- il y a 3 jours
Samedi 11 avril sur LCP-Assemblée nationale
LCP est partenaire de la 35e édition de la Journée du Livre Politique à l'Assemblée nationale, organisée par l'association Lire la Société, en partenariat avec l'Assemblée nationale, ayant pour thème "S'engager". Samedi 11 avril, suivez en direct les temps forts de la journée.
Une cérémonie animée par Elsa Mondin-Gava
LCP diffuse une émission spéciale en deux parties pour suivre les remises de prix.
12h00 à 13h15 :
12h - Remise du Prix des députés par Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, avec pour finalistes :
- Denis Baranger et Olivier Beaud, La dissolution de la Ve République (Les Petits Matins)
- Gérald Bronner, À l'assaut du réel (PUF)
- Marc Lazar, Pour l'amour du peuple (Gallimard)
12h20 - Remise du Prix spécial par Annette Wieviorka, Présidente du Jury du Prix du Livre Politique, Historienne, Directrice de recherche émérite au CNRS, Vice-Présidente du Conseil supérieur des archives
12h35 - Remise du Prix du Livre Politique par Annette Wieviorka, avec pour finalistes :
- Charlotte Belaïch et Olivier Pérou, La meute - Enquête sur la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon (Flammarion)
- Émilie Frèche, Un séisme (Albin Michel)
- Marc Lazar, Pour l'amour du peuple. Histoire du populisme en France (XIXe-XXIe) (Gallimard)
12h50 - Discours de conclusion par Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale.
16h50 à 17h30
Remise de deux prix étudiants en partenariat avec LCP-Assemblée nationale, par le Jury représenté par Géraldine Bannier, députée et Emmanuel Kessler, Président-Directeur général de LCP :
Le Prix Étudiant du livre Politique / LCP avec pour finalistes :
- Francis Brochet, Quand le parisianisme écrase la France (L'Aube),
- Amine Kessaci, Marseille, essuie tes larmes (Le Bruit du Monde),
- Marc Lazar, Pour l'amour du peuple. Histoire du populisme en France (XIXe-XXIe) (Gallimard).
Le Prix Étudiant de la BD Politique / LCP, avec pour finalistes :
- Errel Hannah et Fred Cham, Derrière. Une étonnante histoire de fesses (JC Lattès),
- Mansoureh Kamari, Ces lignes qui tracent mon corps (Casterman),
- Titiou Lecoq et Marie Dubois, Les Grands Oubliées. Pourquoi l'histoire a effacé les femmes (L'Iconoclaste).
LCP mobilise son antenne à l'occasion des grands évènements. Journées parlementaires, grands débats, votes et explications de vote, auditions des commissions d'enquête, congrès, session extraordinaire, discours et grandes cérémonies...la vie politique avec l'analyse des meilleurs experts et politologues.
LCP est partenaire de la 35e édition de la Journée du Livre Politique à l'Assemblée nationale, organisée par l'association Lire la Société, en partenariat avec l'Assemblée nationale, ayant pour thème "S'engager". Samedi 11 avril, suivez en direct les temps forts de la journée.
Une cérémonie animée par Elsa Mondin-Gava
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12h00 à 13h15 :
12h - Remise du Prix des députés par Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale, avec pour finalistes :
- Denis Baranger et Olivier Beaud, La dissolution de la Ve République (Les Petits Matins)
- Gérald Bronner, À l'assaut du réel (PUF)
- Marc Lazar, Pour l'amour du peuple (Gallimard)
12h20 - Remise du Prix spécial par Annette Wieviorka, Présidente du Jury du Prix du Livre Politique, Historienne, Directrice de recherche émérite au CNRS, Vice-Présidente du Conseil supérieur des archives
12h35 - Remise du Prix du Livre Politique par Annette Wieviorka, avec pour finalistes :
- Charlotte Belaïch et Olivier Pérou, La meute - Enquête sur la France Insoumise de Jean-Luc Mélenchon (Flammarion)
- Émilie Frèche, Un séisme (Albin Michel)
- Marc Lazar, Pour l'amour du peuple. Histoire du populisme en France (XIXe-XXIe) (Gallimard)
12h50 - Discours de conclusion par Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale.
16h50 à 17h30
Remise de deux prix étudiants en partenariat avec LCP-Assemblée nationale, par le Jury représenté par Géraldine Bannier, députée et Emmanuel Kessler, Président-Directeur général de LCP :
Le Prix Étudiant du livre Politique / LCP avec pour finalistes :
- Francis Brochet, Quand le parisianisme écrase la France (L'Aube),
- Amine Kessaci, Marseille, essuie tes larmes (Le Bruit du Monde),
- Marc Lazar, Pour l'amour du peuple. Histoire du populisme en France (XIXe-XXIe) (Gallimard).
Le Prix Étudiant de la BD Politique / LCP, avec pour finalistes :
- Errel Hannah et Fred Cham, Derrière. Une étonnante histoire de fesses (JC Lattès),
- Mansoureh Kamari, Ces lignes qui tracent mon corps (Casterman),
- Titiou Lecoq et Marie Dubois, Les Grands Oubliées. Pourquoi l'histoire a effacé les femmes (L'Iconoclaste).
LCP mobilise son antenne à l'occasion des grands évènements. Journées parlementaires, grands débats, votes et explications de vote, auditions des commissions d'enquête, congrès, session extraordinaire, discours et grandes cérémonies...la vie politique avec l'analyse des meilleurs experts et politologues.
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00:00:06Bonjour à tous, bienvenue aux téléspectateurs d'LCP Canal 8 qui viennent de nous rejoindre pour suivre en direct les
00:00:12remises de prix de cette 35e édition du livre politique ici à l'Assemblée Nationale.
00:00:17On va commencer pour remettre le prix des députés. Trois députés vont faire l'éloge des trois livres en compétition
00:00:23aujourd'hui et puis ensuite on aura le lauréat.
00:00:27Tout à l'heure, on va suivre évidemment tout ça en direct. Je propose à Alexis Corbière de commencer son
00:00:32éloge du livre de Denis Baranger et Olivier Baud, La dissolution de la Vème République.
00:00:36On vous écoute. Je vous cède ma place tout de suite.
00:00:45Bonjour à toutes et tous. Il va de soi que l'éloge que je fais de cet ouvrage tient quand
00:00:51même à saluer les trois ouvrages qui sont finalistes de grande qualité.
00:00:56que ce soit celui de Marc Lazard, de Gérald Bonner ou celui que je présente, qui a pour titre la
00:01:02dissolution de la Vème République et qui a pour auteur Denis Baranger et Olivier Baud.
00:01:08La question est simple. Je vais la faire de manière un peu légère.
00:01:13Peut-on faire une bonne musique avec de mauvais instruments ? Peut-on faire de la bonne cuisine avec de
00:01:20mauvais ingrédients ?
00:01:21Peut-on faire s'épanouir la souveraineté populaire, en particulier dans une république ? Peut-on faire s'exacerber la
00:01:31démocratie dans des institutions qui peut-être,
00:01:35et vous me connaissez, c'est mon analyse, en réduisent l'expression ?
00:01:39La question ne se résume pas peut-être seulement à la pratique des institutions, mais les institutions elles-mêmes.
00:01:44Mais l'ouvrage que je tiens à présenter avait pour principale qualité, de mon point de vue, mais aussi je
00:01:52crois de beaucoup de collègues qui composent ce jury,
00:01:55c'est le sujet qui l'abord, la question de nos institutions.
00:01:59Il ne s'agit pas là d'un hors-sujet par rapport aux préoccupations qui concernent les Français, préoccupations sociales,
00:02:06préoccupations écologiques,
00:02:07mais je crois que cela fait partie du cœur du problème.
00:02:11Précisément, bien souvent, je fais partie de ceux qui pensent que ce qui exacerbe les difficultés que nous rencontrons trouve
00:02:17naissance dans ces institutions.
00:02:19Donc débattre de nos institutions, ce n'est pas un à-côté des problèmes, c'est sans doute le problème,
00:02:25la grande question.
00:02:26Et c'est pourquoi je suis pleinement reconnaissant à nos deux auteurs d'avoir permis par cet ouvrage,
00:02:32ils ne sont pas les seuls, de nous proposer un ouvrage sérieux, non pas aride, mais sérieux.
00:02:38Il s'agit de deux juristes qui, de manière rigoureuse, essaient d'apporter un regard sur l'état de nos
00:02:44institutions.
00:02:45Bien sûr, il a pour point de départ la dissolution du 9 juin 2024 et ses conséquences.
00:02:53Peut-on considérer qu'il y a là quelque chose qui était un phénomène politique courant ? Non, évidemment.
00:03:03Et nos deux auteurs, dans cet ouvrage, nous disent cette phrase, je les cite,
00:03:08« Il apparaît certain que la dissolution du 9 juin 2024 a été autant un séisme politique qu'une césure
00:03:16dans l'histoire constitutionnelle de notre pays ».
00:03:19C'est donc un événement majeur qui mérite d'être analysé pleinement, pas seulement pour le fait historique qui le
00:03:25représente,
00:03:26mais pour la séquence politique qui l'ouvre.
00:03:29Comment permettre, donc, dans ce cadre-là, que la pleine expression populaire se retrouve et s'exprime à tout moment
00:03:36?
00:03:40C'est, je crois, une grande question.
00:03:45Nous sommes aujourd'hui dans ce que je considère comme étant un moment où c'est sans doute ce que
00:03:51j'appellerais, pardon de la formule,
00:03:53le piège du présidentialisme qui nous pose une difficulté.
00:03:58Nous sommes dans un moment où notre vie démocratique, je dis cela à un an d'une élection présidentielle,
00:04:05se résume peut-être trop souvent à la recherche du grand personnage, souvent le grand homme,
00:04:11qui apportera la réponse que recherchent les Français.
00:04:16Et je crois que ce rapport aux électeurs infantilise chacun d'entre nous.
00:04:22Nous devons donc réfléchir à tout moment sur qu'est-ce qui permet, non pas que la prochaine élection présidentielle
00:04:29soit le moment où le peuple soit convoqué
00:04:31pour choisir son prochain souverain, mais permettre toutes les conditions que, dans l'élection qui vient,
00:04:39le prochain souverain qui sera désigné soit respectueux du peuple, et qu'en République, le souverain reste le peuple.
00:04:48C'est cette question.
00:04:50Dans ce livre de nos deux auteurs, il y a cette phrase également, qui considère que, finalement,
00:04:58ils le disent avec une forme d'ironie, comment faire une start-up nation avec un monarque d'ancien régime
00:05:05?
00:05:05Le propos est cruel envers le président actuel, mais c'est le fond de la question, me semble-t-il.
00:05:12Y a-t-il seulement dans la pratique de la Ve République un problème,
00:05:16ou y a-t-il dans nos institutions elles-mêmes quelque chose qui doit être pensé ?
00:05:21Évidemment, pour ma part, je suis favorable à un changement de régime, à passer à une sixième République.
00:05:26Ce n'est pas le cas de nos deux auteurs.
00:05:28C'est peut-être un petit regret que je leur ferai, mais ils ont l'honnêteté de dire que ça
00:05:32n'est pas leur rôle d'apporter ça.
00:05:34Je leur dirai, n'hésitez pas à faire prochainement un tome 2 qui nous permettra à chacun d'entre nous
00:05:40de réfléchir là-dessus.
00:05:42Mais voilà, tout simplement, la commande était de faire bref.
00:05:46Tout mon remerciement que j'apporte à ces deux auteurs.
00:05:49D'abord pour la rigueur de leur analyse, le regard critique qu'ils apportent là-dessus,
00:05:54les difficultés et parfois le regard désabusé des juristes qu'ils ont sur ce qui s'est produit.
00:05:58Je le dis devant Madame la Présidente de l'Assemblée nationale, leur interrogation sur le fait que la Constitution,
00:06:03qui demande à ce que normalement le Président du Sénat et la Présidente de l'Assemblée nationale soient consultés
00:06:10et non seulement informés de la dissolution.
00:06:13Sans doute que ce ne fut pas le cas.
00:06:16C'est ce que vous nous dites à juste raison.
00:06:17Il y a des problèmes que cela pose.
00:06:18Mais je ne veux pas par gourmandise en dire trop.
00:06:20Vous aurez compris mon propos.
00:06:22Je remercie nos deux auteurs de permettre, et j'invite chacun à lire leur ouvrage,
00:06:26que nous réfléchissions désormais, tous ensemble, comme citoyens, sur l'état de nos institutions.
00:06:31Et je l'ai compris de ma part, sur l'appel qu'il y a à permettre,
00:06:35qu'elle change afin que notre peuple soit pleinement souverain
00:06:38et que la grande promesse de la République,
00:06:41qui réaffirme que le seul souverain, c'est chacun d'entre nous,
00:06:45soit respectée dans la période qui vient.
00:06:47Je vous remercie.
00:06:50Merci beaucoup, Alexis Corbière, pour cette éloge, cette plaidoirie.
00:06:54Harold Duvart, vous venez à présent présenter le livre de Gérald Brunner à l'assaut du réel.
00:06:58En trois minutes, s'il vous plaît, pour qu'on puisse tenir notre...
00:07:03Alors, en trois minutes, et invité à nous exprimer devant un souverain
00:07:07qui, par le passé, a eu l'autorité de couper la parole à Hugo Chavez d'un tonitruant caillaté.
00:07:13Je ne m'aventurerai pas à dépasser les trois minutes.
00:07:17Simplement, pour rendre hommage à Gérald Brunner
00:07:21et à son livre « À l'assaut du réel »,
00:07:23qui, sans trahir le secret des délibérations,
00:07:26nous pouvons tous dire qu'il nous a énormément mobilisés, interpellés,
00:07:31à la fois d'abord parce qu'en tant que députés, nous sommes témoins,
00:07:34parfois victimes des symptômes qu'il décrit sur la déliquescence du débat public.
00:07:39Et c'est vrai qu'y compris lors de ces campagnes électorales récentes,
00:07:44nous avons tous été témoins de situations, de propos que nous avons lus,
00:07:49entendus de la part de nos concitoyens ou vus sur les réseaux sociaux
00:07:51et qui, il y a quelque temps encore, auraient relevé de la fiction complète.
00:07:56Il y a là un phénomène étrange quant à la réalité qui nous interpelle
00:08:01en sachant que ce livre avait quand même été écrit avant la locution du président des États-Unis
00:08:07depuis le balcon de la Maison-Blanche à côté d'un lapin géant de Pâques
00:08:11où il nous a livré son analyse de la situation internationale.
00:08:14Donc la fiction aujourd'hui dépasse la réalité
00:08:16et ça fait partie des motifs d'inquiétude profonds qui nous animent.
00:08:22Le deuxième motif qui nous a interpellés, c'est qu'en tant que députés,
00:08:25nous sommes les acteurs d'une vie politique française
00:08:27qui, dans sa capacité à nier la réalité,
00:08:31enregistrent chaque jour des performances significatives
00:08:35avec une objection immédiate dans nos débats,
00:08:38c'est de savoir ce qu'il y a de nouveau finalement dans ce que nous vivons aujourd'hui
00:08:40par rapport à ce que nous avons vécu à travers l'histoire.
00:08:44Et il suffit de relire nos grands écrivains, nos économistes, nos dirigeants,
00:08:49parfois aussi nos journalistes dans l'histoire de France
00:08:51pour voir que cela fait des siècles et des siècles
00:08:54que nous sommes nombreux en France et notamment ici à Paris
00:08:57à considérer que la réalité est un concept
00:09:00forgé par des gens qui ne pensent pas comme nous
00:09:03pour essayer de nous inhiber dans nos désirs
00:09:06de réformer l'univers et de remodeler le genre humain
00:09:10selon nos convictions, c'est-à-dire généralement à notre propre image.
00:09:13Et cette conviction-là, elle nous a évidemment amenés
00:09:17à nous demander ce qu'il y avait de nouveau
00:09:18mais c'est là la force réelle de ce livre,
00:09:20c'est d'avoir mis en regard un phénomène qui s'appelle les réseaux sociaux
00:09:24qui ne sont pas régulés, qui amènent à des phénomènes excessifs et étranges
00:09:28avec la conviction que rien de tout ce que nous voyons
00:09:31dans le débat public et dans ces excès n'aurait été possible
00:09:33s'il n'y avait pas d'abord au niveau des idées même de la psychologie
00:09:36et des représentations du peuple français
00:09:39une tendance à l'individualisme, au court-termisme,
00:09:42au repli sur soi, à l'identitarisme
00:09:44qui rend finalement possible l'ensemble de ces dérives.
00:09:47Et c'est là la grande force de ce livre
00:09:49avec une mécanique d'accumulation, de saturation
00:09:53qui finalement amène parfois à une lecture très pessimiste
00:09:58des dangers qui pèsent sur la démocratie
00:10:00mais aussi à un sentiment de révolte
00:10:02et pour ma part, à chaque fois que je l'ai relu
00:10:04j'y ai retrouvé des choses nouvelles
00:10:06c'est d'ailleurs le propre des grands ouvrages
00:10:08mais aussi un renouvellement de la conviction
00:10:12qui doit être la nôtre de nous battre
00:10:13pour la démocratie et pour l'émancipation de l'esprit humain
00:10:15par l'éducation, la culture
00:10:17donc vive la République et vive la France.
00:10:23Merci beaucoup
00:10:24à présent Isabelle Roche
00:10:26pour l'amour du peuple de Marc Lazard
00:10:28on vous écoute
00:10:30Merci, et toujours pour 3 minutes
00:10:32mais les 3 minutes parlementaires
00:10:34pour certains c'est un peu plus
00:10:37Non, je sais, mais c'était de l'humour
00:10:39puisque nous avons tendance peut-être
00:10:41un peu déborder
00:10:42mais c'est aussi parce que nous avons été convaincus
00:10:45et enthousiasmés par la sélection
00:10:47et par ce que nous avons pu faire
00:10:48donc vraiment félicitations aux 3 finalistes
00:10:50puisque c'était vraiment des ouvrages de grande qualité
00:10:53mais 3 minutes pour prononcer un éloge
00:10:55effectivement c'est peut-être un peu court
00:10:57surtout quand on doit le faire
00:10:58pour l'amour du peuple de Marc Lazard
00:11:00un livre dense
00:11:01mais un livre qui arrive au bon moment
00:11:03un livre qui arrive au moment exact
00:11:04où on en avait besoin
00:11:05peut-être sans le savoir
00:11:06mais il est là
00:11:07mais je dois vous avouer quand même quelque chose
00:11:11parce que ce n'est pas l'héritage graphique
00:11:13de la blanche et sa densité propre à l'héritage
00:11:16de la Nouvelle Revue Française
00:11:17qui nous a d'abord convaincus
00:11:19mais il faut savoir passer outre le confort de lecture
00:11:22pour s'attacher à une autre densité
00:11:24celle du propos et quels propos
00:11:27nous vivons une époque où le mot populisme
00:11:29est devenu une arme
00:11:30on l'agite, on l'accuse, on s'en défend
00:11:33mais qui prend vraiment le temps de le comprendre
00:11:35Marc Lazard lui l'a fait
00:11:38avec la rigueur d'un historien
00:11:40la profondeur d'un sociologue
00:11:42et c'est plus rare
00:11:43la clarté qui respecte son lecteur
00:11:46et ce livre a posé une question presque vertigineuse
00:11:50parce que qu'ont en commun
00:11:52Boulanger et Marine Le Pen
00:11:54les maoïstes et les gilets jaunes
00:11:56Mélenchon et Bernard Tapie
00:11:58les êtres qui se détesteraient
00:12:00et pourtant ils partagent
00:12:02une même logique
00:12:03l'exaltation d'un peuple uni
00:12:06face à des élites rejetées en bloc
00:12:08et c'est précisément ce continuum historique
00:12:11cette ligne souterraine
00:12:12qui relie des épisodes en apparence disparate
00:12:14qui éclaire avec une force saisissante
00:12:17la période que nous vivons aujourd'hui
00:12:19mais Marc Lazard refuse la facilité du concept pour tout
00:12:23il nous avertit d'emblée
00:12:25la science politique distingue
00:12:27et même oppose les différentes façons
00:12:28de définir le populisme
00:12:30idéologie, stratégie, phénomène culturel
00:12:32le chercheur étant quasiment appelé à choisir son camp
00:12:36or précisément
00:12:38Marc Lazard refuse de choisir
00:12:40pour lui
00:12:41le populisme est un syndrome
00:12:43à la fois une idéologie, une stratégie, un style
00:12:45une entreprise de mobilisation culturelle
00:12:47pas l'un ou l'autre
00:12:49les trois à la fois
00:12:50à des degrés variables selon les cas
00:12:53et justement je le cite
00:12:54il n'existe pas de populisme pur
00:12:58chaque manifestation est polymorphe
00:13:00fluide, graduelle
00:13:01ce n'est pas une étiquette qu'on colle
00:13:03c'est une dynamique qu'on doit décrypter
00:13:05et quand elle prend durablement racine
00:13:07elle forme un système de croyance
00:13:09un narratif cohérent
00:13:11un discours performatif
00:13:13un discours qui ne décrit pas le monde
00:13:15mais qui le transforme
00:13:17car le populisme nous enseigne ce livre
00:13:20n'est pas l'apanage de quelques formations politiques
00:13:22identifié comme tel
00:13:23il est riche des pans entiers
00:13:25de notre vie politique
00:13:26et il me semble caractériser
00:13:28l'une des principales difficultés
00:13:29de notre mandat
00:13:30comment faire partager la complexité
00:13:33comment ne pas tomber dans la facilité
00:13:35d'une explication simple et binaire du monde
00:13:37quand tout se révèle si compliqué
00:13:39si interdépendant
00:13:40c'est la tentation permanente
00:13:42et Marc Lazard aide à la nommer
00:13:45pour que nous puissions
00:13:47nous mieux lui résister
00:13:49Marc Lazard ne prend pas partie
00:13:51mais il nous aide à nous forger notre opinion
00:13:53et l'auteur nous donne les outils
00:13:56effectivement pour voir cette dynamique à l'oeuvre
00:13:58des deux côtés du spectre politique
00:13:59sans œillère idéologique
00:14:01dans un paysage intellectuel souvent partisan
00:14:03c'est un acte de courage
00:14:05autant qu'un acte de méthode
00:14:07et pour conclure je dirais qu'au fond
00:14:10ce qui rend ce livre si précieux pour nous
00:14:12et qui nous a amené à débattre
00:14:14vraiment longuement aujourd'hui
00:14:16c'est qu'il nous aide à mieux voir notre démocratie
00:14:19ces tensions profondes, ces frustrations récurrentes
00:14:21ce décalage qui se creuse entre les institutions
00:14:23et les citoyens
00:14:24comprendre le populisme
00:14:26c'est comprendre ce que la République
00:14:27n'a pas encore résolu
00:14:28et donc Marc Lazard nous a donné un livre
00:14:31dont on aura besoin encore très longtemps
00:14:34merci
00:14:40Vous avez donc salué les grandes qualités
00:14:42des trois ouvrages en compétition
00:14:43mais il faut annoncer un lauréat
00:14:45et c'est la présidente de l'Assemblée nationale
00:14:47Yael Brounchivet qui va l'annoncer
00:14:54Merci
00:14:55Merci
00:14:56Je vais refaire quelques salutations
00:14:59Votre Majesté
00:15:01Mesdames et Messieurs
00:15:02Les ministres
00:15:03Premier ministre
00:15:04Mesdames et Messieurs
00:15:05Les parlementaires
00:15:06Madame la présidente du jury
00:15:09du prix du livre politique
00:15:10Mesdames et Messieurs
00:15:11Les membres du jury
00:15:12Monsieur le vice-président de Lire la société
00:15:15Mesdames et Messieurs
00:15:16Les auteurs, éditeurs, journalistes
00:15:18Mesdames et Messieurs
00:15:19Lire c'est boire et manger
00:15:21L'esprit qui ne lit pas
00:15:23maigrit comme le corps qui ne mange pas
00:15:26Alors ce n'est pas de moi
00:15:28c'est un de nos anciens collègues députés
00:15:30un certain Victor Hugo
00:15:33Et en effet
00:15:34pour filer cette métaphore gastronomique
00:15:36le menu de cette 35ème journée
00:15:38du livre politique se révèle
00:15:39une fois de plus
00:15:41fort appétissant
00:15:43Toutefois
00:15:43Duralet Said Lex
00:15:44il ne peut y avoir qu'un vainqueur
00:15:46pour notre prix des députés
00:15:48Avant de dévoiler le lauréat
00:15:50je voudrais remercier les équipes
00:15:51de Lire la société
00:15:52et vous Charles Perrault
00:15:53pour le succès de cette
00:15:5635ème édition anniversaire
00:15:58Je voudrais également
00:16:00évidemment remercier
00:16:01les membres du jury
00:16:02nos délibérations ont été
00:16:03âpres
00:16:05compliquées
00:16:05nous avons beaucoup
00:16:06échangé
00:16:08et nous avons
00:16:11décidé
00:16:11d'attribuer ce prix
00:16:14des députés
00:16:142026
00:16:16à messieurs
00:16:17Denis Baranger
00:16:18et Olivier Beaux
00:16:19pour leur livre
00:16:20La dissolution
00:16:21de la 5ème république
00:16:28Alors je vais dire un mot
00:16:29et puis je vous laisse
00:16:30apparaître la presse
00:16:31D'accord ?
00:16:32Restez avec moi
00:16:34Alors
00:16:36Cher Denis Baranger
00:16:37cher Olivier Beaux
00:16:38mon collègue Alexis Corbière
00:16:40a d'ores et déjà
00:16:41dressé l'éloge
00:16:42de votre livre
00:16:43mais vous m'en permettrez
00:16:44d'en rajouter
00:16:45un petit pot
00:16:46car je partage
00:16:47en de nombreux points
00:16:49votre constat
00:16:49sur les institutions
00:16:50Tout d'abord
00:16:52cette fameuse dissolution
00:16:53tu en as parlé
00:16:54Alexis
00:16:55le 9 juin 2024
00:16:57une information
00:16:59une consultation
00:17:00un échange
00:17:02nous en avons
00:17:03beaucoup parlé
00:17:04mais ce qui est sûr
00:17:05c'est qu'effectivement
00:17:08le moment
00:17:09où nous en avons
00:17:10discuté
00:17:10avec le président
00:17:11de la république
00:17:12était un moment
00:17:12où la décision
00:17:14avait été prise
00:17:15et donc
00:17:16il n'y eut pas eu
00:17:18de consultation
00:17:19dans le sens
00:17:21que l'on pourrait
00:17:22attribuer
00:17:22à ce terme
00:17:23qui est
00:17:24un moment d'échange
00:17:25pour se forger
00:17:26une opinion
00:17:27et prendre une décision
00:17:28et nous pouvons
00:17:29le regretter
00:17:30puisque
00:17:31nous deux
00:17:32le président du Sénat
00:17:33et moi-même
00:17:34en tant que président
00:17:35du Parlement
00:17:36nous avions
00:17:39une relation intime
00:17:40avec
00:17:41la vie
00:17:42politique
00:17:43de notre pays
00:17:44et je suis convaincue
00:17:45que nous avions
00:17:47une vision
00:17:47à partager
00:17:48qui n'était pas
00:17:49celle
00:17:49qui a conduit
00:17:50le président
00:17:51de la république
00:17:52à prendre
00:17:52cette funeste
00:17:53décision
00:17:53alors effectivement
00:17:55notre régime
00:17:56parlementaire
00:17:57est en souffrance
00:17:59pour autant
00:18:01pour autant
00:18:02nous devons
00:18:02le préserver
00:18:04parce que
00:18:05ici
00:18:06c'est la maison
00:18:07du peuple
00:18:07c'est la maison
00:18:08où délibèrent
00:18:10les représentants
00:18:11du peuple
00:18:11c'est le cœur
00:18:12battant
00:18:12de notre démocratie
00:18:13et lorsque l'on voit
00:18:15ce qu'il se passe
00:18:16dans le monde
00:18:17aujourd'hui
00:18:17nous voyons
00:18:18que nos démocraties
00:18:19sont questionnées
00:18:20nous voyons
00:18:20que nos démocraties
00:18:21sont en danger
00:18:23et nous devons veiller
00:18:25quels que soient
00:18:26nos partis politiques
00:18:27quelles que soient
00:18:27nos convictions
00:18:28à préserver
00:18:30au maximum
00:18:31la vie démocratique
00:18:33dans notre pays
00:18:34et donc
00:18:35l'Assemblée nationale
00:18:36que j'ai l'honneur
00:18:37de présider aujourd'hui
00:18:38donc merci
00:18:39pour votre regard
00:18:40merci pour vos apports
00:18:42et je crois
00:18:43que c'est en croisant
00:18:44ces regards
00:18:44que nous pourrons
00:18:45rendre notre démocratie
00:18:47plus forte
00:18:47et faire que
00:18:49l'Assemblée nationale
00:18:49continue
00:18:50à remplir
00:18:51ses missions essentielles
00:18:53dans l'intérêt
00:18:54de chacun
00:18:54de nos concitoyens
00:18:55bravo à vous
00:19:02alors je vais vous laisser passer
00:19:03allez-y
00:19:04bien
00:19:05il y avait une chance
00:19:05sur trois
00:19:06donc j'ai essayé
00:19:06de préparer un discours
00:19:07au cas où
00:19:09le paradoxe
00:19:09c'est que nous sommes
00:19:10deux auteurs
00:19:11et il n'y a qu'un seul auteur
00:19:12ici présent
00:19:12Olivier Beau
00:19:13Denis Baranger
00:19:14n'a pas pu être présent
00:19:15malheureusement
00:19:16donc il m'a chargé
00:19:16de le représenter
00:19:18et son absence
00:19:19est d'autant plus paradoxale
00:19:20que c'est lui
00:19:20qui a eu l'idée du livre
00:19:22qui a été si on peut dire
00:19:23dans la figure
00:19:24du tandem
00:19:25c'est lui qui était devant
00:19:26et qui pédalait
00:19:27et qui tenait le guidon
00:19:28et j'étais derrière
00:19:29et donc c'est pourtant moi
00:19:30qui ai l'honneur
00:19:31et la chance
00:19:32de recevoir ce prix
00:19:33mais évidemment
00:19:33je vais parler en notre nom
00:19:35je serai bref
00:19:36mais vraiment bref
00:19:37parce que je dois d'abord
00:19:38exprimer des remerciements
00:19:40remerciements évidemment
00:19:41au jury
00:19:41aux membres du jury
00:19:42de nous avoir décerné
00:19:43ce prix très prestigieux
00:19:45qui va à des universitaires
00:19:47qui écrit
00:19:47un essai grand public
00:19:48donc ça nous touche beaucoup
00:19:50remerciements aussi
00:19:51à notre éditeur
00:19:52les petits matins
00:19:53son directeur
00:19:54Olivier Sulzinger
00:19:54et notre éditrice
00:19:55Analdia Lacoste
00:19:56qui se présente
00:19:57qui nous ont accepté
00:19:58alors que rare
00:19:59que les juristes
00:20:00puissent accéder
00:20:01à des grands éditeurs
00:20:03grand public
00:20:04parce que les universités
00:20:05et les juristes
00:20:06ont la réputation
00:20:07d'être ennuyeux
00:20:07donc il a fallu
00:20:08essayer d'être vivants
00:20:10et donc on leur est
00:20:11très reconnaissant
00:20:12d'avoir donné cette chance
00:20:13on est aussi très reconnaissant
00:20:15à Thierry Pech
00:20:16qui nous a mis en contact
00:20:17avec les petits matins
00:20:18et donc qui a permis
00:20:19l'éclosion de ce livre
00:20:20et puis aussi
00:20:21on est très reconnaissant
00:20:23aux membres
00:20:23de notre université
00:20:24l'université Paris
00:20:26Panthéorassas
00:20:26anciennement Paris 2
00:20:28à tous ceux
00:20:28qui travaillent dans l'ombre
00:20:29c'est-à-dire
00:20:30qui font ce travail
00:20:31administratif
00:20:31qui est très lourd
00:20:32à l'université
00:20:33et qui permettent
00:20:34à des gens comme nous
00:20:34d'écrire des livres
00:20:35et si on écrit des livres
00:20:36c'est parce qu'il y a des gens
00:20:37qui travaillent pour nous
00:20:38qui nous déchargent
00:20:39de toutes ces obligations
00:20:40et qui nous ont permis
00:20:41d'avoir deux mois tranquilles
00:20:43pour écrire ce livre
00:20:44qu'en général
00:20:45c'est très difficile
00:20:46à avoir
00:20:47et puis également
00:20:48je voudrais inciter
00:20:49les juristes
00:20:49et les universitaires
00:20:50à faire ce qu'on a essayé
00:20:52de faire
00:20:52c'est qu'on a essayé
00:20:52de faire la vulgarisation
00:20:53scientifique
00:20:54la vulgarisation
00:20:55du droit quotidiennel
00:20:56c'est-à-dire utiliser
00:20:57notre savoir
00:20:57en tant qu'universitaire
00:20:58mais au profit
00:20:59du grand public
00:20:59et ce que font souvent
00:21:01les juristes
00:21:02et les universitaires
00:21:02anglo-saxons
00:21:03qu'on fait rarement
00:21:04en France
00:21:04et j'invite donc
00:21:05tous les juristes
00:21:05ici présents
00:21:06ou qui nous écoutent
00:21:07à tenter cette expérience
00:21:08qui s'avère en tout cas
00:21:10fructueuse
00:21:10dans ce cas présent
00:21:11et là je parlerai
00:21:13pour finir
00:21:13en titre plus personnel
00:21:15donc Denis Barranger
00:21:16n'est pas impliqué
00:21:17et engagé par mes propos
00:21:18je profite de cette tribune
00:21:20pour alerter
00:21:21les élus de la nation
00:21:21sur la situation catastrophique
00:21:23des universités françaises
00:21:24nous sommes très maltraités
00:21:26nous sommes très maltraités
00:21:27il y a l'enseignement privé
00:21:28supérieur
00:21:28qui est souvent
00:21:29de mauvaise qualité
00:21:29qui gagne de plus en plus
00:21:31de pourcentage
00:21:32dans les étudiants
00:21:33qui malheureusement
00:21:34vont étudier
00:21:35et payer cher
00:21:36ces mauvaises formations
00:21:37et à l'université
00:21:38on nous demande
00:21:38un pari impossible
00:21:39recevoir de plus en plus
00:21:40d'étudiants
00:21:41avec de moins en moins
00:21:42de moyens
00:21:42ce qui fait qu'aujourd'hui
00:21:43il faut le savoir
00:21:44les universités coupent
00:21:45dans ce qui est le plus essentiel
00:21:47c'est le recrutement
00:21:47des professeurs
00:21:48des maîtres de conférences
00:21:49et ce message s'adresse aussi
00:21:50à tous nos docteurs
00:21:51doctorants
00:21:51qui n'ont pas de poste
00:21:52alors qu'ils sont brillants
00:21:53permettez-moi donc
00:21:54d'alerter l'opinion publique
00:21:57puisque j'ai cette tribune
00:21:57sur cette situation
00:21:59catastrophique
00:21:59qui est
00:22:00l'opinion publique
00:22:01est totalement indifférente
00:22:02à ce point
00:22:03donc je profite de cette tribune
00:22:04et je m'arrête là
00:22:04et je vous remercie
00:22:05tous de votre attention
00:22:11Merci et félicitations
00:22:16Le prix spécial à présent
00:22:17j'ai l'honneur d'accueillir
00:22:18Agnès Viviorca
00:22:19vous êtes présidente du jury
00:22:20du prix du livre politique
00:22:22et grande historienne
00:22:23je vous laisse
00:22:23Merci, merci
00:22:25Je ne suis pas très très grande
00:22:31Votre Majesté
00:22:33je prononce ces mots
00:22:35pour la première fois
00:22:36quelle situation étrange
00:22:38une historienne
00:22:39dont le père a été naturalisé
00:22:41seulement au début
00:22:42des années 60
00:22:42remet le prix spécial
00:22:44du jury du livre politique
00:22:47à un roi
00:22:48dans les locaux
00:22:49de l'Assemblée nationale
00:22:50née de la Révolution française
00:22:52qui fut régicide
00:22:53mais l'ouvrage
00:22:55écrit par sa majesté
00:22:57Juan Carlos
00:22:58avec la collaboration
00:22:59de sa biographe
00:23:01et amie
00:23:01Laurence Debré
00:23:02s'intitule
00:23:03Réconciliation
00:23:04une leçon
00:23:05Notre jury
00:23:07a unanimement
00:23:08aimé votre livre
00:23:10pour ce qui l'apporte
00:23:11à la connaissance
00:23:12de la grande histoire
00:23:13il éclaire deux moments
00:23:15où Juan Carlos
00:23:17désigné par Franco
00:23:18comme son successeur
00:23:20joua le rôle décisif
00:23:21dans le passage
00:23:23de l'Espagne
00:23:23d'une dictature
00:23:25à la démocratie
00:23:26le roi
00:23:28y explique en détail
00:23:29comment les institutions
00:23:31franquistes
00:23:32ont été démantelées
00:23:33l'une après l'autre
00:23:34sans purge
00:23:35comment le choix
00:23:37fut fait
00:23:37de ne pas rouvrir
00:23:39les blessures
00:23:39combien profondes
00:23:41de la guerre civile
00:23:42comment fut construite
00:23:44une nouvelle Espagne
00:23:45sans traumatisme radical
00:23:47roi démocrate
00:23:49Juan Carlos
00:23:50fut mis à l'épreuve
00:23:51la nuit du 23 février 1981
00:23:54le 23F
00:23:56quand
00:23:57suivant ces termes
00:23:58et je vous cite
00:23:59des militaires
00:24:00ont tenté
00:24:01de bafouer par les armes
00:24:02la jeune démocratie espagnole
00:24:04mon œuvre
00:24:05une nuit de cauchemars
00:24:07à laquelle il mit fin
00:24:09avec un exceptionnel courage
00:24:11j'ai choisi de relever
00:24:13dans ces mémoires
00:24:14trois moments symboliques
00:24:16qui me sont chers
00:24:18avec la passionaria d'abord
00:24:20une légende
00:24:21du camp républicain
00:24:22avec son inusable
00:24:24Nopasaran
00:24:25la seule députée
00:24:27élue en 1936
00:24:28réélue en 1977
00:24:30revenue de son exil
00:24:32en union soviétique
00:24:33et qui ouvrit la session
00:24:34du premier parlement
00:24:35démocratiquement élu
00:24:36imaginez la scène
00:24:38et je cite
00:24:39un roi nommé par Franco
00:24:41aux côtés
00:24:42de la plus revêche
00:24:43des staliniennes
00:24:44avec Guernica
00:24:46une commande
00:24:47du gouvernement républicain
00:24:49pour l'exposition universelle
00:24:50de 1937
00:24:52peint à Paris
00:24:53de retour en Espagne
00:24:55en 1981
00:24:56scellant la normalisation
00:24:58démocratique
00:24:59enfin
00:25:00la réconciliation
00:25:02amorcée en 1992
00:25:04500 ans après
00:25:06que les juifs
00:25:07ont été contraints
00:25:07à l'exil
00:25:08ou à la conversion
00:25:09les séfarades
00:25:11ne sont plus
00:25:11des espagnols
00:25:12sans terre
00:25:13a annoncé le roi
00:25:14et de préciser
00:25:15que 20 ans plus tard
00:25:16une loi permettra
00:25:18à la diaspora séfarade
00:25:19de demander
00:25:20la nationalité espagnole
00:25:22et d'acquérir
00:25:23en même temps
00:25:24un passeport européen
00:25:26puisque c'est encore
00:25:27sous le règne
00:25:28de Juan Carlos
00:25:28que l'Espagne
00:25:30est entrée dans l'Europe
00:25:32les rois
00:25:33ne se confient pas
00:25:34leur secret
00:25:36reste enfouie
00:25:36dans la pénombre
00:25:37des palais
00:25:38sa majesté
00:25:39Juan Carlos
00:25:40n'a pas respecté
00:25:41le conseil
00:25:42de son père
00:25:43pour notre plus grand bonheur
00:25:45car ses mémoires
00:25:46ne sont pas seulement
00:25:47des mémoires politiques
00:25:48un homme sensible
00:25:50s'y découvre
00:25:51une vie marquée
00:25:52par les exils
00:25:53les séparations
00:25:54par un sentiment
00:25:55récurrent
00:25:56de grande solitude
00:25:57c'est ce mélange
00:25:59dans le récit
00:26:00quand la quotidienneté
00:26:01d'une vie
00:26:02d'une vie
00:26:02où chacun
00:26:03peut se reconnaître
00:26:04jouxte le destin
00:26:05d'un pays
00:26:06qui procure
00:26:07un si grand bonheur
00:26:08de lecture
00:26:08c'est donc pour moi
00:26:10un immense honneur
00:26:12de vous remettre
00:26:13le prix spécial
00:26:14du livre politique
00:26:16Applaudissements
00:26:20Applaudissements
00:26:22Applaudissements
00:26:54Applaudissements
00:27:23Applaudissements
00:27:52Madame la Présidente
00:27:53Madame
00:27:55Je vous remercie
00:27:58de votre chaleureux accueil
00:28:00mes remerciements
00:28:02aussi
00:28:03Madame
00:28:03Léluce Perrault
00:28:04de m'avoir convié
00:28:06à cet événement
00:28:08Madame
00:28:10Annette
00:28:10Bivolka
00:28:11je suis très
00:28:12honoré
00:28:13pour votre discours
00:28:14permettez-moi
00:28:15de vous répondre
00:28:20Je sais
00:28:22qu'il n'est pas
00:28:23habituel
00:28:24qu'un roi
00:28:25écrive
00:28:26ses mémoires
00:28:28Mon père
00:28:29m'a écrit
00:28:30et m'a déconseillé
00:28:31de le faire
00:28:33et probablement
00:28:37dans l'abstrait
00:28:38il avait raison
00:28:39mais notre vie
00:28:46ne résume pas
00:28:48pardon
00:28:49ne résume pas
00:28:51à des
00:28:52abstraits
00:28:53à des abstractions
00:28:59pardon
00:28:59dans une large
00:29:02dans une large
00:29:02mesure
00:29:04nos attitudes
00:29:05notre
00:29:06comportement
00:29:08et nos
00:29:08décisions
00:29:14parfaitement
00:29:15qu'un roi
00:29:16tel examen
00:29:18minutieux
00:29:19s'exerce
00:29:20sur une personne
00:29:22dont la dimension
00:29:23publique
00:29:24est aussi marquée
00:29:25que celle
00:29:27d'un homme politique
00:29:29et aussi
00:29:30marquée
00:29:31que celle
00:29:32d'un roi
00:29:33mais j'ai souvent
00:29:35pensé
00:29:35qu'il manquait
00:29:36à ces
00:29:37milliers de pages
00:29:39quelques centaines
00:29:41de plus
00:29:41quelques centaines
00:29:44de pages
00:29:44écrites
00:29:46à la première
00:29:47personne
00:29:47par le protagoniste
00:29:49lui-même
00:29:50celui
00:29:51qui
00:29:52pouvait
00:29:54apporter
00:29:55le plus
00:29:56de connaissances
00:29:57sur lui
00:29:59sur ce qu'il a fait
00:30:02et sur pourquoi
00:30:04il l'a fait
00:30:04c'est-à-dire
00:30:06modestement
00:30:07moi-même
00:30:08un personnage
00:30:10qui connaît
00:30:10les risques
00:30:11liés
00:30:11à l'entreprise
00:30:14d'écrire
00:30:16et de publier
00:30:18des mémoires
00:30:20sur lui-même
00:30:21et sur son action
00:30:26en tant que chef d'état
00:30:28d'un vieux pays
00:30:31européen
00:30:32qui précisément
00:30:34parce que
00:30:35qu'il est vieux
00:30:37c'est ce
00:30:38qui se montrait
00:30:40hyper critique
00:30:41envers
00:30:42presque tout
00:30:45et d'autant
00:30:46plus
00:30:47envers
00:30:48celui
00:30:48qui a exercé
00:30:50pendant plus
00:30:51de 40 ans
00:30:52sa plus haute
00:30:54magistrature
00:30:54mais les risques
00:30:57s'accompagnent
00:30:58souvent
00:30:58d'opportunités
00:30:59et savent
00:31:01les mettre
00:31:01en valeur
00:31:04et en art
00:31:06dans lequel
00:31:07on réussit
00:31:09parfois
00:31:10et que l'on
00:31:11se trompe
00:31:14d'autrefois
00:31:16je vais tenter
00:31:18d'expliquer
00:31:19pourquoi je pense
00:31:21que cette fois-ci
00:31:21je ne me suis pas
00:31:23trompé
00:31:23enfin
00:31:24je l'espère
00:31:27tout d'abord
00:31:29parce que
00:31:30la version française
00:31:34originale
00:31:35de mes mémoires
00:31:37élaborée
00:31:38pendant deux ans
00:31:39avec une écrivaine
00:31:40historienne
00:31:41aussi
00:31:42habile
00:31:43et rigoureuse
00:31:44que
00:31:45Laurence
00:31:45Debré
00:31:48a connu
00:31:49un bel accueil
00:31:51ici en France
00:31:52et reçoit
00:31:53en contre
00:31:58le prestigieux prix
00:32:00qui lui est
00:32:01décerné
00:32:03aujourd'hui
00:32:05je suis particulièrement
00:32:07honoré
00:32:08que bien
00:32:09que je ne suis pas
00:32:10français
00:32:11un pays
00:32:13qui m'est
00:32:13aussi cher
00:32:14que la France
00:32:15où ma famille
00:32:17plonge ses racines
00:32:18dans le temps
00:32:22et accueillie
00:32:23ce livre
00:32:25avec tant
00:32:25d'intérêt
00:32:26et de générosité
00:32:29je sais
00:32:31par ailleurs
00:32:32que sa version
00:32:34espagnole
00:32:34a été un vrai
00:32:35succès
00:32:36éditorial
00:32:37ce qui confirme
00:32:39que des
00:32:39nombreux
00:32:41espagnols
00:32:41souhaitaient
00:32:43eux aussi
00:32:43découvrir
00:32:44comment
00:32:45le roi
00:32:47perçoit
00:32:47sa vie
00:32:48et son reine
00:32:50et lire
00:32:51l'un et l'autre
00:32:52avec ses
00:32:53presque
00:32:55bon
00:32:55mais surtout
00:32:57parce que
00:32:58j'ai
00:32:58moi-même
00:32:59pu verser
00:33:00dans ces pages
00:33:02un côté
00:33:02de fait
00:33:03et de données
00:33:05que je juge
00:33:06pertinent
00:33:06pour l'histoire
00:33:07et dont je
00:33:09dont je suis
00:33:15légitimement fier
00:33:16des émotions
00:33:17des sentiments
00:33:19et des espoirs
00:33:20qui appartiennent
00:33:21à mon histoire
00:33:23personnelle
00:33:24tout
00:33:25comme les
00:33:26comme la faiblesse
00:33:28les erreurs
00:33:29que j'ai pu commettre
00:33:30en tant
00:33:32qu'être humain
00:33:33et dont je ne peux
00:33:34pas être
00:33:35fier
00:33:37tout cela
00:33:38fait partie
00:33:38de ma vie
00:33:39et je suis
00:33:40et je viens
00:33:42et je sens
00:33:43que
00:33:44cela a appelé
00:33:45à être
00:33:46partagé
00:33:47publiquement
00:33:48en toute liberté
00:33:49c'est ce que j'ai fait
00:33:51et j'en suis
00:33:52très fier
00:33:55je n'ai pas
00:33:56choisi par hasard
00:33:58le titre
00:33:59de mes mémoires
00:34:01réconciliation
00:34:02je pense
00:34:03que c'est
00:34:05le mot
00:34:05qui résume
00:34:07le mieux
00:34:08la principale réussite
00:34:11de ma vie politique
00:34:12avoir
00:34:13initié
00:34:15et encouragé
00:34:16la réconciliation
00:34:17de l'Espagne
00:34:18avec
00:34:19elle-même
00:34:20après une longue
00:34:22dictature
00:34:23et une guerre
00:34:24civile
00:34:24après
00:34:27en la conduisant
00:34:30en la conduisant
00:34:34à passer
00:34:35aussi pacifiquement
00:34:36que possible
00:34:38et en très peu
00:34:40de temps
00:34:41à une démocratie
00:34:42pleine
00:34:43et entière
00:34:45en 1975
00:34:47j'ai hérité
00:34:48avec le trône
00:34:50de tous les
00:34:51pouvoirs
00:34:52que le régime
00:34:54de l'époque
00:34:54avait
00:34:56comme
00:34:58entre les mains
00:34:59du chef
00:35:01de l'état
00:35:01du général
00:35:03franco
00:35:04et depuis
00:35:05celle
00:35:06cette
00:35:08position
00:35:09privilégiée
00:35:10je les ai utilisées
00:35:11pour
00:35:12défaire
00:35:16les rendre
00:35:17à leurs
00:35:18propriétaires
00:35:18légitimes
00:35:20le peuple
00:35:20espagnol
00:35:21la couronne
00:35:23que j'ai
00:35:26alors
00:35:27assumée
00:35:29souhaitait
00:35:30faire
00:35:30de l'Espagne
00:35:31un état
00:35:33social
00:35:34et démocratique
00:35:35de droit
00:35:36dans le cadre
00:35:38d'une
00:35:38monarchie
00:35:39parlementaire
00:35:42où la
00:35:43souveraineté
00:35:45rendrait
00:35:46dans le
00:35:47peuple
00:35:47espagnol
00:35:48ce changement
00:35:51qui représente
00:35:52une rupture
00:35:53radicale
00:35:55par rapport
00:35:56au système
00:35:57institutionnel
00:35:58antérieur
00:36:00a été
00:36:06consacré
00:36:07dans l'article
00:36:08premier
00:36:08de la constitution
00:36:09publicité
00:36:11en 1978
00:36:13une constitution
00:36:16qui a doté
00:36:17aux espagnols
00:36:18d'institutions
00:36:20démocratiques
00:36:21et d'un cadre
00:36:23de liberté
00:36:24et de droit
00:36:28qui ont
00:36:29favorisé
00:36:31le progrès
00:36:33de l'Espagne
00:36:35dans
00:36:35les domaines
00:36:38il arrive
00:36:47souvent
00:36:48dans l'histoire
00:36:48que des figures
00:36:49exceptionnelles
00:36:50émergent
00:36:51en des temps
00:36:52aussi exceptionnels
00:36:53dans cette
00:36:56conjoncture
00:36:59véritablement
00:37:00extraordinaire
00:37:01en un moment
00:37:03de grave
00:37:04inquiétude
00:37:04pour le
00:37:05présent
00:37:06et d'incertitude
00:37:08quant à
00:37:10l'avenir
00:37:11l'aspiration
00:37:13et la
00:37:13liberté
00:37:14du peuple
00:37:15espagnol
00:37:16et la lucidité
00:37:17d'une élite
00:37:18politique
00:37:19remarquable
00:37:20de gauche
00:37:22comme de droite
00:37:23ont permis
00:37:25à l'Espagne
00:37:26suivant
00:37:27la vôtre
00:37:28la voie
00:37:30tracée
00:37:31par la
00:37:31couronne
00:37:32d'entreprendre
00:37:33résolument
00:37:34ce précieux
00:37:36processus
00:37:39que nous
00:37:40connaissons
00:37:41sous le nom
00:37:42de la
00:37:43transition
00:37:44qui a ouvert
00:37:46les portes
00:37:47de mon pays
00:37:48à la liberté
00:37:49et à la
00:37:50démocratie
00:37:51et la
00:37:54remplacer
00:37:55et la placer
00:37:56au sein
00:37:57de la
00:37:57communauté
00:37:58internationale
00:37:59à la place
00:38:01qui lui
00:38:01revenait
00:38:02j'ai toujours
00:38:04eu
00:38:04depuis mon
00:38:05enfance
00:38:06que ma
00:38:07destinée
00:38:08coïncidant
00:38:09avec ma
00:38:10vocation
00:38:12le service
00:38:13de mon pays
00:38:13aujourd'hui
00:38:15je regarde
00:38:16en arrière
00:38:17le présent
00:38:18ne m'accable
00:38:19pas
00:38:20même
00:38:21en parfois
00:38:23je l'avoue
00:38:24il peut
00:38:26m'attrister
00:38:27je suis conscient
00:38:29que nul
00:38:31est prophète
00:38:32dans son pays
00:38:34et qu'il
00:38:35a toujours
00:38:37des jugements
00:38:38diversos
00:38:39sur presque
00:38:41tout
00:38:42mais moi
00:38:43qui ai toujours
00:38:44eu
00:38:45clairement
00:38:46à l'esprit
00:38:47que la démocratie
00:38:48le respect
00:38:49des droits
00:38:50de l'homme
00:38:51et le progrès
00:38:52de la société
00:38:53espagnole
00:38:55étaient les objectifs
00:38:56pour lesquels
00:38:57je devais
00:38:58toujours
00:39:00oeuvrer
00:39:01je voulais
00:39:02faire
00:39:03état
00:39:04dans mes mémoires
00:39:06ma fierté
00:39:08de voir
00:39:08comment
00:39:09l'Espagne
00:39:10s'est
00:39:10transformée
00:39:12de manière
00:39:14radicale
00:39:15et positive
00:39:17à tous
00:39:19les niveaux
00:39:20au coeur
00:39:21de
00:39:22vos rênes
00:39:23et je pense
00:39:24que c'est
00:39:24précisément
00:39:25ce témoignage
00:39:28personnel
00:39:29qui est
00:39:30reconnu
00:39:30par ce prix
00:39:33spécial
00:39:33du livre politique
00:39:35je suis
00:39:36très reconnaissant
00:39:37et touché
00:39:38de le recevoir
00:39:40aujourd'hui
00:39:41parmi vous
00:39:42à l'Assemblée
00:39:43nationale
00:39:44je vous en remercie
00:40:14et pardon
00:40:15Merci.
00:41:11Merci Majesté.
00:41:15J'ai un faible pour les révolutionnaires, peut-être parce qu'ils me portent chance.
00:41:21En 2018, mon livre « Fille de révolutionnaire » remportait ici même trois prix.
00:41:27Aujourd'hui, un autre révolutionnaire me ramène devant vous, ce roi qui n'a jamais rien fait comme les autres.
00:41:36Et il a même voulu raconter son histoire à la première personne et dans une langue étrangère, la nôtre, bousculant
00:41:44décidément toutes les traditions.
00:41:46Et pour cela, en plus, il choisit une femme, une française, une républicaine et donc une fille de révolutionnaire.
00:41:55Alors, un bourbon d'Espagne, descendant direct de Louis XIV, honoré ici à l'Assemblée nationale et distingué par Annette
00:42:05Vivorca, cela pourrait sembler osé.
00:42:07Mais c'est à l'image du parcours hors du commun du roi, au destin digne d'un roman.
00:42:14Merci Majesté de nous faire à tous l'honneur de votre présence en venant d'Abu Dhabi, en ces temps
00:42:21malheureusement troublés.
00:42:23Cela rajoute un brin de romanesque à une vie déjà très riche en rebondissements.
00:42:28Pour moi, ce livre est l'aboutissement de l'intérêt que j'ai développé jeune pour le rôle du roi
00:42:34dans la transition.
00:42:37Mais même après trois livres et un documentaire, lorsque le roi m'a invité à travailler avec lui, j'ai
00:42:43hésité, impressionnée par le défi.
00:42:46Alors il m'a dit cette phrase que je n'ai jamais oubliée.
00:42:49« Pourquoi tu n'as pas confiance en toi alors que moi j'ai confiance en toi ? »
00:42:55Merci Majesté de m'avoir fait confiance et de m'avoir aidé à avoir confiance en moi.
00:43:00Moi aussi, je vous ai fait confiance pour parler à cœur ouvert, sans calcul ni artifice, bien loin de la
00:43:08langue de bois,
00:43:09alors que ce projet d'écriture était bien loin de faire l'unanimité.
00:43:14Mais je savais que vous, le militaire avare en mots, avez bien des choses à nous raconter, des choses longtemps
00:43:22enfouies.
00:43:22Pas seulement le succès d'un roi, mais aussi les émotions et les ombres d'un homme.
00:43:29Nous avons commencé à travailler à l'hiver 2022, au moment où Poutine envahissait l'Ukraine.
00:43:36À l'heure du populisme débridé et des prédateurs, l'histoire de ce souverain, qui n'a jamais eu l
00:43:43'obsession du pouvoir,
00:43:45comptera singulièrement avec celle des hommes qui voudraient aujourd'hui être rois.
00:43:51Comme il le rappelle dans son livre, il est plus facile de déconstruire des institutions démocratiques que d'en construire.
00:43:59Il a l'avantage de l'expérience.
00:44:01Comme le jury l'a bien compris, ses mémoires sont d'une profonde actualité.
00:44:06Merci à tous d'être là.
00:44:20Merci tout de suite. On va passer à la remise du prix du livre politique.
00:44:24Les différents livres en liste peuvent me rejoindre sur scène.
00:44:28Olivier Perroux et Charlotte Belaïche pour La Meute,
00:44:30Émilie Frèche pour Un séisme et Marc Lazare pour Son amour du peuple.
00:44:33Et pour faire leur éloge, on va commencer avec Philippe Méchet pour l'éloge de La Meute
00:44:39et on poursuivra avec Anna Cabana et Brice Tenturier.
00:44:44Trois minutes.
00:44:48Merci. Je vais essayer de radraper le retard.
00:44:51Mais c'est difficile sur un livre aussi grand que La Meute,
00:44:54cette plongée dans les rouages de la France insoumise.
00:44:56Le jury a été sensible au livre La Meute qui est un ouvrage d'investigation majeur
00:45:02réalisé par les journalistes, Charlotte Belaïche, journaliste à Libération
00:45:05et Olivier Perroux au Monde.
00:45:07Ils ont publié ce livre après deux années de travail,
00:45:10ce qui témoigne d'une enquête profonde et compliquée
00:45:12consacrée au fonctionnement interne d'un parti politique, la France insoumise,
00:45:17et bien sûr à la figure centrale de son leader, Jean-Luc Mélenchon.
00:45:21Plus de 200 témoignages ont été recueillis auprès d'anciens cadres,
00:45:26de militants et de membres toujours actifs,
00:45:28ce qui en fait l'une des investigations politiques les plus approfondies
00:45:33de ces dernières années, j'insiste dessus.
00:45:36La méthode des auteurs est solide, entretien multiple,
00:45:39recoupement systématique des informations, collecte de documents internes,
00:45:42analyse des témoignages convergents ou divergents.
00:45:45Rien n'est laissé au hasard.
00:45:47Et à mesure que leur enquête progresse,
00:45:48s'ils révèlent un système marqué par une très grande opacité
00:45:52et une organisation très centralisée autour du chef,
00:45:55où la loyauté absolue semble être un principe fondateur.
00:46:00L'un des apports essentiels du livre est d'exposer la mécanique interne
00:46:03d'un mouvement souvent perçu de l'extérieur comme innovant,
00:46:06alors que c'est un fonctionnement vertical,
00:46:09structuré autour de la figure du leader.
00:46:11Au fil des pages, la meute dévoile également des pratiques internes,
00:46:14souvent brutales, évictions soudaines, harcèlement moral,
00:46:17mis à l'écart de figures historiques du parti,
00:46:20comme François Ruffin, Clémentine Autain, Raquel Garrido,
00:46:23ou, nous l'avons vu tout à l'heure, Alexis Corbière.
00:46:26D'après les témoignages, ces exclusions n'étaient pas sur des fautes politiques,
00:46:30mais simplement sur des désaccords stratégiques.
00:46:32Ce travail d'enquête met ainsi en lumière
00:46:35l'absence de structures démocratiques internes,
00:46:37les décisions unilatérales,
00:46:39et un fonctionnement que plusieurs sources comparent explicitement
00:46:42à celui d'un groupe fonctionnant comme une secte.
00:46:46Belaïche et Pérou montrent comment un parti fondé sur un projet de transformation démocratique
00:46:50peut progressivement glisser vers une logique de contrôle et d'emprise.
00:46:55Ce qui rend cette enquête particulièrement forte,
00:46:58c'est la capacité des deux journalistes à restituer une mosaïque,
00:47:02une mosaïque réellement de témoignages cohérents.
00:47:04Ils donnent la parole non seulement aux exclus ou aux déçus,
00:47:08mais aussi à ceux qui sont restés,
00:47:10permettant ainsi d'obtenir une vision nuancée, plurielle et crédible
00:47:14de ce qui se joue en coulisses.
00:47:15L'approche est d'autant plus remarquable que LFI est un mouvement réputé fermé
00:47:20où la communication est ultra contrôlée.
00:47:22Réussir à obtenir autant de sources directes témoigne de la persévérance des journalistes
00:47:27et de leur capacité à inspirer confiance.
00:47:29Et le livre ne se contente pas de dénoncer,
00:47:31il analyse, contextualise, explique.
00:47:34Il montre comment certaines pratiques ont évolué
00:47:36depuis la création du mouvement en 2016,
00:47:38comment les ambitions politiques personnelles
00:47:41peuvent se transformer en mécanismes de verrouillage interne
00:47:44et comment une organisation née dans l'espoir d'un renouveau démocratique
00:47:48peut progressivement devenir un appareil centralisé.
00:47:52C'est frappant de constater que la manière dont l'image publique du parti
00:47:55s'est construite en décalage avec sa totale réalité interne.
00:47:58La meute n'est pas seulement un livre politique,
00:48:01je dois le dire ici, c'est un exemple puissant de journalisme d'investigation,
00:48:05un ouvrage qui éclaire avec précision et avec courage les zones d'ombre d'un mouvement politique majeur.
00:48:11Grâce à ce travail patient, méthodique et approfondi de Charlotte et Olivier,
00:48:15nous disposons d'une compréhension rare des dynamiques internes,
00:48:19des tensions et des dérives d'un parti,
00:48:21souvent perçus à travers le seul prisme de la communication.
00:48:24Je vous remercie et je crois que ça fait 3 minutes 20.
00:48:31Merci beaucoup Anna Cabana pour nous présenter le livre d'Émilie Fraîche,
00:48:34un séisme qui a promis d'essayer d'être succincte.
00:48:38On va voir.
00:48:39On n'est pas obligé de croire aux promesses.
00:48:40Bonjour.
00:48:42Un séisme est bien plus que le journal de bord,
00:48:46dense, ardent, dérangeant,
00:48:48d'une écrivaine qui a couvert pour le point
00:48:50le procès de 8 individus majeurs ayant concouru à l'assassinat de Samuel Paty.
00:48:56Ce serait déjà beaucoup, ce serait déjà essentiel,
00:49:00mais c'est davantage.
00:49:02Le livre d'Émilie Fraîche est traversé comme habité par des dessins formidables,
00:49:07par une expérience personnelle et par une réflexion sur notre temps.
00:49:11Il s'inscrit dans cette tradition exigeante des écrivains
00:49:14qui prennent acte au plus près de ce que le réel a de plus tragique.
00:49:18Le procès des hommes devient le procès de notre condition humaine,
00:49:22pas uniquement des crimes,
00:49:24mais de tout ce qui autour les rend possibles,
00:49:27et notamment le mensonge.
00:49:29De Truman Capote à Emmanuel Carrère,
00:49:31le mensonge est souvent l'acteur principal des procès
00:49:34vus par les écrivains qui ont toujours un rapport d'artiste
00:49:37et de philosophe à la vérité.
00:49:40Comment ne pas penser aussi à la banalité du mal,
00:49:43dénudé par Arendt dans Eichmann à Jérusalem.
00:49:45On prend conscience qu'Eichmann est un minable
00:49:48et qu'il a fallu des mécaniques tragiques
00:49:50pour donner une ampleur monstrueuse à un antisémitisme.
00:49:55Eh bien, dans un séisme, les minables sont légions.
00:49:58Et ceux-là même qui avaient la parole haute
00:50:00quand ils se sentaient en situation de force
00:50:03pour menacer un professeur
00:50:05et lancer contre lui une fatwa sur les réseaux sociaux,
00:50:08ceux-là même se font maintenant tout petits
00:50:11à la barre du tribunal,
00:50:12essayant de faire croire à un gigantesque malentendu.
00:50:16On tremble et on reste en colère
00:50:18quand on entend dès le début
00:50:19les propos de cette collégienne de 13 ans,
00:50:21la fille de Brahim Chnina, à l'origine de tout.
00:50:24Elle admet enfin avoir menti
00:50:26quand elle disait qu'elle était présente
00:50:27au fameux cours de Samuel Paty.
00:50:29Mais on comprend que cet aveu est en fait
00:50:32un nouvel acte tactique pour exonérer son père,
00:50:35ce père sans qui rien ne serait arrivé
00:50:39s'il n'avait voulu jouer avec la flamme
00:50:42du fanatisme islamiste
00:50:43pour attaquer un professeur d'une république
00:50:45qui l'exècre.
00:50:47Émilie Frèche, votre tour de force dans ce livre,
00:50:50c'est d'être la greffière,
00:50:51par-delà les minutes du procès,
00:50:53des folies et des impostures de l'époque.
00:50:56Vos considérations sur l'inversion accusatoire
00:50:59sont lumineuses.
00:51:01L'inversion accusatoire, ce mécanisme
00:51:03qui consiste à faire porter la faute sur la victime
00:51:05ou sur ceux qui tentent de défendre les principes fondamentaux
00:51:10est omniprésent chez les accusés
00:51:12qui n'en finissent pas d'adopter des postures victimaires.
00:51:15L'inversion accusatoire, donc,
00:51:17comme le fil rouge de ce procès,
00:51:19mais aussi comme un fil rouge de notre époque.
00:51:21Vous avez, Émilie Frèche, le courage
00:51:23de faire le lien avec ce que vivent les Juifs
00:51:25depuis le 7 octobre.
00:51:27Vous relevez si justement que ce sont toujours
00:51:30les hommes de paix que l'on assassine.
00:51:32Samuel Paty en était un, Isaac Rabin un autre.
00:51:36Et rappeler son assassinat, comme vous le faites,
00:51:39c'est rappeler qu'il y a eu des bifurcations
00:51:41dans notre histoire récente
00:51:42qui ont été autant de routes vers la tragédie.
00:51:46Voilà un livre qui oblige à regarder en face
00:51:49non seulement les coupables directs,
00:51:51mais aussi les complicités diffuses,
00:51:54les silences, les accommodements, les renoncements.
00:51:58Il révèle combien une société peut être fragilisée
00:52:00lorsque la vérité elle-même devient contestée,
00:52:05retournée, instrumentalisée.
00:52:06Dès lors, un séisme ne se referme pas
00:52:09comme un livre achevé.
00:52:11Il se prolonge en nous comme une question.
00:52:14Sommes-nous à la hauteur ?
00:52:15À la hauteur d'un homme qui,
00:52:17dans l'exercice de son métier,
00:52:18a voulu transmettre les principes
00:52:19de la liberté d'expression ?
00:52:21À la hauteur d'un professeur qui a cru
00:52:23jusqu'au bout à la mission de l'école républicaine ?
00:52:27À la hauteur, enfin, d'un citoyen qui n'a pas renoncé.
00:52:31Cette exigence n'est pas abstraite.
00:52:33Elle se joue dans nos paroles, dans nos choix,
00:52:35dans notre capacité à ne pas céder à la peur
00:52:37ou à la confusion.
00:52:38En ce sens, Émilie Frèche,
00:52:40votre livre est une mise en demeure.
00:52:42C'est pourquoi il mérite aujourd'hui
00:52:44non seulement l'hommage que nous lui rendons
00:52:46par ma voix,
00:52:47mais notre reconnaissance.
00:52:54Merci pour le dernier éloge,
00:52:56Brice Tenturier,
00:52:57pour l'éloge du livre de Marc Lazare.
00:53:04Bonjour.
00:53:05J'ai le plaisir et l'honneur
00:53:07de défendre, de faire l'éloge
00:53:09d'un livre formidable,
00:53:10celui de Marc Lazare,
00:53:11pour l'amour du peuple.
00:53:13C'est un livre formidable d'abord
00:53:14parce qu'il porte sur un sujet
00:53:16qui est un sujet complexe,
00:53:17totalement d'actualité,
00:53:18au cœur de ce qui concerne la démocratie.
00:53:21Et il est formidable
00:53:22parce qu'il est porté par une rigueur,
00:53:24une exigence intellectuelle
00:53:26qu'il faut vraiment saluer,
00:53:28doublée d'une finesse,
00:53:30d'une subtilité dans l'analyse
00:53:31qui permet à ce livre d'embrasser
00:53:33et véritablement de nous faire comprendre
00:53:35ce qu'est non pas le populisme,
00:53:38mais les populismes.
00:53:39L'effort introductif de Marc Lazare,
00:53:41c'est d'abord d'essayer
00:53:42de trouver une définition du populisme
00:53:44qui ne soit pas une définition trop large
00:53:47qui absorberait tout sans rien expliquer,
00:53:50mais qui ne soit pas non plus
00:53:51une définition trop restrictive
00:53:52qui viserait à gommer
00:53:54la diversité des formes du populisme.
00:53:57Parce que le populisme,
00:53:58cela a été dit d'ailleurs tout à l'heure,
00:54:00selon Marc Lazare,
00:54:01n'est pas un phénomène pur,
00:54:03il est hybride,
00:54:03il est changeant,
00:54:04il emprunte à différentes idéologies,
00:54:06il est stratégie de conquête du pouvoir,
00:54:08mais également d'exercice du pouvoir,
00:54:11et donc il est difficile de le qualifier.
00:54:13Cela n'empêche pas Marc
00:54:15de distinguer les populismes,
00:54:17le populisme intégral,
00:54:19dans lequel il va faire ranger ensuite,
00:54:21il va introduire toute une série
00:54:23de phénomènes politiques de notre histoire,
00:54:25du populisme intermittent,
00:54:27qu'il classe en deux familles,
00:54:28dans les populismes intermittents,
00:54:30celui que l'on peut trouver
00:54:31dans le communisme, le socialisme,
00:54:33le gaullisme,
00:54:33mais les pages sur le gaullisme
00:54:35sont d'une subtilité telle
00:54:36qu'elles montrent plutôt
00:54:38que le gaullisme est très loin
00:54:39du populisme précisément,
00:54:41et puis celui qui concerne
00:54:43un populisme strictement occasionnel
00:54:45pour conquérir le pouvoir,
00:54:47et là ce sont des figures
00:54:48telles que Jacques Chirac,
00:54:50François Bayrou,
00:54:51Nicolas Sarkozy ou Emmanuel Macron
00:54:52qui peuvent être convoqués.
00:54:54Après avoir posé les bases
00:54:56de ces définitions,
00:54:58Marc Lazare continue à définir
00:55:00le populisme en le différenciant
00:55:01d'autres concepts,
00:55:03d'autres types de régimes,
00:55:05le fascisme notamment,
00:55:06l'autoritarisme
00:55:07ou les systèmes totalitaires.
00:55:09Et une fois que vous avez lu
00:55:10ce premier grand chapitre
00:55:12qui est, j'insiste sur ce point,
00:55:14non pas un chapitre aride,
00:55:16non pas un chapitre
00:55:17qui serait difficile
00:55:20de lire ou d'absorber,
00:55:21mais au contraire
00:55:22un chapitre extraordinairement éclairant,
00:55:25et Descartes disait
00:55:25que les idées vraies
00:55:26sont des idées claires et distinctes,
00:55:28et bien c'est ce que produit Marc Lazare.
00:55:30Après avoir produit
00:55:31ces définitions,
00:55:32vous avez droit à un voyage
00:55:34dans le temps
00:55:34où vous comprenez véritablement,
00:55:36vous relisez ou vous retrouvez
00:55:38ce que sont ces phénomènes,
00:55:39mais vous les comprenez davantage,
00:55:41ce qu'est le boulangisme,
00:55:43ce qu'est dans la famille
00:55:44des populismes radicaux,
00:55:47ce qu'est le boulangisme,
00:55:49il y a des analyses aussi
00:55:50sur les ligues des années 30
00:55:51avec tout ce qui les différencie,
00:55:53le dorgérisme,
00:55:54le poujadisme,
00:55:56le populisme de gauche,
00:55:58et donc une fois encore
00:56:00de Bernard Tapie.
00:56:01Mais vous avez aussi des figures
00:56:02telles que Bernard Tapie,
00:56:04le nationaliste populisme de droite,
00:56:06et donc là on parle du rassemblement
00:56:07du front national d'abord,
00:56:09du rassemblement national ensuite,
00:56:11d'Éric Zemmour,
00:56:12avec une jolie formule,
00:56:14Éric Zemmour,
00:56:15populiste mais pas populaire,
00:56:16alors que Marine Le Pen
00:56:17est populiste et populaire,
00:56:19et puis de Jean-Luc Mélenchon,
00:56:21avec un décryptage
00:56:22qui fait écho au livre
00:56:23dont on a parlé,
00:56:24extrêmement fin.
00:56:26Merci donc à Marc Lazare
00:56:28de nous éclairer à ce point,
00:56:29je vous invite,
00:56:30mais chaleureusement,
00:56:31à lire son livre,
00:56:32on attend le tome 2
00:56:33sur les populismes en Europe,
00:56:36le tome 3
00:56:36sur les populismes
00:56:37en Amérique latine,
00:56:39le tome 4
00:56:40sur Donald Trump,
00:56:41dans l'ordre qu'il voudra.
00:56:43Merci.
00:56:50Annette Gilleser,
00:56:51qui est présidente du prix
00:56:52du jury du livre politique,
00:56:54je vous laisse annoncer
00:56:55le lauréat.
00:56:56Alors très rapidement,
00:56:58ça a été un jury formidable,
00:57:00où on a discuté jusqu'à ce matin,
00:57:03très serré,
00:57:03les trois finalistes,
00:57:06une enquête journalistique exemplaire,
00:57:09un livre d'histoire
00:57:10et de sociologie fondamentale,
00:57:13et un livre que je n'arrive pas
00:57:15à caractériser,
00:57:16mais le prix est donné
00:57:18à Émilie Frèche
00:57:20pour un séisme.
00:57:25Mais normalement,
00:57:26voilà.
00:57:34Merci beaucoup.
00:57:43Je suis très, très émue
00:57:45de recevoir ce prix politique,
00:57:49d'abord parce qu'on est dans un moment
00:57:50où je trouve que c'est très, très dur
00:57:51de faire de la politique
00:57:53et que l'écriture puisse être
00:57:55un territoire de combat,
00:57:56c'est ce que j'ai toujours considéré
00:57:58dans tous mes livres.
00:58:00Donc vraiment,
00:58:00je suis très honorée pour cela
00:58:02et très émue aussi
00:58:03parce que ce livre
00:58:05n'était pas prévu du tout.
00:58:06En fait,
00:58:07j'ai eu la chance
00:58:08de pouvoir suivre
00:58:09pour le point
00:58:11le procès de l'attentat
00:58:12contre Samuel Paty,
00:58:13d'être pendant sept semaines
00:58:14en cours d'assise.
00:58:16Ça a été une matière
00:58:18passionnante
00:58:18parce que c'est une affaire collective.
00:58:21c'est beaucoup de gens
00:58:23qui, à la fois,
00:58:24ont participé
00:58:25à donner de l'écho
00:58:26à cette fatwa numérique
00:58:27et des gens
00:58:28qui n'ont pas pu l'arrêter.
00:58:32Et ces renoncements,
00:58:33effectivement,
00:58:35ils nous disent quelque chose
00:58:36de notre terreur aussi
00:58:38d'être taxés de racisme
00:58:40comme si on pouvait être raciste
00:58:42en défendant nos valeurs.
00:58:44Et l'une de nos valeurs fondamentales,
00:58:46c'est, je crois,
00:58:47la laïcité
00:58:48parce que sans laïcité,
00:58:49il n'y a pas de liberté,
00:58:51il n'y a pas d'égalité,
00:58:52il n'y a pas de fraternité.
00:58:54Cette liberté
00:58:54qui était si chère
00:58:55à Samuel Paty
00:58:56et dont beaucoup d'écrivains
00:58:58aujourd'hui sont privés
00:59:00dans le monde,
00:59:00donc c'est avec eux
00:59:01que je veux partager ce prix.
00:59:03Et notamment à l'un d'entre eux,
00:59:05Boilem Sansal,
00:59:06que j'ai croisé
00:59:07en arrivant ici,
00:59:09le livre lui est dédié
00:59:10au moment où je terminais
00:59:12ce texte
00:59:13il était encore emprisonné.
00:59:15Donc merci infiniment
00:59:16pour l'honneur
00:59:17que vous me faites
00:59:18avec ce prix.
00:59:21Applaudissements
00:59:28Bravo, merci.
00:59:29On va clôturer cette matinée
00:59:31avec un mot d'une femme engagée,
00:59:33la présidente de l'Assemblée nationale,
00:59:34Yael Brown-Pivet.
00:59:35Cet après-midi,
00:59:36évidemment,
00:59:36les tables rondes continueront.
00:59:45En conclusion de cette matinée,
00:59:48je voudrais revenir
00:59:49sur le thème
00:59:50de la 35e édition
00:59:52de ce prix du livre politique
00:59:55et vous avez choisi
00:59:56le thème de l'engagement,
00:59:58s'engager.
00:59:59L'engagement,
01:00:00c'est un mot
01:00:01qui me tient à cœur,
01:00:02qui nous tient à cœur,
01:00:03je crois,
01:00:04à tous
01:00:05et je crois
01:00:07qu'on a
01:00:08plus que jamais
01:00:09besoin
01:00:10de personnes
01:00:11qui s'engagent.
01:00:12Alors,
01:00:13on voit
01:00:13dans notre République,
01:00:15aujourd'hui,
01:00:15nous avons des écrivains
01:00:17engagés,
01:00:18nous avons
01:00:19des jeunes hommes
01:00:20et à nouveau
01:00:22rendre hommage
01:00:23à Amine Kessassi
01:00:24qui,
01:00:25depuis des années,
01:00:26a décidé
01:00:26de s'engager
01:00:28dans son association,
01:00:29dans son quartier.
01:00:30Il n'y a pas d'âge
01:00:31pour s'engager.
01:00:32Il y a évidemment
01:00:34toutes nos forces
01:00:36de l'ordre,
01:00:36les pompiers,
01:00:37ceux qui,
01:00:38au quotidien,
01:00:40ont fait de l'engagement
01:00:41leur profession.
01:00:42Il y a les professeurs,
01:00:44et vous l'avez évoqué
01:00:45à travers la personne
01:00:47de Samuel Paty,
01:00:48qui défendent,
01:00:49jour après jour,
01:00:50les valeurs
01:00:51de la République,
01:00:52la liberté d'enseigner,
01:00:54la transmission.
01:00:55Et pour autant,
01:00:57alors que l'on peut
01:00:58se dire
01:00:59que l'on doit célébrer
01:01:01l'engagement,
01:01:01l'engagement de tous,
01:01:04il y a un engagement
01:01:05dans notre société
01:01:07qui est vilipendée,
01:01:10qui est foulée aux pieds,
01:01:12qui est un engagement
01:01:16déshonorant,
01:01:17qui est sale.
01:01:19C'est l'engagement politique.
01:01:22Aujourd'hui,
01:01:22faire de la politique,
01:01:25c'est être corrompu,
01:01:29c'est ne pas défendre
01:01:32les valeurs de la République.
01:01:33On nous accuse
01:01:34les uns et les autres,
01:01:36quoi qu'on dise,
01:01:36d'être raciste,
01:01:37d'être antisémite.
01:01:38Alors moi,
01:01:39si vous saviez,
01:01:40je suis génocidaire,
01:01:42je viole les petits-enfants,
01:01:45je ne sais plus,
01:01:47je suis islamophobe,
01:01:49évidemment.
01:01:50et ça, voyez-vous,
01:01:52je crois que ça doit
01:01:53nous interroger
01:01:53collectivement.
01:01:55Parce que si
01:01:58aujourd'hui et demain,
01:01:59nous n'avons plus
01:02:00d'engagés en politique,
01:02:03c'est notre démocratie
01:02:05qui mourra.
01:02:06Je ne vois pas
01:02:08d'autres systèmes
01:02:10qui fassent que
01:02:12nous respections
01:02:13les droits
01:02:14des uns et des autres,
01:02:15les libertés,
01:02:16les valeurs
01:02:16de notre République,
01:02:17si nous n'avons pas
01:02:19des hommes et des femmes
01:02:20qui sont élus
01:02:20par d'autres hommes
01:02:22et d'autres femmes
01:02:23et qui acceptent
01:02:25cette charge-là.
01:02:26Elle n'est pas facile,
01:02:27nous ne sommes pas parfaits,
01:02:28nous commettons tous
01:02:30des erreurs
01:02:30comme vous.
01:02:33Mais pour autant,
01:02:34nous avons décidé
01:02:36à un moment de nos vies
01:02:38de consacrer nos vies
01:02:40à l'engagement
01:02:41et à l'engagement
01:02:43pour vous.
01:02:45Et quelles que soient
01:02:46nos opinions politiques,
01:02:48croyez-le,
01:02:49nous faisons
01:02:50de notre mieux.
01:02:52Et si j'ai un cri
01:02:54du cœur aujourd'hui
01:02:55à faire devant vous,
01:02:56c'est celui-là.
01:02:59Célébrons l'engagement,
01:03:00mais célébrons l'engagement
01:03:02de tous
01:03:02parce que nous en avons besoin
01:03:04pour faire société
01:03:06et pour faire société
01:03:07ensemble.
01:03:08Je vous remercie.
01:03:19Merci beaucoup,
01:03:20Madame la Présidente.
01:03:22Merci à tous.
01:03:23On se retrouve à 14h15
01:03:25pour la suite des tables rondes.
01:03:26Sur LCP,
01:03:27on se retrouve à 16h50
01:03:28pour suivre en direct
01:03:29la remise des prix étudiants.
01:03:32à tout à l'heure.
01:03:34Sous-titrage Société Radio-Canada
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