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  • il y a 1 jour
Bien sûr, de Gaulle s'est fait tout seul. Mais il ne serait pas devenu de Gaulle sans Paul Reynaud.
« Vous êtes celui qui, naguère, me donna le départ » a-t-il écrit en 1963 au bas d'une photo officielle de lui Président dédicacée à son ancien pygmalion. En mars 1940, le colonel de Gaulle lui écrivait :
« Cette guerre est déjà perdue, mais il est encore temps d'en gagner une autre. ». En le nommant sous-secrétaire d'État à la Guerre deux mois plus tard, Paul Reynaud propulsait Charles de Gaulle sur la scène politique.
Paul Reynaud est un grand oublié de l'histoire. Devenu chef de gouvernement à une voix de majorité, en mars 1940, il aura le mérite suprême de s'effacer pour confier à celui dont il a perçu l'envergure incontestable, Charles de Gaulle, le soin de poursuivre à Londres la lutte contre l'ennemi nazi.
Ce documentaire permet de revisiter le destin de cet homme injustement rendu responsable de la défaite française par les chefs militaires et par la propagande vichyssoise.
Grâce aux dialogues authentiques entre les géants de l'Histoire qui débattaient avec Paul Reynaud - Churchill, Pétain, de Gaulle, Weygand - nous revivons jour après jour le déroulé des événements au sommet de l'État pendant la débâcle de l'armée française. Les images d'archives alternent avec une bande dessinée sonorisée donnant l'impression d'assister de tout près aux moments les plus marquants de notre Histoire.

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Transcription
00:01...
00:21En mai 1940, la France prend la plus grande claque de son histoire.
00:27Son armée, supposée la plus forte du monde, est balayée par l'armée allemande en quelques jours, écrasée en quelques
00:36semaines.
00:42Sur le plan militaire, le déroulement du désastre est relativement connu.
00:49Mais sur le plan politique, revivons au jour le jour ce qui s'est vraiment passé au sommet de l
00:55'État en mai-juin 1940,
00:58avant d'aboutir à l'armistice voulu par le maréchal Pétain.
01:03Le pivot de ces semaines noires, alors au pouvoir presque par hasard, oublié par l'histoire, était Paul Reynaud.
01:14Un petit homme, mais grand parmi les grands, dont la destinée croise et propulse celle d'un géant, Charles de
01:23Gaulle.
01:27Paul Reynaud était un brillant parlementaire, de centre-droit.
01:31Il a été plusieurs fois ministre.
01:34Le 23 mars 1940, il est appelé à la tête du gouvernement pour succéder à Daladier,
01:40considéré comme un faible depuis la conférence de Munich, où il avait lâché la Tchécoslovaquie à Hitler.
01:49Aussitôt nommé, Paul Reynaud vole vers Londres, pour rencontrer Churchill,
01:53que la déclaration de guerre avec l'Allemagne a projetée au pouvoir.
01:57Comme lui, il s'échange une promesse capitale.
02:01En cas de guerre, pas de paix séparée avec l'Allemagne.
02:12De retour à Paris, Paul Reynaud s'adresse aux Français.
02:23L'heure que nous vivons est décisive.
02:28Tout est mis en œuvre par M. Hitler.
02:32Est-ce qu'il y a sur une grande partie de l'Europe, les gémalies du Reich ?
02:43Ce soir-là, le nouveau chef de gouvernement,
02:46reçoit un visiteur qu'il connaît bien,
02:48qui lui écrit et le courtise depuis des années, le colonel de Gaulle.
02:55Paul Reynaud partageait ardemment ses idées sur une nécessaire modernisation de l'armée.
03:00Or, en mars 1940, alors que la guerre est déclarée depuis sept mois,
03:05voilà effectivement que l'armée française est frappée d'immobilité.
03:08C'est ce qu'on a appelé la drôle de guerre.
03:13Être inerte, c'est être battu.
03:16Cette guerre sera perdue.
03:18Hélas, oui.
03:19Mais il est encore temps d'en gagner une autre.
03:23Je l'avais dit en 1935.
03:25Hitler et Staline s'entendront pour se partager la Pologne.
03:28Puis, contournant la ligne Maginot, les Allemands déferleront sur nous par la Belgique.
03:33Comme en 14.
03:35Après tant de faiblesses et de médiocrité,
03:39vous voilà enfin à la tête du gouvernement.
03:42Vous pouvez semer la France.
03:46Je souhaite vous servir.
03:48Les étoilés ne veulent pas de vous, colonel, vous le savez bien.
03:52Soyez patient, cela viendra.
03:54Au moment de la bataille.
04:03Soudain, la drôle de guerre cesse d'être drôle.
04:07L'Allemagne attaque la France.
04:10Par la Belgique.
04:21Paul Reynaud se retrouve aux commandes d'un pays en guerre.
04:24Elle commence très mal.
04:27Ni lui, ni le colonel de Gaulle ne sont surpris.
04:29Ils avaient prévu l'invasion.
04:32Mais pas avec cette puissance.
04:34Pas à cette vitesse.
04:37L'armée française est bousculée en quelques jours.
04:43Que s'est-il passé ?
04:46Depuis septembre 1939,
04:49l'armée française était en état de guerre, sans guerre.
04:54Douillettement installée sous sa ligne Maginot.
04:56Au lieu d'attaquer l'Allemagne,
04:58les poilus de 39-40 ont vécu l'arme au pied.
05:02Huit mois d'attente et d'ennuis,
05:03calfeutrés dans leur fortification.
05:07Comble de l'absurdité,
05:10la ligne Maginot s'arrêtait au pied des Ardennes.
05:14Non stratège,
05:15en tout premier le maréchal Pétain
05:16et le commandant en chef des armées,
05:19le général Gamelin,
05:20avaient estimé que l'armée allemande
05:22ne pourrait pas traverser un tel massif forestier.
05:26Ni n'oserait violer la neutralité de la Belgique.
05:30Ce qu'elle avait pourtant fait en 1914.
05:36Dès l'attaque allemande,
05:37comme prévu,
05:39le généralissime Gamelin
05:40avait expédié ses divisions d'élite
05:42dans la Belgique envahie.
05:45Étrangement,
05:46elles ne sont pas harcelées
05:48par l'aviation ennemie.
05:51Pendant ce temps,
05:52des divisions allemandes s'avancent
05:53à la queue le nœud
05:54dans les Ardennes belges.
05:58en vue de contourner
06:00les armées françaises.
06:04Au bout de deux jours de guerre,
06:06Reynaud s'interroge.
06:08Et il interroge Gamelin
06:10qui, lui,
06:10ne voit pas le piège.
06:14Or, deux jours plus tard,
06:17les Panzers traversent tranquillement
06:18les forêts des Ardennes
06:20et dévalent en France
06:21sans opposition.
06:36C'est alors seulement
06:38que Gamelin ordonne
06:39à ses armées d'élite
06:40de faire demi-tour
06:41et de revenir en France.
06:44Deux jours trop tard.
06:49Ce repli précipité,
06:51tronçonné par l'aviation allemande,
06:53met hors jeu ses meilleures armées.
06:55Et tout leur armement.
07:11C'est inimaginable.
07:13Ces militaires ne nous disent rien.
07:15Le chef de gouvernement que je suis
07:18ne sait pas ce qui se passe.
07:20Le commandement chef non plus.
07:22La guerre est à peine commencée
07:24et déjà,
07:25la route de Paris serait ouverte.
07:27Il faut envisager un départ.
07:29Mettez cela en tête
07:30de l'ordre du jour du Conseil.
07:32Le gouvernement de la France
07:33ne peut pas tomber
07:34aux mains de l'ennemi.
07:35Il faudrait aussi brûler nos archives.
07:37Ah non, pas maintenant.
07:38Churchill va arriver.
07:40On aurait l'air de quoi.
07:42Mais quand Paul Reynaud
07:43accueille le Premier ministre britannique,
07:45l'odeur de papier brûlé
07:47qui emplit l'air
07:48ne va pas mettre celui-ci
07:49de bonne humeur.
07:51Nos divisions sont chez vous.
07:54Je n'en ai pas plus.
07:55En rebroussant chemin en Belgique,
07:58nos armées ont dû
07:59abandonner leur matériel et...
08:00Si j'ai bien compris,
08:02monsieur Deladier,
08:03vous, ministre de la guerre,
08:06vous me dites que
08:07si les Allemands foncent vers la côte,
08:09ils enfermeront nos troupes
08:11et que la bataille sera perdue.
08:14Nous n'avons pas
08:15de réserve stratégique.
08:18Pas de réserve ?
08:20C'est la plus grande surprise
08:21de mon existence.
08:22C'est pas vrai.
08:23Même pendant mes quatre années
08:25de la Grande Guerre,
08:26monsieur le commandant en chef,
08:29je n'ai jamais entendu ça.
08:31Pas de division de réserve ?
08:34Non.
08:35Même pour défendre
08:36votre capital ?
08:38Nous avons aussi perdu
08:39beaucoup d'avions.
08:40Plus de la moitié.
08:41Vous n'en aviez déjà pas.
08:43Où aviez-vous la tête
08:45avant la guerre ?
08:46Il nous faudrait
08:47une dizaine d'escadrilles de plus.
08:49Mais que me restera
08:50pour défendre l'Angleterre ?
08:52Sans nous,
08:53vous êtes foutus.
08:57Paul Reynaud habite
08:58en face de l'Assemblée nationale.
09:00Le soir,
09:01Churchill est allé prendre
09:02un dernier drink chez lui.
09:04Notre aviation de chasse
09:06est vitale
09:07pour empêcher
09:08l'aviation allemande
09:10de détruire
09:11de détruire
09:11nos usines de guerre.
09:13Bien sûr.
09:13Et
09:14les aérodromes
09:15d'huile d'école.
09:18Sur les 475
09:21que nous avons stationnés
09:22chez vous,
09:23il n'en reste plus
09:24que la moitié.
09:27Mais
09:29je veux bien
09:30vous envoyer
09:31encore une dizaine
09:32d'escadrilles.
09:33Mais
09:34écoutez-moi bien.
09:36À nous,
09:37en Angleterre,
09:38il nous en resterait
09:4025.
09:41C'est un minimum.
09:43Vous n'en aurez pas
09:44d'autres.
09:45Nous,
09:46tenant la mer,
09:48nous pouvons obtenir
09:49de l'industrie américaine
09:51tous les armements.
09:52et un jour,
09:54quand les États-Unis
09:55entreront en guerre,
09:57je vous le prédis,
09:58nous finirons
10:00par l'emporter.
10:01Oui,
10:02j'en suis certain,
10:02comme vous.
10:03Vous me verrez
10:04asséréné,
10:04Winston.
10:05Merci.
10:06Vous pouvez compter sur moi.
10:08Nous combattrons
10:09de toutes nos forces.
10:11Ah,
10:11je préfère ça.
10:13Maintenant,
10:14tout commence,
10:15mais pas avec les mêmes.
10:20De fait,
10:21Paul Reynaud limoge
10:22le chef des armées
10:23Gamelin
10:24et le remplace
10:25par le général Végan,
10:26ancien second
10:27du Fauche victorieux
10:28de 1918.
10:32Il fait aussi entrer
10:34au gouvernement
10:35le vainqueur de Verdun,
10:36le maréchal Pétain.
10:38Paul Reynaud pense
10:39que la gloire
10:40attachée à ces noms
10:41prestigieux
10:42réanimera la confiance
10:44dans la troupe
10:44et dans la population.
10:49Pétain et Végan
10:49sont pourtant
10:50des hommes du passé,
10:52âgés de 80 ans
10:53et 73 ans
10:54et d'un genre
10:55peu offensif.
10:57Mais ce prince
10:59du débat démocratique
11:00qu'est Reynaud
11:01croit en l'union sacrée,
11:03au service
11:03de la patrie en danger.
11:05Sincérité
11:06et naïveté
11:07confondus,
11:08il croit
11:09en l'unanimité
11:10sous les bombes.
11:13Au même moment,
11:14un homme d'avenir,
11:16le colonel de Gaulle,
11:17est sur le terrain.
11:19Il y commande
11:20une unité de chars,
11:22ce genre de formation
11:23blindée dont précisément
11:24Pétain n'avait pas voulu
11:26doter l'armée française.
11:31Inexpérimenté,
11:32le colonel de Gaulle
11:33perd beaucoup d'hommes
11:34et de chars,
11:35mais au moins,
11:36il s'est battu.
11:38Reynaud le promeut général.
11:40Son directeur
11:41de cabinet écrira
11:43Jamais Reynaud
11:44n'eut un sourire
11:45plus heureux
11:46qu'en signant
11:47cette nomination.
11:50Bref retour en arrière.
11:52Reynaud et de Gaulle
11:54comptaient l'un sur l'autre.
11:56Tous deux savaient
11:57une guerre
11:58avec Hitler inévitable
11:59et ils prenaient
12:01un réarmement puissant.
12:03Dès 1934,
12:05Paul Reynaud
12:06avait été sensible
12:07aux idées
12:07d'un certain
12:08lieutenant-colonel de Gaulle
12:09en faveur
12:10d'une armée de métiers
12:12fortement mécanisée.
12:16Et il a été
12:17le seul chef de file,
12:18le seul,
12:19à adopter
12:20et partager
12:21ses idées
12:21au Parlement.
12:22En vain.
12:24Il s'est heurté
12:25aux partisans
12:25du tout défensif,
12:27au tout premier rang
12:28desquels
12:28le maréchal Pétain
12:30et le général Végan.
12:33En 1938,
12:35Paul Reynaud
12:35est ministre des Finances.
12:37il réussit
12:38un spectaculaire
12:39rétablissement financier
12:40lequel permet
12:42d'accélérer
12:43un réarmement
12:44trop tardif.
12:46Et pour ce faire,
12:47il ose mettre fin
12:48aux 40 heures
12:49du Front Populaire.
12:50J'affirme
12:51que le pays
12:53peut guérir.
12:54Tous les Français
12:55sentent
12:57confusément
12:58depuis longtemps
12:59la nécessité
13:01d'un grand effort
13:02commun.
13:03Cet effort,
13:04l'heure
13:06est venue
13:06de le fournir.
13:08La réponse
13:09du Mont Ouvrier
13:10a été une grève générale.
13:12Reynaud
13:12l'a brisé
13:13par la force,
13:14se gagnant ainsi
13:15une immuable
13:17impopularité.
13:18Mais il fit
13:19remettre au travail
13:20les industries
13:20de l'armement.
13:31Le Paris
13:32du coup de faux
13:33allemand
13:34a parfaitement fonctionné.
13:36Dix jours seulement
13:37après leur entrée
13:38en guerre,
13:39les Panzers
13:39atteignent la Manche.
13:42Dans le nord,
13:43les troupes françaises
13:44et britanniques
13:45sont enfermées.
13:46Les thomises
13:46n'écoutent plus
13:47les ordres de Weygand.
13:48Ils tournent leurs yeux
13:49puis leurs pieds
13:50vers les ports
13:51pour entrer à la maison.
13:54À Londres,
13:55Churchill donne déjà
13:56des ordres
13:56pour assembler
13:57tout ce qui peut naviguer.
14:02À Paris,
14:03Weygand et Pétain
14:04militent déjà
14:05en faveur
14:05d'un armistice.
14:08Ce qui rend
14:09orageuse
14:09leur confrontation
14:10avec un Paul Reynaud,
14:11arc-bouté
14:12contre toute perspective
14:13de défaite.
14:1738 de nos divisions
14:19sont donc isolées,
14:20prisonnières.
14:21De nouvelles divisions
14:22ne pourront vraiment
14:23tenter de les dégager
14:25que vers le 15 juin.
14:26Dans trois semaines !
14:29En face,
14:30à trois contrats,
14:32130 divisions allemandes
14:33peuvent nous balayer
14:34comme elles veulent.
14:36Messieurs,
14:37nous sommes entrés
14:38en guerre
14:38sans le matériel
14:39qu'il fallait,
14:40ni la doctrine militaire
14:42qu'il fallait.
14:42à qui la faute ?
14:45Celle des partisans
14:47du tout défensif.
14:49Vous parlez
14:50comme si vous envisagiez
14:51une défaite.
14:52Il faut au contraire
14:53engager une lutte à mort.
14:55Le roi des Belges
14:56songe à déposer les armes.
14:58Nous devrions aussi réfléchir.
15:00En effet.
15:01C'est hors de question.
15:03Notre pacte
15:04avec Churchill
15:04est formel.
15:06Pas de paix séparée.
15:08Pourquoi tant
15:09de réciprocité ?
15:11Les Anglais
15:11n'ont mis en jeu
15:12peu que dix divisions.
15:14Nous, 80.
15:16La parole,
15:16ça compte.
15:17Surtout quand notre sort
15:18dépend du leur.
15:19Et s'ils sont envahis
15:21à leur tour ?
15:22Plus nous nous battons,
15:24plus nous compromettons
15:25cette éventualité.
15:26Ce sont nos seuls alliés.
15:29Gering nous a proposé
15:30une trêve.
15:31Pourquoi ne pas répondre ?
15:32Discuter avec le diable,
15:33on devrait plutôt
15:34s'entendre avec l'Italie.
15:35On lui donnerait
15:36la Tunisie.
15:37Tu rêves ?
15:37Mussolini va entrer en guerre
15:38contre nous
15:39et prendre sa part du gâteau,
15:40c'est sûr.
15:41Notre dernière chance
15:43est de tenir
15:44sur la Somme.
15:45Pas de recul,
15:47quitte à se faire tuer
15:47sur place.
15:48Mais après cela,
15:50plus rien ne sera possible.
15:52Rien.
15:54Au cas de défaite,
15:55eh bien,
15:57je...
15:58je serai déshonoré
16:00sans plus de raison
16:02de vivre.
16:03Mais,
16:04général,
16:05aux yeux de la France entière,
16:06vous êtes l'honneur même.
16:08Vous avez beaucoup fait
16:10et vous tiendrez.
16:11J'en suis certain.
16:13S'ils percent
16:14sur la Somme,
16:16où envisagez-vous
16:17de vous replier ?
16:18Eh bien,
16:19sur Bordeaux.
16:20Comme en 1870,
16:22comme en 14,
16:23en somme.
16:24Enfin,
16:25sans mauvais jeu de mots.
16:27Soit nous regroupons
16:28nos forces armées
16:29en Bretagne,
16:31soit c'est le Maroc
16:33ou l'Algérie.
16:35L'Afrique du Nord,
16:36c'est un fantasme.
16:37Pourquoi ne pas rester
16:38à Paris,
16:39dignement ?
16:40Pour nous laisser
16:41faire prisonnier.
16:42Pour discuter
16:43avec nos occupants.
16:45Messieurs,
16:46vous êtes en guerre
16:48contre les nazis
16:49ou contre la République ?
16:54La remarque de Paul Reynaud
16:56pointe le fond du problème.
16:59Le général Végan
17:00s'est confié
17:00au général Gamelin,
17:02déchu.
17:03Celui-ci rapportera
17:05que Végan
17:05lui a semblé
17:06plus préoccupé
17:07par la situation intérieure
17:09que par le désastre
17:10sur le front,
17:13plus obsédé
17:14par les communistes
17:15que par les nazis.
17:17Vous en faites pas.
17:19S'il vous a renvoyé
17:20le nabot,
17:22c'est pour la gloriole.
17:24Bien heureux
17:24de nous trouver
17:25Pétan et moi,
17:26cette politique,
17:2843 gouvernements
17:29en 20 ans.
17:31Un jour,
17:31il faudra nettoyer
17:32tout ça.
17:34Sur le front,
17:35c'est foutu.
17:35C'est ici
17:36qu'il faut faire front.
17:37Si le peuple
17:38se soulève,
17:40faudra bien des soldats
17:41pour rétablir l'ordre,
17:43non ?
17:44Mon devoir
17:45est de préserver
17:47nos forces armées.
17:51Une seule bonne nouvelle
17:52éclaire
17:53ces trois premières
17:54semaines de guerre.
17:55Elles proviennent
17:56de Dunkerque.
17:59Malgré le harcèlement
18:00de l'aviation allemande,
18:01le rembarquement improvisé
18:03des troupes britanniques
18:04fonctionne.
18:06En quelques jours déjà,
18:08160 000 hommes
18:09sauvés
18:09au lieu des 50 000 espérés.
18:14La protection du réduit
18:16assuré par les soldats français
18:17y concourt
18:18pour beaucoup.
18:22L'armée estime
18:23cependant
18:24qu'ils ne sont pas
18:25payés de retour.
18:27Sur les plages,
18:28ils sont souvent repoussés.
18:30Le nombre de soldats français
18:32évacués est insuffisant.
18:33Nous sauverons d'abord
18:34les soldats
18:35qui vous sauveront,
18:37nos soldats.
18:38Ils sauveront aussi
18:39vos combattants
18:40qui se sont sacrifiés
18:42pour protéger
18:43notre rembarquement.
18:45Jolly good fellows,
18:47ils ont vraiment mérité.
18:50Nous perdons
18:51beaucoup d'hommes
18:51sur la Somme.
18:53Une fois encore,
18:54Winston,
18:54je vous supplie
18:56de faire intervenir
18:57davantage
18:58votre aviation.
18:59Mais elle se bat
19:00au-dessus de Dunkerque.
19:02Sans elle,
19:02le rembarquement
19:03tournerait au désastre.
19:05Notre corps
19:06a dû abandonner
19:07tout son matériel
19:08pour défendre
19:10l'Angleterre.
19:10il ne nous reste plus
19:12que les avions.
19:13Quand nos chasseurs
19:15se battent
19:15sous votre direction,
19:17les pertes
19:18sont très élevées.
19:19Mais quand ils se battent
19:20pour nous,
19:21comme à Dunkerque,
19:22ils abattent
19:23six fois plus
19:24d'avions ennemis.
19:25Vous voulez des avions,
19:27des chars ?
19:28Appelez-vous,
19:29The Volt.
19:33Dunkerque est tombé,
19:35mais au final,
19:36340 000 soldats
19:38ont pu rembarquer,
19:39dont 120 000 Français.
19:42Sur la somme,
19:44l'armée française
19:45tient.
19:46Mais pour combien
19:47de temps encore ?
19:48La Wehrmacht
19:49y ramenant les divisions
19:50qu'elle avait concentrées
19:51autour de Dunkerque.
19:56Reynaud remanie
19:57son gouvernement.
19:58Et cette fois,
19:59il y fait entrer
20:00De Gaulle.
20:06Il va lui confier
20:07un rôle suprême.
20:09être son représentant
20:11personnel
20:11auprès de Churchill.
20:16Aussitôt nommé ministre,
20:18De Gaulle se fait
20:19photographier
20:19dans son ministère.
20:20Il s'agit pour lui
20:21de sortir de l'ombre,
20:22de se faire connaître
20:23du peuple français.
20:25Il en énerve
20:26beaucoup aussi
20:27en faisant adjoindre
20:28à son titre
20:29de sous-secrétaire
20:30d'État à la guerre
20:31la mention
20:32« et »
20:33de la défense nationale.
20:35Il écrira
20:36dans ses mémoires
20:37« Je devenais
20:39un homme politique.
20:42Je sortais
20:43de la hiérarchie militaire
20:44pour n'y jamais
20:46retourner. »
20:52Chaque jour,
20:53une avalanche
20:54d'événements malheureux
20:54accable Paul Reynaud.
20:56Mais ce matin-là,
20:58il a le cœur ailleurs.
21:01Les Allemands
21:02ont passé la somme.
21:03Oui,
21:04oui,
21:04je sais.
21:06Lisez cela.
21:07Posté en garde
21:08d'Abbeville.
21:09Monsieur Reynaud,
21:11on ne peut pas
21:11combattre des chats
21:12avec un fusil.
21:14Mes hommes ont fui,
21:16mais ce n'était
21:17pas des lâches.
21:18Je mets fin
21:19à mes jours
21:20pour avoir le droit
21:21de vous le dire
21:23et d'être cru.
21:26J'ai ordonné
21:27un repli.
21:28Leur char fonce
21:29vers l'Oise.
21:30Soit
21:30ils passeront
21:32l'Oise.
21:32Et après ?
21:33Après ?
21:34C'est la scène
21:36et la garde.
21:36Oui,
21:37et après ?
21:38Après ?
21:38Mais c'est fini.
21:40Monsieur le sous-secrétaire.
21:42Comment fini ?
21:44Et le monde ?
21:45Et l'Empire ?
21:47Quel enfantillage.
21:49L'Empire est un ramassis
21:50de nègres
21:51sur lesquels
21:51vous n'avez plus
21:52de pouvoir
21:52dès que vous êtes battus.
21:54Quant à l'Angleterre,
21:55elle n'attendra pas
21:56huit jours
21:56pour négocier
21:57avec le Reich.
21:58Ce qui compte maintenant,
22:00c'est qu'Hitler
22:01nous laisse les forces
22:02nécessaires
22:02pour maintenir l'ordre.
22:03Mais il n'y a pas
22:04d'émeute,
22:05pas de soulèvement,
22:05pas de commune.
22:07Vous voulez vous en prendre
22:08au peuple ?
22:09Nous ne sommes pas
22:10en 1870.
22:13Où allez-vous donc ?
22:14Sur la Loire.
22:16Vous ne dites jamais rien,
22:17monsieur le maréchal ?
22:19Je n'ai rien à dire,
22:21monsieur le président.
22:22Assis.
22:24Sur le front,
22:25le téléphone est défaillant.
22:27Et bien qu'ils emploient
22:28les pigeons
22:28comme nous l'avons fait
22:29en 14.
22:30Ça marchait très bien.
22:32Je vous adjure
22:33de remplacer Végan.
22:35Il nous mène au désastre.
22:39changer de commandant
22:40en chef
22:40en pleine guerre
22:41et pour la deuxième fois.
23:04Une fois passée la Somme,
23:06les Allemands foncent
23:07vers Rouen et Paris.
23:10La capitale est bombardée.
23:16Le gouvernement s'évacue
23:17en Touraine.
23:20Reynaud et De Gaulle
23:20partent ensemble
23:21dans la même voiture.
23:23L'état-major
23:24s'est sauvé en premier.
23:26Vous trouvez ça normal ?
23:28S'il n'y avait que ça.
23:38Le spectacle douloureux
23:40auquel il a assisté
23:41tout au long de la route
23:43inspire à Paul Reynaud
23:45ce discours
23:45qu'il prononcera
23:46le soir même
23:47à la préfecture de Tours.
23:50Nous avons voulu
23:52que la France
23:53regarde un gouvernement libre.
23:56C'est pourquoi
23:57nous avons quitté Paris.
23:59Dans le malheur
24:00qui se bat sur la patrie,
24:03faut avant tout
24:04qu'une chose se dise.
24:07L'arbre de la France
24:09n'est pas pratique.
24:12Elle a toujours
24:13recoulé en veille-feuille.
24:16Nous avons le droit
24:17d'espérer
24:18que la résurrection
24:21viendra.
24:23vont-ils me croire ?
24:31Chefs civils
24:32et militaires,
24:34français et britanniques,
24:36vivent en Touraine
24:36trois jours d'errance,
24:38sans carte,
24:39d'un château l'autre,
24:41aux accès non fléchés.
24:43Convoqués
24:44pour des sommets
24:44interalliés improvisés,
24:46ils se perdent,
24:48cherchent leur logis,
24:49tous dispersés.
24:50Neuf mois
24:51après la déclaration
24:52de guerre,
24:53ces lieux sont
24:54sans téléphone,
24:55alors qu'un éventuel
24:57repli en Touraine
24:58avait été planifié
24:59de longue date.
25:00Tous sont plus ou moins
25:02coupés
25:02de ce qui se passe
25:03sur le front
25:04et dans le pays.
25:06En pleine tourmente,
25:07la classe dirigeante française
25:09semble frapper
25:10d'incapacité.
25:34Vous êtes devenu général,
25:38paraît-il.
25:40Eh bien,
25:41je ne vous fais pas
25:41mon compliment.
25:42Vous-même,
25:43monsieur le maréchal,
25:44avez reçu
25:45vos premières étoiles
25:46pendant la retraite
25:47de 1914.
25:49Quelques jours plus tard,
25:50c'était la victoire
25:51de la Marne.
25:52Au car rapport.
25:53Espérons que si.
25:54En fortillage.
25:58Le long de la basse Seine,
26:00cinq divisions
26:01tiennent encore.
26:02Mais pour combien de temps ?
26:03Elles sont épuisées.
26:05À l'est,
26:07les armées
26:08de la ligne Maginot
26:09accélèrent leur repli.
26:10Pour le reste,
26:12j'ai dans la poche
26:12une liasse d'ordre
26:13de retraite.
26:15Notre armée
26:16disloquée,
26:18la défaite militaire
26:19consommée,
26:20la partie
26:21perdue.
26:22si nous devrions songer
26:25à mettre un terme
26:27aux hostilités.
26:28C'est aux politiques
26:29d'en juger.
26:31Vous outrepassez
26:32votre rôle,
26:32général.
26:34Envisager l'arrêt
26:35des combats,
26:35c'est l'affaire
26:36du gouvernement.
26:37Yes !
26:38Pas des militaires.
26:40Ou alors,
26:41vous capitulez.
26:42Livrer l'armée
26:43à l'ennemi ?
26:44Jamais.
26:45Moi,
26:46je n'hésite pas à dire
26:48qu'il faut cesser
26:48le combat
26:49et employer le mot
26:50auquel presque
26:51tout le monde
26:52pense ici
26:54un armistice.
26:55Mais enfin,
26:56monsieur le maréchal,
26:57l'esprit combatif
26:59déserte le commandement.
27:00Si quelqu'un pense
27:01pouvoir faire mieux
27:02que moi,
27:03qu'il prenne ma place,
27:04nous n'avons plus rien.
27:05Battez-vous !
27:07Vous avez le courage
27:08de bons soldats.
27:09Ils peuvent se battre
27:11à chaque détour de route,
27:12dans chaque village.
27:14Et mourir pour rien ?
27:15Et faire la guérilla
27:17dans les villes.
27:17Yes !
27:18Ce serait
27:19la destruction du pays.
27:20Les Allemands
27:21saccageraient tout.
27:22Oui,
27:23mais vous n'allez
27:24tout de même pas
27:24livrer vos forces
27:26à l'ennemi.
27:27Je dois préserver
27:28ce qui est sauvable.
27:30Oui.
27:31À ce moment critique
27:32de la conférence,
27:33Paul Reynaud
27:34fait diversion
27:35en exposant
27:36à Churchill
27:36un plan
27:37regroupant
27:38les unités valides
27:39en Bretagne
27:40pour en faire
27:41un immense camp
27:42retranché
27:42à portée
27:44de l'Angleterre.
27:44C'était l'idée
27:46de De Gaulle.
27:47Elle était contestée
27:49par ceux
27:49qui prenaient
27:50un repli général
27:51outre-mer
27:52et un embarquement
27:53immédiat
27:54pour Alger.
27:57L'Afrique du Nord
27:58était alors
27:58le fleuron
27:59de l'Empire colonial
28:00français.
28:05La puissante
28:06flotte de guerre
28:07de la Méditerranée
28:08sur laquelle
28:09l'ornier Hitler
28:10mouillait pour partie
28:11à Toulon
28:12et pour l'autre
28:13en Algérie
28:14à Merseille-Kébir.
28:18Le réduit breton
28:20c'est sympathique
28:21c'est proche
28:22de l'Angleterre
28:23mais
28:24permettez-moi
28:24de vous le dire
28:25franchement en général
28:26l'Afrique
28:27c'est tout de même
28:28plus sûr
28:29et plus sérieux.
28:32Vous y avez la flotte
28:33et vous avez
28:35tout un empire
28:35derrière
28:36en condition
28:37de pouvoir y aller.
28:39Oui.
28:40Nous n'avons pas
28:40assez de bâtiments
28:42pour transporter
28:43toute une armée.
28:43Comment ?
28:44A Dunkerque
28:45nous en avons
28:46sauvé
28:46335 000 soldats
28:48en une semaine.
28:50Vous pourrez
28:51tout aussi bien
28:52réussir un rempart
28:53comme on
28:53depuis Toulon.
28:55Je vous aiderai.
28:56C'est la meilleure
28:57flotte du monde.
28:59Nous n'avons
29:00ni ravitaillement
29:01ni munition
29:02là-bas.
29:03Moi
29:03mon cauchemar
29:04c'est votre flotte.
29:06Qu'allez-vous
29:06en faire ?
29:07Il est tout
29:08simplement
29:09impossible
29:10de la livrer
29:12au Bosch.
29:12Il n'en est pas
29:13question.
29:14Je serai
29:14contraire
29:14à l'honneur.
29:15Oh,
29:16nous voilà
29:16rassurés.
29:17Nous continuerons
29:19la guerre
29:20quoi qu'il arrive.
29:21Nous sommes
29:22certains
29:23de l'emporter.
29:24Même si
29:25la Manche
29:25est un très
29:26bon fossé
29:26anti-char.
29:28Hitler
29:28envahit
29:29notre beau pays.
29:30eh bien
29:32nous irons
29:33au Canada.
29:35De là-bas
29:36le monde
29:36nouveau
29:37viendra
29:38libérer
29:38le monde
29:39ancien.
29:40Les français
29:40ont subi
29:41jusqu'à présent
29:42toutes les souffrances.
29:43Nous aurons
29:44nous aussi
29:45notre part
29:45de souffrance.
29:47Seulement
29:48si nous
29:49britanniques
29:50n'aurions plus
29:50le choix
29:51contre la mort
29:52et la soumission
29:53à Hitler
29:54nous choisirons
29:56la mort.
29:57Soyez-en sûrs.
30:03bon
30:04il est
30:05neuf heures
30:06du soir
30:06et nous
30:07n'avons
30:07toujours pas
30:08mangé.
30:12Mais enfin
30:13il faut mettre
30:14fin aux souffrances
30:15de la guerre.
30:17Si pour
30:18rester fidèle
30:18à l'Angleterre
30:19vous refusez
30:20une possibilité
30:21de paix
30:22le pays
30:23ne vous pardonnerait
30:24pas.
30:26Si Churchill
30:27nous laissait
30:28entièrement
30:29tomber.
30:30Vous imaginez ?
30:31L'Angleterre
30:32n'a pas d'armée.
30:33Elle ne peut
30:34rien faire.
30:35Pétain
30:36pense qu'elle
30:36devrait demander
30:37l'armistice
30:38en même temps
30:38que nous.
30:48nous avons
30:50un besoin
30:51impératif
30:52de cinq
30:53escadrilles
30:54de chasse
30:55supplémentaires.
30:56Churchill
30:57vous estime
30:58repartez
30:58pour Londres
30:59plaider
31:00notre cause.
31:01Bien.
31:04Les Anglais
31:05sont repartis
31:06les Français
31:08demeurent
31:08face à eux-mêmes.
31:10Ce jour-là
31:11entre partisans
31:12du refus
31:13de la défaite
31:13derrière
31:14Reynaud
31:14et partisans
31:16de l'acceptation
31:16de la défaite
31:17les rideaux
31:19se déchirent.
31:20Le retrait
31:21de nos armées
31:21de la ligne
31:22Maginot
31:22se poursuit.
31:23Plus ou moins bien.
31:25Dans le reste
31:26du pays
31:26par contre
31:27nos troupes
31:28sont réduites
31:29à l'état
31:29de simples bandes.
31:31Il y a ici
31:32ou là
31:32un risque
31:33de formation
31:33de soviets.
31:34C'est partout
31:35la panique
31:35disons les choses
31:36comme elles sont.
31:38Torres
31:38et les communistes
31:39paraît-il
31:40veulent prendre
31:40l'Elysée.
31:41L'armée
31:42serait plus utile
31:43à Paris.
31:44Excusez-moi.
31:45Nous venons
31:46de recevoir
31:46la réponse
31:47de Roosevelt
31:47à votre appel.
31:49Seul le congrès
31:50des Etats-Unis
31:51est compétent
31:52pour décider
31:53d'entrer en guerre
31:54à nos côtés.
31:55Et voilà,
31:56je l'avais dit.
31:57Son industrie
31:58de guerre
31:58démarrant à peine
31:59il ne peut pas
32:00nous livrer
32:00beaucoup d'armement.
32:02Il nous encourage
32:03à résister
32:04en attendant
32:05d'en recevoir.
32:06Je ne vois plus
32:07d'autres solutions
32:07que d'entre
32:08pour parler.
32:09Vous croyez
32:10pouvoir discuter
32:10avec Hitler
32:11comme avec
32:12un gentleman ?
32:15Je prie
32:16le conseil
32:17de m'écouter.
32:19La vraie question
32:21est de savoir
32:21si le gouvernement
32:23doit quitter
32:24le territoire français.
32:26Selon moi,
32:27le devoir du gouvernement
32:28est de rester
32:30dans le pays.
32:32Je déclare
32:33que je me refuserai
32:35à quitter
32:35le sol métropolitain.
32:38Je resterai
32:39parmi le peuple
32:40pour défendre
32:42leurs biens
32:43et leurs vies,
32:44partager leurs peines
32:46et leurs misères.
32:48l'armistice
32:49est à mes yeux
32:50la condition
32:51nécessaire
32:52de la renaissance
32:54de la France éternelle.
33:00A mes yeux,
33:02déposer les armes,
33:04trahir notre allié
33:05britannique
33:06serait contraire
33:08à l'honneur.
33:09La vraie question
33:10n'est pas partir
33:11ou ne pas partir
33:12en Algérie
33:14ou ailleurs.
33:15La vraie question,
33:16comme Churchill
33:17la pose,
33:19la vraie question,
33:20c'est
33:21ne pas combattre
33:24ou combattre
33:25jusqu'à la victoire finale.
33:30Messieurs,
33:31à demain soir
33:32à Bordeaux.
33:34Bon voyage.
33:40Tandis que la troupe allemande
33:42investit Paris,
33:43le gouvernement
33:44et le grand état-major
33:45quittent une touraine
33:47menacée
33:47pour s'installer
33:48à Bordeaux,
33:49la ville de tous
33:50les refuges précipités,
33:52comme en 1870,
33:55comme en 1914.
33:57La capitale tragique
33:59où s'installe
34:00le gouvernement
34:00est en proie
34:02à tous les encombrements.
34:03Ministres et fonctionnaires
34:05volettent,
34:05affolés,
34:06pour trouver un gîte
34:07et un bureau.
34:13Côté militaire,
34:15l'armée recule.
34:18Se tronçonne,
34:20se débande,
34:24comme en Bourgogne,
34:25à l'est.
34:31À l'ouest,
34:32les Allemands
34:32pénètrent en Bretagne,
34:35se rapprochent
34:36de Bordeaux.
34:40Les commandants
34:41de groupes d'armée
34:41réclament
34:42un cessez-le-feu.
34:44nos soldats
34:45meurent d'épuisement.
34:46J'ai des fils
34:46au front, moi.
34:47Oui,
34:48comme nous tous.
34:50En ne vous décidant pas
34:51à traiter,
34:52vous répandez
34:53le sang des Français
34:54pour rien.
34:56Combien de temps
34:56cela va-t-il durer ?
34:58J'ai donné pour instruction
35:00de cessez-le-feu
35:01sur le terrain
35:02partout
35:02où il est inutile
35:03de poursuivre le combat.
35:05Vous n'avez pas
35:06transmis cet ordre.
35:08Monsieur le commandant,
35:09chef,
35:09c'est donc vous
35:10le responsable du carnage.
35:12C'est un cessez-le-feu
35:13général
35:14qu'il nous faut.
35:15Je ne peux pas
35:16en prendre la responsabilité.
35:18Ce serait l'équivalent
35:19d'une capitulation.
35:21Ce serait rendre l'armée
35:22seule responsable
35:24de la défaite.
35:24Elle l'est pourtant largement.
35:27Et si je vous donnais
35:29un ordre écrit ?
35:29Pour discuter au mieux
35:30avec Hitler,
35:31nous devons avoir
35:32une armée encore debout.
35:33Je ne l'appliquerai pas.
35:35Les civils veulent
35:36continuer la guerre
35:37et les militaires l'arrêter.
35:39C'est un comble.
35:40Bon débarras, non ?
35:42Le temps qui passe
35:42aggrave la désagrégation
35:44de nos armées.
35:45Je ne veux pas
35:46m'y associer.
35:48Mon devoir m'impose
35:49de vous présenter
35:50ma démission.
35:51Non, non, pas ça.
35:53Qu'est-ce qu'il y a de vous ?
35:53Maréchal...
35:54Vous n'allez pas
35:55nous faire ça.
35:56Maréchal,
35:57en pleine guerre.
35:59Alors,
36:00écoutez,
36:01à proposition écrite,
36:03réponse écrite.
36:05Pour la bonne forme,
36:06vous devrez s'attendre.
36:08Veuillez bien
36:08vous rasseoir parmi nous,
36:10je vous prie.
36:12D'après le récit
36:13d'un conseiller,
36:14Pétain ne bougea pas,
36:16semblant inviter
36:17les ministres à se lever
36:18sans succès.
36:20Il demeura ainsi debout,
36:22interdit comme un écolier puni,
36:25tandis que le conseil des ministres
36:27reprenait son cours.
36:30Le ministre Chotan
36:31avance alors ce compromis.
36:34Proposons à Churchill
36:35de nous délier
36:36de notre engagement
36:37à ne pas traiter seul
36:38et de nous permettre ainsi
36:40de nous enquérir
36:41auprès d'Hitler
36:42des conditions
36:44d'un éventuel armistice.
36:47« Elles seront acceptables
36:48ou vraisemblablement
36:51inacceptables.
36:53Mais ainsi,
36:53nous saurons
36:54si nous devons
36:55ou pas
36:55cesser le combat. »
36:58Une approbation générale
36:59s'élève
37:00comme un soulagement.
37:03Intéressé,
37:04Pétain a repris sagement
37:05sa place.
37:07Reynaud ne trouve pas
37:08l'idée mauvaise.
37:10Il décide de la télégraphie
37:11à Churchill.
37:13La réponse revient
37:14le lendemain.
37:16Journée qualifiée
37:17par de Gaulle
37:17comme la plus tragique
37:18de notre longue histoire
37:20et par Paul Reynaud
37:22comme la plus affreuse
37:23de sa vie.
37:25« Le cabinet britannique
37:27consent à ce que vous
37:28engagiez des pourparlers
37:29avec l'Allemagne
37:31pourvu que la flotte
37:32de guerre française
37:33apparaît immédiatement
37:34vers des ports anglais. »
37:36« Pas possible. »
37:38« Je me mets à leur place,
37:39je les comprends,
37:40mais peut-on
37:41laisser la flotte
37:42de Mussolini
37:43régner sur la Méditerranée ? »
37:45« Non, non, non. »
37:47« Monsieur le Président ? »
37:48Comment rallier
37:49l'Afrique du Nord
37:50sans la marine ?
37:52« Monsieur, je...
37:54je...
37:54je ne sais que... »
37:58« Cet homme
37:59dont tout le monde
38:00a loué le calme
38:01et la maîtrise
38:03a pu aussi parfois
38:04fléchir
38:06en ce jour extrême.
38:08Un appel inattendu
38:09le tire hors
38:10de son abattement.
38:12Le général de Gaulle
38:13vous appelle de Londres,
38:14du bureau de Churchill.
38:15Il est en ligne.
38:16« Oui,
38:16Monsieur le Premier Ministre
38:18est présent.
38:18Le texte est de Jean Monnet.
38:20Vous êtes prêts ? »
38:23à l'heure du péril... »
38:25« À l'heure du péril... »
38:27« Où se décide
38:28la destinée du monde ? »
38:30« Où se décide
38:31la destinée du monde ? »
38:33« Désormais,
38:35la France et le Royaume-Uni
38:37fusionnent en une seule nation
38:40avec une même nationalité
38:43pour tous leurs habitants.
38:46Un parlement
38:47et un cabinet de guerre commun. »
38:50« Un cabinet de guerre commun. »
38:53« Ah oui,
38:54oui,
38:54c'est formidable. »
38:55« Pour se faire,
38:56de Gaulle a raison.
38:57Il faut accepter
38:59que nous ne nous lâcherons jamais.
39:03Jamais nous ne s'aiderons. »
39:06Cette proposition
39:07aussi généreuse qu'utopique,
39:09Paul Reynaud l'adopte aussitôt
39:12comme une possible planche de salut.
39:15« Si l'Angleterre tient le coup
39:17jusqu'à l'entrée en guerre
39:18espérée des Américains,
39:20pense-t-il,
39:20tout comme de Gaulle,
39:23alors la France doit les attendre
39:24auprès d'elle.
39:26Pourquoi ne pas clamer
39:27cette évidence à la radio
39:28et ainsi regonfler
39:30le moral de tous ? »
39:33Auparavant,
39:34il doit obtenir
39:35l'aval de ses ministres.
39:38Mais l'exposé vibrant
39:40qu'il fit au troisième conseil
39:41des ministres de la journée
39:43tombe complètement à plat.
39:45« C'est une tentative déguisée
39:49de protectorat
39:49sur notre empire colonial. »
39:51« La France deviendra
39:52un dominion. »
39:52« C'est une belle idée. »
39:53« La guerre de Centau
39:54nous a suffi. »
39:54« Vous préférez devenir
39:55une province allemande ? »
39:56« S'unir à l'Angleterre,
39:58c'est comme fusionner
39:59avec un cadavre. »
40:00« L'Angleterre
40:01gagnera la guerre. »
40:02« En trois semaines,
40:03elle se fera tendre le cou
40:04comme un poulet. »
40:05« Cela vous réjouirait.
40:06on dirait. »
40:08« Depuis des semaines,
40:09des propos hostiles
40:10accablent nos amis,
40:13rarement nos ennemis. »
40:15« Oui, vous,
40:15je préfère collaborer
40:17avec mon ami
40:18qu'avec mon ennemi. »
40:20« Sans armistice,
40:21la France sera soumise
40:22à un régime effroyable. »
40:26« Télégramme du général Georges. »
40:29« Partout où elles ne sont pas
40:30encerclées,
40:31nos armées refluent. »
40:34« Ravitaillement des troupes
40:35et des civils compromis
40:36par ampleur de l'exode. »
40:39« Nécessité absolue
40:40de prendre décision. »
40:42« Eh bien,
40:43votons. »
40:43« Mais oui,
40:43pourquoi pas. »
40:44« Inutile. »
40:46« Je connais déjà
40:46le résultat. »
40:49« Je n'ai plus le soutien
40:50de la majorité
40:51de mes ministres. »
40:52« Je ne vois pas
40:52d'autre solution. »
40:54« Démissionner ? »
40:55« Ah non,
40:56pas maintenant. »
40:57« Je suis face
40:57à des défaitistes. »
40:59« Je vous renomme
41:00et vous formez
41:01un autre gouvernement. »
41:02« Si c'est pour demander
41:03un armistice,
41:04ne comptez pas sur moi. »
41:05« Alors qui ? »
41:06« C'est à vous
41:07de décider. »
41:08« Vous ne serez pas
41:09embarrassé. »
41:10« Le maréchal Pétain
41:10a déjà un cabinet
41:11en poche. »
41:12« Ah. »
41:15Le soir même,
41:16à peine nommé
41:16chef du gouvernement,
41:18Pétain improvise
41:19un premier conseil
41:20des ministres
41:20d'une dizaine
41:21de minutes.
41:22« Messieurs les ministres,
41:24votre tâche immédiate
41:26est de demander
41:27aux Allemands
41:28leurs conditions
41:28pour arrêter
41:29les hostilités,
41:31sans perdre de temps.
41:33On en a déjà perdu
41:34assez comme ça. »
41:35« Baudouin,
41:36faites bien dire
41:37aux Allemands
41:37que s'ils sont
41:38trop exigeants.
41:39Les acharnés
41:40reprendront le dessus.
41:42Ils auraient alors
41:43affaire à Reynaud. »
41:44« Alors là,
41:45je leur souhaite
41:46bien du plaisir. »
41:49Ce soir-là,
41:51De Gaulle
41:51était revenu de l'ombre.
41:53Aussitôt arrivé
41:53à l'aéroport
41:54de Bordeaux,
41:55il apprend
41:55de la démission
41:56de Reynaud
41:56par le général Spils.
41:59L'officier
42:00de liaison
42:00de Churchill
42:01en France
42:01le met en garde.
42:03Avec Pétain
42:04et Végan,
42:05les militaires français
42:05sont maintenant
42:06au pouvoir.
42:08Végan
42:08vous déteste.
42:10Et Pétain
42:11ne veut pas
42:11de concurrent.
42:13Spirce
42:14lui conseille
42:14de ne pas
42:14se montrer.
42:15Il pourrait
42:16se faire arrêter.
42:17De fait,
42:18c'est en rasant
42:19les murs
42:20que De Gaulle
42:20va retrouver
42:21Paul Reynaud
42:21à la préfecture.
42:24Heureux de vous voir,
42:25général.
42:27Les allemands
42:28ont passé la loi.
42:29Vous savez
42:30que je suis
42:30démissionnaire.
42:31Je sais,
42:32je sais.
42:33Quand Pétain
42:33se heurtera
42:34aux conditions
42:35de paix révoltantes
42:35d'Hitler,
42:36le président
42:37me rappellera.
42:38Vous verrez.
42:40Arrive le moment
42:41historique.
42:43s'effaçant devant lui,
42:45Paul Reynaud
42:45catapulte De Gaulle
42:46au firmament.
42:49Churchill s'attend
42:50à une tentative
42:51d'invasion
42:52dans les quinze jours.
42:53Retournez à Londres.
42:55Repartez tout de suite.
42:56Vous y représenterez
42:58la France.
43:02Quand nous reverrons-nous ?
43:06Le cas va vous remettre
43:07cent mille francs.
43:08On les prend
43:09sur les fonds secrets
43:09qu'il a sagement emportés.
43:11Ils vous permettront
43:12de vous installer.
43:13C'est autant
43:14que ces lâches
43:14n'auront pas.
43:17Le lendemain matin,
43:19De Gaulle repart
43:19pour Londres.
43:21À l'aérodrome,
43:22il attend,
43:23sagement dissimulé,
43:24que son avion
43:25soit sur le départ.
43:27Quand les hélices
43:28se mettent à tourner,
43:29ils s'engouffrent
43:30dans la carlingue.
43:39Pour tout bagage,
43:40écrira Churchill,
43:42il emportait avec lui
43:43l'honneur de la France.
43:47De Gaulle corrigera
43:48dans ses mémoires.
43:49J'emportais la France.
43:53Du souvenir
43:55de ce dernier survol,
43:56il puisera cette phrase.
43:59Je m'apparaissais
44:00à moi-même,
44:01seul
44:02et démuni
44:03de tout,
44:04comme un homme
44:05au bord d'un océan
44:06qu'il prétendait
44:08franchir à la nage.
44:13Le même jour,
44:15Churchill,
44:16qui accueille
44:17de Gaulle
44:17pour de longues années
44:18de guerre,
44:19s'adresse aux Français.
44:20Je souffre
44:22pour le peuple français
44:23tombé dans le malheur.
44:25Rien ne modifiera
44:27notre foi
44:27dans une future résurrection
44:29du génie de la France.
44:33car la France vaincue
44:35sera associée
44:37à la victoire finale.
44:40Nous sommes à présent
44:41le seul champion
44:43encore en arme
44:44pour défendre
44:45la cause du monde.
44:47Nous ferons
44:48de notre mieux.
44:52Allons,
44:53bonne nuit.
44:54Dormez bien.
44:56Dieu protège la France.
45:00Le lendemain,
45:01Churchill autorise
45:02de Gaulle
45:02à lancer son appel
45:03aux Français.
45:09Le général Weygand
45:11obtient de Pétain
45:11que de Gaulle
45:12soit condamné à mort
45:13comme traître
45:14à la patrie.
45:24Quelques jours plus tard,
45:26les envoyés de Pétain
45:27signent un armistice
45:28avec l'Allemagne.
45:29Surprise géante,
45:32Hitler modère
45:33ses exigences.
45:34Il a d'autres chats
45:35à fouetter,
45:35notamment l'Angleterre.
45:38Il laisse à la France
45:39un tiers de son territoire,
45:41ses colonies,
45:43sa marine.
45:45Sauf que,
45:46deux semaines plus tard,
45:48pour empêcher Hitler
45:49de s'en emparer,
45:50Churchill fera détruire
45:51par sa marine
45:52l'escadre française
45:53de Mercel-Kéby
45:54en Algérie.
45:56L'amirauté avait
45:58obstinément refusé
45:59de laisser la flotte française
46:00aller rejoindre
46:01les ports anglais.
46:03Du jour au lendemain,
46:04une bonne partie
46:05d'une France indignée
46:06devient pétaniste.
46:09Le calcul de Paul Reynaud,
46:12selon lequel les négociations
46:14avec Hitler
46:14s'avèreraient
46:15inacceptables
46:16et feraient donc tomber
46:18le gouvernement pétain,
46:20ce calcul est déjoué.
46:22Reynaud ne peut plus compter
46:23être rappelé au pouvoir
46:24pour reprendre la tête
46:26d'un combat
46:26que Pétain a fait cesser.
46:30La guerre est finie.
46:32Son calvaire commence.
46:36Dès septembre 40,
46:38le nouveau régime de Vichy
46:39le fait arrêter,
46:40condamné comme responsable
46:42de la défaite,
46:44emprisonné dans plusieurs geôles,
46:46dont la plus lugubre
46:47est celle du Portalet
46:49dans les Hautes-Pyrénées.
46:51Puis il est livré aux nazis,
46:53lesquels
46:54prennent un malin plaisir
46:56à l'enfermer
46:56dans un autre genre de château,
46:58en compagnie
46:59de ses anciens rivaux.
47:01Son ennemi juré,
47:03le général Végan,
47:05Daladier,
47:05auquel il avait succédé,
47:07et le général Gamelin
47:09qu'il avait limogé.
47:11Ils ne prenaient pas
47:12les repas ensemble.
47:13Ils évitaient de se croiser.
47:16Mais le jour
47:17de leur délivrance,
47:18en mai 45,
47:20ils ont bien voulu poser
47:21le sourire-lèvre
47:22autour du libérateur américain.
47:25Sans plus cette fois
47:26se quereller
47:27sur leurs responsabilités
47:28respectives
47:29dans le désastre
47:30de mai-juin 40.
47:33Auprès de Paul Reynaud,
47:34son assistante.
47:36Il avait exigé
47:37et obtenu
47:37qu'elle le rejoigne en prison.
47:41Quand ils reviennent
47:42à Paris,
47:42à la libération,
47:44ils l'épousent.
47:45Ils auront trois enfants.
47:50Une chose
47:51manque à son bonheur,
47:52mais elle est importante.
47:55Une opinion publique
47:56formatée par
47:57quatre années
47:57de propagande
47:58vigisoise
48:00continue de le considérer
48:01comme le symbole
48:02de la défaite.
48:05Tenu à l'écart
48:06de la vie politique,
48:07c'est seul
48:08qu'il reprend
48:09son bâton
48:09de pèlerin.
48:12Néanmoins,
48:12en 1946,
48:14il réussit
48:15à se faire réélire
48:15député.
48:17Puis il sera appelé
48:18à faire partie
48:19d'un gouvernement.
48:20Quand il monte
48:21à la tribune
48:21de l'Assemblée,
48:23des députés
48:23ricanent
48:24à propos de cette phrase
48:25qu'il avait prononcée
48:26au début de la guerre.
48:28Nous vaincrons
48:29parce que nous sommes
48:30les plus forts.
48:32Auriez-vous voulu,
48:33messieurs les députés,
48:35que je proclame,
48:36nous serons vaincus
48:37parce que nous sommes
48:38les plus faibles ?
48:40L'éclat de rire général
48:42qu'il déchaîne
48:42le réconcilie
48:43avec la Chambre.
48:44Et cela lui donne
48:46les coups des franches
48:46pour se lancer
48:47dans de nouvelles aventures
48:48politiques et honorifiques.
48:51Paul Reynaud
48:51atteint un nouveau sommet
48:53lorsque,
48:54revenu au pouvoir
48:55en 1958,
48:56le général de Gaulle
48:57l'appelle
48:58pour lui confier
48:59la présidence
48:59de la commission
49:00chargée de donner
49:02à la France
49:02une nouvelle constitution.
49:04Et naturellement,
49:06ce régime des partis
49:08doit cesser
49:09pour de bon.
49:10Il a été
49:10une des grandes causes
49:11et même la principale
49:12du naufrage
49:14de mai-juin 40.
49:15Ce qui vous a surtout
49:16manqué en 40,
49:18c'est que vous n'aviez
49:19pas de disposition
49:21constitutionnelle
49:21vous permettant
49:23d'assumer
49:24les pleins pouvoirs.
49:25Non,
49:26mais heureusement,
49:27vous les avez saisis,
49:29ce que je n'ai pas
49:30su faire
49:31ou osé faire.
49:34Eh bien,
49:35nous revoilà ensemble
49:36sur une nouvelle route.
49:38penchez-vous
49:39en particulier
49:40sur l'article
49:42traitant
49:42de l'état
49:42d'urgence.
49:44Il doit permettre
49:45au président
49:46de faire face
49:47à toute menace
49:48sur le bon fonctionnement
49:50des institutions.
49:51J'en ai déjà parlé
49:53avec Michel Debray.
49:54À la bonne heure.
49:58Fidèle,
49:59soucieux d'honorer
50:00la personne
50:00qui lui avait
50:02donné le départ,
50:05De Gaulle lui confie
50:06la présidence
50:07de l'Assemblée nationale.
50:12Mais au dernier moment,
50:14un jeune gaulliste
50:15ambitieux,
50:16Jacques Chabon d'Helmas,
50:17lui souffle la place.
50:21Cinq ans plus tard,
50:22en 1962,
50:24les liens complices
50:25entre De Gaulle
50:25et Paul Reynaud
50:26se déchirent.
50:28Ce parlementaire viscéral
50:30s'oppose au projet
50:32de référendum
50:32du général De Gaulle
50:33sur l'élection
50:35du président de la République
50:36au suffrage universel.
50:37A l'Assemblée,
50:39s'adressant à Pompidou,
50:41il conspue De Gaulle
50:42de verte façon.
50:44Monsieur le Premier ministre,
50:46allez dire à l'Élysée
50:47que notre admiration
50:49pour le passé
50:50reste intacte,
50:51mais que cette Assemblée
50:52n'est pas assez dégénérée
50:54pour renier la République.
50:58Les invectives
51:00de ce sage très écouté
51:01conduisent à la censure
51:03immédiate
51:04et à la chute
51:05aussi inattendue
51:06que spectaculaire
51:07du gouvernement Pompidou.
51:11De Gaulle
51:12ne lui pardonnera jamais.
51:25Les gaullistes se détournent
51:27de lui,
51:28lui font perdre
51:29son siège de député.
51:31Paul Reynaud
51:32retourne aux oubliettes
51:33de la République.
51:37Les ministres
51:38qui avaient été
51:39ses collaborateurs
51:39ne le voient plus.
51:40ceux-là même
51:41réunis autour de lui
51:42lors de son 80e anniversaire.
51:46Couve de Murille,
51:47Michel Debré,
51:49Bob Gartner
51:49et bien d'autres.
51:51Le chagrin
51:52assombrit
51:52sa fin de vie.
51:54Il décède
51:54en 1966.
51:59Sur instruction
52:00du général de Gaulle,
52:01aucun ministre du gouvernement
52:03ne se rend
52:04au filérail.
52:08Cet homme
52:09qui avait si souvent
52:10vu juste,
52:11qui avait prévu
52:12le malheur
52:13d'une guerre
52:13perdue d'avance,
52:15avait aussi évoqué
52:16sa propre fin.
52:18Paul Reynaud
52:18avait écrit
52:19dans ses mémoires
52:20« Les Français
52:21siffleront
52:22mon corps billard
52:23comme ils ont
52:24sifflé
52:25ceux
52:25de leurs meilleurs
52:26serviteurs. »
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