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  • il y a 7 heures
Invités :
- Eric Coquerel, Président de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale et député La France insoumise de Seine-Saint-Denis,
- Olivier Cadic, Vice-président de la Commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées au Sénat et sénateur centriste des Français établis hors de France.

Présentation :
- Alexandre Poussart, journaliste Public Sénat
- Stéphanie Dépierre, journaliste LCP-Assemblée nationale

Parlement Hebdo est au coeur de l'actualité politique pour vous faire vivre cette année parlementaire inédite.
Chaque vendredi c'est le tour d´horizon complet d'une semaine au Parlement. Kathia Gilder (LCP-Assemblée nationale) et Alexandre Poussart (Public Sénat) passent en revue les événements et les discussions en séance ou en commission.
Cette saison, une nouvelle formule : un débat entre un député et un sénateur sur les grands sujets qui rythment la vie du Parlement.

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Transcription
00:02Générique
00:09Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver pour un nouveau numéro de Parlement Hebdo,
00:13l'émission qui revient sur les temps forts de la semaine au Parlement.
00:16Et comme chaque semaine, nous vous proposons un débat entre un député et un sénateur.
00:20Aujourd'hui, Éric Coquerel, président de la Commission des finances de l'Assemblée nationale
00:24et député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis, bonjour.
00:26Bonjour.
00:27Et face à vous, Olivier Cadic, bonjour.
00:29Bonjour.
00:30Vous êtes vice-président de la Commission des affaires étrangères, de la Défense et des Transarmées du Sénat
00:35et sénateur centriste des Français établi hors de France.
00:38Et vous débattrez tous les deux de la crise du prix du carburant lié à la guerre au Moyen-Orient.
00:43Le gouvernement a-t-il bien géré la situation en optant pour des aides ciblées ?
00:46Et que doit-il faire pour que les prix de l'essence baissent rapidement à la suite du cessez-le
00:51-feu en Iran ?
00:52Dans ce contexte mondial tendu, l'exécutif a présenté cette semaine une hausse de 36 milliards d'euros du budget
00:58des armées
00:59d'ici à 2030, des moyens supplémentaires qui visent notamment à augmenter notre stock de munitions.
01:05Et on commence avec la crise énergétique. Regardez ce sujet de Clément Guillauneau.
01:13Le gouvernement peut comprendre qu'il y ait 3 ou 4 jours de délai entre le début de ce cessez
01:20-le-feu et la répercussion à la pompe.
01:22Autant qu'il est évident que les effets devront se voir à la pompe à partir de la fin du
01:27week-end, début de semaine prochaine.
01:29Des prix à la pompe en baisse avant la fin du week-end. C'est ce que réclamait Sébastien Lecornu
01:34devant les sénateurs mercredi.
01:36Il a également promis une fois de plus de nouvelles aides sectorielles, notamment pour les agriculteurs.
01:42Dans le même temps, le ministre de l'économie Roland Lescure était auditionné par la commission des finances du Sénat.
01:47Il s'est voulu rassurant sur les conséquences en France de la crise des prix du pétrole.
01:52On est entré dans cette crise, il faut le savoir, avec une croissance plutôt résiliente et une inflation particulièrement faible.
02:01Donc la France est affectée par cette crise, elle est mieux préparée et moins exposée.
02:05En 60 ans, nous avons réduit notre dépendance aux énergies fossiles de 90% à 60% du mix énergétique.
02:13Une politique volontariste fondée sur le nucléaire et plus récemment sur les énergies renouvelables.
02:18Interpellé à plusieurs reprises par les sénateurs sur une éventuelle taxation des super-profits des compagnies pétrolières et raffineries à
02:24l'avenir,
02:24Roland Lescure s'est montré très prudent.
02:27La question se posera, et nous on va regarder ça de très près, sur le fait de savoir s'ils
02:30en ont gagné entre guillemets trop ou pas trop,
02:33compte tenu des circonstances.
02:35Mais n'oublions pas que l'enjeu majeur de souveraineté du côté de l'essence,
02:39il est lié au fait qu'effectivement on a des raffineries qu'on fermait partout en Europe
02:43et que du coup on importe plus notre produit raffiné qu'on l'importait auparavant,
02:48ce qui nous met effectivement dans les mains de l'international.
02:51Mais je dis ça pour une raison très simple, c'est qu'avant d'envisager de taxer les sur-profits,
02:56il va falloir quand même avoir ça en tête.
02:57Pour le ministre de l'économie, la crise actuelle doit avant tout permettre d'accélérer la sortie des hydrocarbures
03:03par une intensification de l'électrification.
03:07– Éric Coquerel, faut-il de nouvelles aides alors qu'un cessez-le-feu a été annoncé
03:11et que les prix devraient baisser dans les prochains jours ?
03:12– Non, il ne faut pas des aides, il faut bloquer les prix, nous on continue à le dire.
03:16Là, les annonces qui ont été faites par M. Trump sur le cessez-le-feu,
03:22la conséquence c'est que là aujourd'hui on est quand même encore à 2,35 euros le litre au
03:27niveau du gazole.
03:27Je vous rappelle qu'il coûtait 1,70 avant que la crise déclenche, donc c'est 65 centimes de plus.
03:34C'est des augmentations qui sont de 16 à 26% selon le carburant qu'on prend.
03:39En 90, quand on avait appliqué le blocage des prix lors de la première guerre du Golfe, c'était seulement
03:43plus 8%.
03:44Donc l'urgence c'est de bloquer les prix et de bloquer les marges des raffineurs,
03:49c'est-à-dire très clairement Total, qui viennent faire 1 milliard de bénéfices en un mois
03:52parce qu'ils jouent avec du trading sur la crise avec des spéculations
03:57et de façon à ce que... c'est la seule solution parce que tout ça sinon c'est soit la
04:00collectivité qui paye l'État,
04:02soit les consommateurs et nous on pense que ce n'est pas nécessaire.
04:04Le gouvernement dit que le blocage des prix, ça risque d'entraîner des pénuries et que ça coûte cher à
04:09l'État.
04:09C'est faux. D'abord en 90, quand il y a eu le blocage des prix, il n'y a
04:12pas eu de pénurie.
04:13D'abord pour simplement la raison, c'est que Total ne va pas abandonner un marché comme ça
04:18parce qu'à un moment donné on va lui demander un effort.
04:20Mais en plus de ça, figurez-vous, on a fait une audition...
04:23D'ailleurs Total avait bloqué ses prix pendant cette crise.
04:25Non, on avait bloqué les prix. Le gouvernement avait appliqué le code du commerce qui permet de bloquer les prix.
04:30Il avait bloqué les prix.
04:31Mais cette dernière semaine...
04:32Mais cette dernière semaine...
04:32À 2 euros.
04:33Et les stations totales étaient un peu vides.
04:35T'es laissé-moi terminer.
04:37On a fait une audition l'autre jour, vous le savez, de la société qui est en plus liée aux
04:42entreprises pétrolières
04:43qui gère les stocks stratégiques.
04:46Et furez-vous, on a 130 jours d'autonomie des stocks stratégiques.
04:49Donc cette histoire de pénurie, elle ne tient pas la route.
04:52Olivier Kadic, est-ce qu'il faut forcer le secteur pétrolier à bloquer les prix, à baisser les prix ?
04:57Ou est-ce qu'il faut faire confiance au marché pour que les prix diminuent ?
05:01Je ne remonterai pas à 1990.
05:03Je vois qu'en Slovénie, c'est le modèle qu'ils ont adopté.
05:06Et on a vu qu'il y avait une pénurie justement qui était constatée.
05:13Donc effectivement, si vous bloquez le prix, n'oubliez pas qu'il faut aller acheter le pétrole.
05:20On va l'acheter sur les marchés.
05:21Le prix est à 100 dollars, le baril.
05:23Si vous, vous considérez qu'il est trop cher, vous ne l'achetez pas.
05:27Pas de problème, d'autres l'achèteront.
05:28Et il y a un moment, vous n'avez plus de pétrole.
05:31Donc évidemment, il faut prendre en compte le fait qu'on est dans un environnement globalisé.
05:36C'est vrai que quand on est Premier ministre, c'est compliqué de dire, voilà, je voudrais que le prix
05:41baisse.
05:42Mais on est tous dépendants des prix du marché.
05:45Donc il faut s'adapter au marché, apporter des solutions souples.
05:51Dire qu'on va taxer les entreprises, ça serait l'année prochaine.
05:56Il faudra attendre la fin de l'année.
05:57Donc ce sera une analyse globale.
05:59Ça ne répond en rien à la problématique immédiate.
06:03et il faut effectivement se préoccuper des gens qui sont impactés.
06:10Voir, effectivement, on a vu que si on avait une approche globale, ça nous coûtait très cher.
06:16Et là, on a eu l'expérience 2021-2022 qui nous a coûté quand même...
06:19La politique du chèque.
06:20Voilà, qui nous a coûté quand même 80 milliards d'euros.
06:22On n'est plus en capacité de faire des choses comme ça.
06:24Donc il faut avoir des mesures ciblées.
06:26Effectivement, il y a des gens qu'il faut aider à passer ce cap avec différentes mesures
06:32comme un accompagnement sur les charges sociales, un accompagnement ciblé.
06:39C'est le choix qui a été fait.
06:41Plutôt que de mettre une aide globale, de mettre des aides chirurgicales,
06:46parce qu'il faut prendre en compte le fait que nous sommes dans une situation budgétaire,
06:51je dirais, qui nous met dos au mur.
06:54Vous en parliez tout à l'heure, l'idée d'une taxe sur les super profits des entreprises pétrolières.
06:59Roland Lescure, le ministre de l'Économie, s'est montré assez prudent.
07:02Est-ce qu'on peut vraiment les taxer, sachant que Total Energy réalise la majeure partie de ses profits à
07:06l'étranger ?
07:07Oui, mais je voudrais dire d'abord que la comparaison avec la Slovénie, ça ne tient pas.
07:10Voilà, on est la deuxième puissance économique en Europe.
07:12Pourquoi ça ne tient pas ?
07:13Parce que la Slovénie n'a pas une entreprise comme Total,
07:16qui est une des plus importantes entreprises pétrolières du monde,
07:20n'a pas l'équivalent de ce que nous avons en stocks stratégiques, je l'ai dit tout à l
07:24'heure.
07:25Donc si on tient ce que dit le gouvernement,
07:26c'est-à-dire si on est dans un moment où on peut espérer une décrue du fait du cessez
07:30-le-feu,
07:30on sait que c'est très fragile, mais admettons, dans ces cas-là,
07:33donc on voit bien qu'on n'aurait pas besoin de tenir des semaines et des mois,
07:37donc en situation d'urgence, je le répète,
07:40pour les raisons d'ailleurs qui ont été expliquées,
07:41c'est-à-dire que ni les consommateurs n'ont les moyens quelque part de payer ce prix du carburant
07:47tout simplement,
07:47parce qu'ils vont moins consommer ailleurs, ça va faire moins de rentrées de TVA,
07:51moins de rentrées fiscales et donc ça va aggraver les déficits
07:54et l'État n'a pas non plus les moyens de le faire,
07:56donc il faut savoir qui paye.
07:58Et là, moi ce que j'observe, c'est que Total l'an dernier a fait des bénéfices de près
08:02de 13 milliards,
08:03c'est la deuxième entreprise CAC 40,
08:05je viens de leur dire, ils viennent de faire des bénéfices d'un milliard sur la crise pétrolière.
08:09Mais comment on fait pour les taxer si la plupart...
08:11Je vous dis, là je reviens sur ce que j'ai dit d'abord,
08:14d'abord bloquons les prix et bloquons les marges,
08:16ça va être une forme de taxe quelque part,
08:18puisque c'est sur les bénéfices de Total que va se faire ces taxes,
08:23et ils en ont largement fait.
08:24Sur la taxation des entreprises, ça c'est un autre sujet,
08:27c'est-à-dire au moment où nécessairement, à mon avis,
08:31le ministre Lescure annonce que le coût de la crise pourrait être de 4,8 milliards d'euros.
08:35Donc je pense qu'on va se diriger vers un projet de loi de finances rectificative,
08:38je ne vois pas comment on va faire autrement.
08:40Et dans ce cadre-là, on va pouvoir discuter,
08:43certains vont nous dire qu'il faut baisser les dépenses,
08:46discours habituel,
08:47là on va pouvoir mettre sur la table le fait d'augmenter les recettes,
08:50et notamment d'augmenter les recettes en allant chercher du côté de la taxation des super profits,
08:54parce que figurez-vous, quand il y a des crises comme ça,
08:56il y a des profiteurs de crise, on le constate à chaque fois.
08:58– D'ailleurs, il y a cinq pays européens, Olivier Cadic,
09:00qui demandent une taxation sur les super profits des entreprises énergétiques,
09:05il y a l'Allemagne, l'Italie, l'Autriche, le Portugal, l'Espagne, pas la France,
09:09pourquoi seriez-vous défavorable à cette taxation ?
09:12– Encore une fois, je crois qu'il faut dépasser le côté émotionnel,
09:17on est, si vous voulez taxer une fois pour aider à passer un cap, pourquoi pas,
09:22mais si vous taxez en permanence,
09:24le risque aussi que vous prenez, c'est que l'entreprise s'adapte,
09:27et donc éventuellement se déplace, ou déplace la matière profitable,
09:34et moi ce que je ne veux pas, c'est que nos entreprises fassent fuir les entreprises,
09:38parce que, vous savez, je suis français de l'étranger,
09:42et donc on a un modèle, c'est le Venezuela,
09:45un pays qui produisait du pétrole,
09:48et qui à la fin, on en a à importer d'Iran,
09:52alors que c'était un des plus grands pays producteurs de pétrole,
09:54donc à force, vous faites fuir les entreprises quand vous les taxez de façon insupportable.
10:00– Donc Total Energy pourrait quitter définitivement la France ?
10:02– La question, c'est que Total, c'est une multinationale,
10:07qui se développe à l'international, qui fait ses profits au niveau international,
10:12et effectivement, qui est une entreprise française,
10:14qui reste avec un esprit français,
10:16et qui est un outil d'ailleurs pour nous, pour appuyer,
10:18parce que quand Total se développe, elle entraîne avec elle d'autres entreprises.
10:22J'ai un exemple en Ouganda, par exemple,
10:24où le fait que Total arrive en Ouganda,
10:26ça a ouvert des marchés à de nombreuses entreprises françaises,
10:30on a même maintenant une chambre de commerce, France-Ouganda.
10:33Donc tout est lié, en réalité.
10:35Vouloir diaboliser une entreprise en disant qu'elle fait des super profits,
10:39il faut faire très attention avec ça.
10:41Je suis d'accord qu'on évalue,
10:43il faut que ça ait du sens pour tout le monde,
10:45mais il ne faut pas commencer à chercher tout de suite un responsable,
10:51quelqu'un qui serait celui qui porterait la responsabilité
10:54ou qui retirerait tous les avantages.
10:56Ce n'est pas sérieux.
10:57Total est interconnecté avec toute notre industrie,
11:00avec des tas d'entreprises françaises à l'étranger, au développement.
11:04Et donc, je dis toujours, faites très attention
11:07quand vous pensez qu'une entreprise peut être taxée indéfiniment,
11:12surtaxée, parce qu'au bout d'un moment,
11:14elle va s'adapter de toute façon.
11:15Et quand vous vous ferez le bilan, finalement, vous n'aurez pas un grand gain.
11:19Je rappelle qu'on parle d'une entreprise qui, en 2020, 2021, 2022,
11:22n'a pas payé d'impôts sur les sociétés en France.
11:24Zéro.
11:25Donc, le surtaxe, on a un peu de marge.
11:28Elle l'a fait parce qu'elle joue avec des prix de transfert
11:30en tant qu'entreprise multinationale,
11:32en faisant en sorte de déclarer des bénéfices
11:34dans des pays à fiscalité réduite.
11:36Voilà.
11:36C'est ça, la situation.
11:38Donc, j'allais dire que la marge,
11:39si on regarde les bénéfices de Total et les dividendes,
11:42c'est-à-dire la part des bénéfices qui n'est même pas réinvestie
11:46dans l'emploi, dans l'investissement et autres,
11:48il y a largement du grain à moudre, à mon avis,
11:52pour faire en sorte que ce ne soit pas la collectivité
11:54qui paye les coûts d'une crise,
11:57qui, encore une fois, notamment, est faite en lien avec le pétrole.
12:01Et pour l'instant, les entreprises dans le monde
12:03qui profitent de cette crise, pas que Total,
12:05mais Total en profite,
12:06ce sont les entreprises pétrolifères.
12:08Donc, moi, je refuse que ce soit les Français,
12:10je refuse même que ce soit l'État français
12:12qui paye la note de cette crise
12:14qui a été déclenchée par cette guerre irresponsable et illégale,
12:18mais qui, en plus, bénéficie à des entreprises
12:20de manière évidente.
12:23La solution, c'est de faire un procès à Total.
12:25Vous voyez, ça a l'air d'être facile.
12:27Non, non, ça, c'est un mauvais argument.
12:28Moi, je ne diabolise pas.
12:30Je regarde, vous le dites vous-même,
12:31il y a besoin d'argent.
12:32Donc, il faut aller voir où est l'argent.
12:34Et l'argent, de part, justement,
12:36à la fois une fiscalité réduite sur les multinationales
12:38qui a été de plus en plus développée depuis 2017,
12:41et puis la manière dont ces entreprises,
12:44à un moment donné, gèrent, par exemple, la spéculation.
12:47Vous savez, Total, le milliard qu'il a fait de bénéfices
12:49le mois dernier, il l'a fait sur des opérations
12:53de trading en Suisse qui ont été effectuées là-dessus.
12:56Donc, moi, je regarde où est l'argent.
12:58Vous l'avez dit vous-même, il en faut.
12:59Je préfère que ce soit les poches de Total
13:01et les actionnaires de Total qui payent,
13:03dont les fonds américains qui sont à 30%
13:05propriétaires des actions de Total,
13:07plutôt que vous et moi et les Français en général.
13:09Olivier Cadet, comment on finance le coût
13:11de cette crise énergétique qui va coûter
13:13à l'État, aux finances publiques ?
13:15Roland Lescure parle d'un coût de 4,8 milliards d'euros.
13:18Il faut financer ça par de nouvelles économies,
13:20de nouvelles restrictions de dépenses
13:22sur certaines missions budgétaires ?
13:23Il faut s'adapter en permanence.
13:26Ce n'est pas notre choix.
13:28Mais où est-ce qu'on coupe ?
13:29Non, mais c'est encore une fois,
13:31c'est un travail que l'on fait de façon collective
13:33au niveau budgétaire, au niveau parlementaire.
13:36Ça veut dire qu'il faut s'adapter.
13:38On ne peut pas indéfiniment creuser le trou.
13:40Déjà, on est dans une situation,
13:42je dirais, qui est la pire en Europe.
13:44Donc, il y a un moment, il faut que les choses s'arrêtent.
13:46Il faut qu'on soit tous responsables, co-responsables.
13:49Il faut arrêter de dire, c'est facile,
13:51il faut payer les super riches,
13:53le super total, et ainsi de suite.
13:55Parce qu'on a besoin de tout le monde.
13:57On a besoin de tout le monde.
13:59Donc, aujourd'hui, c'est trouver des solutions
14:02de façon collective.
14:03Effectivement, on a une crise.
14:05Les Français à l'étranger doivent bien s'adapter.
14:07Ça veut dire quoi ?
14:08Ça veut dire que le billet d'avion, il augmente.
14:11Parce que les compagnies aériennes
14:13augmentent leur prix de billet d'avion.
14:16Donc, nous-mêmes, on doit s'orienter,
14:19on doit faire des choix différents.
14:20Il faut s'adapter.
14:22Il faut, encore une fois, arrêter de dire
14:24que quand il y a une dépense nouvelle,
14:26il suffit d'aller chercher quelqu'un d'autre
14:28pour payer sa dépense à sa place.
14:30On est tous liés.
14:31Vous dites s'adapter.
14:32Vous expliquez que vous estimez
14:34qu'il faut un projet de loi de finances rectificatives.
14:37Il va être inévitable.
14:39Inévitable ?
14:39Je pense, oui.
14:40Pourtant, dans une assemblée sans majorité,
14:43ça va être compliqué pour le gouvernement.
14:44Vous savez qu'il y a des obligations.
14:45Si c'est plus de 1% du budget,
14:49on est obligé de passer en PLFR
14:51et, à mon avis, on va le dépasser.
14:52On le saura le 21 avril.
14:54Il y a un comité d'alerte.
14:55D'accord.
14:55Si le gouvernement gèle plus d'1% des crédits du budget,
14:58c'est ça ?
14:58Il faut aller...
14:59Et moi, je suis point à jouer de finances rectificatives
15:01parce que l'Assemblée peut, à ce moment-là,
15:02être souveraine sur la manière, justement,
15:04entre guillemets, de combler le trou.
15:05Parce qu'il y a deux manières.
15:06Il y a soit on baisse les dépenses.
15:09Je rappelle que les dépenses depuis 2017,
15:12contrairement à ce qui est dit,
15:13les dépenses publiques n'ont pas augmenté.
15:14Elles ont même légèrement baissé.
15:15Ce qui a beaucoup baissé, c'est les recettes.
15:17100 milliards à peu près par an.
15:18Et notamment de cadeaux fiscaux
15:20qui ont été faits aux ultra-riches,
15:21détenteurs du capital.
15:22Il y a une commission d'enquête en ce moment,
15:24vous le savez, à l'Assemblée,
15:25avec Charles de Courson,
15:26qui opère sur cette question.
15:28Et également, les très grosses entreprises comme Total,
15:32puisque, en taux effectifs d'imposition,
15:34aujourd'hui, les multinationales payent 14% d'impôts
15:36quand les PME payent 22% d'impôts.
15:39Donc, il y a cette question qui ne va pas
15:40et qui coûte beaucoup d'argent à l'État depuis des années.
15:43Donc, c'est peut-être là-dessus qu'il faut,
15:44dans cette situation de crise,
15:46aller chercher de l'argent.
15:47Donc, on comprend qu'il y aura un débat intense ici à l'Assemblée
15:49s'il y a un projet de loi de finances rectificatif.
15:51Coïncidence du calendrier,
15:52mercredi, quelques heures après l'annonce par Donald Trump
15:55d'un cessez-le-feu avec l'Iran,
15:56le gouvernement présentait une loi
15:58pour donner plus de moyens à l'armée française.
16:00Les détails avec Clément Perrault.
16:07Une rallonge substantielle pour le budget des armées.
16:11Mercredi, en Conseil des ministres,
16:13le gouvernement a présenté une actualisation
16:15de la loi de programmation militaire
16:17qui sanctuarise le budget des armées jusqu'en 2030.
16:21Concrètement, 36 milliards supplémentaires sont prévus.
16:246,5 milliards en 2027,
16:278 milliards en 2028,
16:29puis 9 milliards en 2029 et 2030.
16:32Dans le détail,
16:33le plus gros poste de dépense
16:35concerne les munitions avec 8,5 milliards d'euros.
16:39Les drones de tout type
16:40feront aussi l'objet d'un effort de 2 milliards.
16:43Le spatial de défense
16:45obtiendra une rallonge de 3,9 milliards.
16:48Auditionné mercredi
16:49par les députés de la commission défense,
16:51la ministre des armées justifie ce nouvel effort
16:54par la multiplication des menaces.
16:56Nous avons l'ardente obligation d'accélérer.
16:59La France doit se préparer
17:01à affronter avec ses alliés
17:03des crises d'une part simultanées,
17:05d'autre part durables,
17:07de haute intensité,
17:08y compris en Europe,
17:10tout en gérant sur son propre territoire
17:12des actions hybrides de grande ampleur.
17:15Auditionné le lendemain,
17:16le chef d'état-major des armées
17:18a lui identifié la menace principale,
17:21la Russie.
17:21La permanence d'une menace russe
17:24sur notre continent
17:26avec une guerre ouverte
17:28qui reste ma préoccupation première
17:32en termes de préparation des armées,
17:35c'est sur notre continent.
17:37Cette actualisation de la loi
17:39de programmation militaire
17:40doit être examinée en séance publique
17:42à l'Assemblée le 4 mai.
17:45Olivier Kadic, est-ce que vous êtes satisfait
17:47par cette nouvelle hausse budgétaire
17:49pour nos armées et aussi par l'orientation stratégique,
17:51à savoir des moyens supplémentaires
17:53qui vont servir à acheter des munitions,
17:55des drones,
17:56mais pas forcément à augmenter
17:57la capacité des armées françaises ?
18:00Oui.
18:01En fait, on va s'orienter
18:03vers à peu près 2,5% du PIB
18:05vers la défense.
18:07Dans les années 80,
18:08on était à peu près au double
18:10et on était avec cette dimension
18:12de guerre froide.
18:14Aujourd'hui, on se rapproche
18:15à nouveau de plus en plus
18:17de cette situation
18:19et simplement,
18:20si on veut éviter la guerre,
18:21il faut la préparer.
18:22C'est tout le travail
18:24dans lequel nous sommes
18:26collectivement engagés.
18:28C'est vrai que si vous voulez,
18:31il y a toujours deux façons
18:31de regarder le verre,
18:32à moitié vide, à moitié plein.
18:34C'est vrai que je me satisfais
18:36de cet effort.
18:37Est-ce qu'il est suffisant ?
18:39Je vais vous dire,
18:41malheureusement,
18:42si on regarde
18:43ce qui vient d'être annoncé
18:45par Anthropique,
18:46avec Mythos,
18:48avec un modèle d'IA
18:49qui permet des cyberattaques
18:53à très grand volume.
18:54C'est le nucléaire du cyber
18:56qui apparaît aujourd'hui.
18:59On voit que la marche,
19:00encore, va être très haute
19:02à monter.
19:03Donc, on voit qu'on est
19:04enclenché dans une escalade
19:07et si on ne rentre pas
19:09sur ce chemin-là,
19:11alors, effectivement,
19:12nous serons démunis.
19:13Et à ce moment-là,
19:15je vais vous dire,
19:16en tant que Français de l'étranger,
19:18ceux qui vivent
19:19et qui savent ce que c'est
19:20que d'entendre les missiles tomber,
19:22que ce soit en Iran,
19:24que ce soit au Liban,
19:25que ce soit en Israël,
19:27eh bien,
19:29l'art de vivre
19:30n'est plus le même.
19:31Donc, on a d'autres priorités
19:33à ce moment-là
19:33qui apparaissent.
19:34et tout le travail
19:35qui doit nous engager
19:36collectivement,
19:37c'est d'éviter
19:38à ce que notre pays
19:39se retrouve dans cette situation.
19:41– Éric Coquerel,
19:43les Insoumis avaient voté
19:43contre la loi de programmation
19:45militaire 2024-2030.
19:46Est-ce que là,
19:47avec la multiplication
19:48des menaces dans le monde,
19:49vous pourriez voter aussi
19:51contre son actualisation ?
19:52– Oui, il y a deux questions.
19:54La question,
19:54c'est de savoir
19:55à quoi ça sert.
19:59Nous, que la France
20:00ait les moyens
20:00de sa défense
20:02et de son indépendance,
20:04nous sommes totalement pour.
20:05Et par exemple,
20:05nous pointons qu'aujourd'hui,
20:06nous sommes plus inquiets
20:08de ce qui se passe
20:09puisque c'est
20:10la prochaine dimension
20:11en termes de défense
20:12au niveau de l'espace.
20:14– Il y a un volet spatial
20:15dans l'actualisation.
20:16qu'on est en train de partager
20:17avec les Allemands
20:17et je suis très dubitatif là-dessus.
20:20Donc, la question n'est pas tant
20:21la masse qu'on met dessus,
20:22mais à quoi ça sert ?
20:23Par exemple,
20:24je ne suis pas d'accord
20:25avec le général Mandon,
20:27si je ne me trompe pas de son nom,
20:28qui annonce une fois de plus
20:29que la menace principale
20:31pour la France,
20:31c'est la Russie.
20:32Pourquoi ?
20:33Parce qu'à partir de là,
20:34ça induit certaines choses.
20:36Au moment où Donald Trump
20:38ne cesse de dire
20:38que nous ne sommes plus des alliés,
20:40déclenche une guerre illégale
20:42et où un pays ami
20:43comme le nôtre,
20:44qui est le Liban,
20:45se fait bombarder,
20:46je doute que nous ayons
20:47sur Terre
20:48un seul adversaire
20:49qui menacerait
20:50les frontières françaises.
20:51Donc, par exemple,
20:52cette question-là,
20:52elle devrait être posée.
20:53On n'a pas eu ce débat stratégique
20:55de pourquoi on se réarme,
20:58à quoi ça sert,
20:59dans quel objectif,
21:00etc.
21:00Ça, c'est une première question.
21:02La deuxième question,
21:02après,
21:03c'est là où on met l'argent,
21:06justement.
21:07Là, encore une fois,
21:08nous, on ne pose pas la question
21:09en disant
21:10c'est trop ou pas assez,
21:11etc.
21:12Mais où on la met ?
21:13Je vous ai posé
21:14la question spatiale.
21:15Je pense que là-dessus,
21:16on est dans une situation
21:18qui n'est pas bonne
21:18par rapport à ce qui va se passer.
21:20On ne met pas assez d'argent.
21:20Ça, c'est un deuxième débat.
21:21Et puis, troisième débat,
21:23c'est qu'il est hors de question
21:25qu'il y ait une loi
21:26de programmation militaire
21:28qui prenne,
21:29sur toutes les autres dépenses,
21:30par exemple,
21:31une toute aussi urgente
21:32qui est celle
21:32de la transition écologique
21:34puisque si on ne fait rien,
21:36et là, actuellement,
21:36depuis deux ans,
21:37la situation se dégrade,
21:40les CO2,
21:42les gaz à effet de serre
21:43vont augmenter.
21:43Et donc,
21:44on va se retrouver
21:44avec des millions de personnes
21:46sur la planète
21:46qui vont avoir
21:47de plus en plus
21:47de difficultés pour vivre.
21:49Donc, ça,
21:49c'est une autre base
21:50où on va trouver l'argent.
21:51Donc, vous voterez contre.
21:53Est-ce que je vous ai dit ça ?
21:54Non, je vous repose la question.
21:56Je vous donne les critères
21:57sur lesquels nous allons juger.
21:58Et de ce point de vue-là,
21:59notamment,
21:59on a auditionné
22:00le HCFP
22:01au commissariat
22:02du Conseil des Finances Publiques.
22:03Nous sommes très inquiets
22:04pour l'instant
22:05de la manière
22:05dont on compte financer
22:08cette loi de programmation militaire
22:09qui est en augmentation
22:10par rapport
22:10à ce qui était prévu.
22:12Olivier Kadyk,
22:12une réaction
22:13à ce que disait
22:13Éric Coquerel
22:14sur l'état
22:15de la menace,
22:16Éric Coquerel
22:17qui finalement dit
22:17que Donald Trump
22:18est aussi dangereux
22:20que Vladimir Poutine
22:20pour nous,
22:21Européens.
22:22C'est grave.
22:23C'est grave
22:24parce que,
22:25si vous voulez,
22:25je crois que,
22:26M. Poutine,
22:27on voit le résultat
22:28des élections
22:28à l'avance.
22:30Côté États-Unis,
22:31on attend tous
22:32le résultat
22:33des mid-terms
22:34pour voir justement
22:34quelles seront
22:36les marges
22:36de manœuvre
22:37de Donald Trump
22:38à partir de l'année prochaine.
22:40Vous voyez,
22:40ça fait une grande différence.
22:42Les États-Unis d'Amérique,
22:43ce n'est pas la Russie.
22:44C'est très différent.
22:45Ce n'est pas le même modèle.
22:47Et donc,
22:48ce qu'il faut voir,
22:49c'est effectivement
22:49que nous sommes des alliés,
22:51que nous sommes engagés
22:52avec les États-Unis.
22:53On peut ne pas être d'accord,
22:55mais allié ne veut pas dire alignement.
22:57Et donc,
22:58je crois que la politique de la France
22:59le démontre au quotidien.
23:01Et donc,
23:02effectivement,
23:03la menace principale,
23:04c'est aujourd'hui la Russie.
23:05Et une guerre avec la Russie
23:06dans trois ans,
23:07c'est probable ?
23:07Le fait que,
23:08vous savez,
23:09j'étais en Estonie
23:10et donc,
23:11on a là-bas
23:13des forces
23:14qui sont stationnées
23:16avec des Britanniques,
23:17avec des Américains.
23:18On est à quelques kilomètres
23:20de la frontière russe.
23:22Les menaces,
23:24on les touche du doigt
23:25quand on est là-bas.
23:26On voit ce qu'ils sont
23:28en train de préparer.
23:29En termes,
23:29on a des photos satellites.
23:31Je n'ai pas l'impression
23:32que c'est un camp Disneyland
23:32qu'ils sont en train de préparer.
23:33De l'autre côté,
23:34au niveau des barraquements,
23:35tout ce qu'ils sont en train
23:35de mettre en place.
23:37Donc, effectivement,
23:38on a cette menace
23:39que l'on voit.
23:41La question,
23:42effectivement,
23:43quand on parle,
23:43c'est de se préparer
23:44pour 2030
23:46en sachant
23:46que ça peut commencer
23:47plus tôt.
23:48Donc,
23:49il faut être prêt.
23:49Parce que,
23:50vous voyez,
23:51dès lors que les choses
23:52démarrent,
23:53on se retourne tout de suite
23:54vers le politique.
23:54Est-ce que vous pensez
23:55que les Russes
23:55vont venir envahir la France ?
23:57Vous savez,
23:59deux semaines
23:59avant que les Russes
24:01envahissent l'Ukraine...
24:02Non, mais j'ai une question.
24:03Non, mais je vous dis,
24:04deux semaines avant que les Russes
24:07envahissent l'Ukraine,
24:10les personnes de l'OTAN
24:11étaient à la radar
24:12et les députés ukrainiens
24:14leur disaient très exactement ça.
24:15Mais vous ne croyez quand même pas
24:16que Poutine va envahir l'Ukraine ?
24:21La réponse est oui.
24:22Le problème pour nous
24:24n'est pas de savoir
24:25si la Russie
24:26peut envahir la France aujourd'hui.
24:27Est-ce que la Russie
24:28peut envahir l'Estonie ?
24:29Est-ce que la Russie
24:30peut envahir la Russie ?
24:32Est-ce que la Russie
24:33peut rentrer en Pologne ?
24:35Oui, effectivement.
24:36Tout le monde s'y prépare
24:37parce qu'on le sait.
24:38Est-ce que nous,
24:39on doit être,
24:40dans le cadre de l'OTAN,
24:41dans le cadre de l'Union européenne,
24:42prêts à aider
24:43les pays partenaires
24:44de l'Union européenne ?
24:45Oui, on doit être prêts.
24:47On l'a montré avec Chypre
24:48dès lors que Chypre
24:48a été menacée
24:49par le Hezbollah
24:51et a commencé
24:52à tirer vers Chypre.
24:54Donc, nous devons être prêts.
24:55Nous devons être prêts
24:56à aider la Roumanie
24:57qui est en ligne directe
24:59parce que quand l'Ukraine
25:00a été envahie par la Russie,
25:02ce jour-là,
25:03l'ambassadeur de Roumanie
25:04était au Sénat
25:05devant notre groupe d'amitié.
25:06On avait pratiquement l'impression
25:07qu'il sentait la menace
25:10que la Russie pouvait continuer.
25:11Et voilà,
25:11on doit se préparer à ça
25:13et à aider les pays d'Europe de l'Est.
25:14Pour conclure rapidement,
25:15Éric Coquerel,
25:15est-ce qu'on doit
25:15se préparer à la guerre ?
25:18Se préparer à la guerre,
25:20on doit se préparer à la paix,
25:21si vous voulez.
25:21Et pour se préparer à la paix,
25:23il faut effectivement
25:23des moyens de défense
25:25qui nous assurent notre indépendance.
25:26Se préparer à la guerre,
25:27en général,
25:27c'est la guerre.
25:28Et contre la Russie,
25:29ce serait une guerre nucléaire.
25:30On finira sur ces mots.
25:31Faites attention à ce qu'on dit
25:32et je suis très étonné
25:33du sous-essai
25:34de l'agent de danger américain
25:35actuellement dans le monde
25:37parce que les guerres illégales,
25:38c'est plutôt...
25:38Et c'est la fin de ce débat.
25:39Merci à tous les deux
25:40d'y avoir participé.
25:41Merci à tous de l'avoir suivi
25:42et à la semaine prochaine.
25:44Bonne journée.
25:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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