Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 22 heures
Dans « LCP-Lundi C'est Politique », en partenariat avec Radio Classique et Challenges, Francis Letellier reçoit Édouard Geffray, Ministre de l'éducation nationale

Alors que l'Assemblée nationale figure plus que jamais au coeur de la vie politique, Francis Letellier interroge chaque lundi les ténors du parlement et du gouvernement, en partenariat avec Radio Classique et Challenges.

En première partie de l'émission : un tête-à-tête avec une grande personnalité politique, pour mettre en perspective l'ouverture de la semaine parlementaire, avant les Questions au Gouvernement du mardi.

Francis Letellier est ensuite rejoint en plateau par trois chroniqueurs, journalistes politiques des rédactions de LCP, Radio Classique et Challenges, pour un échange avec l'invité.

Pour conclure l'émission, le face à face : une personnalité issue du monde culturel, économique ou social (écrivain, artiste, expert...) interpelle l'invité et réagit à ses propos.

Hugo au Perchoir, « streamer » politique et parlementaire sur Twitch, intervient également en relayant les questions de sa communauté.

Diffusée le lundi à 19h30 et rediffusée à 23h30, l'émission est également disponible en replay sur LCP.fr et la chaîne YouTube de LCP. Les moments forts seront aussi relayés sur Radio Classique et Challenges.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00:00Dans les années qui viennent, le nombre d'élèves va baisser.
00:00:03Celui des enseignants partant à la retraite va exploser.
00:00:05Ce sera l'un des enjeux probablement de la prochaine élection présidentielle.
00:00:08Mais dans l'immédiat, ce sont les fermetures de classes pour la prochaine rentrée qui préoccupe les parents.
00:00:13Quant au syndicat d'enseignants, après les 4000 postes supprimés,
00:00:16ils s'inquiètent de faire les frais des nouvelles économies promises pour l'année prochaine.
00:00:20Edouard Geffray, ministre de l'Education nationale et l'invité de LCP, lundi c'est politique.
00:00:41Bonsoir et ravi de vous retrouver comme tous les lundis sur LCP, lundi c'est politique.
00:00:45Bonsoir Edouard Geffray, ministre de l'Education nationale, donc je le disais.
00:00:48A mes côtés ce soir, pour vous interroger, Hervé Gattegnaud pour Radio Classique.
00:00:52Bonsoir Hervé, bonsoir Stéphanie Despierre pour LCP.
00:00:55Bonsoir Laurent Fargue pour Challenge.
00:00:57Bonsoir Hugo Couturier.
00:00:58Et Hugo Aperchoir, la chaîne Twitch LCP Assemblée nationale en direct,
00:01:02pour faire vivre cette émission, les interpellations, les commentaires.
00:01:05Et puis en fin d'émission, nous recevrons face à vous la co-auteur d'un livre intitulé
00:01:10« Nos enfants, l'urgence », comme un slogan que vous pourriez reprendre.
00:01:13Elle insiste, vous le verrez, à redonner sa place à l'écriture.
00:01:18On va commencer par cette affaire qui a suscité l'émotion,
00:01:20celle d'un petit garçon de 9 ans séquestré par son père pendant plus d'un an
00:01:24dans une camionnette tout près de son domicile.
00:01:25Il a été hospitalisé, l'enfant.
00:01:28Ce matin, le père a été placé en détention provisoire pour un an.
00:01:31Ce qui interroge surtout, c'est que personne n'ait rien vu, entendu, aucun signalement.
00:01:35Le garçon et sa sœur étaient scolarisés dans un collège privé à Mulhouse,
00:01:39d'où le père les avait désinscrits.
00:01:42L'association La Voix de l'Enfant a décidé de se porter partie civile
00:01:45et vous interpelle d'ailleurs en disant comment se fait-il que l'éducation nationale,
00:01:49notamment, pas que, mais en particulier, n'ait rien vue.
00:01:52Quelle suite vous allez donner, vous ?
00:01:53Alors, j'ai diligenté ce matin même une mission de l'inspection générale
00:01:57parce que, d'abord, on est sur une situation qui est abominable
00:02:00et je crois que toute personne normalement constituée
00:02:04pense depuis plusieurs jours à ce petit garçon.
00:02:07Et ensuite, parce que, précisément, on a besoin d'expliquer
00:02:11pourquoi personne n'a été en mesure de le repérer.
00:02:16Normalement, le maire est responsable de la vérification de l'inscription
00:02:21de tous les enfants de sa commune à l'école.
00:02:23À l'école publique ?
00:02:25Là, c'est une école privée, ça ne change rien.
00:02:26Ça, c'est une école privée ou instruction en famille.
00:02:29Et de l'autre côté, l'éducation nationale, en principe, assure un suivi minimal
00:02:33entre un élève qui déménage pour aller d'une école vers une autre.
00:02:36Il y a ce qu'on appelle un certificat de radiation quand vous quittez une école,
00:02:40un certificat d'inscription quand vous arrive dans une autre école.
00:02:42Ici, je ne sais pas du tout ce qui s'est passé en pratique.
00:02:44Il va falloir tout décortiquer.
00:02:45C'est-à-dire que vous voulez savoir où a été le bug ?
00:02:48Et on a besoin de savoir ce qui s'est passé
00:02:49et éventuellement, d'ailleurs, de changer les pratiques
00:02:52si on constate qu'en réalité, notre système ne nous permettrait pas
00:02:55de détecter ce type de situation.
00:02:57Alors, de changer les pratiques, mais il va falloir en tirer des conclusions
00:02:59aussi concrètes sur cette affaire précise.
00:03:01Si c'est le maire qui n'a pas fait son travail,
00:03:03quels sont vos recours ?
00:03:04Il n'y a pas tellement de recours.
00:03:06Si c'est dans l'éducation, si c'est le système éducatif,
00:03:09là, il y aura des sanctions, j'imagine ?
00:03:11Par définition, quand je dirigeante une enquête,
00:03:13je tire toujours les conséquences individuelles et collectives.
00:03:16Il peut y avoir des conséquences individuelles.
00:03:17Ce n'est pas forcément, a priori, ce qu'on détecte pour l'instant.
00:03:20Il y a plus probablement des processus
00:03:23qui ont permis au père de ce garçon
00:03:27de s'évaporer en dehors de tout contrôle administratif.
00:03:31C'est-à-dire, qu'est-ce que vous voulez dire par là ?
00:03:33Des processus ?
00:03:34Très concrètement, vous voyez bien que ce monsieur a réussi
00:03:37à avoir son enfant maintenu dans des conditions épouvantables
00:03:39pendant un an sans que l'école soit au courant
00:03:41et sans que la mairie soit au courant.
00:03:43C'est donc bien qu'à un moment, dans le suivi de ce petit garçon,
00:03:46il y a eu un trou, il y a une plaie.
00:03:50J'ai compris, mais ce que vous voulez dire,
00:03:51c'est que ça peut être une somme de dysfonctionnement
00:03:53plutôt qu'un dysfonctionnement.
00:03:54C'est ça.
00:03:55C'est ce que je ne sais pas dire aujourd'hui,
00:03:56mais c'est ce que j'ai besoin de savoir.
00:03:57C'est pour ça qu'il y a une mission d'inspection générale
00:03:58qui ira sur place dès demain pour s'enquaire de la situation.
00:04:02Et qui donnera son rapport d'ici combien de temps ?
00:04:03C'est ce qu'on appelle une mission flash.
00:04:05En principe, c'est un mois, plus le délai du contradictoire.
00:04:08Dans les six semaines, on saura exactement ce qu'il en est.
00:04:10Et ça, c'est une pièce qui est versée à l'enquête aussi ?
00:04:12À l'issue de l'enquête, d'abord,
00:04:14évidemment, il y a déjà une poursuite pénale,
00:04:16donc je viendrai alimenter la poursuite pénale,
00:04:18bien sûr, avec toutes nos conclusions.
00:04:20Autre affaire, c'est aujourd'hui la condamnation
00:04:23d'une ex-enseignante qui est à la retraite maintenant
00:04:24à un an de prison avec sursis.
00:04:26Elle a harcelé une élève, Evaëlle, 11 ans.
00:04:28Ça a poussé cette jeune fille au suicide.
00:04:31de cette condamnation et de cette affaire,
00:04:33vous en tirez quelles conclusions ?
00:04:36C'est une affaire qui remonte à 2019, comme vous le savez.
00:04:40La justice a été dite, elle a été rendue.
00:04:44Et donc, moi, je vais dire,
00:04:45je ne me prononce pas sur une mission de justice.
00:04:47Il y a une mission de justice qui a établi la vérité judiciaire
00:04:49et qui dit que sa professeure s'est rendue coupable
00:04:53d'un certain nombre d'actes pour lesquels elle a été condamnée.
00:04:55De harcèlement.
00:04:55De harcèlement, tout à fait.
00:04:56Pour lesquels elle a été condamnée.
00:05:00Depuis 2019, vous savez qu'il y a tout un chemin
00:05:02qui a été fait, collectif,
00:05:03à la fois sur le harcèlement entre élèves
00:05:04et de la part des adultes.
00:05:06Il y a une loi qui est passée, la loi Balanant,
00:05:08en 2022.
00:05:09Depuis, il y a 600 poursuites judiciaires
00:05:10qui ont été engagées
00:05:12pour du harcèlement scolaire.
00:05:14En principe, généralement,
00:05:16c'est plutôt d'enfant à enfant.
00:05:18Mais il y a ce travail-là qui a été fait.
00:05:20Il y a un travail considérable qui a été fait
00:05:21également dans l'équation nationale
00:05:22en termes de formation,
00:05:23en termes de détection,
00:05:24de repérage, de prévention.
00:05:27Donc, c'est un combat qui reste quotidien
00:05:29à l'aide contre le harcèlement.
00:05:32Mais on a tiré ces dernières années
00:05:34un certain nombre de conséquences
00:05:35d'un climat général
00:05:37qui s'est soldé par un certain nombre d'actes
00:05:39et malheureusement aussi de suicides
00:05:41de la part d'élèves.
00:05:42Ici, on est dans une situation très particulière
00:05:44parce que c'est une enseignante
00:05:45qui a été mise en cause.
00:05:46C'est une dérive personnelle,
00:05:47ce n'est pas systémique.
00:05:50Heureusement, je ne pense pas que ce soit systémique.
00:05:51Non, nos enseignants sont plutôt formés,
00:05:53mobilisés à protéger les jeunes.
00:05:54C'est une dérive personnelle, là, en l'occurrence.
00:05:55Voilà.
00:05:55Là, on a une dérive personnelle
00:05:57qui fait donc une sanction pénale.
00:05:59Notre règle et notre devoir,
00:06:00c'est plutôt que chez nous, si vous voulez,
00:06:03chacun se lève le matin
00:06:03dans l'idée d'instruire et de protéger
00:06:05les enfants des autres.
00:06:07C'est ça, notre ADN.
00:06:08Ce n'est pas d'harceler une élève
00:06:09et donc, cette dame a été,
00:06:11a visiblement fait des choses
00:06:12qui ont envie de harcèlement.
00:06:14Elle a été condamnée.
00:06:16Maintenant, ce qui compte,
00:06:17c'est évidemment de poursuivre
00:06:18le travail de prévention,
00:06:19de détection et de sanction.
00:06:20Édouard Geffray,
00:06:21c'est en ce moment
00:06:22que la carte scolaire
00:06:23pour la prochaine rentrée
00:06:24est dévoilée dans chaque département
00:06:26et dans chaque commune.
00:06:26Alors, les élus font leur compte
00:06:27entre ce qui va ouvrir,
00:06:29ce qui va fermer,
00:06:30des écoles, des classes.
00:06:32Vous avez entendu parler peut-être
00:06:33de ce maire de Moche
00:06:34dans le Haut-Rhin
00:06:35qui a inscrit symboliquement
00:06:37cinq vaches
00:06:37pour que les effectifs
00:06:39de son école soient complets
00:06:41et que l'école ne ferme pas.
00:06:43Ça va compter ?
00:06:45Non, alors...
00:06:46Non, je vous dis ça
00:06:47parce que ça ne va pas compter.
00:06:48Non, alors, on ne compte
00:06:48que les personnes
00:06:49en situation d'apprentissage.
00:06:51D'accord.
00:06:51Et donc, en l'espèce,
00:06:53je ne crois pas
00:06:53que ça fasse partie
00:06:54de la catégorie...
00:06:55Vous dites ça parce que
00:06:55c'est quand même
00:06:56une initiative d'un élu quand même.
00:06:57Ce n'est pas anodin.
00:06:58Oui, bien sûr,
00:06:58mais ce que ça dit,
00:07:00en réalité...
00:07:00Enfin, je crois qu'il faut
00:07:01qu'on reprenne les choses
00:07:02un petit peu dans l'ordre.
00:07:03D'abord, on a une chute
00:07:04démographique majeure en France.
00:07:05On va y venir, ça.
00:07:06J'ai rendu les chiffres publics
00:07:08il y a quelques jours, là.
00:07:09À 10 ans,
00:07:10on va perdre quasiment...
00:07:12Enfin, plus de 14% de nos élèves.
00:07:131,7 million d'élèves.
00:07:15Alors, justement, Hervé.
00:07:16Donc, les prévisions démographiques,
00:07:18vous le disiez à l'instant,
00:07:20annoncent que nous allons perdre
00:07:21donc 1,7 million d'élèves
00:07:24d'ici à 2035.
00:07:26C'est bien ça.
00:07:27Est-ce que cette prévision
00:07:31vous entraîne d'ores et déjà
00:07:33à décider des fermetures de classes
00:07:37et selon un calendrier prévisionnel
00:07:40qui s'étale sur plusieurs années ?
00:07:42Non.
00:07:42Alors, moi, d'abord,
00:07:43ce que j'ai voulu,
00:07:43c'est qu'on partage un diagnostic
00:07:46et que, aussi bien la classe politique
00:07:48que les organisations syndicales,
00:07:50les élus et les Français en général
00:07:51aient conscience de ce qui se passe.
00:07:54Un enfant qui est né en 2025
00:07:55par rapport à un enfant qui est né en 2010,
00:07:58il y a eu 25% de naissance en moins.
00:08:00C'est comme si on perdait
00:08:01une génération tous les 4 ans.
00:08:03Enfin, il faut se rendre compte
00:08:04de l'ampleur de ce qui est en train
00:08:04de se passer.
00:08:05Oui, mais ça veut dire
00:08:06que ça annonce des fermetures
00:08:07d'écoles et de classes.
00:08:08C'est ça que vous demandez, Hervé.
00:08:09Oui, mais si vous voulez,
00:08:10d'abord, il faut se mettre d'accord
00:08:10sur le diagnostic
00:08:11et il faut voir loin.
00:08:13Moi, ce qui m'intéresse,
00:08:14c'est l'élève qui est en maternelle
00:08:14tout de suite.
00:08:15Dans 15 ans, il va avoir le bac.
00:08:16Pendant 15 ans, il est chez moi.
00:08:18Donc, première chose,
00:08:18il faut qu'on voit loin.
00:08:20Deuxième chose,
00:08:21il ne faut pas raisonner
00:08:22de manière mathématique
00:08:23en se disant,
00:08:24bon, vous avez vu,
00:08:24maintenant, qu'est-ce qu'on ferme ?
00:08:26Si on fait ça,
00:08:27on va casser un système
00:08:28qui repose en grande partie
00:08:30sur un maillage territorial très fin,
00:08:31c'est notre contrat social.
00:08:32Ça remonte au 19e siècle
00:08:33avec Guizot, on a dit,
00:08:34il faut que l'école soit
00:08:35le plus près possible du territoire.
00:08:37On ne va pas casser ça.
00:08:39Mais, simplement,
00:08:40il faut savoir
00:08:40dans quelles conditions
00:08:41ça se conjugue.
00:08:41C'est-à-dire,
00:08:41comment est-ce que je fais
00:08:42au 21e siècle
00:08:43pour faire quelque chose différent ?
00:08:43Et donc, c'est pour ça
00:08:44qu'il y a des travaux
00:08:45qui sont engagés.
00:08:45C'est important qu'on puisse voir
00:08:46à 10 ans, justement,
00:08:47c'est se dire, sur 10 ans,
00:08:48comment est-ce que je pense l'école,
00:08:50non seulement en termes
00:08:50d'offres scolaires,
00:08:58est-ce qu'il y aura
00:09:00des fermetures de classes
00:09:01qui seront consécutives
00:09:03de cette prévision démographique ?
00:09:04Mais, il y aura nécessairement
00:09:05au cours des 10 prochaines années
00:09:07des fermetures de classes
00:09:08comme il y en a depuis 10 ans
00:09:10ou même 20 ans.
00:09:10Et donc, ça ne change rien,
00:09:11ce chiffre, alors ?
00:09:12Si.
00:09:12Ce que ça change,
00:09:13c'est que,
00:09:13compte tenu de l'ampleur de la vague,
00:09:15au-dessus de bière chaque année,
00:09:16qu'est-ce qui se passe
00:09:16depuis des années ?
00:09:17Chaque année,
00:09:17on a un projet de loi de finances
00:09:18qui dit moins X ou plus X, etc.,
00:09:21et qui constate des fermetures.
00:09:22Chaque année.
00:09:23Et chaque année,
00:09:24on revient en disant,
00:09:24« Écoutez, chez vous,
00:09:25vous n'avez plus d'enfants. »
00:09:25Alors, chez vous,
00:09:26ça dépend où,
00:09:26en ville ou à la campagne,
00:09:27ça change tout, Hervé.
00:09:28Oui.
00:09:28Alors, sauf que ça touche
00:09:29tout le territoire.
00:09:30Alors, justement,
00:09:30est-ce que vous allez intégrer
00:09:32le critère des disparités
00:09:35en termes de population
00:09:36dans les zones rurales,
00:09:37par exemple ?
00:09:37Est-ce que vous allez tenir compte
00:09:41des spécificités de ces territoires
00:09:42pour les épargner,
00:09:43peut-être un peu plus que d'autres,
00:09:45des fermetures de classes ?
00:09:46Bien sûr,
00:09:46mais c'est tout l'enjeu.
00:09:47Quand Paris perd 30%
00:09:48et quand la Nièvre perd 30%,
00:09:50la configuration,
00:09:51donc c'est ce qui va se passer,
00:09:53la configuration,
00:09:54évidemment,
00:09:55n'est pas la même.
00:09:56La conséquence géographique
00:09:57n'est pas la même.
00:09:58Donc, je reviens,
00:09:58pardon,
00:09:58mais c'est important
00:09:59parce qu'il faut changer
00:10:00de méthode.
00:10:01Ça fait des années
00:10:01que chaque année,
00:10:02on dit,
00:10:02on va fermer X classes,
00:10:04quelque part entre le mois
00:10:04de janvier et le mois de mars
00:10:05et puis le mois de septembre,
00:10:06on suit.
00:10:07Il faut arrêter avec ça.
00:10:08Ce qu'il faut maintenant,
00:10:09c'est d'abord partir
00:10:10des besoins du territoire,
00:10:11se dire,
00:10:12où est-ce qu'on sera dans 10 ans,
00:10:13qu'on travaille avec les élus,
00:10:15où sera-t-on dans 10 ans ?
00:10:17Et à partir de là,
00:10:18se dire,
00:10:18qu'est-ce qu'on décide,
00:10:19quoi qu'il arrive,
00:10:20de laisser ouvert
00:10:21en termes d'accessibilité
00:10:22parce qu'on veut
00:10:23que l'école reste accessible.
00:10:24Qu'est-ce qu'on décide
00:10:25de modifier en termes
00:10:26d'offres scolaires ?
00:10:26Comment est-ce que je rends
00:10:27l'offre scolaire attractive ?
00:10:28Comment est-ce qu'éventuellement
00:10:29je maintiens en vie
00:10:30un collège qui aujourd'hui
00:10:30fait 50-55 élèves ?
00:10:32On a des collèges en France
00:10:32qui font 50-55 élèves.
00:10:34Et ceux-là,
00:10:35ils sont voués à disparaître ?
00:10:36Pas forcément.
00:10:38Si j'arrive,
00:10:38par exemple,
00:10:39ce qui se fait,
00:10:39j'ai visité un collège
00:10:40il n'y a pas très longtemps,
00:10:41ils ont installé
00:10:43une classe de CM2
00:10:44dans le collège.
00:10:46Indépendamment,
00:10:46il y a un directeur d'école,
00:10:47etc.,
00:10:47mais les élèves sont
00:10:48à même enceintes.
00:10:49Ce qui fait que, du coup,
00:10:49les élèves poursuivent
00:10:50leur scolarité dans le collège,
00:10:51ne fuient pas vers
00:10:52un autre établissement,
00:10:53privé ou public,
00:10:54etc.
00:10:54Bon, ça permet à la fois
00:10:56d'avoir une cohérence du bâti
00:10:57et d'avoir une continuité.
00:10:58Tout ça,
00:10:59il faut l'imaginer.
00:10:59Non, mais on comprend tout ça,
00:11:00mais donc,
00:11:01vous dites vous-même
00:11:02que vous avez voulu
00:11:02qu'il y a un constat partagé
00:11:04et que, donc,
00:11:04vous avez souhaité
00:11:05rendre public ce chiffre.
00:11:06Est-ce qu'on se trompe
00:11:07si on a quand même
00:11:08l'impression
00:11:09que mettre en avant
00:11:10ce chiffre
00:11:11qui est très lourd
00:11:12vous permet
00:11:14d'annoncer
00:11:14des futures économies
00:11:16et des futures
00:11:17fermetures de classes ?
00:11:18Mettre en avant ce chiffre...
00:11:18Sinon, pourquoi
00:11:18l'avoir rendu public ?
00:11:19Non, mais mettre en avant...
00:11:20Mais c'est très simple.
00:11:21C'est pour préparer
00:11:21l'esprit.
00:11:22Non, non, mais attendez.
00:11:23Un collège,
00:11:24ça ne se construit pas
00:11:25en huit jours.
00:11:25Un lycée,
00:11:26ça ne se construit pas
00:11:26en huit jours.
00:11:26Une école,
00:11:27ça ne se construit pas
00:11:27en huit jours.
00:11:28Et moi,
00:11:29les enfants,
00:11:29on a la charge,
00:11:31dans la responsabilité,
00:11:32j'en ai presque 12 millions
00:11:33aujourd'hui.
00:11:34Il m'en restera 10 millions
00:11:34dans 10 ans.
00:11:35Ça qui se passe quand même.
00:11:36Ces enfants-là,
00:11:38nous les prenons en charge
00:11:39de 3 à 18 ans.
00:11:41Soit alors,
00:11:42je fais l'autruche
00:11:44et j'attends 2027.
00:11:45Vous voyez,
00:11:45je mettais la tête dans le sable.
00:11:46Non, non, non,
00:11:46c'est juste pour un an.
00:11:48Bon.
00:11:48Soit alors,
00:11:49au bout d'un moment,
00:11:49on sort des calculs
00:11:50d'apothicaires
00:11:50et on se dit
00:11:51ayons une vision pour l'école
00:11:53et une vision pour notre territoire
00:11:54à 10 ans.
00:11:55Et pour avoir une vision,
00:11:56il faut savoir comment évolue
00:11:57chaque territoire
00:11:57et chaque département
00:11:58à 10 ans.
00:11:59Moi, c'est ça que je prône.
00:12:00Stéphanie ?
00:12:00Et sur les territoires urbains,
00:12:01les écarts de réussite
00:12:02entre les enfants favorisés
00:12:03et ceux issus
00:12:04des milieux populaires
00:12:05restent très importants.
00:12:06Est-ce que vous allez épargner
00:12:07les réseaux d'éducation prioritaire
00:12:09des fermetures de classes ?
00:12:10Alors, d'abord,
00:12:11les réseaux d'éducation prioritaire,
00:12:12généralement,
00:12:14sont dans des quartiers
00:12:14qui ont une démographie
00:12:15plus stable
00:12:16ou dynamique,
00:12:17on va dire,
00:12:17ou moins en baisse
00:12:19que d'autres quartiers.
00:12:20Et donc, moi,
00:12:21je ne pars pas du principe
00:12:22qu'il faut ne pas fermer ici
00:12:24ou ne pas fermer là
00:12:25par principe.
00:12:26Ce qu'il y a de sûr,
00:12:26c'est qu'il faut tenir compte,
00:12:27et ça aussi,
00:12:28c'est pour ça que ça compte
00:12:28de le faire à 10 ans.
00:12:29Il faut tenir compte
00:12:30d'abord de la géographie,
00:12:31de l'évoilement de l'école,
00:12:32ça, c'est le rural.
00:12:33Il faut tenir compte,
00:12:34évidemment,
00:12:34de la sociologie.
00:12:36Plus je suis sur
00:12:37des populations défavorisées,
00:12:39plus le taux d'encadrement
00:12:39est élevé.
00:12:40C'est déjà le cas aujourd'hui.
00:12:41Je vous rappelle
00:12:41qu'on dédouble les classes
00:12:42de CP, de CE1,
00:12:43de grandes sections
00:12:43à l'éducation prioritaire.
00:12:45Donc, évidemment,
00:12:45qu'il faut avoir cette vigilance.
00:12:46Mais là aussi,
00:12:47il faut voir une dynamique globale
00:12:48au niveau d'un territoire
00:12:49et pas seulement s'arrêter
00:12:50à une école
00:12:51ou à une catégorie d'école.
00:12:53Vous, vous parlez
00:12:54de vagues sismiques démographiques.
00:12:56Est-ce qu'il ne faut pas
00:12:56en profiter, justement,
00:12:58pour baisser encore
00:12:58le nombre d'enfants par classe,
00:13:00comme le demandent
00:13:00des syndicats,
00:13:01les parents d'élèves,
00:13:02pour améliorer
00:13:02l'efficacité de l'enseignement ?
00:13:04Si, bien sûr.
00:13:05Alors, il se trouve
00:13:05que c'est ce qu'on fait.
00:13:06Je rappelle qu'en 2017,
00:13:07on était à plus de 23 élèves
00:13:09par classe en moyenne
00:13:10dans le premier degré.
00:13:10Aujourd'hui, on est à 21.
00:13:12Au passage, d'ailleurs...
00:13:13Il n'y en a encore au-dessus
00:13:13qu'un certain nombre
00:13:14de pays européens.
00:13:15Mais je signale simplement
00:13:16qu'au passage,
00:13:17on n'a jamais eu
00:13:17un nombre aussi faible
00:13:18d'élèves par classe
00:13:19dans le premier degré
00:13:19dans l'histoire
00:13:20de l'école de la République.
00:13:22C'est que cette année,
00:13:22vous voulez dire ?
00:13:23Oui.
00:13:24Bon.
00:13:25Donc, on va poursuivre.
00:13:26On n'est pas encore
00:13:27à la moyenne de l'OCDE
00:13:28pour une raison très simple.
00:13:29C'est que la dernière fois
00:13:30que l'Italie, par exemple,
00:13:31si je prends l'Italie,
00:13:31a eu le taux de fécondité
00:13:33de la France de cette année,
00:13:35c'était en 1980.
00:13:37Il y a des pays
00:13:37qui font 40 ans d'avance
00:13:38sur nous, si je puis dire,
00:13:39sur la chute démographique.
00:13:40Évidemment, 40 ans plus tard,
00:13:41ils ne seront pas
00:13:41dans la même situation.
00:13:42Mais l'objectif,
00:13:43c'est clairement
00:13:43de réduire le nombre
00:13:44d'élèves par classe.
00:13:45Ça, c'est clair.
00:13:45C'est la tendance globale.
00:13:48Mais si vous voulez,
00:13:49le problème,
00:13:49c'est qu'aujourd'hui,
00:13:50en gros, soit alors,
00:13:51on dit qu'on maintient
00:13:51le nombre de professeurs constant.
00:13:54Et puis, à ce moment-là,
00:13:55on fait baisser très vite
00:13:56le nombre d'élèves par classe.
00:13:57Mais si on fait ça,
00:13:59dans 7 ou 8 ans,
00:13:59je n'ai plus besoin
00:14:00de revoquer de nouveaux professeurs.
00:14:01Justement,
00:14:01puisque vous fermez des classes,
00:14:03vous aurez des enseignants disponibles.
00:14:04Comment vous allez les mettre
00:14:06à disposition
00:14:07là où il en manque ?
00:14:08Comment ça va s'organiser ?
00:14:09Alors, ça,
00:14:10c'est ce qu'on fait chaque année.
00:14:10C'est-à-dire que,
00:14:11quand on est obligé
00:14:12de fermer une classe,
00:14:12ce qui arrive,
00:14:13il y a une priorité,
00:14:14ce qu'on appelle
00:14:15dans le mouvement de mutation
00:14:16des enseignants,
00:14:16ils ont une priorité géographique
00:14:18qui leur permet, en fait,
00:14:23c'est une dynamique qui est complexe
00:14:25et qui se touche
00:14:26avec beaucoup de doigtés
00:14:27et plutôt, là aussi,
00:14:28à long terme
00:14:29que à court terme.
00:14:30Mais effectivement,
00:14:30l'idée, c'est qu'au gré
00:14:32à la fois des recrutements,
00:14:33des départs en retraite
00:14:34et des mouvements,
00:14:36on redéploie,
00:14:36on repositionne, en réalité,
00:14:38l'institution
00:14:38là où il y a des élèves.
00:14:40Et puis, parfois,
00:14:41on est obligé de fermer...
00:14:41Est-ce que ça veut dire
00:14:42que les parents
00:14:43qui pestent contre
00:14:45les profs absents,
00:14:45les enseignants absents,
00:14:46peuvent espérer un effet,
00:14:48je dirais...
00:14:49D'aubaine.
00:14:49D'aubaine de cette vague
00:14:51sismique démographique,
00:14:53de manière générale,
00:14:54oui, effectivement,
00:14:54il y a une triste obaine.
00:14:55Mais de manière générale,
00:14:56là aussi,
00:14:56c'est pour ça qu'il faut
00:14:57voir ça aussi
00:14:58comme un facteur de progrès.
00:15:00Un, on diminue
00:15:01le nombre d'élèves par classe.
00:15:03Deux, mécaniquement,
00:15:03on améliore leur emplacement
00:15:05parce qu'on met
00:15:07ce qu'on appelle
00:15:07plus de professeurs
00:15:08sur les moyens de remplacement.
00:15:10Et trois, effectivement,
00:15:11on est obligé,
00:15:12parfois, comme cette année,
00:15:13de diminuer un peu
00:15:14le nombre de professeurs
00:15:14pour tenir compte du fait
00:15:16que sinon, dans quelques années,
00:15:17je n'en aurais plus besoin.
00:15:19Il y aura 4000 suppressions
00:15:20de postes à la rentrée 2026.
00:15:22C'est prévu dans le budget.
00:15:24Il faut s'attendre à quoi
00:15:25pour 2027 ?
00:15:26Autant, plus ?
00:15:27Alors, on n'est pas encore
00:15:29dans ces projections-là.
00:15:30Il y a des discussions
00:15:31qui vont avoir lieu avec Bercy.
00:15:32Et si vous avez les chiffres
00:15:34de la démographie,
00:15:34ça aide à se projeter ?
00:15:35Oui, mais après ça,
00:15:36la question est justement
00:15:37de savoir comment est-ce
00:15:38qu'on définit ensemble
00:15:39le chemin.
00:15:40Et c'est pour ça que,
00:15:41pour la première fois,
00:15:41je vais inverser la logique.
00:15:42Cette année,
00:15:43je vais prendre 15 départements
00:15:45et je vais leur demander,
00:15:46en fait,
00:15:46de me faire remonter
00:15:47leurs besoins
00:15:48compte tenu de l'évolution
00:15:49démographique et géographique,
00:15:51etc., qu'ils connaissent.
00:15:52Jusqu'à présent,
00:15:52si vous voulez,
00:15:52on a la loi de finances
00:15:53et puis on dispatche
00:15:55entre les académies
00:15:56les moyens,
00:15:57un peu verticalement.
00:15:58Là, on va inverser,
00:15:59on va expérimenter ça cette année
00:16:00pour le généraliser
00:16:01les prochaines,
00:16:02ça marche.
00:16:02C'est-à-dire qu'on va partir
00:16:03du terrain,
00:16:03on va partir à la territoire
00:16:04et on va dire,
00:16:04voilà, comment voyez-vous
00:16:05les choses ?
00:16:07Vous les voyez à plus 1,
00:16:08moins 1, plus 2,
00:16:09moins 2, plus 3,
00:16:10moins 3, etc.
00:16:11Et on va définir ensemble
00:16:12un schéma
00:16:13qui ensuite sera celui
00:16:15qu'on proposera
00:16:15pour la loi de finances.
00:16:16Donc, c'est un renverse
00:16:17une méthode assez lourde
00:16:17en réalité.
00:16:18Mais est-ce que ça veut dire
00:16:18quand même que dans le budget
00:16:202027,
00:16:20pour le budget 2027,
00:16:22il y a déjà eu
00:16:22des économies de fête,
00:16:23on va dire,
00:16:244 000 postes d'enseignants
00:16:25en moins pour cette année,
00:16:26ça ne va pas être en plus
00:16:27en 2027 ?
00:16:29Je suis incapable
00:16:30de vous le dire pour l'instant.
00:16:31Ça peut être en plus ?
00:16:32Non, est-ce qu'il va y avoir
00:16:33des créations de postes ?
00:16:34Oui, voilà, voilà, voilà.
00:16:35Je ne sais pas
00:16:35s'il fallait suggérer ça
00:16:36quand tu as eu
00:16:37la pandémographie.
00:16:38Pour le reste,
00:16:38on verra en temps utile
00:16:40et après les discussions
00:16:41interministérielles.
00:16:41Vous en parliez tout à l'heure,
00:16:42les départs à la retraite.
00:16:43La Dares,
00:16:44qui est la direction
00:16:44des statistiques
00:16:45du ministère du Travail,
00:16:46prévoit 300 000 départs
00:16:47d'enseignants d'ici 2030.
00:16:49Est-ce qu'ils seront
00:16:49tous remplacés ?
00:16:51Alors, je suis désolé,
00:16:52j'ai un point de désaccord
00:16:53assez majeur
00:16:54avec ce que vous dites
00:16:57de ce que dit la Dares.
00:16:58Pardonnez-moi.
00:16:59La Dares a sorti
00:17:00une étude en 2022...
00:17:01C'est un organisme officiel, hein ?
00:17:02Oui, mais attendez.
00:17:03C'est le ministère du Travail.
00:17:04Oui, mais je vais y venir.
00:17:05La Dares a sorti
00:17:06une étude en 2022
00:17:06qui disait
00:17:07qu'il y avait 330 000 départs
00:17:09à la retraite
00:17:09sur la période 2019-2030.
00:17:11On est en 2027.
00:17:14Et ?
00:17:15Donc, vous voulez dire
00:17:16que beaucoup sont partis déjà ?
00:17:17Si on dit 330 000...
00:17:18Alors, première chose.
00:17:19Deuxième chose,
00:17:19elle l'a dit
00:17:20pour l'ensemble du périmètre
00:17:21éducation nationale
00:17:22et enseignement supérieur de recherche,
00:17:23c'est-à-dire 1 300 000 personnels
00:17:24jusqu'à l'université.
00:17:25Il n'y a que 800 000 professeurs.
00:17:27Donc, on ne parle pas
00:17:28de la même base,
00:17:29on ne parle pas
00:17:29de la même espace-temps.
00:17:31Et parce que sinon,
00:17:32si vous voulez...
00:17:32Je ne sais pas
00:17:32si vous rentrez souvent
00:17:33dans une salle de professeurs,
00:17:34mais ça veut dire
00:17:34que 40 % des professeurs
00:17:36dans une salle de professeurs
00:17:36quand vous entrez
00:17:37auraient grosso modo...
00:17:39Elles seraient à moins
00:17:40de 5 ans de la retraite.
00:17:41On aurait collectivement
00:17:42un petit problème.
00:17:43Si on en avait 330 000
00:17:44sur 800 000...
00:17:44Alors, d'où vient le problème ?
00:17:46Donc, un, la base.
00:17:47Deux, le temps
00:17:48qui ne sont pas les mêmes.
00:17:49Donc, aujourd'hui, c'est plus bien.
00:17:50Et donc, trois, aujourd'hui,
00:17:51ce que me dit
00:17:51la direction des études statistiques
00:17:53du ministère
00:17:54de la Commission nationale,
00:17:55le service statistique ministériel,
00:17:56c'est que les projections
00:17:572025-2030,
00:17:58c'est 68 000 départs à la retraite.
00:18:0068 000.
00:18:01Donc, on est sur une tendance
00:18:03qui est en fait assez constante
00:18:04depuis quelques années,
00:18:05qui est à 12 000, 13 000
00:18:06départs en retraite par an.
00:18:07C'est ce qu'on connaît
00:18:08en fait depuis plusieurs années
00:18:10et c'est quelque chose
00:18:10qui est précisément
00:18:11largement couvert par l'accrutement.
00:18:12Mais la question reste valable.
00:18:13Oui, bien sûr.
00:18:14C'est ce qu'on fait actuellement.
00:18:16Enfin, ils seront remplacés.
00:18:16Après ça, il faudra voir
00:18:17s'il y a des suppressions
00:18:18de postes, etc. à 5 ans.
00:18:19Je ne serai plus là
00:18:20pour le dire, probablement.
00:18:21Mais, en tout cas,
00:18:22les concours aujourd'hui
00:18:23permettent largement
00:18:25de compenser les départs en retraite.
00:18:26Les 68 000, donc.
00:18:28Les 68 000 de 2025 à 2030.
00:18:30Voilà.
00:18:30Et pas les 330 000.
00:18:31D'accord.
00:18:32Donc, il reste 300 000
00:18:34ou 330 000.
00:18:35C'est un chiffre qui est daté.
00:18:37C'est ce que vous voulez dire.
00:18:37C'est un chiffre qui est daté
00:18:38et surtout qui a été assimilé
00:18:40très tard
00:18:41à une partie du temps
00:18:42qui a été couvert
00:18:43et pour une population
00:18:44alors que l'assiette de base
00:18:45n'était pas la même.
00:18:46Donc, évidemment,
00:18:47quand on change à la fois
00:18:48le volume et le temps,
00:18:49on n'arrive pas à...
00:18:50Donc, 68 000 enseignants.
00:18:51L'étude date de 2022.
00:18:52Pardon ?
00:18:52L'étude date de 2022.
00:18:532022 sur la période
00:18:54qui remontait,
00:18:55qui donnait un spectre
00:18:56sur 2019, 2020, 2030.
00:18:58Donc, 68 000 enseignants
00:18:59qui partent à la retraite.
00:19:00C'est de la maternelle
00:19:01jusqu'au lycée.
00:19:02Voilà.
00:19:02Alors, c'est bien
00:19:0368 000 enseignants,
00:19:04éducation nationale.
00:19:04Et c'est bien des professeurs
00:19:05et pas les autres personnels,
00:19:08infirmières, etc.
00:19:09Je voudrais revenir
00:19:09d'un tout petit mot
00:19:10sur ce que disait Hervé
00:19:11tout à l'heure en disant
00:19:12est-ce que, par exemple,
00:19:13dans le milieu rural,
00:19:14les fermetures de classes,
00:19:15on sait que ça peut avoir
00:19:16un effet plus important,
00:19:18j'allais dire,
00:19:19sociologiquement
00:19:20et politiquement peut-être aussi, Hervé.
00:19:22C'est ça que vous vouliez dire ?
00:19:22Oui, bien sûr.
00:19:23Et on sait que c'est
00:19:25un des ressorts du vote
00:19:28pour le Rassemblement national
00:19:29dans les territoires ruraux.
00:19:31Est-ce que c'est un critère
00:19:32qu'un ministre de l'Éducation nationale
00:19:35prend en compte
00:19:35lorsqu'il a ce type de décision
00:19:37à prendre et de répartition ?
00:19:39Alors, je ne prends pas en compte
00:19:41la couleur politique des gens
00:19:42quand on prend les décisions.
00:19:44D'abord, ce n'est pas moi qui ferme,
00:19:45ça se dit au niveau
00:19:46des DAZEN et des Rectorats.
00:19:48Et si quelqu'un regardait
00:19:49la couleur d'un maire
00:19:50avant de fermer une classe,
00:19:51on aurait un problème.
00:19:51Ah, pas la couleur d'un maire !
00:19:52Ce n'est pas ça.
00:19:52On parle des électeurs.
00:19:53C'est-à-dire, c'est une trappe
00:19:55à électeurs et reines, si vous voulez.
00:19:57Oui, mais en fait,
00:19:58d'abord, une fermeture de classe,
00:19:59c'est toujours un décharmant.
00:20:00Et en milieu rural, plus qu'ailleurs.
00:20:01Moi, j'ai vu un maire
00:20:02il n'y a pas très longtemps
00:20:03qui était dans une école à classe unique
00:20:06qui m'a dit,
00:20:07vous voyez, moi j'étais là
00:20:09et mon père était là, dans la classe.
00:20:11Vous voyez bien que fermer la classe,
00:20:12il y a une dimension émotionnelle majeure.
00:20:15Enfin, je sais.
00:20:15Mais justement,
00:20:16on a vu dans le monde rural,
00:20:17au moment des municipales,
00:20:19une augmentation du vote
00:20:20Rassemblement National.
00:20:21Tout ça, ça contribue, non ?
00:20:23De manière générale,
00:20:24chaque fois que le service public recule,
00:20:28la frustration et la colère augmentent.
00:20:30Mais c'est pour ça que,
00:20:31ce que je vous disais tout à l'heure,
00:20:32il faut vraiment penser les choses
00:20:33comme un tout.
00:20:34Et qu'il faut sortir de cette logique
00:20:36de j'arrive un beau matin,
00:20:37je vous annonce que la classe
00:20:38fermera l'année prochaine.
00:20:38On ne peut pas faire ça.
00:20:40En revanche, vous voyez,
00:20:41quand on regarde, par exemple,
00:20:41si on travaille sur l'offre scolaire,
00:20:44si je dis aux gens
00:20:44on va faire un groupement pédagogique,
00:20:47plusieurs...
00:20:47En fait, l'école est divisée
00:20:48en plusieurs antennes
00:20:49avec, par exemple,
00:20:49CP, CE1, CE2,
00:20:51CM1, CM2.
00:20:52D'accord ?
00:20:52Deux entités.
00:20:53On ne va pas supprimer le poste
00:20:54qu'on aurait dû supprimer
00:20:55avec la fermeture de classe.
00:20:56On va mettre un professeur surnuméraire
00:20:58qui va prendre des demi-groupes
00:20:58français mathématiques le matin
00:20:59et qui va vous faire
00:21:00de l'aide aux devoirs le soir,
00:21:02à combien de personnaliser le soir
00:21:03de 16h30 à 17h30.
00:21:05Vous voyez bien
00:21:05que votre contrat social
00:21:06est différent.
00:21:07Ce n'est pas je ferme pour fermer.
00:21:09Si on est obligé
00:21:09de repenser l'école
00:21:10à l'échelle de votre territoire,
00:21:11mais vous savez quoi ?
00:21:12Vous allez gagner en qualité.
00:21:13Et votre enfant a la clé,
00:21:14il va mieux réussir.
00:21:16C'est ça l'enjeu.
00:21:17Mais il faut l'expliquer,
00:21:18il faut le préparer
00:21:19et il faut que ça se concrétise.
00:21:20Si les gens voient juste
00:21:22fermer sur leur école
00:21:23ou sur leur classe,
00:21:24eh bien,
00:21:25ils ont un peu la rage au cœur.
00:21:27Si on leur dit
00:21:27que c'est pour autre chose,
00:21:28on y travaille ensemble.
00:21:29Laurent ?
00:21:30Oui, on voulait revenir aussi
00:21:31sur une promesse de campagne
00:21:32d'Emmanuel Macron
00:21:33qui était très importante
00:21:35pour les enseignants
00:21:35qui était une augmentation salariale
00:21:37à l'époque, je crois,
00:21:38qui était dite inconditionnelle
00:21:40de 10%
00:21:41pour les enseignants.
00:21:42Est-ce que vous pouvez nous dire
00:21:43où en était-on
00:21:44de cette promesse ?
00:21:45Qu'il contrat a été rempli.
00:21:47Alors, il y a eu
00:21:48des augmentations de salaire
00:21:50en 2021, 2022 et 2023
00:21:53à la fois sous l'effet
00:21:54du point d'indice
00:21:56et sous l'effet
00:21:57d'une revalorisation
00:21:57d'une annulité
00:21:58qu'on appelle,
00:21:59c'est un peu technique,
00:21:59mais qu'on appelle l'ISOE
00:22:00ou l'ISAE.
00:22:02Demaine d'ailleurs
00:22:02qu'il y a eu le pacte enseignant
00:22:03qui a été mis en place
00:22:04à cette époque-là
00:22:05et qui pèse à peu près
00:22:05un demi-milliard,
00:22:06un peu moins.
00:22:07Donc oui,
00:22:08à ces tonnes, oui.
00:22:09Alors, vous garantir
00:22:10que c'est à chaque étape
00:22:11de la carrière,
00:22:12on voit bien qu'aujourd'hui
00:22:12il y a des niveaux de carrière
00:22:13qui sont un peu différents,
00:22:14mais globalement
00:22:15la revalorisation a eu lieu.
00:22:16En revanche,
00:22:16là où on a aujourd'hui
00:22:18un sujet...
00:22:18vous pouvez dire
00:22:19que chaque enseignant,
00:22:20enfin, ce chiffre de 10%
00:22:22a été atteint en moyenne ?
00:22:23Il est globalement atteint
00:22:24en moyenne.
00:22:25Après ça,
00:22:25il y a des disparités
00:22:26qui sont assez fortes.
00:22:27On a beaucoup, par exemple,
00:22:28revalorisé les débuts de carrière
00:22:30ces dernières années,
00:22:30beaucoup.
00:22:31En 2017,
00:22:32un jeune sorti,
00:22:33un jeune néo-titulaire
00:22:34gagnait 1 600 euros.
00:22:35Aujourd'hui,
00:22:36c'est presque 2 100 euros net.
00:22:37Donc 500 euros d'écart.
00:22:39Et en revanche,
00:22:40là où il y aura eu travail
00:22:41à faire pour les années à venir,
00:22:42c'est ce qu'on appelle
00:22:42les milieux de carrière
00:22:43qui aujourd'hui, en fait,
00:22:44connaissent une forme
00:22:45un peu de plateau
00:22:46dans la progression.
00:22:47Donc c'est là-dessus
00:22:47qu'on va travailler.
00:22:47Donc les 10%
00:22:48pour Emmanuel Macron,
00:22:50dans le global,
00:22:50dans la moyenne ?
00:22:51De mémoire,
00:22:52je vous dis ça,
00:22:52j'ai parfait les quelques années
00:22:53avant.
00:22:53Oui, le contrat est rempli.
00:22:54De mémoire,
00:22:54on est dans ce type
00:22:56de ronde idée.
00:22:56Et un dispositif
00:22:58qui était clé dans ces...
00:22:59Sur 22-23, 24.
00:23:01Un dispositif
00:23:02qui était clé
00:23:02dans ces augmentations
00:23:03qu'on appelle effectivement
00:23:04le pacte,
00:23:04vous en avez parlé.
00:23:05Donc c'est un ensemble
00:23:06de primes qui sont données
00:23:08aux enseignants volontaires
00:23:09pour faire des remplacements,
00:23:11etc.
00:23:12Ça, ce pacte-là,
00:23:13on a vu l'enveloppe budgétaire
00:23:14peu à peu réduire.
00:23:15Est-ce que finalement,
00:23:16vous allez abandonner
00:23:17ce système de primes
00:23:18ou est-ce qu'il va perdurer ?
00:23:19Non, alors il fonctionne bien.
00:23:22L'enjeu, en fait,
00:23:22c'est qu'il a été
00:23:24progressivement, en fait,
00:23:26concentré, je dirais,
00:23:27parce qu'il a toujours couvert
00:23:28un spectre assez large
00:23:28de missions, a été,
00:23:30et on l'a reconcentré
00:23:31sur les missions
00:23:31qui sont, à proprement parler,
00:23:33devant élèves.
00:23:34Donc effectivement,
00:23:34le remplacement de courte durée,
00:23:35ce dont on parlait tout à l'heure
00:23:36et qui a permis de l'améliorer,
00:23:39ce qu'on appelle
00:23:40les stages de réussite
00:23:41pendant les vacances,
00:23:42donc le fait, par exemple,
00:23:42que les vacances de la Toussaint,
00:23:44vous avez une semaine
00:23:44pendant laquelle
00:23:45vous pouvez réviser
00:23:46vos professeurs, etc.
00:23:46Donc il a été reconcentré
00:23:49prioritairement sur ces missions,
00:23:50mais il a toujours vocation
00:23:51à exister
00:23:51et il fonctionne.
00:23:52D'accord.
00:23:53– Alors, autre sujet
00:23:54qui était porté
00:23:54par l'un de vos prédécesseurs,
00:23:55la Pape Ndiaye,
00:23:56qui était d'améliorer
00:23:58la mixité sociale
00:23:59dans les établissements privés.
00:24:00On sait que les chiffres
00:24:02sont assez impressionnants
00:24:03puisqu'en 20 ans,
00:24:04la part des enfants
00:24:05issus de familles très riches
00:24:07est passée de 26%
00:24:08des établissements privés
00:24:09à 40% aujourd'hui en 20 ans.
00:24:11Donc c'est vrai
00:24:11que c'est un bond
00:24:12assez spectaculaire.
00:24:14Est-ce que ce protocole
00:24:15qui avait été signé
00:24:16entre le ministère
00:24:16et les établissements privés
00:24:18a donné des résultats
00:24:19et est-ce que vous allez
00:24:21mener d'autres actions
00:24:22pour peut-être augmenter
00:24:23un peu la mixité
00:24:24dans les établissements privés
00:24:26pour aussi favoriser
00:24:28celles dans les établissements publics ?
00:24:29– Alors, sur la mixité,
00:24:30on a deux sujets.
00:24:31On a un sujet
00:24:32d'attractivité du public.
00:24:34C'est-à-dire que,
00:24:35pour être clair,
00:24:36les classes socioprofessionnelles
00:24:37les plus favorisées
00:24:37ont tendance globalement,
00:24:40enfin, il y a une fuite,
00:24:41si je puis dire,
00:24:41de ces classes socioprofessionnelles-là
00:24:43vers le privé.
00:24:44Donc l'idée,
00:24:45c'est que dans le respect
00:24:45de la liberté d'enseignement,
00:24:46on fasse deux choses.
00:24:47un, on renforce
00:24:48l'attractivité du public,
00:24:51qu'on travaille
00:24:51les parcours d'excellence,
00:24:52qu'on travaille
00:24:53les sections,
00:24:54par exemple,
00:24:54internationales,
00:24:55qu'on a systématiquement
00:24:55implantées en éducation prioritaire
00:24:57ces dernières années,
00:24:57avec un effet d'ailleurs mécanique
00:24:59de bon de l'indisposition
00:25:01sociale des écoles en question,
00:25:02des écoles publiques en question.
00:25:03Ça a été mécanique.
00:25:05Et puis deux,
00:25:06effectivement,
00:25:06il faut travailler
00:25:07avec le privé,
00:25:08ce qu'on fait avec eux,
00:25:09déjà,
00:25:10sur notamment
00:25:11l'accueil des familles
00:25:12d'élèves boursiers
00:25:14et sur la tarification progressive.
00:25:16Donc beaucoup
00:25:16établissements privés,
00:25:17ça a été la première étape,
00:25:18sont passés depuis deux ans
00:25:19en tarification progressive.
00:25:20C'est-à-dire
00:25:21selon les revenus
00:25:24des parents ?
00:25:24Voilà,
00:25:25la cotisation des parents
00:25:26est plus ou moins importante
00:25:27selon les revenus.
00:25:28Donc ça,
00:25:28on a pas mal d'établissements privés
00:25:29qui sont passés par là.
00:25:31Maintenant,
00:25:31évidemment,
00:25:31ce qu'il faut,
00:25:32c'est que derrière,
00:25:32ils accueillent des élèves boursiers.
00:25:33Donc on a un travail actuellement
00:25:34qui est en cours avec eux
00:25:35et qui va se prolonger
00:25:36probablement jusqu'à plusieurs années
00:25:37parce qu'en fait,
00:25:38derrière,
00:25:38il y a des habitudes à changer
00:25:39et puis on reste malgré tout
00:25:43les quartiers d'habitation des gens.
00:25:44Vous savez qu'il y a des fenômes
00:25:44de gentrification qui parfois...
00:25:46Ça évolue un peu.
00:25:47Est-ce que vous avez quelques chiffres ?
00:25:49Vous voyez que ça évolue un peu
00:25:50et est-ce que le ministère
00:25:51ne pourrait pas aller
00:25:52un peu plus loin dans la contrainte ?
00:25:53Je n'ai pas de chiffre de tête
00:25:54mais par contre,
00:25:55on a très clairement,
00:25:56enfin pas au sens national,
00:25:57j'ai des idées locales
00:25:58mais pas nationales.
00:26:01Aujourd'hui,
00:26:01déjà,
00:26:02on fait une allocation des moyens
00:26:03qui tient compte
00:26:05de l'ouverture sociale.
00:26:06C'est-à-dire qu'on dit
00:26:07si vous ouvrez plus,
00:26:08si vous avez plus de boursiers,
00:26:10on mettra plus de moyens en appui
00:26:12et moi,
00:26:12si vous n'en prenez pas,
00:26:14je n'ai pas à ce stade
00:26:15de chiffre nationaux
00:26:15et ils auraient probablement
00:26:16plutôt à l'été.
00:26:17Hugo ?
00:26:18Oui, monsieur le ministre,
00:26:19des élus locaux
00:26:20de commune rurale
00:26:20dénoncent une offensive
00:26:21de l'enseignement catholique
00:26:23qui profite, selon eux,
00:26:23des fermetures des classes publiques.
00:26:25Il y a des campagnes publicitaires
00:26:27sur des panneaux 4x3,
00:26:28par exemple.
00:26:29Thierry Boulay,
00:26:29qui est élu dans ma commune
00:26:30où j'ai fait toute ma scolarité
00:26:32à Torre-la-Rochette,
00:26:33qui voit une...
00:26:34C'est donc les départements ?
00:26:35L'Oréchère,
00:26:35bien sûr, qu'on embrasse,
00:26:42nécessite d'être réfréné
00:26:43au plus vite.
00:26:44Qu'est-ce que vous répondez
00:26:45à ce maire adjoint
00:26:47de la commune
00:26:48de Torre-la-Rochette ?
00:26:48Alors, je ne connais pas
00:26:49la situation précise
00:26:50de la commune.
00:26:51Non, mais c'est sur la philosophie, là.
00:26:53Ce qu'il faut mesurer,
00:26:54c'est que,
00:26:55et c'est un des enjeux,
00:26:56la chute démographique
00:26:57que je mentionnais tout à l'heure,
00:26:58qui est drastique,
00:27:00fait qu'aujourd'hui,
00:27:00dans certains endroits,
00:27:02là où auparavant,
00:27:02la question ne se posait
00:27:03pas tellement de savoir
00:27:04si les enfants
00:27:04aient en public ou en privé,
00:27:05parce que, si je puis dire,
00:27:06il y avait des chaises
00:27:07pour tout le monde,
00:27:09elle commence à se poser
00:27:10sérieusement,
00:27:10parce qu'effectivement,
00:27:11quand un maire voit son école
00:27:14perdre des élèves
00:27:15et qu'en face,
00:27:16il y a une école privée,
00:27:17il peut avoir l'impression,
00:27:18finalement,
00:27:18que les élèves partent
00:27:19de l'ordre privé.
00:27:19Donc, ce qu'il y a de certain,
00:27:21c'est que nous devons
00:27:22collectivement arriver
00:27:23à un système,
00:27:23et d'ailleurs,
00:27:24on y travaille notamment
00:27:25avec le secrétaire général
00:27:26d'enseignement catholique,
00:27:27où il n'y ait pas
00:27:28de concurrence publique-privée.
00:27:30C'est-à-dire que,
00:27:31la liberté de choix,
00:27:32elle est consciemment garantie.
00:27:34Il faut la respecter.
00:27:35Il ne faut pas arriver
00:27:36dans un système
00:27:37où on aurait une espèce
00:27:38de forme un peu concurrentielle,
00:27:39voire où le privé
00:27:40deviendrait,
00:27:41si je puis dire,
00:27:41la seule vraie possibilité
00:27:43de proximité
00:27:44parce qu'on aurait fermé
00:27:44du public.
00:27:45Ça, c'est non.
00:27:46Donc, il faut qu'on...
00:27:47D'où l'intérêt de travailler
00:27:48à 10 ans sur les cartes.
00:27:48Là, on maintient une présence,
00:27:49par exemple,
00:27:50pour précisément
00:27:50qu'il n'y ait pas
00:27:51de fil vers le privé,
00:27:52voire d'incitation au privé
00:27:53parce qu'on aurait nous-mêmes
00:27:55reculé.
00:27:57Hervé, parlons du niveau
00:27:58des élèves en mathématiques.
00:28:00La France est classée
00:28:03dans le classement annuel PISA
00:28:06pour les mathématiques.
00:28:07Comment est-ce que vous expliquez
00:28:08un rang finalement aussi médiocre
00:28:11pour notre pays
00:28:12alors qu'on a l'habitude
00:28:13de célébrer la qualité
00:28:15de la filière mathématique française ?
00:28:17Qu'est-ce qui explique
00:28:18ce paradoxe ?
00:28:20Alors, le paradoxe,
00:28:21c'est que...
00:28:22Enfin, le paradoxe.
00:28:22L'explication,
00:28:23c'est qu'on est un peu
00:28:23le pays du grand écart.
00:28:25On a effectivement
00:28:26des élèves excellents en mathématiques
00:28:26et on a une école française
00:28:28de mathématiques
00:28:28qui est très renommée.
00:28:29On a aussi beaucoup d'élèves
00:28:31qui sont en grande difficulté
00:28:32et on a en plus
00:28:32à l'intérieur de tout ça
00:28:33une inégalité fille-garçon
00:28:35qui est plutôt plus forte,
00:28:37en tout cas assez forte
00:28:38et même un peu plus forte
00:28:39que la moyenne
00:28:40de pays de l'OCDE.
00:28:42En réalité,
00:28:43ça fait longtemps
00:28:43qu'on a commencé
00:28:44à renverser la tendance,
00:28:45enfin qu'on a pris des mesures
00:28:46pour inverser la tendance.
00:28:47Tant que ça se voit
00:28:48dans PISA,
00:28:49comme PISA,
00:28:49c'est à 15 ans,
00:28:51ça prend un peu de temps.
00:28:52Donc,
00:28:54typiquement,
00:28:54si je reprends
00:28:55l'ensemble du cycle,
00:28:56CP,
00:28:56enfin,
00:28:56grande section CP,
00:28:57si on est doublé,
00:28:58on a mis notamment l'accent
00:28:59sur à la fois
00:29:00le français et les mathématiques.
00:29:02On a reformé
00:29:03tous les professeurs
00:29:04des écoles en mathématiques
00:29:05depuis 2018
00:29:06dans le cadre du plan math
00:29:08de Cédric Villani
00:29:09et de Charles Torossian.
00:29:10On a reformé
00:29:11tous les professeurs
00:29:11de mathématiques.
00:29:13On est en train,
00:29:13là, au collège,
00:29:14de pousser en avant
00:29:15notamment les chams.
00:29:16Moi-même, d'ailleurs,
00:29:17j'ai créé un concours général
00:29:17des collèges
00:29:18qui comportent
00:29:19un éprudé de mathématiques
00:29:20paritaire,
00:29:21filles-garçons.
00:29:22Et puis,
00:29:22au niveau du lycée,
00:29:23on essaie de pousser
00:29:25notamment les filles
00:29:25à faire plus de sciences.
00:29:27On y arrive d'ailleurs
00:29:27parce que progressivement,
00:29:28alors ce n'est pas encore parfait,
00:29:29loin de là,
00:29:30mais on commence à voir
00:29:31qu'il y a de plus en plus
00:29:32d'élèves qui prennent
00:29:32math en terminale
00:29:33et que la part des filles
00:29:34a un petit peu augmenté.
00:29:35C'est modeste,
00:29:35mais elles sont encore insuffisantes.
00:29:36C'est 42% quasiment.
00:29:38Elles ne sont pas à 50.
00:29:39On va les pousser vers les 50.
00:29:40Mais voilà.
00:29:40Donc, vous voyez,
00:29:40c'est une chaîne, en fait,
00:29:41qui est très longue.
00:29:42Mais l'idée,
00:29:43c'est d'agir à chaque étape
00:29:43de la chaîne
00:29:44pour faire en sorte
00:29:45qu'à la fin,
00:29:46nous ayons plus d'élèves bons
00:29:48et plus d'élèves excellents.
00:29:50Alors, vous savez
00:29:50qu'on n'est pas loin
00:29:51du 1er mai.
00:29:51Là, on est dans les vacances
00:29:52de printemps, là,
00:29:53pour l'instant,
00:29:53et le 1er mai fait beaucoup parler.
00:29:55Parce que c'est un pont à venir,
00:29:56mais ça, c'est pas que ça.
00:29:57C'est aussi la fête des travailleurs.
00:29:59Et votre ministre,
00:30:00collègue,
00:30:01ministre du Travail,
00:30:03a invité les syndicats
00:30:04qui sont vendus debout
00:30:05contre une proposition
00:30:06de Gabriel Attal
00:30:07d'élargir le champ
00:30:07des secteurs
00:30:08qui pourraient faire travailler
00:30:09leurs salariés
00:30:10ce jour de 1er mai.
00:30:12Les boulangers,
00:30:13les fleuristes,
00:30:14mais aussi les traiteurs,
00:30:14les lieux de culture.
00:30:15Sébastien Lecornu
00:30:16a promis de ne pas passer en force.
00:30:18Il est très attendu
00:30:19au tournant par les syndicats.
00:30:20On va y revenir.
00:30:21Il vient,
00:30:21Jean-Pierre Farandou,
00:30:22d'indiquer que
00:30:23la commission mixte paritaire
00:30:25député-sénateur
00:30:26qui était censée faire
00:30:28accélérer cette loi
00:30:29sur le 1er mai
00:30:30ne serait pas convoquée
00:30:31dans l'immédiat.
00:30:32Est-ce que, pour vous,
00:30:33c'est un geste d'apaisement
00:30:34aux yeux pour les syndicats ?
00:30:36Vous savez,
00:30:37sur ce point,
00:30:38le Premier ministre,
00:30:39comme mon collègue du Travail,
00:30:41Jean-Pierre Farandou,
00:30:42ont dit dès le départ
00:30:43qu'ils étaient
00:30:43dans une posture de dialogue.
00:30:44Vous avez entendu
00:30:45le Premier ministre
00:30:45qui l'a dit ce week-end.
00:30:48également.
00:30:49Donc, il y a un dialogue
00:30:50avec les organisations syndicales.
00:30:54Évidemment,
00:30:54quand vous dialoguez,
00:30:55vous ne préemptez pas la solution.
00:30:56Donc, ça veut dire
00:30:57que rien ne changera
00:30:58pour le 1er mai cette année,
00:30:59a priori ?
00:31:00Ce sera,
00:31:00pour le coup,
00:31:01Jean-Pierre Farandou
00:31:01est plus compétent que moi
00:31:02pour vous dire.
00:31:03Mais ça veut dire
00:31:03qu'en tout cas,
00:31:03à date,
00:31:04en ce moment même,
00:31:05d'ailleurs, je crois,
00:31:05il y a des discussions
00:31:06entre les organisations syndicales
00:31:08et Jean-Pierre Farandou.
00:31:09L'idée de départ,
00:31:10c'était de permettre,
00:31:11en ce modo,
00:31:12aux boulangers et aux fleuristes
00:31:13de pouvoir ouvrir le 1er mai.
00:31:15Et oui,
00:31:18ils avaient ouvert le 1er mai.
00:31:20Parce qu'ils faisaient travailler
00:31:21leurs salariés le 1er mai.
00:31:22Non, mais voilà,
00:31:23je rappelle que c'est ça
00:31:24le point de départ.
00:31:25Donc, il y avait un point de départ
00:31:26qui était extrêmement limité
00:31:29et j'allais dire
00:31:29qui, je pense,
00:31:30dans le débat public
00:31:31peut être compréhensible.
00:31:32Il est à débattre,
00:31:33mais il est compréhensible
00:31:34dès lors qu'il est limité
00:31:35à ces professions
00:31:38strictement définies.
00:31:40Compte tenu à la fois
00:31:42du texte
00:31:42et des réactions,
00:31:45il y a un dialogue social
00:31:46qui est mené actuellement.
00:31:48Ça, son issue,
00:31:49j'allais dire,
00:31:50on verra bien.
00:31:51L'issue, ça pourrait être
00:31:52une motion de censure.
00:31:53D'accord.
00:31:54Sauf que l'issue,
00:31:54ça pourrait être
00:31:54une motion de censure.
00:31:55La gauche menace
00:31:56d'une motion de censure
00:31:57si le compte n'y est pas,
00:31:58si le gouvernement
00:31:59ne recule pas assez.
00:32:00En tant que membre du gouvernement,
00:32:01est-ce que vous vous sentez menacé
00:32:02par cette motion de censure ?
00:32:03Non, mais moi,
00:32:03ma question,
00:32:04ce n'est pas de savoir
00:32:04si Édouard Jeffrey est menacé
00:32:05ou le gouvernement est menacé.
00:32:06La question,
00:32:07c'est de savoir
00:32:07si le dialogue
00:32:11entamé
00:32:12par le ministre du Travail
00:32:14permet ou pas
00:32:14d'aboutir
00:32:15à une solution consensuelle.
00:32:17Très clairement,
00:32:18le Premier ministre a dit
00:32:18qu'il n'y aura aucun
00:32:19passage en force
00:32:20sur le...
00:32:21Même si ça ne doit pas changer
00:32:22ce 1er mai-là
00:32:23et que c'est reporté à plus tard.
00:32:24À partir du moment
00:32:24où il a dit
00:32:25qu'il n'y aurait aucun
00:32:25passage en force,
00:32:26il a dit qu'il n'y aurait
00:32:26aucun passage en force.
00:32:27Je crois que c'est assez...
00:32:27Oui, d'accord.
00:32:28Ça peut étendre le calendrier.
00:32:30Parce qu'à propos de calendrier,
00:32:31vous avez vu que le mois de mai
00:32:31est truffé de ponts.
00:32:33Et dans l'éducation nationale,
00:32:34il y a les vacances de printemps.
00:32:35Au mois de mai,
00:32:35tous les week-ends,
00:32:36c'est des week-ends
00:32:37de trois jours.
00:32:37Pour vous aussi, je crois.
00:32:39Non, on travaille.
00:32:39Même le 1er mai,
00:32:40les journalistes en ont le droit.
00:32:41C'est une exception,
00:32:42on a le droit.
00:32:44Et sur les mois de mai,
00:32:45truffé de ponts,
00:32:46est-ce que ce n'est pas
00:32:46un problème d'organisation
00:32:47aussi dans l'éducation nationale
00:32:48quand vous avez des ponts
00:32:48toutes les semaines ?
00:32:51Vous dire que c'est pratique
00:32:52en termes pédagogiques,
00:32:53ce serait vous mentir.
00:32:54Enfin, ce n'est pas un sujet nouveau
00:32:55qu'on a découvert cette année.
00:32:56Donc, on sait faire.
00:32:57Mais c'est ce qui fait
00:32:57que le troisième trimestre
00:32:58ne ressemble à rien.
00:33:00Alors, à ceci près
00:33:01que le troisième trimestre
00:33:02est traditionnellement plus long.
00:33:03Je rappelle qu'il fait
00:33:04entre 9 et 11 semaines
00:33:05là où les autres périodes
00:33:07font plutôt entre 6 et 7.
00:33:09Donc, la dernière période
00:33:09qui sépare
00:33:10les vacances de Pâques
00:33:11de l'été
00:33:11est la période la plus longue
00:33:12de l'année
00:33:13en termes de nombre
00:33:13de semaines scolaires.
00:33:14Sauvé.
00:33:14Et donc,
00:33:15qu'il y ait quelques jours
00:33:16fériés entre les deux,
00:33:17honnêtement,
00:33:18ça permet aussi
00:33:18à cette période-là
00:33:19justement de la rendre
00:33:20plus vivable pour tout le monde.
00:33:23Donc, c'est à mon avis
00:33:24un faux problème.
00:33:24Ce n'est pas un sujet ?
00:33:25Non.
00:33:26Il y a en tout cas
00:33:26tout ce qui tourne autour de l'école,
00:33:28les personnels
00:33:28qui ne feront pas partie
00:33:29de l'éducation nationale.
00:33:30Vous l'avez un petit peu
00:33:30évoqué tout à l'heure.
00:33:32Tous ceux qui participent
00:33:32au fonctionnement
00:33:33du système scolaire,
00:33:34Stéphanie,
00:33:34et notamment des affaires
00:33:35qui ont surgi
00:33:37ces dernières semaines.
00:33:37On va revenir sur le scandale
00:33:39du périscolaire à Paris.
00:33:40Il y a eu plusieurs révélations.
00:33:4230 animateurs
00:33:43ont été suspendus en 2025
00:33:44suspectés de violences
00:33:45voire d'abus sexuels
00:33:47sur des enfants.
00:33:48Le nouveau maire de Paris
00:33:49annonce un plan
00:33:50pour vérifier le profil
00:33:51de ces animateurs.
00:33:52Une formation initiale,
00:33:53une cellule d'écoute
00:33:54pour les parents.
00:33:54Vous, en tant que ministre
00:33:56de l'éducation nationale,
00:33:57comment allez-vous
00:33:58accompagner ces initiatives ?
00:34:00Alors, moi,
00:34:02comme vous le savez peut-être,
00:34:03il se trouve que
00:34:03j'ai pris un certain nombre
00:34:04de mesures,
00:34:05d'ores et déjà,
00:34:06parce que je considère
00:34:07que quand un parent
00:34:08dépose son enfant
00:34:09à la grille de l'école,
00:34:11il le dépose
00:34:12dans une bulle de sécurité.
00:34:15D'ailleurs, ça se voit.
00:34:16Vous êtes dans une école,
00:34:17vous voyez les parents.
00:34:18Au moment où l'enfant
00:34:19passe la grille ou la porte,
00:34:20le premier réflexe,
00:34:21c'est le soulagement.
00:34:21Bon, ça y est,
00:34:22il y est, c'est bon,
00:34:23il est en sécurité.
00:34:24C'est ça que pense
00:34:24n'importe quel parent
00:34:25tous les matins
00:34:26quand il dépose son enfant
00:34:27à la porte de l'école.
00:34:28Alors, maintenant,
00:34:28les questions.
00:34:29Et donc, ouais,
00:34:29mais j'arrive,
00:34:29mais c'est important,
00:34:30parce que, pardon,
00:34:31mais c'est important,
00:34:32parce que l'école,
00:34:33c'est pas seulement
00:34:34des professeurs,
00:34:35c'est des professeurs,
00:34:35c'est une biologie,
00:34:36mais c'est un lieu d'abord
00:34:37et c'est un lieu
00:34:37où on est en sécurité.
00:34:38Bon, par rapport à ça,
00:34:40ensuite, ce qui se passe
00:34:41à l'intérieur,
00:34:41on ne peut pas jouer
00:34:41à chapérecher en disant
00:34:42c'est du pays scolaire,
00:34:43c'est du scolaire,
00:34:44c'est pas moi,
00:34:44c'est l'autre, etc.
00:34:45Donc, qu'est-ce que j'ai fait ?
00:34:47D'abord, alors,
00:34:49nous, il se trouve
00:34:49qu'on a depuis très longtemps
00:34:51un contrôle d'honorabilité
00:34:52des professeurs,
00:34:52c'est-à-dire qu'on les passe
00:34:54au fichier B2
00:34:55et donc le fichier
00:34:56du casier judiciaire
00:34:57et le fichier
00:34:57des autorisations sexuelles
00:34:58pour s'assurer
00:34:59qu'aucun de nos agents
00:35:02n'a d'antécédents judiciaires,
00:35:04notamment en matière
00:35:04de violences sur mineurs.
00:35:06On est en train, là,
00:35:07de proposer,
00:35:08dans le cadre de la future loi
00:35:08sur la protection de l'enfance,
00:35:09d'étendre ces contrôles-là
00:35:10à tous les intervenants.
00:35:12Donc, aux animateurs ?
00:35:14Alors, animateurs,
00:35:15ce sera du côté du périscolaire,
00:35:16mais moi, tous les intervenants,
00:35:18associatifs ou autres,
00:35:20devront désormais...
00:35:20Tous ceux qui viennent
00:35:21dans l'école,
00:35:22même pour une heure.
00:35:24Ils viennent pour une heure
00:35:25et ils viennent faire
00:35:25une intervention,
00:35:26je ne sais pas,
00:35:26un spectacle, par exemple,
00:35:27devant les enfants,
00:35:28ils devront attester de ça.
00:35:29Ça, c'est la première chose.
00:35:31Deuxième chose,
00:35:32j'ai déposé...
00:35:34Enfin, pareil,
00:35:35j'ai rédigé un article
00:35:36qui pose un principe
00:35:37de liste noire.
00:35:38C'est-à-dire que,
00:35:39même si vous n'avez pas
00:35:39été condamné pénalement,
00:35:41si vous avez été évincé
00:35:42de l'éducation nationale
00:35:43en raison d'un comportement
00:35:45non adapté
00:35:47avec des mineurs,
00:35:49vous ne pourrez plus
00:35:49être réembauché
00:35:50dans l'éducation nationale.
00:35:51Là, aujourd'hui,
00:35:52en fait,
00:35:52si vous êtes surveillant
00:35:53que vous êtes renvoyé
00:35:54par votre établissement,
00:35:55vous pouvez être ennêté
00:35:55dans un autre établissement
00:35:56qui peut vous réembaucher.
00:35:57J'ai également,
00:35:58et c'est important,
00:36:00nommer une déléguée
00:36:01à la protection des enfants
00:36:03à l'école
00:36:03auprès de la médiatrice
00:36:04d'éducation nationale,
00:36:05donc une personnalité
00:36:05qui est indépendante,
00:36:07compétente,
00:36:07et là aussi,
00:36:08pour être compétente
00:36:08de la porte à la porte.
00:36:09C'est-à-dire que les parents
00:36:10pourront la saisir
00:36:11quand leur situation
00:36:11était mal prise en charge
00:36:13sans savoir si c'est
00:36:14périscolaire, scolaire,
00:36:15je ne sais pas quoi.
00:36:16Ce n'est pas le sujet.
00:36:17Ils pourront la saisir.
00:36:18Elle pourra déclencher
00:36:19un certain nombre d'actions
00:36:20pour précisément
00:36:20apporter un rapport
00:36:21à cette situation.
00:36:22Alors, c'est fini.
00:36:23Vous avez envoyé
00:36:24une lettre aux parents.
00:36:25Oui, une lettre aux parents
00:36:26le 12 février
00:36:27pour parler de la violence
00:36:28à l'école
00:36:29en disant que c'était
00:36:29une priorité absolue.
00:36:31Qu'est-ce que ça veut dire
00:36:32et qu'est-ce que vous allez
00:36:33faire, en fait ?
00:36:35Alors, j'ai effectivement
00:36:36écrit aux parents,
00:36:37donc c'est un autre sujet,
00:36:38ça, enfin, voilà.
00:36:39Oui.
00:36:39Mais j'ai écrit effectivement
00:36:42à tous les parents d'élèves
00:36:44pour leur dire
00:36:45que finalement,
00:36:47ils pouvaient compter
00:36:48chaque jour
00:36:48sur les personnes
00:36:49de l'éducation nationale
00:36:50pour former,
00:36:51pour instruire leurs enfants,
00:36:52mais qu'on comptait sur eux
00:36:54pour aussi,
00:36:56simplement,
00:36:57participer au respect
00:36:58par leur enfant
00:36:59de notre institution.
00:37:00Quand vous avez
00:37:01des enfants ou des jeunes
00:37:03qui se pointent
00:37:03avec des couteaux,
00:37:05qui menacent des professeurs,
00:37:06qui les agressent
00:37:07verbalement ou physiquement,
00:37:08voire parfois
00:37:09quand vous avez des parents
00:37:09qui font ça,
00:37:11dans le premier degré,
00:37:1230% des incidents graves
00:37:13sont le fait de parents.
00:37:15Il y a un moment
00:37:17où il faut quand même
00:37:18qu'on soit bien au clair
00:37:19sur le fait
00:37:20que l'école,
00:37:21c'est une institution.
00:37:22Et donc,
00:37:22c'est des parents
00:37:23qui sont responsables ?
00:37:24Quand vous leur écrivez,
00:37:25c'est ça que vous leur dites,
00:37:26c'est le message ?
00:37:27Non, que tout le monde
00:37:27est responsable.
00:37:28Non, mais là,
00:37:28les parents,
00:37:29vous leur écrivez,
00:37:29donc les parents sont responsables.
00:37:31Non, mais je dis aux parents
00:37:32que chacun de nous,
00:37:33parce que tout le monde oublie
00:37:33que dans cette lettre-là,
00:37:35j'ai aussi écrit sur l'école,
00:37:36je dis que chacun de nous
00:37:37détient une partie...
00:37:39Dont les parents ?
00:37:40Oui, bien sûr.
00:37:41Attendez,
00:37:42moi, en tant que parent,
00:37:43évidemment que je détiens
00:37:43une partie de la clé
00:37:44du comportement de mes enfants.
00:37:45Ou alors,
00:37:45on n'est pas parents.
00:37:47Ça veut dire
00:37:47qu'ils peuvent être sanctionnés
00:37:48si des fautes sont commises
00:37:49par leurs enfants ?
00:37:50Aujourd'hui,
00:37:51d'abord,
00:37:51il peut y avoir des poursuites.
00:37:53Il y a des poursuites
00:37:54qui existent
00:37:54quand les parents sont défaillants,
00:37:55mais ce n'est pas tant le sujet.
00:37:57Le sujet,
00:37:57c'est de dire,
00:37:57parce que chacun apprend
00:37:58le sujet sous le langue
00:37:59de la sanction.
00:38:00Mais avant d'arriver
00:38:00à la sanction
00:38:01et à des crises terribles,
00:38:05la première étape,
00:38:06c'est juste de garanter
00:38:07une forme de tranquillité scolaire.
00:38:09Parler avec son enfant,
00:38:10lui demander ce qui ne va pas,
00:38:12signaler à l'école
00:38:13quand ça ne va pas.
00:38:16L'inviter à respecter
00:38:18l'autorité du professeur
00:38:19et l'autorité
00:38:20des personnes
00:38:20d'éducation nationale
00:38:21et lui dire simplement
00:38:22que l'institution,
00:38:23et pardonnez,
00:38:23c'est une institution,
00:38:24l'école.
00:38:26Ce n'est pas un paillasson,
00:38:28ni un supermarché.
00:38:29C'est une institution.
00:38:30Et donc,
00:38:30on respecte l'institution,
00:38:31parce que l'institution,
00:38:32c'est donné pour mission
00:38:33de faire grandir
00:38:34et de protéger nos enfants.
00:38:34Hugo,
00:38:35justement à ce sujet,
00:38:36il y a des parents
00:38:37dans le chat
00:38:37et il y a Takamura
00:38:38qui dit,
00:38:39étant parent d'un enfant
00:38:40de 9 ans,
00:38:41handicapé entre 60 et 80%
00:38:43actuellement
00:38:43en institut médico-éducatif
00:38:45avec les violences actuelles,
00:38:46que me diriez-vous
00:38:47pour me convaincre
00:38:48de laisser mon enfant
00:38:49tenter l'inclusion scolaire
00:38:50au collège,
00:38:51voire au lycée,
00:38:52sera-t-il protégé ?
00:38:54Je vous dirais que
00:38:56il y a malheureusement
00:38:57des cas,
00:38:58on en a vu,
00:38:59de violences,
00:39:00etc.
00:39:01Mais il y a aussi,
00:39:04vous savez,
00:39:04il y a une personne
00:39:05sur 30 en France
00:39:05qui se lève tous les matins
00:39:08avec pour unique objectif
00:39:09de faire progresser
00:39:09les enfants des autres.
00:39:12On se lève tous les matins
00:39:13pour ça à l'école.
00:39:15Un bon sang.
00:39:16Et donc,
00:39:18effectivement,
00:39:18il peut y avoir
00:39:19des cas terribles
00:39:20entre élèves,
00:39:21etc.
00:39:21Mais globalement,
00:39:22quand même,
00:39:22globalement,
00:39:23on a 12 millions d'élèves
00:39:24qui aujourd'hui,
00:39:25un Français sur cinq,
00:39:26un Français sur cinq,
00:39:27est dans les murs
00:39:28de l'école chaque jour.
00:39:29Et il est en sécurité.
00:39:30Il est protégé.
00:39:31Il est sécurisé.
00:39:33Et donc,
00:39:33évidemment que son enfant
00:39:34a une place
00:39:34dans l'institution scolaire.
00:39:35Hervé.
00:39:36Et toute sa place.
00:39:37Hervé.
00:39:37Je reviens sur le scandale
00:39:39de Betaram,
00:39:40violence commise
00:39:41dans cet établissement privé
00:39:43sur des enfants.
00:39:45Il y a eu,
00:39:45vous le savez,
00:39:46une commission d'enquête
00:39:47parlementaire
00:39:48déclenchée
00:39:49à la suite de cette affaire.
00:39:50Les deux parlementaires
00:39:51qui ont conduit
00:39:51cette commission,
00:39:53les députés Paul Vannier
00:39:54et Violette Spilbou,
00:39:55ont déposé
00:39:57une proposition de loi
00:39:58qui vise à tirer
00:39:59les conséquences
00:40:00de ce scandale
00:40:00en termes de meilleur contrôle
00:40:02des établissements,
00:40:03des personnels,
00:40:05meilleure indemnisation
00:40:06des victimes.
00:40:07Le texte date
00:40:08de fin janvier.
00:40:09Il a été signé
00:40:09par 150 députés
00:40:11alors qu'il n'est pas inscrit
00:40:13à l'ordre du jour
00:40:14de l'Assemblée nationale.
00:40:15Est-ce que le ministre
00:40:16de l'Éducation nationale
00:40:17que vous êtes
00:40:18est favorable
00:40:19à ce texte ?
00:40:21Dans son contenu,
00:40:21on en a discuté
00:40:22assez longuement
00:40:22avec les deux auteurs,
00:40:26donc Violette Spilbou
00:40:27et Paul Vannier.
00:40:29Il y a un certain nombre
00:40:29de dispositions
00:40:30d'ailleurs
00:40:30que d'ores et déjà
00:40:32soit j'ai repris
00:40:34soit j'ai mis en oeuvre.
00:40:35Typiquement,
00:40:35vous voyez,
00:40:36quand je vous parle
00:40:36du contrôle d'honorabilité
00:40:37des intervenants,
00:40:39je vais le faire.
00:40:40La liste noire,
00:40:40on n'y figurait pas
00:40:41et c'est moi
00:40:42qui l'ajoute.
00:40:43on a un certain nombre
00:40:44d'actions et notamment
00:40:45de contrôles.
00:40:45Vous savez qu'on a déjà
00:40:46procédé à 1 500 contrôles
00:40:47depuis le début du plan.
00:40:49Pour 2025,
00:40:50je vais refaire 1 500 en 2026.
00:40:52Donc j'allais dire,
00:40:53tout ça se déroule
00:40:54de manière complète.
00:40:57Donc si ce projet
00:40:58doit être examiné,
00:40:58il le sera.
00:40:59Mais est-ce que vous le souhaitez ?
00:41:00Qu'est-ce que vous le souhaitez ?
00:41:01La conférence des présidents,
00:41:03elle ne l'a pas retenue
00:41:04pour l'instant.
00:41:05Mais vous,
00:41:05est-ce que ça vous aiderait ?
00:41:07Aujourd'hui,
00:41:08je fais en sorte
00:41:09de ne pas avoir
00:41:13absolument besoin
00:41:13de ce texte
00:41:14pour pouvoir avancer.
00:41:15Maintenant,
00:41:15s'il est adopté un jour,
00:41:16évidemment,
00:41:16il verra consolider l'édifice.
00:41:17Mais s'il n'y a pas de texte,
00:41:18ça ne changera rien.
00:41:19Mais d'ores et déjà,
00:41:19on est en train de mettre en place
00:41:20une mesure qui tire
00:41:21toutes les conséquences
00:41:22du rapport de M. Vanier.
00:41:23Donc il n'y a pas besoin
00:41:24de loi supplémentaire.
00:41:25En tout cas,
00:41:26je fais en sorte
00:41:26qu'on puisse avancer.
00:41:28Les mesures dont vous parlez,
00:41:29elles concernent,
00:41:30y compris,
00:41:30bien entendu,
00:41:31pour ceux qui nous regardent,
00:41:32les établissements privés.
00:41:34Ah, bien évidemment.
00:41:35Quand vous dites
00:41:35les inspections,
00:41:36les 1 500...
00:41:37Les inspections,
00:41:38je parle du privé sous contrat.
00:41:39On a inspecté
00:41:411 000 établissements privés
00:41:42sous contrat en 2025.
00:41:43Ce à quoi s'était engagé,
00:41:45Elisabeth Borne ?
00:41:45Absolument.
00:41:46On va monter à 1 500 en 2026.
00:41:49Et donc,
00:41:49ça se fait de manière...
00:41:50Et qu'est-ce qui vous remonte ?
00:41:52Il y a des affaires ?
00:41:53Alors,
00:41:54il y a vraiment
00:41:57très, très peu,
00:41:58a priori.
00:41:58Mais on a décelé,
00:41:59d'ailleurs,
00:42:00il y a eu des reportages
00:42:00et des cas,
00:42:01on a décelé
00:42:02trois établissements
00:42:03ou écoles
00:42:03dans lesquels
00:42:04il y avait des éléments
00:42:06qui nous semblaient
00:42:07pénalement réprévencibles.
00:42:08Donc, pour que l'on a fait
00:42:08des articles 40
00:42:09et pour que l'on attire
00:42:09des conséquences.
00:42:10Pas forcément,
00:42:10d'ailleurs,
00:42:11institutionnels,
00:42:11mais plutôt personnels.
00:42:12On a vu des comportements
00:42:13qu'on a évidemment...
00:42:14C'est-à-dire quoi ?
00:42:14Des abus sexuels ?
00:42:15Des châtiments ?
00:42:17Plutôt violences,
00:42:18entre guillemets,
00:42:20ordinaires ou autres.
00:42:21Donc,
00:42:22évidemment,
00:42:23on a fait immédiatement
00:42:24des articles 40.
00:42:25Aux dernières nouvelles,
00:42:26on en a eu trois,
00:42:28articles 40.
00:42:29Et par ailleurs,
00:42:30donc pour les autres contrôles,
00:42:31les choses se déroulent
00:42:31de manière nominale.
00:42:32Il peut y avoir
00:42:33des points réglés,
00:42:33des recommandations
00:42:34administratives,
00:42:34etc.,
00:42:35mais qui rentrent
00:42:35dans le cadre,
00:42:36j'allais dire,
00:42:37ordinaire de la relation.
00:42:38C'est très bien d'ailleurs.
00:42:39Et donc,
00:42:40on avance sur ce terrain-là.
00:42:41Donc voilà,
00:42:42aujourd'hui,
00:42:42on avance de manière
00:42:43extrêmement ferme
00:42:45et claire sur le sujet.
00:42:46Oui,
00:42:46il y a un autre domaine.
00:42:47Vous avez déposé
00:42:48un article 40,
00:42:49c'est-à-dire déposé
00:42:50une plainte,
00:42:50en fait.
00:42:51C'est contre TikTok.
00:42:52Donc,
00:42:53si j'ai bien compris,
00:42:54vous avez créé
00:42:56un compte TikTok,
00:42:57vous êtes rentré
00:42:58une identité
00:42:58d'un adolescent
00:43:00et puis vous vous êtes rendu compte
00:43:01qu'au bout de dix minutes,
00:43:02on vous proposait
00:43:03des contenus dépressifs,
00:43:05voire qui vous emmènent
00:43:07vers le suicide.
00:43:07Donc,
00:43:08ma question est simple.
00:43:09Si vraiment cette application
00:43:11propose ça
00:43:11à des adolescents,
00:43:12est-ce qu'il ne faut pas
00:43:13simplement l'interdire
00:43:14en France ?
00:43:14Ne me tentez pas.
00:43:16Mais ce qu'il y a de sûr,
00:43:17c'est qu'à cadre juridique
00:43:18constant,
00:43:20ce que je peux faire
00:43:21aujourd'hui,
00:43:21c'est déclencher
00:43:22les poursuites pénales.
00:43:23C'est ce que j'ai fait.
00:43:24Parce qu'effectivement,
00:43:25au bout de vingt minutes,
00:43:27c'était vingt minutes
00:43:27pour un profil
00:43:28de jeune fille de 14 ans,
00:43:30on avait des contenus
00:43:31avec des tutoriels
00:43:32de scarification
00:43:33et avec derrière
00:43:34des vidéos
00:43:35qui vous expliquent
00:43:36que le suicide,
00:43:37c'est le but ultime
00:43:37de la vie.
00:43:38Vous, vous seriez
00:43:38pour l'interdiction
00:43:39de TikTok en France ?
00:43:40Je ne sais pas
00:43:41si je serais pour
00:43:42l'interdiction de TikTok
00:43:42en France
00:43:43parce qu'il y a des enjeux
00:43:44de liberté d'expression,
00:43:45il y a des enjeux
00:43:45de débat, etc.
00:43:46Ce qu'il y a de sûr,
00:43:47et donc il faut quand même
00:43:48faire un...
00:43:48C'est des choses
00:43:49qui se regardent
00:43:50de très près
00:43:51et on ne manie pas ça
00:43:52comme ça,
00:43:52entre guillemets,
00:43:53en deux minutes
00:43:53sur un plateau de télévision.
00:43:54Mais ce qu'il y a de certain,
00:43:56c'est qu'il faut
00:43:58que ces plateformes
00:43:58respectent la loi
00:44:00et que si elles ne la respectent pas,
00:44:01pour le coup,
00:44:01notre devoir,
00:44:02enfin moi je considère
00:44:02mon devoir presque moral
00:44:04d'individus,
00:44:04de citoyens
00:44:05et d'hommes politiques,
00:44:06c'est de faire en sorte
00:44:07qu'ils soient poursuivis,
00:44:09en l'occurrence
00:44:09pour provocation au suicide.
00:44:10Et ça amène aussi
00:44:12à l'utilisation
00:44:12des téléphones portables, Laurent.
00:44:13Oui, c'est ça.
00:44:14Donc les téléphones portables
00:44:17sont désormais interdits
00:44:19dans les collèges.
00:44:19Je crois que ça l'était déjà
00:44:20plus ou moins
00:44:21dans certains établissements.
00:44:22Quel bilan vous tirez
00:44:24de cette intersection
00:44:25qui date de la rentrée
00:44:26et comment est-ce que vous comptez
00:44:28la mettre en œuvre au lycée ?
00:44:30Alors collège,
00:44:30c'est partout depuis 2018.
00:44:32C'est interdit au collège.
00:44:33Lycée, donc c'est pour
00:44:34la rentrée prochaine.
00:44:35Moi, je ne crois pas forcément
00:44:36qu'il faille mettre partout
00:44:37des boîtes, des casiers, etc.
00:44:39Je pense qu'il y a
00:44:40un principe d'interdiction,
00:44:41que les jeunes ne sont
00:44:42parfaitement capables
00:44:42de le comprendre
00:44:43et surtout que globalement,
00:44:44ce qu'il faut,
00:44:45c'est réduire l'exposition
00:44:45de nos jeunes aux écrans.
00:44:47Parce que ce que je sais,
00:44:48c'est qu'aujourd'hui,
00:44:48on a un jeune sur trois
00:44:50qui, à un moment de sa scolarité,
00:44:51entre 11 et une vingtaine d'années,
00:44:54souffre de troubles anxieux
00:44:55ou dépressifs
00:44:56et que ça, aucun entre nous
00:44:57ne peut s'en contenter
00:44:57pour ses enfants
00:44:58et que systématiquement,
00:44:59il y a une corrélation
00:45:00entre le temps passé devant les écrans
00:45:02et l'état psychique des jeunes.
00:45:03Donc, soit on ne fait rien,
00:45:05soit on déjaillit.
00:45:05Un mot, Hugo ?
00:45:06Oui, très rapidement,
00:45:07sur l'EVAR,
00:45:08sur l'éducation
00:45:09et la vie affective,
00:45:10relationnelle et sexuelle
00:45:11de mémoire.
00:45:11Tout à fait.
00:45:12On en est où du déploiement ?
00:45:13Est-ce qu'il y a encore
00:45:14quelques blocages
00:45:15sur l'éducation ?
00:45:16Alors, le déploiement,
00:45:18on a fait un pointage
00:45:19au mois de décembre,
00:45:19on en fera un autre
00:45:20au mois de juin.
00:45:20Donc là, je vous déchirai
00:45:21le mois de décembre.
00:45:22Au mois de décembre,
00:45:23il y avait de mémoire,
00:45:24je vous dis ça de mémoire,
00:45:25il y avait 58%
00:45:26des écoles publiques,
00:45:2648% des collèges publics
00:45:28et 38% des lycées publics
00:45:30qui avaient fait
00:45:31au moins une séance
00:45:32d'EVAR pour leurs élèves.
00:45:33Au moins une sur les trois.
00:45:35Il y en a plein
00:45:35qu'ils n'ont pas fait.
00:45:36Oui, mais enfin,
00:45:37on était au mois de décembre.
00:45:38Donc, si vous voulez,
00:45:39pour un truc qui s'est mis
00:45:39en place au mois de septembre,
00:45:40c'est logique que la première séance
00:45:41n'ait pas forcément eu lieu.
00:45:42Et dans le privé,
00:45:43c'était la même chose
00:45:43pour les écoles
00:45:44et c'était 10 points au-dessus
00:45:45pour les collèges
00:45:45et pour les lycées.
00:45:46Donc, le privé, a priori,
00:45:47avait plutôt plus mis en oeuvre
00:45:48que le public, pour info.
00:45:50Et donc, là,
00:45:51on est en train...
00:45:51Alors, évidemment,
00:45:51on a relancé
00:45:52tous les établissements
00:45:53pour leur rappeler.
00:45:54On poursuit la formation
00:45:55des professeurs
00:45:55qui est assez massive
00:45:56et l'objectif,
00:45:57c'est qu'on verra
00:45:57au pointage de juin,
00:45:58enfin, j'espère
00:45:59au pointage de juin,
00:46:00tous les élèves
00:46:00de France et de Navarre
00:46:02auront eu leurs trois séances.
00:46:03Sanctions ?
00:46:03Sanctions si ce n'est pas le cas ou pas
00:46:05pour les établissements
00:46:06qui ne le font pas ?
00:46:06Alors, sanctions,
00:46:08il n'y a pas forcément
00:46:09de sanctions
00:46:10pour toutes choses
00:46:10dans le système éducatif
00:46:11mais en tout cas,
00:46:13visites, échanges
00:46:14et puis reprises ensuite
00:46:16de la situation
00:46:17pour que ce soit fait
00:46:17l'année suivante,
00:46:18oui, bien sûr.
00:46:18Une mauvaise note en tout cas.
00:46:20On va accueillir
00:46:20dans un instant
00:46:21l'invité de Face à vous,
00:46:23Delphine Sobabère
00:46:24qui est auteur,
00:46:24co-auteur
00:46:25avec la comédienne Isabelle Carré
00:46:27d'un manifeste
00:46:27pour l'écriture.
00:46:29Revenir à l'écrit,
00:46:30disent-elles,
00:46:31pour assurer l'avenir
00:46:31de notre société,
00:46:32le portrait
00:46:32d'Elphine Sobabère
00:46:34par Marco Pommier.
00:46:36Écrit au cœur de l'école.
00:46:38Nous allons dans le mur,
00:46:40droit devant
00:46:41et avec nous,
00:46:42nous entraînons nos enfants.
00:46:43Ce livre est un coup de gueule,
00:46:45ce livre est fait
00:46:46de larmes
00:46:47et de colères profondes,
00:46:48ce livre est aussi
00:46:50fait d'espoir.
00:46:51Car le niveau
00:46:52des élèves en français
00:46:53inquiète.
00:46:54Dans la dernière enquête
00:46:55PISA,
00:46:55le score moyen
00:46:56en lecture
00:46:57est passé de
00:46:59493 points
00:47:00en 2018
00:47:00à 474
00:47:02en 2024.
00:47:04Difficulté
00:47:05à lire
00:47:05et à écrire
00:47:06sans faute
00:47:07mais surtout
00:47:08à structurer
00:47:09une pensée,
00:47:10à comprendre,
00:47:10à résumer.
00:47:11À quoi bon,
00:47:12se disent certains,
00:47:13quand Tchadjepete
00:47:15ou Jiminy
00:47:15rédigent un devoir
00:47:16en quelques secondes.
00:47:18Selon notre invité,
00:47:20la place grandissante
00:47:21des écrans
00:47:21et de l'intelligence artificielle
00:47:23risque d'éloigner
00:47:25les jeunes
00:47:25de l'écriture
00:47:26alors qu'elle est essentielle
00:47:27pour penser,
00:47:28argumenter
00:47:29et s'émanciper.
00:47:31Écrire,
00:47:32ce n'est pas seulement
00:47:32apprendre à déchiffrer
00:47:34un texte
00:47:34ni aligner des phrases
00:47:35mais c'est donner
00:47:37du sens
00:47:37à ce qu'on
00:47:38l'y écrit.
00:47:39Redonner
00:47:40toute sa place
00:47:40à l'écriture,
00:47:41former des esprits
00:47:42critiques
00:47:43à l'heure de l'IA,
00:47:44ce soir,
00:47:45elle vous interpelle
00:47:46monsieur le ministre.
00:47:47Face à vous,
00:47:48Delphine Sobabé.
00:47:51Delphine Sobabé
00:47:52que nous accueillons
00:47:53sur ce plateau,
00:47:53je vous laisse saluer
00:47:54le ministre
00:47:55qui va échanger
00:47:57avec vous.
00:47:57Bonsoir.
00:47:58Sobabé,
00:47:58le sujet s'est écrit
00:47:59Sobabé,
00:48:00de coup j'ai eu un doute,
00:48:00j'avais bien dit votre nom
00:48:01dans un premier temps.
00:48:02Asseyez-vous,
00:48:03je vous en prie.
00:48:04Bienvenue,
00:48:06je signale
00:48:06que vous êtes
00:48:07pris Albert Londres,
00:48:08ce qui est quand même
00:48:08une référence
00:48:09dans le monde
00:48:10du journalisme.
00:48:11Je dis ça au passage.
00:48:12Voilà.
00:48:13Je vous laisse
00:48:13avec Édouard Geffray.
00:48:14Vous voulez commencer
00:48:15peut-être par
00:48:17le thème
00:48:17de votre livre,
00:48:19il faut relancer
00:48:20l'écrit.
00:48:21Oui.
00:48:22Est-ce que vous êtes
00:48:23d'accord avec ça
00:48:24monsieur le ministre,
00:48:25sur la situation
00:48:26extrêmement critique
00:48:27que l'on vit,
00:48:29dans un monde
00:48:29tout écran,
00:48:31bientôt tout IA ?
00:48:32Avec Isabelle Carré,
00:48:33on avait lancé
00:48:34une tribune
00:48:35dans le monde
00:48:35qui avait été signée
00:48:36par une centaine
00:48:36de personnalités
00:48:37en 2023.
00:48:38On parlait encore moins
00:48:40de l'IA qu'aujourd'hui,
00:48:41mais on le mettait
00:48:41déjà en exergue
00:48:42parce que l'écriture
00:48:43dans la tête des gens,
00:48:44c'est la dictée,
00:48:45c'est l'orthographe.
00:48:46Mais on ne parle pas
00:48:47de ça dans le livre.
00:48:48On parle d'un point
00:48:49de vue sociétal
00:48:50et politique
00:48:50au sens plus large,
00:48:51d'une vraie difficulté
00:48:53des enfants
00:48:53à articuler leur pensée,
00:48:55d'une écriture
00:48:57qui est quand même
00:48:57nettement moins présente
00:48:58qu'auparavant
00:49:00dès le primaire,
00:49:01à part la dictée,
00:49:03évidemment,
00:49:03qui est la porte principale
00:49:04souvent d'entrée
00:49:06de l'écrit
00:49:06dans le primaire.
00:49:07Mais disons que
00:49:09la production d'écrit,
00:49:11puisque c'est la sémantique
00:49:12utilisée par l'éducation nationale,
00:49:14ne laisse pas la part belle
00:49:15à ce que nous,
00:49:16on défend,
00:49:16c'est l'écriture créative.
00:49:17On pourra en parler
00:49:18tout à l'heure.
00:49:19Donc, dans un monde
00:49:19qui emploie un bouleversement
00:49:21absolument sans précédent,
00:49:23est-ce que pour vous,
00:49:23c'est un sujet,
00:49:24sachant que depuis des années,
00:49:25on parle de lecture,
00:49:26d'écriture,
00:49:26mais très peu d'écriture ?
00:49:29– J'aurais envie de vous dire
00:49:30que c'est le sujet.
00:49:33Et je me sens très en phase
00:49:34avec votre cri d'alarme.
00:49:37Alors, c'est le sujet
00:49:38à la fois en positif
00:49:39et en négatif,
00:49:39si je puis dire,
00:49:40au sens photographique du terme.
00:49:42Argentique,
00:49:42pour ceux qui nous écoutent
00:49:43et qui nous connaissent plus bien.
00:49:44il faut préciser parfois.
00:49:47– En négatif,
00:49:49on en parle à l'instant,
00:49:50on a un problème
00:49:51avec les écrans.
00:49:52C'est-à-dire que nos enfants
00:49:54sont quand même
00:49:55massivement sur écran,
00:49:56avec tout un cortège
00:49:57de troubles cognitifs,
00:49:59notamment en termes
00:50:00de concentration.
00:50:00C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
00:50:01un enfant qui a un smartphone
00:50:02à 8 ans,
00:50:03on a du mal
00:50:03à ce qu'il apprenne
00:50:04cette table de multiplication.
00:50:05C'est tout bête,
00:50:05mais c'est vrai.
00:50:06En termes d'écriture,
00:50:07parce que ce qu'on appelle
00:50:09le geste graphique
00:50:11devient compliqué.
00:50:12Et en fait,
00:50:12on l'apprend au début,
00:50:13mais au fur et à mesure,
00:50:13ça se perd,
00:50:14en termes de construction
00:50:15de la pensée,
00:50:16parce qu'en fait,
00:50:17c'est des contenus vidéo
00:50:18qui zappent très très vite
00:50:19et il n'y a pas du tout
00:50:20la construction de la pensée
00:50:21qui permet l'écriture.
00:50:22Et puis en positif,
00:50:23l'écriture,
00:50:24écrire en fait,
00:50:25c'est retenir.
00:50:26C'est ce qu'on dit,
00:50:26c'est avoir une pensée complexe.
00:50:28Et de ce point de vue-là,
00:50:29moi j'ai notamment un combat,
00:50:31c'est que,
00:50:31enfin un combat,
00:50:32en tout cas une ambition,
00:50:34c'est qu'on arrive
00:50:35à proscrire les textes à trous.
00:50:37Si j'écris,
00:50:39Charlemagne a été couronné
00:50:40empereur en l'an 800.
00:50:41Je retiens,
00:50:42Charlemagne a été couronné
00:50:44empereur en l'an 800.
00:50:45Je commence par une majuscule,
00:50:46je termine par un point.
00:50:47D'autant plus par une majuscule
00:50:48qu'en l'occurrence,
00:50:49je suis sur un nom propre.
00:50:50Mais si j'écris,
00:50:52Charlemagne,
00:50:52sur un polycopier,
00:50:53et marqué,
00:50:54a été sacré empereur en l'an
00:50:55et que j'écris 800,
00:50:56j'écris Charlemagne et 800.
00:50:59J'ai juste bouché des trous.
00:51:01Et je n'ai pas justement
00:51:03posé une phrase
00:51:04ou une pensée complète.
00:51:07Complète et par conséquent complète.
00:51:08Ça c'est la base.
00:51:09Mais ce que disait Delphine Sobabert,
00:51:10c'est aussi le problème
00:51:11de l'écriture créative.
00:51:14Vous en avez parlé de ça.
00:51:15Il faut aller plus loin que ça.
00:51:17L'écriture,
00:51:18dans son acception large,
00:51:20c'est un instrument
00:51:21pour créer de l'imaginaire,
00:51:24de la réflexion,
00:51:25comme vous le disiez,
00:51:26monsieur le ministre,
00:51:26de la construction de la pensée.
00:51:27Savoir écrire,
00:51:28c'est savoir penser.
00:51:29L'écriture créative,
00:51:30à la base,
00:51:31c'est le creative writing
00:51:32des anglo-saxons.
00:51:34Alors évidemment,
00:51:34en France,
00:51:35dès que c'est anglo-saxon,
00:51:36on pousse d'écrire.
00:51:37Mais ce n'est pas écrire
00:51:38en peignant sur les murs.
00:51:39Ça n'a rien de folklorique.
00:51:41C'est quelque chose,
00:51:42en fait,
00:51:42c'est juste associer
00:51:44l'écriture à du sens
00:51:44et du plaisir,
00:51:45je crois.
00:51:46En fait,
00:51:46je dirais pour dire
00:51:47les choses très simplement.
00:51:48Et peut-être que l'école
00:51:49pourrait essayer de songer
00:51:50à mettre plus de sens
00:51:51et de plaisir aussi
00:51:52dans ce qu'elle fait
00:51:53pour les enfants.
00:51:55Je suis moi-même maman,
00:51:56je connais beaucoup de parents.
00:51:57C'est vrai que parfois,
00:51:58les enfants,
00:51:59et même les parents,
00:52:00se posent la question du sens.
00:52:01Aujourd'hui,
00:52:02on n'a plus les enfants
00:52:03qu'on avait hier,
00:52:04encore moins ceux avant-hier.
00:52:05Les professeurs
00:52:06peuvent être d'anciens
00:52:10très bons élèves.
00:52:11C'est tout à leur honneur,
00:52:13bien sûr.
00:52:13Mais aujourd'hui,
00:52:14les enfants sont
00:52:15extrêmement différents.
00:52:16Alors,
00:52:16on a l'impression
00:52:16qu'ils n'ont rien
00:52:17dans la tête,
00:52:17parfois parce qu'ils se font
00:52:18un nombre incalculable
00:52:19de fautes d'orthographe
00:52:20qui sont effectivement
00:52:21très mauvais apparemment
00:52:22en expression de la pensée.
00:52:24Mais d'abord,
00:52:24on ne leur demande pas
00:52:25l'expression de leur pensée.
00:52:26On n'écoute pas
00:52:27la voix des enfants.
00:52:28Avec Isabelle Carré,
00:52:30ce qui nous a fait démarrer,
00:52:31au départ,
00:52:32c'est un atelier d'écriture
00:52:33qu'on a fait ensemble
00:52:33sur le monde de demain.
00:52:35On a fait écrire
00:52:36les enfants sur le monde
00:52:37en l'ancien mille,
00:52:38des enfants de 8 ans
00:52:39à 16 ans.
00:52:41On a été absolument
00:52:42scotchés par les textes
00:52:43d'une profondeur philosophique
00:52:45qu'on publie d'ailleurs
00:52:45pour certains
00:52:46à la fin du livre.
00:52:47Ils sont d'une lucidité
00:52:49et d'un éveil.
00:52:50Mais parce qu'ils y prenaient
00:52:50du plaisir aussi.
00:52:51On y revient.
00:52:52Oui,
00:52:52et puis surtout,
00:52:54ils sont aussi contents
00:52:55qu'on leur donne le micro,
00:52:56j'ai envie de dire,
00:52:57parce qu'ils pensent,
00:52:58ces enfants,
00:52:58mais ils n'ont pas les armes.
00:52:59Mais c'est intéressant
00:53:00ce que vous voulez dire
00:53:00sur la notion de plaisir.
00:53:02Parce que ce que vous dites,
00:53:03vous, monsieur le ministre,
00:53:03c'est qu'il faut apprendre
00:53:04à écrire.
00:53:04Bien sûr,
00:53:05bon, ça, d'accord.
00:53:05Et ça peut être
00:53:06un peu strict.
00:53:08La notion de plaisir
00:53:09à l'école,
00:53:09est-ce qu'elle est présente ?
00:53:11J'espère.
00:53:12Mais peut-être pas assez,
00:53:13comme toujours.
00:53:14Voilà.
00:53:14Peut-être pas partout,
00:53:15peut-être pas dans les termes,
00:53:15etc.
00:53:16Mais pour le coup,
00:53:17vous savez,
00:53:17on parle souvent
00:53:18de lecture plaisir.
00:53:19Mais là où je vous rejoins,
00:53:20c'est qu'on a mis l'accent,
00:53:22on a beaucoup mis l'accent
00:53:22sur la lecture.
00:53:23Moi-même,
00:53:23je promeus la lecture
00:53:25assez abondamment.
00:53:26Mais en réalité,
00:53:27la lecture sans l'écriture,
00:53:29c'est un apprentissage bancal.
00:53:32C'est-à-dire qu'on voit bien
00:53:33qu'en fait,
00:53:33les deux se répondent.
00:53:34Et que si au bout d'un moment,
00:53:35je lis sans jamais écrire
00:53:37pour le plaisir,
00:53:37et sans jamais avoir...
00:53:38Alors nous,
00:53:38on appelle ça une écriture
00:53:39d'imagination
00:53:40dans l'écriture nationale.
00:53:42Pas créative,
00:53:43mais c'est le même principe
00:53:43en réalité.
00:53:44On voit bien qu'au bout d'un moment,
00:53:46on a une forme d'asymétrie
00:53:47qui se crée.
00:53:47Et moi,
00:53:48je suis convaincu
00:53:48qu'un enfant qui n'apprend pas
00:53:50à écrire par plaisir
00:53:51et justement pour imaginer,
00:53:53au bout d'un moment,
00:53:54décroche de la lecture plaisir.
00:53:56Parce qu'en réalité,
00:53:57les deux se répondent.
00:53:58Et si vous avez une partie
00:53:59de l'hémisphère
00:53:59qui ne le fait plus,
00:54:00à la deuxième,
00:54:01se dessèche.
00:54:02Donc,
00:54:03il faut vraiment...
00:54:03Je suis très fazé
00:54:04avec ce que vous dites.
00:54:05Il faut vraiment
00:54:05qu'on aille faire ce travail-là.
00:54:07Ça se fait déjà pas mal.
00:54:08Il y a d'ailleurs des artistes aussi.
00:54:10On a beaucoup d'écrivains
00:54:10qui viennent en résidence,
00:54:11par exemple dans les écoles,
00:54:12faire des projets d'écriture
00:54:13pour justement initier
00:54:14des projets comme ça.
00:54:15Maintenant,
00:54:15il est clair que ça ne se fait
00:54:16pas forcément partout,
00:54:17pas dans les mêmes termes
00:54:18et qu'il y a un travail
00:54:18à faire en termes pédagogiques.
00:54:19Petite parenthèse
00:54:20sur ce que vous avez dit
00:54:20tout à l'heure dans l'émission.
00:54:21Ce n'est pas une question piège,
00:54:22mais ça me vient comme ça.
00:54:23Vous dites que tous les intervenants
00:54:24dans les écoles,
00:54:25on passera au crible leur passé.
00:54:27Même les écrivains
00:54:28quand ils viendront dans les écoles ?
00:54:29Par principe, oui.
00:54:31Ils font partie
00:54:31des intervenants comme les autres.
00:54:32On ne passe pas au crible leur passé,
00:54:33on passera juste au crible
00:54:33leur condamnation pénale éventuelle.
00:54:35Mais comme tout le monde.
00:54:36Bah oui.
00:54:36Comme tout le monde.
00:54:38Delphine Sobaber,
00:54:38ce qui est un de vos sujets
00:54:40d'inquiétude aussi,
00:54:40c'est le fait de l'arrivée
00:54:42de l'intelligence artificielle
00:54:43qui peut assécher tout ça.
00:54:44C'est ce que vous dites.
00:54:46Bah oui,
00:54:46parce qu'elle est devenue
00:54:47un super assistant
00:54:48pour nous adultes,
00:54:49mais pour les enfants
00:54:51qui n'ont pas la conscience
00:54:52de leur pensée propre.
00:54:54Parce que c'est ça
00:54:55dont on parle
00:54:55dans l'écriture créative
00:54:56ou l'écriture d'imagination.
00:54:57Qu'est-ce que fait un enfant ?
00:54:58Il plante son moi
00:54:59sur la feuille.
00:55:01C'est Alain Bain-Tolila,
00:55:02ce linguiste
00:55:03qui a eu une phrase merveilleuse
00:55:04qui dit
00:55:04« Lire et écrire constituèrent
00:55:06la réponse
00:55:07à la magnifique question
00:55:08que les hommes
00:55:09ont mis des milliers d'années
00:55:10à se poser
00:55:11que suis-je ?
00:55:12Que suis-je ?
00:55:12Qui suis-je ? »
00:55:13C'est ça dont on parle.
00:55:14Ce n'est pas d'orthographe
00:55:15ou de faute à la dictée.
00:55:17C'est une notion
00:55:18bien supérieure,
00:55:19bien plus importante.
00:55:20Et du coup,
00:55:21l'IA,
00:55:22en fait,
00:55:23pour ces enfants,
00:55:24ils sont à peine
00:55:25en construction
00:55:26de leur propre pensée
00:55:27que l'IA
00:55:28va leur servir
00:55:28de pensée palliative,
00:55:30de substitution.
00:55:31C'est très grave
00:55:32ce qui se passe.
00:55:32On est dans un renversement
00:55:35civilisationnel
00:55:35de paradigmes cognitifs
00:55:37et civilisationnels
00:55:38hyper importants.
00:55:39on n'a pas entendu
00:55:40beaucoup les politiques
00:55:41en parler.
00:55:43Aux campagnes législatives,
00:55:44présidentielles,
00:55:45quels hommes politiques
00:55:46parlent de la jeunesse ?
00:55:47Qui ?
00:55:48À la prochaine campagne
00:55:50présidentielle,
00:55:50est-ce qu'on va entendre
00:55:51parler des enfants,
00:55:52de la voix de la jeunesse ?
00:55:53Et des risques
00:55:54qu'il y a autour,
00:55:54ce que vous disiez.
00:55:55On est en train
00:55:56de sacrifier notre jeunesse.
00:55:57Un enfant qui n'a pas
00:55:58de portable à l'école
00:55:59en sixième,
00:56:01c'est...
00:56:01En fait,
00:56:02on passe pour des parias,
00:56:04des êtres différents.
00:56:05On les jette
00:56:06dans la gueule d'Internet,
00:56:08de tout le pire d'Internet.
00:56:09Il y a évidemment
00:56:10du très bon
00:56:10dans les réseaux sociaux,
00:56:12mais en l'occurrence,
00:56:13un enfant ne sait pas lire,
00:56:15ne sait pas comprendre.
00:56:15Mais ce serait quoi votre idée
00:56:17justement pour éviter ça ?
00:56:19Moi, je ne suis pas
00:56:20une femme politique,
00:56:21je suis juste une citoyenne,
00:56:22en fait,
00:56:22une ancienne journaliste
00:56:23très concernée.
00:56:24Oui, on fait un constat
00:56:26et je vous remercie vraiment
00:56:28beaucoup d'accepter cet échange
00:56:29parce que c'est un cri d'alarme
00:56:31en tant que citoyen,
00:56:33simplement.
00:56:33Alors aujourd'hui...
00:56:33Il faut consacrer du temps,
00:56:34il faut éliminer
00:56:35l'intelligence artificielle
00:56:36de l'école ?
00:56:37Mais on ne pourra jamais,
00:56:38de toute façon,
00:56:38c'est un livre qui ne vise pas
00:56:40à aller contre
00:56:40l'univers numérique.
00:56:41L'intelligence de demain
00:56:42sera hybride.
00:56:43mais si on ne revalorise pas
00:56:45tout de suite,
00:56:46là, maintenant,
00:56:47c'est une urgence républicaine
00:56:48comme le disait l'éphémère
00:56:49Gabriel Attal
00:56:50quand il était ministre
00:56:51de l'éducation.
00:56:51Ah, éphémère en tant que ministre, oui.
00:56:53En tant que ministre de l'éducation,
00:56:55en fait, on va dans le mur.
00:56:56Édouard Giffray.
00:56:58Est-ce qu'il faut réserver du temps
00:57:00à l'écriture
00:57:00plutôt qu'à l'intelligence artificielle ?
00:57:02Comment on fait ?
00:57:03Alors, pardonnez-moi,
00:57:04je ne vais pas tout à fait
00:57:04vous répondre tout de suite
00:57:05parce que oui, bien sûr,
00:57:06mais au-delà de ça,
00:57:07je partage le fait
00:57:08qu'on est sur une rupture
00:57:09anthropologique en réalité.
00:57:12J'en parlais avec une philosophe
00:57:12qui s'appelle Emma Carignini
00:57:14et qui me disait d'une fois,
00:57:15et qui m'a fait prendre conscience de ça,
00:57:16il y a eu trois ruptures
00:57:18dans les technologies de la connaissance.
00:57:20La première, c'est l'invention de l'écriture.
00:57:21La deuxième, c'est l'invention de l'imprimerie.
00:57:23La troisième, c'est l'intelligence artificielle.
00:57:25Si vous regardez,
00:57:26si je prends un peu de recul,
00:57:28la première fois,
00:57:28on est passé de la préhistoire
00:57:29à l'antiquité.
00:57:31La deuxième fois,
00:57:32on est passé, grosso modo,
00:57:35du Moyen Âge
00:57:36à l'époque moderne.
00:57:37La troisième fois,
00:57:37je ne sais pas où on va,
00:57:38mais je sais qu'on y va bien.
00:57:39Donc, on est sur une évolution
00:57:40de cette nature-là.
00:57:42Il ne faut pas sous-estimer
00:57:43ce qui se passe.
00:57:44Alors, ensuite,
00:57:45je pense qu'il ne faut pas en avoir peur.
00:57:48Mais ça se pilote, si vous voulez.
00:57:50Donc, parce que ça pose la question
00:57:51de ce que je dois apprendre,
00:57:53qu'est-ce qu'il faut encore apprendre
00:57:54à nos enfants ?
00:57:55Typiquement, on parlait de l'écriture
00:57:56et par conséquent du lexique.
00:57:57L'intelligence artificielle,
00:57:59si vous ne savez pas la promptez
00:58:00et si vous avez un lexique de base,
00:58:01elle va vous sortir
00:58:02un produit minable.
00:58:04Si vous savez la promptez,
00:58:05comme on dit,
00:58:05parce que vous avez un lexique complexe,
00:58:07elle va pouvoir beaucoup plus
00:58:08aider.
00:58:08Sauf que comme vous avez
00:58:09un lexique complexe,
00:58:10vous serez beaucoup plus en mesure
00:58:11aussi de prendre du recul
00:58:13par rapport à ce qu'elle vous raconte.
00:58:14Donc, qu'est-ce qu'il faut
00:58:14que j'apprenne ?
00:58:15Comment je l'apprends ?
00:58:17Et comment est-ce que j'évalue ?
00:58:19Qu'est-ce que c'est, par exemple,
00:58:20qu'un devoir fait à la maison
00:58:20quand 90% des élèves
00:58:23utilisent une IA pour le faire ?
00:58:25Tout ça est bouleversé.
00:58:26Je reviens à ce que disait
00:58:27Delphine Sobaber,
00:58:28c'est que est-ce qu'il faut
00:58:29consacrer du temps,
00:58:32sacraliser du temps,
00:58:32j'allais dire,
00:58:33à l'écriture
00:58:34et à la lecture
00:58:35à l'école ?
00:58:36Mais normalement,
00:58:37si vous voulez,
00:58:38en toute logique,
00:58:40moi, je suis très prudent
00:58:41sur le dire,
00:58:41il faut sacraliser du temps
00:58:43en disant
00:58:43c'est une heure par semaine.
00:58:44En toute logique,
00:58:45vous devriez écrire
00:58:45un peu tout le temps.
00:58:47Il faut effectivement
00:58:48des espaces d'écriture
00:58:48et d'imagination.
00:58:49Je suis entièrement
00:58:50d'accord pour ça.
00:58:51Il faut cultiver la lecture.
00:58:52Mais parce que,
00:58:53de manière générale,
00:58:53ce qu'il faut,
00:58:54c'est forger l'esprit critique
00:58:55pour outiller nos enfants
00:58:56avant qu'ils soient exposés
00:58:57à l'outil.
00:58:57Toute l'éducation
00:58:58consiste à éveiller la conscience
00:59:00avant l'exposition
00:59:02au contenu.
00:59:03Et ce qui est en train
00:59:03de se passer
00:59:04avec le numérique
00:59:04et le fait que nos gamins
00:59:06aient maintenant
00:59:06des téléphones portables
00:59:06à 8 ans,
00:59:07c'est qu'on les expose
00:59:08au contenu
00:59:08avant d'avoir éveillé
00:59:09la conscience.
00:59:10Évidemment que si on fait ça,
00:59:11on va collectivement
00:59:11dans le mur.
00:59:12Et donc,
00:59:13pour empêcher ça,
00:59:14il faut mettre les choses
00:59:14dans le bon ordre,
00:59:15d'où le fait qu'on interdise
00:59:16le téléphone à l'école,
00:59:17au collège et au lycée,
00:59:18d'où le fait que j'ai dit
00:59:20très clairement
00:59:20que je ne voulais pas
00:59:22que l'école soit
00:59:24le vecteur de l'entrée
00:59:25des écrans
00:59:26dans les maisons
00:59:27et que donc,
00:59:27en primaire,
00:59:28il n'y avait pas d'écran,
00:59:29etc.
00:59:30Ça vous rassure,
00:59:30Delphine Sobaber,
00:59:31c'est les premières réponses
00:59:32en quelques mots ?
00:59:33Oui, bien sûr que je suis heureuse
00:59:34d'entendre le constat
00:59:36parce qu'il est rarement dit
00:59:37au plan politique,
00:59:38comme je le disais,
00:59:39mais l'école,
00:59:40elle est quand même
00:59:40partie prenante du numérique.
00:59:42Moi, je vois,
00:59:44pour être maman de collège,
00:59:45si vous n'avez pas
00:59:46de tablettes
00:59:47ou sont consultables
00:59:49en temps et en heure,
00:59:50mais quand je dis
00:59:50en temps et en heure,
00:59:51c'est H24,
00:59:52les notes de votre enfant.
00:59:54Donc la moyenne,
00:59:54elle est recalculée
00:59:55à chaque note.
00:59:57Comme un cours de bourse, quoi.
00:59:58Oui, mais vraiment,
00:59:59quotidiennement.
01:00:00Et puis alors,
01:00:00elle est comparée
01:00:01à la moyenne de la classe,
01:00:01si bien que vous avez
01:00:03un parent qui vous dise
01:00:03« Tu sais, moi, ma fille,
01:00:04en fait, elle s'est levée
01:00:05à 10 heures pour regarder
01:00:06sa note de je ne sais quoi.
01:00:08Et puis plus ça approche
01:00:09près de Parcoursup,
01:00:10plus... »
01:00:11Et donc,
01:00:12comme on est dans un système
01:00:14hyper évaluatif,
01:00:15mais pas dès le collège,
01:00:16dès le CP,
01:00:16on fait des évaluations
01:00:17non-stop à l'école,
01:00:19ça interroge aussi
01:00:20sur l'approche
01:00:21qu'elle est en fait
01:00:22la politique de l'école
01:00:24par rapport au numérique.
01:00:25Parce qu'on nous soumet
01:00:26à des injonctions contradictoires.
01:00:27On va dire aux enfants
01:00:28« Tu ne vas pas regarder
01:00:29les écrans. »
01:00:30Et en même temps,
01:00:30si on n'a pas...
01:00:31Tout est sur écran.
01:00:32Tout est sur écran.
01:00:33Jean-Giffré ?
01:00:34Alors, deux choses.
01:00:35D'abord, moi, je pense que...
01:00:36En quelques mots.
01:00:37Tant que je suis à l'école primaire,
01:00:38donc élémentaire, maternelle,
01:00:40il n'y a pas d'écran.
01:00:41Déjà.
01:00:42Et là-dessus, il faut...
01:00:43C'est les parents
01:00:43qui doivent les regarder.
01:00:45Il faut être clair sur la doctrine,
01:00:45il n'y a pas d'écran.
01:00:46C'est les parents
01:00:46qui regardent les notes.
01:00:47Au collège et au lycée.
01:00:49Et puis, de toute façon,
01:00:49ils les reçoivent par courrier.
01:00:50Je ne sais pas comment.
01:00:50On n'a pas besoin
01:00:50d'être sur les notes
01:00:51de ces gamins toute la journée.
01:00:52Enfin, là aussi,
01:00:52il faut un peu d'air, quoi.
01:00:54Bon.
01:00:54Ensuite, donc,
01:00:55au collège et au lycée,
01:00:56ce qu'on a mis en place,
01:00:57c'est la déconnexion.
01:00:59Vous avez pu accéder
01:01:00la nuit, etc., etc.,
01:01:01pour empêcher
01:01:02que tout le monde nourrisse.
01:01:03Mais en réalité,
01:01:03on voit bien que derrière ça,
01:01:05il faut qu'on apprenne
01:01:06collectivement à servir de l'outil.
01:01:07On n'a pas besoin
01:01:07de consulter les notes
01:01:08de ces enfants tous les jours
01:01:17avec Édouard Geffray,
01:01:18le ministre de l'Éducation nationale.
01:01:19Merci, Édouard Geffray,
01:01:20d'avoir été sur le plateau
01:01:21de l'Indice et politique
01:01:22qui se termine pour ce soir
01:01:23et qui revient dans 15 jours.
01:01:25D'ici là,
01:01:25bonne semaine sur LCP
01:01:27avec toutes les émissions
01:01:28de demain,
01:01:29chaque voix compte
01:01:30et puis questions
01:01:30au gouvernement, bien sûr.
01:01:32Merci et à bientôt.
01:01:35– Sous-titrage ST' 501
01:01:47– Sous-titrage ST' 501
Commentaires

Recommandations