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  • il y a 9 heures
Ce mercredi 28 janvier, le bilan du marché obligataire en ce mois de janvier, a été abordé par Ronan Blanc, gérant obligataire chez Montpensier Arbevel, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Mais à 9h32, nous allons parler du marché obligataire avec ce matin Renan Blanc, qui est gérant obligataire chez Montpensier Arbevel.
00:07Bonjour Renan, merci de nous accompagner ce matin.
00:10Alors historiquement, le mois de janvier sur le marché obligataire, en termes d'émissions, c'est quand même un mois plutôt calme.
00:16Mais une nouvelle fois, ça montre bien que ces dernières semaines sont quand même spectaculaires sur bon nombre de sujets.
00:21Eh bien, ce n'était pas le cas cette année.
00:22On a eu beaucoup d'émissions obligataires des États, mais surtout des entreprises ces derniers jours.
00:28Oui, l'appétit est là, ça fait un petit moment.
00:31Alors janvier, ce n'est pas si calme que ça.
00:34Ce qui est certain, c'est que ce mois de janvier a été quasiment record.
00:39Je crois que sur le segment au rendement, celui sur lequel on est le plus dynamique, on a doublé par rapport au montant de l'année dernière.
00:47Beaucoup de refinancement encore.
00:48Les entreprises profitent finalement de cet appétit des investisseurs pour étendre la maturité moyenne de leur dette à des niveaux qui sont historiquement encore élevés.
00:57Donc on peut se poser la question de l'intérêt financier de le faire.
01:00Mais dans un environnement où quelque part la visibilité sur le cycle économique et géopolitique est faible, les entreprises ont tendance à continuer à rouler cette dette-là.
01:10Jusqu'à présent, c'était beaucoup de refinancement.
01:13Là, on commence à avoir des deals de fusion-acquisition, des remontées de dividendes.
01:17Donc on est un petit peu plus dans l'agressivité.
01:20Ça veut simplement dire que le cycle est en train de maturer, le cycle crédit.
01:25Et surtout, on commence à avoir de plus en plus de nouveaux émetteurs, ce qu'on appelle les nouveaux entrants.
01:30Donc pour nous, gérants actifs, c'est intéressant parce que le gisement est en train de grandir.
01:35Et en termes de qualité de crédit, pareil, il y a un mix qui est là aussi un petit peu plus favorable.
01:41Et on arrive à avoir des niveaux de rémunération qui sont toujours assez intéressants.
01:46Donc on est sur cette dynamique. Nous, on est plutôt centré sur la partie européenne.
01:51C'est vrai qu'on voit pas mal d'émetteurs américains profiter du différentiel de taux pour venir émettre chez nous.
01:59Alors il y a des grands thèmes, notamment quelques inquiétudes sur tout ce qui est financement de l'IA.
02:05Puisque l'année dernière, on a eu plus de 200 milliards de dettes aux États-Unis refinancées sur cette thématique.
02:10Et au regard de la génération de cash de ces entreprises, ça reste gérable.
02:13Oui, mais voilà, c'est ce que je dis souvent. C'est des entreprises qui font partie de la catégorie investment de dette.
02:19Donc vraiment, entre guillemets, la qualité stable qui s'adresse principalement à une clientèle institutionnelle.
02:26C'est des gens, c'est des entreprises qui ont des leviers financiers qui sont relativement faibles.
02:30Donc rajouter de la dette, finalement, c'est pas vraiment un problème.
02:34C'est peut-être un problème pour l'actionnaire in fine, puisqu'il va s'interroger sur les retours sur investissement de toutes ses dépenses.
02:41Mais sur la partie crédit, c'est pas spécialement un sujet, en tout cas pas pour l'instant.
02:45Comment vous captez du rendement aujourd'hui chez Montpensier Arbevel dans les portefeuilles, sur la poche obligataire ?
02:50Sachant qu'on a des spreads, donc des écarts qui se réduisent.
02:53C'est plus compliqué aujourd'hui de trouver du rendement.
02:56Il faut peut-être descendre sur une qualité de crédit un peu moindre.
02:59Alors aujourd'hui, la manière dont ça se construit, c'est qu'on a les taux de référence,
03:03souvent pris en emprunt d'État, qui reste sur des niveaux relativement élevés,
03:07avec cette défiance vis-à-vis des signatures des États,
03:11plus une prime de risque crédit, qui est historiquement un petit peu faible,
03:16mais qui est aussi le reflet, finalement, d'un gisement qui a gagné, lui, en qualité.
03:20Donc pour nous, c'est simplement une mise à jour, quelque part, du curseur des investisseurs,
03:27sur la manière dont les entreprises ont réagi dans ce cycle économique.
03:31Et on dit souvent aussi que nos marchés développés sont en train de plus en plus
03:36suivre le chemin des pays en voie de développement,
03:40pour la bonne et sainte raison que la confiance est vraiment centrée
03:42sur le bilan des entreprises et beaucoup moins sur le bilan des États.
03:46Donc c'est la vraie différence qui se fait.
03:48Et aujourd'hui, on arrive à capter sur le haut rendement européen,
03:51entre 5, 6, voire 6,5, sur des signatures peut-être de moins bien notées,
03:57des émetteurs un petit peu plus petits, moins diversifiés d'un point de vue géographique,
04:01mais quelque part, nous, c'est ce qu'on recherche.
04:03Parce que l'empreinte Worldwide, vous avez parlé d'LVMH tout à l'heure,
04:06c'est de plus en plus difficile à gérer dans la durée.
04:10LVMH, en effet, qui perd un peu plus de 7% ce matin, on en reparlera dans un instant.
04:14Les marchés émergents, que ce soit sur la partie action,
04:16mais également sur la partie obligataire, ont connu de très belles séances,
04:20là, depuis le début de l'année.
04:22Bon, il y a quand même le risque de change, notamment l'euro-dollar, mais pas que.
04:27Comment, aujourd'hui, on peut se protéger sur la partie obligataire face à des taux de change
04:31qui sont quand même très forts, ne serait-ce que depuis, là, le début du mois de janvier,
04:35on a un euro-dollar qui a progressé de 2,5.
04:37Bon, c'est pour avoir en face un rendement à 2 ou 3.
04:39Au final, c'est retour à la case départ.
04:41Oui, il y a eu beaucoup de ça.
04:42Alors, il y a eu tout un engouement, notamment l'année dernière,
04:44sur tout ce qui était fonds monétaires américains, avec ce différentiel de taux,
04:47en disant, finalement, la parité euro-dollar est relativement stable dans le temps,
04:51et on va pouvoir capter ce rendement-là.
04:53Bon, à la fin, c'est patatras, puisque le profil de performance sur l'euro-dollar a été très très faible.
04:59La partie émergente, beaucoup de flux, mais là encore, une indexation à ce que va faire la Fed.
05:03Aujourd'hui, la Fed, il est urgent de ne rien faire.
05:08Donc, à voir si cette partie-là continue de souffler dans le bon sens.
05:11Nous, on est plutôt centré.
05:13Encore une fois, nous, le message qu'on donne à nos clients, c'est,
05:15voilà, restez proche de votre zone de confort.
05:18La zone de confort, aujourd'hui, c'est plutôt l'Europe,
05:20où il y a une inflation sous les deux, voire sous les un en France,
05:24avec la possibilité de voir la BCE, à un moment donné, lâcher un petit peu du lest.
05:27On commence à avoir quelques craquements dans cette logique de ne rien faire,
05:31à cause, justement, de cette parité euro-dollar qui, in fine, va devenir de la désinflation importée.
05:38Et garder peut-être un petit peu de cash.
05:39On a vu, notamment, l'année dernière, on peut avoir des opportunités sur le marché obligataire.
05:43On verra comment ça va évoluer, la politique, cette année, aux États-Unis, mais aussi en Europe.
05:47Et puis, il y a, bien sûr, le sujet de l'inflation.
05:50Oui, tout à fait.
05:51Alors, on ne sait pas si le pari est gagné, on verra, aux États-Unis, en tout cas.
05:55Alors, aux États-Unis, c'est là où c'est compliqué pour la Fed,
05:58parce que, clairement, on reste au niveau des 3%.
06:01La baisse du dollar, quelque part, c'est de l'inflation importée.
06:04Donc, s'il arrive à contrôler de plus en plus l'évolution du prix du baril,
06:08on dira qu'il aura sauvé un petit peu les meubles.
06:10Mais on voit que c'est une situation qui est quand même relativement fragile.
06:14Donc, vraiment, une position inconfortable pour la Fed,
06:16alors même qu'on ne connaît toujours pas le successeur.
06:19Donc, aujourd'hui, voilà, si c'est une zone sur laquelle, nous, on est beaucoup moins confortable
06:24et sur laquelle il y a une risque de dérapage en termes de dynamique de fusion-acquisition,
06:29donc, quelque part, un relâchement en termes de comportement financier
06:33qui sera peut-être favorable aux actionnaires, mais un petit peu moins favorable aux français.
06:37La Fed, bien sûr, qui fera partie de l'actualité de ces prochaines heures,
06:42puisque c'est ce soir que Jérôme Powell va s'exprimer.
06:44Pas de baisse de taux à attendre, mais bien sûr, le président de la Banque Centrale Américaine
06:47sera challengé sur sa succession et sur les futures baisses de taux.
06:52Merci beaucoup, Ronan Blanc, de nous avoir accompagné ce matin,
06:54gérant obligataire chez Montpensier Arbevel,
06:56pour faire un point sur ce mois de janvier
06:59qui a donc été plus que dynamique sur la partie crédit obligataire.
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