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  • il y a 4 mois
Mercredi 17 septembre 2025, retrouvez Alexandre Fayeulle (Président et fondateur, ADVENS), Catherine Brennan (Directrice des opérations, Birdeo), Romain Linke (Directeur général, CIEL D'AZUR LABS), Damien Binois (Fondateur, Nossa) et Carole Davies-Filleur (Directrice Générale, Archery Sustainability) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:00Bonjour, bonjour à toutes et à tous, bienvenue, c'est Smart Impact, l'émission de la transformation environnementale et sociétale de notre économie.
00:16Voici le sommaire du jour, le président et fondateur d'Advents, invité du grand entretien tout à l'heure, Alexandre Fayol,
00:22publie vulnérable le récit de sa maladie, de ce qu'elle a changé dans sa façon de diriger son entreprise, puis aussi l'aventure du dernier Vendée Globe avec deux bateaux engagés.
00:33Auparavant, je reçois dans une minute Romain Link, le directeur général de Ciel d'Azur Labs, qui formule et fabrique des cosmétiques bio.
00:44C'est un marché, ça représente un peu plus de 6% du marché de la beauté en France, les cosmétiques bio.
00:48Dans notre débat, on se demandera comment intégrer les objectifs RSE des entreprises, métier par métier, conditions indispensables, vous le verrez,
00:56pour que la durabilité soit réelle, elle soit stratégique.
01:00Et puis dans notre rubrique Smart Ideas, vous découvrirez NOSA et ses produits à base d'assaï, c'est une baie réputée pour ses pouvoirs anti-Occident et anti-cholestérol.
01:10Voilà pour les titres, c'est Smart Impact, tout de suite.
01:18L'invité de ce Smart Impact, c'est Romain Link, bonjour.
01:23Bonjour Thomas.
01:23Bienvenue, vous êtes directeur général de Ciel d'Azur Labs.
01:26Je veux bien que vous présentiez l'entreprise en quelques mots pour commencer.
01:29Oui, alors brièvement, Ciel d'Azur Labs, ça va être difficile parce que Ciel d'Azur Labs, c'est une société pionnière dans le monde de la bio,
01:38puisqu'elle a plus de 30 ans, fondée par Michel Touvron, qui est toujours la tête de la société.
01:42Donc c'est une PME familiale, on est basé en Provence et on conçoit, fabrique et distribue des cosmétiques et des compléments alimentaires certifiés bio.
01:54Le bio, il est dans l'histoire de l'entreprise depuis le début, c'est-à-dire elle s'est créée pour faire des cosmétiques bio ou alors c'est venu plus tard ?
02:03Oui, l'entreprise n'a pas été créée pour faire des cosmétiques bio, mais l'engagement environnemental est dans l'ADN de la société, depuis toujours.
02:13Donc il y a eu plusieurs vies et depuis pas mal d'années maintenant, c'est les cosmétiques et les compléments alimentaires qui ont pris le dessus.
02:20D'accord, et vous dirigez l'entreprise depuis janvier 2018, c'est ça ?
02:23C'est ça.
02:24Avec une stratégie de durabilité, d'engagement en matière de développement durable, est-ce que ça faisait partie de votre feuille de route en quelque sorte ?
02:33Totalement, totalement. Ciel d'azur sans la feuille de route de l'écologie, ce n'est pas ciel d'azur.
02:39Et alors ça a pris quelle forme ? Quel type d'action ?
02:42Beaucoup d'actions, beaucoup d'actions puisque en réalité l'écologie, ça se construit dès le départ, au début, à la jeunesse de la société.
02:51Un exemple concret, il y a dix ans, on a dû construire un bâtiment pour la fabrication de nos produits.
02:58Évidemment, ça s'est fait sous l'égide de l'écologie et de l'environnement avec un bâtiment qui est labellisé bâtiment durable de Méditerranée.
03:05Est-ce que c'est la serre bioclimatique ? C'est encore autre chose.
03:10La serre est venue plus tard.
03:11D'accord, on en parlera un peu plus tard parce que je veux rester sur ce que vous faites et peut-être sur les produits, la matière première,
03:21les plantes sur lesquelles vous appuyez et notamment l'aloe sauvage.
03:25Alors c'est quoi ? Ça a quelque chose à voir avec l'aloe vera ? Oui ? Non ? C'est différent ?
03:29Ça n'a à voir qu'avec l'aloe vera que par le nom de la famille.
03:35C'est un aloe vera parmi d'autres.
03:37L'aloe vera est un aloe vera parmi d'autres.
03:39L'aloe sauvage, de son nom botanique, aloe arborescent.
03:43C'est un peu plus dur à prononcer.
03:45C'est joli.
03:46C'est joli.
03:47Alors quelles sont ses caractéristiques, ses qualités ?
03:49C'est une plante plus rustique qui a des feuilles différentes de l'aloe vera qu'on connaît très bien sur le marché et qu'on travaille aussi chez Scal d'Azur.
03:59C'est une plante plus rustique, plus riche et donc avec des produits finis, des produits pour le consommateur plus actifs.
04:04D'accord. Et qu'est-ce que vous recherchez comme qualité dans ces plantes pour ensuite donner de la valeur à vos produits cosmétiques ?
04:13Alors nous, la grande spécificité, c'est la maîtrise de notre chaîne d'approvisionnement.
04:18D'accord.
04:19C'est pareil, depuis le début de Scal d'Azur, on travaille comme ça, on ne sait travailler que comme ça.
04:25Donc on maîtrise l'approvisionnement pour garantir à nos consommateurs que dans nos produits, il n'y a pas de produits de sous-qualité,
04:34c'est-à-dire de produits qui peuvent être chauffés, issus de poudre, reconstitués à base d'eau.
04:39Donc les aloés qu'on utilise, que ce soit l'aloe vera, l'aloe arborescent, l'aloe sauvage, c'est de l'aloe natif, extrait uniquement de la plante, rien d'autre, on n'ajoute rien.
04:50Ok. Avec d'autres produits, il y a de l'argile, c'est ça aussi dans certains de vos cosmétiques ?
04:55On a une spécificité, en fait, on a une gamme de produits qui est une association d'argile et d'eau thermale dans les mêmes produits.
05:05Ça forme ce qu'on appelle un péloïde et ça permet aux consommateurs de retrouver des soins qui peuvent suivre en cure thermale notamment.
05:12D'accord. Est-ce qu'on est forcément en innovation, en recherche et développement permanente quand on crée des cosmétiques ?
05:19Quand on crée des cosmétiques, pas forcément. Chez le ciel d'azur, oui. Nous, c'est notre credo, c'est l'innovation.
05:26Ça veut dire que vous cherchez des nouvelles plantes, là, par exemple ?
05:27Oui, on cherche toujours des nouvelles plantes et notamment grâce à cette serre bioclimatique qu'on a en bas de l'usine, chez nous, en Provence.
05:36On cherche des nouvelles plantes et des actifs qui seraient dans ces nouvelles plantes.
05:39Alors cette serre bioclimatique, parlons-en, elle fait quoi ? 1000 mètres carrés, c'est ça ?
05:43C'est 1000 mètres carrés.
05:44Et qu'elles sont là aussi ? Est-ce que vous pouvez nous la décrire ? En quoi elle est ?
05:47Ce que j'ai lu en préparant l'émission, vous dites qu'elle est unique en France. En quoi elle est originale ?
05:52À ma connaissance, elle est unique en France parce que c'est un challenge de réussir ça,
05:56puisque nous sommes dans les Alpes et d'autres Provences avec des hivers rigoureux.
06:02Et le challenge, c'était de faire pousser des plantes tropicales tout en respectant nos engagements environnementaux.
06:09C'est-à-dire pour nous, hors de question d'avoir une serre qui serait chauffée avec du gaz ou avec des tonnes de fioul par an.
06:17Donc elle est en autonomie énergétique, cette serre ?
06:19Elle est en autonomie, elle est même reliée à notre bâtiment de production.
06:25Et on récupère les calories qui sont dégagées par nos machines de fabrication.
06:29On récupère ces calories pour les injecter dans la serre l'hiver.
06:32Donc ça, plus la production photovoltaïque de cette serre, on a une consommation d'électricité qui est inférieure à sa production.
06:41Et vous y cultivez quoi ?
06:43Alors évidemment, j'imagine des variétés d'aloués sauvages, mais d'autres plantes aussi ?
06:49Oui, d'autres plantes.
06:50On a une centaine de variétés d'aloués qui ont des formes, des aspects très différents.
06:55Et puis d'autres plantes, on a des papayes, on a des bananiers, on a des goyaves.
06:59On a tout un écosystème tropical, assez unique en Provence, totalement unique même, je pense.
07:07Et le tout certifié bio, évidemment.
07:09Alors je dirais qu'on parle du marché des cosmétiques naturels en France.
07:14Il représente environ 6,4% du marché global de la beauté dans notre pays.
07:20Est-ce que c'est une...
07:21Alors on peut dire que c'est modeste.
07:24Oui, mais alors la question c'est, est-ce que ça progresse rapidement ou pas ?
07:28Ces dernières années, suite au Covid, le marché bio s'est fortement contracté.
07:34Également, parce que j'allais vous poser la question pour l'alimentaire, on l'a tous vu,
07:37mais pour les cosmétiques aussi.
07:37Encore plus.
07:38Encore plus.
07:39Et ça a été assez nouveau pour le marché de la bio, c'est-à-dire qu'on pensait être sur un marché
07:45qui était relativement intouchable, qui survolait les crises les unes après les autres.
07:50Là, ça n'a pas été le cas.
07:52Évidemment, on a été impacté par une réalité économique, une baisse du pouvoir d'achat.
07:58Et forcément, les consommateurs ont dû faire des choix.
08:00La cosmétique bio ne fait pas partie des incontournables pour une partie des consommateurs.
08:06Oui, alors il y a des consommateurs qui ont fait des choix sur les produits cosmétiques
08:10en général, même les produits d'hygiène parfois.
08:12Et encore plus sur le bio, c'est ce que je comprends.
08:15D'accord.
08:15Mais pourquoi ? Parce que c'est plus cher ? C'est forcément plus cher ?
08:18En tout cas, dans l'esprit du consommateur, c'est plus cher.
08:22Ce n'est pas forcément plus cher parce qu'on a bien vu au moment de l'inflation que,
08:28contrairement aux produits conventionnels, les produits bio sont restés plutôt stables.
08:32Et aujourd'hui, on a un marché de la cosmétique bio qui a des indices de prix qui sont tout
08:37à fait similaires au marché du conventionnel.
08:40Sauf qu'on a une image de produits chers qui n'est pas juste ici.
08:43Comment, alors, donc, je reviens à la démarche globale de faire baisser l'impact, notamment
08:49l'impact carbone, mais pas seulement d'une entreprise comme la vôtre ?
08:52Alors, on a eu l'exemple de la serre bio-climatique.
08:54Est-ce qu'il y a d'autres exemples de leviers que vous avez activés qui vous ont permis
08:57d'améliorer votre impact ?
08:58Oui.
08:59Nous, on agit à tous les niveaux.
09:01Par exemple ?
09:01À tous les niveaux.
09:02Comme je le disais tout à l'heure sur la construction du bâtiment.
09:05Oui.
09:05Il y a dix ans, quand on construit ce bâtiment, on est passé pour des ovnis parce qu'on a
09:10choisi cette certification.
09:11On était le seul bâtiment industriel à avoir cette certification.
09:17Aujourd'hui, on est très satisfait parce que ce qu'il faut bien comprendre, c'est que
09:22quand on fait des choix écologiques, c'est des choix sur le long terme et ça devient ensuite
09:28des choix économiques.
09:29Par exemple, ce bâtiment qui a une autosuffisance à hauteur, presque 50% au niveau électrique,
09:35quand les prix de l'électricité...
09:36C'est ce que j'allais vous dire, quand ça vous a permis de passer la crise énergétique
09:39plus facilement.
09:40Plus facilement.
09:41Donc ça, ça a été un levier.
09:43On a d'autres leviers comme le choix des emballages éco-responsables avec des tubes
09:48issus de cannes à sucre, par exemple.
09:51L'utilisation de PET recyclés, recyclables mais déjà recyclés.
09:56Et tout un tas de politiques environnementales.
09:59Donc c'est vraiment une vision globale qu'on met, qu'on propose à nos clients.
10:05Avec aussi une démarche de compensation de vos émissions carbone, sous quelle forme ?
10:10Tout à fait.
10:10On sait bien que malgré ces choix, on réduit nos émissions, mais on n'arrive pas à les
10:17éviter totalement.
10:18Donc on n'est pas dupes.
10:20C'est-à-dire que nous, on a choisi la compensation, non pas comme une excuse, mais comme...
10:28Oui, c'est souvent la critique qui est exprimée.
10:30Voilà.
10:31Ça permet de continuer de polluer tranquillement, on compense.
10:33Tout à fait.
10:34C'est le greenwashing.
10:35Ça peut arriver.
10:36Ça peut arriver.
10:37Non, là, ce n'est pas une échappatoire.
10:39C'est-à-dire que ça va dans la continuité de notre stratégie.
10:41Et pour ça, on a fait aussi une sélection rigoureuse des partenaires avec qui on a fait
10:47de la compensation.
10:48Alors, sous quelle forme ? C'est quoi ? C'est de la reforestation ?
10:51Alors, c'est une partie de reforestation, mais qui a toujours été couplée aussi à
10:55des projets sociétaux.
10:58Donc, on a fait des reforestations, notamment en Afrique.
11:02C'est bien de planter des arbres, mais il faut aussi donner la possibilité aux communautés
11:07locales de pouvoir vivre d'autres choses.
11:09Donc, de là, on crée des filières pour leur permettre d'avoir des revenus autres
11:16que la déforestation.
11:18Vos produits, d'ailleurs, ils viennent d'où ? Parce qu'il y a cette serbe climatique,
11:22mais j'imagine que vous ne produisez pas tout ce que…
11:25Non.
11:25Voilà.
11:25Donc, ils viennent de très loin, forcément, ou pas ?
11:28Pas forcément.
11:29On a l'Aloe vera qui vient du Mexique.
11:32C'est presque un reproche qu'on nous fait parfois, parce qu'on pourrait s'approvisionner
11:38sur l'Espagne, sauf qu'on n'a pas les quantités suffisantes en Espagne pour cela.
11:42Et puis, encore une fois, on compense l'intégralité de nos émissions.
11:46Donc, on a quand même un cercle vertueux aussi là-dessus.
11:48Et on est en commerce équitable.
11:51Donc, on s'engage auprès de nos fournisseurs mexicains là-dessus.
11:55Et sur l'Aloe herbo récent, l'Aloe sauvage, là, on a monté une filière,
12:00donc dans notre serbe bioclimatique et aussi au Portugal.
12:03Merci beaucoup, Romain Linck.
12:04Et à bientôt sur Be Smart for Change.
12:07On passe tout de suite à notre débat.
12:09Et si la durabilité, elle ne dépendait pas seulement des directions RSE des entreprises ?
12:14C'est le débat de ce Smart Impact.
12:22Et je vous présente mes invités.
12:24Catherine Brennan, bonjour.
12:25Bonjour.
12:25Heureux de vous retrouver.
12:26Directrice de Beurdeo, Carole Davies-Filleur, bonjour.
12:30Bonjour.
12:30Bienvenue à vous aussi.
12:31Vous êtes directrice générale d'Arkery Sustainability.
12:34Vous signez une tribune à deux voix sur un sujet.
12:38C'est vrai que je me dis, tiens, on n'en a pas beaucoup parlé dans notre émission.
12:40Je suis très heureux de vous accueillir sur, finalement, l'intégration de ces enjeux de durabilité de RSE dans toutes les fonctions de l'entreprise.
12:50On peut peut-être commencer, Catherine Brennan, par le constat.
12:53Quel constat vous faites ? Un constat d'isolement des équipes qui en sont chargées, souvent ?
12:57Alors, depuis un an, c'est même au-delà de l'isolement.
13:00Il y a parfois aussi un sentiment d'épuisement des directeurs et directrices RSE.
13:06Et c'est aussi le constat d'une dissonance entre, d'un côté, la volonté du citoyen et du professionnel dans l'entreprise de vouloir comprendre et de s'impliquer,
13:16et de l'autre côté, une perception un petit peu d'une période troublée et parfois d'un recul.
13:22Et donc, c'est cette opportunité de se dire, eh bien, activons ces ressources humaines dans l'ensemble de l'entreprise
13:30pour pouvoir acter la transformation, puisque quelque part, la durabilité, c'est aussi la transformation des organisations.
13:38Ça veut dire que, je rebondis sur le contexte politique, c'est vrai qu'il y a un contexte de backlash, de retour en arrière sur les États-Unis et en Europe,
13:45mais qui est lié, je le dis à chaque fois, qui est lié au vote des citoyens, au vote des électeurs.
13:50Il ne faut jamais oublier ça, que ça a été un processus démocratique dans les deux cas.
13:54Et on a en même temps beaucoup d'entreprises, de patrons et de patronnes, qui viennent et qui disent,
14:00mais nous, on n'a pas à changer de cap.
14:04Donc, vous voyez ce que je veux dire.
14:06Quand vous dites qu'il y a un sentiment d'isolement ou d'épuisement face à ce contexte de retour en arrière,
14:11ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils se disent, oh là là, mais mon entreprise est en train de changer de cap ?
14:15Alors, l'épuisement, il vient aussi d'avant et de devoir absorber ce tsunami réglementaire
14:22auquel ils ont fait face au cours de ces 3-4 dernières années.
14:28Et toujours, cette obligation d'aller convaincre en interne auprès des différentes directions.
14:37Pas toujours passer le choix des alliés dans l'entreprise ?
14:39Non. Et c'est un peu aussi notre angle de parler d'alliés auprès des métiers.
14:45Pourquoi le fait de parler de RSE comme objectif en soi, isolé du business, pourquoi ça ne suffit pas, d'après vous ?
14:55C'est peut-être Carole qui peut répondre.
14:57Oui, en fait, je pense qu'il y a un sujet.
14:59Il y a effectivement des patrons qui sont très convaincus, pour plein de raisons.
15:03Et puis, il y en a d'autres qui sont un peu très sensibles à l'air du temps.
15:06Et je pense que là, on est dans un moment où il faut faire rimer durabilité et désirabilité.
15:12Je parlais à un patron d'ETI, de l'électronique.
15:16Si je lui parle d'entrée de jeu, décarbonation, économie circulaire, je sais que je vais le perdre.
15:21Mais si je lui parle réduction de coût avec la sobriété énergétique,
15:26si je lui parle nouveau marché avec du rond conditionné, du réemploi, etc.
15:30Si je lui parle d'hérisquer sa chaîne d'approvisionnement, d'hérisquer ses sites en lien avec l'adaptation au changement climatique,
15:37là, pour le coup, j'ai son attention.
15:39Donc, c'est ça l'enjeu, c'est de montrer tous les co-bénéfices de l'ARSE très business.
15:46Oui, alors c'est d'ailleurs un enjeu sociétal.
15:49C'est passer du discours anxiogène qui peut-être a d'ailleurs provoqué pas mal de réactions négatives,
15:57de questions d'acceptabilité des modèles, etc.
16:00à une sorte de projet collectif qui peut être assez exaltant.
16:03Et ce discours-là, c'est celui que vous tenez à vos clients, aux chefs d'entreprise que vous contactez.
16:10Et alors ensuite, moi, ce qui m'intéresse, c'est comment ça infuse.
16:14Pourquoi ça ne suffit pas qu'un chef d'entreprise dise,
16:19bon, allez, j'ai créé une direction à l'ARSE, c'est bon maintenant ?
16:22Pourquoi ça ne suffit pas ?
16:23Parce qu'il faut embarquer tout le monde.
16:24Et là, la spécialiste des RH, Catherine, va vous dire à quel point,
16:27où est-ce qu'on en est de la gouvernance et des différentes équipes ?
16:31Oui, parce qu'en fait, c'est un triptyque entre une gouvernance qui doit être une gouvernance engagée,
16:37autant au niveau du conseil d'administration et du COMEX.
16:41Ensuite, une équipe RSE qui va être plutôt une équipe RSE peut-être resserrée, mais très experte,
16:47et qui va pouvoir s'appuyer sur des alliés dans les métiers,
16:51parce que c'est eux qui vont de facto mettre en musique et mettre en œuvre cette stratégie RSE.
16:57C'est eux qui, dans leur périmètre, vont pouvoir repenser la conception d'un produit
17:04pour qu'il soit plus durable et mieux recyclable, d'un point de vue de la distribution, de la logistique,
17:13comment on repense la logistique et le transport de ces produits, comment on les vend,
17:18quel est le message aussi qu'on peut donner.
17:20Et c'est là où c'est, du coup, très important d'avoir l'ensemble de ces équipes
17:26qui sont informées, formées et qui comprennent dans leur périmètre
17:32comment elles peuvent activer cette stratégie RSE.
17:34Mais est-ce que ça veut dire qu'il faut un « délégué RSE » direction business unit par business unit ?
17:41Alors, non seulement business unit par business unit, mais métier par métier.
17:45Et ça, c'est quelque chose qu'on a commencé à voir aujourd'hui.
17:49Oui, alors très souvent, de ceux que moi j'ai pu rencontrer ces dernières années,
17:56c'est une appétence personnelle qui les a amenés à ajouter à leurs compétences
18:01de logisticien, de marketeur, de financier, le prisme de la durabilité.
18:06Mais oui, on voit aujourd'hui des directeurs logistiques durables,
18:09des directeurs financiers durables, parce qu'ils font leur métier,
18:15mais pas ce prisme de la durabilité.
18:17Oui. Vous avez des exemples d'entreprises, Carole Devis-Figure,
18:20qui diffusent justement la RSE dans tous leurs métiers ?
18:24Alors, j'étais chez Daher. Daher, c'est un groupe dans l'aéronautique.
18:27Judith Sevin a chez Sustainability Officer.
18:29Elle a dit, moi, je vais embarquer le top 200.
18:31Et donc, en fait, la directrice des achats, elle m'a dit,
18:34moi, OK, j'ai bien compris les enjeux.
18:37Maintenant, je ne vais pas changer de travail.
18:39Je ne vais pas devenir, moi, tout d'un coup, directrice RSE
18:42ou je ne vais pas faire de la RSE.
18:43Mon cœur ne me tient.
18:44Mais en revanche, elle est tout à fait partante pour ajouter
18:47comme corde supplémentaire à son arc les achats responsables
18:51et de se saisir du sujet.
18:53Et je pense, à titre individuel, quoi de plus antichéassement ?
18:56De se dire, je ne vais pas changer le métier tout d'un coup,
18:59mais j'ai une occasion d'être acteur,
19:02de lutter contre mon anxiété en étant acteur
19:05et en intégrant la dimension Sustainability.
19:09Donc, chez L'Oréal, on a des Sustainability Finance Directors.
19:13Chez Thales, on a des Sustainability, ou Danone ou Decathlon,
19:16des Sustainability Product Manager à la R&D,
19:19qui fondent la R&D, qui fondent du produit.
19:21Toujours le même métier, mais différemment,
19:23en ayant intégré ces enjeux de transformation durable.
19:25Est-ce que ça suppose aussi des plans de formation dans les entreprises
19:28pour justement créer, je ne sais pas si ce sont des nouveaux métiers,
19:32mais en tout cas pour faire évoluer ces métiers ?
19:34Absolument.
19:35Et là, on n'en est plus au niveau de la sensibilisation.
19:38C'est-à-dire qu'il y a beaucoup d'entreprises
19:39qui ont mené des espaces de sensibilisation
19:44avec plein de fresques du climat, des fresques divers et variés.
19:47Maintenant, je reprends mon exemple de la directrice achat.
19:49Il faut qu'elle soit très au fait de non seulement la politique achat,
19:53qu'elle contribue à l'inventer,
19:55mais comment engager mes fournisseurs ?
19:57Comment bien comprendre qu'est-ce qui est juste de demander
20:00à une ETI versus un grand groupe
20:02en termes de décarbonation, en termes de partage de données,
20:05en termes de réinvention sur l'éco-conception de produits et services ?
20:09Oui, parce que c'est facile de refiler la patate chaude à son fournisseur.
20:14Voilà.
20:14Et donc, il faut que la directrice achat,
20:18elle est intégrée et elle se soit formée
20:20sur bien comprendre
20:22qu'est-ce que ça veut dire
20:23quand je demande le bilan carbone à mes fournisseurs,
20:27à quel point c'est compliqué ou pas ?
20:28Oui, quand c'est une petite entreprise,
20:30elle va avoir beaucoup de difficultés à le fournir.
20:32Voilà.
20:32Donc, du coup, on n'est plus du tout dans la sensibilisation,
20:35on est dans la formation.
20:36Si je suis product manager chez Thalès,
20:39j'ai besoin d'être formée à ce que c'est que l'analyse de cycle de vie
20:42pour bien comprendre comment je vais pouvoir passer de la conception à l'éco-conception
20:46en intégrant les problématiques ressources,
20:49les problématiques fin de vie,
20:50les problématiques polluants et diverses et variées.
20:54Catherine, est-ce que ça rejoint l'envie
20:59ou la volonté de certains professionnels de se réorienter,
21:03de donner un nouveau sens à leur métier,
21:06de se réorienter vers ces métiers à impact ?
21:08Oui, et ça, c'est une tendance qu'on a vue surtout à la sortie de la crise sanitaire.
21:14Donc, oui, il y en a encore aujourd'hui
21:17qui veulent carrément switcher pour faire de la RSE à temps plein.
21:25Par contre, nous, ce qu'on trouve enthousiasmant,
21:27c'est l'idée de se dire qu'on peut garder son métier un métier...
21:30Oui, c'est ce que nous est Carole, quoi.
21:31On ne change pas à radicaliser le métier, quoi.
21:33Et qu'en fait, le sens de l'histoire nous amène à penser,
21:37Carole et moi, qu'une RSE réussie sera celle qui sera dans les métiers.
21:43Donc, gardez votre métier, surtout si vous l'aimez,
21:46et venez vous former et venez prendre une vision un petit peu différente
21:53de votre métier en intégrant la durabilité.
21:55C'est des certifications supplémentaires qui existent ou qui sont à créer ?
22:00Alors, il existe déjà beaucoup de choses en termes de formation.
22:02Chez Bordéon, on a fait le recensement une fois de toutes les formations.
22:06On est arrivé à plus de 500.
22:07D'accord.
22:08Donc, il y a beaucoup de choses qui existent.
22:10Mais c'est aussi, surtout au sein des entreprises.
22:13Moi, j'ai pu constater par des conversations que j'ai eues avec des directeurs RSE
22:16qu'il y a des plans de formation de plus en plus.
22:20Alors, dans les grandes entreprises aujourd'hui,
22:22et on peut imaginer que ça se déclinera vers les plus petites après,
22:26mais dans les grandes entreprises, il y a vraiment des plans de formation
22:29qui sont non seulement, je comprends la thématique du changement climatique,
22:36mais ensuite, je passe au niveau de qu'est-ce que ça veut dire pour mon métier.
22:42Donc, les entreprises ont aussi apporté leur pierre à l'édifice
22:45en formant en interne leurs collaborateurs,
22:49et ça va bien au-delà de la culturation.
22:50Oui, alors, ça veut dire que, je vous posais un peu la même question après,
22:54mais elles sont prêtes, ces entreprises, à changer de lunettes
22:57ou de grilles de lecture, en quelque sorte,
23:00ou alors il y a encore des réfractaires qui se disent
23:03« Mais attendez, ça va plus me coûter que me rapporter, etc. »
23:06Il est où le ROI ?
23:07Il y a toujours encore des réfractaires,
23:11mais je pense que les collaborateurs sont ceux aussi
23:15qui vont permettre de changer ces lunettes.
23:20et c'est quand même un moyen efficace de passer à l'action
23:26pour combattre l'éco-anxiété dont on sait qu'elle peut monter, parfois.
23:33Et c'est aussi un moyen d'amener le citoyen que nous sommes dans l'entreprise,
23:40parce qu'on se rend compte quand même que les citoyens sont de plus en plus informés
23:45et s'intéressent au sujet, et qu'il doit y avoir une forme de continuité.
23:48Ils ne perdent pas leurs engagements quand ils poussent la porte du bureau en arrivant le matin.
23:54Cette idée de collectif, votre avis là-dessus, Carole Devicier ?
23:58En fait, l'entreprise, c'est un collectif d'individus.
24:01Donc, en fait, si à titre individuel, j'ai compris les enjeux,
24:06il s'agit d'attendre la permission de personne pour commencer à agir.
24:09Et je peux l'intégrer dans mon métier.
24:10Et ce qui est réjouissant, c'est qu'il y a de plus en plus d'exemples, de témoignages
24:17de gens qui ont réussi à faire ça.
24:20Les collectifs, le mouvement Impact France, GENACT, Alumni for the Planet,
24:26même des étudiants qui s'appellent le réveil écologique,
24:30des associations sont montées pour justement mettre en lumière ces exemples.
24:34Donc, voilà, le collectif, qui est l'entreprise, c'est une somme d'individus.
24:39Et chaque individu, bien conscient des enjeux, a maintenant l'exemple, la marche à suivre.
24:44Mais là, vous citez des collectifs.
24:46Et alors, on peut imaginer qu'il y ait une vigie entreprise par entreprise.
24:49Mais est-ce que, alors ça dépend de la taille de l'entreprise,
24:51il faut aussi un collectif interne à l'entreprise, vous voyez,
24:53qui soit porté vers ces enjeux-là ?
24:56Voilà, et là, le rôle à la fois des dirigeants du COMEX et à la fois de la direction RSE sont clés.
25:03Et donc, je reviens à ce que Catherine disait,
25:06c'est toujours le rôle de la direction RSE d'insuffler le rythme, d'insuffler l'envie,
25:13et du coup, de continuer à convaincre.
25:16Mais d'autant plus équipée que la direction RSE a construit son réseau d'alliés dans les différents métiers.
25:22C'est là l'enjeu, c'est là l'échelle, la bascule, la transformation, c'est d'impliquer les métiers.
25:28Merci beaucoup à toutes les deux, c'était passionnant.
25:30À bientôt sur Be Smart for Change.
25:32C'est l'heure du grand entretien de ce Smart Impact.
25:36Et si la vulnérabilité est un atout ?
25:39C'est le grand entretien de notre émission, la rubrique Prêt pour l'impact.
25:46J'accueille Alexandre Fayol, bonjour.
25:48Bonjour.
25:48Bienvenue, vous êtes le président fondateur d'Advents et vous publiez Vulnérable, ce livre aux éditions Talendier qui sort le 2 octobre.
25:58On le voit et je le montre et je lis ce qu'il y a en quatrième de couverture.
26:02À 49 ans, l'entrepreneur Alexandre Fayol apprend que son cancer est incurable.
26:06À quel point ça a changé votre vie ?
26:08Ça va être au cœur de notre entretien et puis des leçons qu'on peut en tirer quand on est chef d'entreprise.
26:14Déjà, peut-être, je peux commencer par le moment où vous l'apprenez.
26:17Quand, comment vous l'avez appris ?
26:19Alors, ça a été en deux temps puisque j'ai été diagnostiqué d'un cancer il y a six ans, mais il a appris une forme grave et incurable il y a trois ans.
26:27Donc, c'est plutôt cette deuxième phase où on m'a annoncé un pronostic vital qui n'était pas terrible et ça agit comme un déclic.
26:38Alors, ça a été un processus, évidemment, ça ne s'est pas fait en un claquement de doigts, mais c'est véritablement ce cheminement avec la maladie,
26:49avec finalement la rencontre de ma propre vulnérabilité qui, avec le recul, a été la rencontre la plus enrichissante et la plus déterminante de toute mon existence
26:59et qui agit comme un déclic qui m'a ouvert les yeux véritablement sur le potentiel de la vulnérabilité et sur son pouvoir de transformation majeure.
27:08Et donc, sur la nécessité d'en parler. Est-ce que c'est ça aussi, de partager finalement ce pouvoir de la vulnérabilité ?
27:15Évidemment. Cette rencontre, elle a libéré chez moi énormément de ressources. Elle m'a transformé en profondeur et elle a libéré énormément de ressources.
27:24Elle a fait de moi une personne et un entrepreneur, un chef d'entreprise augmenté. Voilà, ça m'a augmenté beaucoup plus que n'importe quelle intelligence artificielle
27:34pourrait ou parvient à m'augmenter aujourd'hui. Et en fait, ce potentiel que j'ai libéré chez moi, j'ai eu évidemment envie de le libérer autour de moi
27:43et dans mon entourage perso, mais aussi évidemment dans mon entreprise.
27:47Et on va rentrer en terre. Vous étiez venu sur ce plateau, sur le plateau de Bismarck pendant l'édition 2024.
27:54Le dernier Vendée Globe, il y avait deux bateaux, skippés par Thomas Ruan et Sam Gouchil, qui étaient deux vulnérables.
28:00Et donc, on avait déjà ensemble parlé de ce que ce mot, de ce qu'il représentait.
28:08Pourquoi ? Alors, c'est drôle parce que juste avant vous, j'avais des dirigeants d'entreprise.
28:15Et puis, le premier fait, j'ai dit, ah bon, la vulnérabilité est une force.
28:18Est-ce que c'est la première réaction que vous rencontrez quand vous arrivez et que vous portez cette bonne parole ?
28:23Non, le sujet, c'est pour ça qu'on a choisi ce mot vulnérable, qui est le nom du projet vulnérable qu'on a lancé,
28:30qui vise à justement changer ce regard.
28:32Et il y a la nécessité aujourd'hui d'opérer ce changement de regard dans la société et dans les entreprises.
28:39Et ce mot a un impact fort.
28:42Et c'est pour ça qu'on a choisi de le mettre comme nom des deux voiliers, des deux monocoques qui ont fait le tour du monde à l'occasion de ce Vendée Globe.
28:52Quel bilan vous en faites ? Parce que c'est un choix extrêmement positif.
28:55C'est un choix de sponsoring.
28:57C'est un mot qui a cette capacité à interpeller, donc à capter l'attention.
29:01C'était notre objectif pour ensuite pouvoir passer ce message.
29:05Et l'accueil a été au-delà de nos espérances, à la fois auprès du grand public,
29:10tout comme il l'est aussi auprès des dirigeants d'entreprises aujourd'hui, puisqu'il y a une campagne en cours.
29:16Donc ce projet vulnérable vise à changer de regard sur la vulnérabilité.
29:18En fait, le constat, il est assez simple.
29:21On a fait un sondage avec l'IFOP en octobre 2024 qui montrait que 84% des Français ont une représentation négative ou très négative de la vulnérabilité,
29:31ce qu'on comprend très bien, parce que dans une éducation et une culture aujourd'hui où la vulnérabilité est cachée, niée et même exclue,
29:39souvent la vulnérabilité est un chemin de souffrance, de difficulté, un chemin très sombre que vivent les personnes qui sont vulnérabilisées.
29:49Les personnes ou les organisations qui sont vulnérabilisées.
29:52Alors qu'à l'inverse, lorsque cette vulnérabilité est correctement accueillie et accompagnée,
30:03c'est un puissant levier de transformation, de progrès individuel et collectif, de création de liens, de coopération,
30:10dont nos entreprises et nos démocraties ont urgentement besoin aujourd'hui.
30:14En fait, c'est une loi universelle, la vulnérabilité qui régit la vie sur Terre depuis 3 milliards d'années et est temps de le redécouvrir.
30:23Vous l'avez évoqué tout à l'heure, mais on a puisé dans votre livre cette citation.
30:27J'ai développé de nouvelles aptitudes en tant qu'être humain, en tant que chef d'entreprise.
30:31L'homme augmenté, ce que vous disiez tout à l'heure, ce n'est pas celui à qui on importe une puise dans le cerveau,
30:34celui qui consent à sa vulnérabilité.
30:37Là, je m'adresse au chef d'entreprise.
30:40Qu'est-ce que vous avez changé ?
30:42Dans mon entreprise ?
30:44Ou dans votre façon de diriger l'entreprise ?
30:47Ça m'a rendu plus…
30:55J'étais quelqu'un de très authentique et très sincère dans ma démarche, très humain déjà,
31:01mais ça m'a fait prendre conscience de la manière de l'exploiter positivement dans l'entreprise pour libérer énormément de potentialité.
31:14Ça m'a fait prendre conscience que c'était un potentiel, à quel point ce potentiel était inexploité dans l'entreprise.
31:20Chez les autres, donc chez toutes celles et celles avec qui vous travaillez ?
31:23Oui, c'est individu, mais collectivement.
31:25Parce qu'en fait, des situations de vulnérabilité, individuellement, collectivement, on est confronté quasi quotidiennement.
31:31On est confronté individuellement, collectivement à cette vulnérabilité dans nos existences personnelles comme professionnelles.
31:37Et réussir à accueillir ces situations pour faire que chaque situation devienne une opportunité pour évoluer, progresser, coopérer,
31:45ça libère une énergie qui est incroyable.
31:48Et c'est ça que, moi, la maladie m'a apporté.
31:51Cette transformation que j'ai vécue intimement, personnellement, j'ai envie qu'elle se fasse collectivement dans l'organisation pour libérer un potentiel.
32:02Tout simplement, c'est juste une opportunité.
32:05Fragilité et vulnérabilité, ce n'est pas tout à fait la même chose ?
32:10Oui, après, il y a un sujet sur le mot et la définition du mot.
32:15La vulnérabilité, c'est la possibilité d'être blessé, c'est notre condition existentielle.
32:19Et parce qu'on est susceptible d'être blessé, on va justement être amené à répondre à cette vulnérabilité,
32:26à trouver des solutions pour progresser, pour évoluer, etc.
32:29La fragilité, c'est une vulnérabilité qui est impactée, en fait.
32:36C'est lorsqu'on est justement vulnérabilisé qu'on devient fragile.
32:41Et on comprend que les personnes qui sont fragilisées aujourd'hui dans la société, qu'on met de côté,
32:49on a au contraire tout intérêt à les entourer.
32:51Donc, c'est plus dans le regard des autres ?
32:55C'est beaucoup dans une question de regard.
32:56En fait, aujourd'hui, malheureusement, le réflexe éducatif, culturel, c'est de cacher nos vulnérabilités,
33:03c'est de les nier, c'est de les laisser de côté par peur de plein de choses,
33:08par peur du regard de l'autre, bien souvent, par peur d'être dévalorisé dans l'entreprise,
33:12déconsidéré dans l'entreprise.
33:13Alors qu'à l'inverse, lorsqu'une personne est fragilisée, vulnérabilisée,
33:18elle a besoin des ressources qui l'entourent.
33:20Et elle a besoin des ressources.
33:21Et elle peut les trouver, évidemment, dans son environnement familial, personnel.
33:26Mais l'entreprise aussi doit être un lieu d'accueil pour les vulnérabilités
33:29des personnes qui sont touchées dans leur vie personnelle.
33:34Vous dites, vous l'écrivez aussi dans votre livre,
33:36la vulnérabilité, c'est une réponse aux crises de notre époque.
33:39Donc ça veut dire, vous questionnez quoi ? La société de la performance ?
33:44Il y a ça derrière aussi ?
33:44Oui, mais moi, en fait, j'ai acquis la conviction ces dernières années.
33:47C'est pour ça que je me suis lancé dans ce combat pour changer le regard sur la vulnérabilité
33:51dans la société, dans les entreprises,
33:53que la vulnérabilité était peut-être notre plus grande chance, en fait,
33:56dans cet horizon de crise et d'incertitude.
33:58Alors que dans une société de performance, on les cache, ces fragilités ?
34:01On les cache, on les considère comme une faiblesse,
34:04on cherche à les éliminer, à les exclure.
34:06Et moi, c'est une grave erreur, en fait.
34:12Aujourd'hui, on parle beaucoup de transition.
34:13Aujourd'hui, tout le monde cherche à se transformer,
34:17à faire la transition sociale, écologique, etc.
34:19Les enjeux de transition, de transformation sont majeurs.
34:23Toute transformation, toute transition, tout progrès, toute évolution
34:26naît d'une vulnérabilité et naît de la reconnaissance d'une vulnérabilité.
34:30Sans vulnérabilité, il n'y a pas d'évolution possible.
34:33C'est la loi de l'espèce, c'est la loi de la nature, c'est Darwin.
34:39Toute évolution, tout progrès naît d'une vulnérabilité.
34:42Donc, accepter nos vulnérabilités, celles auxquelles on est confrontés quotidiennement
34:45dans nos entreprises, c'est une force motrice qui se libère
34:50et qui va amener l'entreprise à se transformer et à opérer sa trompe.
34:54Oui, mais la recherche de performance, c'est aussi un moteur, quand même.
34:58Oui, mais en fait, on pense à tort, et c'est ancré dans notre éducation,
35:05que la vulnérabilité est un frein à la performance.
35:08Or, c'est la base de la performance, c'est les sources de performance,
35:12car les sources d'innovation, les sources de coopération, les sources de liens.
35:15Et aujourd'hui, dans une société qui est confrontée à énormément de menaces,
35:21des menaces commerciales, des menaces économiques, des menaces géopolitiques,
35:27le réflexe de chacun, c'est de s'enfermer dans la peur, c'est de replier sur soi, etc.
35:31Alors qu'au contraire, plus on s'isole, plus on devient vulnérable.
35:36À l'inverse, pour se rendre moins vulnérable, il faut se lier, il faut recréer du lien.
35:42Et c'est tout ce que la vulnérabilité, la conscience, la reconnaissance, l'acceptation
35:46de cette condition de vulnérabilité amène comme richesse.
35:51Est-ce qu'il y a un rapport générationnel à la vulnérabilité ?
35:55Oui, et on l'a constaté dans l'Ajipov.
35:57Aujourd'hui, les jeunes, les nouvelles générations sont beaucoup plus décomplexées par rapport au sujet.
36:02Il y a un effet ok-boomer, c'est-à-dire le cacher sa vulnérabilité,
36:06lier sa vulnérabilité, c'est la génération boomer, c'est Asbid.
36:12Un mec, ça ne pleure pas, quoi.
36:15Oui, c'est ça.
36:16Je caricature, mais ça ne pleure pas.
36:18Un mec, ça ne pleure pas, il faut être fort, il faut masquer ses faiblesses.
36:22Ça, je pense qu'en tout cas, moi, je côtoie pas mal d'enfants d'ado, 15, 20 ans, 25 ans.
36:30Ça, c'est une... ça vole en éclats, ce réflexe.
36:34Mais est-ce que c'était vrai aussi chez Adventscare ?
36:36C'est-à-dire, quand vous arrivez en disant, ok, collectivement, on va commencer à réfléchir à la vulnérabilité,
36:41est-ce que les plus jeunes de l'entreprise...
36:43Je conçois très bien, avant que la maladie m'affecte, et avant que je sois confronté à ma propre vulnérabilité,
36:49j'avais développé un parcours entrepreneuriel de 25 ans, où j'avais appris à surmonter toutes les épreuves, en fait.
36:56J'avais développé une forte confiance en moi, et je me sentais capable de relever les plus bons défis,
37:03jusqu'à... avec cette armure de gladiateur, en fait.
37:06Et lorsque la maladie m'a affecté, qu'on m'a annoncé il y a trois ans que j'étais...
37:12Statistiquement, les stats n'étaient pas bonnes, dans mon cas, et que je ne guérirais jamais de ce cancer-là,
37:18au mieux, on pouvait le rendre chronique.
37:22Ça a été d'abord, évidemment, un choc émotionnel, et puis très vite, j'ai remis mon armure,
37:29je suis reparti au combat en disant, je vais me le faire.
37:30C'est lui ou moi, dans une logique un peu like l'ander, où il ne doit en rester qu'un, en fait.
37:35C'est vrai, c'est ce qu'on dit souvent à des amis, quand ils tombent malades,
37:38ils sont plus forts que la maladie.
37:40Et en fait, jusqu'à un moment donné, où finalement, au bout de quelques mois,
37:43je me suis dit, mais il n'y aura jamais de retour arrière, je ne reviendrai pas comme avant.
37:47Parce que le premier réflexe, c'est de vouloir retrouver sa vie d'avant, en fait.
37:50Comme dans toute crise, on veut revenir à l'état initial.
37:54Sauf que dans mon cas, il n'y avait pas de retour arrière.
37:57Donc à un moment donné, je prends conscience de ça,
38:00et là, je suis rentré dans une phase un peu de dépression, mais légère,
38:03qui a duré quelques semaines.
38:05Parce que le temps que j'accepte, que ce nouvel état, cette nouvelle condition,
38:12et c'est en accueillant cette nouvelle condition,
38:14et en cheminant vers cette acceptation,
38:17qu'un processus s'est opéré,
38:19et que la transformation a démarré,
38:22et que j'ai libéré, voilà.
38:24Je me suis adapté à cette nouvelle condition,
38:26et finalement, ça m'a amené à libérer,
38:28et à exploiter des ressources que je n'exploitais pas,
38:32que j'avais étouffées jusqu'à présent.
38:33Et que, dans toutes les entreprises, on peut exploiter.
38:36C'est ça qui est intéressant,
38:37et c'est aussi pour cela que vous êtes ici,
38:39Alexandre Fayette,
38:40parce que vous êtes à l'origine d'un collectif de dirigeantes et de dirigeants
38:43qui appellent à une sorte de new deal de la vulnérabilité.
38:46Quelle est la démarche ?
38:47Expliquez-moi.
38:48La démarche, c'est opérer le changement de regard dans les entreprises aujourd'hui.
38:52Effectivement, les entreprises sont enfermées dans des schémas de performance
38:55où la vulnérabilité est exclue,
38:57et vue comme un frein à la performance,
38:59et vue comme une faiblesse, etc.
39:00Donc, on l'étouffe, on la met de côté, on l'exclue,
39:05et c'est une grave erreur, comme je viens d'expliquer dans mon cas personnel.
39:08La vulnérabilité, les entreprises sont confrontées quotidiennement
39:11à des situations de vulnérabilité.
39:13Des individus de l'entreprise, tout comme les équipes, collectivement,
39:18et ces situations, plutôt que de les nier, plutôt que de les cacher,
39:22plutôt que d'en avoir peur, il faut plutôt les accueillir,
39:24parce qu'elles vont pouvoir agir comme des sources de progrès, d'innovation, etc.
39:31Et le réflexe des entreprises...
39:33Prenons l'exemple du Covid,
39:35qui a été une situation de vulnérabilité mondiale, collective.
39:39Si on regarde les entreprises,
39:40les entreprises, il y a celles qui, malheureusement,
39:43une minorité, malheureusement, qui se sont effondrées,
39:46qui n'ont pas trouvé les ressources pour traverser cette crise.
39:51Il y a une autre minorité, très heureusement,
39:54qui ont profité de cette crise pour se transformer
39:56et développer de nouveaux modèles d'affaires
39:59et qui ont lancé le début d'un nouveau chapitre dans leur histoire, etc.
40:04Et puis, il y a la majorité qui ont trouvé les ressources,
40:07mais pour revenir à l'état initial,
40:10traverser la crise et revenir à l'état initial.
40:14Je trouve que c'est une crise ratée.
40:16Parce que, bien souvent, face à une crise,
40:18le réflexe, c'est qu'on mobilise les ressources
40:20pour revenir à l'état d'avant.
40:22Or, on ne profite pas de l'opportunité
40:24pour s'adapter à la situation, l'accepter
40:27et justement profiter de cette situation,
40:30de cette opportunité pour transformer, évoluer, innover.
40:34Et en fait, ces situations de vulnérabilité
40:36qu'on rencontre tous les jours dans l'entreprise,
40:38qui ont des niveaux d'impact très légers à très forts,
40:43sont chacune des opportunités pour évoluer, pour se transformer.
40:47Et c'est comme ça qu'on opère une transition dans une organisation.
40:50C'est en créant des organisations très vivantes, très résilientes
40:53et qui vont se transformer continuellement
40:56et profiter de chaque crise, chaque opportunité
40:58pour évoluer et progresser.
41:00Qui participe à ce collectif ?
41:02Et est-ce qu'ils ont forcément vécu eux-mêmes,
41:05ou elles-mêmes, une expérience de vulnérabilité un peu initiale ?
41:12C'est clair que d'avoir fait l'expérience de la vulnérabilité
41:16et d'un chemin positif face à des situations de vulnérabilité,
41:23c'est important.
41:24Mais ce n'est pas uniquement...
41:26Ces situations-là, elles ne sont pas uniquement...
41:27Elles peuvent être le fruit d'expériences personnelles, intimes,
41:30comme elles peuvent être le fruit d'expériences collectives.
41:32Si on regarde dans l'histoire des entreprises,
41:35des situations où les entreprises traversent des crises
41:37et sortent plus fortes de ces crises en ayant appris, capitaliser, etc.
41:42Elles sont nombreuses.
41:43Donc, ce sont des dirigeants qui, dans leur histoire personnelle
41:46ou dans leur histoire professionnelle,
41:47de façon individuelle ou collective,
41:49ont vécu des situations, ont acquis cette conviction
41:52et qui, aujourd'hui, appellent, déploient cette démarche dans leur entreprise.
41:57Vous l'avez même mis dans votre raison d'être, vous, le mot vulnérabilité.
42:00Oui, vulnérabilité, une force pour la cyber, les hommes et la planète.
42:03En même temps, comme on est des experts de la cybersécurité,
42:06c'était une colonne vertébrale assez évidente
42:08pour relier nos activités cyber et nos activités...
42:10Justement, dans ce domaine de la cybersécurité,
42:14est-ce qu'on vous regarde parfois un peu comme un extraterrestre, un ovni ?
42:21Parce qu'au contraire, vous voyez ce que je veux dire.
42:23Oh là là, il met la vulnérabilité dans ces programmes.
42:26Oui, alors qu'aujourd'hui, on combat des hackers, des pirates,
42:31qui vont utiliser les failles et les vulnérabilités pour pénétrer les systèmes.
42:35Justement, moi, j'ai 30 ans d'expérience dans la cybersécurité.
42:38Est-ce que ces 30 ans d'expérience m'ont appris ?
42:40M'ont appris deux choses essentielles.
42:41C'est que les entreprises les mieux protégées,
42:43aujourd'hui, face aux menaces cyber,
42:45sont les entreprises les plus conscientes de leurs failles.
42:48Une entreprise qui n'est pas vraiment consciente des failles,
42:53qui ne savent pas reconnaître leurs vulnérabilités numériques,
42:57sont extrêmement exposées.
42:58Et c'est elles qui sont les plus attaquables.
43:00Et la deuxième chose que ça m'a appris,
43:02c'est qu'il est vain de vouloir combattre,
43:05d'éliminer toutes les vulnérabilités dans un système numérique.
43:07C'est impossible.
43:08La vulnérabilité fait partie du digital, du numérique.
43:16Et que les organisations les plus résilientes
43:19sont celles qui sont capables de partager une culture,
43:22partager autour de la vulnérabilité,
43:23d'être conscient de ça,
43:25et de déployer cette culture dans l'entreprise
43:27pour créer des organisations qui sont vivantes,
43:29résilientes et qui apprennent,
43:30qui apprennent de leurs vulnérabilités,
43:33des crises qu'elles traversent, etc.
43:34Alors vous êtes venu avec, c'est quoi ?
43:36C'est une brochure en quelque sorte ?
43:38Oui, tout à fait.
43:38Tu l'as montré ?
43:39Comment libérer le potentiel de la vulnérabilité en entreprise ?
43:42C'est un guide pratique, c'est ça ?
43:43C'est un guide pratique qui a été rédigé au cours du premier semestre.
43:50C'est un groupe de travail qui a réuni une dizaine de dirigeants,
43:53ressources humaines et directeurs généraux de tout type d'entreprise,
43:57des très grandes entreprises, des PME, des ETI,
43:59et qui ont planché pour référencer tous les meilleurs témoignages,
44:04retour d'expérience, pour libérer le potentiel de la vulnérabilité en entreprise.
44:07C'est un guide pratique aujourd'hui qui référence 11 leviers.
44:11C'est une base de travail justement pour guider les entreprises
44:14à libérer ce potentiel de l'entreprise.
44:17Et on y retrouve des leviers comme le leadership
44:21pour les pratiques managériales à adopter, etc.
44:24C'est très pratique et c'est disponible en ligne sur vulnérabilité.org.
44:28Vulnérabilité.org, parce que vous avez aussi créé ce site en quelque sorte,
44:33qui regroupe un peu à la fois votre expérience, ses conseils, ses leviers,
44:38des témoignages de chefs d'entreprise peut-être aussi.
44:40Exactement. Et d'ailleurs, sur ce site, on y retrouve la tribune
44:44qui a été publiée dans les échos le 26 août
44:46et qui appelle les dirigeants à embrasser ce système de la vulnérabilité dans l'entreprise.
44:53On retrouve également une exposition avec les portraits de 18 dirigeants
44:57qui s'affichent et qui sont fiers d'afficher leur rapport positif avec la vulnérabilité.
45:05Si je prends quelques chiffres d'Advance sur la croissance annuelle
45:09de 30% entre 2021 et 2021-2024, 15 à 20% de rentabilité,
45:14et puis vous affichez un turnover le plus faible du marché de la cyber.
45:19On dit qu'on est à 8% contre 25-30% ailleurs.
45:24Vous avez évidemment, ça fait 20 minutes qu'on discute,
45:26déjà beaucoup répondu à la question,
45:27mais à quel point la vulnérabilité assumée,
45:31une ligne directrice, la colonne vertebrale,
45:35rend l'entreprise plus attractive ?
45:37La vulnérabilité assumée, c'est un nouveau levier
45:39qu'on exploite maintenant dans l'entreprise depuis un an.
45:44Ce qui rend l'entreprise aussi très attractive,
45:48c'est son modèle de performance globale
45:49et son système de partage de la valeur,
45:52puisqu'aujourd'hui, 50% du capital de l'entreprise
45:55est consacré et destiné à l'action pour les hommes et la planète.
45:58C'est Advanced for People and Planète.
46:00Exactement.
46:01Donc aujourd'hui, ce qui rend l'entreprise si attractive
46:05et qui permet de fidéliser aussi bien les talents,
46:09qui est un défi majeur dans la cyber-supérité,
46:13c'est son modèle d'entreprise.
46:14C'est son modèle d'entreprise
46:15et son modèle de performance durable
46:19dans lequel les collaborateurs se retrouvent.
46:21Au-delà d'exercer un métier passionnant,
46:23d'accompagner des organisations
46:24et de protéger des organisations
46:26pour qu'elles puissent remplir leur mission utile à la société,
46:30comme des hôpitaux, des services publics, etc.,
46:33les collaborateurs contribuent aussi
46:37à un modèle de performance
46:38qui vient contribuer positivement à la société.
46:43Alors, je vais poser une question.
46:45Elle est volontairement un peu provoque
46:47et peut-être à côté de la plaque.
46:48Mais en termes de RH,
46:51vous n'avez pas instauré des minutes de vulnérabilité ?
46:54Est-ce que vous incitez vos collaborateurs
46:58à parler de leur vulnérabilité ?
47:01On met en place l'environnement
47:02pour ceux qui le souhaitent,
47:03parce que c'est une démarche très intime.
47:05Oui, mais oui, c'est pour ça que c'est compliqué.
47:07Il n'y a pas d'obligation.
47:09Chacun est libre de partager ou non
47:13ces vulnérabilités personnelles, etc.
47:15Mais en tout cas, on met en place des relais dans l'entreprise.
47:19Moi, on développe des rôles modèles.
47:21C'est-à-dire qu'on est en train de former
47:24une cinquantaine de collaborateurs,
47:26soit à peu près 10% des effectifs.
47:28Pas forcément des managers,
47:29des collaborateurs qui ont une appétence,
47:32une affinité forte avec le sujet de la vulnérabilité
47:34et qui ont envie d'être des rôles modèles dans l'entreprise
47:37pour capter les signaux faibles,
47:39être des interlocuteurs de confiance
47:41vers qui on peut se tourner
47:41si on a envie de partager une situation délicate
47:45dans sa vie personnelle.
47:46Des personnes aussi qui,
47:48lorsque les équipes ou l'organisation
47:50est confrontée à des situations de vulnérabilité,
47:53sont capables d'être des leaders
47:55pour justement accueillir ça positivement
47:58et entraîner les autres.
47:59Bref, ce que j'appelle des hauts potentiels vulnérables
48:02dans l'entreprise.
48:03Des HPV.
48:04Des HPV, oui.
48:06Vous êtes présent dans les filiales,
48:09notamment en France, en Espagne, en Allemagne.
48:13Est-ce qu'il y a des pays plus ou moins réceptifs ?
48:17Alors moi, j'étais justement...
48:19Nous, on s'est d'abord développé en France.
48:20On est devenu depuis quelques années maintenant
48:24un leader référent en France en cybersécurité
48:27et grâce à ce modèle d'entreprise,
48:30grâce à cette vision réhumanisée de l'entreprise,
48:34quelque part,
48:35qui entre autres est une alternative
48:38à d'autres modèles
48:40qui refont surface aux États-Unis, etc.
48:44Et j'étais curieux de voir
48:49si ce modèle qui était notre force en France
48:52pouvait s'exporter ailleurs en Europe.
48:56Au contraire.
48:58Je trouve même qu'il y a un plus fort appétit.
49:02C'est un driver encore plus important
49:04pour recruter nos équipes en Espagne, en Italie
49:07et notamment en Allemagne.
49:08Cette quête de sens,
49:10cette quête de donner du sens
49:13à l'entreprise,
49:14à la performance entrepreneuriale, etc.
49:17Elle est encore même plus présente,
49:18j'ai trouvé en Espagne
49:19et en Allemagne en particulier.
49:22Je vous écoute et je me dis...
49:23Et à côté de ça,
49:24on voit,
49:25je ne sais pas quel terme employer,
49:27un parteron de mal alpha
49:29qui se met en scène,
49:32qui dirige certains des pays
49:34les plus peuplés
49:35et les plus puissants de la planète.
49:37Alors eux,
49:37ils ont fait toute leur carrière
49:39en cachant leurs vulnérabilités.
49:41Ça ne veut pas dire qu'ils n'en ont pas.
49:42Mais c'est vraiment l'anti-modèle.
49:46C'est l'anti-modèle,
49:47c'est une alternative
49:48et j'aimerais que la France et l'Europe
49:50s'affirment
49:54comme une alternative
49:58justement à ce hard power
50:00qui refait surface dangereusement
50:02pour imposer un pouvoir plus smart.
50:05ou plus smart.
50:06Mais est-ce que ce n'est pas
50:06l'essence même des hommes politiques
50:09mais aussi des femmes politiques,
50:10c'est-à-dire de cacher leurs faiblesses ?
50:12Ils font leur carrière
50:13en cachant leurs faiblesses.
50:14Oui, mais je pense qu'on peut...
50:17Je...
50:18Oui.
50:20Vous avez déjà eu ce dialogue-là
50:21avec ce que vous en croisez,
50:22j'imagine,
50:23des personnalités politiques ?
50:25Bah, pas tellement.
50:26Pas tant que ça ?
50:26Non, pas tant que ça.
50:27Si ce matin, j'ai rencontré...
50:28Ils devraient venir vous voir.
50:29Oui, mais moi,
50:30je suis en attente
50:32de nouveaux leaders politiques
50:33qui incarnent une nouvelle génération
50:35et une vraie vision de société.
50:37Aujourd'hui,
50:37j'avoue que
50:39les discours politiques
50:42aujourd'hui sont,
50:43pour moi, inaudibles
50:44et pour moi,
50:46ne représentent pas
50:47les gens que je côtoie au quotidien,
50:49en fait,
50:50qui sont des jeunes,
50:51qui sont des...
50:52Enfin, voilà,
50:53aujourd'hui,
50:53j'ai le sentiment
50:53qu'il y a une volonté partagée
50:56d'une société
50:56avec plus de sens,
50:59plus de collectif,
50:59plus de lien,
51:01plus de solidarité,
51:02plus de fraternité
51:03et ça,
51:03on ne le voit pas.
51:05Donc, moi,
51:06mon credo à moi,
51:07il est entrepreneurial.
51:10Donc, mon credo,
51:11mon combat,
51:11c'est de transformer l'entreprise
51:13parce que je pense
51:14que l'entreprise
51:15est un levier d'action
51:18énorme
51:20pour transformer
51:21la société.
51:23Le sentiment
51:24que la politique bougera
51:25si l'entreprise bouge.
51:28Bon, déjà,
51:28faisons déjà
51:29les choses
51:30à notre niveau.
51:31C'est super.
51:32Merci beaucoup,
51:33Alexandre Fayol,
51:34votre livre
51:35Vulnérable.
51:36on va en revoir
51:36la couverture
51:37sur le 2 octobre
51:39aux éditions
51:40Talendier.
51:41Merci encore,
51:42à bientôt
51:42sur Bsmart4Change.
51:43On passe à notre rubrique
51:44Startup Innovation
51:46tout de suite.
51:53Smart Ideas,
51:54notre rubrique
51:54Startup,
51:55notre rubrique Innovation
51:56avec Damien Binouat.
51:58Bonjour.
51:58Bonjour.
51:58Bienvenue.
51:59Vous êtes le fondateur
52:00de NOSA.
52:01Vous l'avez créé
52:01il y a une dizaine
52:02d'années,
52:032012.
52:03C'est quoi le point
52:04de départ,
52:04la genèse ?
52:05Pourquoi vous l'avez créé ?
52:06Le point de départ,
52:07c'est un échange
52:08universitaire au Brésil
52:09que j'ai eu la chance
52:09de faire.
52:10Là-bas,
52:10la saillie est très,
52:11très connue.
52:12Déjà,
52:12en 2012,
52:13c'était déjà le cas.
52:14Et moi,
52:15j'ai toujours eu
52:15cette passion
52:15depuis mon plus jeune âge
52:16pour la cuisine
52:18et pour la nature.
52:19Donc,
52:19en fait,
52:20je cherchais surtout
52:20un prétexte
52:21pour aller en Amazonie.
52:22Et ça tombait bien
52:23parce que c'est un fruit
52:24qui ne pousse que dans l'Amazonie.
52:26Donc,
52:26j'ai fait mon mémoire
52:27sur la filière
52:28de ce fruit
52:29qui était un peu
52:29la première recherche scientifique
52:31en anglais sur le sujet.
52:33Et je suis tombé
52:34vraiment amoureux
52:35de la région.
52:36J'ai fait la connaissance
52:38de communautés de cueilleurs,
52:39d'ONG,
52:40de coopératives.
52:41Et on m'a expliqué
52:42le rôle que pouvait jouer
52:43la saillie
52:43pour la préservation
52:44de la forêt amazonienne.
52:45Donc,
52:46ça m'a interpellé.
52:47Par ailleurs,
52:47c'était un ingrédient
52:48déjà très populaire
52:49au Brésil,
52:50je l'ai dit,
52:50aux US également,
52:51mais pas du tout en Europe.
52:53Donc,
52:53je me suis dit,
52:53tiens,
52:54on a peut-être un truc intéressant
52:55sur le côté business
52:56et sur le côté de l'agréabilité.
52:57L'açaillie,
52:58c'est une baie,
52:59c'est quoi ?
52:59C'est un fruit,
52:59c'est ça ?
53:00Oui,
53:00c'est un fruit,
53:01c'est le fruit d'un palmier.
53:02D'accord.
53:02C'est des palmiers tout fins
53:03qui poussent en touffe
53:04dans le delta de l'Amazon.
53:05C'est un arbre
53:05qui a besoin de beaucoup d'eau,
53:06beaucoup de chaleur.
53:06Donc,
53:07c'est vraiment un arbre tropical.
53:08Le fruit,
53:09en tant que tel,
53:09ça ressemble un peu
53:09une grosse myrtille,
53:10un gros cassis,
53:11sauf qu'il y a un noyau
53:12qui fait quasiment tout le fruit.
53:1390% du fruit,
53:14c'est le noyau
53:15et c'est un fruit
53:16qui est extrêmement périssable.
53:17C'est-à-dire qu'il faut vraiment
53:18qu'on extrait sa pulpe
53:19dans les 48 heures maximum
53:21qui suivent la cueillette
53:21et là,
53:22on le congèle.
53:23Donc,
53:23c'est vrai que pour nous,
53:24ce n'est pas simple
53:24de l'expliquer aux Français
53:25puisqu'on ne peut pas montrer
53:26des photos
53:27et après nous,
53:28ce qu'on vend,
53:28c'est la purée surgelée
53:29qu'on vend aussi bien
53:31en magasin bio,
53:32aux restaurateurs
53:32et aux industriels
53:33de l'agroalimentaire
53:34mais effectivement,
53:35ça ressemble à une grosse myrtille.
53:36Et alors,
53:37cette purée surgelée
53:38que vous vendez,
53:39cette pulpe,
53:40quels sont,
53:42on dit super pouvoirs ?
53:44Alors,
53:44c'est quoi ?
53:45Il y a antioxydants par exemple ?
53:46Antioxydants,
53:47c'est le plus connu.
53:48Alors,
53:48il y a beaucoup de choses.
53:49Alors,
53:49je ne veux pas vous faire
53:50tous les bienfaits
53:51mais en tout cas,
53:51effectivement,
53:51l'assaïe s'est popularisée
53:53pour ses bienfaits nutritionnels
53:55qui sont effectivement
53:55assez exceptionnels.
53:57En particulier,
53:57son pouvoir antioxydant.
53:58L'assaïe est un pouvoir antioxydant
54:00cinq fois supérieur
54:00par exemple à la grenade
54:01ou à la myrtille.
54:03Donc,
54:03les antioxydants,
54:04pour rappel,
54:04en fait,
54:05ça ralentit le vieillissement cellulaire
54:06et donc ça réduit les risques
54:07de cancer
54:08ou de maladies cardiovasculaires
54:09par exemple.
54:10C'est aussi très populaire
54:11dans le monde du sport.
54:12L'assaïe possède beaucoup de minéraux,
54:13notamment le manganèse
54:15et le cuivre
54:15qui aident le métabolisme énergétique
54:17et l'ossature,
54:18entre autres.
54:19Donc,
54:19l'assaïe est très populaire
54:20dans le monde du surf par exemple,
54:21même du jujitsu brésilien
54:23qui est un art martial brésilien
54:24qui se popularise en France.
54:27Et aussi,
54:27l'assaïe est riche en fibres
54:28donc il l'a rendu aussi populaire
54:30pour son côté coupe-fin
54:31puisque c'est un fruit
54:32qui est peu calorique
54:33car non sucré.
54:34Autre chose assez particulière
54:35de l'assaïe,
54:36c'est un fruit qui n'est pas sucré
54:36et riche en fibres
54:38donc côté coupe-fin
54:39et qui aide sur le transit
54:41lors de la digestion.
54:42Alors,
54:42vous avez annoncé,
54:43c'était au début de cette année
54:44janvier 2025,
54:45vous annoncez une levée de fonds
54:46de 2,4 millions d'euros
54:48pour construire
54:49votre première usine.
54:51C'est ça.
54:51Vous allez la construire là-bas
54:52au Brésil,
54:53j'imagine ?
54:53Oui,
54:53j'ai bien compris.
54:57Gros enjeux sur lesquels
54:59on travaille depuis 5 ans.
55:02La pandémie nous a un peu
55:03mis des bâtons dans les roues
55:04donc là je suis reparti
55:05en levée de fonds
55:06et on a signé
55:06avec un fonds brésilien
55:08qui s'appelle
55:09Amazonian Biodiversity Fund
55:11qui est un fonds
55:11qui ne finance que des projets
55:12qui visent à préserver
55:14la biodiversité en Amazonie
55:15donc en 15 millions de reais
55:17donc la monnaie brésilienne
55:19donc c'est un fonds
55:19en monnaie brésilienne
55:20qui vise effectivement
55:22à financer notre usine
55:23qui va nous permettre
55:24de travailler directement
55:25avec les coopératives
55:26de petits producteurs
55:27avec lesquels on travaille
55:28parce qu'aujourd'hui
55:28on accompagne déjà
55:29les producteurs
55:30sur l'agroforesterie
55:32c'est toute la thèse
55:34d'impact
55:35qui est la nôtre
55:35c'est-à-dire
55:36de faire de la production
55:37en forêt
55:37qui vise du coup
55:39à apporter des revenus
55:39aux populations locales
55:41qui sont nombreuses
55:41et qui sont plutôt vulnérables
55:43tout en préservant
55:44cette forêt
55:45tout en ayant
55:46un business model rentable
55:47c'est ça qui est intéressant
55:48de réussir à accumuler
55:50les deux objectifs
55:51qui ont pu sembler
55:53contradictoires à certains
55:54qui se sont assis
55:56sur la question
55:57à la fois de la rémunération
55:58des producteurs
55:59et de l'impact environnemental
56:01vous évidemment
56:01c'est au cœur de votre modèle
56:02en fait moi vraiment
56:03ma vision
56:04c'est que l'alimentation
56:05de demain
56:06ne passe que par
56:07la santé
56:07donc la nutrition
56:08et la durabilité
56:10on le voit aujourd'hui
56:11les filières
56:12il suffit de voir
56:13l'évolution du prix
56:14de l'huile d'olive
56:14du cacao
56:15du café
56:16en fait le réchauffement climatique
56:17impacte lourdement
56:18toutes les filières agricoles
56:19il y a des yo-yo
56:20au niveau des prix
56:21et globalement des hausses
56:22donc en fait aujourd'hui
56:23on ne peut pas faire
56:24l'autruche là-dessus
56:25toutes les filières
56:27doivent s'adapter
56:28on doit lutter
56:28contre le réchauffement climatique
56:29et on doit aussi
56:30apporter de la résilience
56:31et c'est là que nous
56:32l'agroforesterie
56:34est une solution
56:35qu'on trouve assez puissante
56:36parce qu'en fait
56:37en mélangeant
56:37différentes espèces
56:39dans une zone forestière
56:40on rend le système
56:41beaucoup plus résilient
56:42quand il y a de la sécheresse
56:43il y a de l'ombre
56:44qui limite
56:45l'intrant lumière du soleil
56:48beaucoup moins de risques
56:49de maladies
56:50de par la diversité
56:51donc on a des écosystèmes
56:52beaucoup plus résilients
56:52et ça fait sens
56:53d'un point de vue économique
56:54en fait c'est ça
56:55qui marche bien
56:55dans ce modèle
56:56qui est le nôtre
56:57merci beaucoup
56:59Damien Binoa
56:59et Bonvent
57:00à NOSSA
57:01voilà c'est la fin
57:02de ce Smart Impact
57:03merci à toutes et à tous
57:04de votre fidélité
57:05à la chaîne des affaires
57:06à Bismarck for Change
57:07je vous dis à très vite
57:08salut
57:08Sous-titrage Société Radio-Canada
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