Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 6 heures
Ce mardi 7 avril, Aymeric Diday, directeur de la gestion chez Pergam, s'est penché sur le potentiel du secteur de la défense au-delà du conflit, le domaine de la Tech avec l'IA en tant que maître du jeu dans les marchés boursiers, ainsi que la proposition de rachat d'UMG par Pershing Square, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:00Emmerich Didier, de Pergam, qui évidemment est arrivé avec un verdict qu'il assume,
00:06qui était irrévocable, et qui va nous donner.
00:09Exactement, alors j'estime, j'assume que même s'il y a une fin de guerre,
00:12fin de conflit entre l'Iran et les Etats-Unis,
00:16le secteur de la défense, il faudra continuer à en avoir plus que jamais,
00:19et pour le très très long terme, sûrement dans les portefeuilles.
00:23Bon, bon.
00:26Alors, j'allais dire qu'on s'en doute.
00:29Mais, il y a quand même, justement, quelques doutes de la part des marchés,
00:33et en particulier le fait qu'on est au point culminant, quand même,
00:35de tensions géopolitiques absolument monstrueuses,
00:38et que ces dernières semaines, le secteur de la défense n'a pas fait grand-chose.
00:42Voire même baissé.
00:43Voire même baissé, pour certains titres.
00:46Bon, c'est vraiment sur le moyen et le long terme qu'il faut voir la chose.
00:50Mais même à court, moyen, long terme, il faut repondérer ce secteur dans les allocations
00:54pour des raisons à la fois stratégiques,
00:56et il faut suivre, en fait, les grands flux d'investissement.
00:59Aujourd'hui, on voit que les institutions vont dépenser jusqu'à 2% du PIB
01:05et sont poussées pour aller jusqu'à 3,5% du PIB.
01:09Donc, forcément, les montants qui vont être mis en face sont tellement importants
01:13qu'il faut pondérer.
01:15C'est ce qu'on appelle, dans un jargon trivial, un bull market séculaire.
01:19C'est-à-dire qu'on part pour des vrais plans d'investissement de long terme
01:24qui vont être massifs, colossaux,
01:26et ça, c'est du chiffre d'affaires qui va arriver pour les entreprises.
01:29Donc, ça doit être présent dans toutes les allocations,
01:33comme on a pu avoir des grandes valeurs qu'on a gardées très longtemps.
01:36On parle souvent des aires liquides, des grandes sociétés, des totales,
01:41toutes ces sociétés qu'on a dans les portefeuilles depuis longtemps.
01:43Sur le secteur de la défense, c'est ce qu'on appelle un super cycle.
01:46C'est un super cycle économique, et on n'en est qu'au début.
01:49Pour les valeurs européennes, notamment.
01:51Aux États-Unis, par exemple, c'est un secteur qui est un secteur,
01:55quand on regarde sur une très longue période,
01:56qui a été très, très bon pour les investisseurs.
01:59En Europe, on a moins investi sur ces secteurs-là depuis de nombreuses années.
02:04Mais là, on sent qu'on est quand même au début d'un cycle important.
02:08Bon.
02:09Et parmi ces valeurs de la défense,
02:11vous nous dites que sur le long terme, en plus, du côté américain,
02:16c'est lent, mais c'est régulier.
02:19Côté européen, c'est vrai que c'est un tout petit peu plus irrégulier,
02:22c'est-à-dire qu'il y a eu un gros réveil.
02:23Il y a eu une forme de changement structurel aussi
02:26pour certaines sociétés un petit peu plus petites.
02:28Je pense à Exocence, Excel et tout,
02:31qui ont complètement explosé,
02:32et complètement changé de dimension.
02:33Comment on peut appréhender le secteur de la défense européenne
02:36qui est un petit peu plus morcelé, on va dire, et très divers ?
02:39Il est très divers.
02:40Et puis surtout, il peut être aussi différent.
02:44C'est-à-dire qu'il n'y a pas de, de temps en temps,
02:46des purs players sur le secteur
02:47où les sociétés font à la fois de la défense,
02:49mais font aussi autre chose à côté.
02:50Donc, il y a plusieurs méthodes pour investir en-dessus.
02:53Soit on trouve des valeurs,
02:54et on a la chance en France d'avoir pas mal de grandes valeurs
02:58dans le secteur de la défense,
02:59avec les Thalès, Safran, Dassault Aviation.
03:03Il y a des belles vraies valeurs.
03:05Mais en Europe également, avec les Rheinmetall ou Leonardo,
03:10c'est très clairement, il y a beaucoup de candidats.
03:12Donc, soit on a une forte conviction sur une de ces valeurs
03:16ou plusieurs de ces valeurs,
03:17soit autrement, on a même créé des ETF aujourd'hui pour tout le secteur.
03:21Et ça permet de lisser et de ne pas être forcément,
03:23de subir la volatilité qu'on peut avoir sur un titre parmi d'autres.
03:27Et aujourd'hui, par exemple, on voit Leonardo qui baisse beaucoup.
03:31C'est plutôt des points d'entrée pour rentrer ce genre de sociétés
03:34dans les portefeuilles.
03:35Leonardo en Italie.
03:36Oui, Leonardo, effectivement.
03:39En France, est-ce que, parce qu'on voit que certaines toutes petites sociétés,
03:43alors là, je pense carrément aux parottes,
03:48aux sociétés qui sont vraiment liées,
03:49alors de près ou de loin, au secteur de la défense,
03:51comme l'UmiBird, etc.,
03:53mais qui atteignent des valorisations stratosphériques, des fois.
03:55C'est là où c'est un peu plus compliqué de justifier,
03:57par exemple, la valorisation d'un Exocence ou d'un Parrot ou d'un LumiBird.
04:02Et on a plus à aller sur les grandes valeurs.
04:04Parce que c'est elles, en premier,
04:06qui vont bénéficier des gros contrats de long terme.
04:09Donc, pour le coup, il faut rester sur la qualité,
04:11sur les grandes sociétés,
04:12avant de s'intéresser aux petites sociétés,
04:15de taille plus réduite,
04:17quand bien même, souvent,
04:19elles ont cette spécificité
04:21d'être des acteurs très importants de la chaîne.
04:24Et on justifie aujourd'hui leur valorisation
04:26par ce côté extrêmement niche
04:28qui en fait un peu des sociétés,
04:32on va dire,
04:33pas forcément opéables,
04:34mais dans lesquelles on pourra avoir
04:35un peu plus de M&A dans les années qui viennent
04:39sur ce type de dossier.
04:40Il y a autre chose qui est intéressante
04:43et que les auditeurs et les spectateurs
04:45nous posent comme question.
04:46C'est-à-dire, il y a certains groupes très généralistes,
04:50on l'a vu, par exemple,
04:51il y a certains mois précédents,
04:54les Walmart, etc., dire,
04:56nous, on est une valeur IA,
04:57parce qu'on a des tas de données.
04:58Publicis, c'était un petit peu dans le même truc.
05:00On a un storytelling un petit peu similaire
05:02du côté de Renault,
05:04du côté de Volkswagen,
05:07du côté d'autres constructeurs automobiles,
05:09par exemple,
05:09qui se mettent aux activités de défense.
05:12C'est la magie de la communication financière,
05:14c'est-à-dire d'être capable de surfer sur une vague
05:16et de trouver un angle d'accroche
05:18pour aller intéresser les investisseurs.
05:20Maintenant, c'est pitchoun comparé à leur...
05:23Ça reste extrêmement marginal,
05:25parce qu'aujourd'hui,
05:27l'investisseur particulier, notamment,
05:30a peu d'impact sur l'évolution des cours de bourse,
05:34et les professionnels, investisseurs institutionnels,
05:36sont beaucoup moins sensibles
05:38à ces communications financières
05:40faites par les groupes.
05:42Donc, aujourd'hui,
05:44ça reste un peu plus du médiatique,
05:46plus que réellement une conviction forte
05:49qu'on peut se forger sur une valeur
05:50pour un pourcentage de chiffres d'affaires
05:52relativement limité.
05:53Alors, on parlait de l'IA il y a quelques secondes,
05:56on va rester sur l'IA.
05:58Vous vouliez parler de quelques actualités
06:00qui peuvent être intéressantes
06:01du côté à la fois de l'intelligence artificielle
06:03et du côté des softwares,
06:05du côté des logiciels
06:06qui ont été désertés ces derniers mois.
06:08Bon, il se passe des trucs.
06:09C'est un secteur qui perd plus de 20%
06:11depuis le début de l'année.
06:12Et on commence à voir
06:14ce qu'on appelle les insiders,
06:16c'est-à-dire les chefs d'entreprise
06:17qui commencent à investir
06:19dans leurs propres titres.
06:20Donc, quand vous avez de temps en temps...
06:22Ils achètent.
06:22Alors que les années précédentes,
06:24on avait vu beaucoup d'insiders...
06:26Pour comprendre, exactement.
06:27Et là, on voit un peu l'inverse.
06:30On voit pas mal de choses
06:31autour de grands du secteur du logiciel.
06:33Je ne sais pas, l'Oualto
06:34ou des mouvements au niveau
06:35des institutions dirigeantes,
06:38des sociétés, des mouvements de personnel.
06:40On l'a vu chez l'Oualto,
06:42on l'a vu chez Snowflake,
06:42on l'a vu chez ServiceNow.
06:43On voit à la fois des changements,
06:46mais aussi des investissements
06:47de la part de membres de la direction.
06:50C'est plutôt des faisceaux d'indices
06:52qui nous font se dire que quand en interne,
06:56on commence à soit prendre les bonnes décisions
06:58et échanger un petit peu
06:59les instances de gouvernance,
07:01ou qu'on voit les instances en place
07:03investir dans leurs propres titres,
07:07historiquement, ça peut commencer à être
07:09des points d'intérêt pour s'intéresser
07:12à ces dossiers-là.
07:13On avait vu, par exemple, en France,
07:15autrement, Bernard Arnault,
07:17acheter des titres LVMH
07:18quand on a vu beaucoup le titre baisser.
07:20On peut se demander
07:21si ce n'est pas un peu des points bas.
07:23Et de temps en temps,
07:24c'est ce qu'on appelle
07:24« follow the money makers ».
07:26Quand les investisseurs sont bien investis
07:29dans leurs propres titres,
07:31les suivre, ce n'est pas forcément
07:32le plus mauvais des calculs
07:35pour l'investisseur particulier, en tout cas.
07:37En plus, on voit que, de manière générale,
07:40malgré la tourmente actuelle,
07:43les entreprises ont beaucoup recours
07:45à la bourse.
07:46On voit le retour des fusions-acquisitions,
07:47on parlera peut-être du dossier Universal
07:50dans quelques secondes,
07:50mais les hyperscalers de l'IA,
07:52que ce soit SpaceX, etc.,
07:55la bourse a quand même la cote,
07:56malgré le peu de visibilité en ce moment.
07:58Oui, mais quand vous avez aussi
07:59tout un pende qui est en train
08:00de se refermer avec le crédit privé,
08:02quand vous cherchez de l'argent,
08:04la bourse n'est pas forcément
08:05le plus mauvais des endroits.
08:07Et surtout, ça permet souvent aussi
08:08de valoriser l'entreprise,
08:10ça permet aussi de donner de la liquidité
08:12à certains actionnaires historiques.
08:14Donc, aller sur les marchés,
08:16ce n'est pas forcément
08:18une si mauvaise chose que ça.
08:20Alors, souvent, c'est un peu
08:21pas le choix du dernier ressort,
08:24mais c'est une des options
08:26qui est mise sur la table,
08:28qui a pas mal d'arguments favorables.
08:31Et quand on voit le retour des IPOs,
08:34c'est souvent plutôt aussi
08:35un signe de bonne santé de l'économie.
08:38Et historiquement,
08:40c'est plutôt des bons moments
08:41pour investir également sur les marchés.
08:43On va parler maintenant
08:44d'Universal Music Group.
08:46C'est quand même un des gros titres
08:47de l'actualité aujourd'hui.
08:50Même si ce n'est pas simple,
08:51cette affaire.
08:51Alors, on parle d'une entité
08:52qui a été plus ou moins scindée
08:55de l'Empire Bolloré,
08:56mise en bourse
08:59à la bourse d'Amsterdam,
09:00qui est donc convoité désormais
09:02par Bill Ackman,
09:03le patron du hedge fund
09:04Pershing Square de Wall Street,
09:06qui est lui-même une personnalité
09:08assez, on va dire,
09:09sulfureuse et un peu...
09:11Ouais, voilà.
09:12Bon.
09:14Son offre valorise quand même
09:16le truc à 64 milliards d'euros.
09:18Il propose une prime de 78%
09:21sur le cours moyen
09:23de ces derniers mois.
09:24Mais voilà, ça ne gagne que,
09:26entre guillemets, 9,7%.
09:28Alors, premièrement,
09:29il faut préciser qu'Universal
09:30est parti à la cave
09:31ces derniers mois.
09:32C'était vraiment très, très dur.
09:34Mais deuxièmement,
09:35le dossier n'est vraiment pas simple
09:36parce que c'est quelqu'un
09:37de pas simple
09:38qui va s'attaquer
09:39à un dossier pas simple.
09:40Alors, le dossier,
09:40il n'est pas totalement libre
09:41puisque aujourd'hui,
09:42il y a des actionnaires
09:43de référence qui sont sur ce dossier.
09:45Donc, Vincent Bolloré,
09:45on va le nommer en premier lieu.
09:47Mais également,
09:48l'offre qu'il fait,
09:49elle est sujette
09:50à pas mal de conditions.
09:52Ce n'est pas une offre
09:53en cash pure.
09:54Ce n'est pas une OPA.
09:57Donc, là aussi,
09:58quel titre on va recevoir ?
09:59On aura surtout
10:00beaucoup plus de précisions
10:01après le Conférence Call
10:02qu'on aura tout à l'heure
10:03parce que, justement,
10:05il faut savoir
10:05si on a les premiers actionnaires
10:06qui sont avec nous
10:07ou contre nous.
10:08Et évidemment,
10:11ça change
10:11toute la perception du dossier.
10:13Pour le moment,
10:13le marché ne veut pas y croire.
10:14Le titre prend une dizaine de pourcents
10:16mais pas beaucoup plus.
10:17Donc, pour le moment,
10:19un peu de prudence
10:20par rapport à ça.
10:21Il y a beaucoup de...
10:23la cotation, par exemple,
10:24à New York
10:24était quelque chose
10:25que les dirigeants
10:26ne voulaient pas,
10:27que Bill Nachman
10:28veut absolument.
10:29Donc, il y a pas mal de...
10:33pas mal de sujets
10:34qui entourent ce dossier.
10:35Donc, tant qu'on n'a pas
10:37de visibilité,
10:39c'est un dossier
10:39que, pour le moment,
10:40on met un tout petit peu
10:41sur le côté.
10:42On est content
10:42parce qu'il va peut-être
10:42faire bouger les choses.
10:44Donc, pour ceux qui en ont,
10:45très bien.
10:46Mais d'ici à ce que ça aille
10:47jusqu'au bout,
10:48le chemin,
10:49il risque d'être quand même...
10:50Voilà, il ne va pas être simple.
10:53Ce n'est pas une ligne droite,
10:54en tout cas.
10:54Universal Music Group
10:56qui, sur un an,
10:57perd 23%.
10:58C'est un secteur
11:00qui est quand même aussi
11:00assez compliqué.
11:01Difficile.
11:02Très, très compliqué.
11:03Donc, pas simple,
11:04très concurrentiel.
11:05Les marges sont compliquées
11:06à obtenir.
11:07Donc, voilà,
11:07l'IA est en train de faire
11:08aussi beaucoup de choses
11:09sur ce secteur-là.
11:10Et pas que des bonnes.
11:11Et pas que des bonnes,
11:12tout à fait.
11:13Donc, c'est pour ça
11:14dossier pas simple.
11:15Dossier compliqué,
11:17réalisation compliquée,
11:18personnalité compliquée,
11:20secteur compliqué.
11:20Donc, pour le moment,
11:21on reste à côté.
11:22Pour le moment,
11:23voilà,
11:23on a deux, trois red flags.
11:25Merci infiniment,
11:26Emmerich Didet.
11:26Et puis, je rappelle,
11:28votre punchline,
11:28même en cas d'arrêt de la guerre
11:30et de stabilisation,
11:33et pas se laisser impressionner
11:34par la baisse des cours
11:35de la défense,
11:36en ce moment,
11:37des valeurs de la défense.
11:38il faut toujours en avoir
11:40dans ces allocations d'actifs.
11:41Merci infiniment.
Commentaires

Recommandations