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  • il y a 5 heures
Ce mardi 31 mars, François Digard, responsable de la recherche actions France chez Kepler Cheuvreux, s'est penché sur la manière d'investir avec la forte volatilité des marchés, la montée en bourse de Getlink avec l'arrivée de Mundys et Eiffage à son capital, l'envol boursier de TotalEnergies en mars 2026, ainsi que l'introduction en bourse difficile pour IEVA, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:01BFM Bourses, vos placements, nos conseils sur BFM Business.
00:06Et c'est reparti donc avec ces indices dans le vert, malgré l'incertitude, malgré un paysage géopolitique très mouvant,
00:12malgré des taux qui se détendent un petit peu, mais qui restent fondamentalement quand même très tendus.
00:173,73 pour le disant français, 4,31 pour le disant américain.
00:22Mais petite détente à court terme, petite détente à court terme aussi sur le Brent de Mer du Nord, sur
00:26le marché pétrolier.
00:27On est à 106,67 dollars, une volatilité qui reste relativement élevée, 27,40 quand même pour l'indice VIX.
00:35On a un petit peu décroché des 30, mais vous voyez, à chaque fois, ça se joue à la marge.
00:39Mais bon, ces quelques points de moins de tension permettent à donner de l'oxygène au marché.
00:44Et on le voit, c'est clair et net, plus 0,82% pour le CAC 40, qui est bien
00:49repassé au-dessus des 7800 points, 7835 points.
00:52Gros coup d'oxygène aussi sur les valeurs de la tech européenne.
00:55L'Euronext Tech Leader gagne 1,16%.
00:58Eurostock 50, plus 0,8, plus 0,9 pour le DAX à Francfort, plus 1% pour l'Ibex à
01:03Madrid.
01:03Un petit coup d'œil sur Wall Street où les choses se passent bien, se passent même très très bien.
01:07Si on regarde le Nasdaq qui gagne 1,96%, plus 2% pour le Russell 2000, l'indice des PME
01:13américaines.
01:14Et puis sur les indices classiques, Dow Jones plus 1,32, S&P 500 plus 1,56.
01:19On vous le disait il y a quelques temps, il semble qu'il y ait un arrêt des positions vendeuses,
01:26une sorte d'équilibre entre la rentabilité des positions vendeuses et acheteuses,
01:31qui plaide finalement pour la reconstruction d'un marché haussier.
01:33Alors très progressive, très prudemment.
01:36Mais en tout cas, ça semble en train de prendre corps.
01:39Un petit coup d'œil sur ce qui marche du côté du CAC 40.
01:41Donc comme Gemini, la tech, plus 2,8% à 100,65 euros.
01:46On continue quand même à emmagasiner dans le secteur de la défense avec Thalès qui gagne 2,6% à
01:51252,50 euros.
01:53On a Effage, tiens, on en reparlera dans quelques secondes, qui gagne 2,1% à 131,55 euros.
01:58On encha la baisse, c'est Bureau Veritas qui perd 3,5% à 25,50 euros.
02:03À noter Pernod Ricard, moins 2,15, 64,62.
02:05Ça ne s'arrange pas.
02:06Et Hermès, dont on a parlé avec Eric Leuigny il y a quelques minutes,
02:10dans Culture Bourse, moins 0,34%, 1,616 points.
02:15François Digard de Kepler, bonjour.
02:17Bonjour Antoine.
02:18On va parler un petit peu de ce climat de marché qui ne lasse pas détonner.
02:23On le dit encore, on a vu du côté de Wall Street, des commentaires qui disaient
02:26si vous regardez les marges qu'on fait sur les ETF à la vente et les ETF à l'achat,
02:31on arrive à une certaine forme d'équilibre qui correspond à peu près au niveau qu'on a eu
02:36au pire de la crise du Liberation Day de Trump.
02:41Donc, ça plaide en faveur de la reconstruction en tout cas,
02:44de quelque chose, d'une sorte de fond de cuvette qu'ont atteint les marchés
02:47pour remonter progressivement.
02:49Est-ce que c'est quelque chose que vous sentez un petit peu aussi sur les marchés,
02:52vraiment au niveau du feeling ?
02:55Il y a quand même beaucoup de...
02:57Enfin, les volumes se sont un peu ralentis.
03:00On est tous un peu dans l'expectative, puisqu'on peut considérer que ça peut encore empirer
03:05ou rester longtemps bloqué.
03:06Ce sont deux mauvais scénarios.
03:08Donc, il y a une forme d'attentisme.
03:12Oui.
03:12Donc, on va rester effectivement sur le pied de guerre, comme on dit.
03:17Il y a une conférence de presse américaine qui nous attend cet après-midi,
03:22un petit peu plus tard ce soir, sur l'évolution du dossier PickFury,
03:26des opérations sur l'Iran.
03:28Voilà pour le climat de marché.
03:29Alors, il y a un dossier qui nous intéresse au plus haut point, c'est GetLink.
03:33Déjà parce qu'on est dans un moment où on regarde de plus en plus les valeurs
03:37liées à l'infrastructure, liées à toutes ces problématiques,
03:41où on sait qu'il y a des développements et du dynamisme,
03:43notamment au niveau européen, pour les années à venir.
03:45Le titre gagne 3,5%, mais ce n'est pas ça l'important aujourd'hui.
03:48L'important, c'est qu'il y ait une véritable bataille boursière
03:51entre Eiffage d'un côté et la famille Benetton, côté italien.
03:55Alors, c'est vrai que ça fait un petit peu exotique,
03:57mais expliquez-nous un petit peu ce qui est en train de se passer.
04:01Alors, bataille boursière, je ne sais pas.
04:02Mais en tout cas, Eiffage et Mundis montent tous les deux au capital de GetLink.
04:08Alors, ils ont le même enjeu.
04:09C'est-à-dire qu'ils ont tous les deux des concessions autoritières
04:11qui arrivent à échéance entre 2031 et 2036.
04:15Et dans ce contexte, les deux groupes cherchent à se repositionner.
04:18Et il se trouve que tous les deux s'intéressent à la GetLink.
04:21Aujourd'hui, c'est le seul grand opérateur d'infrastructures de transport
04:24qui est encore coté en Europe, en dehors des aéroports.
04:27Et les deux, on donne l'impression de vouloir réinvestir progressivement
04:30leurs dividendes issus des activités autoroutoritées.
04:32C'est AP2R pour l'un, Avertis pour l'autre.
04:35En fait, ils remplacent la route par le rail.
04:37Donc, officiellement, aucun des deux ne souhaite racheter l'ensemble de GetLink.
04:42Mais en réalité, il y a un scénario de prise de contrôle éventuellement conjoint.
04:46C'est pour ça que ce n'est pas forcément une bataille boursière.
04:48À moyen terme, ça peut paraître crédible.
04:51D'autant plus qu'avec un montage financier adapté,
04:53il pourrait proposer un prix supérieur au cours actuel sans détruire de la valeur.
04:58Donc, à suivre, effectivement.
04:59Ça faisait très longtemps, en plus, qu'on n'avait pas parlé de GetLink
05:02en termes d'actualité dynamique.
05:03Mais là, le titre en profite bien.
05:05Il gagne 3,5% à 18,58 euros.
05:08Un petit coup d'œil sur les performances passées.
05:11On est quand même sur du plus 18% depuis le 1er janvier.
05:16Aucune valeur qui se porte relativement bien.
05:18Un petit coup d'œil sur, justement, toute cette thématique de l'infrastructure
05:23qui est aussi liée beaucoup à du rendement.
05:25Vous en avez parlé, c'est aussi des actionnaires très scrupuleux,
05:30ces deux groupes-là.
05:31Est-ce qu'on reste positif sur toutes les valeurs d'infrastructure,
05:35les utilities, ces valeurs qui s'engagent à la fois de dynamisme en ce moment,
05:39mais aussi de rendement et de dividendes ?
05:42Oui, alors c'est des segments qu'on aime bien,
05:45qui sont rassurants, qui peuvent jouer dans les thématiques de souveraineté,
05:50puisque c'est des actifs qui ne sont pas délocalisables.
05:54Ce sont des rendements assurés.
05:57Donc oui, c'est des segments qui peuvent attirer en ce moment.
06:00Alors, un coup d'œil sur Total.
06:02Total consolide un petit peu ses gains.
06:04On a touché un plus haut historique hier,
06:07un nouveau plus haut historique pour le titre Total.
06:09Non, Total qui reste quand même dans le vert,
06:12mais qui n'est pas parmi les plus fortes hausses du jour.
06:14Le titre gagne 0,4%.
06:15On est à 80,49 euros.
06:19Bon, on est en train de se poser des questions,
06:21parce qu'il est évident que les pétroliers,
06:23et on en a parlé, d'ailleurs vous pouvez le retrouver sur notre site internet,
06:26l'activité trading de pétrole,
06:28évidemment se porte très bien du côté de chez Total,
06:30mais pas que.
06:31Tous les segments d'activité de Total profitent à plein des tensions sur l'énergie
06:35qui sont en train de poindre en ce moment,
06:38et qui risquent de se prolonger pendant une certaine période.
06:40Parallèlement, Total, c'est aussi un fournisseur de rendement,
06:43lui aussi, mine de rien,
06:45quand on dit pétrole, on dit aussi infrastructures pétrolières,
06:47donc il y a du dividende aussi à retirer de ces activités-là.
06:52Mais sur ces cours-là,
06:53est-ce qu'on continue à acheter Total,
06:55ou est-ce qu'on attend de voir ?
06:57Alors pour nous, un prêt à une hausse de 45% depuis le début de l'année,
07:01c'est plutôt trop tard,
07:02sauf si on considère que la situation va empirer
07:05ou rester longtemps bloquée.
07:06Il faut garder en tête que Total,
07:07c'est une façon de se couvrir du risque de marché,
07:09dans l'environnement actuel,
07:11comme les autres valeurs pétrolières d'ailleurs,
07:12et c'est peut-être même la seule façon
07:14pour les investisseurs qui ne peuvent investir qu'en action.
07:18Après, avant le déclenchement de la guerre,
07:20nous, on avait une vision structurellement négative
07:22sur le prix du pétrole,
07:23donc on n'était pas positif sur Total.
07:25On était dans un marché excédentaire d'environ 2 millions de barils.
07:28Aujourd'hui, il y a 12 millions qui ne passent plus le D3 d'Ormouse,
07:30donc on est en déficit de 10 millions.
07:32Donc forcément, c'est très positif
07:34pour les marges des raffineurs comme Total.
07:36Le 2006 va être une année bien meilleure
07:38que ce qu'on pouvait anticiper.
07:40Maintenant, une fois que la libre circulation,
07:42enfin quand la libre circulation sera rétablie,
07:44il faut s'attendre à un retour à la moyenne
07:46assez fort sur le pétrole,
07:48et même sur la partie gaz,
07:49parce que Total est très présent dans le gaz,
07:52sur le LNG,
07:53il y a plein de nouvelles capacités
07:54qui ont été planifiées et qui vont arriver,
07:56donc même malgré la destruction d'une partie de celle du Qatar,
07:59ça n'empêchera pas le marché
08:00de redevenir rapidement excédentaire.
08:02C'est tout le mal qu'on se souhaite,
08:03parce que ça voudrait dire que les choses reviennent
08:05à plus de normalité.
08:07Bon, et puis on passe du plus grand au plus petit.
08:10On a Yeva qui célébrait son premier jour de bourse aujourd'hui,
08:14spécialiste de la bien-être, de la beauté, etc.
08:18Ça ne se passe pas bien du tout,
08:20le titre a perdu 20% à l'ouverture,
08:22et là il est en repli de 8,15%.
08:24Il semblerait qu'il y ait des ajustements techniques
08:27et que les investisseurs préfèrent vendre
08:30avec cette mise en bourse.
08:32Bon, on se souviendra que le management avait dit
08:34nous en fait la bourse on n'en a pas besoin,
08:37bon, est-ce que la bourse lui répond que
08:39si vous n'en avez pas besoin, bref.
08:41Moins 8,15%.
08:43Peut-être au-delà de cette histoire,
08:47François Dijard,
08:48s'introduire en bourse en ce moment,
08:51il faut quand même une sacrée volonté.
08:54Est-ce qu'il n'y a pas une prime quand même
08:55aux projets les plus solides et les plus impactants ?
08:59Alors, je ne connais pas ce dossier-là en particulier,
09:01mais c'est vrai qu'en ce moment,
09:03d'habitude, quand il y a un stress de marché comme ça,
09:05les introductions en bourse sont plutôt reportées.
09:07Sauf si, par exemple, une introduction dans le secteur de la défense,
09:11qui aurait du sens,
09:13sous des segments très particuliers.
09:15Après, certaines sociétés,
09:17c'est pour ça que je suis surpris d'entendre
09:18que cette société-là disait qu'elle n'avait pas besoin de la bourse,
09:21parce que c'est assez long à préparer,
09:23c'est beaucoup de travail pour le management,
09:25et en général,
09:27certaines entreprises peuvent avoir justement besoin de la bourse
09:30et ne pas reporter une opération
09:32parce qu'elles ont besoin de ce financement.
09:33On y va quand même, même si les conditions
09:36ne sont pas unies.
09:37Après, le cours du premier jour
09:40ne reflète pas à lui seul
09:43le succès ou l'échec d'une opération.
09:45C'est un peu trop tôt pour juger
09:47du succès d'une opération comme ça,
09:49qui a quand même un but économique à la base.
09:52Eh bien, on verra ça.
09:53En tout cas, c'est vrai que peut-être
09:54que la bourse a été un peu refroidie
09:55par le discours peut-être un petit peu ambivalent,
09:58peut-être un petit peu marketé,
10:00mais en tout cas,
10:01donc IEVA qui perd 8,15%,
10:0311,74 euros.
10:04On va terminer, François Digard,
10:06par une pépite à nous conseiller,
10:09un titre sur lequel vous avez les yeux
10:11où vous dites que c'est peut-être une bonne affaire
10:13en ce moment.
10:14Alors, ce sera Carrefour,
10:15pour ce qui me concerne,
10:16qui revient un peu sur le devant de la scène.
10:18Aujourd'hui, pour vous donner des éléments de valorisation,
10:20c'est un titre qui se traite à peu près
10:22à huit fois des résultats,
10:25contre 14 fois et demi
10:26pour des sociétés comme Ahold de l'Aise,
10:28qui est un équivalent néerlandais ou Tesco,
10:30l'équivalent britannique.
10:32Donc, c'est un écart de valorisation très important.
10:34Il y a quelques semaines,
10:35Carrefour a présenté un plan stratégique ambitieux
10:37à l'horizon de 2030.
10:38Le marché n'est pas encore totalement convaincu,
10:41mais ça a clairement mis fin
10:42à une espèce de Carrefour bashing.
10:44Surtout, le groupe a rassuré
10:46sur sa capacité à générer du cash
10:48et affiche déjà en mai des perspectives
10:49beaucoup plus attractives
10:50après une phase de restructuration,
10:53de reconstruction
10:54qui a pris plusieurs années à Alexandre Bonpard.
10:56Donc, plus largement,
10:57je pense que c'est tout le secteur,
10:58d'ailleurs, qui est intéressant.
11:00C'est un des secteurs qui bénéficient,
11:02moi, ce que j'appelle des soft AI winners,
11:04qui vont bénéficier de l'essor
11:06de l'intelligence artificielle,
11:08que ce soit Carrefour, Ahold, Tesco, d'ailleurs.
11:10Ils sont bien positionnés,
11:12ça leur permet d'optimiser leurs opérations.
11:14Et ensuite, ils ont un atout clé,
11:17c'est-à-dire qu'ils bénéficient
11:17de données,
11:18de très, très grandes quantités de données
11:20sur les marques
11:20qui peuvent monétiser.
11:22Et c'est un avantage
11:23par rapport au discount.
11:24Vous savez que c'est un secteur
11:25qui a été disrupté
11:26par les disconteurs
11:27pendant des années.
11:28Et aujourd'hui,
11:29il y a une espèce de revanche.
11:30Les distributeurs traditionnels
11:31peuvent monétiser leurs données
11:33sur les marques.
11:34Et ça leur donne un avantage
11:35que non pas les disconteurs.
11:36Donc, on entre dans une nouvelle ère
11:37pour le secteur.
11:38Je pense que c'est un bon moment
11:39pour regarder les valeurs.
11:40Et parmi celles-là, Carrefour.
11:41Eh, intéressant,
11:43ce côté soft AI winner.
11:45Mais on va continuer
11:46à regarder Carrefour
11:48avec cet AI-là
11:49parce que c'est vrai
11:50que c'est quand même intéressant
11:51cette valeur donnée
11:53pour le secteur de la distribution.
11:56François Digard, Kepler,
11:57merci d'avoir été avec nous.
11:59et...
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