- il y a 5 heures
Retrouvez Le 18/19 de Stéphanie Coleau en replay et en podcast.
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00:00BFM Business et La Tribune présente le 18-19 Stéphanie Collot.
00:08Vous êtes toujours dans le 18-19, c'est un groupe qui fête ses 5 ans et qui publie des
00:13résultats solides.
00:14Bonsoir Adrien Courret.
00:16Bonsoir Stéphanie Collot.
00:17Vous êtes directeur général d'AIMA Group, groupe mutualiste qui couvre 12 millions de personnes,
00:22qui regroupe Massif, Aesio Mutuel, Abeille, Assurance et Ophi Invest.
00:26Vous êtes présent sur l'ensemble des secteurs, dommages, santé, gestion d'actifs.
00:31Vous publiez un chiffre d'affaires record, 18,6 milliards d'euros en 2025, plus 15%.
00:36Votre ratio de solvabilité aussi, c'est très important, il abondit à 212%.
00:41C'est le plus élevé depuis la création du groupe.
00:43Quel bilan vous pouvez tirer aujourd'hui de ces 5 ans ?
00:46Il y a un double bilan, le premier, les résultats très bons que vous avez décrits.
00:50Et puis au bout de 5 ans, on peut dire que le pari de la création d'AIMA Group est
00:53réussi.
00:53Alors pourquoi un pari ? C'est que ce n'était pas évident il y a 5 ans de créer
00:57un nouveau groupe d'assurance
00:58dans un secteur qui est déjà très concentré.
01:01Et à un moment, il y a 5 ans, il faut s'en souvenir, on était en pleine crise Covid.
01:05Donc ce pari, ça a été la réunion de Massif et d'Aesio Mutuel.
01:08L'acquisition d'AVIVA France, qui est redevenue à Baille Assurance, qui a triplé notre taille.
01:13Il faut se souvenir que c'était à une époque où les taux étaient très bas.
01:15Et donc faire de l'épargne, ce n'était pas forcément très bien vu.
01:17On voit qu'aujourd'hui, c'est un pari gagnant.
01:19Et donc on a relevé l'ensemble de ces défis avec les équipes, collectivement.
01:24Ce qui fait qu'on a installé un acteur solide, multimarque, multimétier.
01:28Un acteur de la protection des personnes en France.
01:31Et on voit que notre environnement aujourd'hui en a bien besoin.
01:33Et effectivement, justement, vous me tendez la perche.
01:35On assiste actuellement à une explosion des risques.
01:37Des risques climatiques, des risques sociaux, économiques, géopolitiques.
01:41Comment ça se traduit chez vous, concrètement, chez AIMA Group ?
01:44Vous savez, le secteur de l'assurance, c'est un formidable observatoire de cette exposition au risque.
01:50Et tous les ans, on produit un observatoire de la protection
01:52qui interroge les Français sur leurs sentiments par rapport à la protection.
01:55Eh bien, figurez-vous que dans le résultat de cette année,
01:57on observe encore une baisse significative du nombre de Français qui se disent bien protégés.
02:01On passe de 31% à 25%.
02:03Et pourquoi ?
02:04Ça vient d'à peu près partout.
02:06Il y a le sentiment de sécurité, on va dire, général.
02:08Il y a les questions de santé, notamment d'accessibilité.
02:11Et puis, il y a la question climatique qui, malgré tout ce qu'on a pu entendre
02:14sur le fameux backlash climatique, est toujours là, et notamment est là dans le quotidien.
02:18Moi, ce que je crois, c'est qu'on est rentré dans une société du risque,
02:21avec tous ces éléments auxquels on peut rajouter, évidemment, la question géopolitique.
02:25Et que l'assureur, il est là pour alerter par rapport à ça,
02:28mais aussi pour apporter des solutions.
02:30C'est quoi le moteur du groupe, aujourd'hui ?
02:32C'est l'épargne ?
02:34C'est ça qui vous a, vous en avez parlé,
02:36et qui vous a, au départ, c'était un vrai pari.
02:38Aujourd'hui, c'est ça qui draine le groupe ?
02:41Alors, l'épargne est très fort chez nous,
02:42mais on a construit Emma Group pour avoir un groupe très diversifié.
02:45Et si vous prenez nos activités, l'assurance vie,
02:48l'assurance dommage, l'assurance santé,
02:50on représente la même proportion que le marché français,
02:53mais avec à peu près 10 à 15% de parts de marché sur ces sujets.
02:55Pourquoi c'est important d'être diversifié ?
02:57C'est que certaines années, c'est plus difficile en assurance dommage,
03:00ou plus difficile en vie, et donc vous pouvez toujours compenser.
03:02Par ailleurs, nos assurés, qu'est-ce qu'ils attendent ?
03:04Ils attendent des solutions complètes.
03:06Ils attendent, quand ils s'adressent à Massif, à Hésio Mutuel, à Baye Assurance,
03:10d'avoir une fourniture complète d'offres.
03:12Donc, il y a une double réponse.
03:13On est mieux protégé en tant qu'assureur,
03:15on est plus solide et c'est rassurant d'être diversifié.
03:17Et puis, ça permet d'apporter des réponses complètes
03:20aux besoins de protection du quotidien des Français.
03:23Vous êtes présent dans la gestion des actifs aussi via Offi Invest.
03:27Sur le côté et le non-côté, il y a des tensions sur le marché du crédit privé.
03:31Aujourd'hui, pour l'instant, c'est cantonné aux États-Unis.
03:34Est-ce que vous, en tant qu'assureur, vous êtes exposé au risque du crédit privé aujourd'hui ?
03:40Alors, quand on est un assureur et qu'on place l'argent des assurés,
03:43des sociétaires adhérents et clients,
03:44on a une gestion de bons pères de famille.
03:46Donc, c'est ce que l'on a.
03:48On a des placements obligataires, des placements en action,
03:50des placements dans l'immobilier,
03:51et parfois, sur ce qu'on appelle les actifs privés,
03:53et la dette privée en fait partie.
03:55Sur la dette privée américaine, c'est très clair.
03:57On n'est absolument pas exposé à ce risque-là.
03:59On considère que ça ne fait pas partie d'une gestion de bons pères de famille.
04:02On fait de la dette privée en France, pour une part limitée.
04:04On suit de près les taux de défaut des entreprises
04:07et on observe qu'ils n'ont pas évolué.
04:08Pourquoi ? Parce qu'on sélectionne les entreprises les plus solides
04:11lorsqu'on fait de la dette privée en France.
04:13On l'a fait au travers d'Offi Invest
04:14et d'une de nos filiales qui s'appelle Zencap.
04:16Donc pour vous, selon vous, en tout cas en tant qu'acteur du secteur,
04:20même si vous n'êtes pas présent aux Etats-Unis,
04:23ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis sur le crédit privé,
04:26ça ne risque pas d'avoir des conséquences sur l'écosystème français ?
04:29Alors je pense qu'il est trop tôt pour le dire.
04:31Classiquement, si on repense à la crise de 2008
04:33qui venait d'un autre sujet,
04:35qui était les subprimes, le crédit immobilier,
04:37l'effet de contagion en Europe
04:39s'est fait notamment par les expositions des banques
04:41sur ces éléments-là.
04:43Aujourd'hui, il n'y a pas eu d'élément qui a été communiqué,
04:44il n'y a pas eu d'élément qui a été connu.
04:46C'est évidemment un sujet sur lequel on est très vigilant aujourd'hui.
04:50Concernant les métiers de l'assurance d'hommage,
04:52il est affecté lourdement par les sinistres climatiques.
04:57Ça a coûté 480 millions d'euros en 2025.
05:00Il y a une perte de 1 million d'euros pour le groupe.
05:05Comment redevenir rentable sur ce segment-là,
05:09sachant que l'assurance d'hommage, ça touche quoi ?
05:12Ça touche tous les risques climatiques.
05:13Et on sait à quel point ces risques-là se multiplient
05:17et peuvent sans doute amener à se multiplier encore davantage.
05:20Alors c'est aujourd'hui, cette question climatique,
05:22une vraie quadrature du cercle pour les assureurs.
05:25Pourquoi ? Parce que, vous l'avez dit,
05:26c'est l'assurance du quotidien des Français.
05:28C'est avoir la certitude que si j'ai un problème sur ma maison,
05:30notamment, je pourrais avoir une réponse.
05:33Et pour autant, c'est une croissance de sinistres très fort.
05:35Juste un chiffre.
05:38Pour le secteur de l'assurance dans son ensemble,
05:40la sinistralité climatique en 2025, ça a été 5,2 milliards d'euros.
05:44C'est exactement la moyenne de ces quatre dernières années.
05:47Entre 1990 et 2009, c'était moitié moins.
05:51Et je pense que dans les dix années qui viennent,
05:53ça sera encore deux fois plus.
05:54Donc là, on a un enjeu qui est extrêmement fort.
05:56Comment faire pour couvrir, dans cette société du risque que j'écrivais,
05:59ce risque climatique, dans une logique qui est inclusive aussi ?
06:03Nous, on est un acteur mutualiste.
06:04On est là pour couvrir le maximum de personnes sur un territoire.
06:06On n'est pas un acteur financier.
06:08On fait très peu de discrimination sur le risque.
06:10On pratique ce qui est fortement mutualisation du risque.
06:13C'est-à-dire qu'on fait une sorte de péréquation, d'équilibre
06:16entre des zones qui sont exposées, des zones qui le sont moins.
06:19Pour ça, on a besoin d'avoir une forme de liberté
06:21dans l'exercice de notre métier d'assureur.
06:22Liberté de tarifer.
06:23C'est pour ça qu'on craint beaucoup les sujets de blocage tarifaire,
06:27comme on le voit aujourd'hui en santé.
06:29Liberté de provisionner.
06:30Nous, on dit au pouvoir public,
06:31laissez-nous faire plus de réserves dans nos comptes,
06:34parce que ça permet de compenser entre les bonnes et les mauvaises années.
06:37Et puis, laissez-nous partager des données
06:38qui permettent d'anticiper les choses.
06:41Mais il y a un deuxième volet.
06:42C'est que pourquoi cette sinistralité augmente ?
06:44Ce n'est pas seulement parce qu'il y a plus d'événements climatiques,
06:47comme les grêles, par exemple, en 2025.
06:49C'est aussi parce que le territoire français est très exposé.
06:51Et il faut réussir à diminuer cette exposition au risque.
06:55Via la prévention ?
06:56Via la prévention, mais il y a deux types de prévention.
06:58Il y a la prévention individuelle que l'on fait, nous, en tant qu'assureurs,
07:01pour accompagner, sensibiliser.
07:03Mais quand on voit aujourd'hui qu'en France,
07:04il y a à peu près une vingtaine de zones géographiques
07:06qui, comme l'image que vous avez derrière vous,
07:09ont tous les deux ans, tous les trois ans, les pieds dans l'eau,
07:12il faut arrêter d'indemniser tous les deux ou trois ans.
07:14Il faut se poser la vraie question de l'aménagement du territoire.
07:17Comment on crée des infrastructures qui empêchent ces submersions ?
07:20Comment on reméandre les fleuves ?
07:21Oui, parce que le problème, c'est que la France peut devenir inassurable à terme.
07:25La France peut devenir inassurable si on ne s'en occupe pas.
07:29Comme on l'a vu aux États-Unis, d'ailleurs en Californie, après les feux qu'il y a eu.
07:32Tout à fait.
07:32Mais parce qu'aux États-Unis, il n'y a aucune prévention collective qui est faite.
07:37Donc nous, ce pourquoi nous militons sur le sujet,
07:39c'est la mise en place de vrais partenariats, publics-privés,
07:42sur la prévention, où on se met d'accord sur
07:45comment faire évoluer l'aménagement des territoires les plus exposés.
07:48Ça existe dans certaines zones géographiques, mais aujourd'hui, les territoires sont un peu livrés à eux-mêmes.
07:53Nous, on pense qu'au travers du PNAC, du plan national d'adaptation au changement climatique,
07:58et au travers du fonds Barnier, parce qu'il y a des moyens qui existent,
08:00c'est important que vos auditeurs le comprennent sur ces sujets-là,
08:03d'agir peut-être pour faire en sorte que certains Français qui vont avoir tous les deux ou trois ans
08:07les pieds dans l'eau
08:09puissent être éventuellement relogés ailleurs, par exemple.
08:11En fait, cette question climatique, il y a une question d'assurance,
08:15mais il y a aussi une question de sécurité des personnes.
08:17Ça, c'est un message très fort qu'on passe en tant qu'assureur auprès des pouvoirs publics.
08:21Il y a les députés qui ont approuvé hier soir à l'unanimité, en première lecture,
08:24une proposition de loi ouvrant la porte à une hausse des primes d'assurance.
08:29Ça se veut un début de réponse face à la multiplication des sinistres liés au réchauffement climatique.
08:35Est-ce que, selon vous, ça va dans le bon sens ?
08:37Vous l'avez dit, vous êtes un groupe mutualiste.
08:40Le risque, est-ce que ce n'est pas qu'à terme, les Français les plus modestes n'arrivent plus
08:44à s'assurer ?
08:45C'est un vrai risque.
08:46Ce qu'il faut avoir en tête aujourd'hui, c'est que les évolutions à la hausse de nos tarifs
08:49en assurance dommage
08:52correspondent à la hausse des remboursements.
08:54Donc, si on collecte plus, c'est parce qu'on rembourse plus, parce qu'il y a plus de risques.
08:58Et je trouve que c'est extrêmement positif que les représentants politiques admettent ce sujet-là.
09:04La protection demain, elle coûtera plus cher.
09:05La question, c'est comment elle peut être plus juste.
09:07Pour ça, il faut maintenir des mécanismes de mutualisation, de partage du risque dans les territoires,
09:12et notamment celui qui passe par le régime catastrophe naturelle,
09:15qui est un partenariat public-privé, le fameux régime Catenat.
09:18Et c'est justement ce que vise la proposition de loi.
09:21Donc, c'est intéressant cette prise de conscience,
09:22parce que quand il s'était agi il y a quelques années de rehausser déjà ce niveau de prime pour
09:26le régime Catenat,
09:27ça avait été des années de débats, des années de discussions sur un registre plutôt de pouvoir d'achat.
09:32Aujourd'hui, il y a une reconnaissance que ce régime apporte une sécurité climatique.
09:36Et cette notion de sécurité climatique, je crois qu'elle indique bien aujourd'hui que les Français comprennent
09:42qu'ils sont exposés à ça et qu'ils ont besoin d'être protégés,
09:46que l'assurance est une de leurs protections.
09:48Il y a aussi la donnée santé.
09:49Le coût de la santé augmente de 4 à 5 % par an.
09:51Vous plaidez en faveur d'une prévention accrue dans le secteur de la santé.
09:56Est-ce que, selon vous, la France n'est pas prête à assurer le vieillissement à venir,
10:00ou même déjà présent d'ailleurs, de la génération des baby-boomers ?
10:05Le problème en France, c'est que les questions de santé sont assimilées à des questions financières et comptables,
10:09sur le registre de déficit de la Sécu ou la hausse des tarifs des mutuelles santé,
10:14mais en fait qui sont les deux phases d'une même pièce.
10:15C'est que chaque année, les dépenses de santé en France, elles augmentent de 4 à 5 %.
10:19Alors, vous pointez du doigt le vieillissement.
10:21Moi, je veux l'élargir un peu plus grand.
10:24C'est plutôt la question de la santé de la population française.
10:27Et moi, je considère que la population française est de moins en moins en bonne santé.
10:32Il peut y avoir la question du vieillissement de la population,
10:34mais aussi à cause de tout notre environnement.
10:36Et il ne se passe pas une semaine, depuis maintenant plusieurs mois,
10:40sans qu'il y ait une étude scientifique qui montre le lien entre la mauvaise alimentation et le risque de
10:44cancer.
10:45La présence de pesticides dans l'alimentation, par exemple, et la hausse de maladies chroniques.
10:50On a eu le sujet du cadmium qui est intervenu.
10:52Ça veut dire que nous, on peut travailler en tant que mutuel à chercher à améliorer les choses,
10:56mais les causes, elles sont en amont.
10:57Et pour travailler ces causes en amont, je crois qu'il faut créer une initiative
11:01un peu identique à celle qui avait été celle de la prévention routière il y a longtemps et qui a
11:05très bien marché,
11:06qui soit une initiative prévention santé, sous le magistère, si je puis dire, des pouvoirs publics,
11:11mais qui réunisse les patients, les industriels, les assureurs,
11:15pour se dire quelles sont les priorités de santé que l'on met en place
11:18et comment on traite des causes qui sont en amont.
11:20Aujourd'hui, on ne traite que les conséquences.
11:22Et évidemment, on court après les déficits.
11:24– Effectivement.
11:25Le gouvernement a reproché aux complémentaires santé d'avoir exagérément augmenté leurs tarifs.
11:31Résultat, il y a eu une taxe exceptionnelle de 2% qui a été instaurée depuis cette année.
11:36Ça vous a coûté, vous, à Emma Group, cette surtaxe sur les complémentaires santé ?
11:43Et elle s'ajoute d'ailleurs à la surtaxe sur les grandes entreprises ?
11:47– Oui, tout à fait.
11:48Si on prend la surtaxe d'impôt sur les sociétés et la taxe sur les complémentaires santé,
11:52la taxe de 2%, ça équivaut pour Emma Group à peu près 80 millions d'euros
11:57que nous n'avons pas répercutés à nos assurés, je tiens à le dire avec force.
12:01– Parce que sinon, vous les auriez reversés ?
12:04– En fait, on ne s'est pas posé la question, on ne les a pas répercutés.
12:08Donc, il faut bien voir qu'on est dans un secteur qui est très concurrentiel.
12:11Les mutuelles se font concurrence entre elles,
12:12donc elles ne s'amusent pas à rajouter du tarif supplémentaire ou non.
12:17Ce qui est inquiétant derrière ça, c'est cette notion un peu de vouloir contrôler les prix,
12:21contrôler les tarifs, alors que, comme je vous le disais,
12:24l'augmentation de la dépense de santé des Français, presque naturelle, mécanique,
12:28elle est de 4 à 5% par an.
12:30Donc, c'est un élément qui est très significatif.
12:32Notre modèle chez Emma, il est redistributif.
12:34On est mutualiste, ça veut dire qu'on n'a pas d'actionnaire financier,
12:37on n'a pas de dividende à extraire de l'activité pour le reverser.
12:41Ça veut dire qu'on fait un niveau de résultat raisonnable,
12:43que vous avez rappelé, et qu'on redistribue en amont.
12:45Cette année, on a redistribué 9,5 milliards d'euros à nos sociétaires adhérents et clients.
12:51C'est 200 millions d'euros de plus que l'an dernier, donc c'est significatif.
12:55La taxation, elle vient un peu, comment dire, créer une forme d'injustice dans les mécanismes d'assurance.
13:03Et je vais vous donner deux exemples par rapport à ça.
13:05D'abord, l'assurance santé en France, elle est taxée à 18%,
13:08alors que quasiment tous les Français ont une complémentaire santé.
13:10C'est le niveau de taxe record en Europe.
13:13En Allemagne, c'est 0%, en Italie, c'est 1%.
13:15C'est un bien de première nécessité.
13:17Autre élément, l'assurance hauteière,
13:19qui est l'assurance que les personnes les plus nécessiteuses prennent en assurance auto,
13:24elle est taxée à 50%.
13:25C'est un scandale qu'une assurance absolument obligatoire pour tout le monde
13:29soit taxée à un niveau si élevé.
13:31Mais c'est tellement ancien qu'on l'a oublié.
13:33Les assureurs sont déjà de gros, gros contributeurs au budget de l'État.
13:36Je pense que c'est quelque chose qu'il faut réaffirmer avec force aujourd'hui.
13:39Vous avez publié, il y a une petite semaine, une tribune sur LinkedIn
13:42pour dénoncer l'ampleur des taxes, justement,
13:45que vous, les assureurs, de manière générale,
13:48reversaient à l'État ces 42 milliards d'euros.
13:50Vous dites en clair que la pression fiscale sur les assureurs,
13:54elle est beaucoup trop élevée.
13:57Vous plaidez en faveur d'une baisse de cette pression fiscale.
14:00Vous voulez une réorganisation de la fiscalité sur le monde de l'assurance ?
14:05Non, je pense que c'est plutôt une question de sens et de justice.
14:08Mon propos n'est pas un propos, je dirais,
14:12basiquement et poujadistement anti-taxe,
14:14parce que les taxes que nous payons,
14:15elles financent des services publics,
14:17qui contribuent à la sécurité des Français,
14:19qui améliorent aussi, je dirais, le quotidien de l'assureur.
14:23Elles sont aussi redistribuées par ailleurs par l'État, théoriquement.
14:25Par contre, on est à un niveau qui est très élevé.
14:28Et la taxation des assureurs est parfois devenue,
14:30pour la puissance publique, un moyen déguisé
14:32de taxer les Français,
14:33parce que les choses sont évidemment répercutées derrière.
14:37Et on voit bien qu'aujourd'hui,
14:38le sujet est plutôt de travailler,
14:40on l'évoquait tout à l'heure,
14:41le sujet de prévention.
14:42Là où on a le sentiment que les taxes additionnelles qui viennent,
14:46elles viennent un petit...
14:47Enfin, on remplit le tonneau des danaïdes,
14:48y compris sur l'augmentation des dépenses de santé,
14:51sur la question climatique.
14:52Alors que si on veut rendre le monde de demain assurable,
14:54la France de demain assurable,
14:55c'est une société de la prévention qu'il faut travailler
14:58pour faire face à cette société du risque que je décrivais.
15:01Un dernier mot sur votre plan stratégique.
15:03Vous venez...
15:05Le précédent se termine à la fin de cette année.
15:07Vous préparez évidemment le prochain.
15:08Ça va être quoi, les grands axes, en quelques mots ?
15:10Écoutez, fort de la solidité qu'on a construit,
15:13notre prochain plan stratégique,
15:14il sera orienté véritablement sur le développement,
15:17sur l'investissement,
15:19et notamment sur tous les effets positifs
15:20qu'on peut voir de l'intelligence artificielle
15:22sur le service qu'on apporte
15:23à nos sociétaires adhérents et clients.
15:25Et puis, on a un jeune groupe.
15:27On a beaucoup de synergies encore à matérialiser en interne.
15:29Et donc, c'est ça qu'on va construire.
15:30On va avancer vers l'avenir.
15:31Merci beaucoup, Adrien Courret.
15:32Je rappelle que vous êtes le directeur général d'AEMA Group.
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