moins de gens.
10:52Quand vous regardez les analogies internationales,
10:55quand vous regardez la DARPA,
10:56quand vous regardez...
10:57Parce que la DARPA, c'est très efficace.
10:58C'est très efficace,
10:59parce qu'il y a une autonomie.
11:01La DARPA, on va expliquer,
11:02on va rappeler du moins à nos auditeurs.
11:03La DARPA, c'est en gros
11:05l'innovation de rupture américaine.
11:06C'est l'agence qui s'occupe
11:07des innovations de rupture américaine.
11:09Et donc là, il y a une autonomie de la DARPA
11:12qui est beaucoup plus forte
11:13que l'autonomie du SGP aujourd'hui.
11:15Donc moi, c'est les deux éléments.
11:16L'écosystème et l'autonomie
11:18qui permettent justement
11:19d'être à la fois sur des bonnes décisions
11:20et de les prendre plus rapidement.
11:22Oui.
11:22D'accord.
11:23Donc ça, ok.
11:25Juste avant de passer dans le cœur du sujet,
11:27effectivement,
11:28quels sont les secteurs qui ont été impactés ?
11:30Est-ce qu'il n'y a pas eu peut-être
11:31un peu trop d'argent dépensé ?
11:32On va voir ça tout de suite.
11:35Ça, ça va être mis en place quand ?
11:36Vous voyez, je veux dire,
11:37est-ce que votre rapport va être suivi ?
11:39Ou alors il va...
11:40On l'a transmis au gouvernement.
11:41On en a parlé avec le cabinet du Premier ministre.
11:43On voit le ministère de l'Économie et de l'Industrie.
11:46Donc les différents acteurs
11:48pour une mise en œuvre, évidemment,
11:50on espère, le plus rapidement possible.
11:52Mais c'est à eux.
11:52Après, c'est donc les politiques
11:53qui vont décider au gouvernement
11:55la vitesse à laquelle ils veulent avancer.
11:57Alors, vous disiez,
11:59effectivement, France 2030,
12:00c'est pour les innovations de rupture.
12:02Quels sont les secteurs
12:03qui ont été vraiment impactés positivement
12:06par France 2030 ?
12:08Et là où a été l'argent dépensé ?
12:09Au total, il y a eu combien d'argent dépensé ?
12:12Alors, il y a 40 milliards qui sont engagés.
12:14Vous savez, c'est des...
12:14Engagés.
12:15Engagés parce que c'est des projets pluriannuels.
12:17Mais là, par contre,
12:18l'État s'est engagé en 4 ans
12:20à dépenser sur les années à venir aussi
12:2140 milliards.
12:22Il y en a plus d'une dizaine
12:23qui a déjà été dépensé ou décaissé.
12:25Donc, qui est vraiment dans l'économie française.
12:27Alors, quelques exemples, oui.
12:2910 milliards, pardon,
12:29sur combien de projets ?
12:32Vous voyez, si on n'essaie pas trop...
12:34C'est ça, il y a plus de 7000 projets,
12:35mais il y a un mix.
12:36Le niveau moyen du projet de France 2030
12:38a monté versus le PIA1,
12:40le PIA2 et le PIA3.
12:41On a à peu près doublé la taille moyenne.
12:42On a des très gros projets.
12:44On en a des plus petits.
12:46Le point important pour moi
12:46n'est pas l'analyse de la taille du projet.
12:48C'est de se dire, par secteur,
12:49est-ce qu'on a vraiment un écosystème
12:51qui est en train de se mettre en place,
12:53sur lequel on sait
12:54qu'on va être leader technologique ?
12:55Parce que je rappelle,
12:56les objectifs, quand même,
12:56c'est un leadership technologique,
12:58c'est un développement de valeur ajoutée,
12:59et puis surtout,
13:00c'est des bénéfices aussi pour les citoyens.
13:01N'oublions pas qu'à la fin,
13:02les citoyens doivent avoir des bénéfices
13:03dans la santé,
13:04dans le numérique,
13:05dans l'alimentation,
13:07et donc c'est ça qu'il faut monitorer.
13:08Il faut s'assurer qu'on est clair sur l'impact.
13:10C'est d'ailleurs une autre recommandation,
13:12être toujours très clair sur
13:13c'est quoi l'impact
13:14et le retour sur l'investissement qu'on attend.
13:15Alors, justement,
13:17donnez-nous quelques exemples.
13:19Je vais vous donner deux ou trois exemples.
13:22Le premier,
13:23prenons la santé comme une préoccupation des Français.
13:26Une vingtaine de biothérapies,
13:27maintenant, sont en développement.
13:28La France est redevenue deuxième européenne
13:30dans le domaine des biothérapies.
13:32Et donc là, logiquement,
13:34au fur et à mesure du développement de ces produits,
13:36les Français verront
13:37des médicaments français en biothérapie.
13:40Donc ça, un premier exemple.
13:41Même exemple dans la santé.
13:42Première entreprise,
13:42on est créée, on en profite.
13:44Là, il y a une vingtaine.
13:45C'est une vingtaine de start-up
13:47ou d'entreprises
13:48qui sont dans ces domaines.
13:49Donc là, bénéfice sociétal,
13:50bénéfice économique,
13:52ça nous semble un élément important.
13:53Un deuxième exemple,
13:54c'est le quantique.
13:55Alors là, on est un peu plus en amont,
13:56en amont,
13:57donc vraiment à la frontière de la physique.
14:00La France est leader mondial,
14:01un des leaders mondiaux.
14:03Mais là, c'est des très gros investissements.
14:04Voilà.
14:04Et là, j'aimerais pointer aussi du doigt
14:07qu'a été mis en place une approche,
14:09je dirais, à la DARPA.
14:10C'est-à-dire qu'on sait faire des choses
14:12qui sont beaucoup plus efficaces.
14:13À savoir, on est en train,
14:15on a cinq start-up dans le quantique
14:17qui sont avec les meilleures
14:19qui sont issues des grandes écoles
14:20et des universités françaises
14:21et qui sont actuellement en train de développer
14:24des jalons de produits
14:26qu'ils justement vont remettre à la DGA,
14:29à l'État français,
14:29qui va payer sur des résultats.
14:31Pas uniquement sur un projet de recherche
14:33qui serait monitoré par l'État,
14:35mais plutôt sur des jalons,
14:36comme la DARPA.
14:37Et ça, justement, ça marche.
14:39Et actuellement,
14:39on est dans le leadership mondial,
14:40dans la course au leadership mondial.
14:41La France est là dans le quantique.
14:43L'aéronautique, on continue.
14:45On l'est déjà et on continue.
14:46Et la France 2003 a investi
14:47dans quelle entreprise ?
14:48Alors, c'est des soutiens sur cinq.
14:50Les cinq entreprises,
14:52Candela, Pascal, Alice et Meur.
14:53Donc, ce n'est pas un investissement
14:55au sens capitalistique,
14:56c'est un projet qui s'appelle Proxima,
14:58qui est un programme,
14:59comme je disais, à la DARPA,
15:00qui justement...
15:01Et c'est là aussi un autre,
15:03une autre recommandation que l'on a,
15:04parce que là, ce projet est intéressant,
15:05puisqu'en fait, l'État achète des résultats.
15:08C'est un peu la commande publique.
15:09C'est aussi la commande publique,
15:10je suis sûr qu'on en...
15:11On va en parler.
15:12On va en parler.
15:13Parce que c'est forcément un des leviers
15:14qui ne fonctionne pas.
15:15Voilà, et aujourd'hui...
15:16Là, ça fonctionne.
15:17Exactement.
15:18Et là, il y a un exemple.
15:18Et donc, comme partout en France,
15:20ce qui est intéressant,
15:20c'est que toutes les idées que l'on a,
15:22vous trouvez un endroit où ça marche.
15:23Et la question,
15:24c'est comment est-ce qu'on passe
15:25d'un endroit où ça marche
15:26à 80% des endroits
15:33finalement ?
15:33Si là, ça a marché dans un domaine,
15:35comment est-ce qu'on le fait ?
15:36Il faut que ça soit aussi un objectif.
15:37C'est comme la réduction du temps de cycle
15:38de tout à l'heure.
15:39Si c'est vraiment des objectifs des équipes,
15:41c'est comme dans n'importe quelle organisation,
15:43si vous n'avez pas d'objectif opérationnel,
15:45c'est difficile de les mettre en place.
15:46Par contre, si vous les avez,
15:47vous trouvez des solutions avec vos équipes.
15:49Oui.
15:50Donc ça, la santé, le quantique...
15:52Voilà.
15:52Parce que l'objectif, quand même,
15:54au départ de France 2030,
15:55on en parle beaucoup en ce moment,
15:57c'est la décarbonation.
15:58Alors, c'est aussi la décarbonation.
15:59Ce n'est pas le seul.
16:01C'est un des quatre objectifs.
16:02Un des quatre objectifs.
16:04C'était un objectif à l'époque
16:05où on parlait beaucoup encore
16:06de transition écologique.
16:08On en parle un petit peu moins maintenant.
16:09Mais c'était qu'en tous les cas,
16:10un point très important
16:12qui a été mis en avant.
16:13Où est-ce qu'on en est ?
16:14Alors, là, il y a deux éléments.
16:16Il y a un premier élément
16:16qui est que 40% des projets
16:18ont un élément de décarbonation.
16:20C'est-à-dire que dans l'analyse
16:20de chacun des projets,
16:21il est toujours regardé
16:22est-ce que c'est ce projet
16:23ou qu'il soit dans les différents secteurs,
16:25dans la santé ou autre,
16:26est-ce qu'il va aider à la décarbonation ?
16:28Donc ça, 40%.
16:29L'objectif est d'être 50%.
16:30On n'est pas très loin.
16:31On est un peu dans le rythme avec 40%.
16:33Et par exemple, c'est un type de projet.
16:35Il y a des projets
16:35sur la digitalisation de la santé.
16:37Comment amener justement
16:38auprès des Français
16:40la capacité de faire
16:41des téléconsultations, etc.
16:42Là, ça aide aussi.
16:43Ça aide dans la santé.
16:44Ça aide dans la décarbonation.
16:46Le deuxième élément,
16:46par contre, là, c'est un peu en retard.
16:47D'ailleurs, c'est marqué dans notre rapport.
16:49C'est tout ce qui est
16:49l'aide à la décarbonation
16:51des grands sites industriels.
16:52Alors là, il y a une question
16:56parce que justement, j'allais y venir.
16:58Je connais un exemple.
16:59Je ne vais pas citer le nom de l'entreprise.
17:00Mais j'ai recevé son dirigeant
17:02qui me disait
17:02« Voilà, nous, on a besoin
17:04d'avoir des aides
17:05pour mettre un four électrique.
17:08Mais c'est quand même
17:09des dizaines de millions. »
17:11Pour l'instant, on nous dit
17:12« C'est trop cher.
17:13On n'a pas les moyens. »
17:14Alors, c'est là aussi,
17:15on a vu peut-être un élément
17:16que je peux mentionner
17:17sur la décarbonation.
17:17C'est le temps long.
17:19Une autre de nos recommandations,
17:20c'est de prendre
17:21toutes ces transformations d'industrie,
17:23de secteur,
17:23c'est 10 à 15 ans.
17:24En particulier, les industriels,
17:25quand ils investissent,
17:26ils veulent avoir une visibilité
17:27sur 15 à 20 ans.
17:28Le prix de l'énergie
17:28est un des sujets.
17:30C'est un sujet clé
17:31dans la décarbonation.
17:32Donc, comment est-ce
17:33qu'on a une stratégie
17:34qui donne une visibilité
17:35sur le prix de l'énergie
17:36sur 20 ans ?
17:37Il nous semble un élément
17:37important en tout cas
17:39qui va conduire
17:40à soutenir la décarbonation.
17:42Oui.
17:42À propos de décarbonation,
17:44on voit que c'est un retard
17:46à l'allumage,
17:46si vous me permettez
17:47cette expression,
17:47dans l'aviation bas carbone.
17:50À un moment,
17:50même ici même,
17:52Guillaume Faury
17:52nous avait proposé,
17:53nous avait présenté
17:54son nouvel avion
17:55soi-disant à hydrogène,
17:58l'avion décarboné,
18:00un avion vert.
18:02On voit bien
18:02que ça ne se met pas
18:03du tout en place.
18:04Non, alors,
18:05là, vous pointez
18:06un élément
18:06qui est autour
18:07d'ailleurs de l'hydrogène
18:08au sens large,
18:09ce qu'on a mentionné,
18:09c'est aussi un des points importants,
18:11c'est toujours de se dire
18:12quelle est ce qu'on appelle
18:13la courbe de mérite
18:14de la technologie.
18:15La courbe de mérite,
18:16c'est-à-dire c'est quoi
18:16le bénéfice de la technologie
18:18et son coût ?
18:19Est-ce qu'on est compétitif ?
18:20On voit bien que dans l'hydrogène,
18:21il y a eu des hypothèses au départ,
18:22un peu une volonté politique,
18:24il faut y aller à fond.
18:25Par contre,
18:26en termes de l'état de l'art,
18:28c'est là où les scientifiques
18:29le disaient déjà
18:30et le disent encore,
18:31on n'était pas exactement
18:32sur une courbe
18:33qui rendait tout de suite
18:33l'hydrogène décarboné compétitif.
18:35Donc,
18:36un des points importants,
18:37c'est qu'à chaque fois
18:37sur ces projets,
18:39d'avoir les gens autour de la table
18:40qui disent,
18:40finalement,
18:41où est-ce qu'est la science,
18:42où est-ce qu'est la partie économique ?
18:43Et là,
18:43l'état ensuite,
18:44lui,
18:44peut aider à dérisquer
18:45une partie des projets,
18:46mais il faut s'assurer
18:47qu'on est tous clairs
18:48sur est-ce qu'il y a une équation
18:50économico-scientifique
18:50qui marche.
18:51mais on voit quand vous discutez
18:52avec des déchets d'entreprise
18:53qui notamment sont aux Etats-Unis,
18:55ils vous disent,
18:55bon voilà,
18:56vous vous dites,
18:56j'ai un projet décarboné,
18:58hop,
19:00vous êtes défiscalisé
19:01à hauteur de temps,
19:02etc.
19:03Là,
19:03plutôt en aval,
19:04parce que là,
19:04je parle plutôt de l'amont,
19:06quand vous êtes en amont
19:07sur des technologies de rupture.
19:08– On est d'accord,
19:09c'est que chez nous,
19:10alors on vous demande
19:11quelle est la couleur de l'hydrogène,
19:13parce qu'il y a plusieurs,
19:14évidemment,
19:14il y a l'hydrogène vert,
19:15il y a l'hydrogène grise,
19:15il y a l'hydrogène...
19:17Vous voyez,
19:17c'est là où de nouveau,
19:18c'est compliqué quoi,
19:20c'est compliqué,
19:20ils vous disent tous,
19:21il faut remplir des formulaires
19:23pour savoir quel est l'hydrogène,
19:25comment ça se passe et tout.
19:26– Mais c'est là où on est,
19:27je reprenais l'exemple de Proxima,
19:29l'exemple de Hadarpa,
19:30et c'est important que l'État,
19:31d'une certaine mesure,
19:32leur demande un résultat.
19:34C'est-à-dire,
19:34si vous dites finalement,
19:34j'ai tel niveau de décarbonation,
19:36après vous laissez les industriels
19:37trouver,
19:38et les scientifiques,
19:39trouver les méthodes pour y arriver.
19:40Donc c'est aussi un des axes
19:42qui nous semble important
19:43de continuer,
19:43c'est fait dans certains cas,
19:44il faut l'appliquer un petit peu partout,
19:47parce que de nouveau,
19:48entre la recherche publique,
19:49la recherche privée,
19:49les industriels,
19:50les utilisateurs,
19:51quand tout le monde travaille ensemble,
19:52on trouve des solutions,
19:53on a des compétences incroyables
19:54dans le pays.
19:55– Ah non mais ça c'est sûr,
19:56on a des compétences,
19:57vous êtes bien placés,
19:58c'est vous qui les avez formés
19:59pendant très longtemps,
20:00mais comment ça s'articule
20:02avec l'Europe ?
20:03Parce que là aussi,
20:04on voit que ça soit dans la défense,
20:05dans les différents secteurs,
20:08il faut presque avoir,
20:09quelqu'un me disait ça,
20:10mais or c'est un peu sié pour une ETI,
20:12il faudrait presque avoir
20:12une équipe qui est consacrée
20:14à obtenir des subventions
20:16de France 2030
20:17et au niveau européen.
20:19– Oui, alors là-dessus,
20:20on a un peu deux suggestions,
20:22parce qu'évidemment,
20:22la coordination aujourd'hui
20:25est faible,
20:26il y a eu des PIEC,
20:27qui étaient des projets
20:29communs,
20:30donc là qui ont été compliqués d'ailleurs.
20:31Alors pourtant,
20:32c'est une bonne idée,
20:32au début c'est quelques pays,
20:33pas forcément les 27
20:34qui se mettent ensemble,
20:35mais on a vu,
20:36on a eu quelques-uns
20:36dans l'hydrogène,
20:37dans le cloud,
20:38c'est deux, trois ans
20:39pour y arriver.
20:40De nouveau,
20:40on n'est pas dans le rythme
20:41et donc il faut trouver
20:42une autre façon de travailler.
20:43Et donc parmi les suggestions
20:45que nous avons,
20:45c'est de se dire
20:46quand des entreprises
20:47ou des chercheurs français
20:48ont des succès
20:50au niveau européen
20:51qui demandent
20:51un financement français,
20:52le rendre automatique,
20:53ne pas leur faire passer
20:54un appel à projets en France
20:55en disant
20:55« Ah, on va revérifier
20:57si vous êtes OK ou pas ».
20:58Voilà,
20:58c'est une simplification
20:59et faire confiance
21:00au fait qu'au niveau européen,
21:02on a aussi,
21:02la France est partie prenante,
21:04on a des systèmes de qualité,
21:06les ERC,
21:07l'EIC,
21:08qui ont un peu
21:09la même ambition
21:10mais qui pour le moment
21:11n'ont pas autant
21:12de coordination peut-être
21:13qu'on pourrait avoir.
21:14Au regard,
21:15après on basculera
21:16sur Telsat
21:16parce que vous êtes
21:17aussi président de Telsat,
21:18c'est intéressant
21:19parce que là
21:19on parle du niveau européen,
21:21là il y a aussi
21:21de la concurrence.
21:23Il y a 40 milliards engagés,
21:2610 milliards
21:27qui ont été dépensés.
21:29Quand vous regardez...
21:30Entre 10 et 15.
21:30Je ne sais pas,
21:31c'est vous qui...
21:31Oui, c'est ça,
21:32c'est entre 10 et 15.
21:33C'est vous qui...
21:33Oui, c'est ça,
21:34oui, absolument.
21:34Je reprenais vos chiffres.
21:35Est-ce que vous diriez
21:37que l'impact
21:39est à la hauteur
21:39des montants dépensés ?
21:42C'est une question directe.
21:44Oui.
21:44Je pense que
21:46on peut l'accentuer,
21:49en fait.
21:49On peut accentuer là.
21:50On a encore des moyens...
21:51Non ?
21:51Non, non, non.
21:52Attendez,
21:52on est sur du temps long.
21:54On est sur 10 à 15 ans.
21:55Pour avoir l'impact réel
21:57de France 2030.
21:58Donc, je pense qu'on ne peut pas
21:58déjà, après 4 ans,
21:59juste dire
22:00on est clair sur l'impact.
22:01Je pense qu'aujourd'hui,
22:02la courbe peut être améliorée
22:04avec 3 ou 4 domaines d'organisation,
22:07façon de travailler,
22:08implication de compétences.
22:10Donc, oui.
22:10Moi, je serais plutôt...
22:11Moi, je suis toujours optimiste
22:12au sens...
22:13Si on a envie,
22:14on peut faire.
22:15Et si là,
22:15je pense que tout le monde
22:16a envie d'avoir
22:17le maximum d'impact,
22:18en appliquant, je pense,
22:19une partie des propositions
22:20du comité,
22:21eh bien,
22:21on peut avoir l'impact attendu
22:23sur les domaines
22:24dans lesquelles on voudrait
22:25que la France soit leader
22:26technologique mondiale.
22:26Encore deux questions
22:27très rapidement là-dessus.
22:28Ça a été lancé en 2021,
22:31si mes souvenirs sont...
22:31Oui, fin 2021.
22:33Ça fait donc 5 ans ?
22:35On va dire 4 ans plein.
22:364 ans et demi.
22:364 ans plein.
22:37Oui, c'était fin 2021.
22:38Est-ce que c'est...
22:39Vous voyez, c'est long aussi,
22:404 ans.
22:41C'est beaucoup.
22:42Peut-être qu'il faut faire
22:43peut-être un ajustement annuel,
22:44mensuel, je ne sais pas.
22:46Alors, 4 ans, c'est long,
22:48dans le sens, vous savez,
22:48c'est quand même 54 milliards.
22:49Donc, moi, je trouve déjà
22:5110 milliards par an.
22:52C'était déjà une étape importante.
22:55C'est ce que vous avez dit
22:55sur les lenteurs,
22:56sur les procédures.
22:56Mais par contre,
22:57ce qu'il faut faire,
22:57c'est le revoir régulièrement.
22:59C'est-à-dire, de façon régulière,
23:01se dire, finalement,
23:01là, il y a eu un changement technologique,
23:02là, il y a eu un changement de marché.
23:04Et donc, dans un domaine donné,
23:05de nouveau, les domaines
23:06sont les bons domaines.
23:07Dans ces domaines-là,
23:08adapter tous les ans,
23:09soit les appels à projets,
23:10soit les façons de travailler
23:11en écosystème.
23:11Alors, dernière question,
23:14mais néanmoins très, très importante.
23:15Là, je m'adresse
23:16au président de Telsat,
23:17président du Conseil d'administration
23:18de Telsat.
23:20On voit bien qu'il y a
23:21un enjeu énorme
23:21parce qu'il y a une guerre spatiale,
23:23enfin, une guerre,
23:23oui, une concurrence spatiale,
23:25une guerre spatiale,
23:25je crois qu'on peut le dire,
23:27notamment avec Starlink,
23:28qui est, mais alors que lui,
23:29il s'adresse,
23:30ou elle s'adresse,
23:31une constellation
23:31qui s'adresse au grand public.
23:34Telsat, vous avez,
23:36vous avez en commande,
23:37je crois, 450...
23:39440 satellites.
23:40447, je me tromperais,
23:41de trois satellites.
23:41Non, non, mais...
23:43C'est l'ordre de grandeur.
23:44C'est l'ordre de grandeur,
23:45comme vous dites,
23:45qui ont été commandés à Airbus.
23:47La question, c'est,
23:48un, comment les envoyer,
23:49et deux,
23:50est-ce qu'il n'y a pas
23:53une concurrence cachée
23:57la part des Allemands ?
23:58Vous voyez,
23:58ça fait beaucoup de questions.
23:59Oui, alors,
24:01je rappelle que Telsat
24:03est la seule constellation
24:05actuellement opérationnelle,
24:07à part Starlink,
24:08avec 660 satellites,
24:10qui offrent des services
24:11dans le monde entier
24:13de connexions satellitaires.
24:14Donc ça, je pense,
24:15il faut le rappeler,
24:15parce qu'il n'y en a pas beaucoup.
24:17Il y a beaucoup de projets.
24:18Il y a effectivement
24:18les Chinois sûrement
24:19qui avancent,
24:20d'autres projets européens
24:21ou canadiens,
24:21mais pour le moment,
24:22il y a la seule constellation
24:23qui est une alternative
24:24à Starlink.
24:25D'où l'importance,
24:26et c'était tous les travaux
24:27des derniers mois,
24:28de l'évolution,
24:29du renforcement
24:30de la base financière
24:31pour justement
24:32assurer la pérennité,
24:33puisque un satellite,
24:34vous savez,
24:34tous les 7 ans,
24:35il faut le remplacer,
24:36il faut passer
24:36à la génération suivante.
24:37Donc là,
24:37avec les 440 satellites,
24:39on va pouvoir justement
24:39continuer pour 3, 4, 5 ans de plus,
24:41et bien la performance,
24:43même l'amélioration,
24:44la performance de la constellation.
24:46Donc ça, c'est...
24:47Alors effectivement,
24:48actuellement,
24:48l'équipe travaille
24:48sur la sécurisation de...
24:50Mais un,
24:51il faut des lanceurs.
24:51Des lanceurs, absolument.
24:53On dit que vous regardez
24:54parce qu'évidemment,
24:54il y a un spécifique,
24:55surtout parce qu'Ariane,
24:56c'est quand même
24:56un peu plus épisodique.
24:58Bien sûr, bien sûr.
24:59Et puis,
25:00il y a les Indiens,
25:00c'est vrai que vous allez
25:01travailler avec les Indiens ?
25:02On discute avec les...
25:03Oui, avec les Indiens.
25:04Bien sûr,
25:05on regarde tous les lanceurs.
25:06Et vous en êtes où
25:07avec les Indiens ?
25:08Les Indiens,
25:08la direction générale
25:09discute avec eux.
25:10On va revoir,
25:11on a un conseil d'administration
25:11dans quelques jours.
25:13Donc là,
25:14la question est un travail.
25:15C'est une des questions opérationnelles
25:17qui est de sécuriser,
25:18effectivement,
25:19les lancements...
25:20C'est la difficulté,
25:21vous voulez dire ?
25:21C'est la difficulté.
25:22C'est la difficulté,
25:23vous savez,
25:23c'est quand même...
25:24De trouver des lanceurs.
25:24Le métier,
25:26c'est lancer,
25:27opérer,
25:27enfin,
25:28trouver des lanceurs
25:28pour ensuite opérer des satellites.
25:29Donc pour moi,
25:30ça fait partie,
25:30simplement,
25:31des questions
25:31sur lesquelles travaille
25:32le management de Telsat
25:33aujourd'hui.
25:34Donc voilà.
25:35c'est en cours.
25:37Pour moi,
25:37c'est simplement en cours.
25:38En fait,
25:38on voit que normalement,
25:39il y a un projet,
25:40je crois qu'il s'appelle
25:40Iris Carré,
25:41où il y a aussi
25:44les Allemands
25:44qui sont...
25:45qui devraient être partie prenante.
25:47On voit bien que les Allemands,
25:48eux aussi,
25:48ils ont compris deux choses.
25:49Un,
25:50l'industrie de la défense,
25:51c'est l'industrie de demain
25:53puisque ce n'est plus
25:53l'industrie automobile.
25:55Eux,
25:55leur industrie,
25:56qui représente quand même
25:5619% de leur PIB,
25:59ça fait beaucoup.
26:00Donc ils ont besoin
26:01et en grande difficulté.
26:02Donc voilà,
26:03ils se lancent
26:03dans l'industrie de la défense
26:04quitte à concurrencer
26:05les Français.
26:06Donc l'Europe de la défense,
26:07il faut faire une croix dessus.
26:08Et le deuxième point,
26:09il y a aussi
26:10donc le spatial.
26:11Et que là,
26:12eux, en fait,
26:13ils veulent développer
26:14leur propre constellation
26:16quitte à utiliser
26:17de la technologie allemande.
26:19Oui.
26:20Vous approuvez ?
26:20Oui, non,
26:21mais c'est fou en ce moment.
26:21Non, non,
26:22la question...
26:22On a une guerre non plus
26:23franco-européenne,
26:25Europe-États-Unis.
26:25Là, on a une guerre
26:27intra-européenne, quoi.
26:28Oui,
26:28et donc aujourd'hui,
26:29évidemment,
26:29on travaille sur Iris Carré.
26:30Je vous rappelle
26:31que dans le consortium SpaceRise
26:33avec SES et ISPASAT
26:35pour fournir justement
26:36cette constellation
26:37demandée par l'Europe
26:38à la fois avec sécurité
26:41et souveraineté
26:42pour les gouvernements
26:43mais sur lesquels aussi,
26:44d'où on voit
26:44la prochaine génération
26:46de services aux entreprises
26:47qui est le cœur de métier
26:49et également de Telsa.
26:50Mais donc,
26:51il y a bien
26:51cette concurrence
26:52des Allemands ?
26:52Les Allemands ont annoncé,
26:54vouloir lancer
26:54sur la partie gouvernementale,
26:56sur la partie en fait militaire,
26:57une constellation.
26:59Question,
26:59eh bien,
26:59tout le monde actuellement
27:00est en discussion
27:01avec l'Europe actuellement
27:02où on continue à travailler.
27:03On a des rendez-vous
27:04sur le développement
27:05d'Iris Carré
27:05avec tous les pays européens.
27:07On voit bien que c'est...
27:08Voilà.
27:08Je pense que tout le monde
27:09regarde aussi.
27:10Vous savez,
27:10une constellation,
27:11c'est beaucoup de capital
27:11à engager.
27:12Donc,
27:13on le voit bien.
27:13L'Europe est en train
27:14d'engager aussi
27:15pas mal de capital.
27:16Nous,
27:16pas mal de capital également
27:17dans la partie des hauts,
27:18SES sur la partie méo,
27:19espacade sur les stations.
27:20Et donc,
27:21là, oui,
27:21aujourd'hui,
27:22je dirais que ce n'est pas
27:23forcément une bonne nouvelle
27:24mais tout le monde parle
27:26et en tout cas,
27:27tout le monde parle
27:28avec les Allemands
27:29et les Européens.
27:29C'est comme les rapports.
27:30Non,
27:31parler avant de décider.
27:32Avant de décider
27:32parce que le point va...
27:34Un des points importants
27:34va être de dire
27:35qui finance Iris Carré.
27:36Le temps de l'attence.
27:36Je reprends vos stress.
27:37Oui,
27:38le temps de l'attence
27:38qui est très court
27:39pour Hôtelsat.
27:40Merci beaucoup,
27:41Eric.
27:42Labaï d'avoir été avec nous,
27:43donc président du comité
27:44de surveillance
27:45des investissements d'avenir
27:46et donc président de Hôtelsat.
27:48Merci beaucoup.
27:49Dans un instant,
27:50deux invités d'abord
27:51qui sont justement
27:52les meilleurs présidents
27:53de la sphère publique
27:55des entreprises
27:55et des institutions.
27:56C'est Vincent Lapissière
27:57qui a mené
27:58une très longue enquête
27:59qui viendra nous dévoiler
28:01ce top 5 ou top 6.
28:03Et puis ensuite,
28:03c'est le patron
28:04du syndicat national
28:06de l'édition,
28:07Vincent Montagne,
28:09qui viendra
28:09à la fête du livre
28:10demain ou après-demain.
28:12On voit bien
28:12que le monde de l'édition
28:13est quand même
28:14en pleine turbulence.
28:15A tout de suite.
28:16BFM Business
28:17et la Tribune
28:17présentent
28:26Vous êtes bien
28:27dans le 18-19.
28:28Alors la question
28:29intéressante,
28:30c'est de savoir
28:30qui sont
28:31les meilleurs dirigeants
28:33des entreprises
28:34et des institutions
28:35publiques.
28:36Bonsoir,
28:37Vincent Lapissière.
28:38Bonsoir,
28:38Edwige Chevrillon.
28:39Merci d'être avec nous.
28:40Vous,
28:40vous avez mené
28:41une très longue enquête.
28:43Vous faites ça régulièrement.
28:44C'est la 11e édition.
28:47Vous avez interrogé
28:48160 journalistes
28:51français,
28:52anglo-saxons
28:53et à chaque fois
28:54vous nous posez la question
28:55avec trois critères
28:56en disant
28:56mais qui est,
28:57selon vous,
28:58le meilleur
28:59ou la meilleure dirigeante
29:00parce qu'on va avoir
29:01quelques surprises
29:01de la sphère publique
29:04française.
29:05D'abord,
29:06cette enquête,
29:06oui,
29:06les trois critères clés,
29:07c'est quoi ?
29:08C'est incarnation
29:09interne-externe,
29:11vision stratégique
29:12et capacité à délivrer
29:14et gestion des crises,
29:16c'est-à-dire
29:16toutes les occasions
29:18de mise sous tension
29:19de l'entreprise
29:19ou de l'institution.
29:20Oui.
29:21Alors,
29:21il faut quand même préciser
29:22que tout ça,
29:22ça s'inscrit
29:24dans un contexte
29:25politique quand même
29:27qui n'est pas...
29:28C'est une cacophonie
29:29populaire politique.
29:30En tous les cas,
29:30c'est ce qu'on peut dire.
29:31Donc,
29:32ce n'est pas évident
29:32quand vous dirigez
29:34une entreprise
29:35ou une institution publique
29:36où l'État
29:37est actionnaire
29:38ou a un rôle
29:40très important.
29:41Voilà.
29:42C'est tout à fait ça
29:42parce que depuis
29:43la dissolution,
29:44plus que jamais,
29:45cette sphère publique
29:46manque de stabilité,
29:49de visibilité
29:50et de sérénité.
29:51Il y a un chaos
29:53parlementaire,
29:53il y a une instabilité
29:55politique,
29:56il y a
29:57une incertitude
29:59budgétaire,
29:59il y a une
30:00détérioration
30:00des finances publiques,
30:02il y a
30:04un manque
30:05de visibilité
30:07parce que
30:07les programmations
30:08ou les feuilles de route
30:09ne sont pas données
30:10comme par exemple
30:10la programmation
30:11pluriannuelle de l'énergie
30:12ou les contrats
30:13d'objectifs et de moyens.
30:15Donc,
30:15on est dans une cacophonie
30:17et la cacophonie
30:18elle n'est pas loin
30:19de la cacocratie.
30:20Pour ceux qui ont fait du grec,
30:22cacos,
30:23mauvais
30:23et kratos,
30:24le pouvoir.
30:25Donc,
30:25c'est une mauvaise gouvernance
30:27et il est clair
30:28que
30:29compte tenu
30:30de ce vide politique,
30:32il y a
30:33un certain nombre
30:34de dirigeants
30:35du public
30:35qui,
30:36avec courage,
30:38en tant que
30:39patrons dans la cité,
30:41viennent
30:41combler
30:42ce vide politique
30:44en dénonçant
30:45un certain nombre
30:46de dérives,
30:47en parlant vrai
30:48et en énonçant
30:49un certain nombre
30:51de vérités.
30:52Alors,
30:54on peut savoir
30:55qui...
30:56D'abord,
30:57le top 5
30:57ou le top 6.
30:59Alors,
30:59le top 6,
31:00c'est un Nicolas Dufourc
31:01qui est considéré
31:03comme le meilleur dirigeant.
31:05Alors,
31:05c'est une banque,
31:06ce n'est pas une entreprise,
31:07c'est une banque publique
31:08d'investissement
31:09qui dépend
31:10de la caisse de dépôt
31:11et de l'État.
31:13Absolument.
31:13C'est la première fois
31:14dans l'étude
31:15que c'est un patron
31:17qui n'est pas issu
31:18d'une entreprise publique,
31:20grand public,
31:21industriel.
31:22D'habitude,
31:22c'est la Poste,
31:23c'est la SNCF
31:24ou CEDF.
31:25Là,
31:26ça en dit long
31:26que ce soit
31:27Nicolas Dufourc.
31:29Et puis,
31:29Nicolas Dufourc
31:31est le numéro 1
31:32mais ce qu'il faut voir
31:33c'est que
31:34parmi les candidats
31:36entre guillemets
31:37à ce palmarès,
31:38il y a plusieurs secteurs.
31:39Il y a les banques,
31:40il y a la Banque de France,
31:42il y a aussi
31:44les secteurs de la Défense
31:45forcément,
31:46que ce soit Dassault,
31:47que ce soit Thalès,
31:48il y a d'autres,
31:49il y a aussi Engie
31:50puisque l'État
31:51est actionnaire.
31:52En fait,
31:53ce palmarès,
31:54il est coloré
31:55par le vide politique
31:57dont je viens de parler
31:57et il est coloré
31:59évidemment
31:59par le contexte géopolitique.
32:01Ce n'est pas un hasard
32:02si dans les 5 premiers,
32:04il y en a 3
32:05qui sont issus
32:06du monde de la Défense.
32:07On est encore
32:08dans un contexte
32:09d'économie de guerre.
32:10Mais là encore,
32:11c'est coloré
32:12par la politique
32:12puisque
32:13il y a deux logiques
32:14qui s'affrontent.
32:15Vous avez
32:16la logique du numéro 2
32:18et du numéro 3,
32:19c'est-à-dire
32:19Patrice Kane de Thalès
32:20et Guillaume Faury
32:22d'Airbus.
32:23C'est une logique
32:24européenne.
32:25Ils ont fait
32:25Bromo,
32:26c'est-à-dire
32:27l'industrie,
32:28le Airbus spatial européen
32:29pour lutter
32:30contre SpaceX.
32:31Et puis,
32:32il y a la logique
32:33du numéro 2
32:34qui est celle
32:35d'Éric Trappier,
32:37d'Assaut Aviation,
32:37qui lui est
32:38un tenant
32:39de la souveraineté nationale.
32:41Et c'est la raison
32:42pour laquelle,
32:42parce qu'il réclame
32:44un leadership politique
32:45dans le projet
32:47SCAF
32:48de futur avion
32:50de combat européen,
32:51c'est la raison
32:51pour laquelle
32:52il demande
32:52le leadership
32:53de ce projet.
32:54OK.
32:55Et donc,
32:55lui,
32:55donc,
32:57mais au total,
32:58vous n'avez pas répondu.
32:59Après,
32:59on va vraiment rentrer.
33:00Il y a combien
33:01d'entreprises
33:02et d'institutions publiques ?
33:03Vous avez interrogé ?
33:0344.
33:0444.
33:05Dans 5 grands secteurs
33:06qui sont en fait
33:07les plus visibles
33:07parce que les plus régaliens,
33:09vous avez
33:09Aéronautique,
33:10Défense,
33:10Espace,
33:11vous avez
33:11Com et Télécom,
33:12Énergie,
33:13Finance et Transport.
33:15D'accord.
33:15Alors,
33:16numéro 1,
33:16vous l'avez dit,
33:17dévoilé,
33:18Nicolas Dufourc,
33:19BPI France.
33:19Nicolas Dufourc
33:20parce qu'il fait preuve
33:21d'une très grande indépendance,
33:22d'une très grande liberté de ton
33:24parce qu'il dit la vérité.
33:26Je veux dire,
33:27quand il dit
33:28le Père Noël
33:30a une haute vide,
33:33il n'a même plus
33:36de quoi acheter
33:38ses chaussures rouges
33:39et donc,
33:39il n'y a plus rien à attendre
33:41parce que l'État
33:42n'a plus d'argent.
33:43C'est quelqu'un qui dit
33:43qu'il est destructif.
33:45Il le dit fortement
33:46et en plus,
33:47il a deux chevaux de bataille,
33:50il a sorti deux bouquins
33:51fables,
33:52la désindustrialisation
33:53et la dette sociale.
33:54Donc,
33:55il occupe comme jamais
33:55le débat public.
33:57Donc,
33:57ça,
33:57c'est Nicolas Dufourc.
33:58Éric Trappier,
33:59vous avez dit,
34:00vous avez dit,
34:00c'est le mode impérator.
34:03Éric Trappier,
34:04c'est l'un des patrons
34:05les plus puissants de France
34:06et en plus,
34:07les journalistes l'adorent
34:08parce que c'est
34:08Tonton Flingueur.
34:09Il utilise la sulfateuse
34:10pour faire entendre
34:11sa parole tranchante
34:13et donc,
34:14effectivement,
34:15c'est l'équivalent
34:17du vice-ministre
34:18de la Défense.
34:19s'il vend le rafale
34:20comme jamais
34:21et il est vraiment
34:24l'un des patrons
34:25les plus puissants
34:26de France,
34:27l'équivalent
34:27de Patrick Pouyanné
34:28chez Total Energy.
34:29Alors,
34:30Patrice Cain,
34:31numéro 3,
34:32Thalès,
34:33patron de Thalès.
34:34Lui,
34:34d'abord,
34:35il a été
34:36le manager
34:37de l'année
34:37avec les BFM Awards
34:392025.
34:40Donc,
34:40vous le connaissez bien.
34:42Lui,
34:42sa force tranquille à lui,
34:43c'est la technologie.
34:44Il a fait pivoter
34:45Thalès comme jamais.
34:47C'est devenu
34:47une pépite technologique
34:49et il a lancé
34:50avec Guillaume Fauri
34:51le numéro 4,
34:53donc ce fameux projet
34:54bromo
34:55d'industrie spatiale,
34:57d'Airbus spatiale
34:59avec l'italien Leonardo.
35:00Oui.
35:01Guillaume Fauri,
35:02numéro 4.
35:03Moi,
35:03ce qui est quand même frappant,
35:04c'est que les 4 là,
35:06ils sont,
35:06si on regarde les notes,
35:08Nicolas Dufour,
35:08c'est 15,97,
35:10c'est très précis.
35:11Éric Trappier,
35:1215,66.
35:13Patrice Cain,
35:1415,55.
35:16Guillaume Fauri,
35:1715,37.
35:18Ça se fait dans un mouchoir
35:19de poche,
35:19en fait,
35:19quand même.
35:20Ce sont des très,
35:22très grands patrons.
35:23Oui.
35:23Il ne faut pas se cacher
35:24derrière ce qui doit.
35:24Ils sont quasiment tous
35:25au même niveau,
35:26en fait.
35:26Ce sont des très grands patrons.
35:29Ils ont une part de voix
35:31qui est très importante
35:32et ils ont un bilan
35:34qui joue en leur faveur.
35:36Ils sont très forts.
35:38Alors là,
35:39on est arrivé au 4.
35:40Alors le 5e,
35:41ça,
35:42ça va me faire plaisir.
35:43Catherine McGregor,
35:44la patronne d'Engie.
35:46Une femme,
35:46c'est la première fois
35:47depuis combien de temps ?
35:48Depuis 2008,
35:49depuis Anne Lauvergeon.
35:51Donc,
35:51il était temps
35:52qu'il y ait une femme.
35:54Donc,
35:54elle,
35:54elle est en mode combatif.
35:56Elle s'est imposée
35:57à la tête d'Engie.
35:58Elle a gagné en densité
36:00et en surface médiatique.
36:01Et j'ai envie de dire,
36:03ce qui s'est passé cette année,
36:04c'est qu'elle a pris
36:05fête et cause
36:06pour les ENR.
36:07Oui,
36:08les énergies renouvelables.
36:09Qui faisaient l'objet,
36:10elle aussi,
36:11et c'était percuté
36:12par l'agenda politique
36:13de 2027 des présidentielles,
36:15faisant l'objet
36:16de récupération
36:17et de calcul politique.
36:19Elle a pris fête et cause
36:20pour les ENR.
36:21Et j'ai envie de dire
36:22qu'elles sont les données,
36:23les moyens.
36:23Elle a eu le courage
36:24de faire un sondage.
36:25Résultat,
36:2685% de Français
36:27en faveur des ENR.
36:29Donc,
36:29ça a évidemment
36:30joué en sa faveur.
36:31Donc,
36:32ça,
36:32ça veut dire que
36:33c'est vrai
36:35que c'était une petite révolution.
36:36La prochaine révolution,
36:37c'est que ça soit
36:38une femme à la tête.
36:39Enfin,
36:40elle a 15 heures du 27,
36:41donc tout ça est encore une fois
36:42dans un mouchoir de poche.
36:44Le dernier,
36:45alors,
36:45ça fait un top 6,
36:46mais c'est vrai
36:47que c'est important
36:48de le souligner,
36:49un peu inattendu,
36:51parce que c'est le gouverneur
36:52de la Banque de France.
36:53La Banque de France,
36:54ce n'est pas une entreprise publique,
36:55évidemment,
36:56c'est une institution
36:58indépendante,
36:58même si elle est publique.
36:59C'est François Villerois de Gallo.
37:01Là,
37:01on retrouve un peu
37:02la même problématique
37:02que Nicolas Dufour.
37:03Avec Nicolas Dufour,
37:04c'est-à-dire qu'on vient
37:05combler un vide politique
37:08en dénonçant des dérives,
37:10en disant la vérité
37:11aux Français,
37:14avec un ton
37:15qui est un ton juste,
37:16c'est-à-dire
37:16ni anxiogène,
37:18ni bisounours,
37:19mais on est
37:20dans la dénonciation
37:22des dérives
37:22et notamment
37:23de la dette publique
37:24et du désordre budgétaire.
37:26En fait,
37:27il est venu
37:27un peu comme
37:28une lanterne
37:30dans ce débat
37:31du budgétaire
37:32qui a bien souvent
37:33sombré
37:34dans l'obscurité
37:35des ténèbres.
37:36On peut savoir
37:37qui sont les derniers
37:38ou vous préférez
37:39pas les dire ?
37:40Ce n'est pas significatif.
37:41Ce n'est pas significatif,
37:42voilà.
37:43Où est-ce qu'on peut
37:44retrouver votre enquête,
37:45enfin du moins
37:46le palmarès,
37:47sur notre site ?
37:48Bien sûr.
37:49Sur votre site ?
37:50Oui, sur le site.
37:51Il s'appelle comment ?
37:52V comme V.
37:52V comme V.
37:53Voilà.
37:54Merci beaucoup,
37:55Vincent.
37:55Merci, bonne soirée.
37:57Nicolas Dufour,
37:58Eric Trapier,
37:59Patrice Kane,
37:59Guillaume Faurie,
38:00Catherine Magrégor
38:01et François Villerois-Gallot.
38:03Merci beaucoup
38:04d'avoir été avec nous.
38:05Tout de suite,
38:06un changement de sujet,
38:07on va parler d'une fête
38:08de famille,
38:08fête de famille,
38:09la fête du livre
38:10avec l'ouverture
38:11demain
38:12du Festival du livre.
38:14Mon invité,
38:14c'est Vincent Montagne,
38:16le président
38:16du syndicat national
38:17de l'édition.
38:19BFM Business
38:20et la Tribune
38:21présente
38:24le 18-19
38:25d'Edwige Chevrillon.
38:28C'est un moment
38:29toujours attendu
38:30dans l'édition,
38:31c'est de la grande fête annuelle
38:33qui ouvre donc
38:33ses portes demain
38:34au Grand Palais.
38:36Bonsoir,
38:36Vincent Montagne.
38:37Bonsoir,
38:37Edwige Chevrillon.
38:38Merci d'être avec nous.
38:39On sait que vous devez
38:40être très occupés.
38:41Vous êtes donc
38:42président du syndicat
38:43national de l'édition
38:44et vous êtes aussi
38:45président de Média
38:46participation.
38:47C'est le troisième,
38:48quatrième groupe ?
38:50Disons le quatrième,
38:52c'est plus simple.
38:52On va rester le quatrième.
38:54Alors,
38:54on va parler évidemment
38:56de cette grande fête du livre
38:57au Grand Palais
38:59avec beaucoup d'innovation,
39:00avec comme invité d'honneur
39:01la BD.
39:03La BD,
39:03vous connaissez bien
39:04parce que,
39:05on va dire,
39:05toutes les grandes maisons
39:06d'édition sont chez vous,
39:07vous appartiennent,
39:08Vincent Montagne.
39:09Mais c'est vrai
39:10que c'est ça
39:10que lisent aujourd'hui
39:11les jeunes.
39:12On va parler quand même
39:12du problème de la lecture.
39:14Mais je suis obligée
39:15de commencer par dire
39:16que cette fête de famille,
39:17elle est quand même
39:18un peu brouillée,
39:22tendue,
39:22sous tension
39:23avec ce départ hier
39:24d'une des figures
39:25emblématiques de l'édition
39:27que vous connaissez bien,
39:28bien sûr.
39:29C'est donc Olivier Norat,
39:30le patron de Grasset.
39:32Grasset qui appartient
39:33à la maison Hachette,
39:34à Vincent Bolloré.
39:36Comment est-ce qu'on a vu
39:37qu'un collectif
39:38est en train de se mettre
39:38en place ?
39:39Il y a des auteurs,
39:41Bernard-Henri Lévy,
39:43Jean-Chalandon
39:43qui ont dit qu'en tous les cas,
39:45ils n'en avaient pas
39:46à en rester là.
39:47Vous,
39:48vous êtes dans quelle position ?
39:49Qu'est-ce que vous pouvez dire
39:50en tant que président
39:50de l'édition française ?
39:52Vous êtes un peu
39:54le pape de l'édition.
39:55Mais en même temps,
39:56là,
39:56il faut rassurer tout le monde.
39:57Vous avez raison
39:58de dire que c'est une famille.
40:00L'édition est une petite famille
40:03au sens où
40:05c'est un chiffre d'affaires faible
40:06et en même temps,
40:08elle est extrêmement emblématique.
40:10Et quand on a affaire
40:11à Olivier Norat
40:12qui est un grand patron
40:13qui a été à la tête
40:14de Grasset
40:16depuis 26 ou 27 ans,
40:17qui a vraiment
40:19transformé Grasset,
40:20qui sort 150 nouveautés
40:23chaque année,
40:24eh bien oui,
40:25c'est un peu un séisme.
40:26Alors,
40:28après,
40:29je pense qu'il faut le vivre
40:30aussi comme un différent
40:31ou des différents éditoriaux
40:33entre le patron
40:33de Grasset
40:35et, évidemment,
40:37son actionnaire.
40:39je crois qu'il faut peut-être
40:41attendre un peu
40:42avant d'être trop emphatique.
40:46c'est en tout cas
40:48un virage brutal.
40:50Je crois qu'il faut le vivre
40:51aussi comme ça.
40:54Grasset ne venait pas
40:55au festival du livre
40:56parce qu'il n'avait pas
40:57de nouveautés importantes
40:58et pas de dédicaces.
41:00et puis Achète,
41:01on verra,
41:01Achète quand même,
41:02les principales maisons
41:03ne viennent pas non plus
41:04parce qu'ils ont fêté
41:05leurs 200 ans.
41:05c'est l'argument officiel
41:07en tous les cas,
41:07on va dire.
41:08Mais on peut rajouter
41:09quand même que,
41:10vous savez,
41:11Achète,
41:12c'est 60 ou plus
41:14maisons d'édition.
41:15Il y en avait 8
41:15l'an dernier.
41:16Il y en a 4 cette année.
41:17Il faut peut-être
41:18un peu relativiser.
41:20Quand même,
41:20je reviens un instant
41:21sur Olivier Nora.
41:23Pour vous,
41:24c'est révélateur de quoi ?
41:27De la brutalité
41:28qu'il y a au sein
41:28du groupe Achète ?
41:29C'est quoi ?
41:30Non,
41:31je pense que c'est un...
41:32Alors,
41:32c'est certainement
41:33un changement d'époque,
41:34un changement
41:35de cap,
41:37d'actionnaire.
41:39Et donc,
41:40aussi,
41:41je pense qu'il faut
41:42se rendre compte
41:43que l'édition
41:46vit des changements
41:47importants,
41:47des changements économiques.
41:48C'est quand même
41:49un secteur
41:51dans lequel
41:51la lecture,
41:53la lecture de la littérature
41:54qui se défend bien
41:55mais qui est quand même
41:56en baisse,
41:57que les jeunes
41:58lisent moins.
41:59Donc,
41:59c'est des évolutions aussi
42:00un peu structurelles
42:02que nous sommes
42:02en train de vivre.
42:03Il y a une vraie...
42:04Oui,
42:04c'est même
42:05très structurel.
42:06Juste encore un point,
42:07parce que c'est structurel
42:09ou conjoncturel,
42:11on voit que la politique
42:12fait son entrée
42:13quand même
42:13beaucoup dans l'édition.
42:15Alors,
42:15ça a toujours été le cas
42:16parce que tous les hommes
42:17politiques ont publié
42:18ou publient des livres.
42:19Mais là,
42:20on voit bien que,
42:21par exemple,
42:22au HDS,
42:22c'est un virage à droite.
42:23Est-ce que c'est ça
42:24que vous redoutez
42:25en tant que président
42:27du syndicat de l'édition ?
42:29Je crois que ça a toujours
42:30été très imbriqué.
42:33C'est vrai aussi
42:34par rapport à la presse.
42:35Vous avez beaucoup de...
42:37À toute époque,
42:38des hommes politiques...
42:39Vous savez,
42:40vous parlez du groupe Hachette,
42:42il y a tout un débat
42:43par rapport à Louis Hachette
42:46au Parlement
42:47sur le fait
42:48que les relais en gare
42:50sont peut-être promoteurs
42:52de telle ou telle ligne éditoriale.
42:54Je pense que c'est vrai
42:55à toutes les époques.
42:56Vous sortez d'une audition au Sénat ?
42:57Vous sortez d'une audition au Sénat ?
42:58Là-dessus ?
42:59Alors,
43:00l'audition au Sénat,
43:02elle portait sur le livre d'occasion
43:03et sur tout ce que nous faisons
43:05et tout ce qui inquiète
43:06à juste titre
43:08les parlementaires
43:09par rapport à l'évolution
43:10du livre et de l'édition.
43:11Oui.
43:12Alors,
43:12justement,
43:13on va revenir maintenant
43:14sur le festival du livre.
43:18Peut-être parce qu'on va
43:19parler de ce contexte.
43:21Il y a une baisse de la lecture,
43:22une baisse du chiffre d'affaires,
43:23de l'édition.
43:25En 2025,
43:26il est de combien
43:26le chiffre d'affaires de l'édition ?
43:28Il est autour de 4 milliards
43:31de prix public
43:33et ça représente
43:35à peu près 50 000
43:37nouveaux livres par an.
43:40paradoxalement,
43:40on dit qu'il y a
43:41une surproduction
43:41mais il y a une forme de baisse
43:43aussi du nombre de romans,
43:46une baisse de 20%
43:48depuis 2019.
43:49Donc,
43:49il y a des ajustements
43:51qui se font.
43:53Néanmoins,
43:54beaucoup de gens
43:55veulent écrire.
43:56Il n'y a jamais eu
43:56autant d'auteurs
43:58de gens qui veulent écrire.
44:00Je pense que le temps
44:01fait que les gens
44:02se posent beaucoup
44:03de réflexions
44:04et j'ai envie de dire
44:05la lecture
44:07est probablement
44:08ce qui toucherait
44:09le plus les gens
44:10s'ils avaient le temps
44:11de lire.
44:12C'est-à-dire,
44:12et donc,
44:13c'est une problématique
44:14des écrans
44:16par rapport au papier.
44:17lire un livre,
44:18c'est exigeant.
44:19Absolument.
44:20Et alors là-dessus,
44:21il y a deux chiffres
44:22qu'on va vous montrer
44:23en tous les cas
44:23pour ceux qui nous regardent
44:25à la télévision
44:25qui montrent que,
44:26un,
44:27les jeunes,
44:28c'est une enquête
44:30qui a été conduite,
44:31qui montre que
44:32le temps de lecture
44:33des jeunes
44:34comparé au temps
44:35d'écran,
44:36vous avez un énorme
44:38bloc,
44:39c'est 180 heures
44:41en tous les cas,
44:42et puis en dessous,
44:43vous avez tout petit
44:44écrit,
44:45c'est le temps
44:46de la lecture.
44:47Ça, c'est quand même
44:48sans doute
44:48le gros problème
44:49pour vous,
44:50c'est la confrontation,
44:51la concurrence
44:52des réseaux sociaux,
44:53du portable
44:54pour les jeunes.
44:55C'est un paradoxe
44:57parce que vous allez avoir
44:58pendant trois jours...
44:59181 minutes,
45:00pardon,
45:00bien sûr.
45:01Oui,
45:02vous allez avoir
45:02pendant trois jours
45:04au festival du livre
45:0643% de jeunes
45:07de moins de 25 ans
45:08sur 120 000 participants.
45:11Donc,
45:11il y a 1800 auteurs
45:13et autrices,
45:14il y a 3000 dédicaces
45:16et notamment
45:17en new romances
45:19avec la bande dessinée,
45:20les mangas,
45:21il y a beaucoup de jeunes.
45:22Donc,
45:23on ne peut pas dire
45:23qu'il y a une désaffection
45:26de la lecture
45:27pour les jeunes,
45:28il y a une désaffection
45:29plus profonde
45:30du temps de lecture
45:31pour absolument
45:32tout le monde.
45:33Et la baisse
45:34la plus significative,
45:35elle est chez les 50-65 ans.
45:38D'accord.
45:39Oui,
45:39intéressant.
45:40Je reviens
45:41chez les jeunes
45:42de 7 à 19 ans,
45:42c'est 181 minutes par jour
45:44et puis,
45:46ça,
45:46c'est sur les écrans
45:47et 18 minutes par jour
45:49en lecture papier.
45:51c'est quand même
45:52un peu impressionnant.
45:54C'est impressionnant.
45:56Je voudrais quand même
45:57rajouter que nous vendons
45:58aussi beaucoup
45:59de livres numériques.
46:00Donc,
46:01je ne sais pas exactement
46:02comment on peut
46:03distinguer
46:04ce qui est sur les écrans
46:06qui n'est pas
46:06du livre
46:08et ce qui est
46:08du livre.
46:09Donc,
46:09il faut peut-être
46:10être un peu plus
46:11en retraite
46:12de ces chiffres.
46:14néanmoins,
46:14la vraie vie,
46:15c'est que
46:15les écrans
46:16et les réseaux sociaux
46:18sont très importants.
46:19Et vous allez avoir
46:21450 journalistes
46:22accrédités
46:23et 250 influenceurs.
46:25Et les influenceurs,
46:26on les retrouve
46:27aussi sur les réseaux.
46:29Oui.
46:29Alors,
46:29là,
46:30il y a aussi,
46:30quand on regarde
46:31la liste que j'ai devant moi
46:32de toutes les maisons d'édition,
46:34il y a 450
46:35maisons d'édition
46:36qui viennent
46:36à ce festival du livre.
46:37Alors,
46:38il manque
46:39certaines grandes,
46:40on l'a dit,
46:43Fayard,
46:43Plon,
46:44etc.
46:44Mais,
46:45il y a beaucoup
46:46de petites maisons d'édition
46:48qui montrent quand même
46:50qu'il y a vraiment
46:50de l'énergie
46:51dans ce milieu d'édition.
46:53Les gros maçons
46:53donc sont en difficulté
46:55ou sont en crise.
46:56On voit aussi
46:57chez Détis,
46:57c'est très compliqué.
46:58Mais il y a plein
46:59de petites maisons d'édition
47:00qui,
47:01elles,
47:01marchent plutôt bien.
47:02Ils arrivent.
47:03Ils sortent
47:03peut-être
47:04une petite dizaine
47:05de livres.
47:06Ça,
47:07c'est...
47:07la vivacité
47:08quand même
47:09de l'édition.
47:09C'est une des raisons
47:10aussi pour lesquelles
47:11on avait envie
47:13de l'appeler
47:13le festival.
47:14C'est-à-dire
47:14qu'il y a
47:15un renouvellement,
47:16il y a beaucoup
47:17de petites maisons d'édition,
47:19il y a aussi
47:20un lectorat
47:20qui change.
47:21C'est-à-dire
47:22le lectorat
47:22un peu traditionnel
47:24des grandes maisons
47:25de littérature
47:27vient moins
47:27et c'est remplacé
47:30par un lectorat
47:31peut-être plus jeune
47:32et qui est moins
47:33à la recherche
47:34du fond
47:35et plus à la recherche
47:36de la nouveauté
47:37et de la prescription.
47:38Jamais la prescription,
47:40les prix littéraires
47:41n'ont eu autant
47:41d'influence
47:42sur notre production éditoriale.
47:43Qu'est-ce qui marche
47:44aujourd'hui ?
47:45Alors la BD,
47:45ça tombe bien.
47:46Je disais,
47:47c'est l'invité d'honneur.
47:48Du reste,
47:48si on peut montrer
47:49pour ceux qui nous regardent
47:50la télévision,
47:50vous avez une magnifique affiche.
47:52Elle est fantastique.
47:53oui, qu'on voit partout
47:54dans Paris.
47:55C'est François
47:56qui nous a fait
47:57cette superbe affiche.
48:00Pourquoi l'invité d'honneur
48:03la bande dessinée ?
48:04À part le fait
48:05que vous défendez ça
48:07ce secteur depuis longtemps,
48:08évidemment.
48:09C'est surtout
48:10qu'Angoulême,
48:11malheureusement,
48:12n'a pas eu lieu
48:13et nous avons voulu
48:14inviter
48:16la bande dessinée
48:17pour relever le gant.
48:18Le festival d'Angoulême,
48:20on veut dire
48:20qui c'est pour des raisons
48:21internes de gouvernance
48:23donc qui a été annulé
48:24alors que c'est le festival
48:26justement pour la bande dessinée.
48:27Et nous espérons
48:28qu'il aura lieu
48:30en janvier prochain
48:30à Angoulême.
48:32C'est très important.
48:32Très important.
48:33Alors sinon,
48:34quels sont les grands secteurs
48:36qui marchent ?
48:36La littérature générale,
48:37ça reste quand même le...
48:38Alors la littérature générale
48:40fait un score
48:42à l'équilibre
48:43auquel il faut ajouter
48:44puisqu'on est à plus 6%
48:48à cause d'un titre,
48:50plutôt une série de titres
48:50qui truste 6 places sur 10
48:53qui est la femme de ménage.
48:54Vous avez entendu parler.
48:55Oui, bien sûr.
48:56J'ai l'argent de l'UQA.
48:58Que ce soit en poche
48:59chez Jélu
49:00ou chez Citi,
49:03c'est vraiment un titre
49:05qui a enflammé un peu
49:06et qui a envoyé
49:08beaucoup de monde
49:09en librairie.
49:10Je voudrais rajouter un point,
49:12c'est le pass culture
49:14qui est très important.
49:15Oui, on va revenir.
49:16Juste là,
49:17je voudrais savoir
49:17les secteurs qui marchent.
49:18On regarde la littérature générale,
49:19c'est grosso modo,
49:20c'est quoi ?
49:21C'est 35,
49:21c'est 40% du marché à peu près ?
49:23Un peu moins, 30%.
49:2430%, d'accord.
49:25Ensuite, c'est quoi ?
49:26Bien, après,
49:27autour de 15, 20%,
49:29vous avez la bande dessinée,
49:30les mangas
49:31et puis vous avez
49:33le livre jeunesse
49:34qui est très important
49:35puis après,
49:35il y a un certain nombre
49:36de secteurs.
49:37Il y a des secteurs
49:38un peu plus en difficulté,
49:40c'est tout ce qui est guide
49:42de voyage
49:43et pourtant,
49:44nous avons pris le thème
49:45du voyage
49:45pour le festival du livre.
49:47Oui, c'est le deuxième thème,
49:48c'est le voyage intérieur,
49:50la romance.
49:51Le digital,
49:52alors ça,
49:52c'est un chiffre aussi
49:53qui m'a fait rester
49:54un peu étonnée.
49:57C'est,
49:58et ça reste toujours
49:59à 10%
50:00le livre,
50:00le digital.
50:01En même moins,
50:03le digital est appris
50:05complètement sur
50:06les livres professionnels,
50:08c'est-à-dire le droit,
50:09la médecine,
50:10mais lorsqu'on est
50:11en littérature,
50:12le digital tourne
50:14plutôt autour
50:15de 5,
50:156%
50:16et on est,
50:17c'est la même chose
50:18par exemple
50:19en Allemagne.
50:20Donc,
50:21autant...
50:22On s'en souvient,
50:23d'être venu plusieurs fois
50:24sur ce plateau
50:24à Saint-Montagne,
50:25on disait
50:25la révolution du digital
50:27qui va complètement
50:28prendre la place
50:29du livre papier
50:30et puis en fait,
50:31non,
50:31il y en a un qui marche bien,
50:32c'est les livres audio,
50:33mais sinon,
50:34le papier reste...
50:35Un livre reste un livre.
50:37Alors,
50:37la raison,
50:38c'est que c'est une politique
50:39de l'offre
50:39et que les gens aiment bien
50:40avoir un livre
50:41et donc,
50:41c'est le réseau des librairies
50:43qui,
50:43en France,
50:44d'ailleurs comme en Allemagne,
50:45reste très important.
50:46Si le digital aux Etats-Unis
50:48a pris
50:49et est plutôt à 26,
50:5127%,
50:52c'est dû au fait
50:53qu'il y a peu de librairies.
50:54Oui,
50:54mais ça continue,
50:55c'est-à-dire,
50:55certes,
50:55il y a des fermetures de librairies,
50:57mais il y a des ouvertures
50:58de librairies.
50:59Donc,
50:59c'est quand même
51:00un marché
51:01qui reste
51:02très vivace.
51:03Très fort,
51:04il y a des créations
51:05de maisons d'édition,
51:06il y a des créations
51:08de librairies,
51:09mais sur un train
51:10de structure du réel
51:11quand même
51:11un peu en baisse.
51:13Il faut quand même dire
51:13quand il y a des guerres,
51:15les gens vont quand même
51:16moins à la librairie.
51:17Par contre,
51:17quand il y a le Covid,
51:18les gens y sont allés.
51:19Voilà,
51:19on a connu ça
51:20pendant la guerre du Golfe,
51:22on était à moins 25%
51:24en 1991.
51:25Donc,
51:25vous voyez,
51:26je crois qu'il faut
51:26aussi relativiser ses baisses.
51:28Là,
51:29vous n'avez pas les chiffres
51:31depuis le 28 février,
51:33le début de la guerre
51:34en Iran ?
51:34Non,
51:35mais le mois de mars
51:37quand même
51:37est à moins 5%,
51:38donc c'est un mois
51:41plutôt très faible.
51:43Mais je rappelle
51:44que petit à petit,
51:47l'essentiel des ventes
51:49se focalise
51:50sur la fin de l'année
51:50pour le livre
51:52parce que le livre
51:52reste un des cadeaux
51:55préférés des Français.
51:57est-ce qu'on n'est pas
51:57dans un marché aussi
51:59à deux vitesses,
52:00peut-être à trois,
52:01c'est-à-dire,
52:01il y a vraiment
52:01les stars,
52:03la femme de ménage,
52:05on peut dire
52:05Nicolas Sarkozy
52:06qui vont très,
52:07très,
52:07très bien.
52:09Et puis,
52:09en dessous des livres
52:11qui se vendent,
52:12il y a 4-5 000,
52:13on va arriver à 10 000.
52:14Vous voyez,
52:14il y a vraiment
52:15une différence énorme
52:17au sein de l'édition.
52:18Oui,
52:20c'est ce que je disais
52:21quand je disais
52:22que les prix littéraires
52:23et les influenceurs
52:26et les réseaux
52:26poussent beaucoup
52:29une petite catégorie
52:30de livres,
52:31mais qui peuvent être
52:32improbables.
52:33Vous voyez,
52:34la femme de ménage,
52:35il y a deux ans,
52:36on n'en parlait pas,
52:37c'est un best-seller absolu.
52:39Donc,
52:40il faut aussi
52:40ne pas,
52:42il faut résister
52:43à la tentation
52:44de publier moins,
52:46et il faut aussi
52:47prendre des risques.
52:48C'est un métier
52:50prototypique,
52:51c'est-à-dire
52:51chaque livre
52:52est un événement.
52:53Vincent Montagne,
52:54en conclusion,
52:54on revient sur
52:55le festival du livre,
52:56parce qu'il va y avoir
52:57des nocturnes.
52:58Un,
52:58vous voulez avoir des jeunes,
52:59donc ça,
53:00vous vous poussez,
53:01c'est vraiment,
53:01j'ai envie de dire,
53:02tout est fait justement
53:03pour attirer des jeunes.
53:04Il va y avoir
53:04des dédicaces,
53:05il va y avoir
53:06des rencontres.
53:07Et il y a un nocturne
53:09vendredi soir,
53:11là autour,
53:11alors là,
53:12ça sera du voyage culinaire,
53:13comme quoi,
53:14tout est bon
53:14pour attirer les lecteurs.
53:16Oui,
53:17mais tous les pays
53:18ont une tradition culinaire,
53:20parce que,
53:20s'il y a une chose
53:21que nous partageons
53:24avec tous,
53:24c'est qu'on mange
53:25chaque jour,
53:26enfin,
53:26il le faut,
53:27et donc c'est très important.
53:29Je voudrais ajouter
53:31sur le fait,
53:31par rapport à cette jeunesse,
53:34c'est que,
53:34il y a une dimension
53:37de la fête
53:39qui est née aussi
53:40dans cette rénovation,
53:43et quand on voit
53:44des queues
53:44de 300 ou 400 personnes
53:46pour un livre
53:48en new romance,
53:48c'est assez impressionnant,
53:49et les inscriptions
53:51sont extraordinairement
53:53en progression.
53:54On va avoir
53:558000 scolaires,
53:57donc en progression
53:58de 20%,
54:00et bien sûr,
54:02les passes
54:03un jour et trois jours
54:04sont presque complets.
54:05Et les passes culture,
54:06voilà.
54:07A vie aux amateurs.
54:08Oui,
54:08à vie aux amateurs.
54:09Donc,
54:09quelque part,
54:10vous vous défendez,
54:11mais c'est un peu le cas,
54:13le renouveau de la lecture.
54:15Exactement.
54:15La redécouverte,
54:16en fait,
54:16de la lecture.
54:17C'est un vrai objectif,
54:20c'est un challenge
54:21pour toute la profession.
54:22Merci beaucoup,
54:23en tous les cas,
54:23d'être passé par
54:24la série de BFM Business,
54:25parce que j'imagine
54:26que là,
54:26vous avez été
54:26dans les charbons ardents,
54:27surtout avec,
54:28on disait,
54:28une actualité
54:29un peu chargée,
54:30un peu lourde.
54:31Festival du Livre,
54:32donc c'est au Grand Palais,
54:33ça ouvre,
54:34enfin demain soir,
54:34c'est la grande inauguration,
54:36mais c'est surtout
54:36à partir de vendredi,
54:38samedi,
54:38dimanche.
54:39Merci d'avoir été avec nous,
54:40merci à tous,
54:41voilà,
54:41c'est la fin du 18-19,
54:43on se retrouve bien sûr
54:44demain,
54:44tout de suite,
54:45Stéphanie Collot
54:45pour son journal de l'écho.
54:49Le 18-19
54:50d'Edwige Chevrillon
54:51sur BFM Business.
Commentaires