00:01BFM Bourse, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:05Thibault François Fasté à Capital qui est resté avec nous. Rebonjour Thibault.
00:08Rebonjour Antoine.
00:09Oui, c'est ce que j'étais en train de dire. Ça y est, plus 5% pour le CAC
00:1240, on est au plus haut de la séance, 8305 points.
00:16Les journées où tout s'éclate, tout tombe, les indices tombent comme des pierres, les valeurs chutent, etc.
00:23On sait globalement ce qu'il y a à faire, c'est d'éteindre tout, d'attendre que les choses
00:27se calment et ensuite de rebâtir une stratégie.
00:30Les jours où tout grimpe comme ça, de manière aussi violente, ce n'est pas plus facile à gérer en
00:34vrai.
00:34Pour un gérant, c'est quelque chose de compliqué. Est-ce que je dois prendre le train en marche, quitte
00:38à me casser les dents sur la poignée ?
00:41Qu'est-ce que je fais ? Globalement, du point de vue de l'état d'esprit du gérant, c
00:45'est quoi une journée comme ça pour vous Thibault ?
00:47Techniquement, il y aurait un truc, on va dire un peu moyen terme, qui se mette en place.
00:53On se dirait, tiens, on fait la liste des courses, on l'a déjà faite, on sait ce qu'on
00:58va acheter à la fin de la guerre.
01:00Sauf que là, on a juste une permission de 15 jours.
01:03Aujourd'hui, je ne fais pas mes courses pour 15 jours.
01:07Clairement, on regarde déjà depuis longtemps les valeurs qui sont un petit peu délaissées.
01:11Les thématiques, elles n'ont pas vraiment changé.
01:12On a toujours une thématique IA, on a toujours une thématique techno, qui rebondit un petit peu plus aujourd'hui
01:18que le reste peut-être.
01:19Mais en tout cas, les thématiques, elles n'ont pas changé.
01:21Les thématiques de fond, on est toujours avec un momentum favorable, par exemple, sur la défense, sur la tech.
01:26C'est toujours très compliqué sur la partie boisson, c'est toujours très compliqué sur la partie ESN, surtout en
01:34Europe.
01:34Mais aujourd'hui, on a un rebond généralisé, tant mieux, hors total, bien sûr, et hors valeur pétrolière qui baisse
01:39forcément avec le prix du baril.
01:41Mais ce n'est pas une journée pour se dire, tiens, on va acheter le marché et on va se
01:44remettre à 100% dans les portefeuilles.
01:46Voilà, clairement.
01:4815 jours de timing, c'est trop peu, bien entendu.
01:51On n'a toujours pas de visibilité.
01:53Demain ou après-demain, on peut reperdre 4% ou 5% sur le marché.
01:56Mais alors, c'est presque prédit, à mon avis, avec M. Trump.
02:01Donc aujourd'hui, tant mieux, les portefeuilles grimpent de 5%, les actifs montent de 5%, tant mieux.
02:06Mais aujourd'hui, ce n'est pas vraiment le jour pour acheter.
02:08Bon, il y a aussi un autre facteur, c'est que malgré ce petit sentiment d'on revient aux affaires
02:14courantes,
02:15il y a depuis quelques semaines un vent de transformation qui flotte sur beaucoup d'entreprises
02:23qui ont besoin véritablement de changer de dimension.
02:25Alors, on l'a beaucoup vu dans la Défense.
02:27On l'a beaucoup vu aussi dans d'autres secteurs un petit peu plus traditionnels,
02:31des groupes qui ont souffert, qui ont connu des histoires un petit peu difficiles.
02:34Et c'est le cas d'Emmeis, notamment, l'ex-Orpea, qui a été repris en main avec notamment des
02:39hauts responsables politiques.
02:41Il y a eu Guillaume Pépi qui s'en est occupé pendant un petit moment.
02:44Là, c'est Olivier Dussopt qui va s'en parler.
02:46Donc le dossier est éminemment politique.
02:48Mais au-delà de ça, l'entreprise a l'air d'aller un petit peu mieux,
02:51poursuit sa transformation, essaie de s'extraire d'un scandale qui aura été quand même retentissant
02:55et qui a menacé son existence même.
02:58Et en bourse, ça se traduit par une hausse de 5,8%.
03:01Mais il semble que, si on regarde un petit peu plus long terme, c'est une valeur qui va un
03:05petit peu mieux.
03:06Elle gagne 35% sur un an.
03:09Il ne faut pas oublier que la valeur a été quasiment anéantie sur 10 ans.
03:11Il faut voir d'où on vient.
03:13Est-ce que c'est une valeur un petit peu à regarder avec cette optique ?
03:16Tiens, intéressons-nous aux entreprises qui sont en train de se transformer, de changer de dimension un peu.
03:20Typiquement, c'était un scandale sanitaire, l'ex-Orpea.
03:24Je pense que c'est un scandale aussi boursier.
03:26Parce que clairement, je pense qu'on a ratiboisé les obligataires et les minoritaires
03:32très clairement au profit de quelques institutionnels qui ont vu la bonne affaire.
03:38Donc une fois qu'on a dit ça, comment ça se passe chez Emeis ?
03:40Déjà, on a changé de nom.
03:41Donc ça fait mieux que de s'appeler Orpea aujourd'hui.
03:45On s'est désendetté.
03:46On a vendu quelques actifs, on va dire, pour retrouver une marge de manœuvre financière
03:52un peu plus intéressante.
03:53Parce qu'en plus, les taux ont monté dans la même période.
03:55D'un point de vue opérationnel, ça se passe mieux.
03:57On a un taux d'occupation qui remonte trimestre après trimestre.
04:03On a un résultat opérationnel qui remonte trimestre après trimestre.
04:06Donc on va retrouver la machine à cash et la machine, la vache à lait,
04:11qui était Orpea à l'époque.
04:13Donc on va essayer d'améliorer quand même les critères ESG, bien sûr.
04:16On va essayer d'avoir une plus grande fidélité.
04:18On peut faire ce peu, oui.
04:19Une confiance un petit peu plus solide de la part des patients, clients, etc.
04:23Donc on va bien mieux chez Emeis.
04:25Je pense que dans les prochains trimestres, on va aller encore mieux.
04:28Parce qu'effectivement, on a toujours beaucoup de besoins.
04:30Le taux d'occupation peut remonter encore.
04:32Les marges vont s'améliorer.
04:33Et il va y avoir une pression financière qui va être de moins en moins forte.
04:37Donc que ce soit en portant des obligations ou en étant actionnaire,
04:40je pense qu'Emeis est sur de bons rails.
04:42Et je pense qu'on va avoir des bons prochains trimestres.
04:45Et je pense qu'on va avoir bonne surprise, même en termes d'immobilier,
04:48où je pense qu'il y a encore pas mal de valeurs immobilières,
04:50un peu valeurs cachées sur le dossier Emeis.
04:52C'était un des axes de développement et de création de valeurs,
04:54justement, à cet immobilier d'Emeis.
04:56En tout cas, le titre qui réagit bien à la publication des derniers chiffres.
04:59Plus 5,8%, on est à 14,90 euros.
05:02Une autre entreprise qui semble en pleine croisée des chemins,
05:06au milieu d'un contexte qui devrait lui être éminemment favorable
05:10et qui ne lui est pas favorable, c'est Eramet,
05:12le spécialiste du nickel et du manganèse.
05:14Et là, on a la famille actionnaire, les Duval,
05:17qui ont de mémoire 37% du capital,
05:19qui, de source officieuse, ont mandaté une banque d'affaires
05:22pour vendre leurs titres.
05:24Donc, Eramet redeviendrait une entreprise 100% flottante
05:28ou en tout cas, avec peut-être un nouveau gros actionnaire.
05:30On sait qu'il y a d'énormes puissances du côté du courtage en minerais,
05:34les Glencore, machin et compagnie, qui sont à l'affût d'acquisition.
05:37Ça pourrait peut-être être aussi une piste.
05:38Mais en tout cas, Eramet va peut-être changer de dimension là aussi.
05:44Ça reste quand même une énigme, Eramet.
05:46Comment ça se fait qu'alors qu'on n'a jamais eu autant besoin de nickel et de manganèse,
05:50les cours descendent et Eramet descend avec.
05:52C'est fou.
05:54Ça devrait être une super boîte.
05:56Ça devrait être une machine à dégager du cash.
06:00Malheureusement, je pense qu'il y a deux problématiques chez Eramet.
06:04Et tant que ce n'est pas réglé, on n'est toujours pas acheteur d'Eramet.
06:07C'est que l'État est beaucoup trop présent, à notre avis, sur le groupe.
06:11Même s'ils sont peu ou pas actionnaires, quand il y a un problème, on va chercher l'État français.
06:17C'est évident.
06:18Il y a une grève.
06:19C'est le premier employeur de Nouvelle-Calédonie.
06:22Il y a quelque chose d'éminemment politique.
06:25Ce qui ne serait pas forcément une mauvaise chose si l'entreprise était...
06:28C'est tourné.
06:30Ou nationalisé.
06:31Par exemple.
06:32Mais aujourd'hui, c'est entre...
06:33En fait, c'est ces entreprises qui sont à chemin entre privé et le public.
06:38On ne sait pas trop où, qui dirige, etc.
06:40Et donc, le deuxième sujet, c'est la gouvernance.
06:42Parce qu'on revient pratiquement au premier sujet.
06:44C'est qui décide ?
06:46Est-ce que c'est l'État français ?
06:48Est-ce que c'est la famille Duval ?
06:50D'un point de vue gouvernance, ça s'est quand même pas passé de façon géniale ces dernières années.
06:54Il y a toujours des quiproquos stratégiques autour du dossier.
06:59Donc, pour l'instant, tant que ce n'est pas réglé, clairement, ce n'est pas un dossier sur lequel
07:02on va.
07:03Par contre, celui qui veut s'amuser parce que le marché est très haussier,
07:07parce que le momentum est très haussier, c'est un super bêta pour le marché, sur le marché.
07:11Et donc, effectivement, ça réplique à la hausse, on va dire, des marchés haussiers.
07:15Cela dit, là, sur cette fin de séance, plus 3,39, ça monte bien, mais ça monte moins que le
07:21marché, c'est évident.
07:22Et si on regarde un petit peu sur un un peu plus long terme, on perd 9,8% depuis
07:26le 1er janvier,
07:27et puis quasiment 24% sur trois mois.
07:30Donc, on voit que c'est très volatil et c'est vrai que c'est un dossier éminemment compliqué.
07:34Rémi Cointreau, là aussi un secteur qui est très, très regardé quand même, celui des biens discrétionnaires, n'est-ce
07:39pas ?
07:40Mais les vins et spiritueux, du coup, là aussi, on a l'annonce d'un grand plan de transformation
07:48parce que l'entreprise commençait vraiment à se gripper niveau croissance.
07:53Oui, mais ce n'est pas la seule.
07:55C'est ça qui est incroyable, c'est que Rémi Cointreau, il faut dire que c'est une super boîte.
08:01Ah, ça, on l'a toujours dit en plus à Stantenne.
08:04C'est une super boîte qui a connu une dynamique de croissance qui est juste exceptionnelle.
08:08Ils sont leaders sur leur marché.
08:11Ils font un métier qui est pur, qui est noble.
08:15Le problème, c'est qu'aujourd'hui, le momentum a totalement changé.
08:19La consommation a totalement changé.
08:22En Europe aussi, mais elle commence à changer aussi en Asie.
08:25Et en Asie, c'est là où ils vont faire la plupart de leurs marges.
08:28Donc aujourd'hui, on a un métier qui reste très capitalistique,
08:31avec des taux qui remontent, avec un momentum qui est négatif
08:34et une consommation qui est plus faible,
08:35et donc une croissance qui n'existe plus et qui est en décroissance,
08:39avec une valorisation qui, même s'il court à énormément baisser,
08:43reste toujours assez élevé.
08:45Et donc, effectivement, aujourd'hui, ils cherchent un petit peu
08:48leur nouveau plan stratégique, une nouvelle ligne directrice.
08:53Mais comme d'autres boîtes dans d'autres secteurs,
08:55un Dassault Systèmes qui, aujourd'hui, se cherche,
08:57un Capgemini qui se cherche, un Téléperformance qui se cherche,
09:01c'est des boîtes qui ont connu des croissances exceptionnelles
09:03et qui, aujourd'hui, marquent le pas.
09:05Et donc, malgré la baisse des titres ces dernières semaines,
09:09ces derniers mois, ces derniers trimestres,
09:11c'est toujours compliqué d'aller aujourd'hui contre le marché.
09:13Et, on va dire, contre le momentum.
09:15Donc, pour l'instant, on est toujours à l'écart de Rémi Cointreau.
09:18On a du mal à revenir sur un dossier sur lequel on n'a pas de visibilité sur la croissance.
09:22Bon, mais on regarde ça quand même.
09:25Plus 6%, plus 5,94 pour Rémi Cointreau,
09:27qui réagit quand même bien à toutes ses annonces.
09:29On est à 39,58 euros.
09:31Puis, on est dans le flux, évidemment, de marchés très, très haussiers.
09:35Merci infiniment, Thibaut François, Fastia Capital.
09:37On vous retrouve en fin d'émission pour refaire la séance.
09:41Sous-titrage Société Radio-Canada
Commentaires