00:00Frédéric nous rejoint, Frédéric Ducrozet justement, il suit très près les enjeux monétaires pour nous,
00:04PICTOS Management en charge de l'avenir finalement.
00:07Bonjour Frédéric, on est ravi de vous retrouver.
00:10Voilà, imaginons si ABC donne de justes informations aujourd'hui,
00:14si effectivement ça se confirme et que le département de la justice abandonne ses poursuites vis-à-vis de Jérôme
00:18Powell,
00:19qu'est-ce que ça changera pour l'avenir de la Fed ?
00:21Ça peut accélérer effectivement le processus de nomination effective de Kevin Warch,
00:27dont on a entendu à nouveau les vues, les convictions et les objectifs lors de son audition cette semaine.
00:36Quelque part les détails un peu juridiques, obscurs, qui vont nous amener à cette arrivée de Kevin Warch
00:44n'ont pas beaucoup d'importance.
00:45Ce qui compte je pense c'est trouver une voie de sortie pour que le président sauve la face,
00:49continue ses attaques éminemment politiques contre l'ancien président de la Fed, Jérôme Powell,
00:54et puisse dire quelque part c'est pas moi, c'est un juge qui a décidé qu'on abandonnait ces
00:58poursuites.
00:59Il y en avait une autre, le 3 mai, le même département de justice a une échéance
01:04au-delà de laquelle il ne pourra plus faire appel de cette décision,
01:07donc on aurait pu imaginer qu'il s'abandonnait quelque part par défaut cette poursuite également.
01:11C'est un détail, ce qui compte c'est que de toute façon d'ici juin ou au plus tard
01:15la réunion suivante,
01:16Kevin Warch sera effectivement le nouveau président de la Fed en effectif.
01:21Et que là, les vraies questions et les vraies difficultés peut-être commencent sérieusement pour ce nouveau-delà.
01:25Oui, c'est le BIC confirme effectivement cette information comme quoi le DOJ abandonne la charge criminelle contre Jérôme Powell.
01:32En attendant, on a beaucoup parlé quand même de Kevin Warch cette semaine,
01:35il y aura la semaine prochaine la dernière réunion de Jérôme Powell.
01:40Comment vous avez regardé cette audition et justement la confiance un peu de Kevin Warch dans le fait que l
01:47'IA n'allait pas amener de problèmes sur l'inflation ?
01:52Et cette phrase, l'inflation est un choix, comment vous l'interprétez ?
01:57Kevin Warch est quelqu'un d'extrêmement intelligent, extrêmement expérimenté et également extrêmement politique.
02:03C'est un animal politique et c'est une audition dans laquelle il devait faire la preuve de son indépendance.
02:08Ce qu'on a aussi retenu, c'est qu'il a refusé de dire que le président lui avait demandé
02:13de s'engager à baisser les taux,
02:14alors qu'en pratique, qu'on peut avoir de sérieux doutes, ou en tout cas, on joue sur les mots.
02:18Il lui a demandé est-ce qu'il serait prêt à soutenir une baisse de taux, ce qui est quelque
02:21part la même chose.
02:22Il a probablement bien « performé » dans cet exercice-là, rempli ses objectifs, coché toutes ses cases et devrait
02:30être confirmé, c'était l'objectif principal.
02:32Mais vous avez raison, cette vue plus fondamentale basée sur l'IA et le caractère désinflationniste de ce boom de
02:40productivité,
02:41c'est ce qu'on attend, les marchés attendent de Kevin Warch comme justification principale d'une baisse de taux.
02:46Sauf que d'ici là, ça c'est un peu une grande idée théorique, en pratique on a des fragilités
02:52sur le marché du travail,
02:53il a été plutôt confiant sur la stabilité de ce marché du travail, reste à voir si les données le
02:58confirmeront, cette vue.
02:58L'inflation bien sûr, qui est en train d'accélérer et pas de revenir à la cible, on a eu
03:02tout un débat sur la bonne mesure,
03:04on peut toujours changer le curseur, il faudra qu'ils réussissent à convaincre ses collègues.
03:08Et puis les réformes de fonds qui sont là pour le coup très très importantes sur la communication de la
03:12Fed,
03:13les dot plots, est-ce qu'il va tout changer, le nombre de conférences de presse, la façon dont on
03:17communique.
03:17Il y a beaucoup beaucoup de choses qui vont nous occuper pendant un bon moment, je pense, à l'écouter
03:21dans les prochaines réunions de la Fed.
03:24C'est vrai, donc vous le disiez Aude, nouvelle audition à venir, ce n'était pas la seule, il y
03:28en a eu une et il y en aura d'autres d'ici à son arrivée à la tête de
03:30la réserve fédérale américaine.
03:31Oui parce que ça doit venir à la mi-mai, donc il y en aura d'autres et évidemment il
03:35y aura le vote.
03:36Il n'est pas au bout de sa course d'obstacles Kevin Walsh, mais enfin il y a un gros
03:39obstacle sur le calendrier qui est en train de se lever,
03:40donc d'après les médias américains CNBC et ABC, le département de la justice abandonne ses poursuites contre Jérôme Powell,
03:49ce qui était la condition pour que Jérôme Powell termine véritablement son mandat à la date qui était prévue le
03:5415 mai.
03:54Sinon il y avait le risque, du point de vue de Donald Trump, en tout cas le risque que Jérôme
03:57Powell prolonge.
03:58Tant qu'il y avait ces poursuites judiciaires, là les poursuites sont sur le point d'être levées par le
04:01département de la justice, nous disent les médias américains.
04:03Voilà, ce qui donc pose un peu le calendrier de l'arrivée de Kevin Walsh.
04:07Frédéric, ici en Europe, alors on est un peu plus impacté que les américains par le conflit au Moyen-Orient,
04:11on a eu la confiance des ménages français qui subit en avril sa plus forte baisse depuis le début du
04:15conflit en Ukraine.
04:16Le conflit des ménages en ce moment en Berne, plus forte baisse depuis mars 2022, et en zone euro, les
04:20PMI qui repassent en contraction.
04:22Comment vous regardez cette perte de confiance ici en Europe ?
04:26J'allais dire que ça pourrait même être pire.
04:28Quand on imagine les conséquences indirectes, ensuite on a le premier effet pour l'instant sur les prix à la
04:33pompe.
04:33On pourrait avoir des effets indirects sur tout un tas d'autres prix de commodité, y compris de prix alimentaires,
04:41in fine, sur la chaîne de production.
04:42On a malheureusement un environnement qui n'est pas propice, c'est le moins qu'on puisse dire, à des
04:46dépenses, à des investissements.
04:49Et les taux d'intérêt qui pourraient en plus par-dessus le marché augmenter si elle a baissé pas la
04:53semaine prochaine,
04:54mais peut-être plus tard, venaient à monter les taux d'intérêt, à mon avis.
04:57Ce serait une erreur, mais c'est pas la question, parce que peut-être qu'elle n'aurait pas le
05:01choix.
05:01Donc, quelque part, ça tient encore.
05:04On a une croissance que les PMI indiquent autour de zéro.
05:07On n'est pas en train de faire face à une chute brutale de l'activité, y compris en France,
05:11y compris de la consommation.
05:12Ça tient encore raisonnablement.
05:14Et dans le marché des services, on a vu que la faiblesse vient, et là aussi c'est logique,
05:18de tout ce qui est lié au transport, au coût de logistique et autres qui sont impactés les premiers.
05:22Il faut espérer, c'est toujours la même logique assez évidente et naïve,
05:27que ce conflit vienne à se résoudre rapidement,
05:31et que surtout le trafic dans le détroit de Hormuz reprenne au moins graduellement dans les jours qui viennent.
05:36Il y a un peu d'espoir avec un cours du pétrole qui repasse sous les 100 dollars cet après
05:39-midi,
05:39parce que le Pakistan nous explique, mais c'était le même scénario vendredi dernier,
05:42donc on va le dire avec prudence, mais le Pakistan nous explique que les Iraniens arriveraient ce soir à Islamabad,
05:46le ministre iranien des Affaires étrangères arriverait ce soir à Islamabad,
05:49cette fois pour discuter avec les Américains.
05:51Voilà ce que nous dit un responsable pakistanais,
05:53ça reste largement à confirmer, mais les cours du pétrole repassent sous les 100 dollars à 99 pour le Brent.
05:58Merci beaucoup Frédéric de nous avoir accompagné.
05:59Frédéric Ducrozet, PICTOS Management.
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