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  • il y a 5 heures
Avec Véronique Riotton, députée de Haute-Savoie, présidente de la délégation des droits des femmes de l assemblée nationale

Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.

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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-04-05##
Transcription
00:00Retrouvez la force de l'engagement.
00:03Avec Agipi, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Reus.
00:15Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement,
00:18l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:22Aujourd'hui, je reçois Véronique Riotton, députée de Haute-Savoie,
00:26présidente de la délégation des droits des femmes de l'Assemblée nationale,
00:29avec elle, nous allons parler de sujets intimes, juridiques et politiques
00:32qui concernent la place des droits des femmes,
00:35avec une question fondamentale, le droit protège-t-il pleinement les femmes ?
00:39Mais avant de débuter cette conversation, comme chaque semaine, comme chaque dimanche,
00:44je vous propose un engagement et aujourd'hui, je vous propose de nous engager
00:47contre la disponibilité du corps des femmes.
00:50Le mariage n'a jamais été un simple engagement affectif.
00:54Il a longtemps été un cadre juridique, social et politique,
00:57structurant et profondément asymétrique.
01:00Lorsque le code civil est adopté en 1804, dans le siège du code napoléonien,
01:04il organise une vision du couple qui ne laisse aucune ambiguïté.
01:07L'homme est le chef de famille, la femme lui doit obéissance et le mariage
01:12institue une communauté de vie qui inclut deux faits, une disponibilité du corps féminin.
01:16Le consentement est requis pour entrer dans le mariage,
01:18mais une fois celui-ci conclu, il devient acquis pour tout le reste, y compris dans l'intimité.
01:23Là s'installe un rapport de pouvoir où le corps des femmes n'est plus pensé comme un espace autonome,
01:28mais intégré dans un ordre familial, social, moral.
01:31Le mariage devient un cadre qui structure les droits et les devoirs,
01:35parmi eux, celui qu'on appellera le devoir conjugal.
01:38Un devoir qui ne figure pas explicitement dans le code civil,
01:41mais qui s'est construit dans la pratique, dans la jurisprudence, dans l'interprétation du droit.
01:46Pendant des décennies, le refus de relations sexuelles pouvait être tenu comme une faute
01:50dans le cadre d'un divorce, non pas parce que la loi imposait directement cette obligation,
01:54mais parce qu'elle ne reconnaissait pas clairement la liberté de s'y soustraire.
01:58Le droit fonctionne parfois ainsi, non parce qu'il dit, mais parce qu'il laisse possible.
02:04Alors ce modèle va progressivement être mis en cause à partir de la seconde moitié du XXe siècle.
02:09Les grandes réformes du droit de la famille, fin de la capacité juridique des femmes,
02:13égalité dans le couple, reconnaissance du viol conjugal en 1990,
02:16vont fissurer cet édifice. Mais ces réformes suffisent-elles à effacer totalement les traces du système ?
02:23En fait, le 23 janvier 2025, une décision de la Cour européenne des droits de l'homme
02:27vient percuter une incohérence du droit français.
02:30La France est condamnée, en cause, une jurisprudence qui, au nom du devoir de communauté de vie,
02:35pouvait considérer le refus de relations sexuelles comme une faute dans le cadre d'un divorce.
02:40La Cour tranche, contrainte, même dans le mariage,
02:43est incompatible avec la dignité humaine et le droit au respect de la vie privée.
02:47Cette décision agit comme un déclencheur.
02:49Elle met fin à une zone grise que le droit français n'avait jamais totalement assumée.
02:53Et dans son prolongement, une proposition de loi est déposée.
02:56Elle vient inscrire noir sur blanc ce que le droit ne disait pas clairement.
02:59Le mariage n'implique aucune obligation sexuelle.
03:02L'article 212 du Code civil est complété.
03:05Chaque époux respecte le consentement de l'autre.
03:07L'article 215 est clarifié.
03:09La communauté de vie n'implique aucune obligation d'avoir des relations sexuelles.
03:13Et surtout, surtout, le refus de relations sexuelles ne peut plus, en aucun cas,
03:18fonder un divorce pour faute.
03:20C'est une rupture nette, une mise en cohérence entre le droit civil et le droit pénal,
03:25une lie enfin posée.
03:26Oui, juridiquement, c'est terminé.
03:29Le mariage ne donne aucun droit sur le corps.
03:31Le consentement est la règle, sans exception.
03:33Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Réus.
03:37Aujourd'hui dans la force de l'engagement, je donne la parole à Véronique Riotton,
03:40députée de Haute-Savoie, présidente de la délégation des droits des femmes de l'Assemblée nationale.
03:45Bonjour Véronique.
03:45Bonjour Muriel.
03:47Je suis très heureuse de vous recevoir aujourd'hui.
03:48C'est partagé.
03:50Nous allons aborder deux sujets majeurs sur lesquels vous avez été moteur.
03:54Et notamment la fin du devoir conjugal voté le 28 janvier dernier.
03:57Alors pendant longtemps, en France, le mariage a été interprété,
04:01parfois explicitement, parfois de manière plus insidieuse,
04:04comme impliquant une forme de disponibilité sexuelle.
04:08Il y a eu une décision de la Cour du droit européenne des droits de l'homme
04:15qui est venue remettre en cause cette logique
04:17en affirmant très clairement que le consentement ne disparaît pas, y compris dans le couple.
04:21Est-ce que cette décision a agi comme un laitre au choc dans votre travail parlementaire
04:27au point de vouloir entamer une proposition de loi ?
04:30Imaginez, vous êtes victime de violences conjugales,
04:33vous trouvez la force d'aller déposer une main courante
04:37et vous pensez que la justice, elle va vous protéger.
04:40Eh bien non.
04:41Cette main courante, la justice va l'utiliser pour démontrer que vous refusez des rapports sexuels
04:48et donc la justice va prononcer le divorce à vos torts exclusifs.
04:53Donc non, ça n'est pas acceptable.
04:55En fait, ce n'est pas une fiction, vous l'avez dit, c'est l'histoire de Madame W
05:00et ça a valu à la France d'être condamnée par la Cour européenne des droits de l'homme
05:05il y a quelques mois, vous l'avez dit.
05:06En fait, vous subissez des violences, vous dites non
05:09et c'est vous qu'on condamne puisqu'on va vous punir financièrement,
05:14on vous humilie publiquement
05:15et parce que vous n'avez pas rempli vos obligations matrimoniales.
05:19Ça veut dire qu'en France, en 2026, dans notre République,
05:24des femmes, parce que oui, c'est principalement des femmes, une immense majorité,
05:28elles peuvent être condamnées pour avoir dit non.
05:31Alors ça veut dire qu'on reconnaît le viol conjugal d'un côté
05:35mais qu'on sanctionne finalement le refus sexuel de l'autre.
05:38Et on est en train de dire à nos filles,
05:40ton corps t'appartient, sauf quand tu es marié.
05:44Donc non, ça n'est pas acceptable.
05:45Et c'est très profondément inscrit dans nos acceptations
05:51parce que l'année dernière, il y a eu un sondage IFOP-L
05:54et donc un Français sur quatre a déclaré que le viol conjugal n'existait pas.
05:58C'est quand même spectaculaire comme prise de position.
06:01On voit à travers ça la puissance de la fonction expressive de la loi.
06:05Il faut que la loi dise clairement ce qu'elle entend.
06:09Donc non, il n'y a à la fois le corps nous appartient
06:12et le corps nous appartient y compris dans un cas d'union.
06:16C'est dit.
06:17Et je le partage évidemment.
06:18À partir de ce moment-là, vous allez décider d'agir
06:21avec les députés Marie-Charlotte Garin et Paul Christophe.
06:24Donc il va y avoir une PPL.
06:26Alors pour nos auditeurs, j'aimerais que vous me disiez comment ça se fait,
06:29comment ça se construit une PPL.
06:30Quel a été votre rôle personnel et surtout, qu'est-ce que ça change ?
06:34Alors, une PPL, c'est donc une proposition de loi.
06:37En tant que législateur, nous avons deux façons de légiférer.
06:40Soit un projet de loi qui vient du gouvernement,
06:42soit une proposition de loi.
06:44Et ça vient généralement de l'initiative d'un ou plusieurs députés
06:48qui partent d'un constat et qui veut changer les choses.
06:50Après, on a plusieurs façons d'outiller,
06:52mais on va écrire une proposition de loi
06:55pour pouvoir changer concrètement.
06:58Donc ici, c'est une proposition de loi qui est portée par Paul Christophe
07:02et Marie-Charlotte Garin.
07:04Moi-même, en tant que présidente de la délégation droits des femmes,
07:08j'ai été chef de file pour mon groupe parlementaire,
07:11Ensemble pour la République.
07:12Et donc, j'ai porté le sujet à la fois en commission et en séance publique.
07:16Qu'est-ce qu'on fait concrètement avec cette loi ?
07:19En fait, on fait deux choses.
07:20La première, vous l'avez dit, on ajoute dans l'article 215 du Code civil,
07:26vous savez, c'est cet article qu'on lit à chaque mariage.
07:30Et donc, on aura des milliers de couples qui vont entendre cette phrase.
07:34Cette communauté de vie ne crée aucune obligation pour les époux
07:38d'avoir des relations sexuelles.
07:40Dans chaque mairie de France, devant les familles, devant les enfants,
07:44on affirmera de façon très solennelle
07:46que le consentement, c'est un devoir, ce n'est pas une option.
07:49Ensuite, on fait une deuxième chose.
07:51Dans le cas de divorce, on interdit explicitement
07:55qu'un divorce pour faute puisse être prononcé
07:59sur le fondement d'un refus sexuel.
08:01En réalité, on est en train de dire que le cas dont on parlait,
08:04plus jamais une madame W ne devra payer le prix de s'être protégée.
08:09Cette phrase, dans toutes les mairies de France, c'est une révolution.
08:12Absolument.
08:12Et puis, moi, je suis intimement convaincue
08:16de la force expressive de la loi.
08:18Et je crois que j'aurai l'occasion de célébrer un mariage d'ici cet été.
08:25J'aurai plaisir à dire cette phrase.
08:27Voilà.
08:28Ok.
08:29Alors, ce texte qui vise à faire disparaître,
08:31comme vous venez le dire, du droit tout en B.U.I.T.,
08:33a été voté à l'unanimité.
08:35Ça, c'est important de le dire parce que ça montre
08:37qu'il y avait une attente forte pour clarifier ce point dans notre droit.
08:40Dans le même temps, vous avez été engagée sur un autre chantier essentiel,
08:43celui de la clarification de la notion de consentement dans la définition pénale,
08:47des infractions sexuelles,
08:49aux côtés des critères de contraintes, de menaces, de violences et de surprises.
08:53Comment vous qualifiez ces deux avancées très structurantes pour les femmes ?
08:58Je réponds d'abord à la première question.
09:00Vous l'avez dit, la loi a été votée à l'unanimité à l'Assemblée nationale.
09:04Nous sommes dimanche aujourd'hui.
09:06Mercredi dernier matin a été étudiée en commission des lois au Sénat
09:11cette même proposition de loi.
09:13Donc, maintenant, on sera très attentif à la façon dont elle sera débattue
09:20en séance publique au Sénat le 9 avril.
09:23Donc, ça, c'est pour la partie de la vie, de la navette parlementaire
09:28telle qu'on la nomme pour cette proposition de loi.
09:30Sur la partie du consentement, l'articulation entre les deux,
09:36en fait, ces deux textes, ils forment une architecture qui est tout à fait cohérente
09:41parce que dans la loi sur le consentement, qu'est-ce qu'on vient dire ?
09:44On vient dire que le consentement, il doit être éclairé, libre, spécifique, préalable et révocable.
09:51Et il ne peut pas être déduit du seul silence, c'est ce qu'on a dit.
09:55La loi sur le devoir conjugal, du point de vue civil,
09:58elle, elle vient garantir ce même principe dans le code civil.
10:04On passe finalement de la culture du viol à la culture du consentement.
10:09Alors, ces deux combats, sur le devoir conjugal et sur la place du consentement dans le droit pénal,
10:14s'inscrivent dans une même logique pour vous,
10:17celle de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.
10:20Pourtant, en France, encore aujourd'hui, toutes les 2 minutes 30,
10:23une femme est victime de viol ou de tentative de viol.
10:25Alors, est-ce que malgré les avancées législatives,
10:28nous sommes en échec collectif sur la lutte contre les violences sexuelles et sexistes ?
10:32On en parle juste après la pause.
10:34Retrouvez la force de l'engagement.
10:36Avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
10:41AJP !
10:43Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
10:49Donnez la parole à celles et ceux qui font bouger la société,
10:52c'est sur Sud Radio et c'est la force de l'engagement.
10:54Aujourd'hui, avec Véronique Réauton, députée d'Aude-Savoie,
10:57présidente de la délégation des droits des femmes de l'Assemblée nationale,
11:00nous nous engageons pour faire évoluer le droit et renforcer la protection des femmes
11:04face aux violences sexuelles et sexistes.
11:06Véronique, avant la pause, je vous demandais,
11:08ces deux combats que vous avez menés sur le devoir conjugal
11:11et sur la place du consentement dans le droit pénal
11:13s'inscrivent dans cette même logique,
11:15celle de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes.
11:18Or, on le sait bien, vous le savez,
11:20toutes les 2 minutes 30 en France,
11:21une femme est victime de viol ou de tentative de viol.
11:25Est-on, malgré les avancées législatives,
11:27en échec collectif contre les violences sexuelles et sexistes ?
11:30Les avancées législatives, elles sont réelles.
11:33On a parlé du consentement, on parle ici du devoir conjugal,
11:36mais elles ne suffisent pas.
11:38Vous le rappelez, vous dites toutes les 2 minutes,
11:39on a d'autres statistiques qui nous disent que
11:43277 000 femmes sont victimes de violences sexuelles et sexistes.
11:48On a 7% seulement qui portent plainte,
11:51donc on a besoin que ces progrès dans la loi
11:53se traduisent en résultats concrets.
11:56Donc, qu'est-ce qu'on fait ?
11:57On a besoin d'avoir des moyens pérennes pour nos associations,
12:01on a besoin d'avoir des dispositifs d'écoute qui soient sauvegardés,
12:05on a besoin de regarder certainement plus fortement
12:08le suivi des auteurs.
12:10En tout cas, c'est les sujets sur lesquels je vais m'atteler cette année.
12:15Alors, on va passer un peu à l'international.
12:17Les afghanes ont été totalement effacés de l'espace public
12:21et on a vu apparaître un nouveau terme,
12:24celui de l'apartheid de genre.
12:26Avec Yael Bonpivet, président de l'Assemblée Nationale,
12:29et Guillaume Gouffier-Valente,
12:31un député, homme très engagé sur ces sujets,
12:34député du Val-de-Marne et vice-président
12:35de la délégation des femmes à l'Assemblée Nationale,
12:37vous êtes en cours d'élaboration d'une tribune
12:40appelant à reconnaître ce terme d'apartheid de genre.
12:44Qu'est-ce que ça veut dire, concrètement,
12:46l'apartheid de genre pour nos auditeurs ?
12:48En Afghanistan, en fait, les femmes,
12:50elles ne subissent pas seulement des restrictions,
12:52elles ne peuvent pas étudier librement,
12:54elles ne peuvent pas se déplacer,
12:56elles ne peuvent pas accéder à l'espace public,
13:00elles ne peuvent pas accéder librement à l'espace public,
13:03elles ne peuvent pas se soigner librement,
13:06et donc elles deviennent des ombres dans leur propre pays.
13:10Et ça, ce n'est pas une discrimination,
13:12en fait, c'est une ségrégation qui est systématisée
13:15et qui est institutionnalisée.
13:17Donc, à travers l'apartheid de genre,
13:19qu'est-ce qu'on veut dire ?
13:20On veut dire qu'il y a un système qui organise,
13:23un système de domination qui n'est organisé par le pouvoir,
13:27et le problème, c'est que le droit international,
13:30il sait nommer l'apartheid racial,
13:32il sait nommer la discrimination,
13:35mais il reste encore silencieux
13:37quand un système d'oppression,
13:39il vise les femmes de façon systématique
13:42et juste en tant que femmes.
13:43Donc, du coup, c'est un combat
13:46qu'on ne nomme pas,
13:48et quand on ne nomme pas,
13:49on ne combat pas les choses.
13:51Et nommer l'apartheid de genre,
13:53c'est évidemment reconnaître la réalité de ce crime,
13:57écouter les femmes afghanes
13:59qui le dénoncent depuis des années
14:01et donner à la communauté internationale
14:03le cadre politique, juridique pour agir.
14:06Nous avons déjà déposé une proposition de résolution
14:10avec ma collègue Haïdi Adizadeh.
14:13Alors, vous étiez au début du mois à New York,
14:15j'y étais aussi d'ailleurs,
14:16avec la délégation française.
14:19Une très forte délégation française à la CSW,
14:23qui est un rendez-vous annuel majeur.
14:25Tous les États définissent les grandes orientations internationales
14:28en matière des droits des femmes.
14:30Bon, ça s'est bien passé,
14:32mais on a quand même eu des inquiétudes assez fortes.
14:35Alors, d'abord, quel message la France est-elle venue porter dans ce cadre ?
14:39Et vous, qu'est-ce que vous retenez personnellement
14:41comme avancée ou comme point de blocage ?
14:43La France, elle est venue porter une ligne claire.
14:47C'est que les droits des femmes ne sont jamais acquis.
14:49Je nous renverrai à la phrase bien connue
14:52que nous sommes appropriées de Simone de Beauvoir.
14:54Mais ça veut dire que ça vaut à la fois
14:57pour les droits sexuels reproductifs,
14:58ça vaut pour l'accès à l'IVG,
15:00ça vaut pour la lutte contre les violences,
15:02mais ça vaut aussi pour la reconnaissance
15:05du consentement.
15:06Et en fait, quand on a une présence de parlementaires,
15:09à la fois portée par notre présidente de l'Assemblée nationale,
15:13mais aussi par la ministre Aurore Berger,
15:15on vient soutenir l'action diplomatique,
15:18on vient porter une voix politique.
15:20En fait, ce que je retiens,
15:21c'est que le cadre multilatéral,
15:24il marche,
15:24les conclusions de la commission,
15:26elles ont été adoptées,
15:27et en même temps,
15:29on peut avoir une alerte forte.
15:30c'est la première fois,
15:32donc la CSW,
15:33c'est la condition pour le statut de la femme,
15:35de l'ONU,
15:36en 70 ans,
15:37c'est la première fois
15:38que les conclusions
15:39n'ont pas été adoptées par consensus,
15:41et en fait,
15:42elles ont été mises au vote,
15:43et les Etats-Unis ont voté contre.
15:46Donc, on voit bien
15:47qu'il y a un durcissement
15:48du rapport de force
15:49du point de vue international
15:50sur les droits des femmes,
15:51et la France vient ici
15:53porter un message fort
15:55de soutien pour les droits des femmes.
15:57Et de cohésion, d'ailleurs.
15:59Alors, c'est important cet endroit,
16:01enfin ce lieu,
16:02la CSW,
16:03parce que ça construit
16:04une partie du droit international,
16:06et même si des visions
16:07très différentes s'affrontent,
16:09c'est une façon de construire
16:10fondamentalement
16:11la place de la femme
16:12dans la société.
16:13Est-ce que vous pensez
16:14que la communauté internationale
16:16est à la hauteur de ces enjeux,
16:17et est-ce que ces forces d'opposition
16:19qui sont extrêmement structurées,
16:20aujourd'hui,
16:21on le sait,
16:22elles sont politiques,
16:23elles sont culturelles,
16:24elles sont religieuses,
16:25vous pensez qu'on arrive
16:25à peser suffisamment encore ?
16:27Les oppositions,
16:29elles sont organisées,
16:30vous avez raison,
16:31le phénomène s'amplifie,
16:33aujourd'hui,
16:34en marge de la CSW,
16:36on a des véritables organisations
16:38très fortes,
16:40mais la communauté internationale,
16:42elle reste mobilisée,
16:43on voit bien que le système tient,
16:47et en fait,
16:47on a encore des États,
16:49des organisations internationales,
16:51des parlementaires,
16:52qui tiennent une ligne qui est claire,
16:54et en fait,
16:55c'est ça qui permet ces avancées,
16:56et c'est ce qui permet de montrer
16:58que le système onusien,
16:59il est précieux et il tient.
17:01Et est-ce que vous êtes,
17:03vous avez le sentiment
17:04qu'on est à un moment de bascule,
17:06est-ce que vous avez le sentiment
17:07qu'on entre dans un rapport de force,
17:11ou que les droits des femmes
17:13vont être vraiment percutés ?
17:15Qu'est-ce que vous en pensez ?
17:16Quand on voit les positions américaines,
17:18quand on voit le président Trump
17:19annoncer ce qu'il annonce régulièrement
17:21sur les femmes,
17:22quand on voit l'influence qu'il a,
17:23d'ailleurs sur les mouvements masculinistes aujourd'hui,
17:26est-ce que ça doit nous inquiéter,
17:29la montée par exemple
17:29des mouvements masculinistes ?
17:31En fait, ça nous montre
17:33que le combat,
17:34il devient plus frontal,
17:35très clairement,
17:36il est plus durable,
17:38et puis ça nécessite
17:39une forte exigence.
17:41Donc je ne sais pas
17:42si je le nommerai
17:43comme quelque chose
17:43de bascule,
17:44comme une bascule,
17:46mais en tout cas,
17:47cette montée masculiniste,
17:48cette montée de ces États
17:50qui sont organisée
17:52nous amène fortement
17:58à développer en fait ce combat
17:59et à continuer
18:02notre organisation
18:03et qui fonctionne.
18:04On voit bien quand même
18:06que les droits,
18:06ils progressent,
18:07que les paroles,
18:08elles se libèrent,
18:09et puis moi j'ai envie de dire
18:10que ça permet à la fois
18:12de dire qu'il faut continuer
18:13cette avancée législative
18:15et en même temps
18:16donner les conditions
18:17et les moyens
18:17pour que ça devienne une réalité.
18:19Alors, continuer à s'engager,
18:21ne rien lâcher,
18:22c'est extrêmement important.
18:23Quels sont vos prochains combats ?
18:25Mes prochains combats ?
18:27À la fois,
18:27donc,
18:28l'apartheid de genre,
18:29très clairement à court terme,
18:30le 28 avril,
18:31à l'Assemblée nationale,
18:33sous l'égide de la présidente
18:34de notre Assemblée,
18:37nous faisons un travail
18:39à la fois de droit international
18:41pour démontrer
18:43que l'apartheid de genre
18:44est une réalité
18:45et que le droit international
18:46peut s'en saisir.
18:48je continue de développer
18:51la volonté du sport féminin
18:53parce que je crois
18:54que c'est un lieu d'émancipation
18:55et donc la place
18:56des filles et des femmes
18:58à travers leur place
19:01permet de garder
19:03une forme de place.
19:04Au sein de la délégation
19:06aux droits des femmes,
19:07cet après-midi même,
19:08nous lançons un colloque
19:10sur la santé des femmes.
19:11Donc,
19:12notre prochaine mission,
19:13c'est une mission
19:14qui travaille sur
19:16l'accès de la santé
19:18tout au long
19:19de la vie des femmes.
19:20On sait bien
19:20que c'est un impensé
19:22et pour lequel
19:23on a encore beaucoup
19:26de travaux à réaliser.
19:28Et puis enfin,
19:28une deuxième mission
19:29au sein de la délégation
19:30aux droits des femmes,
19:31nous démarrons
19:33un travail
19:34sur le coût
19:35des violences sexistes
19:36et sexuelles
19:37et sur lequel
19:38j'aurai un oeil
19:39particulièrement
19:40attentif
19:40sur le suivi des auteurs.
19:41Un sujet très important,
19:42le coût des violences sexuelles
19:44pour les victimes.
19:46Alors,
19:46on l'a vu,
19:47d'abord,
19:47merci Véronique,
19:48merci d'avoir été là ce matin.
19:50Le droit n'est jamais neutre,
19:52il est le rapport,
19:52il est le signe,
19:53le reflet d'un rapport de force
19:55et lorsqu'il évolue,
19:56comme sur le consentement,
19:57le devoir conjugal,
19:58sur la reconnaissance
19:59des violences,
20:00ce n'est pas simplement
20:01une évolution technique,
20:02c'est une évolution politique.
20:04La force de l'engagement,
20:05c'est chaque dimanche
20:07à 15h
20:07sur Sud Radio,
20:08en podcast
20:09sur sudradio.fr.
20:10Je vous retrouve dimanche prochain,
20:12même énergie,
20:14pour une nouvelle rencontre
20:15avec celles
20:16et ceux qui font bouger la société.
20:17Je vous souhaite à tous
20:18un excellent dimanche.
20:20C'était la force de l'engagement.
20:22Avec AJP,
20:24épargne,
20:24retraite,
20:25assurance emprunteur,
20:26prévoyance,
20:27santé.
20:28AJP !
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