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  • il y a 1 an
Mardi 9 septembre 2025, retrouvez Laurent-Emmanuel Migeon (PDG, BIO-UV Group), Clémence de Pommereau (Partenaire associée, ECUBE), David Sorin (Directeur général, Taranis Carbon Ventures), Laurent Salet (PDG, Santafoo) et Thomas Breuzard (Directeur permaentreprise, & Coprésident, B Lab France, norsys) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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00:00Bonjour, bonjour à toutes et à tous, c'est Smart Impact, l'émission de la transformation
00:11environnementale et sociétale de notre économie. Et voici le sommaire. Thomas Brezard sera l'invité
00:16du grand entretien. Tout à l'heure, le directeur général perma-entreprise de Norcise, co-président
00:22de Bilab France. Il viendra nous parler de ce concept perma-entreprise au cœur de la stratégie
00:28du groupe. Mais d'abord, on va découvrir dans une minute comment purifier l'eau grâce
00:32aux UV avec Laurent-Emmanuel Mijon, le président de Bio UV Group. Notre débat, il portera sur
00:37le recyclage plastique, comment le rendre plus efficace alors que le taux est inférieur à
00:4330% en France. On est bien loin des objectifs européens. Et puis dans notre rubrique start-up,
00:48je vous présenterai Santafou. C'est une appli de livraison de courses engagées auprès des
00:53agriculteurs. Voilà pour les titres. C'est Smart Impact tout de suite.
00:58L'invité de ce Smart Impact est avec nous en duplex, Laurent-Emmanuel Mijon. Bonjour,
01:09bienvenue. Vous êtes le président de Bio UV Group. C'est quoi Bio UV Group ? Racontez-moi.
01:16Bonjour Thomas, bonjour à toutes, bonjour à tous. Bio UV Group, c'est une société qui vient de fêter
01:20ses 25 ans et qui est spécialisée dans la conception, la fabrication, la commercialisation
01:26de systèmes et de solutions innovantes de désinfection de l'eau par technologie naturelle,
01:36donc de l'UV, de l'ozone et l'électrolyse de sel pour répondre à des enjeux majeurs
01:41qui représentent le traitement de l'eau au niveau international, notamment pour pouvoir
01:47approcher des problématiques sanitaires, économiques et environnementales.
01:52Et on va d'ailleurs détailler à la fois vos solutions et puis ces enjeux autour de l'eau,
01:58notamment les plans eau. Il y a un plan eau qui est en cours en France. Il y a eu celui qui a été adopté
02:05aussi par la Commission européenne, c'était au mois de juin dernier, une stratégie de résilience de l'eau.
02:10Il y a eu une mesure phare, peut-être un peu floue, la volonté affichée d'améliorer l'utilisation
02:14de l'eau de 10% d'ici 2030. Qu'est-ce que ça signifie pour vous ? Une prise de conscience
02:19des pouvoirs publics suffisante, tardive ? Comment vous l'évaluez ?
02:25Alors, aujourd'hui, après deux ans de lancement de ce plan eau, il y avait trois axes.
02:30De la sobriété, de la disponibilité et puis améliorer la qualité, notamment avec deux éléments
02:36qui nous concernaient, c'est-à-dire, un, a ramené la part de la réutilisation des eaux usées
02:41autour de 10%, alors qu'aujourd'hui, enfin en 2023, on était autour de 1%.
02:45Nous, ce qu'on évalue aujourd'hui, c'est qu'en fait, il y a une vraie volonté,
02:51mais c'est compliqué de pouvoir s'assurer que la mise en œuvre nous impacte au quotidien.
02:59Pourquoi ? D'abord parce qu'aujourd'hui, l'accès à l'eau est plutôt facilité en France
03:04et peu coûteux, donc on est moins dans une situation compliquée que des territoires
03:07comme Israël, l'Espagne ou l'Italie, où le prix du mètre cube est beaucoup plus élevé
03:12que le nôtre. Le deuxième, c'est que les éléments administratifs sont quand même
03:16assez complexes. Pour ce qui nous concerne, donc tout ce qui est lié à la réutilisation
03:20des eaux usées traitées, on a des solutions qui sont faites pour ça. Aujourd'hui, le coût
03:26du traitement administratif fait que c'est quasiment le double du coût de notre solution.
03:31Globalement, nous, on propose des solutions qu'on appelle des cubis qui permettent de
03:34traiter en gros 5 mètres cubes heure de réutilisation pour différentes applications.
03:38Si vous voulez irriguer vos terrains de sport dans une mairie, si vous voulez traiter la
03:44voirie, si vous voulez faire de l'hydrocurage à l'intérieur de vos canalisations, donc évitez
03:48d'utiliser de l'eau potable et donc de le faire avec de l'eau qui est réutilisée.
03:53Ces solutions chez nous coûtent entre 25 et 30 000 euros.
03:55Si vous devez rajouter les frais de dossier, les frais administratifs, vous perdez 6 mois
03:59à 1 an et vous doublez le coût de notre solution.
04:02Comment c'est possible ?
04:03Aujourd'hui, les avancés sont plutôt…
04:05Ce traitement administratif, c'est quoi ? C'est le génie français pour la paperasse ?
04:14J'essaye de comprendre comment ça peut doubler le coût d'un projet.
04:18Alors en fait, ce qui se passe, c'est qu'on nous demande de prouver que nos solutions
04:21sont efficaces. Et pour pouvoir prouver ça, il faut faire des tests, il faut faire des
04:25essais qui font que pendant cette période-là, et ça dure au moins 6 mois, vous ne pouvez
04:30pas utiliser l'eau que vous pensiez pouvoir réutiliser. Donc il faut un, prouver que vos
04:35solutions fonctionnent. Deux, il faut que vous puissiez venir avec un dossier qui montre
04:40auprès des administrations que la solution que vous proposez est une solution qui amènera
04:46des bénéfices. Et donc pour ça, il faut que vous fassiez appel à des cabinets spécialisés
04:50pour pouvoir présenter aux administrations le bénéfice de vos solutions. Et ce traitement
04:55de ces dossiers, en fait, coûte assez cher. Donc entre les tests, les 6 mois où vous
05:00ne pouvez pas utiliser vos solutions et les cabinets qui vous aident à présenter vos
05:04solutions, on parle de 30 000 euros de plus.
05:07D'accord. Est-ce que… Alors on est inégaux en France face à ces enjeux de sécheresse
05:13et donc de réutilisation des eaux usées. Est-ce que dans toute la partie Pyrénées-Orientale,
05:20qui est sans doute le département français le plus sinistré en la matière, il y a quand
05:24même une prise de conscience différente, une accélération des dossiers et c'est
05:28plus facile pour vous d'agir ?
05:30C'est vrai, Thomas, la nécessité fait loi. Donc vous n'avez pas le choix, vous ne pouvez
05:34pas y pomper dans les nappes phréatiques, vous ne pouvez pas faire autre chose que de
05:37réutiliser l'eau. Et c'est le cas des Pyrénées-Orientales, pour lesquelles nous
05:43on participe, puisqu'on a gagné quelques projets, notamment du côté de Saint-Cyprien,
05:48où en fait on récupère des eaux qui sortent des stations municipales et elles sont réutilisées
05:52pour diverses applications. Mais des Pyrénées-Orientales, alors je pense qu'on peut considérer que c'est
05:57plutôt un bien, il n'y en a pas beaucoup en France, mais ça viendra petit à petit
06:01et donc on pense que les besoins existent, la réutilisation des eaux usées est une vraie
06:06solution. Il faut peut-être faire que les simplifications administratives soient encore
06:11plus importantes que ce que l'on peut voir aujourd'hui. Mais le principe est là, la dynamique
06:16est là, c'est juste un peu plus long que ce qu'on nous a dit en 2023.
06:19Alors vous expliquez tout à l'heure, vous êtes en quelque sorte obligé de montrer
06:23pas de blanche, de faire la preuve de l'efficacité de vos solutions. Je vais poser des questions
06:28très basiques, mais comment ça marche quand on, par exemple, quand on utilise les ultraviolets
06:33C'est quoi le système ?
06:36En fait, le système est très simple. En fait, on réutilise le schéma qui existe déjà
06:40dans la nature, c'est-à-dire les ultraviolets C, c'est une longueur d'onde spécifique qui
06:44vient du soleil. Et on reprend ce schéma-là. À l'intérieur de l'eau, en fait, on détruit
06:49l'ADN ou l'ARN des cellules qu'on n'a pas envie de revoir dans l'eau, c'est-à-dire
06:53principalement les virus, les bactéries. Et plus on met une puissance forte, plus on les détruit.
06:57Et c'est là où le génie français est assez important, c'est qu'on met des contraintes
07:01très fortes en fonction des applications et des usages que vous pourriez avoir en termes
07:05de réutilisation. Ce qui fait que de temps en temps, on se retrouve avec un niveau de
07:12qualité d'eau de réutilisation qui est quasiment le même que de l'eau potable. Donc pour
07:16remplacer l'eau potable, on nous demande de faire des niveaux de reuse qui est le même
07:19que de l'eau potable.
07:21Oui, donc on est dans une forme d'absurdité. Alors qu'on peut rappeler les usages, vous en
07:24avez cité quelques-uns tout à l'heure, mais s'il s'agit de nettoyer la voirie,
07:28il n'y a pas besoin d'avoir une eau ultra pure, si je comprends bien.
07:31Oui, mais on dit qu'il y a un principe de précaution et que la personne qui va nettoyer
07:34la voirie, il faut éviter qu'il puisse éventuellement avoir des rétro-olfactions d'éventuellement
07:40de virus ou de bactéries. C'est ce principe de précaution qui est très très important
07:43en France et qui s'applique aussi dans la réutilisation des eaux usées et qui aujourd'hui
07:47est contraignant parce que vous avez raison Thomas, on pense qu'il y a des usages qui
07:50ne nécessitent pas les contraintes qui nous sont imposées aujourd'hui.
07:53Est-ce qu'il y a d'autres usages qu'on pourrait autoriser en France et qui ne le
07:59sont pas ? Et qui le sont, vous citiez Israël, l'Espagne ou l'Italie ?
08:07Alors ces territoires-là utilisent en fait la réutilisation dans quasiment tous les
08:11domaines, notamment la partie industrielle qui consomme aussi une partie de l'eau,
08:16c'est-à-dire ce qu'on appelle les eaux de process. Aujourd'hui, on démarre plutôt bien,
08:22on travaille avec un certain nombre de partenaires, à la fois sur la qualité des eaux qui rentrent,
08:26sur les eaux de process et la réutilisation de ces eaux de process. Il y a une validation
08:30qui a été faite pour que ces eaux de process puissent être réutilisés dans l'agroalimentaire,
08:34notamment dans les gros territoires que sont l'ouest de la France. Donc ça progresse sur
08:39ces aspects industriels. Il ne faut quand même pas oublier aussi qu'au niveau municipal,
08:43il y a des élections, que la situation économique n'est pas très florissante en France et donc ça
08:48n'aide pas non plus à investir. Donc aujourd'hui, on sent un plus fort dynamisme au niveau des
08:53industries pour pouvoir utiliser ces eaux industrielles, les réutiliser, que au niveau
08:59municipal ou institutionnel. Donc oui, il y a encore un grand chemin à faire, mais il y a une vraie
09:05prise de conscience parce que les industriels s'aperçoivent qu'ils peuvent réduire l'impact
09:09sur l'environnement. Et puis surtout, il y a un bénéfice économique, c'est que plus ça va,
09:13plus l'eau coûte cher et plus elle va coûter cher, plus l'intérêt de la reuse va être fort.
09:18Alors on voit ce titre, les ultraviolets, une solution écologique. Si on compare, c'est quoi ?
09:23Sinon c'est du chlore, des traitements chlorés. En quoi votre solution est plus écologique que les autres ?
09:29Alors effectivement, elle évite de mettre des produits chimiques à l'intérieur de l'eau.
09:34Les autres, donc c'est ça, le principal bénéfice, c'est qu'il n'y a pas de chimie,
09:40ce sont des solutions naturelles. On peut voir aussi d'autres solutions. Nous, on a dans notre portefeuille
09:45une filiale qui est en Écosse qui traite avec de l'ozone. L'ozone aussi étant une solution naturelle.
09:51On peut avoir aussi des traitements membranaires et souvent ce qui se passe, c'est qu'on ajoute ou on cumule
09:55les différentes solutions. On met un système membranaire ou un filtre et puis derrière, on met de l'UV
10:00et puis on peut mettre de l'ozone. Donc c'est le cumul de ces solutions. Et nous, chez BioUV, on est capable
10:06de fournir des solutions qui n'utilisent pas de chimie. Le chlore étant la principale solution
10:13utilisée dans les piscines publiques, dans les piscines privées, dans le traitement des eaux potables
10:17et dans beaucoup de process.
10:19Est-ce qu'il faut encore beaucoup innover ou est-ce que les solutions technologiques, là,
10:24elles existent très clairement pour passer à l'échelle en matière de réutilisation en France ?
10:30Alors, les solutions technologiques existent. Ce qu'on essaie de voir, c'est comment on peut éviter
10:35d'avoir un impact trop fort, notamment sur la consommation énergétique. Comment on peut réduire
10:40notre impact et trouver des solutions qui soient sobres aussi d'un point de vue consommation
10:44énergétique. De l'innovation, il y en a tout le temps. On a une thématique assez forte en ce moment
10:48sur le traitement des eaux potables qui s'appelle les PIFAS, donc ce qu'on appelle les polluants
10:52émergents éternels. Et là aussi, on est en train de regarder, par exemple, pour l'UV, comment on peut utiliser
10:57cette solution pour pouvoir avoir un impact sur la destruction des PIFAS. Aujourd'hui, c'est plutôt
11:02des filtres à charbon plus des membranes. Mais de l'innovation, on en a toujours parce qu'on pense
11:09qu'on peut être efficace et ça marche et on est efficace. Mais ce qu'il faut regarder aussi, c'est la
11:13capacité sur la durée de vie de nos solutions à avoir un impact le plus faible possible et notamment
11:17la consommation énergétique.
11:19Un dernier mot sur le gâchis de l'eau. Est-ce qu'il y a encore beaucoup de progrès
11:27à faire dans notre pays, dans ce domaine ?
11:30Alors, effectivement, on s'aperçoit, je crois que de mémoire, c'est à peu près une trentaine
11:33de pourcents dans les réseaux qui est perdu. Et donc ça, c'est un vrai gâchis. On voit
11:38des territoires où on met en place des systèmes qui permettent de pouvoir identifier très
11:43rapidement les fuites. Alors, je sais que des gens comme Veolia sortent, travaillent
11:47là-dessus. Mais on voit dans les territoires qui sont un peu loin de chez nous, en Espagne
11:50ou même au Danemark, la mise en place de capteurs et donc de solutions intelligentes qui permettent
11:55très rapidement de pouvoir réagir et d'identifier les problématiques et les fuites les plus
12:00significatives. Donc, la connectivité, la mise en place de ce qu'on appelle l'Internet
12:05des objets, des applications plus précises, tout ça, effectivement, devrait nous permettre
12:09de réduire très rapidement ce taux qui est très important et trop important. Parce
12:14que la sobriété commence par la non-consommation ou en tout cas d'éviter toutes ces pertes.
12:19– Merci beaucoup Laurent, Emmanuel Mijon et à bientôt sur Be Smart for Change.
12:24C'est l'heure du débat de ce Smart Impact. On parle du recyclage des plastiques et du retard
12:30français en la matière.
12:31– Le recyclage des plastiques au menu du débat de ce Smart Impact avec Clémence
12:42de Pomereau, bonjour. – Bonjour. – Bienvenue. Vous êtes partenaire associé
12:45chez e-Cube. David Sorin, bonjour. – Bonjour. – Et bienvenue à vous aussi.
12:48Vous êtes directeur général chez Taranis Carbon Venture. On va prendre quelques minutes
12:51pour présenter vos entreprises. E-Cube, en quelques mots. – Alors, e-Cube, c'est un cabinet
12:56de conseil en stratégie qui est dédié aux enjeux de l'énergie et de l'environnement.
13:01Donc, on accompagne les acteurs de ce secteur dans leurs enjeux stratégiques et marchés
13:05ou des acteurs consommateurs qui ont des problématiques de décarbonation.
13:10– Et Taranis Carbon Venture ? – Alors, Taranis Carbon Venture, c'est un fonds de capital
13:14risque qui investit dans des start-up industrielles qui essaient d'apporter des solutions à la
13:22décarbonation et au recyclage des plastiques. – Alors, justement, on va parler de ce
13:26recyclage des plastiques avec un constat, d'abord, qui est le constat du retard français.
13:29Moins de 30% de plastique recyclé en France aujourd'hui. Et on rappelle que l'objectif
13:34européen, c'est 55% d'ici 2030. 2030, c'est là, c'est demain. Même question à tous
13:40les deux. Comment vous l'expliquez, ce retard français, Clémence ?
13:43– Alors, c'est une bonne question. Pourquoi est-ce que la France est en retard par rapport
13:48à d'autres pays européens ? On ne va pas le mettre directement sur des sujets technologiques.
13:52Il y a des sujets plutôt à l'amont de la chaîne de valeur. Typiquement, il y a certains pays,
13:58beaucoup de pays qui mettent en place la tarification incitative pour inciter les foyers à réduire
14:04leur volume de déchets, déjà, ce que la France a du mal à faire. Et puis, dans les démarches
14:10de tri et de collecte, il faut aller chercher les déchets plastiques, déjà, qu'on sait
14:16recycler, qu'on sait bien recycler, parce qu'il y en a. Et donc, il y a des méthodologies
14:22qui permettent d'aller capter ces plastiques qui sont encore peu déployés en France,
14:26alors que les champions européens ont assez massivement mis en place ce type de solution.
14:31– On va détailler avec vous un certain nombre de freins qu'on pourrait ou qu'on espère
14:34voir lever dans les prochaines années, dans les prochains mois. Votre avis, vous nous
14:39parlerez beaucoup de startups tout à l'heure, mais sur ce retard français, comment vous
14:42l'analysez ?
14:43– Alors, moi, je ne sais pas s'il faut être aussi pessimiste que ça.
14:47Nous, on a une vision un peu globale du marché, on n'investit pas qu'en France. Et vu
14:53du reste du monde, l'Europe est quand même une géographie qui est en avance. Et sur
14:58des sujets comme le textile, le textile, c'est beaucoup de plastique, la France est
15:01vue vraiment comme une pionnière sur les mécanismes qui sont mis en place pour accélérer
15:06le développement d'une filière de recelage.
15:08– Mais ça veut dire que les objectifs européens, ils sont trop ambitieux par rapport à la situation
15:13et à la réalité du marché ? – D'une manière générale, les objectifs européens,
15:16que ce soit en décarbonation, au recyclage plastique, sont toujours beaucoup trop ambitieux.
15:20Je ne sais pas s'il faut s'en désoler, parce que c'est quand même la direction.
15:24Mais si on regarde le niveau d'avancement par rapport au reste du monde, par rapport à
15:29l'Asie, par rapport aux États-Unis, je pense que l'Europe continue quand même à montrer
15:33le chemin.
15:34– Alors, si on doit parler des freins, des freins à lever, est-ce qu'il y a une forme
15:38d'industrialisation de la collecte, du traitement qui est encore un peu trop embryonnaire, d'après vous ?
15:47– Alors, sur la collecte et le traitement, certainement, il y a un certain nombre de choses
15:51qu'on peut améliorer.
15:52Après, c'est vrai que dans les freins techniques, on va assez vite aller sur les sujets de recyclage,
15:59puisque, en fait, la France peut combler un retard par rapport aux autres pays européens,
16:04mais même ces pays-là, ils vont finir par stagner d'un point de vue taux de recyclage
16:09atteint si on n'améliore pas un certain nombre de technologies autour du recyclage, et
16:14c'est là qu'intervient le recyclage chimique comme une solution prometteuse, mais sur lequel
16:19il reste des défis techniques à relever.
16:21– Alors, si on prend quelques exemples, il y en a plein, si je parle recyclage du textile,
16:25par exemple, vous avez un exemple de start-up que vous accompagnez aujourd'hui ?
16:29– Oui, alors j'ai un très bon exemple, puisque c'est un projet qui a été sélectionné
16:32dans le cadre de Choose France, donc c'est vraiment un projet important d'une start-up
16:37américaine dont le projet de première usine est en France, dans la région Grand-Est
16:42à Saint-Avold, donc c'est une technologie qui va permettre de prendre des textiles
16:46qui sont composés de mélanges de coton et de polyester, de les séparer et de les
16:52décomposer en des produits qui permettent de refaire des fibres vierges.
16:56Et c'est un projet très important, c'est un projet d'investissement de 450 millions
17:00d'euros, 200 emplois, 70 000 tonnes qui restent à financer.
17:06Donc maintenant, l'enjeu, c'est vraiment de convaincre des clients de s'engager sur
17:11des volumes, sur des prix et de trouver le financement pour cette usine.
17:14Pourquoi ils sont complexes à financer ces projets ? Parce que là, on a des solutions,
17:18on se dit, ça peut être un, par exemple pour un cliché, un game changer, donc on se dit
17:21pourquoi c'est complexe à financer ?
17:23Alors c'est complexe à financer parce que la manière dont se finance un projet à plusieurs
17:28centaines de millions d'euros aujourd'hui, ce n'est pas en levant de l'argent auprès
17:33de gens qui font du capital risque comme nous, on va aller chercher de la dette.
17:37Donc il faut convaincre des gens de prêter de la dette et ces gens-là sont très averses
17:41au risque, donc ils vont attendre à ce que, quand on construit une usine de 70 000 tonnes,
17:45on est déjà pour 70 000 tonnes de clients qui s'engagent plusieurs années à l'avance
17:49avec encore des primes de prix importantes.
17:52Et aujourd'hui, on est dans un environnement macroéconomique qui est très difficile.
17:58L'univers de la chimie est en grande difficulté dans le monde entier avec des grandes surcapacités
18:03en Chine, donc c'est un peu le pire moment en fait pour demander aux gens de s'engager,
18:08pour demander aux gens de mobiliser du capital à risque.
18:12Donc on y travaille, cette start-up s'appelle Surc, ils travaillent d'arrache-pied, mais il
18:18y a quand même une montagne assez importante qui est devant nous.
18:20Est-ce que dans les freins que vous identifiez, il y a une question de marché, de coût, d'enjeu
18:27économique autour de ce que coûte le recyclage, l'accès à la matière première en quelque
18:32sorte ?
18:33Alors oui, il y a un enjeu de coût qui est important, David évoquait des primes importantes.
18:38Donc typiquement, quand on demande à un consommateur de s'engager pour acheter de la matière
18:43recyclée qui vaut jusqu'à deux fois plus cher que la matière vierge, forcément ça pose
18:48un problème. Et pour réussir à gagner en compétitivité, la filière et même les
18:56filières, parce qu'on parle de technologie et de marchés finaux différents, doivent
19:00progresser technologiquement. Elles doivent faire des gains en effet d'échelle, donc
19:06pouvoir financer des usines plus importantes. Elles doivent réduire leur consommation d'énergie.
19:11Il y a beaucoup de filières dans ce domaine qui ont des enjeux de grosse consommation
19:15d'énergie, ce qui pose des enjeux économiques, aussi des enjeux environnementaux indispensables.
19:21Donc voilà, et pour pouvoir faire tout ça, on est sur ce cercle qui peut être vicieux
19:25et qui doit devenir vertueux de réussir à financer pour faire ces gains techniques et
19:32technologiques, pour pouvoir convaincre davantage de consommateurs de s'engager sur des prix
19:37moins chers, etc. Effectivement, inverser le cercle en quelque sorte. Il y a un autre
19:42exemple de plastique qui vienne de l'huile. Alors je veux bien que vous racontiez cette
19:47histoire, c'est quelle start-up ? Alors il y a en réalité beaucoup de start-up qui
19:52essaient de faire ça, puisqu'il y a aujourd'hui un contexte réglementaire qui contraint les
19:55acteurs, notamment du packaging, à intégrer une certaine fraction de packaging recyclé.
20:02Les packagings, ils sont faits beaucoup à partir d'éthylène qui sont des produits sortis
20:07de raffinerie qui sont ensuite craqués, etc. Donc là, l'idée, c'est de prendre des
20:10plastiques, de les redécomposer dans des molécules élémentaires qui sont un peu équivalents
20:15pour faire très très simple à du pétrole et les remettre dans une chaîne qui existe
20:19complètement. Donc il y a beaucoup de start-up qui ont essayé de faire ça. C'est une idée
20:25qui paraît très simple, qui est très très très difficile à exécuter. Donc nous, on a fait
20:30un certain nombre d'investissements. Je pense que c'est un domaine qu'on connaît très
20:33bien. Et on a notamment fait un investissement dans une start-up qui prend le sujet un petit
20:38peu différemment. Au lieu de construire des grandes usines, c'est des toutes petites
20:41usines qui peuvent être déployées très proche des gisements de plastique. Donc on
20:46est en train de démarrer la première de ces usines. Et si elle est validée…
20:50C'est où dans le monde ou en Europe ?
20:51Alors c'est aux États-Unis. Mais au lieu d'investir des centaines de millions, on investit 5 millions
20:58pour faire ça. Donc c'est beaucoup plus facile à financer. Et si on finance ça, derrière
21:02on a des promesses d'achat de machines par dizaines. Donc on pense qu'il y a des chemins
21:08vers le déploiement et vers le fait de commencer à produire à grande échelle.
21:12Est-ce que le financement sur le marché américain est plus simple aujourd'hui sur ces projets
21:17à valeur environnementale que sur le marché européen ? Parce qu'il y a eu l'Inflation
21:21Reduction Act voté par l'administration Biden, qui a un peu fonctionné comme un aspirateur
21:26à projet, en partie remis en cause par l'administration Trump. Est-ce que vous voyez les effets de
21:32ça ou pas du tout ?
21:33Pas tellement, parce que sur la question du plastique, l'Inflation Reduction Act
21:37ne disait rien. C'était vraiment tourné vers la question des émissions de gaz à effet
21:42de serre. Donc le contexte n'est pas meilleur sur le recyclage
21:47du plastique. Et sur la volonté des investisseurs en général d'investir, il n'est pas meilleur
21:51tout court. D'ailleurs, on est l'investisseur principal dans cette société américaine,
21:56d'ailleurs dans toutes les sociétés américaines dans lesquelles on a investi, ce qui prouve
21:59bien qu'elles ont aussi besoin d'aller chercher du capital ailleurs.
22:02Vous parliez de la question réglementaire. Est-ce qu'il y a aussi un frein réglementaire
22:09aujourd'hui ? C'est-à-dire est-ce qu'une simplification faciliterait le passage à l'échelle
22:15du recyclage des plastiques ? Parce qu'on peut aussi dire que la loi a permis d'accélérer,
22:21un certain nombre de lois ont permis d'accélérer ou d'inciter le secteur à bouger.
22:24Non, tout à fait. En tout cas, sur l'aspect réglementaire, le volet qui impose des obligations
22:32d'incorporation de matières recyclées, c'est un volet qui est très vertueux, qui aujourd'hui
22:36est mis en place sur les polyoléphines, donc les emballages dont parlait David, qui pourrait
22:43demain s'appliquer sur d'autres filières, type le textile, pour accompagner les choses.
22:48Ensuite, c'est sûr que d'un point de vue réglementaire, il y a une myriade d'obligations,
22:53de règles, de bonus-malus, etc., qui sont compliquées, mais qui vont dans le bon sens.
23:00Est-ce qu'il y a des plastiques non recyclables encore aujourd'hui ? Ou est-ce que finalement
23:03la technologie fait qu'on trouve des solutions pour tout ?
23:09Non, il y a beaucoup de plastiques qu'on ne sait pas recycler à l'échelle, c'est-à-dire
23:14tels qu'on les trouve avec les contaminants qu'ils ont avec eux.
23:17Et j'ai envie de dire, même quand il existe des solutions de recyclage, ça ne veut pas
23:21dire qu'il y a des débouchés pour absorber la quantité de plastique qui serait des candidats
23:26à être recyclés.
23:27Donc, l'ADEME, par exemple, essaie de promouvoir le développement d'une filière
23:32sur le PVC, avec, me semble, une certaine difficulté.
23:38Donc, les freins sont technologiques, sans doute, mais une fois que les technologies sont
23:45là, il faut aussi du temps, en fait, pour que les filières adoptent en masse, avec des
23:50surcoûts qui, progressivement, vont baisser.
23:53Il y a des choses qui sont plus faciles que d'autres, c'est sûr.
23:56Il y a un exemple concret, même dans une filière mature dont on parlait tout à
24:00l'heure, où on peut aujourd'hui plus facilement aller chercher des déchets
24:03post-industriels, donc des déchets qui sont propres, assez uniformes, parce qu'ils
24:08viennent du process industriel lui-même.
24:10Par contre, aller chercher le déchet généré par le consommateur final, donc avec
24:15davantage de mélange, etc., c'est beaucoup plus compliqué, à la fois d'un point de vue
24:20filière de collecte et de tri, mais aussi d'un point de vue technique, parce qu'il y a
24:23davantage de polluants.
24:24Est-ce qu'il y a une question de… parce que ce que j'entends, c'est, par exemple,
24:28qu'il y a des enjeux d'industrialisation, mais quand on dit industrialisation, on dit
24:33acceptabilité aussi.
24:34Est-ce que ça, ça fait partie des freins ou des enjeux majeurs ?
24:39Oui, alors, d'acceptabilité, d'implantation des usines.
24:43C'est une usine chimique qu'on va installer et pas forcément à côté de chez moi, c'est
24:47le discours qu'on entend souvent.
24:48Oui, tout à fait.
24:49David a un exemple très concret.
24:51Oui, c'est vrai.
24:52J'ai deux bons exemples.
24:53D'abord, je me corrige, c'est le polystyrène que l'ADEME essaie de développer.
24:57Nous, on a deux exemples.
24:58On a une usine, donc la société SIRC a regardé en France plusieurs sites, a fini par choisir
25:06Saint-Avol parce que l'Est est un territoire qui est très accueillant pour l'industrie
25:09et le premier territoire, finalement, qu'ils envisageaient, ils ont rapidement réalisé
25:14qu'il n'y aurait pas le niveau de soutien local.
25:18Aux États-Unis, on a le même sujet avec la société dont je parlais.
25:21En Californie, finalement, si on vient mettre même une toute petite usine qu'on ne verra
25:26pas, qu'ils n'aimaient rien, etc., les gens sont très réticents à savoir qu'il
25:30y a quelque chose qu'ils ne connaissent pas tellement dans leur jardin.
25:34Et c'est vraiment un sujet majeur, le sujet de l'acceptabilité.
25:39Je crois que le gouvernement avait évoqué le fait qu'on puisse avoir des procédures
25:48accélérées de consultation, mais la réalité, c'est que le citoyen a besoin de ce temps-là.
25:53On ne peut pas couper court.
25:54Merci beaucoup. Merci à tous les deux d'avoir participé à ce débat.
25:58Et à bientôt sur Bismarck Fairchange.
26:01On passe tout de suite au grand entretien de Smart Impact avec Thomas Breusard de Norcisse.
26:06On va parler de perma-entreprise.
26:12C'est le grand entretien de ce Smart Impact avec Thomas Breusard.
26:15Bonjour Thomas.
26:16Bonjour Thomas.
26:17Bienvenue sur ce plateau que vous connaissez bien.
26:19Bref, là vous êtes dans le rôle de l'interviewé, directeur perma-entreprise chez Norcisse et coprésident de Bilab France,
26:25qui représente le mouvement Bicorp en France.
26:28Je commence en donnant quelques chiffres clés de Norcisse.
26:31Date de création 1994 par Sylvain Breusard.
26:34Votre papa, environ 600 collaborateurs en 2024.
26:37Chiffre d'affaires autour de 50 millions d'euros.
26:39Et cette idée de perma-entreprise, de quoi on parle ?
26:43C'est quoi une perma-entreprise ?
26:44On parle d'un modèle qu'on a imaginé chez Norcisse après 20-25 ans de cheminement
26:49pour mettre l'entreprise au service d'un intérêt plus collectif que particulier.
26:53Ce qu'on peut appeler la RSE, le développement durable, mettons-y ce qu'on veut.
26:56Mais ce qu'on a cherché à faire, c'est à créer les conditions pour qu'enfin,
26:59l'engagement sociétal rencontre la pérennité économique.
27:03Que les enjeux business se mettent au service des enjeux sociétaux et inversement.
27:06Parce que c'est ce qu'en fait, toutes les entreprises, je pense,
27:09qui s'engagent sur cette voie-là, cherchent à faire.
27:11Mais souvent avec beaucoup de difficultés.
27:13Parce que les deux ne se parlent pas suffisamment.
27:15Et on a trouvé dans la permaculture, qui est l'origine de ce modèle,
27:17des fondements qui nous ont semblé intéressants à creuser
27:20pour essayer d'identifier quelles seraient les nouvelles modalités.
27:22Je vais prendre un terme qui est lié à nos métiers.
27:24Quel serait le nouveau logiciel pour faire fonctionner Norcisse,
27:27qui nous permettrait de gagner en efficacité.
27:30Et faire en sorte que la pérennité des prochaines années,
27:32des prochaines décennies, espérons-le, de Norcisse,
27:35se base sur le fait que ces métiers se rendent utiles
27:37pour l'intérêt le plus collectif possible.
27:39Et on pourra prendre des exemples.
27:40On va prendre des exemples.
27:41Et si on est dans vos métiers, les services du numérique,
27:44en quoi votre stratégie, elle se différencie de celle de vos concurrents ?
27:47Avec cette idée, cette ambition de perm'entreprise.
27:49En bien des aspects, dans le modèle, on a trois principes fondateurs.
27:53J'ai une particularité, c'est qu'on les dit indissociables.
27:55Alors si je fais une comparaison avec les stratégies historiques type RSE,
28:00on parle People, Planet, Profit, dans une recherche d'équilibre global.
28:03Là, en fait, ce qu'on cherche à avoir, c'est un équilibre permanent.
28:07On ne peut plus dissocier ces dimensions.
28:08Et je donnerai des illustrations ensuite.
28:10Prendre soin des humains, jusque-là, rien de très nouveau.
28:12Préserver la planète non plus.
28:14Par contre, créer de la valeur en se fixant des limites.
28:17En se fixant des limites, là, il y a un léger changement.
28:20Et c'est cette dernière partie qui fait que l'entreprise, désormais,
28:23est dans un équilibre beaucoup plus permanent.
28:25Alors si je prends des exemples, est-ce qu'il peut nous différencier de nos concurrents ?
28:28Prendre soin des humains, depuis un certain temps déjà d'ailleurs,
28:30on offre à nos salariés 20 RTT.
28:34En plus.
28:34Donc d'un point de vue économique, ça peut paraître un non-sens.
28:36Parce que quand on vend des prestations de services, donc du temps humain,
28:39c'est autant de jours hommes non facturés, ou jours femmes d'ailleurs, pour être dans la parité,
28:43non facturés, donc du chiffre d'affaires en moins, du manque à gagner.
28:46Sauf que si je mets ça bout à bout avec d'autres dispositifs,
28:49et que je regarde l'impact au final, on est dans Smart Impact,
28:52je pense qu'on s'y retrouve.
28:53Parce que là où la moyenne, je crois, nationale d'absentéisme au travail
28:57est autour de 15 jours par an par salarié, on est à moins de 3 jours chez Norcisse.
29:01Parce que je pourrais illustrer aussi par le fait qu'on a des niveaux d'engagement
29:04dans le projet d'entreprise, de fierté d'appartenance, pour d'autres raisons aussi,
29:08de contributions au projet d'entreprise qui sont extrêmement importantes.
29:11Bien sûr, le turnover, on se situe entre 7 et 8% l'année dernière
29:18contre un marché qui est historiquement plutôt autour de 25%.
29:21Donc quand on propose à nos clients des prestations de services,
29:24on a des équipes beaucoup plus stables.
29:26Donc en fait, si on regarde un peu plus largement les choses
29:28et qu'on essaie de trouver un équilibre permanent, je pense qu'on s'y retrouve.
29:31Et d'ailleurs, la stabilité du développement de Norcisse, par exemple,
29:34sur les cinq dernières années, on est autour de 25% de croissance sur cinq ans.
29:39Mais ce qui est intéressant, c'est de voir à quel point
29:41on trouve une stabilité dans ce développement,
29:43aussi dans le développement des effectifs,
29:45pour garder le niveau de qualité d'accompagnement des individus
29:47pour rester sur le soin de l'humain.
29:48On pourra parler de la planète après.
29:49On va le faire après.
29:50Qui fait qu'aujourd'hui, par les temps qui courent,
29:53les cinq dernières années, on a eu un foisonnement d'instabilité,
29:57le Covid, des conflits géopolitiques, etc.
30:00Nous restons stables.
30:00Et ça, ça a une valeur énorme pour des cadres dirigeants, des actionnaires,
30:04comme on peut l'être au niveau de la famille vis-à-vis de Norcisse,
30:07pour savoir où on veut aller pour la suite
30:08et créer les conditions de la pérennité à long terme.
30:11Prendre soin de la terre, c'est le deuxième pilier.
30:14Alors là aussi, je reste sur ma ligne.
30:17Je garde la même question.
30:18En quoi vous vous différenciez de vos concurrents ?
30:20Déjà, mesurer le bilan carbone depuis 2007.
30:23Il n'y avait pas grand monde qui le faisait à l'époque.
30:25À l'époque, et malheureusement encore trop peu aujourd'hui.
30:26Je regardais pour préparer l'émission,
30:28parce qu'on a dans les nouveaux standards de Bicor,
30:29dont on parlera après, un axe fort là-dessus.
30:32Aujourd'hui en France, les entreprises de plus de 500 salariés
30:34sont légalement tenues, et aujourd'hui depuis dix ans,
30:36de faire des bilans carbone.
30:37Et bien quand on regarde sur sept ans,
30:39en gros entre 2015 et 2022,
30:40moins de la moitié d'entre elles l'ont fait.
30:43Sur sept ans.
30:43Je ne parle même pas de le faire tous les ans.
30:45Donc on est très loin, y compris pour les entreprises
30:47qui sont sujettes à une loi là-dessus,
30:49de l'atteinte de l'objectif.
30:51Donc on n'applique pas la loi ?
30:52On n'applique pas suffisamment la loi.
30:53On pourrait parler du traitement des déchets,
30:55enfin dans bien des cas.
30:57Les lois déjà mettent du temps à être faites,
30:59mais elles mettent du temps à être déployées.
31:00Et en fait, ça ne marche que si on y trouve une valeur derrière.
31:03Alors dans notre cas, puisqu'on mesure depuis 2007,
31:05au départ par conviction,
31:06aujourd'hui on a une maturité sur le sujet.
31:08Ça fait quinze ans.
31:09Résultat par exemple, c'est que si je regarde
31:11les émissions de CO2 équivalents par tête,
31:14puisque je trouve un ratio qui est intéressant à regarder,
31:17aujourd'hui on se situe autour de 1,3 tonne.
31:19Le seul acteur du marché dont j'ai trouvé
31:21des données publiques qui ressemblent à ce que l'on fait,
31:23c'est plutôt 4 tonnes, 4 tonnes 5.
31:26Donc quand nos clients nous disent,
31:28tiens, quels sont vos engagements RSE
31:29et en quoi vous allez, vous en tant que partenaire,
31:32contribuer à notre propre stratégie RSE,
31:34je peux leur dire, avec nous vous allez mettre
31:35trois foins de...
31:36Donc ça vous fait des marchés.
31:37Alors ouvrir des marchés, c'est un grand mot.
31:39Ou c'est un élément, une case de plus
31:41que vous cochez quand vous vous présentez
31:43sur un appel d'ordre.
31:44À niveau de compétence équivalent,
31:45à offre équivalente, il n'y aura plus débat.
31:47Parce que là-dessus on sera meilleur.
31:49Mais comment vous y arrivez,
31:50si on rentre dans le détail,
31:51à ce niveau-là ?
31:52Oui, à ce niveau-là.
31:52Parce que depuis 15 ans,
31:53quand on mène des efforts de réduction,
31:55quand on travaille depuis 2015 sur le télétravail
31:57pour trouver des justes équilibres,
31:59réduire la mobilité,
32:00qui dans les activités de service
32:01représentent souvent un poste d'émission important,
32:04quand on travaille sur le bâtiment
32:05pour l'enveloppe thermique,
32:06éviter d'avoir trop de consommation d'énergie,
32:09quand on travaille à une communauté environnementale
32:11qui depuis presque 10 ans
32:13œuvre pour réduire les consommations,
32:15qu'on essaie de s'interdire l'avion
32:16pour des trajets de moins de 6 heures
32:17qui sont faisables en train,
32:18voilà, la liste pourrait être longue,
32:20on arrive à ce résultat.
32:21Mais il est le fruit de 15 à 20 ans
32:22de réflexion et d'action sur le sujet.
32:25Ça, c'est pour le carbone.
32:25Maintenant, il y a d'autres sujets,
32:26notamment la préservation de la nature et du vivant,
32:29dont, qu'on le veuille ou non, on dépend.
32:31Et là, on a fait quelque chose
32:33d'assez intéressant récemment.
32:35Je crois qu'il y a une question dessus.
32:36Le fait d'avoir invité la nature
32:39au conseil d'administration.
32:40On va en parler dans un instant.
32:41Je prends le troisième pilier
32:42et c'est celui sur lequel
32:44vous nous disiez tout à l'heure,
32:45finalement, on a une vraie différenciation,
32:47se fixer des limites.
32:49Alors là aussi, on est très concret
32:50depuis le début de ce grand entretien.
32:53Quelles limites et comment elles sont mises en œuvre ?
32:54Créer de la valeur en se fixant des limites.
32:56Les deux sont indissociables.
32:57Bien sûr.
32:58Parce que, par exemple,
32:59pour se fixer des limites
33:00en matière de développement économique
33:01ou de rentabilité,
33:03encore faut-il en créer.
33:04Et en tant qu'entreprise,
33:06notre pérennité dépend beaucoup,
33:07tout de même,
33:08de notre capacité d'être rentable
33:09dans le temps.
33:10Bien sûr.
33:11Et l'objectif, c'est de continuer
33:13d'avoir une entreprise
33:14qui a un impact positif,
33:15mais qui donc va l'avoir le plus longtemps possible.
33:16Et qui redistribue ses richesses
33:18pour l'intérêt collectif,
33:19mais aussi pour soutenir son développement,
33:22soutenir les attentes des salariés
33:23qui ont aussi envie d'avoir
33:24des niveaux de rémunération
33:25qui augmentent progressivement,
33:27le coût de la vie
33:27augmentant lui-même, etc.
33:29Et donc, très concrètement,
33:30ces limites,
33:31on peut les appliquer
33:32dans différents champs.
33:33On peut fixer des limites
33:35à certains types
33:35de pratiques managériales.
33:37On peut fixer des limites
33:38à des gouvernances
33:38qui sont trop verticales
33:42pour prendre les modèles historiques.
33:43On peut fixer des limites
33:44à la quête absolue
33:45du profit
33:46ou du chiffre d'affaires,
33:47par exemple,
33:48en se disant
33:49qu'il y a certains types de projets
33:50sur lesquels
33:50on ne veut pas travailler
33:51parce que ce n'est pas aligné
33:52avec le projet de l'entreprise.
33:54Cette notion de limite,
33:56on peut fixer des limites
33:57au choix de mobilité
33:58dans certains contextes.
34:01Je prends l'exemple de l'avion.
34:02Donc, on peut l'appliquer
34:03à bien des égards.
34:04Là où je pourrais peut-être
34:05l'illustrer vraiment plus concrètement,
34:06c'est sur le modèle d'affaires
34:07et donc sur le développement économique
34:09où ces dernières années,
34:10on a fait des choix
34:11qui ont été
34:12de ne pas faire certains projets,
34:13de ne pas travailler
34:14dans certains secteurs d'activité
34:16alors que les opportunités
34:17se présentaient.
34:18Par exemple,
34:19sur des projets
34:19qui allaient trop instaurer
34:21des modèles de consommation
34:23très émetteurs
34:23de gaz à effet de serre.
34:25Par exemple,
34:26aussi parce qu'il y avait
34:28un projet intéressant
34:30avec un fort potentiel économique
34:31mais pour une entreprise
34:32dont le modèle fiscal
34:34suggérait très vivement
34:38qu'elle ne participe
34:38pas à l'effort collectif
34:39en France
34:40ce qui pour nous
34:41n'est pas cohérent
34:42avec le modèle
34:42ou alors pour des raisons humaines aussi.
34:44Voilà, ce genre de choses.
34:46Mais en vous écoutant,
34:48je me dis
34:48qu'il y a tous les efforts
34:49que vous faites
34:50et à côté de ça,
34:52dans le secteur du numérique,
34:54il y a cette course effrénée
34:55à l'intelligence artificielle
34:56générative
34:56des États
34:58et des géants du secteur.
35:00Est-ce que vous ne vous dites pas
35:01que c'est un peu vain ?
35:02Parce qu'on peut y avoir
35:0410, 15, 20 entreprises
35:06qui font comme vous
35:07mais si à côté de ça
35:08on continue de cavaler
35:08comme des poules sans tête
35:11vers l'IA
35:12générative pour tous,
35:15ça va être bien bien pire.
35:16Vous voyez ce que je veux dire ?
35:17D'un point de vue sociétal,
35:19je suis très agacé
35:20de voir qu'on signe
35:22en grande pompe
35:23des contrats
35:23de dizaines de milliards
35:24de dollars
35:24pour installer des data centers
35:25en France,
35:26on ne sait même pas
35:26ce qu'on va foutre dedans.
35:28Je trouve que ça n'a aucun sens.
35:29Après,
35:29ça c'est pour le global.
35:31Pour ce qui est de Norcisse,
35:33aujourd'hui,
35:34la valeur que l'on a
35:36en retour
35:36du modèle
35:37que l'on déploie
35:38pour moi
35:39est supérieure
35:40à l'intérêt de se dire
35:41en fait c'est 20,
35:42autant faire comme tout le monde.
35:43L'attente des salariés,
35:44quand on leur demande
35:45pourquoi vous êtes chez Norcisse,
35:46quand on leur dit
35:47tiens,
35:47dans le contexte économique actuel,
35:48est-ce que vous pensez
35:49qu'on doit vraiment maintenir le cap
35:50ou pas ouvrir des nouveaux jeux
35:51pour continuer à croître
35:53même si c'est au détriment
35:54de la vision
35:54et de l'alignement des valeurs ?
35:56Tous nous disent
35:56je suis chez Norcisse pour ça.
35:58Même certains nous disent
35:59tous les ans
35:59on me propose de quitter Norcisse
36:01avec un meilleur salaire.
36:01Je ne partirai jamais.
36:03Certains ont même dit
36:04puisqu'on a interrogé
36:05tous nos salariés
36:06sur le deuxième trimestre
36:07et moi j'en ai vu
36:07une centaine
36:07en entretien qualitatif.
36:09J'ai été marqué
36:10par quelques personnes,
36:11pas tous,
36:12qui m'ont dit
36:12par les temps qui courent,
36:15le contexte sociétal
36:16extrêmement anxiogène,
36:18ma sensibilité
36:19à la lutte
36:19contre le dérèglement climatique,
36:20on a l'impression
36:21de perdre la bataille,
36:22être chez Norcisse
36:22ça me redonne confiance
36:23en l'avenir.
36:26Voilà,
36:26on est engagé collectivement
36:27dans ce projet-là,
36:28on ne retournera pas en arrière.
36:29Donc sur l'IA,
36:31on ne peut pas faire sans
36:31en tant qu'acteur du numérique.
36:33On doit embrasser
36:35une partie des avantages
36:36que confère
36:37cette rupture technologique.
36:38Et même on peut dire
36:39on ne peut pas faire sans
36:40en société
36:41parce qu'il y a plein d'usages
36:42qui sont très intéressants
36:45mais est-ce que ce combat
36:46n'est pas déjà perdu ?
36:47On aurait dû se dire
36:48mondialement,
36:49il n'y a pas vraiment
36:50de gouvernance mondiale
36:51mais voilà à quoi
36:52on destine l'IA,
36:55dans quel secteur
36:56on va la développer
36:57et voilà dans quel secteur
36:58on va l'interdire ?
36:59Mais les grands décideurs,
37:00ceux qui sont notamment
37:01là pour créer
37:03de la richesse économique
37:04avant tout,
37:05feront des choix
37:06assez évidents.
37:07Mais nous en tant qu'entreprise,
37:08ce qu'on est en train de faire
37:09c'est de créer les conditions
37:10pour qu'on soit identifié
37:11comme un acteur
37:11de référence
37:13pour définir
37:14les bons cadres d'usage
37:15de l'IA
37:16qui ne va pas détruire
37:18des emplois,
37:18qui ne va pas briser des vies,
37:19qui ne va pas dégénérer
37:21encore un peu plus
37:22les écosystèmes naturels,
37:24les dégradés.
37:24C'est pour ça qu'on a créé
37:25un conseil pour la nature
37:27dont on parlera après
37:28et donc progressivement
37:29et dans cette stratégie
37:30qui vise à faire
37:31de notre site
37:31une entreprise pérenne
37:32pour les bonnes raisons
37:33avec un développement
37:35juste, soutenable,
37:36eh bien de faire
37:37que nos clients
37:38et peut-être demain
37:39de nouveaux clients
37:40viennent nous chercher
37:40parce qu'ils sauront
37:41qu'avec nous,
37:42la mise en œuvre
37:43de ces intelligences
37:43artificielles génératives
37:44ne se fera pas au détriment
37:46du bien-être
37:46de leurs propres salariés,
37:47dans un cadre
37:48qui respecte l'éthique,
37:50qui respecte les droits privés,
37:51qui respecte,
37:52voilà,
37:53la protection de l'individu
37:54et puis qui se fait
37:55dans un cadre
37:56soutenable écologiquement
37:57parce que de plus en plus
37:58de gens,
37:58quand même bien compris,
38:00ont risqué
38:00d'avoir des petits sujets.
38:01Si on prend
38:01les data centers,
38:02par exemple,
38:04qui nécessitent
38:05des ressources en eau
38:06considérables,
38:08je rappelle
38:08que l'été dernier,
38:09on a eu
38:10des centrales nucléaires
38:11à l'arrêt
38:12parce que les cours d'eau
38:13n'étaient plus suffisants
38:14ou trop chauds
38:15pour refroidir les moteurs.
38:17Je vous laisse imaginer
38:18si on fout
38:18des milliards
38:19et des milliards
38:19de data centers
38:19dans ce pays,
38:20ce qui va se passer
38:21en termes de conflits
38:22d'accès à la ressource en eau.
38:24Honnêtement,
38:24je pense que ce ne sera pas tenable,
38:26mais même à 10 ans,
38:26je ne parle pas de 2050,
38:28donc je pense
38:28que nous serons plus robustes
38:30en tant qu'entreprise
38:30économiquement dans le temps
38:31par cette stratégie-là.
38:32Alors,
38:33vous nous l'avez dit,
38:34la Natu s'est invitée
38:35à la table
38:36du conseil d'administration
38:38de Norcisse.
38:39Ce n'est pas de la cosmétique ?
38:41Alors,
38:42ça pourrait,
38:43ça pourrait,
38:43on pourrait dire,
38:44tiens,
38:44on crée un siège
38:45d'une personne
38:45qui va représenter la nature,
38:47on va l'écouter poliment
38:48et faire tout l'inverse ensuite.
38:50Par les faits,
38:51je vais répondre
38:51à l'inverse,
38:53la personne
38:53qui représente la nature
38:54qui s'appelle France Gold
38:55au sein du conseil
38:57d'administration de Norcisse,
38:58un droit de vote
38:59équivalent au droit de vote
39:00de n'importe quel autre
39:00actionnaire de l'entreprise.
39:02Et on est allé un coup plus loin,
39:03c'est qu'on a dit,
39:04cette personnalité
39:05qui est France
39:06peut même
39:07utiliser un droit de veto.
39:09Et c'est la seule personne
39:10au sein du conseil d'administration
39:11qui a ce droit-là.
39:13Donc,
39:13je ne peux pas faire mieux.
39:14Il l'a déjà utilisé ?
39:15Il n'a pas encore eu à l'utiliser
39:16parce qu'on a plutôt
39:17fait ça pour les bonnes raisons
39:18et on veut qu'il nous aide
39:19à progresser
39:20plutôt qu'à nous empêcher
39:21de faire des conneries.
39:22Mais je ne peux pas répondre
39:23de façon plus,
39:24voilà,
39:25plus forte
39:26par l'exemple
39:27sur le fait
39:27que ce n'est pas de la cosmétique.
39:29La décision a été prise
39:30en novembre 2025,
39:32euh, 2024,
39:33nous sommes en 2025,
39:34donc voilà,
39:35il y a bientôt un an.
39:36Il y a bientôt un an.
39:37Depuis,
39:38on a fait deux conseils
39:38d'administration
39:39avec France.
39:40Bon,
39:40alors c'est peut-être
39:40un peu tôt
39:41pour répondre
39:41à la question,
39:42mais est-ce qu'on peut y...
39:44Enfin,
39:45vous dites,
39:45il faut qu'on soit rentable,
39:46évidemment.
39:48Est-ce que vous pourriez
39:49refuser une proposition
39:51de M. Nature,
39:53en quelque sorte,
39:54au nom de la rentabilité ?
39:55Vous voyez ce que je veux dire ?
39:56C'est toujours une question
39:57d'équilibre à trouver.
39:58Et d'équilibre le plus permanent
40:00qui soit,
40:00c'est tout le principe
40:01du modèle permanent.
40:02Alors,
40:03déjà,
40:04dans les premières discussions
40:05qu'on a eues en Conseil,
40:06il a beaucoup été question
40:07de ressources,
40:08notamment de ressources en eau
40:09et de l'impact du numérique,
40:11plus globalement,
40:11au-delà des IA génératives
40:12là-dessus.
40:13Des efforts que l'on pouvait
40:14faire et développer
40:16pour davantage soutenir
40:18la préservation
40:19des ressources halieutiques
40:20en France
40:21et au-delà,
40:22de notre responsabilité
40:23en tant qu'acteur du numérique
40:24sur des chaînes de valeur
40:25très distendues
40:26avec des conditions de travail
40:27dans certains pays
40:28qui sont difficilement soutenables,
40:30y compris écologiquement,
40:31mais aussi humainement.
40:33Et donc,
40:33pour ce qui est
40:34de cet équilibre à trouver,
40:36France,
40:37qui représente la nature,
40:38et ce n'est pas le seul
40:38à représenter la nature
40:39au sein de l'entreprise,
40:41il y a d'autres personnalités
40:42dans d'autres organes
40:43de gouvernance
40:43qui ont d'autres sensibilités
40:45aux vivants,
40:45donc on a aussi
40:46une diversité de représentations,
40:47mais France nous dit
40:48que le vivant
40:49et la nature au sens large,
40:51c'est aussi l'être humain.
40:52Mon rôle n'est pas
40:53de couler Norcisse
40:53considérant que
40:55toute activité économique
40:56détruit le vivant,
40:56donc elle doit cesser.
40:57Bon, sinon,
40:58autant arrêter tout de suite.
40:59Lui, son rôle,
41:00c'est de créer les conditions
41:01pour que Norcisse
41:02permette à l'humain
41:03de continuer à s'épanouir,
41:04mais dans un cadre soutenable.
41:05C'est pour cette raison d'ailleurs
41:06que notre logiciel,
41:08pour continuer à utiliser
41:09ce terme,
41:10qui sert aux réflexions
41:11du Haut Conseil
41:12pour la nature,
41:12ce sont les neuf limites planétaires.
41:14C'est ce cadre-là
41:15qu'on en essaie de tenir.
41:16Mais le but,
41:16c'est quand même
41:16de contribuer
41:17à ce que l'humain
41:18puisse vivre
41:19dans un cadre épanouissant.
41:20Pour qu'il soit épanouissant,
41:20il faut préserver la nature.
41:21Est-ce qu'une permanente
41:22entreprise fait forcément
41:24un peu moins de bénéfices
41:25qu'une entreprise classique ?
41:27J'aurais deux réponses à ça.
41:29Je pense que si on s'était
41:29moins contraint
41:30humainement,
41:32écologiquement,
41:33Norcisse pourrait être
41:33deux fois plus gros aujourd'hui,
41:35avoir deux fois plus
41:35de chiffres d'affaires
41:36et jouer au concours de chiffres.
41:38Ce n'est pas ce qui nous intéresse
41:39le plus.
41:39Ce qui nous intéresse le plus,
41:40c'est la rentabilité,
41:41parce que c'est ça
41:42qui permet de refinancer
41:43l'entreprise
41:43et de soutenir
41:44au-delà de nos murs
41:45des acteurs
41:46qui contribuent
41:47à un monde plus juste
41:48et plus soutenable.
41:49L'autre réponse,
41:50c'est que je crois
41:52de plus en plus
41:53que tout ce que l'on fait
41:53crée le modèle d'après.
41:56Et que d'après,
41:57c'est-à-dire
41:57un modèle plus résilient,
41:59plus robuste.
41:59Et c'est intéressant d'ailleurs
42:00de voir que l'année du Covid,
42:02par exemple,
42:03le secteur dans lequel nous sommes,
42:04les entreprises de services numériques,
42:05est en décroissance.
42:07Pour différentes raisons
42:08que je n'ai pas le temps
42:09de détailler là,
42:09cette année-là,
42:10nous, on fait de la croissance.
42:12Nous verrons dans les années
42:13qui viennent,
42:13avec le contexte
42:14qui va continuer
42:15à être tendu,
42:16avec l'instabilité institutionnelle,
42:17la difficulté à engager
42:18des investissements,
42:19où ça va nous mener.
42:20Mais moi, je suis convaincu
42:21que si on aurait pu être plus gros,
42:24on continuera à développer
42:25là où peut-être
42:25que d'autres vont devoir décroître.
42:27Alors, vous avez sur vous
42:28le petit label Bicorp.
42:31Vous êtes coprésident
42:32de Bilab France
42:32qui représente
42:33le mouvement Bicorp
42:34dans notre pays.
42:35Un label qui est toujours
42:36plus exigeant.
42:37Et je vais vous citer
42:38une entreprise
42:39qui se dit engagée
42:40doit être capable
42:41de démontrer
42:42des résultats concrets.
42:43A-t-elle une trajectoire
42:45climat crédible ?
42:46Respecte-t-elle
42:47les droits humains.
42:48Le nouveau référentiel Bicorp,
42:49c'est une montée en gamme
42:51face aux enjeux
42:52de notre époque.
42:54Ce nouveau référentiel,
42:55qu'est-ce qui change ?
42:56Alors, il change
42:57plusieurs choses,
42:58mais un changement majeur,
43:01c'est que désormais,
43:02nous aurons
43:02sept thématiques,
43:04sept grandes thématiques
43:05d'impact.
43:06Les droits humains,
43:07diversité et inclusion,
43:09climat,
43:10la circularité
43:11et la préservation
43:12des ressources,
43:13pour prendre exemple,
43:13la gouvernance
43:14et la mission
43:14de l'entreprise aussi.
43:15Voilà, j'en ai cité cinq,
43:16c'est déjà pas mal.
43:18Et ces thématiques-là
43:20vont désormais être observées
43:22parmi les entreprises
43:22candidates à la certification
43:24sur des points précis
43:26avec des figures imposées.
43:27Par le passé,
43:28depuis presque 20 ans
43:29maintenant que le mouvement existe,
43:31notre standard
43:31était de regarder
43:32sur une très grande
43:33exhaustivité de critères
43:34là où se situait
43:36la maturité des entreprises.
43:37Donc par exemple,
43:37quel est l'écart de salaire
43:38constaté entre le plus haut
43:39et le plus bas revenu
43:40dans l'organigramme ?
43:42Quelle est la part
43:42des achats responsables ?
43:43Etc.
43:44C'était très exhaustif.
43:46Maintenant,
43:47ce sera moins exhaustif
43:48parce qu'il y aura
43:48un tronc commun
43:49obligatoire
43:50sur lequel il faudra
43:51faire preuve
43:51d'une certaine maturité
43:52et il y aura
43:53des critères complémentaires.
43:54Alors avant,
43:54on pouvait être mauvais
43:55sur un critère
43:57et si on était meilleur
43:58dans les...
43:59Je vous simplifie un peu
44:00mais en caricature,
44:00on pouvait quand même
44:02avoir le label.
44:03On pouvait avoir
44:04une stratégie climat
44:05très modeste,
44:06être très très mature
44:07sur les droits humains
44:08et la qualité de vie au travail
44:10et si on arrivait
44:11à obtenir 80 points au global,
44:14nonobstant le fait
44:14qu'il y avait des critères
44:15d'éligibilité en amont
44:16sur les types de secteurs
44:17d'activité dans lesquels
44:17on se trouve, etc.
44:19Désormais,
44:19il y aura des figures imposées,
44:20c'est-à-dire des sujets
44:21sur lesquels
44:22on ne pourra plus faire sans.
44:23Et donc, par exemple,
44:24sur le climat,
44:25il faudra avoir
44:26bilan carbone
44:27et stratégie
44:28de réduction des émissions
44:29de gaz à effet de serre
44:30pour être éligible
44:31à mi-corps.
44:33Décourager certaines entreprises ?
44:35Alors, en fait...
44:35Parce qu'on se dit
44:37ok, le label Bicorp
44:38qui était déjà
44:39le plus exigeant,
44:40c'est quoi ?
44:41Il faut qu'il soit
44:41encore plus exigeant,
44:42c'est ça ?
44:43Alors, je ne sais pas
44:44si c'est le temps
44:44d'être plus exigeant
44:45que plus cohérent.
44:47Plus cohérent,
44:47on regarde les enjeux.
44:48Quand on regarde
44:49les enquêtes de consommation
44:51auprès des Français
44:53ou des Européens,
44:54tiens, il y en a une assez large
44:55qui a été conduite
44:55par Bilab Europe
44:56l'an passé.
44:58Quand on regarde
44:58ce qui se dessine
44:59comme étant
44:59les plus fortes préoccupations
45:00des Français
45:01qu'on voit régulièrement
45:02passer dans les médias,
45:03les droits humains,
45:04le partage de la richesse,
45:06peut-être même
45:08la fiscalité,
45:09mais je ne veux pas rentrer
45:09dans des débats
45:10trop intenses en ce moment,
45:11où la lutte
45:12contre le dérèglement climatique
45:13apparaissent quand même
45:14très régulièrement
45:14quand des sujets
45:15de préoccupation importants.
45:17Je pense donc
45:18que ce qu'on offre surtout,
45:19c'est un outil
45:19pour permettre aux entreprises
45:20de préparer le modèle
45:22qui est attendu
45:23par ceux à qui ils s'adressent,
45:25que ce soit des particuliers
45:26ou des entreprises
45:27qui vont acheter
45:27leurs produits
45:28et leurs services.
45:28Donc je ne suis pas sûr
45:29que ce soit tant plus exigeant
45:31que ça.
45:31Maintenant,
45:32est-ce qu'on va décourager
45:32des entreprises ?
45:33Peut-être que certaines
45:34se diront
45:34la marge est un peu haute
45:35pour moi
45:35en l'état actuel
45:36de ma maturité.
45:37Mais on reste
45:38un mouvement
45:39qui est motivé
45:40par le fait
45:40de faire progresser
45:41les entreprises.
45:42Et à la limite,
45:42qu'elles aillent chercher
45:43la certification ou pas,
45:44déjà on les aide
45:44à progresser.
45:45Oui, oui,
45:45ça je suis d'accord
45:45avec vous.
45:46Mais derrière ça,
45:47je me dis,
45:47bon,
45:48il faut que Bicorp
45:49reste finalement
45:50un label,
45:52comment je peux dire ça,
45:53pas trop diffusé.
45:55Est-ce que c'est aussi ça
45:57la démarche ?
45:57Vous voyez ce que je veux dire ?
45:58Il faut que ça reste,
45:59évidemment,
46:00le terme élite
46:01n'est peut-être pas le meilleur,
46:01mais l'élite
46:02des entreprises engagées.
46:03C'est certain,
46:04c'est que le niveau d'ambition
46:04ne baisse pas
46:05avec ce qu'on est en train
46:06de se dire.
46:06Ce que je veux éviter
46:08de laisser penser,
46:08c'est que ça devient inaccessible.
46:10Ce n'est pas le cas.
46:11Et même s'il a marché
46:12trop haut,
46:12de regarder ce qu'il y a dedans,
46:13de commencer à s'auditer,
46:15à s'auto-évaluer avec,
46:16parce que l'outil est gratuit
46:17en accès,
46:18allez-y,
46:18à mon avis,
46:19c'est une très bonne chose
46:19à faire
46:20et au regard
46:21des nouveaux standards
46:21en particulier.
46:22Maintenant,
46:23parlons chiffres.
46:24Bicorp dans le monde,
46:24c'est à peu près
46:2510 000 entreprises.
46:25En France,
46:26c'est 600 entreprises.
46:27Honnêtement,
46:28je pense qu'on a encore
46:28un nombre d'entreprises
46:29à aller chercher
46:29tellement important
46:30que si on décourage
46:31quelques-unes,
46:32ce n'est pas très grave.
46:34On doit représenter
46:35un mouvement
46:35qui est l'incarnation
46:37autant que possible
46:39de ce que peut-être
46:40une entreprise
46:40qui se met à la hauteur
46:41des enjeux sociaux
46:42et environnementaux,
46:43mais tout cela ne vaut que si,
46:44on reste performant
46:45économiquement
46:45et c'est ça
46:46qu'on cherche à prouver.
46:47Encore une fois,
46:48est-ce que pour les entreprises
46:49déjà certifiées,
46:51ça signifie quand même
46:52potentiellement
46:52d'autres efforts
46:54à fournir
46:55pour rester dans les comptes ?
46:56Sans doute,
46:56pour prendre Nord 6,
46:57nous,
46:58on devra recertifier Nord 6
46:59en avril,
47:01je crois,
47:012026,
47:02donc voilà,
47:03on va aller dans six mois.
47:04Donc,
47:04je vais commencer
47:05à me mettre dessus
47:06très très prochainement.
47:08Il y a des sujets
47:09sur lesquels je sais
47:09que nous étions
47:10moins matures que d'autres.
47:12Vous avez par exemple
47:13des choses sur
47:14la création,
47:15l'accès à l'emploi,
47:15pour des publics
47:16issus de quartiers prioritaires,
47:18de milieux moins favorisés,
47:19etc.
47:20Et nous,
47:20dans le numérique,
47:21aujourd'hui,
47:21la réalité du secteur
47:23est que globalement,
47:23on emploie surtout
47:24des personnes
47:24qui ont des niveaux
47:26d'études élevés
47:26et donc,
47:27je ne vous fais pas un dessin
47:28sur le fait que ce sont
47:28des niveaux d'études
47:29qui sont moins accessibles
47:30pour des publics plus précaires.
47:31Il y a sans doute
47:32des sujets sur lesquels
47:33il va falloir qu'on se secoue
47:34un petit peu plus,
47:35mais moi,
47:35je pense que c'est pour le meilleur.
47:36Peut-être que sur certains sujets,
47:37on aura des blocages.
47:39Maintenant,
47:39il y a aussi
47:39une certaine latitude
47:41qui est offerte.
47:41Le but,
47:42c'est de faire en sorte
47:42qu'une entreprise
47:42progresse d'une certification
47:44à une autre.
47:45Donc,
47:46si on répond aux exigences,
47:47c'est-à-dire de faire la preuve
47:48de nos efforts
47:48pour se mettre
47:49à la hauteur des attentes
47:50et qu'on progresse
47:51d'une certification
47:51à une autre,
47:52nous resterons éligibles.
47:53Il nous reste un peu plus
47:54de trois minutes.
47:55Je voudrais qu'on parle
47:56un petit peu du contexte
47:58géopolitique, économique,
47:59notamment la guerre commerciale mondiale
48:02allumée par Donald Trump.
48:04Cet accord commercial
48:05qui a été signé
48:06par les États-Unis
48:07et l'Union européenne
48:07qui a quand même provoqué
48:08pas mal de critiques.
48:10Il y a notamment
48:11150 dirigeantes
48:12et dirigeants d'entreprises
48:13qui appellent à,
48:14je cite,
48:14reconstruire les conditions
48:15de notre souveraineté
48:16en soutenant nos entreprises
48:18et le modèle européen.
48:20Vous faites partie
48:20avec le mouvement Impact France,
48:22vous avez signé...
48:24Oui,
48:24parce que je suis administrateur
48:24aussi du mouvement
48:25et je soutiens beaucoup
48:26ces actions.
48:27Et vous avez signé
48:28donc logiquement
48:29cet appel.
48:30Pourquoi ?
48:31Parce qu'en fait,
48:32en réalité,
48:32aujourd'hui,
48:33on a des conditions
48:33de mise sur le marché,
48:35par exemple,
48:35qui sont assez inéquitables.
48:37On pense qu'il faut
48:38mettre en place
48:38des fiscalités
48:39qui sont favorables
48:40à des entreprises
48:40qui font l'effort
48:41de maintenir leur offre
48:43sur le marché,
48:43de fabriquer en France,
48:45de préserver
48:46les milieux environnementaux.
48:48Parce que,
48:48ce qu'il faut quand même
48:49essayer de rappeler aussi,
48:50c'est que
48:50toutes les conséquences
48:51négatives d'activités
48:52qui ne sont pas favorables
48:53à l'humain et à la planète
48:54ont un coût énorme
48:55pour la collectivité.
48:56La dépollution des sols,
48:58des eaux,
48:58il y a eu des études
48:59et des choses
49:00qui sont sorties
49:00sur la qualité de l'eau en France
49:02qui peuvent faire
49:02un peu froid dans le dos.
49:03Tout ça a un coût considérable
49:04pour la collectivité
49:05et au fond,
49:06ce sont les impôts
49:07qui le payent.
49:08Donc nous,
49:08on pense qu'il faut
49:09créer les conditions
49:09pour que les entreprises
49:11en France et en Europe,
49:12quand on parle
49:12de marchés internationaux,
49:14qui ont des cadres réglementaires
49:15plus exigeants
49:16et aussi des conditions
49:17de mise sur le marché
49:18qui soient bénéfiques,
49:20favorables.
49:20Une vraie préférence européenne ?
49:22Pourquoi pas ?
49:22Sur la fiscalité notamment,
49:24on pourrait parler
49:24de TVA verte,
49:26de choses sur la circularité.
49:28Mieux protéger
49:28les entreprises françaises
49:29et européennes
49:30en créant des conditions
49:31d'accès au marché
49:31qui seront défavorables
49:32pour des metteurs
49:33sur le marché
49:34issus d'autres régions du monde
49:35qui ne mettent pas en place
49:36des réglementations
49:38qui sont à la hauteur
49:38des enjeux sociaux
49:39et environnementaux.
49:40Mais on voit bien
49:40que le bras de fer,
49:41il continue.
49:41Donald Trump,
49:41il veut la peau
49:42des réglementations européennes
49:45en matière numérique
49:46pour protéger
49:47les géants américains.
49:49Donc,
49:50j'espère que l'Europe
49:52ne cédera pas.
49:54Est-ce que cette réglementation,
49:57vous la vivez
49:57comme un atout ?
49:59Laquelle de réglementations ?
50:00Le Digital Services Act,
50:03des domaines comme celui-là.
50:05Ça doit avant tout
50:05protéger les entreprises européennes
50:07pour opérer sur le marché européen,
50:08en l'occurrence,
50:09et créer les conditions
50:10pour que ce qu'on appelle
50:11des champions français ou européens,
50:13par exemple de l'intelligence artificielle
50:14ou des services numériques,
50:15puissent enfin émerger.
50:17Historiquement,
50:17les flux de capitaux
50:18qui vont sur ces entreprises
50:19sont moins importants
50:20qu'aux US.
50:21Donc,
50:21c'est ce qui a aussi fait
50:22qu'aujourd'hui,
50:22on arrive à un niveau
50:23où il y a une hégémonie
50:25des acteurs américains
50:26sur le marché européen
50:27pour les services numériques.
50:28Créer ces conditions.
50:29Moi,
50:29je pense que oui,
50:30il faut le voir
50:30comme un avantage.
50:32Le problème que l'on a,
50:33c'est qu'il y a une période
50:33de transition
50:34à opérer avec des investissements
50:36dont les retours sur investissement
50:37ne seront pas immédiats
50:38parce que vous êtes
50:39sur l'entreprise...
50:40Pour respecter cette réglementation,
50:42il y a des investissements à faire...
50:43Oui, vous voulez que les entreprises
50:44quittent un géant américain
50:45pour un géant européen
50:46du numérique
50:47sur ces services.
50:48Ça va demander
50:48des conduits du changement
50:50un peu lourdes.
50:51Donc,
50:51pendant 2-3 ans,
50:52il va falloir que les investisseurs
50:53acceptent aussi
50:53d'attendre un petit peu.
50:54Ça,
50:54ce n'est pas forcément évident,
50:55surtout dans le contexte économique.
50:57Mais oui,
50:57évidemment,
50:57il faut le voir
50:58comme un avantage
50:59surtout du futur.
51:00Dans 5 à 10 ans,
51:01ce sera bénéfique
51:02à tout le monde
51:02sur le marché européen
51:03et à tout le monde
51:03sur le marché français.
51:04Merci beaucoup,
51:05Thomas Brozard.
51:06Avec plaisir.
51:07Et bon vent à Norcis.
51:08À bientôt sur ce plateau
51:09dans le rôle de l'animateur.
51:12Merci, Thomas.
51:12Et donc,
51:13à bientôt sur Bsmart for Change.
51:14On passe tout de suite
51:15à notre rubrique Startup.
51:23Smart Ideas
51:24avec Laurent Salet.
51:25Bonjour.
51:25Bonjour.
51:26Bienvenue.
51:26Vous êtes le président
51:27et cofondateur
51:28de Santa Fou
51:29créé en 2021
51:30avec Bruno Lagrez
51:31et Wassim Bassil.
51:33Et avec quelle idée ?
51:34C'est quoi l'idée de départ ?
51:35Santa Fou répond
51:36à deux problématiques essentielles.
51:39La première aujourd'hui,
51:41c'est une aberration
51:42la plus totale.
51:43On se rend compte
51:44que c'est plus facile
51:45et plus rapide
51:46d'accéder à n'importe quel gadget
51:48utile ou inutile
51:49du bout du monde
51:50qu'une bonne tomate,
51:52par exemple,
51:52issue de nos régions.
51:54Ça,
51:54c'est la première problématique
51:55et Santa Fou répond
51:56à cette problématique.
51:56La deuxième,
51:57c'est qu'on se rend compte
51:58qu'on ne peut plus continuer
51:59à consommer
52:00comme nous l'avons fait
52:00sur les 50 dernières années,
52:02que ce soit au niveau
52:03de la santé,
52:03avec des produits
52:04ultra transformés,
52:05que ce soit au niveau écologique
52:07où un aliment
52:08parcourt en moyenne
52:093000 kilomètres
52:10entre le producteur
52:11et le consommateur
52:13et au niveau économique,
52:14n'en parlons pas.
52:15Donc,
52:15c'est une plateforme
52:16qui met en relation
52:18les agriculteurs
52:19et les consommateurs,
52:20c'est ça ?
52:20Oui,
52:21exactement.
52:21En fait,
52:21c'est une app
52:22qui vous permet
52:23de faire toutes vos courses
52:24du quotidien
52:25et de vous faire livrer
52:26le jour même
52:27ou le lendemain.
52:29En un clic,
52:30vous accédez
52:30aux meilleurs produits
52:31les plus proches
52:32de chez vous
52:32et c'est une application
52:34pour vous aider
52:35à mieux consommer
52:36en vous facilitant
52:37l'accès
52:38à des produits de qualité.
52:40Comment,
52:40au niveau des prix,
52:42de l'offre,
52:44comment vous faites
52:45la différence
52:46avec la grande distribution,
52:47avec les grandes enseignes ?
52:48Alors,
52:49comment est-ce qu'on fait
52:49la différence ?
52:50Déjà,
52:50on fait la différence
52:51au niveau du produit.
52:52Au niveau du produit,
52:53puisque ce que j'expliquais,
52:55c'est qu'on va chercher
52:55les meilleurs produits
52:56les plus proches
52:56de chez soi.
52:57Donc,
52:57sur SantaFou,
52:59vous allez trouver
52:59des produits responsables
53:00et des produits de qualité.
53:04Donc,
53:04produits dans une...
53:05Vous êtes basé à Marseille,
53:06c'est ça ?
53:06On est basé à Marseille.
53:07Donc,
53:08dans un rayon
53:09de 100 kilomètres,
53:1150 kilomètres
53:12autour de Marseille,
53:13c'est quoi le principe ?
53:14Exactement,
53:15c'est que la majorité,
53:16par exemple,
53:16des produits,
53:17aujourd'hui,
53:1760% des produits
53:18viennent de la région PACA.
53:19D'accord.
53:20Après,
53:20on va retrouver
53:21des produits français
53:21et après,
53:22on va également retrouver
53:23des produits étrangers
53:24parce qu'il y a des produits
53:24qu'on ne trouve pas
53:25aujourd'hui en France.
53:26Mais l'idée,
53:26c'est déjà de ramener
53:27du bon sens
53:28sur l'offre
53:29que l'on va proposer.
53:30Oui,
53:30effectivement.
53:31Et donc,
53:32vous réussissez
53:33à tenir des prix intéressants
53:36ou est-ce que vous êtes
53:36forcément plus cher
53:37que les grandes enseignes ?
53:40En moyenne,
53:41on est quand même
53:41un peu plus cher
53:42que les enseignes
53:43puisqu'aujourd'hui,
53:43ça coûte plus cher
53:44de produits en France
53:45que la production
53:46dans d'autres pays.
53:48Mais l'objectif également,
53:49c'est qu'on essaye
53:49de raccourcir
53:50le nombre d'intermédiaires
53:51pour être en direct
53:53avec le producteur
53:54pour, du coup,
53:55être capable
53:55de lui apporter
53:56à la fois une juste rémunération
53:57et à la fois
53:58un prix acceptable
54:01pour le consommateur.
54:01Alors là,
54:02je me plaçais
54:02du côté du consommateur
54:03mais évidemment,
54:04dans le modèle de Santafu,
54:06il y a le côté agriculteur.
54:07Tout à fait.
54:08Déjà,
54:08comment vous les...
54:09Vous travaillez avec eux ?
54:10Comment vous les choisissez ?
54:11Et qu'est-ce que ça change
54:12à leur rémunération ?
54:14Alors déjà,
54:15comment est-ce qu'on les choisit ?
54:16C'est-à-dire que selon les produits,
54:18on va essayer de voir
54:19qu'est-ce qu'on a en local
54:20comme agriculteur.
54:22Qu'est-ce qu'on a,
54:23si on ne l'a pas en local,
54:24on va essayer de voir
54:24au niveau régional.
54:27Et après,
54:27on a toute une grille
54:28de critères d'analyse.
54:29Bien entendu,
54:29le goût.
54:30La première des choses,
54:31c'est quand même le goût.
54:32Le deuxième,
54:32c'est le prix.
54:33On en parlait,
54:33qui est quand même important.
54:35Et après,
54:35on va regarder
54:36au niveau de la santé.
54:38Donc,
54:38on va s'intéresser également
54:39au mode de production,
54:41donc au mode d'agriculture,
54:42au mode de pêche
54:43pour pouvoir faire
54:45notre sélection.
54:46Et leur rémunération,
54:47elle est forcément plus élevée
54:49que s'ils ont
54:50un contrat classique
54:52en distribution ?
54:53Alors,
54:54je dirais
54:54qu'elle est plus élevée,
54:57je pense,
54:57de façon générale.
54:59Pourquoi ?
54:59C'est qu'aujourd'hui,
55:00certains agriculteurs
55:01avec qui on travaille,
55:02c'est eux
55:03qui vont fixer le prix.
55:04D'accord ?
55:05L'objectif,
55:06nous aussi,
55:06c'est vraiment
55:06la traçabilité.
55:08Je crois que c'est super important
55:09aujourd'hui.
55:09C'est de savoir
55:10à un moment donné,
55:11quand vous consommez
55:11une tomate,
55:12de savoir
55:12qui est le producteur,
55:14comment est-ce qu'il a produit,
55:15quelle est son histoire,
55:16quelle est l'histoire
55:17finalement de cette tomate
55:18ou de ce produit.
55:19Et c'est ça également,
55:21finalement,
55:22qui met,
55:22au-delà de l'aspect économique,
55:24qui met en avant
55:24le producteur
55:26puisque c'est lui
55:27aujourd'hui
55:28qui est évoqué.
55:29Et le mode de livraison,
55:30tiens,
55:30comment vous livrez ?
55:32Alors,
55:32le mode de livraison,
55:33donc,
55:34sans tafou,
55:34vous l'avez bien compris,
55:35l'objectif,
55:36c'est de vous proposer
55:37des produits responsables
55:38et de qualité.
55:39Donc,
55:40nous aussi,
55:40on se doit d'être responsables
55:42et donc aujourd'hui,
55:43on va vous livrer
55:43qu'avec des moyens
55:44de locomotion 100% électriques.
55:46Ok,
55:46donc ça,
55:47c'est un choix
55:48assez simple.
55:48Ça veut dire
55:49que vous avez évalué
55:51votre bilan carbone,
55:53une sorte de score carbone
55:54des produits
55:56et de la livraison ?
55:56Alors,
55:57pas encore,
55:57mais par contre,
55:58on essaye de mettre en place
55:59les moyens
56:00pour la réduire,
56:02pour réduire
56:02notre émission de CO2
56:05de façon la plus importante.
56:07Et dernier mot,
56:08il nous reste 10 secondes,
56:09vous êtes à Marseille
56:10pour l'instant,
56:10vous pourriez dupliquer
56:12le modèle ailleurs ?
56:12Bien entendu.
56:13Ça fait partie des projets ?
56:14Bien entendu,
56:15ça fait partie des projets.
56:16On a fait une levée
56:16en crowdfunding,
56:17puisqu'on voulait intégrer
56:20toutes les parties prenantes,
56:21que ce soit nos fournisseurs,
56:22ces fameux agriculteurs,
56:24que ce soit nos clients.
56:25Donc aujourd'hui,
56:25on passe à la deuxième étape,
56:26c'est-à-dire qu'on va venir
56:27proposer le service
56:29dans d'autres villes
56:30de la région PACA
56:30pour ensuite,
56:32en 2027,
56:33être capable de venir
56:34vous proposer ici à Paris
56:35ce service.
56:36Espérons-le.
56:36Merci beaucoup
56:37et bon vent
56:37à votre plateforme
56:39sans tafou.
56:40Voilà,
56:40c'est la fin de ce Smart Impact.
56:42Merci à tous et à tous
56:43de votre fidélité.
56:45Happy Smart for Change.
56:46Je vous dis à demain.
56:47Sous-titrage Société Radio-Canada
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