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  • il y a 3 heures
Mardi 14 avril 2026, retrouvez Bouna Kane (directeur général, Simplon Afrique), Marie-Amandine Stevenin (Présidente, UFC Que Choisir), Guillemette Petit (Directrice Générale, Play International), Frédéric Mazzella (Président-Fondateur, BlaBlaCar & Dift), Alexandre Lourié (Directeur Général de l'Action Internationale, Groupe SOS), Patrick Sapy (Directeur général, Fair), Agnès Audier (Présidente, Impact Tank) et Thomas Mélonio (et Directeur exécutif Innovation Stratégie et Recherche, AFD) dans SMART IMPACT, une émission présentée par Thomas Hugues.

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Transcription
00:08Bonjour, bonjour à toutes et à tous, c'est une édition spéciale de Smart Impact que je vous propose aujourd
00:12'hui ici au Palais d'Iéna, au siège du CESE, le Conseil économique, social et environnemental, pour le sommet de
00:18la mesure d'impact.
00:20C'est la quatrième édition avec une volonté pendant cette journée à l'heure des reculs écologiques, des coups de
00:26frein budgétaires, revenir à ce qui compte vraiment, c'est le thème de cette journée.
00:32Alors dans notre émission, on parlera des labels, de la recherche en économie, du développement, des défis à relever pour
00:37le secteur associatif et de la nécessité de réinventer la coopération internationale.
00:43C'est parti, bienvenue au sommet de la mesure d'impact.
00:54On parle des labels, certains disent le maquis des labels, on verra dans ce Smart Impact spécial sommet de la
01:01mesure d'impact, sont-ils lisibles, crédibles pour les consommateurs ?
01:04J'accueille Marie-Amandine Stévenin, bonjour.
01:06Bonjour.
01:06Bienvenue, vous êtes la présidente d'UFC Que choisir à vos côtés.
01:10Patrick Sapie, bonjour, bienvenue à vous aussi.
01:12Bonjour Thomas.
01:12Je suis le directeur général de FAIR.
01:14J'ai commencé par une question assez pédago finalement. C'est quoi la définition d'un label ? De quoi
01:20on parle ?
01:20C'est très difficile justement parce que le label en tant que tel ne fait pas forcément l'objet d
01:25'une définition.
01:26Donc ce qu'on peut déjà se dire c'est qu'est-ce qui n'est pas un label en
01:29fait ?
01:30Ce n'est pas un label quand c'est une mention valorisante, quand c'est une marque commerciale, quand ce
01:34n'est pas quelque chose d'indépendant.
01:36Mais c'est vrai que le label en tant que soi n'a pas fait l'objet d'une définition
01:40fixe.
01:41À quoi ça sert principalement un label ?
01:43Un label, ça sert à orienter le consommateur, à l'aider dans son choix parce que parfois lire l'étiquette
01:50ne suffit pas à avoir les informations dont il a besoin.
01:53Donc pour ça, il y a un label qui va aller au-delà des mentions qui figurent sur les étiquettes
01:58des produits et qui va pouvoir lui garantir une origine, un processus de fabrication, un respect de la nature.
02:06Donc le label, il est là pour aider au choix.
02:09Patrick Sapie, c'est quoi FAIR ? Tiens, en quelques mots pour commencer.
02:12FAIR, c'est un collectif d'acteurs, donc essentiellement des acteurs issus de l'économie sociale et solidaire, mais aussi
02:18beaucoup d'acteurs financiers finalement qui proposent des produits d'épargne aux citoyennes et aux citoyens.
02:23Et donc avec des labels sur ces produits d'épargne, sur ces produits financiers ?
02:28Oui, effectivement, l'association est gestionnaire du premier label financier qui a été créé en France, qui a bientôt 30
02:34ans, le label FinanSol, FinanSol pour finance solidaire.
02:38En l'occurrence, ce label, effectivement, labellise des produits d'épargne qui sont accessibles à tout un chacun.
02:44Alors si on reste sur cette thématique de l'épargne et de la finance, il y a beaucoup de labels
02:49financiers, soit publics, soit privés d'ailleurs, qui existent aujourd'hui ?
02:53Oui, alors il y en a quatre aujourd'hui, labels qui sont reconnus par la loi.
02:57Donc il y a deux labels publics, le label ISR pour investissement socialement responsable, le label Greenfin qui est l
03:03'investissement vert, le label CUS qui est géré par les syndicats qui pilotent l'épargne salariale et le label FinanSol.
03:10Donc les deux derniers, CUS et FinanSol, sont des labels privés.
03:14Mais reconnus par l'État quand même ?
03:15Absolument, qui sont reconnus par la régulation financière et donc qui servent de boussole, comme le disait ma voisine, aux
03:23citoyennes et aux citoyens qui veulent placer leur argent avec une vraie utilité.
03:28Marie-Amélie Stévenin, je parlais de maquis des labels, c'est un peu un cliché, mais c'est aussi une
03:33réalité ? Il y a des consommateurs qui sont souvent perdus ?
03:36Oui, bien sûr, c'est une réalité parce que les études marketing disent qu'un label ou une certification, c
03:44'est plus 10% de vente.
03:46Donc il y a un intérêt pour le professionnel, pour l'industriel qui vend un produit à aller se démarquer
03:53de ses concurrents en mettant un label.
03:55Donc il y a, j'allais dire, il y a label et label.
03:58Et il y a des labels qui ne sont pas indépendants.
04:00Il y a parfois aussi des indications qui sont portées sur le produit, qui sont confondues avec un label et
04:06qui du coup vont venir un peu tromper le consommateur ou en tout cas noyer l'information.
04:12Par exemple, quelque chose qui va être très général, genre produit de montagne, ce n'est pas un label, mais
04:18le consommateur peut penser que ce serait une indication.
04:20Donc oui, il y a beaucoup de labels et il faut pouvoir s'y retrouver.
04:22C'est quoi les qualités d'un label pour justement sortir de ce maquis et pour être efficace d'une
04:28certaine façon ?
04:29Un bon label, c'est d'abord un label qui a un vrai cahier des charges derrière, c'est-à
04:34-dire qu'il y a des obligations avec éventuellement des sanctions.
04:37C'est-à-dire qu'on peut rentrer dans un système où on va avoir cette certification, mais il y
04:41a aussi un système pour exclure ceux qui ne respectent plus le cahier des charges.
04:47Il va y avoir aussi une indépendance, c'est-à-dire que celui qui fait le label, celui qui audite
04:53l'entreprise qui demande le label, c'est un tiers qui va venir donner la certification.
04:59Parce que sinon, on voit bien qu'il y a un risque de conflit d'intérêts.
05:03Donc voilà, ça, c'est deux critères.
05:05Et puis la transparence.
05:06Un bon label, c'est un label pour lequel le consommateur, il peut facilement trouver le cahier des charges, il
05:11peut facilement comprendre ce qu'il va y avoir derrière ces obligations.
05:15Si ce n'est pas transparent, c'est qu'a priori, il y a un loup.
05:19Comment ça se passe pour Finansol sur ces critères-là, la transparence, l'audit extérieur ?
05:23Oui, ce que disait Amandine est tout à fait exact.
05:25Alors Finansol est un vieux label, il a aujourd'hui 30 ans.
05:29Alors il est géré par un comité du label qui est lui complètement indépendant de l'association qui gère le
05:35label et qui ne fait qu'assurer le secrétariat du label.
05:39Donc les décisions sont prises de manière indépendante par des membres qui sont choisis.
05:44n'ayant aucun lien avec les acteurs financiers qui distribuent les produits d'épargne.
05:50Le règlement du label est disponible sur notre site web, il est public.
05:53Ça c'est pour la transparence dont on part.
05:55Absolument.
05:56Et je souscris complètement à ce qui a été dit.
05:59En fait, pour gérer un label, il ne faut pas avoir la main qui tremble.
06:02C'est-à-dire pour délabelliser.
06:04Par exemple, l'année dernière, nous avons délabellisé plus de produits que nous en avons labellisé.
06:09Alors que la croissance de l'épargne solidaire ne cesse d'être au rendez-vous chaque année.
06:15Et ça c'est quand même très important pour un label.
06:17Ça veut dire que vous augmentez votre degré d'exigence d'une certaine façon parce qu'il y a de
06:21plus en plus d'acteurs de la finance qui veulent rentrer dans un label comme le vôtre ?
06:26Oui, alors la finance est un sujet complexe et finalement peu appréhendé par les citoyennes et les citoyens.
06:35Donc effectivement, on est dans un mouvement qui dure depuis plusieurs années où les gens veulent placer leur épargne sur
06:42des produits d'épargne qui ont du sens.
06:44Mais par contre, effectivement, on remonte notre exigence chaque année en mettant à jour notre règlement du label.
06:51Par exemple, on a mis en place tout un système d'exclusion des énergies fossiles pour les prochaines années.
06:56Et je pense que c'est ce que les gens attendent.
06:59Marie-Amandine Stévenin, sur l'impact des labels sur l'achat, vous avez commencé à l'évoquer tout à l
07:05'heure.
07:06Est-ce qu'il y a des critères qui influencent la capacité d'un label à inciter à l'achat
07:11?
07:13Peut-être que ça ne recoupe pas complètement ce que vous nous donniez tout à l'heure d'ailleurs.
07:17Alors, on ne connaît pas exactement les critères qui vont influencer l'achat parce que...
07:22Ce que vous nous disiez, ça fait augmenter les ventes de 10% ?
07:25Voilà, les études marketing disent un label ou une certification, ça fait augmenter de 10%.
07:31Le problème, c'est que là où on n'a pas de détails, c'est est-ce que ça fait
07:35augmenter de 10% quand c'est un vrai label ?
07:38Ou est-ce que ça peut aussi augmenter de 10% quand c'est simplement une mention commerciale ?
07:41Parce que, c'est ce que je disais, il faut faire attention, il y a des mentions qui sont sur
07:45les produits ou sur des sites internet d'ailleurs,
07:47qui viennent d'auto-certification de la société ou de choix de consommateurs élus produits de l'année, des choses
07:54comme ça,
07:54qui ne sont pas en réalité des labels.
07:57Et ça, on ne sait pas dans quelle mesure ça peut aussi influencer le choix du consommateur.
08:01Et malheureusement, dans ces cas-là, c'est un choix qui n'a pas été guidé par un label indépendant.
08:06Je vais vous poser la même question à tous les deux, je commence avec vous.
08:08Est-ce qu'on peut, est-ce qu'on doit, est-ce qu'on le fait, renforcer l'encadrement public
08:12ou le contrôle sur les 10 labels ?
08:14Alors ça, c'est très intéressant.
08:17La question, c'est de savoir est-ce qu'il faudrait des labels officiels, publics ou aussi des labels privés.
08:23Il n'y a pas de bonne réponse.
08:25Par contre, ce qui est certain, c'est qu'à partir du moment où il y a un label qui
08:29est posé sur un emballage,
08:31qui est posé sur une publicité, il faut absolument qu'on puisse, avec l'outil pratique commerciale trompeuse notamment,
08:38parce qu'on sait que ça va avoir influencé le consommateur, il puisse y avoir un contrôle de la force
08:43publique.
08:44Sur la question, est-ce qu'il faut un label officiel ou est-ce qu'il faut un label privé
08:48?
08:48Le label officiel, par exemple, on a l'agriculture biologique qui est le plus ancien label,
08:53qui est un label officiel et c'est très bien.
08:55On sait aussi qu'on va avoir des labels privés.
08:58Je pense par exemple à Nature et Progrès, qui reprend exactement le cahier des charges d'agriculture biologique
09:04et qui va encore un peu plus loin.
09:05Parce que aussi, quand on est un label privé, c'est-à-dire géré souvent par une association,
09:11on peut se permettre d'aller beaucoup plus loin que le consensus autour duquel le label officiel aura été créé.
09:17Patrick Sapier, est-ce qu'il faut renforcer l'encadrement public des labels financiers ?
09:22Je ne sais pas répondre à cette question, mais je vais quand même tenter une réponse.
09:28L'expérience du label FinanSol, c'est un label privé qui a été piloté par les acteurs
09:32et finalement il s'appuie sur les pratiques des membres.
09:36Alors l'encadrement, il n'est pas là.
09:38D'ailleurs, je suis un peu méfiant sur l'encadrement.
09:39On a des exemples de labels publics qui, après avoir été mis en place, se sont confrontés au foudre du
09:49lobbying
09:50et on a assisté à des nivellements par le bas.
09:53Et le fait d'avoir un label privé avec des acteurs exigeants, ça permet de renforcer la crédibilité du label.
09:59Ce n'est pas parce qu'on est un label public qu'on résiste mieux.
10:01Je ne crois pas.
10:03Par contre, faire en sorte que ce label soit reconnu par les textes réglementaires,
10:07je pense que c'est une bonne chose pour le label FinanSol.
10:10Une fois par an, on a un représentant de la Direction Générale du Trésor
10:13qui vient en tant qu'observateur au sein du comité du label
10:16pour assister aux délibérations et bien s'assurer que les membres du comité du label font bien leur boulot.
10:23Ça veut dire qu'il y a une alternative à un encadrement public.
10:28Mais ça suppose quand même d'avoir mis en place une sorte de gouvernance du label.
10:32Je ne sais pas si c'est la bonne thématique, la bonne formulation.
10:36Mais pour ne pas forcément être dépendant d'un encadrement public.
10:41Vous voyez ce que je veux dire ?
10:41Oui, il faut avoir une gouvernance efficace.
10:46Et chez nous, elle fonctionne parce que le label est reconnu par les textes réglementaires,
10:51parce que les représentants du Trésor assistent une fois par an aux délibérations du comité du label
10:58et parce que l'association assure le secrétariat.
11:01Ça me semble très important.
11:02Marie-Amandine Stévenin, il y a plusieurs labels qui garantissent la même chose.
11:08C'est vrai pour la finance, c'est vrai pour l'alimentation, etc.
11:14Est-ce que c'est forcément pertinent ?
11:17Alors il y a plusieurs labels qui vont garantir la même chose,
11:21mais pas avec le même degré d'exigence.
11:23Mais ça, est-ce que le consommateur le sait sans rencontre ?
11:27Justement, ça c'est notre rôle notamment en tant qu'association de défense des consommateurs,
11:31d'aller les informer sur ce qu'il y a réellement derrière un label.
11:37Je pense par exemple au débat qu'il y a pu y avoir sur le label HVE,
11:41haute valeur environnementale, qui était un label officiel,
11:44et derrière lequel nous, dès le début, on a dit,
11:46attention, le cahier des charges n'est pas assez exigeant.
11:48Je pense que le procès qui a eu lieu là, au tribunal correctionnel de Marseille,
11:52montre qu'effectivement, on manquait d'ambition avec ce label.
11:56Mais c'est vraiment une difficulté aussi de venir informer le consommateur
12:01et de dire, attention, ce label-là et celui-ci, ils se ressemblent,
12:04mais ils ne garantissent pas la même chose,
12:06parce qu'il y a un cahier des charges derrière qui est beaucoup plus exigeant.
12:08Et ça, c'est aussi le rôle de celui qui porte le label,
12:12d'aller informer sur la valeur de ce label.
12:14Est-ce qu'il y a encore des nouveaux labels à inventer ?
12:17Ah, c'est une question intéressante.
12:19Oui, parce qu'on dit qu'il y en a trop, c'est un maquis, on s'y perd un
12:22peu,
12:22mais il y a peut-être encore des secteurs qui ont besoin d'une labellisation, justement.
12:26Alors là, comme ça, je sais qu'il y a des secteurs dans lesquels il y a beaucoup plus de
12:29labels que d'autres.
12:30L'alimentation, par exemple, c'est vraiment un secteur dans lequel il y a énormément de labels,
12:34alors que sur le cosmétique ou sur les produits ménagers,
12:39il y a quand même un peu moins de labels.
12:41Mais il y a des très bons labels déjà en cosmétique et en produits ménagers,
12:45donc peut-être que ce n'est pas nécessaire d'en créer d'autres.
12:48Patrick Sapil, on parle de finances responsables, de finances durables.
12:52Quand je cherche des chiffres, j'ai toujours ce 1%.
12:57Et j'ai l'impression que c'est le même depuis 10 ans.
13:00Alors soit parce qu'on a un peu de mal à l'évaluer,
13:02soit parce qu'il y a un plafond de verre de la finance responsable.
13:06Alors si on regarde tout le secteur de la finance durable,
13:08aujourd'hui c'est un peu plus de 1%.
13:11L'Europe est assez championne de produits de finances durables.
13:14Mais quand on zoome sur la finance solidaire,
13:17effectivement notre ambition c'est d'atteindre 1%.
13:19On n'y est pas encore, on en est à la moitié.
13:21Les produits d'épargne labellisés représentent à peu près 30 milliards d'euros.
13:25Aujourd'hui, alors ça peut paraître un chiffre évidemment très important,
13:28mais quand on les compare aux 6500 milliards d'euros d'épargne des Français,
13:31vous voyez on a encore du chemin à faire.
13:33Et juste mettre 1% de son épargne dans des produits solidaires
13:36qui vont apporter des solutions aux gens,
13:38la petite enfance, le grand âge, la transition écologique
13:43et plein d'autres choses, la transition énergétique,
13:45ça me semble finalement pas beaucoup.
13:48Oui, et c'est vrai que ces 6500 milliards d'épargne des Français,
13:52on a l'impression que c'est une sorte de pactole
13:54vers lequel les politiques se tournent de plus en plus.
13:58Ça vous inquiète ou vous dites,
13:59oui il y a là un levier de transformation qu'on doit utiliser ?
14:02Je trouve que l'épargne privée est un levier pour développer des choses,
14:05il faut évidemment une volonté politique pour pouvoir le faire,
14:08il faut avoir des axes pour pouvoir le faire,
14:09il ne faut pas que ça change tous les 4 matins,
14:12forcément parce que c'est de l'épargne longue.
14:14Alors il y a aussi un sujet,
14:15c'est l'acculturation des Françaises et des Français,
14:17au fait que leur épargne sert à investir dans des entreprises,
14:21fût-ce-t-elle des entreprises sociales ?
14:23Et ça on a aussi beaucoup de chemin à faire
14:25sur cette question d'éducation financière.
14:27Merci beaucoup à tous les deux,
14:29bon sommet de la mesure d'impact
14:31et à bientôt sur Be Smart for Change.
14:33Notre émission spéciale continue,
14:35on parle tout de suite de l'économie du développement.
14:45On parle de l'économie du développement tout de suite
14:48avec Thomas Melogneau, bonjour.
14:49Bonjour.
14:49Bienvenue, vous êtes chef économiste à l'AFD,
14:52l'Agence Française de Développement,
14:53et Guilmette Petit, bonjour.
14:55Bonjour.
14:55Bienvenue, directrice générale de Play International.
14:59On rappelle en quelques mots ce qu'est l'AFD, Thomas Melogneau.
15:02Alors l'AFD c'est une agence du gouvernement,
15:03donc c'est votre agence,
15:04on intervient dans un peu plus de 100 pays dans le monde
15:06pour favoriser le développement
15:08et aussi créer des liens avec des pays étrangers.
15:10Donc c'est vrai, principalement des pays en développement,
15:12mais aussi des outre-mer.
15:13Il y a une activité qui est financière,
15:16aussi de coopération technique avec Expertise France,
15:19d'appui au secteur privé avec la filiale Proparco,
15:22et aussi de recherche et d'innovation,
15:23mais peut-être on en parlera un peu plus tard.
15:25Évidemment, on va parler de recherche et innovation.
15:27Play International en quelques mots ?
15:29Oui, donc Play International c'est une ONG qui a été créée il y a 26 ans
15:32et qui développe des programmes de sensibilisation et d'éducation
15:35auprès des enfants et qui a comme spécificité,
15:37comme son nom l'indique un peu,
15:39d'utiliser le jeu sportif ou le sport
15:41comme outil au sein de ces programmes.
15:43Et donc on intervient dans une trentaine de pays par an
15:46et aujourd'hui on a des bureaux dans 7 pays,
15:48principalement en Afrique,
15:49mais aussi, comme vous l'avez dit,
15:50dans l'océan Indien et dans les Balkans.
15:52Et est-ce que l'AFD aide Play International ?
15:54L'AFD aide beaucoup Play International.
15:56On est heureux de vous avoir réunis sur ce plateau.
16:00Je veux bien qu'on rentre un peu dans le détail,
16:02Thomas Mélonio, sur les projets,
16:04les interventions de l'AFD à l'étranger.
16:06Comment peuvent ces projets avoir des conséquences
16:08directes ou indirectes en France ?
16:10Parce qu'on n'y pense pas forcément,
16:12mais il y a évidemment un effet domino d'une certaine façon.
16:15C'est vrai que l'action internationale,
16:17au début ça peut être vu comme lointain
16:19ou parfois accessoire,
16:20alors qu'en fait ça a des conséquences très pratiques.
16:22On est en plein milieu d'une crise énergétique, par exemple,
16:25qui ne fera pas à la fois les prix de l'énergie,
16:26mais aussi le prix des engrais.
16:28Donc ça c'est très concret,
16:29si vous allez à la pompe ou pour les agriculteurs.
16:32En fait à l'AFD, on va créer des liens internationaux
16:34qui dans certains cas servent à structurer des filières.
16:36Par exemple, l'année dernière,
16:37on a fait des programmes importants avec l'OCP
16:39qui produit des engrais,
16:40qui est un des fournisseurs importants, par exemple,
16:42qui sert aujourd'hui à la France.
16:44Donc ça c'est un exemple.
16:45Deuxième exemple,
16:46quand on travaille sur les économies d'énergie
16:47un peu partout dans le monde,
16:49non seulement c'est bon pour le climat,
16:50mais c'est aussi un élément qui permet
16:52de stabiliser la demande énergétique dans le monde.
16:54Donc ça c'est deux exemples vraiment
16:55très très en regard de l'actualité.
16:58Après peut-être aussi ma collègue de gauche
17:00donnera quelques exemples,
17:01mais on finance beaucoup d'innovations
17:02ou d'expérimentations
17:03dont parfois les résultats
17:05peuvent être une source d'inspiration pour nous.
17:08Oui, ça sert.
17:09Les associations,
17:10les projets que vous aidez
17:11vont peut-être pouvoir faire des petits en France.
17:14On va y venir en détail,
17:15mais guillemets petits sur le rôle du sport,
17:19de l'activité physique,
17:21comment vous les utilisez finalement
17:22comme des outils éducatifs ?
17:23Et pourquoi ils permettent peut-être
17:25de faire passer des messages
17:27d'éducation citoyenne, sociétale ?
17:30Alors effectivement,
17:31c'est un peu une spécificité qu'on a,
17:32c'est-à-dire que le sport
17:33ou l'activité physique et sportive
17:34est un outil pour nous
17:35qui nous permet de déployer des programmes
17:38qui vont par exemple,
17:39on en parlera peut-être justement
17:40en termes d'innovation,
17:41d'apprendre à compter,
17:42d'apprendre à lire et écrire
17:43en utilisant effectivement le jeu sportif
17:45jusqu'à des sujets un peu plus,
17:47on va dire, sérieux
17:48comme les violences basées sur le genre
17:50ou d'autres programmes
17:51qu'on utilise dans nos pays en Afrique.
17:53Et donc on joue sur une notion
17:55qui est importante
17:55au sein de play international,
17:56c'est la notion de plaisir
17:57auprès des enfants.
17:59Ça c'est quelque chose
18:00qui permet,
18:01qui favorise l'apprentissage
18:02et puis on est dans une logique collective.
18:04Quand vous avez des enfants par exemple,
18:05on intervient beaucoup
18:06dans les écoles scolaires
18:07qui sont une soixantaine,
18:08une centaine par classe
18:09dans certains pays.
18:10La dynamique est complètement différente
18:12lorsqu'on les met dehors,
18:12lorsqu'on les oblige à jouer ensemble.
18:15Il y a des déclics qui se passent
18:17en termes de messages éducatifs
18:18et d'apprentissage.
18:19C'est un outil d'inclusion,
18:21si je comprends bien.
18:22C'est un outil d'inclusion,
18:23c'est un outil d'éducation,
18:24c'est un outil pour apprendre
18:25sur le vivre ensemble
18:26qui est un mot qu'on utilise beaucoup.
18:28C'est un outil d'insertion professionnelle aussi
18:30qui est quelque chose
18:30que nous on utilise moins.
18:32Et pour vous donner un exemple,
18:33par exemple aussi
18:34d'innovation Sud-Nord,
18:36aujourd'hui on a un programme
18:37qui marche beaucoup en France
18:38qui est l'apprentissage des mathématiques
18:40par le sport
18:40et il est né au Burundi.
18:42Alors je veux bien,
18:42on va rentrer dans ce détail-là.
18:44Mais vous commencez par me raconter
18:45qu'est-ce qui se passe au Burundi ?
18:47Moi, je vous écoute,
18:49je découvre,
18:49je me dis comment je vais apprendre
18:50à compter avec le sport.
18:52Racontez-moi.
18:52En fait, on travaille sur le cycle 2,
18:55c'est-à-dire les maternelles CPCE1.
18:58C'est là où on commence à compter,
19:00réécrire.
19:00C'est les fondamentaux
19:01qu'on apprend à ce niveau-là.
19:03Et en fait,
19:03c'est assez facile de relier
19:05la dynamique d'addition,
19:07de soustraction avec du jeu.
19:09On utilise par exemple
19:10un jeu tout simple
19:11et c'est comme ça
19:11que c'est né au Burundi
19:12qui est le béret
19:13que vous devez connaître.
19:14Et évidemment,
19:15alors là je simplifie un peu
19:16notre méthodologie
19:18qui s'appelle la pédagogie,
19:19mais on a des spécialistes
19:20de la didactique quand même du sport
19:22qui font partie de nos équipes.
19:24Et donc on développe ça.
19:25Ça fait pendant une dizaine d'années
19:27au Burundi,
19:27on a développé ça.
19:28Et puis ensuite,
19:28on s'est rendu compte
19:29que c'était aussi important
19:30au Kosovo,
19:31dans un pays dans lequel on est.
19:32Puis en France,
19:33vous connaissez le rapport PISA
19:34et les chiffres
19:35de l'apprentissage des mathématiques.
19:36Et donc on s'est associé
19:37à un chercheur en mathématiques
19:38pour développer des séances
19:39pour l'instant
19:40qui vont jusqu'à la classe de CE2.
19:41Et là,
19:42on a énormément de demandes
19:42pour monter jusqu'à CM1, CM2.
19:44Thomas Melogneau.
19:45Oui, on observe
19:46dans beaucoup de pays
19:47en développement et étrangers
19:48aussi cette même problématique
19:49de développement des apprentissages.
19:50Honnêtement,
19:51je pense qu'il faut le dire
19:51avec humilité,
19:52c'est aussi un sujet pour la France.
19:53C'est vrai au début
19:54du cycle d'enseignement,
19:55mais ça vaut un peu plus...
19:57Ça vaut aussi
19:58pour des enfants un peu plus âgés.
19:59On a observé
20:00dans pas mal de pays
20:00en développement,
20:01par exemple,
20:01des développements
20:02de nouvelles méthodes pédagogiques
20:03qu'on appelle
20:04Teaching at the right level
20:05ou bien enseignement ciblé
20:06pour au sein des classes
20:07répartir les enfants
20:08autour de tables
20:09et leur proposer un contenu
20:11qui est adapté à leur niveau
20:12pour que chacun
20:13se voit enseigner quelque chose
20:14qui est juste au-dessus de son niveau
20:15et c'est comme ça qu'on progresse
20:16plutôt qu'un contenu uniforme
20:18pour toute la classe.
20:19Ça, c'est des méthodes d'enseignement
20:20qui ont été testées
20:21par la recherche
20:21dans beaucoup de pays en développement
20:22et qu'on commence maintenant
20:24à voir se développer en France.
20:25Donc, c'est intéressant
20:26de montrer ce qu'on peut faire
20:27par l'innovation pédagogique
20:28en l'occurrence,
20:29après le tester très rigoureusement
20:30en termes de recherche.
20:31Vous savez, on fait des protocoles,
20:32on met des gens
20:33qui vont être testés
20:34avec cette méthode d'enseignement
20:35versus un enseignement plus classique
20:37et après,
20:38on voit la différence
20:38en termes de résultats.
20:39Donc, ça, c'est des choses
20:40qu'on peut tester
20:41avec des financements de l'AFD.
20:42On a un fonds d'innovation
20:43pour développement
20:44qui fait ça,
20:44mais aussi des ONG
20:46ou des gens qui apportent
20:46des pédagogies innovantes.
20:48Donc, c'est vraiment
20:48ces choses qu'on fait à l'étranger
20:49qui vont avoir un impact,
20:50mais aussi dont on peut
20:51s'inspirer en France.
20:53Est-ce que c'est...
20:53À quel point c'est important
20:56d'avoir eu ce test à l'étranger,
20:58finalement,
20:59de pouvoir démontrer
21:00que ça marche
21:01pour qu'ensuite,
21:02ce soit accepté
21:03par des enseignants
21:05ou des éducateurs en France ?
21:06Vous voyez ce que je veux dire ?
21:07Parce qu'on pourrait avoir
21:09une vision un peu
21:10d'où j'ai besoin
21:11de ce qui se passe
21:13ailleurs dans le monde.
21:14Non, je pense que peut-être
21:15on manque parfois
21:16de cette humilité en France,
21:17je pense, très sincèrement.
21:19Et il se peut parfois
21:20que les débats nationaux
21:21soient un peu cartélisés,
21:22chacun est sur sa position.
21:23C'est là que le fait
21:24d'avoir une recherche
21:24assez incontestable,
21:26je pense,
21:26peut nous servir d'inspiration.
21:28Guillemette parlait
21:29des résultats de PISA,
21:30ça, c'est au sein de l'OCDE,
21:31on peut se comparer
21:32en termes de niveau.
21:32Mais une fois qu'on a réalisé
21:34que le niveau
21:35n'était pas excellent,
21:35faut-il encore trouver
21:36une solution ?
21:36Il ne suffit pas
21:37de caractériser le problème.
21:38Et c'est là, je trouve
21:39que voir ce qui se passe
21:39à l'étranger
21:40peut être une source
21:41d'inspiration, d'humilité
21:42et pour nous,
21:43une manière de sortir
21:44de débats qui parfois
21:45n'avancent plus.
21:46La recherche, l'innovation,
21:47quelle part ça prend
21:48dans l'activité,
21:50l'action d'une association
21:51comme la vôtre ?
21:52Alors, l'innovation,
21:53je dirais que comme on est
21:54sur un outil
21:55qui est un peu spécifique
21:56et qui n'est pas du tout
21:56mature encore,
21:58c'est notre quotidien.
21:59Après, sur la recherche,
21:59je vais prendre deux exemples.
22:00On a eu deux contrats-siffres,
22:01je ne sais pas si ça vous parle.
22:03Je veux bien que vous expliquiez.
22:04Voilà, en l'occurrence,
22:05on avait deux étudiantes
22:06qui étaient docteurs
22:08en STAPS,
22:08puisqu'on est une ONG
22:10qui travaille avec le sport
22:10et puis l'une en sociologie
22:11et l'autre en psychologie,
22:13qui ont intégré les équipes
22:14et qui ont travaillé
22:15pendant trois et cinq ans
22:16sur l'analyse
22:17de deux de nos programmes.
22:18Je vous donne un exemple,
22:19il y en a une
22:19qui a travaillé
22:20sur un programme
22:22de développement de contenu
22:23pour les enfants
22:23porteurs de troubles
22:24du syndrome de l'autisme
22:25et qui avait pour objectif
22:26de développer
22:27leurs habilités sociales.
22:28Et donc, pendant trois ans,
22:30Thomas parlait de protocoles
22:31très sérieux,
22:32expérimentaux, etc.
22:33C'était vraiment
22:34un travail de recherche scientifique
22:36qui a été mené
22:37par Olivia Collet,
22:38en l'occurrence,
22:38qui nous a permis
22:39de développer
22:40toute une batterie de jeux
22:40pour développer
22:41les habilités sociales
22:42des enfants autistes.
22:43Et peut-être que j'y reviendrai,
22:45mais aujourd'hui,
22:46on a envie d'en avoir d'autres,
22:47de chercheuses,
22:48de travail de recherche
22:49de longue durée
22:49et en termes de financement,
22:51ce n'est pas facile.
22:52Le message est passé...
22:54Même si le feed
22:55est un excellent outil.
22:57Thomas Mélonio,
22:58est-ce que ça veut dire
22:58que c'est itératif ?
23:01C'est-à-dire qu'à partir
23:02du moment où on parle
23:02recherche ou innovation,
23:03vous acceptez l'idée
23:04que certaines innovations
23:06ne vont pas fonctionner
23:07et donc vous en abandonnez
23:09en route, c'est ça ?
23:10Les phases de co-création,
23:11puisque c'est un peu comme ça
23:12qu'on fonctionne
23:13avec nos partenaires
23:13très locaux,
23:14pour que ça ait un impact
23:15pour nous,
23:16il faut qu'on soit vraiment
23:16au niveau du territoire,
23:19sont suivies d'une phase
23:20de test qui est assez longue.
23:21Et ça, c'est extrêmement important.
23:23Thomas Mélonio, oui.
23:24Oui, c'est important ce que vous disiez.
23:26Parfois, quand on teste,
23:27ça ne marche pas.
23:28Ou parfois,
23:28on teste plusieurs choses à la fois
23:29et c'est là qu'on va pouvoir
23:30faire des choix ensuite.
23:31Je vais donner un exemple.
23:32Récemment, en Madagascar
23:33et en Éthiopie,
23:34on a financé deux expérimentations
23:36pour accompagner les jeunes filles
23:38pendant les périodes menstruelles,
23:39qui sont souvent des périodes
23:40où il y a un peu plus
23:41de décrochage scolaire.
23:42Et en fait,
23:43on a testé plusieurs choses
23:44avec des ONG
23:44et les gouvernements
23:45de ces deux pays
23:46pour soit fournir
23:47plutôt des infrastructures,
23:48des toilettes par exemple,
23:50soit des produits,
23:51soit plutôt des programmes
23:51d'accompagnement,
23:53d'empowerment,
23:54d'encapacitation
23:55et pour créer un peu de confiance
23:57ou d'estigmatiser
23:58ce type de période
23:58et en particulier les jeunes filles.
24:00Et donc,
24:00on a pu comparer les trois
24:01et c'est d'ailleurs plutôt,
24:02à ma grande surprise,
24:03mais plutôt la troisième composante,
24:04c'est-à-dire l'accompagnement
24:05plus individualisé de personnes,
24:07à la fois à type collectif
24:09pour en parler en classe
24:09et puis à titre individuel
24:10pour apporter plus de soutien
24:12qui a eu les résultats
24:14les plus importants.
24:15Ça, c'est des projets
24:15qui ont été testés
24:16de manière pilote
24:16et le fait de tester
24:18plusieurs options finalement,
24:19combinaisons d'interventions,
24:20au moment où on veut passer à l'échelle,
24:22ce qui va être le cas à Madagascar,
24:23c'est-à-dire que ça devient,
24:23au début c'est une expérimentation,
24:25puis ça devient la politique nationale,
24:27eh bien on le fait
24:27sur la base d'une expérimentation
24:29qui a été très ciblée,
24:30très poussée.
24:31On devrait le faire
24:31pour nos lois aussi,
24:32mais bref,
24:32ça c'est un autre sujet.
24:34Non, je crois que c'est le sujet,
24:35très franchement,
24:35c'est-à-dire est-ce qu'en France,
24:36on fait aussi bien
24:37dans l'expérimentation
24:38et le suivi des politiques publiques
24:40avant de les généraliser.
24:41Je pense qu'il y a vraiment,
24:42il y a des leçons à tirer
24:43d'expérience à l'étranger.
24:44Vous travaillez aussi
24:45sur la santé,
24:45l'AFD,
24:47vous venez d'en citer là,
24:48puisqu'on parlait
24:49de l'accompagnement
24:50des jeunes filles
24:52dans les périodes mensuelles,
24:54mais il y a beaucoup d'actions
24:55de l'AFD en matière de santé ?
24:56Ah oui, il y en a beaucoup,
24:57et c'est dans les 15-20 dernières années,
24:59il y a eu des progrès
25:00très importants
25:01dans le domaine
25:02de la santé mondiale.
25:03Par exemple,
25:04si on prend l'exemple du sida,
25:05en 2005,
25:06il y avait quasiment
25:072 millions de morts par an
25:08à cause de l'épidémie de sida.
25:10Aujourd'hui,
25:10c'est 500 000.
25:11Évidemment,
25:12c'est 500 000 de trop,
25:13mais quand même,
25:14la mortalité a été divisée
25:15par 4 grâce à des produits
25:18et puis aussi
25:19un appui au système de santé,
25:20puisqu'il ne suffit pas
25:20d'avoir un médicament
25:21ou des trithérapies,
25:22il faut aussi pouvoir
25:23les distribuer.
25:24Et là, évidemment,
25:24c'est un domaine
25:24où il y a eu à la fois
25:25beaucoup de recherches
25:26et on a mis beaucoup de moyens
25:27et on a eu aussi
25:28beaucoup de résultats.
25:29Le message que j'ai envie
25:30de transmettre aussi,
25:31c'est qu'on dit souvent
25:31est-ce que ce qui se passe
25:33à l'étranger,
25:34est-ce que c'est efficace,
25:35il y a de la corruption,
25:36il y a des difficultés,
25:41précises,
25:42qu'on met des moyens
25:42et qu'on a une solution technique,
25:44oui, on peut avoir
25:44des très grands résultats.
25:45Sport et santé,
25:46guillemets de petits,
25:47évidemment, c'est lié.
25:48Alors, c'est lié,
25:49mais on n'intervient pas
25:50au même niveau
25:51que ce que Thomas a décrit.
25:52Je vais vous donner
25:52deux exemples de programmes
25:53assez récents.
25:54Dans l'océan Indien,
25:55on est présent au Comore
25:56et il y a,
25:57si je ne me trompe pas,
25:57un an ou 18 mois,
25:58il y a eu une épidémie
25:59de choléra qui est revenue.
26:01Et le choléra,
26:02c'est la maladie des mains sales.
26:03Et donc, on est réintervenu
26:04dans toutes les écoles
26:05dans lesquelles on avait formé
26:06des professeurs des écoles
26:07sur les gestes barrières
26:08avec du jeu sportif.
26:09Et on a touché,
26:10grâce au ministère
26:10de la Santé des Comores,
26:11plus de 16 000 enfants
26:12en deux semaines.
26:13Et puis, on est présent à Mayotte.
26:15On est réintervenu
26:17après le cyclone Chido
26:18qui a eu lieu
26:18il y a un peu plus d'un an.
26:19Et on travaille
26:20avec des psychologues
26:21pour accompagner
26:22la reconstruction psychologique
26:24des enfants.
26:24Donc là, je fais le lien
26:25avec la santé mentale
26:26et la gestion des traumatismes.
26:27Et là, c'est pareil.
26:28On travaille avec nos outils
26:30de jeu sportif,
26:31de plaisir collectif,
26:32accompagnés par des psychologues,
26:33encore une fois,
26:34puisque ce n'est pas notre métier.
26:35Est-ce que vous souffrez
26:37financièrement en ce moment ?
26:38C'est une question
26:39que je pose à peu près
26:40toutes les associations
26:40que je reçois.
26:42Il y a un contexte
26:43qui est quand même compliqué.
26:44C'est extrêmement difficile.
26:46Voilà.
26:48On est sur des financements
26:49qui sont souvent
26:50des financements multiannuels
26:52ou pluriannuels.
26:52Donc là, on est encore
26:53sur des financements acquis
26:54il y a un ou deux ans.
26:55Mais l'année 2026,
26:56c'est déjà assez difficile
26:57avec des impacts
26:58sur nos équipes.
26:59Et surtout, les décisions,
27:02les arbitrages d'aujourd'hui
27:03vont impacter
27:03notre activité
27:04sur les deux,
27:04trois prochaines années.
27:05Et les perspectives
27:06sont difficiles pour nous.
27:09C'est difficile pour l'AFD
27:09de défendre son budget
27:10en ce moment.
27:11La France a des économies
27:12à faire.
27:14Oui, on nous a demandé
27:15et on est en train
27:15de réaliser des économies
27:16importantes.
27:17Donc ça, ce n'est pas
27:17la peine de le cacher.
27:18Le budget de l'AFD,
27:19il est très connu.
27:20En fait, c'est dans
27:20le budget de l'État.
27:21Vous avez une composante
27:22qui nous permet
27:23de faire des dons
27:24et une composante
27:25qui nous permet
27:25de faire des prêts
27:26à taux réduits.
27:27C'est vrai que la composante
27:28de dons, elle est en réduction
27:29importante.
27:33C'est à la fois difficile
27:34pour nous en tant qu'entreprise
27:35et puis, par ailleurs,
27:36on sait que c'est difficile
27:37pour les récipiendaires
27:38de ces financements.
27:39Ça veut dire que c'est
27:40le thème du sommet.
27:41Ce qui compte vraiment,
27:42on se concentre
27:43sur ces questions.
27:45Ça vous oblige
27:45à faire des choix
27:46peut-être un peu
27:46plus compliqués ?
27:48C'est exactement
27:49ce qui est en train
27:49de se passer.
27:50Je dirais qu'il y a
27:50un premier effort
27:51qui est de convaincre
27:51que c'est important
27:52d'agir à l'international,
27:54qu'on peut avoir
27:54des résultats
27:55et que ce n'est pas
27:55sans conséquence pour nous.
27:57Ça, c'est la première phase
27:58qui est de conviction
27:59de plaidoyer
28:00et puis la deuxième
28:00qui est plutôt
28:01une phase d'optimisation.
28:02On va se dire
28:03à moyen donné,
28:04puisque c'est comme ça
28:05que ça fonctionne
28:05une fois que le budget
28:06est voté,
28:08comment est-ce qu'on en fait
28:08le meilleur usage ?
28:09D'où l'importance
28:10de se concentrer
28:11sur ce qui fait
28:12le plus d'impact,
28:12ce qui est le plus innovant,
28:14ce qui a un potentiel
28:14de passage à l'échelle.
28:15C'est vraiment ça
28:15notre logique.
28:16Et aussi,
28:17ça c'est vraiment
28:18une logique de pur impact
28:19et il y a quand même
28:20une dimension de solidarité
28:21se concentrer
28:22sur les pays
28:22les plus vulnérables,
28:23les plus pauvres
28:24puisque le don
28:25est une ressource rare.
28:26On essaye de l'utiliser
28:27là où il est le plus nécessaire.
28:28Mais dans un ensemble
28:29où c'est vrai,
28:30il y a moins de budget,
28:31c'est une réalité.
28:32Merci beaucoup
28:33à tous les deux
28:34et bon sommet
28:36de la mesure d'impact.
28:38Notre émission spéciale
28:40continue les défis
28:41du secteur associatif.
28:42On continue
28:42d'en parler tout de suite.
28:52Notre édition spéciale
28:54consacrée au sommet
28:54de la mesure d'impact
28:56continue,
28:56j'accueille Agnès Audier.
28:57Bonjour.
28:58Bonjour.
28:58Vous êtes la présidente
28:59de l'Impact Tank
29:00et organisateur
29:01de ce sommet.
29:03Merci de nous accueillir.
29:04Et Frédéric Mazzella,
29:05bonjour.
29:05Bonjour.
29:06Bienvenue à vous aussi.
29:07Vous êtes le président
29:07de DIFT,
29:09le directeur de DIFT
29:09qui est partenaire
29:10de Be Smart for Change
29:12et de Smart Impact
29:13puisque vous fléchez vers nous
29:15une association par mois.
29:17Je veux bien
29:17que vous présentiez
29:18en quelques mots
29:18Impact Tank,
29:20c'est quoi ?
29:21Impact Tank,
29:21c'est une association
29:22à but non lucratif.
29:24En fait,
29:24c'est un think tank
29:25qui a pour but
29:26de faire travailler ensemble
29:28des gens différents,
29:29des entreprises,
29:30des acteurs de l'ESS,
29:31dont des associations,
29:32des pouvoirs publics,
29:33des chercheurs
29:34pour pouvoir travailler
29:35sur la mesure d'impact
29:37avec l'idée
29:38qu'il y a énormément
29:39d'initiatives
29:39ou de politiques publiques
29:40qui marchent bien
29:41mais on a du mal
29:42à aller vite
29:43et à passer à l'échelle,
29:45à démultiplier ce qui marche,
29:46à le cibler.
29:47Donc voilà,
29:48c'est un endroit
29:48d'échange
29:50et tourné vers l'action.
29:53DIFT en quelques mots,
29:54même si nos téléspectateurs,
29:55téléspectatrices
29:55commencent à connaître DIFT.
29:57Oui,
29:57alors DIFT,
29:58c'est une plateforme
29:58de générosité
29:59qui permet aux entreprises
30:02de flécher de l'argent
30:02vers des associations
30:03par exemple
30:04en impliquant
30:05leurs collaborateurs
30:06ou leurs clients
30:07et qui permet également
30:08aux associations
30:09d'aller lever de l'argent
30:10d'une nouvelle manière,
30:11d'une manière plus communautaire
30:12grâce notamment
30:13à des cagnottes solidaires
30:14dans lesquelles
30:15elles peuvent aller mobiliser
30:16leurs bénévoles
30:17ou leurs donateurs
30:18pour qu'eux-mêmes
30:18aillent mobiliser
30:19le cercle 2
30:20de leurs proches.
30:21C'est un effet boule de neige.
30:23C'est un effet boule de neige.
30:25DIFT depuis ses trois années
30:26d'existence
30:27a déjà aiguillé
30:28plus de 20 millions d'euros
30:28vers 300 associations
30:29en partenariat
30:30avec 400 entreprises.
30:33Ce qui compte vraiment,
30:34c'est le thème
30:34de ce quatrième sommet
30:36de la mesure d'impact.
30:37Qu'est-ce que vous attendez
30:38de cette journée ?
30:38Quelle ambition ?
30:41L'ambition,
30:42c'est vraiment
30:42le travail commun,
30:43collectif
30:44sur différents thèmes.
30:46Il y a des dizaines
30:47de conférences,
30:48certaines sur des sujets
30:49extrêmement précis,
30:52certaines très liées
30:52à des sujets techniques
30:53comme en mesure l'impact,
30:55quels sont les outils,
30:56quelles sont les limites,
30:57les biais, etc.
30:58D'autres qui sont plus larges.
30:59Donc voilà,
31:00on essaye d'être sûr
31:01que d'abord
31:02les gens se rencontrent,
31:03se connaissent
31:04et puis que se diffusent
31:06du savoir,
31:07des contacts,
31:10des outils.
31:11Et la thématique,
31:12ce qui compte vraiment,
31:13parce qu'on est
31:14dans un contexte particulier
31:15qui est à la fois
31:16un contexte,
31:17on va dire,
31:19budgétaire compliqué
31:19en France,
31:20mais aussi
31:20de coups de frein
31:22généralisés
31:23aux Etats-Unis
31:23et en Europe.
31:24Donc il faut se concentrer
31:26sur ce qui compte,
31:26c'est ça ?
31:28Alors,
31:28se concentrer,
31:29en tout cas savoir
31:30ce qui compte,
31:31savoir qui décide
31:32ce qui compte,
31:33ce qui nous semble,
31:34c'est que c'est très,
31:35il est absolument clé
31:36qu'on puisse en fait
31:38travailler sur cette matière
31:39pour pouvoir réécrire
31:40aussi un récit politique
31:42qui permette de mobiliser,
31:44de faire des choix.
31:45Vous avez cité,
31:46il y a le sujet
31:46de la contrainte budgétaire
31:48qui impose des choix,
31:49mais il y a aussi
31:50un contexte en fait
31:51qui est quand même
31:51très particulier
31:52et si on se compare
31:53ne serait-ce qu'à l'année dernière
31:54au même endroit,
31:55quasiment à la même date,
31:57le monde est beaucoup
31:57plus dangereux,
31:59la guerre est partout,
32:00en tout cas la guerre
32:01la guerre s'est développée,
32:03cela impose par exemple
32:04pour la France
32:05des dépenses
32:06en matière militaire,
32:07en matière de réindustrialisation,
32:09d'autonomie technologique
32:12et ça,
32:13ça ne remplace pas
32:14les dépenses
32:15qu'il faut faire
32:15par exemple
32:16sur la transition écologique
32:17ou sur les dépenses
32:19de solidarité.
32:20Donc pour pouvoir
32:21faire des choix
32:21par exemple dans ce domaine,
32:23il est vraiment important
32:24de bien comprendre
32:25ce qui compte
32:25et ce qui compte
32:26n'est pas la même chose
32:27pour tout le monde,
32:28c'est pas la même chose
32:29pour toutes les générations,
32:30donc voilà,
32:30ça nous semble être
32:31une matière importante.
32:32Qu'est-ce que vous attendez
32:33d'une journée
32:34comme celle-là,
32:36de ce sommet Frédéric Mazzella ?
32:37Déjà la thématique,
32:38moi je me rappelle
32:39une citation d'Einstein
32:40que j'aime beaucoup
32:41qui dit que ce qui compte
32:43ne peut pas toujours être compté
32:45et que ce qui peut être compté
32:46ne compte pas forcément.
32:49Donc ça nous projette
32:50vraiment dans cet abîme lab
32:52de vraiment déterminer
32:53ce qui compte.
32:54D'ailleurs le thème
32:55c'est ce qui compte vraiment
32:55et donc dans le vraiment
32:56il y a quand même
32:57le subjectif
32:59qui a vocation
33:00à devenir plutôt objectif
33:02et c'est ça tout l'enjeu
33:03faire en sorte
33:04qu'on arrive à dégager
33:05les choses
33:06qui sont importantes
33:07pour la société
33:08dans son ensemble
33:10et que ce ne soit pas
33:11des points de vue
33:11uniquement subjectifs
33:13parce que sinon
33:13on n'arrive pas
33:14à progresser ensemble.
33:15Donc là,
33:15ce genre de réunion-là
33:16ça permet véritablement
33:17de mettre le doigt
33:18sur ce qui doit être amélioré,
33:20ce sur quoi on doit
33:21se focaliser
33:22dans les années qui viennent
33:24pour améliorer
33:24le monde qui nous entoure
33:26ce qui est la motivation
33:28de toutes les personnes
33:29qui fréquentent
33:29ce genre d'endroit ici
33:30puisqu'on est venu là
33:31pour réfléchir
33:33justement ensemble
33:34pour investir notre énergie
33:35dans la bonne direction.
33:36Alors vous allez participer
33:37à une table ronde
33:38le thème c'est
33:38le secteur associatif
33:40doit-il encore prouver
33:42son efficacité ?
33:43C'est un enjeu de quoi ?
33:44De professionnalisation
33:45dont on parle
33:46Frédéric Mazzella ?
33:47En fait c'est un enjeu aussi
33:49de forme de transparence
33:51et de confiance
33:51c'est un peu toujours la même chose
33:53la transparence et la confiance
33:54sont des notions
33:55très différentes évidemment
33:57mais dans tous les cas
33:58il y a une notion aussi
33:59de redevabilité
34:00de la part des associations
34:01qui se développent
34:02dans le sens où
34:03elles doivent prouver
34:04qu'elles sont efficaces
34:05même quand elles ont
34:05justement des missions
34:06qui ne peuvent pas forcément
34:08se satisfaire d'un comptage
34:10c'est là où c'est compliqué
34:11d'autant plus
34:12qu'elles agissent
34:12sur des choses
34:13qui sont très très larges
34:15qui sont généralement
34:15des problématiques
34:18qui sont très très très massives
34:21et qui sont les conséquences aussi
34:23de notre société
34:24de consommation
34:25assez souvent
34:26et qu'elles ont peu de moyens
34:27c'est-à-dire que
34:27de manière chronique
34:28les associations
34:30ont des missions
34:31qui dépassent très très largement
34:32leurs moyens
34:33parce qu'elles s'attaquent
34:35à des grandes problématiques
34:36qui se sont développées
34:38qui n'ont pas
34:39de modèle économique
34:40et qui doivent trouver
34:41quand même
34:42de l'énergie
34:43donc du financement
34:44pour être accomplies
34:46donc le grand défi
34:47aujourd'hui
34:47c'est surtout
34:48qu'elles doivent trouver
34:48des sources de financement
34:49très variées
34:52très différenciées
34:53alors la bonne nouvelle
34:54c'est qu'il y a des nouveaux outils
34:55enfin DIFT en fait partie
34:56mais il y a aussi
34:57d'autres nouvelles manières
34:58que les associations
34:59doivent adopter
35:00pour savoir se financer
35:01mais ce grand challenge là
35:02c'est qu'effectivement
35:03on demande
35:04de plus en plus
35:05de transparence
35:06sur les actions
35:07et donc de capacité
35:08de comptage
35:09de l'impact
35:10en même temps
35:11qu'elles ont
35:12des challenges
35:12autour de leurs
35:14moyens de financement
35:15avec des financements publics
35:17qui en moyenne
35:18baissent
35:18pour toutes les associations
35:20et qui doivent donc
35:21trouver des solutions alternatives
35:22pour se financer
35:23y compris
35:24de la part
35:25des individus
35:26des personnes
35:26et des entreprises
35:27d'où d'ailleurs
35:28le rôle majeur
35:30des entreprises
35:30dans toute cette époque là
35:32de devoir montrer
35:34qu'elles aussi
35:35elles s'intéressent
35:36évidemment
35:36à l'environnement
35:37qui les a fait naître
35:39d'ailleurs
35:39et qui les soutient
35:40au quotidien
35:41Agnès Saudier
35:42vous parlez souvent
35:43de la nécessité
35:44de démystifier
35:45la dépense publique
35:46pourquoi vous dites ça
35:47plus de services publics
35:48ça signifie pas
35:50automatiquement
35:51mieux vivre
35:53alors sur la question
35:54de la mesure d'impact
35:55effectivement
35:56on a un champ
35:57très très important
35:58à défricher
36:00et quelque part
36:00ce qui est assez intéressant
36:01c'est que la démarche
36:02CSRD
36:03elle nous a aidé
36:04parce que dans CSRD
36:05il faut donner
36:06des indicateurs
36:07alors ils peuvent être
36:08qualitatifs
36:08ou quantitatifs
36:09mais enfin
36:09tout le monde aime bien
36:10le quantitatif
36:12alors autant la tonne
36:13de CO2
36:14tout le monde voit
36:14maintenant à peu près
36:15ce que c'est
36:15comment on la mesure
36:18le indicateur
36:19sur la biodiversité
36:20c'est un peu plus compliqué
36:21mais alors quand on arrive
36:22aux sujets sociétaux
36:23c'est encore plus compliqué
36:24on n'a pas la tonne
36:26de bien vieillir
36:28on n'a pas la tonne
36:29de lien social
36:30on n'a pas la tonne
36:31d'autonomie
36:32d'une personne âgée
36:33alors évidemment
36:33on a des indicateurs
36:34quand même
36:35et d'ailleurs
36:37je peux aussi rappeler
36:38que le coeur
36:39du métier
36:40de l'impact tank
36:40c'est de produire
36:41des référentiels
36:43en tout cas
36:43des menus
36:44d'indicateurs
36:45pour que
36:46quand des associations
36:47mais aussi des services publics
36:48mais aussi d'autres acteurs
36:50lancent des projets
36:51en fait
36:51il y ait quelque part
36:53un travail
36:53qui a été défriché
36:54pour essayer
36:55de trouver ces indicateurs
36:56donc par thème
36:57nous travaillons comme ça
36:59par thème
37:00on essaye de définir
37:01un menu d'indicateurs
37:02pour que
37:02sur le terrain
37:03tout le monde
37:03puisse les reprendre
37:05mais voilà
37:06oui c'est un vrai sujet
37:07cette question
37:08de comment on arrive
37:09à démontrer l'impact
37:12avec une question
37:13aussi clé
37:14qui est
37:14l'impact à 6 mois
37:16c'est évidemment
37:16pas l'impact à 6 ans
37:18et à l'heure
37:19où tout le monde
37:19est en train de réaliser
37:20typiquement santé
37:21mais pas qu'en santé
37:22que la prévention est clé
37:23c'est sûr que
37:24si on mesure des actions
37:25de prévention à 6 mois
37:26on n'a pas les mêmes résultats
37:27que si on les mesure
37:28à 6 ans
37:29donc ça aussi
37:30c'est un sujet
37:30qu'il faut bien travailler
37:32sur lequel il faut bien
37:33se comprendre
37:33parce que si on ne veut pas
37:34que les gens
37:35lancent des chiffres
37:36et les utilisent
37:37de manière inappropriée
37:39il faut que tout le monde
37:40comprenne les enjeux
37:41des chiffres
37:41quand on parle de philanthropie
37:43quel rôle
37:44la philanthropie joue
37:46au sein des entreprises
37:47Frédéric Mazzella
37:48je pense que
37:49au-delà de l'effet
37:51évidemment de financement
37:52que la philanthropie
37:53amène aux associations
37:54et on en a discuté
37:56les associations ont besoin
37:57évidemment de moyens
37:58et d'argent
37:58je pense que ça amène
37:59aussi une forme
38:00d'humanité
38:01tout simplement
38:01dans un monde professionnel
38:04qui parfois
38:05peut devenir
38:05un petit peu mécanique
38:07et donc je pense
38:08que c'est utile
38:08pour nous tous
38:09surtout à l'ère
38:10de l'intelligence artificielle
38:11à l'ère des machines
38:13omniprésentes
38:13de se rappeler
38:14qu'on est vraiment humain
38:16que dans humain
38:18il y a l'empathie
38:19que l'empathie
38:20c'est quelque chose
38:21qui justement
38:21est une force
38:22qui peut nous aider
38:24à passer
38:24les plus grands obstacles
38:25et je pense que
38:27ce rôle là
38:28de la philanthropie
38:29qui consiste à
38:30aller sensibiliser
38:31un petit peu tout le monde
38:32se rappeler à tout le monde
38:33qu'on est des individus
38:34avec un coeur
38:35et bien elle est fondamentale
38:37dans l'époque
38:38qui nous attend
38:39parce que
38:41on s'en sortira ensemble
38:43ou on ne s'en sortira pas
38:45donc il y a vraiment
38:46une notion
38:47de collaboration
38:48très très forte
38:49à développer
38:50je pense que la philotropie
38:51c'est ce lien là
38:53dont notre société
38:55a besoin
38:55et qui doit aller
38:56s'introduire
38:57y compris
38:57dans toutes nos activités
38:58donc y compris
38:59dans l'entreprise
39:00et dans toutes les activités
39:01de notre vie quotidienne
39:04Agnès Saudier
39:05on parle beaucoup
39:07et beaucoup de mes interlocuteurs
39:08aussi aujourd'hui
39:10ça fait plusieurs mois
39:11qu'ils m'alertent
39:12sur les questions
39:13de financement
39:15du vivier associatif
39:18quels sont selon vous
39:19les risques
39:20d'un affaiblissement
39:21de ce secteur associatif
39:24je pense qu'on rentre
39:26dans une période
39:26extrêmement compliquée
39:28pas seulement
39:28pour le secteur associatif
39:30mais aussi
39:31comme Frédéric l'a dit
39:32dans un monde
39:32dans une période
39:34où les associations
39:35vont être soumises
39:37à un rude pression
39:38en matière de baisse
39:39de la dépense publique
39:41pas seulement
39:42de la dépense
39:42de l'état
39:43d'ailleurs
39:43mais beaucoup
39:44la dépense
39:44des collectivités locales
39:46donc je pense
39:47que oui
39:47il y a un défi
39:48c'est pour ça
39:49qu'il est important
39:51de savoir
39:52ce qui marche
39:53vraiment
39:53quels sont les résultats
39:54des différentes initiatives
39:56et comment on les cible
39:57je pense qu'il y a deux grands leviers
40:00dans le monde associatif
40:02sur lesquels
40:02la philanthropie
40:04peut aider
40:04non seulement
40:05comme tu le disais
40:06sur la partie financement
40:07mais aussi
40:08sur l'apport
40:09en termes de compétences
40:10et de méthodes
40:12et d'innovation
40:13le premier
40:14c'est
40:14je pense qu'il y a
40:16des actions
40:17qu'on peut mieux cibler
40:18sur les publics
40:18pour lesquels
40:19elles sont le plus efficaces
40:20et cette technique
40:21de ciblage
40:22c'est vraiment
40:22une technique
40:24qui a été développée
40:26beaucoup par le privé
40:27c'est pas pour être inhumain
40:28et pour laisser tomber des gens
40:29mais c'est pour dire
40:30voilà
40:31il y a des méthodes
40:31par exemple
40:32pour rapprocher des gens
40:33pour les former
40:35les informer
40:36etc
40:37qui doivent être
40:38bien différenciées
40:39on avait travaillé
40:40l'année dernière
40:41sur le digital gap
40:43sur la fracture digitale
40:44sur comment
40:45on fait en sorte
40:46que tout le monde
40:46puisse être autonome
40:47avec son téléphone
40:48y compris maintenant
40:51les pensions de retraite
40:53tombent tous les mois
40:53sur le téléphone
40:54des gens
40:55de gens qui sont très âgés
40:57et qui ne sont pas du tout
40:58du tout nés
40:59avec un téléphone
40:59c'est sûr que
41:01la fracture digitale
41:02il ne faut pas
41:03trouver des solutions
41:04qui sont les mêmes
41:05pour des personnes
41:06qui ont 80 ans
41:06en zone rurale
41:07et pour des jeunes
41:08qui peuvent en faire
41:10un jour leur métier
41:11donc il y a un sujet
41:12de ciblage
41:13qui me semble très important
41:15et puis il y a un sujet
41:16de passage à l'échelle
41:17parce que
41:18là aussi
41:19sans être inhumain
41:20sans perdre l'âme
41:22des actions
41:24on peut mieux
41:24démultiplier
41:25un certain nombre
41:26de choses
41:26et plus on s'appuie
41:27sur des systèmes
41:28d'information
41:29qui eux-mêmes
41:30par essence
41:34ont généralement
41:35permettent
41:35des économies d'échelle
41:36quand on généralise
41:37plus on a des systèmes
41:38d'information
41:39qui sont au coeur
41:40des projets
41:41plus ça vaut la peine
41:43de regarder
41:43comment on démultiplie
41:44c'est un dernier mot
41:46une minute
41:46Frédéric Mazzella
41:47c'est un équilibre
41:48à trouver
41:48entre la nécessité
41:50d'évaluer
41:52cette mesure
41:53dont on parle
41:54et puis le risque
41:55pour des associations
41:56qui n'ont pas beaucoup
41:56de moyens
41:57de se retrouver
41:58à devoir reporter
41:59en permanence
42:00oui alors il y a
42:01le reporting
42:02il y a aussi
42:02se faire connaître
42:03c'est à dire qu'on parlait
42:04d'aller chercher
42:05des nouveaux types
42:06de financement
42:06quand on est une association
42:07qui n'est pas connue
42:08même avec une cause
42:09très très louable
42:10très puissante
42:13et bien c'est difficile
42:14de lever des sous
42:14donc en fait le rôle
42:16justement je pense
42:16qu'on doit adopter
42:18en tant que
42:19soit entreprise
42:20ou en tant que
42:21nouvelle plateforme
42:22comme ce qu'on fait
42:23nous chez Dift
42:23c'est d'aller faire en sorte
42:25que des projets
42:25qui ont des belles causes
42:26mais qui ont un déficit
42:27de notoriété
42:28se fassent mieux connaître
42:29pour pouvoir mieux
42:30lever des fonds
42:31et mieux remplir
42:32leur mission
42:33parce que sinon
42:33c'est un peu toujours
42:34les mêmes
42:34qui vont récupérer
42:35de l'argent
42:35c'est celles qui sont connues
42:36parce qu'on revient
42:38au système de confiance
42:40vous savez on a plus confiance
42:41quand on connaît déjà le nom
42:43et qu'on se dit
42:44bon c'est quelque chose
42:44qui est là depuis longtemps
42:45donc ça doit être
42:47quelque chose de fiable
42:48donc toute cette notion
42:49de confiance
42:49de fiabilité
42:50de notoriété
42:51elle est importante
42:52pour ces causes là
42:53donc il faut utiliser aussi
42:56les nouvelles technologies
42:56pour les faire connaître
42:57et pour faire en sorte
42:59que chacun puisse
43:00s'approprier ces causes là
43:01et venir les aider
43:02que ce soit en entreprise
43:04ou que ce soit
43:04pour les particuliers
43:05merci beaucoup
43:06merci à tous les deux
43:08et merci de nous avoir accueillis
43:09ici au CESE
43:10au Palais de Diana
43:11bon sommet
43:12de la mesure d'impact
43:13on parle coopération internationale
43:15tout de suite
43:24notre édition spéciale continue
43:25on est toujours au Palais de Diana
43:26ici au CESE
43:28le sommet de la mesure d'impact
43:30on parle coopération internationale
43:32avec Alexandre Louriez
43:33bonjour
43:33bonjour
43:34directeur général
43:34de l'action internationale
43:35du groupe SOS
43:37qui est quoi
43:37co-organisateur
43:38de ce sommet
43:40exactement
43:40voilà
43:41et Bouna Khan
43:42bonjour
43:42heureux de vous accueillir
43:43vous êtes le directeur
43:44de Simplon Afrique
43:45tiens on va commencer
43:46par quelques questions
43:47de présentation
43:48Simplon c'est quoi
43:49Simplon Afrique
43:49alors Simplon
43:50c'est un organisme
43:51de formation
43:52on est une organisation
43:54de l'économie sociale
43:55et solidaire
43:55et on forme
43:58des personnes vulnérables
43:59et on essaie
44:00de les insérer
44:00dans les entreprises
44:01soit en emploi
44:02ou en auto-emploi
44:03en gros
44:04l'idée c'est d'aller chercher
44:06des personnes
44:06des demandeurs d'emploi
44:07des personnes vulnérables
44:08les former
44:09les accompagner
44:10et leur proposer
44:10des solutions
44:11d'insertion professionnelle
44:12en quelques mots
44:13le groupe SOS
44:14et peut-être son action internationale
44:15parce que le groupe SOS
44:16on en a souvent parlé
44:18dans nos émissions
44:19mais c'est quoi
44:19l'action internationale
44:21du groupe
44:21le groupe SOS
44:22personne ne le sait
44:23mais il est présent
44:24dans 50 pays
44:25et donc
44:26dans 50 pays
44:27on a des activités
44:28notamment
44:29de reforestation
44:31des milliers
44:32d'hectares
44:33de mangroves
44:34en Indonésie
44:35ou au Cameroun
44:35avec Planète Urgence
44:36des activités
44:37d'insertion
44:38on a une ferme
44:38bio d'insertion
44:39en Roumanie
44:40ou un restaurant
44:41d'application
44:41à Casablanca
44:42ou encore
44:43des activités
44:44notamment
44:44avec Saint-Plon
44:45de formation pro
44:46de jeunes
44:47dans nos pays
44:48d'intervention
44:49donc en fait
44:49en France
44:50on est très opérateur
44:51d'établissements
44:52médico-sociaux
44:53notamment
44:53200 maisons
44:55de retraite
44:55inclusives
44:56mais à l'étranger
44:58on s'applique
44:58plutôt à faire en sorte
44:59qu'il y ait des milliers
45:00de groupes SOS
45:00qui émergent
45:01dans tous les pays
45:02du monde
45:02l'économie sociale
45:04et solidaire
45:05Bounakan
45:05qu'est-ce que ça représente
45:06au Sénégal aujourd'hui
45:08pour la société civile
45:09pour le gouvernement
45:10c'est un levier
45:11c'est un levier stratégique
45:12c'est devenu
45:13un levier stratégique
45:14tout à fait
45:14c'est devenu
45:15un levier stratégique
45:16dans le sens
45:17où ça ne vous a pas
45:18échappé aujourd'hui
45:19que le nouveau régime
45:20du Sénégal
45:22revendique
45:22cette souveraineté
45:23et quand on parle
45:25de souveraineté
45:26l'économie sociale
45:27et solidaire
45:27a un grand rôle
45:28à jouer
45:28en termes de création
45:29d'emplois
45:30en termes de développement
45:32de modèles économiques
45:33alternatifs
45:34et de ce point de vue-là
45:35effectivement
45:36c'est devenu
45:36un choix stratégique
45:37et pour le gouvernement
45:38et pour la société civile
45:40que nous nous sommes
45:40et nous proposons
45:42des projets
45:43pour aider justement
45:44à trouver
45:44des modèles d'insertion
45:46durables
45:46pour nos jeunes
45:47vous savez que
45:48le Sénégal
45:48à l'image de l'Afrique
45:49a une population très jeune
45:50et il faut trouver
45:51des solutions
45:52à tous ces jeunes-là
45:53et c'est ce qu'on est
45:53en train de faire
45:54avec nos partenaires
45:55et le gouvernement
45:56ça prend même
45:58une forme
46:00de communication
46:01puisque cette année
46:012026
46:03c'est l'année
46:04de l'ESS
46:04au Sénégal
46:05qu'est-ce que ça peut changer
46:06d'une manière générale
46:08mais peut-être aussi
46:08pour vous
46:09pour Saint-Plon
46:09qu'est-ce que vous en attendez
46:10quand on met à ce point
46:11le projecteur
46:12dans un pays
46:13sur l'économie sociale
46:14et solidaire
46:15oui
46:15alors
46:16vous savez que
46:18au Sénégal
46:19aujourd'hui
46:19on a des grosses
46:21le gouvernement
46:21a des grosses ambitions
46:22sur l'emploi des jeunes
46:23et aujourd'hui
46:25il y a en moyenne
46:27300 000 jeunes
46:27au Sénégal
46:28qui portent
46:29des entreprises
46:30diplômées
46:31mais on sait
46:32très bien également
46:33que la structuration
46:33du marché du travail
46:34du Sénégal
46:35ne peut pas absorber
46:36tous ces jeunes-là
46:36donc il faut absolument
46:38trouver des alternatifs
46:39et l'économie sociale
46:41et solidaire
46:41grâce à la formation
46:42peut accompagner
46:44ces politiques publiques-là
46:45et c'est pour ça
46:46que le gouvernement
46:46a déclaré 2026
46:48année de l'économie sociale
46:49et solidaire
46:50pour en profiter
46:51et moi je pense
46:52qu'il faudrait
46:53passer de
46:55j'ai mon diplôme
46:55je cherche un emploi
46:56ou j'ai mon diplôme
46:57je crée mon activité
46:58et je pense que
46:59c'est sur ça
47:00qu'on essaie de travailler
47:01pour donner des opportunités
47:02à cette jeunesse-là
47:04alors vous nous l'avez dit
47:05Alexandre Louriez
47:06vous travaillez
47:07sur des projets communs
47:08avec Saint-Plon
47:09notamment au Sénégal
47:12alors sur quel projet
47:13on va rentrer dans le détail
47:14pour bien comprendre
47:14ce que vous faites
47:15et comment vous pouvez
47:15travailler ensemble
47:16sur quel projet
47:17je vais rebondir
47:18sur ce que vient de dire
47:20Bouna
47:20sur le Sénégal
47:22il y a à peu près
47:23un job formel
47:25pour 10 jeunes
47:26qui rejoignent
47:27le marché de l'emploi
47:27au Sénégal
47:28à l'échelle de l'Afrique
47:29il y a 12 millions de jeunes
47:30chaque année
47:31qui arrivent sur le marché
47:32de l'emploi
47:32il n'y a que 3 millions
47:33de jobs formels
47:35donc 12 millions de jeunes
47:363 millions de jobs formels
47:36ça veut dire que
47:37chaque année
47:37chaque année
47:39on parle en milliards
47:40quand on se projette
47:42à horizon 2050
47:43il y aura
47:43un terrien sur 3
47:44qui sera africain
47:45à la fin du siècle
47:46donc si on ne traite pas
47:48cette question de la jeunesse
47:49à travers le prisme
47:50de nouvelles formes d'emploi
47:52on n'est pas prêt
47:53d'y arriver
47:53donc ce qui se passe
47:54comme l'expliquait Bouna
47:55c'est que
47:56trouver un job formel
47:57c'est très important
47:59mais ça ne suffit pas
48:01donc on permet
48:02à ces jeunes
48:03de créer
48:04leur propre activité économique
48:05de créer leur propre boîte formelle
48:07en bénéficiant
48:08de filets de sécurité
48:09parce que
48:09l'économie informelle
48:10il n'y a pas
48:11les filets de sécurité
48:12derrière les jeunes
48:14et on leur permet surtout
48:15d'aller vers des compétences d'avenir
48:16le projet qu'on porte
48:18c'est sur l'inclusion financière
48:19pouvoir utiliser
48:20des applications
48:20de mobile money
48:21que tout le monde
48:21a dans sa poche
48:23ça ça permet
48:24de créer des jobs d'avenir
48:24pour les jeunes
48:26alors comment
48:26quel rôle
48:27le groupe SOS joue
48:28auprès de vous
48:29sur ces projets
48:30comment ça fonctionne
48:31ce partenariat
48:32alors je pense que
48:33la collaboration
48:33entre le groupe SOS
48:34et Saint-Plan
48:35est venue tout naturellement
48:36et elle est venue aussi
48:38parce qu'on a constaté
48:40qu'aujourd'hui
48:40il faut qu'on se réinvente
48:42il faut que les ONG
48:43se réinventent
48:43avec le nouveau modèle économique
48:45et donc on s'est dit
48:46au lieu de travailler
48:47en silo
48:47au lieu de monter des projets
48:49on essaie de bâtir
48:50des écosystèmes
48:50et aujourd'hui
48:52on a une expérience
48:52hyper concrète
48:53qu'on mène au Sénégal
48:54et au Cameroun
48:55sur un projet
48:56appelé
48:57qui est nommé
48:58Finance for All
48:59où nous
49:00on forme sur des compétences
49:01digitales
49:02et le groupe SOS
49:03via sa filiale PPI
49:05forme sur l'éducation financière
49:07et aujourd'hui
49:07on est en train de mettre en place
49:08une plateforme
49:09une plateforme
49:10pour permettre aux femmes
49:11du Sénégal
49:12de pouvoir comparer
49:12par exemple
49:13les micro-crédits
49:14histoire de mieux les protéger
49:15et de leur dire
49:16écoutez
49:17il y a des différences
49:17entre les crédits
49:18les sensibiliser
49:19pour qu'elles puissent
49:20en profiter pleinement
49:21et derrière
49:22dans la mise en oeuvre
49:23de leurs projets
49:24qu'elles puissent avoir
49:25des compétences digitales
49:26et c'est ce que
49:27simplement fait
49:27ça veut dire
49:28que c'est la création
49:31de sa propre entreprise
49:33qui est en jeu
49:33à chaque fois
49:34c'est ça
49:34les histoires humaines
49:35que vous nous racontez
49:36en fait
49:36tout à fait
49:36c'est des belles histoires
49:38que nous racontons
49:38on en a raconté
49:39pendant quasiment
49:40dix ans
49:40sur le placement
49:42en entreprise
49:43on voit maintenant
49:44comme a dit Alexandre
49:45tout à l'heure
49:45comment le marché
49:46de l'emploi
49:46sature
49:46et là
49:47on est en train
49:47d'essayer
49:48de raconter
49:48des belles histoires
49:49sur
49:49j'ai créé mon entreprise
49:50j'ai été accompagné
49:51et j'ai réussi
49:52et pour les femmes
49:53parce qu'on a parlé
49:54beaucoup des jeunes
49:57de pouvoir créer son entreprise
49:59pour les femmes
50:00qu'est-ce que ça change
50:00de pouvoir créer
50:02son entreprise
50:03comme levier
50:03d'inclusion
50:04d'intégration
50:06à la société
50:06ça change depuis toujours
50:07c'est à dire que
50:09je crois qu'il y a
50:10une femme africaine
50:11sur quatre
50:12qui est entrepreneuse
50:13elles n'ont pas attendu
50:14qu'on invente
50:15des projets
50:16d'inclusion financière
50:17elles n'ont pas attendu
50:17SOS et Saint-Plon
50:18non certainement pas
50:19et je pense que
50:19dans beaucoup de cas
50:20c'est celles qui tiennent
50:22les cordons de la bourse
50:22les finances du ménage
50:24les outils financiers
50:25la stabilité des revenus
50:27etc
50:27en fait je crois
50:29qu'il n'existe pas
50:30de projet
50:30de renforcement
50:31d'entrepreneurs
50:32de micro-entrepreneurs
50:33ou d'incubateurs locaux
50:34qui n'est pas en fait
50:36une action
50:36en faveur des femmes
50:37de facto
50:38puisqu'elles sont
50:39de grandes entrepreneuses
50:40et qu'elles font partie
50:41pour nous
50:42de la majorité
50:43des bénéficiaires
50:44de nos projets
50:45d'accompagnement
50:46moi je viens
50:47d'une commune
50:47qui s'appelle Pout
50:48qui est à 50 km
50:50de Dakar
50:51mais l'économie locale
50:52est complètement tenue
50:53par les femmes
50:53elles sont dans
50:55des groupements
50:55c'est vrai qu'elles ne sont pas formalisées
50:57et ça c'est un vrai enjeu
50:58et d'ailleurs
50:58j'appelle le gouvernement
51:00si on a dit
51:00aujourd'hui
51:01que l'année 2026
51:02est l'année de l'économie sociale
51:03et solidaire
51:03on devrait penser aussi
51:05à formaliser ces femmes-là
51:06à mieux les accompagner
51:07à leur permettre
51:08d'aller pouvoir chercher
51:10des financements
51:11ce qui n'est pas le cas
51:12aujourd'hui
51:12il y a des dizaines
51:13et des dizaines
51:14de groupements de femmes
51:15dans ma commune
51:16qui tiennent l'économie locale
51:18et qui mènent
51:19des activités génératrices
51:20de revenus
51:20et qu'on gagnerait
51:21à accompagner
51:23compte tenu de leur valeur ajoutée
51:25dans l'économie locale
51:26il y a un effet domino
51:28après pour toute l'économie
51:29et évidemment
51:30on parle de finance
51:31vous venez d'évoquer
51:32cette question
51:33Alexandre Louriez
51:34la finance à impact
51:36elle est évidemment
51:37au cœur
51:37de beaucoup de projets
51:39internationaux
51:39comment vous
51:41on peut mobiliser
51:43davantage
51:43d'investissements
51:44vers ce dont on parle là
51:45c'est-à-dire
51:45cette économie sociale
51:46et solidaire
51:48alors il y a la théorie
51:49et la pratique
51:50en théorie
51:52la finance
51:53est un marteau
51:54on peut détruire
51:55beaucoup avec
51:56ou fabriquer des maisons
51:57et en théorie
51:58on veut le mobiliser
52:00ce marteau
52:00l'économie sociale
52:01et solidaire
52:02les investissements
52:03solidaires
52:03l'ONU
52:04l'a promu
52:05dans une résolution
52:06en 2023
52:06en France
52:08on est beaucoup
52:08à pousser ça
52:09j'ai remis un rapport
52:10au ministre en charge
52:11il y a trois ans
52:12en Afrique
52:13il y a le forum africain
52:14de l'ESS
52:14qui le promeut à Dakar
52:16d'ailleurs cette année
52:16en juillet
52:17tout le monde le reconnaît
52:18dans la vraie vie
52:19qu'est-ce qui se passe
52:20dans la vraie vie
52:21de la même manière
52:22que les femmes entrepreneuses
52:23du village de Buna
52:24elles restent
52:25dans une activité
52:26qui n'est pas formalisée
52:27c'est qu'on ne va pas toujours
52:28jusqu'au dernier kilomètre
52:29et en fait
52:30les masses financières
52:34qui sont mobilisées
52:35en théorie
52:35pour le développement
52:36elles ont du mal
52:37à aller
52:37aux petites entrepreneuses
52:39aux micro-entrepreneurs
52:40aux petits producteurs
52:40je vous donne un exemple
52:42notre filiale
52:43Pulse
52:43à Madagascar
52:44accompagne la filière vanille
52:46c'est des milliards
52:47et des milliards
52:47le marché de la vanille
52:48c'est le yaourt
52:49que vous avez mangé ce matin
52:50mais au tout début
52:51de la chaîne
52:52c'est des tout petits producteurs
52:54qui sont parfois
52:55pas formalisés
52:56que nous depuis dix ans
52:57on aide à se structurer
52:58dans une sorte de coopérative
52:59qui crée un pot commun
53:00et qui une fois réunis
53:02ont un pouvoir
53:03de négociation
53:03un peu plus important
53:04par rapport à ceux
53:05qui fabriquent vos yaourts
53:06et donc en fait
53:07ce qu'il faut faire
53:07c'est souvent
53:08ce dernier kilomètre
53:09que les grands programmes
53:11financiers ne font pas
53:12et ce que je peux constater
53:13parce que je suis un éternel
53:15impatient
53:15c'est que quand on propose
53:17des outils
53:18de structuration financière
53:19et d'investissement
53:21dédié aux plus petits
53:23ça marche pas souvent
53:24avec les grands institutionnels
53:25et il faut souvent
53:26des acteurs
53:27qui prennent des risques
53:27et qui s'improvisent financiers
53:29nous le groupe SOS
53:30on a commencé
53:30comme incubateur
53:31à l'étranger
53:32maintenant on finance
53:33directement des projets
53:34on est devenu un acteur
53:35de la finance
53:35parce que personne ne le faisait
53:37oui
53:37bon j'ai pas eu le temps
53:38de manger un yaourt ce matin
53:39je commençais très très tôt
53:41j'ai mangé un pain au chocolat
53:42à l'arrache dans ma voiture
53:43c'est l'histoire
53:44de vous raconter un peu ma vie
53:45la filière cacao aussi
53:46elle est très importante
53:48Bounakan
53:49puisqu'on parle finance
53:50va redevenir un peu
53:50un peu sérieux
53:51est-ce que vous voyez vous
53:52des lacunes
53:55ou des réformes
53:56qu'est-ce qu'on pourrait
53:56améliorer
53:57pour que ces financements
54:00ils aillent vers
54:01les entrepreneurs sociaux
54:02au Sénégal
54:03alors aujourd'hui au Sénégal
54:04c'est simple
54:05il y a énormément de projets
54:07que nous on voit sur le terrain
54:08mais qui ne seront jamais financés
54:09pourquoi
54:10parce que tout simplement
54:11ces entrepreneurs
54:12et leur modèle
54:13ne cochent pas les cases
54:14les cases de la banque
54:15les banques classiques
54:16ne financent pas
54:17parce qu'il y a un très faible
54:19taux de bancarisation
54:21les entrepreneurs sociaux
54:22n'ont pas de garantie
54:24donc de l'autre côté
54:25les banques ne veulent pas
54:25prendre de risques
54:26c'est ça qu'il faut réformer
54:27il faut aujourd'hui
54:29procéder à la mise en place
54:30de mécanismes hybrides
54:31de financement
54:32qui vont allier
54:33un peu de subvention
54:35un peu de garantie
54:36de la part de l'Etat
54:37et de ce point de vue là
54:38quand même
54:38le Sénégal est en avance
54:39je ne le dis pas
54:39parce que je suis Sénégalais
54:40mais c'est la réalité
54:41on a aujourd'hui
54:42des fonds de garantie
54:43on a le fonds de financement
54:45de la formation professionnelle
54:46on a la délégation
54:48à l'entrepreneuriat
54:49des jeunes et des femmes
54:49tous ces dispositifs là
54:51devraient travailler
54:52à mieux protéger
54:53les entrepreneurs
54:53et à leur permettre
54:54d'accéder au crédit
54:55sous quelle forme ?
54:56c'est à voir
54:57effectivement moi
54:58je ne jetterai pas la pierre
54:59à une banque qui dit
55:00je ne te prête pas
55:00parce que je n'ai pas de garantie
55:01mais c'est à l'Etat Sénégalais
55:03aujourd'hui
55:03de travailler
55:04à mettre en place
55:04ces garanties là
55:05pour permettre
55:06aux entrepreneurs sociaux
55:07d'arriver à des crédits
55:09et puis
55:10d'essayer un peu
55:11de travailler aussi
55:13sur la fiscalité
55:14la fiscalité
55:16elle est très lourde
55:17elle est vue comme très lourde
55:18moi je dirige
55:19une entreprise sociale
55:20mais je croule
55:22sous la TVA
55:24alors que tout ce que j'ai fait
55:25est d'utilité publique
55:26donc aujourd'hui
55:26je pense aussi
55:27que le gouvernement
55:28devrait travailler
55:29à alléger un peu
55:30la fiscalité
55:30auprès de ces entrepreneurs
55:31sociaux
55:31un dernier mot
55:33Alexandre Louriez
55:34ce qui compte vraiment
55:35c'est le thème
55:36de cette journée
55:38c'est vrai qu'on voit
55:38beaucoup d'associations
55:39qui parlent
55:40d'assèchement
55:41de leur financement
55:43ça veut dire
55:44qu'il faut prioriser
55:45les projets
55:46faire des choix
55:47plus difficiles
55:49les chiffres sont sortis
55:51il y a quelques jours
55:51l'aide publique
55:52au développement
55:53elle a baissé de 25%
55:54l'an dernier
55:54si on zoome
55:56sur les entreprises sociales
55:57et les ONG
55:57en réalité
55:58c'est plus de la moitié
55:59des financements
55:59qui ont disparu
56:00donc si je le dis autrement
56:02les ONG internationales
56:03et les entreprises sociales
56:04internationales
56:05la moitié va faire faillite
56:06en 3 ans
56:08sauf si
56:08elles changent
56:09un peu de modèle
56:10sauf si les ONG
56:11assument de devenir
56:12un peu plus
56:13des entreprises sociales
56:14et ce qui est très complexe
56:15c'est que le ROI
56:17il est énorme
56:18pour la puissance publique
56:19quand on aide
56:20à créer des PIB
56:22des points de PIB
56:23d'économie formelle
56:24on crée des emplois
56:24des cotisations
56:25des recettes fiscales
56:26pour l'Etat
56:26etc.
56:27ce qui est très dur
56:28c'est de mesurer
56:29ce qu'on ne quantifie pas
56:30en euros
56:30comment on mesure
56:31d'avoir confiance en soi
56:32de rendre fière sa famille
56:34d'avoir un territoire
56:35un peu plus paisible
56:36ça c'est pas facile à mesurer
56:38merci beaucoup
56:39merci à tous les deux
56:40à bientôt sur
56:41sur Bsmart4Chain
56:42c'est la fin de ce
56:43Smart Impact
56:44dédié au sommet
56:45de la mesure d'impact
56:46depuis le Palais d'Iena
56:48à Paris
56:49à très vite
56:50à bientôt sur Bsmart4Chain
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