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  • il y a 1 minute
Ce jeudi 9 avril, Gilles Moëc, chef économiste du Groupe AXA, a abordé l'indice des prix de la consommation personnelle stable, le PIB américain plus faible que prévu, l'impact des résultats du scrutin en Hongrie sur les marchés européens, et la production industrielle en Allemagne, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:02Et on retrouve Gilles Mouèque d'AXA. Bonjour Gilles.
00:06Bonjour.
00:07Merci d'être avec nous en direct.
00:09On a quand même eu des chiffres chocs du côté des Etats-Unis cet après-midi.
00:13L'inflation PCE, bon, choc, elle reste un petit peu collante, on va dire, à 3%,
00:19mais alors surtout la croissance qui est révisée en forte baisse.
00:23On a quand même quelques chiffres qui n'ont pas trop fait réagir les marchés de taux d'ailleurs,
00:28ni la bourse de manière générale.
00:30Mais enfin, qui sont de nature, on va dire, peut-être un petit peu inquiétés sur l'économie américaine,
00:35dans le sens où on est sur des chiffres qui couraient avant le conflit avec l'Iran,
00:40et que tout ça ne risque pas de s'améliorer, on va dire.
00:44Alors, au quatrième trimestre, on dirait comme un peu un accident,
00:47parce qu'il était très perturbé par le shutdown sur la fin.
00:51Donc, on peut espérer que ce soit, enfin, on pouvait espérer que ce soit simplement un incident de parcours,
00:57donc la révision à la baisse, elle doit être, à mon avis, mise en perspective.
01:03Mais c'est vrai que du coup, on comptait sur un contre-coup sympathiquement positif au début de l'année
01:082026
01:10pour nous remettre sur des bons rails.
01:12C'est vrai que, compte tenu de ce qui se passe et de l'impact de la hausse des prix
01:16du pétrole,
01:16qui est déjà très apparent sur le pouvoir d'achat aux États-Unis,
01:20on a plutôt un démarrage assez mou, et c'est d'autant plus vrai qu'on a eu des chiffres
01:25de consommation privée
01:27un peu plus tôt dans la semaine, qui, sur le début de l'année, sont aussi un tout petit peu
01:33décevants.
01:34Et donc, ça, c'était avant même l'impact de la guerre dans le Golfe.
01:39Et sur l'inflation, moi, ce qui est central dans tout cela,
01:43c'est que ça donne vraiment du grain à moudre à Jay Powell,
01:47qui nous a dit lors de la dernière réunion de la Fed,
01:50avant même de parler de l'absorption du choc pétrolier,
01:54parlons de l'absorption du choc de l'année dernière, celui des tarifs,
01:59et il l'a élaboré assez longtemps, pendant la conférence de presse,
02:02sur le fait qu'on n'était pas certain que le choc ait été complètement absorbé.
02:06Et du coup, on part d'une inflation sous-jacente, effectivement, à 3%,
02:10ce qui est quand même très élevé par rapport à l'objectif de la Fed,
02:14avant même les impacts du choc pétrolier.
02:17Et donc, ça renforce, en fait, cette posture de la Fed,
02:22en tout cas de la Fed sous Powell.
02:24On verra ce qu'il en sera après son départ, dans la deuxième moitié de mai.
02:28Mais on n'a pas une Fed qui, de toute manière,
02:31avait envie d'être très accommodante avant le choc du Golfe-Persic,
02:34et qui rend encore moins envie d'être accommodante,
02:37maintenant qu'on a ce choc sur le pouvoir d'achat.
02:39Donc ça, c'est effectivement une posture assez compliquée.
02:42Du côté européen, alors juste une toute petite question à brûle pour point,
02:47je m'en excuse d'avance, Gilles.
02:49Est-ce que le scrutin en Hongrie peut avoir un effet éventuellement
02:53sur les marchés européens en termes de taux et de devises,
02:57d'une manière ou d'une autre, ou pas du tout ?
02:59Je pense que c'est plutôt un effet de moyen terme.
03:03C'est-à-dire que si le résultat est un départ d'Orban,
03:08ça ira plutôt dans le sens d'un renforcement de l'Union,
03:11d'une meilleure solidité de l'Union.
03:13Donc ça, à moyen terme, c'est probablement positif pour l'euro
03:17et pour le marché obligataire européen dans son ensemble.
03:20Mais je ne pense pas qu'il y ait nécessairement un impact de court terme très visible.
03:23Ce serait une épine dans le pied, entre guillemets,
03:25en moins dans le narratif européen.
03:31Mais voilà, je ne compte pas sur les effets de court terme très visibles,
03:35en dehors de ce qui se passerait évidemment sur les actifs hongrois,
03:38où là, les choses sont beaucoup plus binaires.
03:41Un petit coup d'œil sur les stats européennes du jour.
03:44On a eu la production industrielle, la balance commerciale en Allemagne aussi.
03:49Qu'est-ce que ça a donné exactement et quels impacts, à votre avis ?
03:53On a les exportations allemandes qui se tiennent bien.
03:56Ça, c'est une bonne nouvelle, avec même une révision à la hausse
04:00des chiffres de janvier qui n'étaient pas très bons
04:02et donc un mois de février très porteur.
04:06Mais c'est pour moi contrebalancé par ce qui se passe du côté de la production industrielle.
04:11On a eu un chiffre en baisse sur le mois de février,
04:14ce qui veut dire que même avec la révision à la hausse du mois de janvier,
04:17parce que là aussi, on a eu une révision à la hausse,
04:19en fait, on a une production industrielle allemande sur les deux premiers mois,
04:22du premier trimestre 2026, en dessous du niveau du quatrième trimestre 2025.
04:28Donc là aussi, c'est-à-dire que le point de départ pour l'économie allemande
04:32avant même le choc pétrolier n'est pas un point de départ très porteur,
04:37c'est le moins qu'on puisse dire.
04:38Et ça, ça vient relativiser le message qu'on avait des enquêtes qui nous disaient
04:43que l'Allemagne allait un peu mieux, qu'on commence à voir poindre l'impact de la relance
04:49budgétaire allemande sur l'économie, y compris dans le secteur manufacturier.
04:54Pour l'instant, en tout cas dans les chiffres de production industrielle,
04:56c'est plutôt une déception.
04:58Une dernière question, on voit qu'il y a de la volatilité évidemment à court terme
05:03sur les taux d'intérêt et en particulier une très forte baisse consécutive à la séance d'hier.
05:07Là, ça se retend un petit peu, mais malgré tout, est-ce que vous pensez que le marché
05:10continue à intégrer dans les cours des choses que les banques centrales vont avoir du mal
05:16à suivre du point de vue de leur politique monétaire ?
05:20En fait, le marché hier a enlevé une hausse de taux de la BCE.
05:28On était sur trois hausses de taux d'après les contrats à terme.
05:32On était, après l'annonce du cessez-le-feu, sur deux hausses.
05:35Et ce matin, on était à un peu plus de deux hausses.
05:38Donc ça suit assez clairement les variations du cours du pétrole.
05:43Et ça, c'est un effet évidemment sur les taux d'intérêt à long terme.
05:47Moi, ce qui m'a chagriné vraiment aujourd'hui, c'est le fait que les taux d'intérêt allemands
05:50à 10 ans repassent au-dessus de 3%.
05:53Donc ça, c'est le signe qu'il y a une vraie nervosité de ce côté-là.
05:57Moi, mon sentiment, c'est que le cessez-le-feu, même s'il est évidemment fragile,
06:01et aujourd'hui, on a un marché qui price cette fragilité,
06:06la hausse des taux du mois d'avril, qui était une possibilité,
06:08je pense qu'elle est aujourd'hui beaucoup moins rassemblable.
06:11En revanche, on ne peut toujours pas exclure le fait que la BCE,
06:14ne serait-ce que pour donner une espèce d'avertissement
06:17sur d'éventuels effets de second tour, remonte quand même ses taux au mois de juin.
06:21Donc c'est moins aigu comme stress que ce qu'on pouvait avoir lundi.
06:29Mais on a un marché qui reste inquiet de la posture de la politique monétaire,
06:34et je dirais à raison, parce que le message de la BCE a été un message très ferme,
06:38en fait, depuis le début du conflit.
06:40Effectivement, merci beaucoup Gilles Moecq, chef économiste du groupe AXA,
06:44merci infiniment d'avoir été avec nous.
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