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Avec Fehd Zahid, président de l'association Écouter & Agir

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##LE_FAIT_DU_JOUR-2026-03-31##

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News
Transcription
00:01Midi 14h, Sud Radio, la France dans tous ses états, le fait du jour.
00:07Une femme harcelée, menacée de mort par son ex-compagnon, a été lâchée par la justice.
00:11Une histoire comme il en existe tant d'autres, mais cette fois on en parle sur Sud Radio
00:14pour tenter de comprendre pourquoi la justice française a tant de mal à protéger ces femmes
00:19qui ne demandent rien sinon une protection.
00:22On en parle avec Feth Zaïd, président de l'association Écouter et Agir. Bonjour.
00:26Bonjour Maud.
00:27Bonjour Feth Médzaïd, merci d'être en direct dans le studio avec nous sur Sud Radio.
00:33Je vous connais pour vos engagements courageux, notamment sur les OQTF.
00:37Vous avez été un des premiers à dire que ce n'est pas normal que la législation ne soit pas
00:41appliquée à la lettre.
00:43Et là ce n'est pas OQTF, mais la République française, pays des droits de l'homme,
00:48est-il à ce point de façon aussi parfaite pays des droits des femmes ?
00:55On peut en douter, et effectivement, et Dieu sait si la condition féminine depuis Giselemi et même avant
01:00a été un sujet de débat politique, d'enjeux sociaux, débattu largement,
01:08avec des mesures qui ont été prises par rapport à il y a 50, 40 ou 30 ans, c'est
01:12gigantesque.
01:13Nous avons d'autres pays où la situation était encore plus tragique,
01:16comme l'Espagne qui sont allées très loin dans la législation.
01:19Je vais vous poser deux questions.
01:21Un, la législation française a-t-elle vraiment fait de grands progrès par rapport à ce qu'elle était,
01:25et reste-t-il encore à faire ?
01:27Et, une fois cette législation en place, est-ce que la justice, est-ce que les tribunaux,
01:32utilisent bien 100% de cette législation pour juger quand il y a une tragédie,
01:37une tragédie d'une violence conjugale ?
01:41Moi, je vais être très clair, très cache, absolument pas.
01:45Pour un pays qui se prétend 16ème puissance mondiale,
01:49on est, c'est ce que je dis tout le temps, complètement à la ramasse
01:53concernant notre système judiciaire.
01:56Sur cette question-là ou en général ?
01:58En général, bien sûr, bien entendu, en général.
02:01On a parlé de l'Espagne.
02:03C'est fort ce que vous dites.
02:04Ah mais c'est fort, mais c'est véridique.
02:05Vous dites qu'la justice française, aujourd'hui aussi exemplaire qu'elle puisse paraître,
02:08elle a des carences énormes.
02:09Mais complètement, complètement.
02:12Enfin, on vient de parler de l'Espagne.
02:14L'Espagne qui a fait un bond extraordinaire.
02:17Qui sortait de 40 ans de dictature d'extrême droite.
02:20Exactement, et concernant les violences conjugales,
02:22ils ont créé des tribunaux exprès pour ça, dédiés à ça.
02:25Parce qu'ils ont pris conscience de beaucoup de choses.
02:28Chose que nous, ici en France, honnêtement, je me pose moi-même la question.
02:32Qu'est-ce qui se passe ici en France pour qu'on puisse être aussi laxiste ?
02:38Là, là, vraiment, je comprends pas.
02:40Là, vous êtes en train de me dire, la législation, elle a indéniablement évolué.
02:43Et pourtant, à votre avis, on est très loin du compte de ce qu'on pourrait faire.
02:46Complètement.
02:47Et ensuite, au moment d'expliquer les textes de loi, il y a encore du flou.
02:50Il y a encore du flou.
02:51Et puis, je pense que la France, elle peine à avancer avec son temps.
02:55Vraiment.
02:56Moi, j'ai vraiment l'impression que nous sommes restés coincés dans les années 90-2000.
03:01On est aujourd'hui en 2026.
03:03La société a évolué.
03:05Les gens ont évolué.
03:06Et notre système n'évolue pas.
03:08Comment vous l'expliquez ?
03:09Comment vous l'expliquez ?
03:09Au pays des droits de l'homme, on est si sourcilleux pour le moindre détail d'atteinte aux libertés.
03:14Avec des mouvements politiques qui sont à fleur de peau sur ces questions-là.
03:17Et qui estiment qu'il y a des fascismes, qu'il y a des nazis.
03:20Et sur cette question de la violence conjugale, vous trouvez qu'il y a une timidité ou une pudeur ?
03:26Mais complètement.
03:28Complètement.
03:28Après, moi, je pense au principe que tout est une question de gestion.
03:32On parle d'argent, oui, mais on ne met pas assez dans la justice.
03:35C'est vrai qu'on ne met pas assez dans la justice.
03:37Mais c'est une question de gestion.
03:40On regarde beaucoup plus ce qui se passe à l'international.
03:43On investit à l'international, avant même d'investir dans notre propre pays.
03:46À partir de là, on va flouper.
03:48C'est-à-dire qu'on transfère des fonds, des sommes d'argent dans des opérations à l'étranger.
03:55Exactement, vous parliez de guerre tout à l'heure.
03:57On investit énormément sur des guerres qui, nous, ne nous apportent pas et ne nous regardent pas.
04:03Et pour l'instant, on a, nous, ici, des Français qui, excusez-moi du terme, qui crèvent la dalle.
04:09Vous tenez un discours qui est celui de partis politiques qui sont au cœur d'une polémique.
04:13Vous êtes d'accord ? Et je sais bien que vous ne le dites pas pour ça.
04:15Mais vous constatez-vous aussi que l'argent du contribuable n'est pas toujours utilisé de façon légitime ?
04:22Absolument pas.
04:23Et en l'occurrence, pour la violence conjugale, vous estimez que la justice, là, elle fait preuve de carence ?
04:27Il n'y a absolument rien. C'est ce que je vous disais. J'ai un dossier depuis le mois
04:30de septembre, un dossier en béton d'une femme qui, depuis quelques années, se fait violenter.
04:37On a des attestations médicaux. Nous avons énormément de plaintes. Ces enfants, pareil, sont suivis. L'individu est connu des
04:45services de police.
04:46Enfin, on a fait énormément d'enquêtes, que ce soit moi, que ce soit les forces de l'ordre.
04:52Bien sûr. Alors, c'est la police qui est d'abord timide ou c'est la police et la justice
04:56?
04:56Non, non. C'est d'abord la justice et ensuite la police. Parce que moi, vous savez, j'ai eu
05:00la gendarmerie très récemment en leur expliquant,
05:03bon bah écoutez, les six mois d'enquête qu'on avait fait, bon bah, il s'avère flop. Il y
05:08a eu dégoûtage.
05:09Donc, la personne a été dégoûtée. J'ai quand même demandé une protection policière, une protection policière, pardon, une protection,
05:16une OP, c'est ce qu'on appelle.
05:18Parce que l'individu revient devant chez elle, la racèle, la menace, lui envoie des messages, je vois.
05:23Et quand on a une justice qui tranche très rapidement en expliquant que, bon, non, c'est pas encore assez
05:30grave, on dégoûte.
05:32Vous savez, quand je dis ça aux gendarmes, eux-mêmes sont choqués.
05:35Parce qu'eux-mêmes travaillent, en fait, sur ce dossier-là. Et donc, quand ils ont un retour en disant,
05:40bah non, on fait rien,
05:41bah, ils se sentent moins que rien, on va dire.
05:45Fred, on a Nathalie qui nous appelle de Fijac. Bonjour Nathalie.
05:49Oui, bonjour, merci de m'accueillir.
05:51Voilà, votre témoignage, vous êtes une femme, je suppose que c'est un sujet qui vous touche, évidemment, c'est
05:57banal de dire ça.
05:58Est-ce que vous-même, vous avez été confronté ou témoin d'une situation qui correspond à notre sujet de
06:05ce jour ?
06:07Oui, complètement. Donc, moi, il y a quand même une dizaine d'années.
06:10Mais le problème, c'est qu'après, bon, bah, voilà, c'est pareil, c'est ce que disait le monsieur
06:14juste auparavant.
06:16Excusez-moi, j'ai pas retenu.
06:17Fred Zahid.
06:17Fred Zahid.
06:18Fred Zahid. Voilà.
06:19Donc, le souci, c'est qu'on n'est pas entendus, que ce soit au niveau de la justice ou
06:24que ce soit au niveau de la police ou de la gendarmerie.
06:28Moi, il y a eu cinq plaintes de déposer à son encontre et puis, voilà, tout classé en suite, pas
06:36de...
06:37Voilà, et puis, tant qu'il n'y a pas de réparation, je veux dire, après, le souci, c'est
06:42que la victime se retrouve livrée elle-même
06:45et puis, il y a des dommages collatéraux parce que quand il y a des enfants...
06:49C'est ça. Il y avait eu constats médicaux et constats policiers sur votre situation.
06:53Donc, la justice avait tous les éléments pour pouvoir trancher dans un certain sens.
06:56Oui, exactement. Même au sein de la famille, je veux dire, j'ai pas été... Enfin, voilà, j'étais seule
07:01au monde, quoi.
07:02Et le tribunal a dit quoi, finalement ?
07:05Que c'est... En fait, il aurait fallu que je meurs, quoi. Enfin, voilà.
07:09C'est ça.
07:09Je suis malheureuse à dire, mais il aurait fallu que je sois vraiment dans un état pitoyable pour que quelqu
07:14'un réagisse.
07:15Donc, c'était pas assez grave ? C'était pas assez grave pour ce tribunal ?
07:18C'était pas assez grave à la France, non, non, non, non.
07:20Fête Zahid, c'est un témoignage. Merci, merci, Nathalie, pour votre témoignage qui colle vraiment au sujet dont on est
07:26en train de débattre avec Fête Zahid.
07:27Mais ça fait froid dans le dos. Alors, on en a des... Pas des centaines, peut-être des milliers depuis
07:31plusieurs années.
07:32Bien sûr, bien sûr.
07:33Est-ce qu'un jour, ça va pouvoir bouger ? Il faut que quoi ? Qu'un parti politique, qu
07:36'un leader politique prenne le dossier à bras de cœur ?
07:39Donc, ça, c'est sûr qu'il ne faut plus avoir de politique politicienne, déjà.
07:42Voilà. Donc, il faut être au cœur du problème. Il faut former. Il faut investir dans la justice.
07:49Moi, je parle beaucoup avec des juges, des procureurs, des greffiers qui me disent
07:53« Mais Fête, on est saturé aujourd'hui. On est saturé. On ne lit même plus. »
07:57Je vous le dis en toute honnêteté. Ils ne lisent même plus les sujets. Ils survolent. Et puis, hop, on
08:05juge. Pourquoi ? Parce qu'on n'a pas le temps.
08:07Vous savez, quand on a un rapport de 200, 150, 200 pages, ils ne vont pas lire les 200 pages.
08:12Ils vont survoler. Et puis, hop, let's go.
08:16Fête, Zahid. Quel est le parti politique aujourd'hui qui, en tout cas, en théorie, est le plus engagé, qui
08:21est le plus proche de ce que pourrait être la législation espagnole ?
08:24Est-ce que dans le pays... Il n'y en a peut-être pas. Vous allez peut-être me dire
08:26oui, paradoxalement.
08:28C'est à qui je pense ? Je pense au Parti communiste. Est-ce que c'est peut-être lui
08:30qui serait le plus exigeant, le plus vigilant ?
08:32Sincèrement, pas forcément. Moi, je vous le dis en toute honnêteté, aujourd'hui, je ne vois pas réellement de parti
08:37politique qui s'engage concrètement pour ce droit-là.
08:41Des déclarations, oui, verbalement, on a eu des plus oppositions.
08:44Des déclarations, je me rappelle de M. Macron, de Mme Schiappa en 2016-2017, qui parlait énormément.
08:52Il y a eu des ministères de la condition féminine. C'est devenu un thème gouvernemental.
08:56Aujourd'hui, dix ans après, où est-ce qu'on en est ?
08:58Nathalie, vous estimez que ce pays est sous-équipé sur le plan législatif ?
09:04Ou qu'il y a une prise de conscience qui n'est pas faite dans nos institutions, que ce soit
09:07la policière ou la justice ?
09:10Alors, à la base, déjà, pour moi, les lois sont totalement obsolètes.
09:16Ils ont essayé d'évoluer, de faire des choses, mais les lois sont tellement vieilles
09:25et qu'elles ne sont pas du tout adaptées aux conditions auxquelles on est.
09:30Et alors, si vous avez besoin de France Victime, c'est comme si vous appeliez dans le vide.
09:38Je veux dire, c'est quelque chose qui existe, malheureusement.
09:42Oui, les dépanneurs de Chedarty ou de Veolia sont là avant, si je comprends bien, de France Victime.
09:48Alors, moi, j'ai regardé un reportage sur une dame aussi qui a suivi des violences.
09:56Et honnêtement, elle a fait appel à plusieurs reprises et elles ont été beaucoup plus graves parce qu'elle s
10:01'est retrouvée dans le commun.
10:01Et jamais, à aucun moment, elle n'a eu un dialogue, ni de psychologue, ni personne pour la soutenir.
10:10Effectivement.
10:11Aujourd'hui, moi, je me pose une question sincèrement.
10:15Quel message on donne à ces voyous-là ?
10:19Quel message on donne à ces voyous-là ?
10:21Cette personne-là, elle va être jugée en décembre pour menace de mort, harcèlement.
10:25Qu'est-ce qui va se passer d'aujourd'hui ?
10:27Nous sommes quand même fin mars, début avril.
10:29Qu'est-ce qui va se passer d'aujourd'hui jusqu'à décembre ?
10:33Le nombre de femmes dont on sait qu'elles ont appelé, crié au secours, et on est venu constater le
10:38cadavre de la mort.
10:40Et aujourd'hui, on a une femme qui vit aujourd'hui, que ce soit elle ou ses enfants, qui vit
10:44dans la peur quotidienne.
10:46Qu'est-ce qui peut se passer d'ici décembre ?
10:49Il y a des associations, même au sein des partis politiques, il y a des commissions et au Parlement aussi.
10:55Je connais des parlementaires qui sont à plein temps sur la question.
10:58Pourquoi ça n'évolue pas de façon aussi rapide que ça le devrait ?
11:03Il faut leur poser la question.
11:04Moi, je pense que, je vous le dis en toute franchise, moi, je pense que c'est juste l'image.
11:08J'ai une association, écoutez, agir, nous sommes là.
11:11Mais si, vous savez, c'est comme les forces de l'ordre.
11:23C'est pas possible qu'on prenne ça chez nous.
11:25On ne peut plus penser à ça.
11:26On ne peut plus penser à ça.
11:27Mais on a l'impression que c'est ça.
11:29Non, non.
11:29Je vous le dis, je suis là, je vous remercie de l'invitation.
11:31Je vous le dis, on ne peut plus penser à ça.
11:33Alors, je vous annonce tout de suite que je vais vous réinviter, non pas pour 15 minutes, mais pour une
11:37heure.
11:39Éventuellement, nous choisirons ensemble un parlementaire ou un responsable politique.
11:44Et puis, vous vous échangez avec lui.
11:46Avec un grand plaisir.
11:46Mais c'est un sujet.
11:47Merci à Maud d'avoir trouvé ce sujet.
11:49Merci à vous.
11:50Merci à Maud.
11:50Dont je connaissais l'importance, mais qui s'avère être beaucoup plus grave que l'on le pense.
11:55On a bien de préoccupations dans ce pays pour l'avenir.
11:57Je pense que cette question-là doit être passée peut-être avant certaines autres, en termes de priorité.
12:02Merci d'avoir été là, M. Zahid.
12:05Et je vous dis à très bientôt.
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