- il y a 21 heures
Lundi 30 mars 2026, retrouvez Julie Cittadini (Associée, WINSTON & STRAWN) dans SOUS LA ROBE, une émission présentée par Mathilde Aymami.
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00:13Bonjour à tous, bonjour Julie Cittadini, je suis très heureuse de vous recevoir aujourd'hui.
00:18D'autant que pour l'instant dans Sous la Robe, nous n'avons pas reçu d'avocats spécialisés
00:23en restructuring ou en bon français en droit des entreprises en difficulté. Mais vous n'étiez
00:29pas nécessairement destiné à cette carrière puisque quand vous étiez plus jeune vous
00:37vous dessiniez à une carrière de danseuse classique. Est-ce que vous pouvez nous raconter ça ?
00:43Oui, on peut dire que je suis passé de la barre d'exercice à la barre du tribunal. J'étais
00:51danseuse classique, passionnée et donc pas du tout dans les études. J'étais d'ailleurs en sport études donc
00:58tout le monde considère que c'est un art et c'est le cas, c'est un art mais c
01:01'est aussi un sport qui
01:03prend beaucoup de temps. Et donc non à l'âge de 4 ans je rêvais pas d'être avocat, c
01:08'est pas vrai,
01:09c'est pas ma réalité. Et ça a pris une première partie de vie exceptionnelle et hyper importante
01:16pour moi et qui m'est encore très précieuse. Parce que vous vouliez en faire votre vie ? C'était
01:20pas juste un hobby ?
01:21Non, non, absolument. Et le virage a été d'ailleurs absolument pas anticipé et ça allait à faveur d'un
01:27accident,
01:29d'une blessure qui était un peu grave, qui a nécessité que je m'arrête à un temps assez long.
01:34D'accord. Et d'un père qui souhaitait pas que je reste à regarder le plafond, qui m'a dit
01:39tu fais ce que tu veux
01:40mais tu vas dans une université. Voilà. Et on avait pas le système d'aujourd'hui, ce qui permettait de
01:47se présenter
01:48dans une université et d'intégrer le jour J, le premier cours. Et comme j'avais des copains en droit,
01:53j'ai été en droit. Vraiment, sans aucune conviction particulière.
01:56Et vous avez pas regretté ?
01:58Absolument pas. Et je m'y épanouis.
02:02Aujourd'hui, vous pratiquez donc les entreprises en difficulté. Comment est-ce que vous en êtes venu à cette matière
02:08qui n'est pas forcément la plus classique ? On entend très très souvent parler peut-être du M&A,
02:17du corporate, peut-être du pénal et du contentieux. Mais c'est vrai que les entreprises en difficulté,
02:21c'est peut-être un secteur un peu plus niche. Comment vous est venue cette vocation ?
02:29Ça a beaucoup évolué quand même ces dernières années. Moi, quand j'ai débuté, c'était à longtemps, c'était
02:34hier.
02:36Les cabinets d'affaires n'étaient pas forcément dotés. C'étaient des pratiques qui étaient plus sur des cabinets de
02:40niche.
02:42Aujourd'hui, ce n'est plus du tout le cas. Aujourd'hui, tous les cabinets sont dotés de la pratique
02:46de structuring, droit des entreprises en difficulté. C'est quelque chose qui a beaucoup évolué dans le temps.
02:50Moi, je m'étais intéressé lors de mes études et j'avais eu la chance d'avoir François-Xavier Lucas,
02:55qui est dans notre domaine, un très grand professeur, qui m'avait évidemment donné le goût de la matière
03:00parce que les professeurs, quand ils ont ce talent de transmettre le goût pour une matière,
03:07donc j'avais adoré. Mais pour autant, je n'avais pas du tout choisi d'aller dans cette petite boutique
03:12à l'époque, qui était sans doute fantastique. Évidemment, ce sont des grands noms, on ne va pas les citer,
03:17vous les connaissez. Et j'ai commencé un peu comme tout le monde à 25 ans, enfin 24 ans,
03:22à faire du M&A dans un cabinet américain. On trouvait ça vraiment sympa, plus sexy, etc.
03:30Et en réalité, le cabinet n'était pas doté de la pratique. Tout le monde savait que j'avais fait
03:34un master avec François-Xavier Lucas, donc on a commencé à dire, tiens, Cittadini,
03:38on va lui coller les reprises à la barre, on va lui coller tous ces sujets-là.
03:40Un peu l'occasion, quoi. Ouais, absolument.
03:44Et j'ai commencé, du coup, à traiter énormément de dossiers à l'époque avec l'associé en contentieux
03:50du cabinet, qui drainaient un peu ces sujets-là. Et ensuite, quand moi, j'ai évolué dans ma carrière,
03:58et puis quand j'ai changé de maison, je suis partie en cabinet français, j'ai monté la pratique.
04:03Chez LPA, vous étiez ?
04:04Chez LPA, absolument. J'ai monté la pratique, je suis…
04:07Et vous y avez pris goût ?
04:09Absolument.
04:10Est-ce que vous pensez que le fait que vous ayez eu, alors, pardon pour la formule,
04:15un accident de parcours, en tout cas, que vous ayez dû repenser la vision que vous aviez
04:19de votre carrière, vous a donné un attrait particulier pour cette matière,
04:23qui est quand même relative à des difficultés d'entreprise et aussi beaucoup à la capacité
04:29des entreprises et des entrepreneurs de rebondir et de trouver une issue ?
04:33Je n'ai pas réfléchi. Ce qui est sûr, c'est que, oui, c'est un virage à 360, c
04:40'est une certitude.
04:41Après, évidemment, tout sport, pas que la danse classique, mais n'importe quel sport un peu à haut niveau,
04:48parce que moi, c'était quand même quelque chose où j'ai… Voilà, c'était vraiment très intense.
04:55Forcément, donner un peu des capacités de concentration, des capacités de ténacité, de rigueur,
05:01mais voilà, parce que le sport…
05:02Il y a peut-être un rapport à l'échec…
05:03Il y a aussi un rapport à l'échec, évidemment.
05:05Ah, mais ça, indéniablement. Il y a évidemment un rapport à l'échec, au dépassement de soi, évidemment.
05:12Donc, il y a quand même peut-être quelque chose que vous aviez en vous ?
05:16Oui, oui. En tout cas, ça m'a vachement aidée quand j'ai dû me mettre dans les études de
05:21droit.
05:22Parce que, bon, quand on est en sport-études, on ne va quand même pas beaucoup à l'école par
05:25rapport aux…
05:25On fait beaucoup de sport, pas beaucoup de…
05:26On tente cinq heures par jour, plus que cinq heures d'école.
05:29Et ça, évidemment, ça a contribué.
05:31C'est sûr que c'est les capacités qu'on développe dans le sport.
05:35Après, c'est un outil dans la vie de tous les jours,
05:38et évidemment d'un produit professionnel qui est fantastique.
05:41Vous le disiez, effectivement, la pratique des procédures collectives est passée un peu d'une pratique de niche
05:47à une pratique qui est présente aujourd'hui dans les grands cabinets de la place.
05:50C'est aussi parce que c'est devenu une matière particulièrement importante,
05:57encore plus ces dernières années parce que la situation économique est très dure.
06:02On a beaucoup entendu des histoires dans la presse économique et dans la presse nationale
06:08de sociétés, notamment dans le retail, qui ont connu d'énormes difficultés
06:11et qui ne s'en sont pas relevées.
06:13Je pense notamment à Camailleux en dernier lieu.
06:19On peut avoir aussi, du coup, l'impression que le retail, on ne s'en sort jamais.
06:24Je crois que vous avez eu l'occasion de travailler sur un dossier
06:26qui montre que parfois, quand même, on s'en sort.
06:29C'est le dossier The Braderie.
06:30Est-ce que vous pouvez nous expliquer un peu quelles étaient les difficultés rencontrées
06:33par cette société et comment vous avez réussi à accompagner le dossier
06:37pour sortir tout ça par le haut ?
06:40Parce que c'était un peu tendu.
06:45Pour répondre à votre première question, qui est en lien d'ailleurs avec le sujet
06:51de la pratique a changé, c'est-à-dire qu'il y a aussi des outils qui se sont modernisés.
06:56Ça s'est démocratisé.
06:57Donc déjà, d'une part, les gens ne voient plus les procédures collectives
07:00comme quelque chose qui ne relève que de la sanction ou de l'échec.
07:04Il y a beaucoup, beaucoup de moyens d'outils de prévention
07:07qui n'existaient évidemment pas il y a 20 ans.
07:10Des conciliations, des mandats ad hoc, on ne va pas rentrer là-dedans.
07:12Mais en tout cas, des outils qui permettent aujourd'hui,
07:14où ce n'est pas forcément vu comme un outil d'échec,
07:18mais appréhendé par les dirigeants comme un outil qui peut être...
07:22De stratégie aussi, dans un moment compliqué.
07:24De stratégie, de retournement.
07:25Il y a des dossiers, on ne peut rien faire, c'est trop dégradé.
07:28Et là, on accompagne.
07:28C'est comme un malade qu'on va accompagner parce qu'on ne peut pas faire différemment.
07:31Mais aujourd'hui, Bradry, oui, c'est parce qu'on vient de...
07:35Il y a eu pas mal de presse, c'était un super dossier.
07:37Ça, c'est un peu un dossier rêvé.
07:38Les fondateurs, ils sont merveilleux, ils sont jeunes.
07:41Très jeunes.
07:41Ils sont super jeunes, ils sont bourrés de talent.
07:43Ils ont fait une pépite.
07:47Leur associé a eu quelques difficultés.
07:49C'est une société cotée qui devait se restructurer.
07:53Assez rapidement, d'ailleurs, après son entrée au capital.
07:56Oui, absolument.
07:57Donc, ça arrive.
07:59Et bon, du coup, il a fallu évidemment anticiper de changer un peu de braquet,
08:03d'arriver un peu à retourner la table, faire différemment.
08:05Et c'est vrai qu'une société dont ils avaient un petit peu tourné la page,
08:10passé à autre chose, c'était leur bébé, mais ils l'avaient lâché.
08:13Ils se sont réinvestis, ils ont repris leur indépendance,
08:17ils ont repris leur boîte, ils sont super jeunes,
08:19ils sont bourrés de talent, c'est une fantastique promesse d'avenir.
08:22Et c'est un dossier qui se termine super bien,
08:24qui a permis le retournement de l'actionnaire concerné,
08:28et qui leur permet à eux de reprendre les rênes d'une société
08:31qui, pour le coup, se porte super bien en retail.
08:33Oui, donc parfois, les histoires se terminent bien.
08:35Oui, bien sûr.
08:37Et on en est contents.
08:38Vous avez à côté de vous votre robe.
08:41Oui.
08:42Est-ce que c'est la première ?
08:43Oui.
08:44Oui, c'est la première ?
08:45On ne dirait pas, j'ai un peu triché, je la refais faire de temps en temps quand même.
08:49Qu'est-ce qu'elle représente pour vous, votre robe ?
08:53Bon, on doit vous dire un peu toujours la même chose,
08:55c'est important pour les avocats, parce que déjà, ça représente aussi,
09:00c'est l'appartenance à la justice, mais aussi nos confrères.
09:06Moi, je suis très attachée à mes confrères.
09:09Mais vous ne vous imaginez pas sans robe ?
09:14Non.
09:14On pourrait l'imaginer, une évolution de la profession ou un moment donné ?
09:17Elle est importante pour l'égalité, elle est importante pour les clients aussi.
09:21Elle est importante, nous, pour affronter les tempêtes.
09:23Le restructuring est une matière...
09:26À tempête.
09:26... qui n'est pas forcément toujours très douce.
09:29Non, non, évidemment, très attachée.
09:31Hélène Bourboulou a déclaré dans une interview qu'elle avait donnée aux Échos
09:35que quand on est une femme, on est moins suspecté d'être dans les sphères d'influence
09:41et du coup, plus intègre.
09:44Hélène Bourboulou, qui est une très, très grande administratrice judiciaire,
09:49ça vous fait penser à quoi ? Quelle est votre réaction ?
09:52Pour la quête, j'ai beaucoup d'amitié.
09:54Elle avait dit également, dans cette même interview, je pense,
09:57qu'elle utilisait 50% de sa part féminine et 50% de sa part masculine.
10:03Non, je ne sais pas s'il y a la raison.
10:05Peut-être que c'est le cas.
10:08En tout cas, cette deuxième citation, d'utiliser un peu les deux,
10:10c'est vrai dans notre métier.
10:12Pour ce qui est de l'intégrité, vous faites écho à nos tribunaux...
10:15... aux tribunaux...
10:16... aux tribunaux...
10:16Oui, voilà, aux tribunaux de commerce.
10:18Parce que, pour sortir des clichés, c'est un peu ce qu'on essaye de faire dans cette émission,
10:23mais c'est vrai que les tribunaux de commerce,
10:25alors peut-être un peu moins aujourd'hui,
10:26mais il y a eu longtemps, et il y a, je pense encore,
10:30une sorte de suspicion autour des fonctionnements de tribunaux de commerce,
10:34qui est une juridiction spécialisée, consulaire, un peu différente,
10:38avec des magistrats qui ne sont pas les magistrats professionnels
10:41qu'on peut voir devant le tribunal judiciaire.
10:44Voilà, et donc, c'était un peu la question que je vais vous poser.
10:47Quelle est votre vision, vous, des tribunaux,
10:49qu'a priori vous fréquentez au quotidien en tant qu'avocat ?
10:53Je pense qu'il y a une part de fantasme, beaucoup.
10:56Il y a une part de fantasme parce que des décisions de justice
11:00qui semblent parfois injustes,
11:02ça reste effectivement un monde des affaires.
11:05Les tribunaux concernés, ce sont des juges non professionnels,
11:08donc le fait que ce soit des juges non professionnels,
11:10ça appelle une part de fantasme parce qu'ils font partie de la vie civile.
11:15Et de la vie économique ?
11:16Et de la vie économique, mais non à Paris en plus,
11:20pour parler du TAE de Paris, qui est mon tribunal,
11:23c'est fantastique parce que nos juges sont super bien formés
11:27et donc cet écueil parfois un peu d'avoir des juges
11:31qui relèvent de la vie civique, qui sont non professionnels
11:33et attachés à la vie économique, etc.
11:35Déjà, je ne suis pas certaine qu'en région ce soit le cas,
11:38pas plus, mais au TAE, à Paris,
11:40nos juges sont merveilleusement bien formés
11:44et non, je pense que ça relève plus du fantasme qu'autre chose.
11:49Ça a pu être le cas, il y a quelques années peut-être,
11:50il y a eu deux ou trois affaires il y a un 30 ans, très bien.
11:53Vous pensez que c'est dû à la...
11:55Il y a eu quand même une professionnalisation,
11:57notamment de ce secteur-là ?
11:59Oui, bien sûr.
11:59Vous l'avez constaté ?
12:00Tout à fait.
12:02Je ne sors pas des clichés,
12:03mais c'est aussi une question que je voulais vous poser.
12:08Parfois, les avocats en procédure collective
12:10sont un peu perçus comme étant un peu plus...
12:13La formule est un peu particulière,
12:15mais un peu plus cow-boy.
12:16En tout cas, il y a quelque chose de plus dur,
12:20peut-être, dans cette profession
12:23que dans le contentieux commercial classique.
12:25Comment vous voyez les choses ?
12:27Je pense qu'on n'est peut-être pas cow-boy,
12:30mais peut-être plus audacieux.
12:33Mais parce qu'on n'a pas trop le choix.
12:35C'est une pratique qui est dure,
12:36mais qui est dure parce qu'on est un peu
12:39les urgences d'un hôpital.
12:42Donc, il n'y a pas une situation...
12:44Nos intervenants ne sont pas dans une situation
12:46qui appelle beaucoup de sérénité.
12:47Ils arrivent, ils sont en général
12:49en situation de stress qui est intense.
12:52Dans l'urgence, évidemment.
12:53On a des calendriers judiciaires qui sont très contraints.
12:57Voilà.
12:57En général, ce ne sont pas tous les dossiers,
13:00encore une fois, mais il y a des dossiers,
13:01ça pisse le sang.
13:01Donc, il faut faire preuve,
13:04oui, un peu d'audace, de créativité.
13:06C'est une matière qui est très technique
13:07et les praticiens sont de super qualité.
13:09Donc, on arrive à faire des super trucs.
13:12Mais c'est vrai que par rapport
13:14à d'autres pratiques au long cours,
13:15des contentieux commerciaux au long cours,
13:17des pratiques qui sont beaucoup plus calmes
13:18aussi dans l'approche, etc.
13:20Nous, c'est moins le cas.
13:22On monte un peu plus sur le ring.
13:24Et est-ce que ça fait partie de choses
13:26qui vous ont plu dans ce secteur-là ?
13:29Oui, bien sûr.
13:30Le côté rapide, intense, combat.
13:33Oui, et aussi l'auditoire.
13:37Le sous-jacent, en fait, on voit énormément d'industries
13:43avec des profils de dirigeants qui n'ont absolument rien à voir.
13:46On touche des modèles économiques qui n'ont rien à voir.
13:49Donc, c'est hyper stimulant intellectuellement.
13:52Et il y a aussi une prise en compte
13:54dans le droit des procédures collectives
13:56de l'intérêt sociétal, quand même.
13:59C'est-à-dire, en premier lieu,
14:01de la préservation de l'intérêt des salariés.
14:04On n'est pas non plus que dans un conflit
14:06entre deux personnes privées.
14:08Il y a aussi une dimension un peu plus globale.
14:12Avant tout, on est là pour sauver l'entreprise,
14:15on est là pour sauver les salariés,
14:17on est là pour le dirigeant aussi,
14:19qu'il est important de ne pas toujours crucifier
14:21comme étant le responsable de tous les maux.
14:25Tous les dossiers sont différents.
14:26Donc, il y a des structures qui arrivent,
14:29qui sont enquistées sur des problématiques d'endettement
14:31qui sont faites du long cours.
14:32D'autres qui arrivent avec des problématiques
14:33qui sont beaucoup plus court-termistes, etc.
14:35Donc, les dossiers ne se ressemblent pas.
14:36Mais évidemment, c'est un peu ce que je vous disais
14:39d'ailleurs au début de l'interview,
14:41il y a des sociétés, c'est trop dégradé,
14:42on va chercher à accompagner le mieux possible.
14:44Il y en a d'autres, au contraire.
14:46Il y a la capacité de retourner la table,
14:47de retourner la situation
14:48et de préserver la structure, l'intérêt social,
14:51les partenaires, les salariés, évidemment.
14:54Donc, il y a des choses à faire.
14:56Est-ce qu'il y a dans votre pratique
14:57quelque chose qui vous tient particulièrement à cœur ?
15:01Dans ma pratique ?
15:02Oui.
15:03L'accompagnement des dirigeants.
15:05C'est-à-dire ?
15:07On en parle beaucoup maintenant.
15:08Donc, ça, c'est une très bonne chose.
15:09Les dirigeants se sont très isolés.
15:11Pas tous.
15:11On ne va pas faire des généralités.
15:13Mais pour partie, quand ça tangue,
15:16c'est très dur pour un dirigeant.
15:18Quand bien même il a pris la bonne décision,
15:20quand bien même il a anticipé,
15:21quand bien même il se responsabilise
15:22et il fait face à la situation.
15:25Il y a un accompagnement.
15:27On n'est pas psychologue, on fait du droit.
15:30Mais la réalité, c'est qu'il faut être très présent
15:33auprès des dirigeants parce que c'est des moments
15:35qui sont très compliqués pour eux.
15:38Et ça, moi, j'y tiens beaucoup.
15:39Et je suis très attaché à, évidemment,
15:40l'accompagnement de l'entreprise,
15:41évidemment, l'accompagnement des intérêts
15:42qu'on vient à la fois économiques,
15:44des partenaires aussi,
15:45parce qu'il y a des effets systémiques.
15:46Quand vous avez une société qui ne va pas bien,
15:48elle ne vit pas seule, cette société.
15:49Donc, indépendamment des salariés,
15:50évidemment, les enjeux sociaux sont importants,
15:54évidemment.
15:54Mais les effets systémiques,
15:55selon les boîtes de grande taille,
15:57peuvent être aussi importants
15:58sur des petites entreprises
16:00qui peuvent être en situation
16:01de dépendance économique, etc.
16:03rentrer sur ça, bien sûr,
16:04mais le dirigeant.
16:06Moi, je suis très attaché
16:06à l'accompagnement du dirigeant.
16:09Autre question, plus sur la justice,
16:12peut-être au sens général,
16:13mais est-ce que vous êtes attaché
16:14à une norme, un texte ?
16:18Est-ce qu'il y a quelque chose
16:19qui vous tient à cœur,
16:22qui est importante ?
16:23Mon livre 6 ?
16:24Votre livre 6.
16:26Le livre 6 du Code de commerce,
16:28qui est donc la partie spécialisée,
16:31spécifique à la procédure collective.
16:33On a parlé d'entreprise en difficulté,
16:36mais ces derniers temps,
16:37il y a aussi des cabinets d'avocats
16:38qui ont été dans des situations
16:41particulièrement difficiles,
16:42parce que parfois aussi,
16:43le cabinet d'avocats est une entreprise.
16:45Je parle bien entendu,
16:46notamment du cabinet DS,
16:48qui a malheureusement dû fermer récemment.
16:52Je crois que vous êtes intervenu
16:54sur ce dossier.
16:56Est-ce que pour vous,
16:57c'est le signe d'un problème
17:00dans la profession ?
17:01Ou est-ce que dans ce dossier,
17:03il y a eu des difficultés un peu spécifiques
17:04qui ont fait que les choses
17:06ont dû se passer comme ça ?
17:07Je suis évidemment soumis
17:08un secret professionnel sur ce dossier,
17:11oui, pour y être partie intervenante.
17:15Non, la seule chose qu'on peut dire,
17:17c'est le constat que certains cabinets d'avocats,
17:20évidemment pas les cabinets
17:21qui sont de plus petites structures,
17:22mais certains cabinets d'avocats d'affaires
17:25sont des entreprises à part entière,
17:28sont constitués des mêmes,
17:29des mêmes, entre guillemets,
17:31difficultés, le cas échéant,
17:32confrontés, pardon,
17:33aux mêmes difficultés
17:34le cas échéant qu'une société
17:36et en fait ne sont pas protégés
17:37parce que c'est une société d'avocats.
17:39D'ailleurs, vous avez des cabinets d'avocats
17:39qui ont des CE,
17:41qui ont plus de 50 salariés,
17:42qui sont de véritables entreprises
17:44et c'est un métier à part entière.
17:45Déjà, le métier d'associé versus collaborateur
17:48est encore un autre métier
17:49parce qu'au-delà des dossiers
17:51de l'accompagnement des clients,
17:53on prend une dimension manageriale
17:55avec son équipe.
17:57Moi, j'ai cinq collaboratrices,
17:59je n'ai pas fait exprès,
18:00j'ai des filles,
18:00mais elles sont fabuleuses,
18:02c'est comme ça.
18:03Et donc, il y a cette dimension finalement
18:04de mini-entreprise
18:06au sein même déjà
18:07d'un cabinet en tant que tel.
18:09On est chacun des petites BU.
18:11Donc ensuite, il y a le management
18:13évidemment du cabinet en tant que tel.
18:16et en fait, ça se pilote
18:18comme une société,
18:19donc avec les mêmes contraintes de trésor,
18:20les mêmes difficultés,
18:21le cas échéant,
18:22quand on prend des décisions financières
18:25et des arbitrages.
18:27Oui, finalement,
18:28c'est une société assez...
18:29Enfin, c'est une situation
18:30qui arrive,
18:31mais qui n'est pour vous
18:32pas annonciatrice
18:33de difficultés particulières
18:34dans la profession.
18:35Non, non, non.
18:36En revanche, évidemment,
18:37ça a secoué la profession,
18:38ça a attristé
18:39beaucoup de confrères
18:40parce que c'est évidemment
18:41hyper difficile
18:42pour pas mal de confrères
18:43qui ont été dans ce cabinet
18:46touchés par une fermeture
18:47un peu précipitée.
18:48Des collaborateurs
18:49qui l'ont perdu
18:50et des salariés
18:50qui ont perdu leur emploi.
18:52Donc la profession
18:52a été évidemment affectée,
18:54ça a secoué
18:55parce que c'est pas neutre,
18:56c'est un cabinet
18:57qui était d'une antériorité
19:00de 30 ans
19:02avec pignons sur rue
19:04et puis surtout
19:04un nombre d'avocats
19:05assez important.
19:07Donc oui,
19:08ça a secoué,
19:09mais c'est pas annonciateur,
19:10c'est simplement
19:11la conclusion
19:11que nous sommes
19:12sur ces structures-là
19:13des entreprises
19:14comme les autres.
19:16Est-ce que vous,
19:17en tant que dirigeant
19:18de l'entreprise,
19:18puisque vous l'êtes
19:19aussi à votre échelle,
19:21si vous aviez
19:22un conseil à donner
19:23sur la gestion
19:24d'un cabinet,
19:26ce serait quoi ?
19:28J'en donnerai pas qu'un déjà
19:30parce que je pense
19:31qu'il y en a plusieurs.
19:31Bien sûr.
19:34C'est l'humilité,
19:35mais c'est l'humilité
19:37de toute façon
19:38nous dont on a besoin
19:39aussi particulièrement
19:41en procédure collective
19:41et je pense
19:42dans la gestion
19:42d'une structure,
19:43c'est l'humilité,
19:44la capacité de se remettre
19:44en question,
19:45la capacité d'accepter
19:46de se tromper
19:47et la capacité
19:48de revenir sur des décisions
19:49qui peuvent être
19:49bonnes ou mauvaises
19:50dont tout le monde
19:50a le droit de se tromper.
19:51C'est un peu ce que je disais
19:53en parlant des dirigeants.
19:54On n'a plus cette notion
19:57de crucifier le dirigeant
19:58comme étant,
19:58c'est pas forcément un bandit
19:59parce qu'il dépose le bilan.
20:00C'est sorti du moment
20:02où les dirigeants
20:02allaient en prison
20:03évidemment il y a très longtemps.
20:05Aujourd'hui,
20:05on a le droit
20:06de faire des erreurs
20:07de gestion,
20:08il vaut mieux les éviter.
20:10Je pense qu'il faut
20:11faire preuve d'humilité
20:15et savoir...
20:16Garder le cap
20:16et prendre des décisions.
20:18Et revenir parfois
20:18sur ce qu'on a estimé
20:20être une bonne idée.
20:23Vous l'avez dit,
20:25vous êtes aussi manager.
20:27est-ce que vous vous dites
20:28à votre avis,
20:30c'est quoi votre type
20:30de management ?
20:33De quoi comme type
20:34de manageuse ?
20:35Moi, je suis attaché
20:36à la préservation
20:37d'un équilibre
20:39vie pro-vie perso.
20:41Vous avez connu,
20:42vous, plus jeune
20:43en tant que collaboratrice.
20:44Je vous pose la question
20:45parce que c'est vrai
20:46que c'est des enjeux
20:47qui sont posés
20:47de cette manière-là
20:49depuis assez peu de temps
20:50finalement dans la profession.
20:51Moi, j'ai eu beaucoup de chance.
20:52Je n'ai jamais eu de...
20:53Vous n'avez jamais eu
20:54ces sujets-là ?
20:55Non.
20:55Moi, j'ai eu des associés
20:56absolument exceptionnels
20:58qui m'ont laissé m'épanouir
20:59dans mon métier
20:59tout en préservant
21:01un équilibre à côté.
21:02Moi, j'ai eu
21:03énormément de chance là-dessus.
21:05Donc, fantastique.
21:06Et donc ça,
21:07j'essaie de le reproduire
21:09parce que je pense
21:10que c'est important
21:12qu'il y ait cet équilibre
21:13surtout pour des femmes
21:14parce que moi,
21:14encore une fois,
21:15je n'ai...
21:17Vous avez une équipe
21:18de femmes.
21:18Et après,
21:19j'essaie de les porter
21:19surtout avec moi
21:22quand on est sur les dossiers,
21:24de les aider à grandir
21:25le mieux possible,
21:26de les aider à s'épanouir
21:28parce qu'elles sont
21:29toutes les cinq,
21:30je pense,
21:31faites pour être
21:32de grandes avocates.
21:33Et donc,
21:34voilà,
21:34on essaie
21:34de les faire grandir
21:38vers des beaux dossiers
21:40ensemble
21:41et le tout
21:42dans un équilibre
21:43vie pro-vie perso
21:44auquel je suis très attachée
21:45pour elles.
21:47Les procédures collectives,
21:48c'est un domaine
21:48qui marche
21:49en ce moment.
21:51C'est aussi
21:51un domaine cyclique.
21:53Est-ce que c'est un domaine
21:53que vous conseillez
21:54à des jeunes avocats
21:55aujourd'hui ?
21:56Oui, bien sûr.
21:57Moi,
21:57je suis super épanoui.
21:58Après,
21:59je pense que de toute façon,
22:00les jeunes aujourd'hui...
22:02tout avocat,
22:03quand on est jeune avocat,
22:04il faut écouter son envie.
22:06Je vous disais,
22:06moi,
22:06j'ai commencé en M&A.
22:08Bon,
22:08voilà,
22:08en ayant fait
22:10des procédures collectives
22:11dans le cadre de,
22:12finalement,
22:13ma formation universitaire.
22:14Mais il faut écouter
22:16ses envies,
22:16savoir en changer,
22:18savoir se tromper
22:19et puis faire autre chose.
22:22Vous avez eu
22:23deux moments
22:24de carrière,
22:26en tout cas,
22:26vous avez eu
22:27deux moments passion.
22:28Vous avez commencé
22:28par la danse.
22:30Là,
22:30aujourd'hui,
22:31vous êtes avocate
22:33associée
22:34en droit
22:35des entreprises
22:35en difficulté.
22:36Est-ce que vous avez pensé
22:37à une troisième voie ?
22:40J'ai le temps,
22:41je crois qu'en jeune.
22:41Ah bah oui,
22:42bien sûr.
22:43Non,
22:44mais ce n'est pas quelque chose
22:44que vous avez particulièrement
22:47projeté pour l'instant.
22:49On disait,
22:49il y a beaucoup
22:50de procédures collectives
22:52en ce moment.
22:54Quelle tendance
22:55vous avez observée
22:56sur le secteur ?
22:57Il y a beaucoup,
22:59malheureusement,
23:00des faillances
23:00d'entreprises.
23:01On a vu les chiffres,
23:03ça fait plus de 18 mois
23:05et je ne suis pas certaine
23:06que ça s'arrête.
23:07Mais vous ne voyez pas
23:08les choses se calmer
23:09rapidement ?
23:09Non,
23:10on a des dossiers
23:10qui sont plus dégradés.
23:12On a eu d'abord
23:12une reprise du judiciaire
23:13parce qu'il y avait
23:14une grande accalmie
23:15post-Covid du judiciaire
23:16avec beaucoup plus
23:17de dossiers d'amiables
23:18et des PGE
23:19qui avaient joué
23:20leur rôle de perfusion.
23:23Et à la fin des PGE,
23:25on a eu une vague
23:26du judiciaire
23:27qui a repris.
23:28Le judiciaire
23:28est quand même
23:29encore hyper présent.
23:32L'amiable s'est développée
23:34et ne va pas s'arrêter demain.
23:36Ce qui est une bonne chose.
23:37Ce qui est une très bonne chose
23:38parce que ça marche
23:39de mieux en mieux.
23:40Il y a des réglages
23:41qui sont faits.
23:42Il y a un groupe
23:43de simplification
23:45qui a été désigné
23:46par la chancellerie
23:46avec des super professionnels
23:48talentueux
23:49dont on espère beaucoup
23:50et pas une simple
23:52renumérotation.
23:52On verra ce qu'il en sort.
23:54Est-ce qu'il y a des secteurs
23:55plus ou moins touchés ?
23:56On parlait du retail
23:57tout à l'heure.
23:58Il y a les industries,
23:59bien sûr.
24:00Vous avez vu l'automobile.
24:01L'automobile,
24:04les secteurs,
24:05le retail évidemment.
24:07Tout ce qui est secteur,
24:08l'industrie.
24:09C'est un secteur
24:10en très grande difficulté.
24:12Et la problématique
24:13que l'on a,
24:14enfin le constat un peu,
24:16c'est que
24:16les dossiers judiciaires
24:18arrivent beaucoup plus dégradés.
24:21Et les dossiers en amiable
24:22parfois ne sont plus de l'amiable
24:23et on bascule assez vite
24:25en judiciaire aussi
24:25parce qu'en fait
24:26ils sont trop dégradés.
24:26Donc je dirais
24:27une dégradation des dossiers
24:28par rapport à ce qui nous
24:30on parlait un peu
24:31du temps court
24:32dans lequel on intervient.
24:33Les contraintes,
24:34on a des contraintes
24:34du calendrier judiciaire
24:36mais on a aussi
24:37des contraintes
24:38de calendrier de trésorerie
24:40parce que
24:40sans rentrer dans le technique,
24:42l'adressement judiciaire
24:43nécessite ce qu'on appelle
24:44un financement
24:45de la période d'observation.
24:46Ce n'est pas toujours possible
24:47si c'est trop dégradé.
24:50La conciliation
24:51nécessite
24:51de ne pas être
24:52depuis plus de 45 jours
24:53à être à cessation
24:54des paiements
24:54donc parfois
24:55on n'y a plus accès non plus.
24:57Donc c'est le temps court
24:58de la trésorerie.
24:59Le temps court...
25:00Le tribunal de commerce
25:03a fait depuis très longtemps
25:04de son cheval de baltaille
25:05de faire comprendre
25:06aux entreprises
25:07que l'amiable
25:08était indispensable
25:09justement pour ne pas
25:09arriver dans des situations...
25:11L'anticipation.
25:11L'anticipation.
25:13Je comprends
25:13que ça se développe.
25:14Ça n'a pas suffi
25:15parce que le contexte économique
25:16est beaucoup plus dur ?
25:17Exactement.
25:18Parce que c'est ça...
25:20Vous avez raison.
25:20Les outils d'anticipation
25:21maintenant il y a eu
25:22quand même beaucoup
25:23de lobbying de la part
25:24et c'est très très bien
25:25d'ailleurs.
25:25Il y a des associations
25:26on a vu sur le rebond
25:29sur la protection du dirigeant
25:30maintenant c'est des choses
25:32dont on parle beaucoup
25:33et il y a quand même
25:34énormément d'alertes
25:35qui sont données
25:36de signaux dirigeants
25:37pour anticiper etc.
25:39Et ça je pense
25:39que c'est assez assimilé.
25:41Je pense que c'est le cas
25:42en pratique.
25:43mais la réalité économique
25:44à un moment donné
25:45fait qu'on a beau anticiper
25:47il y a quelques murs
25:49qui arrivent bien trop vite.
25:52Oui et donc
25:52là ce n'est pas un problème
25:54de connaissance
25:56ce n'est pas un problème
25:57de gestion
25:58ou de mauvaise gestion
25:59pas tant que ça ?
25:59Non il y a des chutes
26:00de secteur économique
26:02on est en train
26:03de les évoquer
26:03l'automobile
26:04est un secteur
26:04qui est excessivement touché
26:06et je ne suis pas certaine
26:07qu'il n'y ait que des sujets
26:08d'anticipation
26:08des dirigeants
26:10sur ces sujets là.
26:11C'est un secteur
26:11l'automobile qui est touché
26:12le retail pareil
26:13pareil pour des
26:14c'est pas conjoncturel
26:16c'est pas contextuel
26:17c'est intrasèque
26:19à ces secteurs d'activité
26:21qui ont eu
26:22des mouvances
26:23qu'ils n'ont pas
26:24qui n'ont pas su
26:25de toute façon combattre.
26:27On va terminer
26:28cet entretien
26:29avec des petites questions
26:30courtes réponses courtes.
26:31Ok.
26:32Je vous le dis
26:33parce que pour un avocat
26:34ce n'est pas toujours
26:36naturel.
26:38Julie Cittadini
26:39poursuivre ou s'arrêter
26:41poursuivre.
26:43Si vous deviez donner
26:45un conseil
26:45pour rebondir
26:46dans la vie
26:47dans la profession
26:48comme vous voulez
26:50l'action
26:52l'action
26:53avec ou sans IA
26:56sans mais pas de difficulté
26:58à avancer avec
27:00on n'aura pas le choix
27:01et ce n'est pas une mauvaise chose
27:02Vous le faites déjà un peu ?
27:03Nous on a un outil
27:04interne
27:05les cabinets
27:05s'en seront dotés
27:06donc il y en a un
27:08évidemment.
27:08Vous êtes plutôt côté créanciers
27:10ou côté débiteurs ?
27:11Débiteurs.
27:12Est-ce que vous avez
27:13un message à passer
27:14à un confrère
27:15ou une consoeur
27:16un professionnel
27:17qui a peut-être
27:19marqué votre carrière
27:20ou à qui vous voulez
27:20passer un message ?
27:23Rester sympa
27:23parce que le métier
27:24est déjà compliqué
27:25c'est tellement mieux
27:26d'avoir des confrères sympas.
27:28C'est un bon conseil.
27:29Et qu'est-ce que je peux
27:30vous souhaiter
27:31Julie Cittadini ?
27:34De continuer à m'éclater
27:35avec mon équipe
27:35et sur des beaux dossiers.
27:37C'est ce que je vous souhaite.
27:38Merci beaucoup.
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