00:00Emmerich Didier, de Pergam, qui évidemment est arrivé avec un verdict qu'il assume,
00:06qui était irrévocable, et qui va nous donner.
00:09Exactement, alors j'estime, j'assume que même s'il y a une fin de guerre,
00:12fin de conflit entre l'Iran et les Etats-Unis,
00:16le secteur de la défense, il faudra continuer à en avoir plus que jamais,
00:19et pour le très très long terme, sûrement dans les portefeuilles.
00:23Bon, bon.
00:26Alors, j'allais dire qu'on s'en doute.
00:29Mais, il y a quand même, justement, quelques doutes de la part des marchés,
00:33et en particulier le fait qu'on est au point culminant, quand même,
00:35de tensions géopolitiques absolument monstrueuses,
00:38et que ces dernières semaines, le secteur de la défense n'a pas fait grand-chose.
00:42Voire même baissé.
00:43Voire même baissé, pour certains titres.
00:46Bon, c'est vraiment sur le moyen et le long terme qu'il faut voir la chose.
00:50Mais même à court, moyen, long terme, il faut repondérer ce secteur dans les allocations
00:54pour des raisons à la fois stratégiques,
00:56et il faut suivre, en fait, les grands flux d'investissement.
00:59Aujourd'hui, on voit que les institutions vont dépenser jusqu'à 2% du PIB
01:05et sont poussées pour aller jusqu'à 3,5% du PIB.
01:09Donc, forcément, les montants qui vont être mis en face sont tellement importants
01:13qu'il faut pondérer.
01:15C'est ce qu'on appelle, dans un jargon trivial, un bull market séculaire.
01:19C'est-à-dire qu'on part pour des vrais plans d'investissement de long terme
01:24qui vont être massifs, colossaux,
01:26et ça, c'est du chiffre d'affaires qui va arriver pour les entreprises.
01:29Donc, ça doit être présent dans toutes les allocations,
01:33comme on a pu avoir des grandes valeurs qu'on a gardées très longtemps.
01:36On parle souvent des aires liquides, des grandes sociétés, des totales,
01:41toutes ces sociétés qu'on a dans les portefeuilles depuis longtemps.
01:43Sur le secteur de la défense, c'est ce qu'on appelle un super cycle.
01:46C'est un super cycle économique, et on n'en est qu'au début.
01:49Pour les valeurs européennes, notamment.
01:51Aux États-Unis, par exemple, c'est un secteur qui est un secteur,
01:55quand on regarde sur une très longue période,
01:56qui a été très, très bon pour les investisseurs.
01:59En Europe, on a moins investi sur ces secteurs-là depuis de nombreuses années.
02:04Mais là, on sent qu'on est quand même au début d'un cycle important.
02:08Bon.
02:09Et parmi ces valeurs de la défense,
02:11vous nous dites que sur le long terme, en plus, du côté américain,
02:16c'est lent, mais c'est régulier.
02:19Côté européen, c'est vrai que c'est un tout petit peu plus irrégulier,
02:22c'est-à-dire qu'il y a eu un gros réveil.
02:23Il y a eu une forme de changement structurel aussi
02:26pour certaines sociétés un petit peu plus petites.
02:28Je pense à Exocence, Excel et tout,
02:31qui ont complètement explosé,
02:32et complètement changé de dimension.
02:33Comment on peut appréhender le secteur de la défense européenne
02:36qui est un petit peu plus morcelé, on va dire, et très divers ?
02:39Il est très divers.
02:40Et puis surtout, il peut être aussi différent.
02:44C'est-à-dire qu'il n'y a pas de, de temps en temps,
02:46des purs players sur le secteur
02:47où les sociétés font à la fois de la défense,
02:49mais font aussi autre chose à côté.
02:50Donc, il y a plusieurs méthodes pour investir en-dessus.
02:53Soit on trouve des valeurs,
02:54et on a la chance en France d'avoir pas mal de grandes valeurs
02:58dans le secteur de la défense,
02:59avec les Thalès, Safran, Dassault Aviation.
03:03Il y a des belles vraies valeurs.
03:05Mais en Europe également, avec les Rheinmetall ou Leonardo,
03:10c'est très clairement, il y a beaucoup de candidats.
03:12Donc, soit on a une forte conviction sur une de ces valeurs
03:16ou plusieurs de ces valeurs,
03:17soit autrement, on a même créé des ETF aujourd'hui pour tout le secteur.
03:21Et ça permet de lisser et de ne pas être forcément,
03:23de subir la volatilité qu'on peut avoir sur un titre parmi d'autres.
03:27Et aujourd'hui, par exemple, on voit Leonardo qui baisse beaucoup.
03:31C'est plutôt des points d'entrée pour rentrer ce genre de sociétés
03:34dans les portefeuilles.
03:35Leonardo en Italie.
03:36Oui, Leonardo, effectivement.
03:39En France, est-ce que, parce qu'on voit que certaines toutes petites sociétés,
03:43alors là, je pense carrément aux parottes,
03:48aux sociétés qui sont vraiment liées,
03:49alors de près ou de loin, au secteur de la défense,
03:51comme l'UmiBird, etc.,
03:53mais qui atteignent des valorisations stratosphériques, des fois.
03:55C'est là où c'est un peu plus compliqué de justifier,
03:57par exemple, la valorisation d'un Exocence ou d'un Parrot ou d'un LumiBird.
04:02Et on a plus à aller sur les grandes valeurs.
04:04Parce que c'est elles, en premier,
04:06qui vont bénéficier des gros contrats de long terme.
04:09Donc, pour le coup, il faut rester sur la qualité,
04:11sur les grandes sociétés,
04:12avant de s'intéresser aux petites sociétés,
04:15de taille plus réduite,
04:17quand bien même, souvent,
04:19elles ont cette spécificité
04:21d'être des acteurs très importants de la chaîne.
04:24Et on justifie aujourd'hui leur valorisation
04:26par ce côté extrêmement niche
04:28qui en fait un peu des sociétés,
04:32on va dire,
04:33pas forcément opéables,
04:34mais dans lesquelles on pourra avoir
04:35un peu plus de M&A dans les années qui viennent
04:39sur ce type de dossier.
04:40Il y a autre chose qui est intéressante
04:43et que les auditeurs et les spectateurs
04:45nous posent comme question.
04:46C'est-à-dire, il y a certains groupes très généralistes,
04:50on l'a vu, par exemple,
04:51il y a certains mois précédents,
04:54les Walmart, etc., dire,
04:56nous, on est une valeur IA,
04:57parce qu'on a des tas de données.
04:58Publicis, c'était un petit peu dans le même truc.
05:00On a un storytelling un petit peu similaire
05:02du côté de Renault,
05:04du côté de Volkswagen,
05:07du côté d'autres constructeurs automobiles,
05:09par exemple,
05:09qui se mettent aux activités de défense.
05:12C'est la magie de la communication financière,
05:14c'est-à-dire d'être capable de surfer sur une vague
05:16et de trouver un angle d'accroche
05:18pour aller intéresser les investisseurs.
05:20Maintenant, c'est pitchoun comparé à leur...
05:23Ça reste extrêmement marginal,
05:25parce qu'aujourd'hui,
05:27l'investisseur particulier, notamment,
05:30a peu d'impact sur l'évolution des cours de bourse,
05:34et les professionnels, investisseurs institutionnels,
05:36sont beaucoup moins sensibles
05:38à ces communications financières
05:40faites par les groupes.
05:42Donc, aujourd'hui,
05:44ça reste un peu plus du médiatique,
05:46plus que réellement une conviction forte
05:49qu'on peut se forger sur une valeur
05:50pour un pourcentage de chiffres d'affaires
05:52relativement limité.
05:53Alors, on parlait de l'IA il y a quelques secondes,
05:56on va rester sur l'IA.
05:58Vous vouliez parler de quelques actualités
06:00qui peuvent être intéressantes
06:01du côté à la fois de l'intelligence artificielle
06:03et du côté des softwares,
06:05du côté des logiciels
06:06qui ont été désertés ces derniers mois.
06:08Bon, il se passe des trucs.
06:09C'est un secteur qui perd plus de 20%
06:11depuis le début de l'année.
06:12Et on commence à voir
06:14ce qu'on appelle les insiders,
06:16c'est-à-dire les chefs d'entreprise
06:17qui commencent à investir
06:19dans leurs propres titres.
06:20Donc, quand vous avez de temps en temps...
06:22Ils achètent.
06:22Alors que les années précédentes,
06:24on avait vu beaucoup d'insiders...
06:26Pour comprendre, exactement.
06:27Et là, on voit un peu l'inverse.
06:30On voit pas mal de choses
06:31autour de grands du secteur du logiciel.
06:33Je ne sais pas, l'Oualto
06:34ou des mouvements au niveau
06:35des institutions dirigeantes,
06:38des sociétés, des mouvements de personnel.
06:40On l'a vu chez l'Oualto,
06:42on l'a vu chez Snowflake,
06:42on l'a vu chez ServiceNow.
06:43On voit à la fois des changements,
06:46mais aussi des investissements
06:47de la part de membres de la direction.
06:50C'est plutôt des faisceaux d'indices
06:52qui nous font se dire que quand en interne,
06:56on commence à soit prendre les bonnes décisions
06:58et échanger un petit peu
06:59les instances de gouvernance,
07:01ou qu'on voit les instances en place
07:03investir dans leurs propres titres,
07:07historiquement, ça peut commencer à être
07:09des points d'intérêt pour s'intéresser
07:12à ces dossiers-là.
07:13On avait vu, par exemple, en France,
07:15autrement, Bernard Arnault,
07:17acheter des titres LVMH
07:18quand on a vu beaucoup le titre baisser.
07:20On peut se demander
07:21si ce n'est pas un peu des points bas.
07:23Et de temps en temps,
07:24c'est ce qu'on appelle
07:24« follow the money makers ».
07:26Quand les investisseurs sont bien investis
07:29dans leurs propres titres,
07:31les suivre, ce n'est pas forcément
07:32le plus mauvais des calculs
07:35pour l'investisseur particulier, en tout cas.
07:37En plus, on voit que, de manière générale,
07:40malgré la tourmente actuelle,
07:43les entreprises ont beaucoup recours
07:45à la bourse.
07:46On voit le retour des fusions-acquisitions,
07:47on parlera peut-être du dossier Universal
07:50dans quelques secondes,
07:50mais les hyperscalers de l'IA,
07:52que ce soit SpaceX, etc.,
07:55la bourse a quand même la cote,
07:56malgré le peu de visibilité en ce moment.
07:58Oui, mais quand vous avez aussi
07:59tout un pende qui est en train
08:00de se refermer avec le crédit privé,
08:02quand vous cherchez de l'argent,
08:04la bourse n'est pas forcément
08:05le plus mauvais des endroits.
08:07Et surtout, ça permet souvent aussi
08:08de valoriser l'entreprise,
08:10ça permet aussi de donner de la liquidité
08:12à certains actionnaires historiques.
08:14Donc, aller sur les marchés,
08:16ce n'est pas forcément
08:18une si mauvaise chose que ça.
08:20Alors, souvent, c'est un peu
08:21pas le choix du dernier ressort,
08:24mais c'est une des options
08:26qui est mise sur la table,
08:28qui a pas mal d'arguments favorables.
08:31Et quand on voit le retour des IPOs,
08:34c'est souvent plutôt aussi
08:35un signe de bonne santé de l'économie.
08:38Et historiquement,
08:40c'est plutôt des bons moments
08:41pour investir également sur les marchés.
08:43On va parler maintenant
08:44d'Universal Music Group.
08:46C'est quand même un des gros titres
08:47de l'actualité aujourd'hui.
08:50Même si ce n'est pas simple,
08:51cette affaire.
08:51Alors, on parle d'une entité
08:52qui a été plus ou moins scindée
08:55de l'Empire Bolloré,
08:56mise en bourse
08:59à la bourse d'Amsterdam,
09:00qui est donc convoité désormais
09:02par Bill Ackman,
09:03le patron du hedge fund
09:04Pershing Square de Wall Street,
09:06qui est lui-même une personnalité
09:08assez, on va dire,
09:09sulfureuse et un peu...
09:11Ouais, voilà.
09:12Bon.
09:14Son offre valorise quand même
09:16le truc à 64 milliards d'euros.
09:18Il propose une prime de 78%
09:21sur le cours moyen
09:23de ces derniers mois.
09:24Mais voilà, ça ne gagne que,
09:26entre guillemets, 9,7%.
09:28Alors, premièrement,
09:29il faut préciser qu'Universal
09:30est parti à la cave
09:31ces derniers mois.
09:32C'était vraiment très, très dur.
09:34Mais deuxièmement,
09:35le dossier n'est vraiment pas simple
09:36parce que c'est quelqu'un
09:37de pas simple
09:38qui va s'attaquer
09:39à un dossier pas simple.
09:40Alors, le dossier,
09:40il n'est pas totalement libre
09:41puisque aujourd'hui,
09:42il y a des actionnaires
09:43de référence qui sont sur ce dossier.
09:45Donc, Vincent Bolloré,
09:45on va le nommer en premier lieu.
09:47Mais également,
09:48l'offre qu'il fait,
09:49elle est sujette
09:50à pas mal de conditions.
09:52Ce n'est pas une offre
09:53en cash pure.
09:54Ce n'est pas une OPA.
09:57Donc, là aussi,
09:58quel titre on va recevoir ?
09:59On aura surtout
10:00beaucoup plus de précisions
10:01après le Conférence Call
10:02qu'on aura tout à l'heure
10:03parce que, justement,
10:05il faut savoir
10:05si on a les premiers actionnaires
10:06qui sont avec nous
10:07ou contre nous.
10:08Et évidemment,
10:11ça change
10:11toute la perception du dossier.
10:13Pour le moment,
10:13le marché ne veut pas y croire.
10:14Le titre prend une dizaine de pourcents
10:16mais pas beaucoup plus.
10:17Donc, pour le moment,
10:19un peu de prudence
10:20par rapport à ça.
10:21Il y a beaucoup de...
10:23la cotation, par exemple,
10:24à New York
10:24était quelque chose
10:25que les dirigeants
10:26ne voulaient pas,
10:27que Bill Nachman
10:28veut absolument.
10:29Donc, il y a pas mal de...
10:33pas mal de sujets
10:34qui entourent ce dossier.
10:35Donc, tant qu'on n'a pas
10:37de visibilité,
10:39c'est un dossier
10:39que, pour le moment,
10:40on met un tout petit peu
10:41sur le côté.
10:42On est content
10:42parce qu'il va peut-être
10:42faire bouger les choses.
10:44Donc, pour ceux qui en ont,
10:45très bien.
10:46Mais d'ici à ce que ça aille
10:47jusqu'au bout,
10:48le chemin,
10:49il risque d'être quand même...
10:50Voilà, il ne va pas être simple.
10:53Ce n'est pas une ligne droite,
10:54en tout cas.
10:54Universal Music Group
10:56qui, sur un an,
10:57perd 23%.
10:58C'est un secteur
11:00qui est quand même aussi
11:00assez compliqué.
11:01Difficile.
11:02Très, très compliqué.
11:03Donc, pas simple,
11:04très concurrentiel.
11:05Les marges sont compliquées
11:06à obtenir.
11:07Donc, voilà,
11:07l'IA est en train de faire
11:08aussi beaucoup de choses
11:09sur ce secteur-là.
11:10Et pas que des bonnes.
11:11Et pas que des bonnes,
11:12tout à fait.
11:13Donc, c'est pour ça
11:14dossier pas simple.
11:15Dossier compliqué,
11:17réalisation compliquée,
11:18personnalité compliquée,
11:20secteur compliqué.
11:20Donc, pour le moment,
11:21on reste à côté.
11:22Pour le moment,
11:23voilà,
11:23on a deux, trois red flags.
11:25Merci infiniment,
11:26Emmerich Didet.
11:26Et puis, je rappelle,
11:28votre punchline,
11:28même en cas d'arrêt de la guerre
11:30et de stabilisation,
11:33et pas se laisser impressionner
11:34par la baisse des cours
11:35de la défense,
11:36en ce moment,
11:37des valeurs de la défense.
11:38il faut toujours en avoir
11:40dans ces allocations d'actifs.
11:41Merci infiniment.
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