00:00Good Morning Market, le débrief.
00:03François Cholet qui nous rejoint. Bonjour François, directeur et fondateur et directeur général de Montségur Finance.
00:09On commence avec le deal de la nuit. Nicolas Panet, c'est GameStop qui a des vues sur eBay.
00:14Oui, c'est un véritable pari que fait GameStop puisque eBay est valorisé quatre fois plus que GameStop.
00:20Et pourtant, GameStop veut acquérir eBay, il veut le transformer pour en faire un concurrent digne d'Amazon.
00:27Et GameStop a commencé début février puisqu'il a acheté de manière régulière des actions eBay.
00:32Il détient aujourd'hui 5% du capital. GameStop propose 125 dollars par action.
00:37C'est 25% environ de plus que le cours actuel.
00:41Et ce qui porte l'offre de rachat globale à 55,5 milliards de dollars avec une méthode très claire
00:48de la part de Ryan Cohen,
00:49le PDG de GameStop qui a d'ailleurs réussi à redresser la barre de GameStop.
00:55C'est 2 milliards de dollars de réduction de coût pour 12 mois après la vente, un bénéfice par action
01:00presque doublé.
01:01François Cholet, comment vous regardez ça ?
01:03Ce n'est pas si souvent que ça qu'on a des quatre fois plus petits qui veulent manger à
01:06un quatre fois plus grand.
01:06Oui, et c'est passionnant.
01:08Et puis, ça rappelle des souvenirs.
01:10On a vu l'aventure partie du livre pour créer Amazon.
01:12Et là, on part du jeu vidéo, un métier qui est quand même un peu en souffrance.
01:17Et il a réussi effectivement, Ryan, vous le disiez, à repasser d'une perte de 200 millions de dollars à
01:22un profit d'à peu près 480 millions de dollars sur cette entreprise-là.
01:26Ce qui est déjà, en termes de crédibilité, quelque chose d'important.
01:29Parce qu'il s'attaque à plus grand que lui, vous le rappeliez, quatre fois plus grand que lui, avec
01:34des moyens qui sont quand même limités.
01:36Il a trouvé des sources de financement.
01:37Mais il fait une offre avec une prime qui peut paraître significative.
01:41Je ne pense pas qu'il réussisse à convaincre les dirigeants d'Ibay à ce stade, puisqu'il veut les
01:46remplacer.
01:47Mais il a dit qu'ils en fichent.
01:48Oui, les salariés non plus.
01:50Quand vous arrivez avec un plan d'économie aussi drastique, je ne pense pas que les salariés adhèrent vraiment.
01:53Les actionnaires, peut-être.
01:54Il va falloir convaincre les actionnaires.
01:55C'est ça, il a dit, si l'équipe dirigeante ne me répond pas, j'irai voir les actionnaires directement.
01:59Exactement, il peut déjà commencer à aller les voir.
02:01Parce que la prime qu'il propose, elle est très intéressante.
02:04Vous parliez de 50% de prime, 125 dollars.
02:0625% par rapport au cours actuel, 50% par rapport au début des acquisitions de GameStop il y a
02:10début février.
02:11Voilà, je voudrais juste dire une petite nuance.
02:14Quand vous voulez vraiment convaincre les investisseurs, il faut avoir du cash.
02:18Et là, cette offre, elle est très belle, mais elle est pour moitié en cash et pour moitié en titre
02:24GameStop.
02:25Et donc là, vous avez à devoir convaincre non seulement sur le montant qui est offert,
02:30mais aussi sur la capacité à valoriser l'ensemble, y compris les actions.
02:35Donc vous y croyez moyen quand même ?
02:36Je pense que c'est une première étape et qu'il y aura sans doute des contre-offres et d
02:40'autres épisodes dans cette nouvelle série boursière.
02:44Mais vraiment, ça fait partie des sujets qui montrent deux choses.
02:47Le marché va bien, il trouve des financements, il trouve des OPA.
02:50Ça redonne des valorisations à des boîtes qui étaient un peu endormies.
02:53eBay, ça fait partie des belles endormies de la tech américaine.
02:56Je pense qu'il y a plein d'Européens qui pensent que ça n'existe plus, eBay.
02:59Parce que ce n'est pas un truc qu'on utilise au quotidien, nous, ici, quand même.
03:02Et ça fonctionne bien encore.
03:03Et puis, vous imaginez aller faire concurrence à Amazon, c'est courageux, je trouve ça assez passionnant en tout cas.
03:07Et c'est plausible ?
03:09L'offre, elle est plausible.
03:10Croyez-moi, vous avez, quand vous lancez ce genre d'offres, des banquiers d'affaires qui sont à vos côtés,
03:14qui ont préparé à peu près un certain nombre de scénarios et de surenchères possibles.
03:18Donc oui, il y aura des évolutions à ces offres-là.
03:21Pour l'instant, en tout cas, 5% du capital, c'est une première étape.
03:25Elle a été faite discrètement, ce qui est autorisé.
03:27Vous n'avez pas franchi des seuils qui déclenchent la communication, mais visiblement, il était proche des seuils de détention
03:34qui nécessitent une communication.
03:35Et à partir de là, il va falloir convaincre et convaincre avec une aura qui est, il faut le dire,
03:40une belle aura.
03:41Parce qu'encore une fois, GameStop est une société qui a été bien redressée.
03:43– Ouverture, François, dans 10 minutes, on a un pétrole qui redescend un peu autour des 108 dollars.
03:48Bon, ce matin, c'est un peu une ambiance hors mousse, réouverture.
03:51Alors, ça peut changer dans l'heure, mais pour l'instant, c'est là où on en est, à 8h50.
03:56Un pétrole qui reste quand même très élevé, mais qui se détend un petit peu.
04:00– Oui, mais en fait, la clé de lecture, vous le signaler, elle est exactement là.
04:03C'est ce petit détroit qui, aujourd'hui, focalise l'attention.
04:07Et quelque part, c'est ce qui va conditionner l'ensemble de la chaîne économique de l'approvisionnement
04:12et donc de l'inflation et donc de tous les métriques que nous regardons tous toute la journée
04:16lorsque nous sommes investisseurs au-delà des profits.
04:19Et donc là, vraiment, lorsque vous avez le président américain qui dit
04:22« Eh bien, on va escorter les bateaux, on met 15 000 hommes pour nous y aider. »
04:26Et si ça se passe comme ça et si ça désengorge ce détroit d'Hormuz,
04:30évidemment, c'est la clé de réussite de l'opération pour les Américains.
04:33Mais force est de constater que pour l'instant, il n'a pas réussi massivement à le faire.
04:37Donc, le marché, d'une heure à l'autre, comme vous le rappeliez,
04:39a compté les bateaux pour voir si on arrive à croire ce qui est annoncé.
04:43Nicolas, comptez les bateaux et comptez les barils.
04:45L'OPEP a annoncé qu'ils allaient augmenter la production.
04:47Alors, c'est plus quand même théorique que pratique.
04:49Alors, exactement. L'OPEP va, effectivement, en fait, continue sur sa lignée
04:52puisqu'elle va augmenter de 188 000 barils jour à partir de juin sa production.
04:57Mais ça reste très théorique puisque, finalement, dans les membres de l'OPEP,
05:00ceux qui peuvent se permettre d'augmenter la production,
05:02c'est quand même les pays du Golfe qui sont bloqués toujours par le détroit d'Hormuz.
05:04La question qu'on peut se poser, c'est la situation des Émirats arabes unis
05:08qui, eux, sortent de l'OPEP et qui, justement, du coup,
05:12se soustraient aux quotas imposés par l'OPEP.
05:14Est-ce que ça va venir apporter de l'offre supplémentaire
05:16et donc faire baisser les cours du pétrole dans les prochains mois
05:18s'ils peuvent passer par le détroit d'Hormuz ?
05:20C'est une des questions qu'on peut se poser.
05:22Alors, ils projettent 55 milliards d'investissements sur les prochaines années
05:26pour passer leur offre à à peu près 5 millions de barils jour.
05:30C'est ambitieux, c'est ce qui, aujourd'hui, est à l'origine de leur sortie de l'OPEP
05:33parce qu'ils veulent sortir de cette contrainte de production.
05:37C'est plutôt un signal favorable, soyons clairs, sur les investissements
05:40et sur les capacités de production de pétrole à moyen terme,
05:44mais ce n'est pas ce qui va résoudre aujourd'hui le cours du baril au quotidien
05:48qui est, encore une fois, guidé uniquement par les éléments géopolitiques.
05:51Il nous reste quelques secondes, François Chollet-Berchaïr à Taouès,
05:54sans Warren Buffett, vous suivez ou pas ?
05:56Ça a perdu un peu de sa saveur, je suis toujours actionnaire.
05:58Il paraît que c'était un peu vide.
05:59Ça a perdu un peu de sa saveur.
06:01Alors, à plusieurs titres.
06:02D'abord, parce que les 400 milliards de trésorerie
06:05qui sont aujourd'hui supérieurs aux encours même des tensions du portefeuille
06:09de Berchaïr à Taouès, ça fait plus de 3 ans.
06:12Et 3 ans pendant lesquels les marchés ont progressé.
06:14Et donc, on a un peu le sentiment que le groupe passe à côté
06:17de ce qui se passe sur les marchés.
06:19Il attend beaucoup, quand même.
06:20Et pourtant, les profits sont au rendez-vous.
06:22Doublés.
06:23Mais c'est vrai qu'il y a un peu de sous-performance de Berchaïr à Taouès.
06:26Le titre est en repli de 6 %, alors que les indices,
06:29notamment la S&P 500, qui est l'indice large américain,
06:31lui, est en progression.
06:32Et les investisseurs attendent, évidemment.
06:34Alors, si les marchés corrigent ou corrigent dans les mois à venir
06:39avec une forte correction,
06:40eh bien évidemment que Berchaïr à Taouès serait la valeur la plus surperformante.
06:45Et d'ailleurs, on le voit bien,
06:46elle réagit souvent positivement dans des marchés difficiles
06:49et dans des phases de stress,
06:50parce que les investisseurs ont bien compris
06:51que le portefeuille était très défensif.
06:53Mais il n'empêche que pour l'instant, le marché américain
06:55vient de battre encore des records la semaine dernière
06:58et ce n'est pas tout à fait l'ambiance qui règne à Wall Street.
07:00Merci beaucoup, François Cholet d'être venu ce matin.
Commentaires