00:00Face à le chef aujourd'hui c'est Raphaël Le Genre. 3,62 le taux à 10 ans français ce matin, c'est-à-dire autant que le 10 ans slovaque.
00:07Il n'y a que la Lituanie qui se finance aujourd'hui plus cher que la France en zone euro. Est-ce que c'est grave Emmanuel ?
00:12Mais non, c'est pas grave. Arrêtez de vous faire peur.
00:14Et il n'y a qu'Emmanuel pour nous dire que c'est pas grave.
00:16Mais non, mais j'en ai assez de tous ces gens qui crient au loup.
00:19Regardez, notre ami Marc Fiorentino, combien de fois il nous a dit
00:22Oh là là, il y a de la tension sur les marchés obligataires, ça y est ça va craquer.
00:26Et puis au bout d'un jour, l'espèce de petite angoisse se dégonfle.
00:30Et ça s'est toujours passé comme ça depuis que l'euro existe.
00:33Et je ne vois pas pourquoi ça ne continuerait pas à se passer comme ça.
00:36Parce que dans votre présentation volontairement terrifiante,
00:39Vous oubliez de dire quand même que le cœur du sujet, c'est-à-dire l'écart de taux avec l'Allemagne,
00:47est retombé quasiment au niveau du mois d'août.
00:49Parce que les taux allemands sont remontés à cause du plan annoncé par les Allemands.
00:53Et les 500 milliards.
00:55Fondamentalement, il n'y a pas d'inquiétude majeure.
00:56Non mais attendez, vous voulez que je vous fasse vraiment peur ?
00:58500 milliards d'émissions allemandes l'année prochaine ?
01:02On va, effectivement, on va quand même serrer les problèmes.
01:05Je ne vous dis pas que la situation financière des finances publiques n'inspire aucune crainte.
01:10La question, c'est celle de la potentielle sanction des marchés financiers.
01:13Or, il faut rappeler quand même, pour arrêter d'affoler le peuple,
01:18qu'il ne faut pas avoir les yeux rivés sur ce taux à 10 ans.
01:21La réalité, c'est qu'il y a une inertie du taux réel de la dette française
01:24qui est liée au fait qu'on a une dette qui a entre 8 et 10 ans.
01:27Et qu'en fait, le taux réel auquel on paye, c'est encore beaucoup les vieux taux très bas.
01:31Donc, je veux dire, la charge de la dette, elle n'explose pas comme ça du jour au lendemain.
01:35C'est un phénomène d'inertie qui est très long.
01:38Deux, surtout, et c'est ça quelque part qu'on peut déplorer,
01:42c'est que si vous regardez où est le curseur de tolérance des marchés financiers,
01:47il est quand même beaucoup plus du côté, on laisse la France faire des conneries,
01:50qu'on sanctionne la France parce qu'elle a fait des bêtises.
01:53Donc, voilà, c'est ça, moi, qui me...
01:57Vous avez mangé des licornes ce week-end, c'est pas possible.
02:00Et qui, à la fois, me désespère, c'est qu'il n'y a jamais de sanction,
02:03depuis que l'euro existe, contre n'importe quel pays.
02:05Il n'y a que la Grèce, mais pour des raisons un peu exceptionnelles.
02:06Mais aucun pays n'a véritablement été surpris.
02:09L'esprit de Noël est parmi nous et ça fait du bien d'écouter Emmanuel Lechypre de temps à autre.
02:13Sauf que, alors Emmanuel, il a raison de dire que la dette, elle roule sur 8 ans.
02:17Donc, on n'a pas commencé à payer, en réalité, le prix de nos errements.
02:23Mais la mauvaise nouvelle, c'est que ça y est, ça commence là.
02:25Il y a 8 ans, c'était 2017.
02:26Ça commence là.
02:27Et deux fois par an, on l'entend.
02:29Donc, les tombées 2017 arrivaient d'Emmanuel Macron.
02:32À l'époque, on empruntait à 0,8%.
02:34Le taux à 10 ans était de 0,8%.
02:36C'est-à-dire que la dette qu'on a empruntée en 2017,
02:40les 70 milliards ou 100 milliards à l'époque,
02:42qu'on va rembourser cette année-là,
02:46on va les réemprunter, mais à 3,7%, pas à 0,7%, à 3,7%.
02:51Ça ne va absolument pas être la même confiture.
02:54Je rappelle juste le chiffre.
02:57Un point d'augmentation sur la dette,
02:59c'est 3 milliards d'intérêts en plus à un an.
03:02C'est 40 milliards au bout de 10 ans.
03:04Là, c'est 3 points de plus, quasiment.
03:07Donc, ça veut dire que dans 10 ans, on va payer 120 milliards de plus.
03:11C'est évidemment un nœud coulant qui va nous faire très, très mal.
03:14C'est le premier point.
03:15Deux, les taux ne cessent de grimper.
03:17On va le dire toute la matinée.
03:19Ils sont désormais durablement installés au-dessus de l'Italie,
03:22mais pas que.
03:23Le niveau de la Slovaquie, bonjour.
03:24La Grèce, l'Espagne, le Portugal, tous nous sont passés devant.
03:28On est l'avant-dernier pays de la zone euro.
03:32C'est quand même absolument catastrophique comme niveau.
03:34On payait 33 milliards d'euros de charges en 2020.
03:37Ça va être plus de 60 milliards cette année.
03:39Et c'est 8 milliards de plus encore l'année prochaine.
03:42Donc, si, on y est.
03:43Ça y est, la facture arrive.
03:46Et elle ne va faire que gonfler parce qu'on a eu les chiffres de l'INSEE vendredi.
03:50On a projeté 3 500 milliards de dettes.
03:53Je veux bien qu'on continue non-stop comme ça.
03:54Ce scénario-là, c'est 70 milliards de dettes supplémentaires par trimestre.
03:59Par trimestre, c'est quasiment le budget de l'armée chaque trimestre.
04:02Ce qui me fait croire qu'on ne va pas subir de défiance, de sanctions, etc.,
04:07c'est qu'on nous l'a maintes fois prédit depuis que l'euro existe.
04:10Et ça ne s'est jamais produit.
04:12Mais il n'y a jamais eu autant de dettes allemandes à venir.
04:14Aujourd'hui, on achète de la dette française parce qu'on ne peut pas acheter de dettes allemandes.
04:17D'accord, mais pas tant que ça.
04:19Quand vous regardez, effectivement, le plan, il est massif, mais ce n'est pas tant que ça.
04:23Non, mais quand on passe une dette de 0,7 à 3,7, Emmanuel, elle est là, la sanction.
04:27Encore une fois, la réalité...
04:28Ça va coûter une fortune.
04:29Mais la réalité, c'est que depuis la création de l'euro et encore plus depuis le « whatever it takes » de 2012,
04:35les marchés ne testent plus les pays.
04:38Les marchés ne testent plus les pays.
04:40On ne sanctionne plus un pays dont les finances publiques dérivent.
04:44Et contrairement, et ça, c'est la taille congénitale.
04:48Mais non, c'est vrai pour tous les pays.
04:50Il n'y a eu que la Grèce et encore il y avait du...
04:51Il y a eu tous les pays du Club Med.
04:52Pardon, l'Italie était à plus de 7%, je suis désolé.
04:56Parce qu'ils ont fait le moulon.
04:57Mais vous dans ces galères, creusons...
04:58Parce qu'ils ont fait le moulon, eux.
05:00Creusons les déficits, Emmanuel.
05:01Ce que je veux dire, c'est que si malheureusement, mais je le déplore, si malheureusement vous espérez une sanction brutale des marchés financiers pour nous mettre une épée dans le dos
05:09et nous obliger à bouger sur la gestion de nos finances publiques et sur la rigueur dans la précipitation, dans l'urgence et dans les larmes,
05:19Non, vous ne l'aurez pas.
05:21Vous ne l'aurez pas parce qu'encore une fois, ça n'a jamais marché.
05:24Et ce qu'on nous présentait, et ça c'est une tare congénitale de l'euro,
05:27c'est que quand on nous disait, oui, maintenant qu'on a la monnaie unique, plus personne ne peut dévaluer,
05:31quand un pays sera mal géré, il sera immédiatement sanctionné par les marchés financiers,
05:35ça n'a jamais marché comme ça.
05:36Donc je ne vois pas pourquoi ça marcherait comme ça aujourd'hui.
05:38À quel niveau de taux vous inquiétez ?
05:40Ce qui ne veut pas dire que ce n'est pas catastrophique pour l'économie française.
05:42Alors, il n'y aura pas de sanction brutale, on payait 30 milliards de charges de la dette en 2020,
05:46on va payer 100 milliards en 2030.
05:48Voilà, c'est simplement le nœud coulant qui nous étrangle au fur et à mesure.
05:51L'Allemagne va pouvoir emprunter pour financer son armée.
05:55Nous, on n'a même pas de budget cette année pour augmenter de 6 milliards le budget de la défense.
05:59Sur le fond, je suis d'accord, qui est quand même la meilleure décision qu'on ait entendue depuis longtemps.
06:05Si on attendait un plan de relance et un plan d'investissement massif, ce port-avion,
06:10ce port-avion est quand même un bon port-avion.
06:12Emmanuel, il faut y aller, sans vouloir vous presser,
06:15vous allez avoir des problèmes avec l'antenne d'en face.
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