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  • il y a 7 heures
Avec Marie Eloy, entrepreneuse, autrice, membre du
collectif World With Women

Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.

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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-04-12##
Transcription
00:00Retrouvez la force de l'engagement.
00:02Avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à tous et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement,
00:18l'émission qui donne la parole à ceux et celles qui font bouger la société.
00:22Aujourd'hui, je reçois Marie-Éloi, entrepreneuse, fondatrice des réseaux Femmes des Territoires et Bouge ta boîte
00:28et à l'initiative d'un mouvement international lancé tout récemment, il y a quelques jours,
00:33World with Women, avec une ambition claire, faire de la mixité une réalité concrète et la faire maintenant.
00:39Un mouvement mondial citoyen qui va parler d'égalité évidemment, mais aussi de transformation structurelle de nos sociétés.
00:46Mais avant d'entamer cette conversation, comme chaque dimanche, commençons par mon édito
00:51et sans ce début d'après-midi, je vous propose de nous interroger sur un geste collectif
00:57qui peut faire basculer une société.
01:00L'Islande, le 24 octobre 1975.
01:03Ce jour-là, près de 90% des femmes cessent toute activité.
01:07Elles quittent leur emploi, interrompent les tâches domestiques,
01:10suspendent ce travail invisible qui ne s'arrête jamais
01:12et transforment leur absence en démonstration collective.
01:16En quelques heures, le pays se désorganise,
01:18les écoles ferment, les entreprises ralentissent,
01:20les crèches et les services de garde ne fonctionnent plus,
01:23les hôpitaux tournent au ralenti.
01:24Et les hommes découvrent concrètement ce que signifie faire tenir l'équilibre social.
01:31Une démonstration simple et implacable du fonctionnement d'une société
01:34qui repose en grande partie sur un travail féminin invisible,
01:38non reconnu et sans lequel rien ne tient.
01:41Un rapport de force s'installe, il produit des transformations concrètes.
01:44En 1976, l'Islande adopte une loi sur l'égalité entre les femmes et les hommes.
01:48En 1980, elle élit la première femme présidente de la République au suffrage universel.
01:53Et 50 ans plus tard, le pays figure toujours en tête des classements mondiaux en matière d'égalité.
01:59Ce basculement est né d'une confrontation, d'un moment où l'inégalité est devenue impossible à ignorer.
02:05Alors en France ?
02:06En France, les lois existent, les discours sont brodés, les politiques publiques se sont multipliées,
02:10l'égalité est devenue un principe largement partagé, mais les faits résistent.
02:15Selon l'INSEE, les femmes consacrent plus de 3 heures par jour aux tâches domestiques contre 2 heures pour les
02:19hommes.
02:20Elles assument 70% de l'essentiel de l'organisation familiale,
02:24rendez-vous médicaux, suivi scolaire, organisation des plannings, courses, repas, coordination des activités,
02:30gestion des imprévus, en fait anticipation permanente.
02:34Des fonctions centrales, mais historiquement sous-valorisées, voire invisibilisées.
02:38Et cette charge mentale, penser, organiser, prévoir, reste massivement portée par les femmes.
02:43Et même à ce qu'elles travaillent à plein temps, la répartition ne change pas.
02:47Alors bien sûr, ce modèle a des conséquences directes sur les trajectoires professionnelles,
02:51interruption de carrière, temps partiel subi, perte de chance.
02:55Sur les revenus, les femmes gagnent en moyenne près d'un quart de moins que des hommes.
02:59Sur l'accès au pouvoir, les femmes demeurent minoritaires dans les instances de direction,
03:03qu'elles soient politiques ou économiques.
03:05Alors nous sommes bien d'accord, si les femmes tiennent le quotidien,
03:08eh bien elles ne dirigent pas le système.
03:10Et cette organisation sociale ne produit pas seulement de l'injustice,
03:13elle produit des erreurs.
03:14Une société dirigée par des profils homogènes ne voit qu'une partie du réel.
03:18Elle décide avec une expérience limitée du monde,
03:21et elle généralise cette expérience comme si elle était universelle.
03:25Quand 90% des algorithmes sont conçus par des hommes,
03:28quand 94% des dirigeants des grandes entreprises sont des hommes,
03:31quand 89% des chefs d'État sont des hommes,
03:34eh bien cela reflète une manière de penser le monde
03:36avec une seule moitié de l'expérience humaine.
03:38Et bien évidemment, les conséquences sont là.
03:40Des politiques publiques qui ignorent la réalité des vies,
03:43des organisations du travail conçues sans prendre en compte
03:45les contraintes qui pèsent d'abord sur les femmes,
03:47des innovations technologiques qui reproduisent des biais documentés,
03:51autrement dit, des choix qui ne tiennent pas compte du réel
03:53dans toute sa complexité.
03:54Alors la question est simple, et elle est aussi politique.
03:57Peut-on encore se permettre de piloter nos sociétés
04:00avec seulement la moitié de l'intelligence disponible ?
04:02Et surtout, faut-il attendre que le système s'enraye définitivement,
04:06ou crée volontairement, comme en Islande,
04:09ce moment de vérité, ce moment où le réel s'impose enfin ?
04:17Aujourd'hui dans la force de l'engagement,
04:19je donne la parole à Marie-Éloi, entrepreneuse, autrice
04:23et initiative de World With Women.
04:26Bonjour Muriel, je suis ravie d'être là, super,
04:28je suis en phase avec tout.
04:30Bon, super, on est d'accord alors.
04:32Alors Marie, concrètement, c'est quoi ce mouvement World With Women ?
04:36Quelle est sa nature, son ambition ?
04:38Qu'est-ce que vous voulez changer là, maintenant ?
04:40Alors c'est un peu tout ce que vous avez dit.
04:42World With Women, c'est un collectif.
04:44On est en direction collégiale.
04:45C'est une association de femmes et d'hommes
04:48de tous horizons, de tous secteurs, de toutes origines,
04:50de différents pays aussi.
04:52Et on a, comme vous, une conviction,
04:55c'est que le monde a urgentement besoin de mixité.
04:56On ne peut plus continuer comme ça,
04:58on ne peut plus continuer sans toute l'intelligence collective,
05:01sans toutes les forces vives,
05:02en ne s'appuyant que sur la moitié du monde.
05:04Face aux crises, on a vraiment besoin de plus de mixité
05:08et on sait, plus il y a de mixité,
05:10plus il y a de protection de l'environnement,
05:12plus il y a de paix,
05:13mieux il y a de mieux vivre ensemble.
05:15Donc en fait, c'est des bénéfices pour toutes et tous,
05:17pour les femmes et les hommes.
05:18Et ça, c'est très important de souligner
05:20parce qu'il y a tellement de peur sur ce sujet.
05:22Donc World With Women,
05:23c'est faire advenir la mixité maintenant
05:26parce qu'on en parle
05:27et l'éveil est de plus en plus grand sur ce sujet,
05:30c'est vrai.
05:31Mais par contre, les chiffres ne bougent pas,
05:32ils bougent peu.
05:33Et selon l'ONU,
05:34c'est dans 300 ans qu'on atteindra l'égalité.
05:37Donc ce n'est pas possible d'attendre 300 ans
05:38quand le monde brûle partout.
05:40Il brûle partout,
05:40il n'y a pas besoin de faire de dessin,
05:41on le voit dans tous les domaines.
05:44Et donc, on a décidé d'agir plus rapidement.
05:47Et après avoir étudié toutes les possibilités,
05:51il y a celles de l'Islande
05:52qui, on s'est dit en fait,
05:54c'est le meilleur moyen.
05:55À chaque fois que les femmes se sont unies,
05:57se sont unies, soutenues par les hommes engagés,
06:00le monde a bougé,
06:01le monde s'est transformé.
06:03Et à chaque fois que les femmes se sont unies,
06:05en s'arrêtant,
06:07plus rien ne fonctionne.
06:08En Islande, les enfants ont mangé des bonbons
06:10et des saucisses toute la journée.
06:11À l'époque, ce n'était pas du tout un pays égalitaire.
06:13À l'Islande, il y avait 5% de femmes députées,
06:15les femmes gagnaient 60% de la rémunération des hommes.
06:18Et une journée a suffi
06:20pour que le pays devienne le plus égalitaire au monde.
06:23Donc on veut faire la même chose.
06:24Alors l'Islande, bien sûr, vous a inspiré,
06:26vous venez de le dire,
06:2890% des femmes mobilisées à ce niveau,
06:30c'est complètement inédit.
06:31Et l'impact a été immédiat.
06:33C'est sûr que des bonbons et des saucisses
06:35toute la journée pour les enfants,
06:36je pense que les hommes se sont dit
06:37non, là, on ne va pas tenir.
06:39Il y a eu l'Espagne aussi.
06:40L'Espagne, le 8 mars 2018,
06:44qui a été proche de la même logique,
06:46avec une grève féministe massive,
06:48plus de 5 millions de femmes et d'hommes mobilisées,
06:51c'est important de dire.
06:52Et là aussi, avec un arrêt du travail,
06:54des tâches domestiques.
06:55On peut espérer une mobilisation similaire en France ?
06:58Oui, en France et dans le monde,
06:59c'est vraiment un mouvement global.
07:00Donc on est en train de se mettre en lien
07:02avec différents pays.
07:03D'ailleurs, c'est un appel,
07:03si vous savez, des référentes,
07:05des ambassadrices, des ambassadeurs
07:07dans d'autres pays,
07:07mais envoyez-les nous,
07:08parce que c'est ensemble qu'on va y arriver.
07:11Oui, je crois qu'en France,
07:13quand on sent que c'est juste,
07:15et là, on voit bien
07:16qu'on ne peut pas continuer comme ça.
07:18Tout le monde le voit,
07:19qu'on ne peut pas continuer sans mixité.
07:21Quand on sait que c'est juste,
07:22on est capable de se mobiliser.
07:23On l'a fait pour Charlie, par exemple.
07:24En 2015, il y avait 3,7 millions de personnes dans la rue,
07:28de façon instantanée,
07:30parce qu'on sentait qu'il fallait qu'on soit ensemble.
07:32Et là, face à tout ce qui se passe dans le monde,
07:34à la guerre,
07:36à l'effondrement de la biodiversité,
07:38au changement climatique,
07:39on sait qu'il faut faire quelque chose.
07:40Mais on se sent toutes et tous assez impuissants
07:42face au flot de mauvaises nouvelles.
07:44On voit qu'on a l'impression
07:46qu'on ne peut pas compter,
07:47qu'on ne peut pas agir,
07:48que c'est comme ça.
07:48Et nous, ce qu'on propose avec ce mouvement,
07:51c'est justement de pouvoir agir.
07:54C'est de montrer que c'est le nombre
07:55qui va faire changer les choses
07:57et que chacun et chacune d'entre nous,
07:59on compte,
08:00c'est vraiment dire à chacun et chacune,
08:01on a une capacité d'agir si on est ensemble.
08:04On n'est pas obligé d'accepter
08:05le futur qui est proposé
08:08pour les générations futures.
08:10On n'est pas obligé d'accepter ça.
08:11On peut changer ça si on est unis
08:13et si on est ensemble.
08:14Ce qu'on propose de faire,
08:16c'est trois choses.
08:17C'est d'abord signer,
08:19c'est très facile,
08:20c'est signer un manifeste sur notre site
08:22pour dire qu'on souhaite ensemble de la mixité.
08:25C'est la première chose.
08:26Deuxième chose,
08:27avant l'été,
08:27on va faire une consultation citoyenne internationale
08:31pour mettre en avant les mesures
08:33qui fonctionnent
08:34pour faire advenir la mixité.
08:36Comme par exemple,
08:37vous avez cité l'Espagne,
08:38mais depuis 2018,
08:39l'Espagne s'est révolutionnée.
08:41Notamment avec un congé deuxième par an,
08:43digne de ce nom,
08:44rémunéré à 100%.
08:46Lutte contre les violences.
08:47Lutte contre les violences,
08:49ils sont exemplaires.
08:50Voilà.
08:51Donc on va mettre en avant
08:52les mesures qui fonctionnent,
08:54qui sont déjà efficientes dans les pays
08:55pour un partage de bonnes pratiques.
08:57Et puis les citoyennes et citoyens
08:59pourront proposer également des mesures
09:00pour s'adapter à la réalité des pays.
09:03C'est vraiment en fonction des pays.
09:04Évidemment,
09:05c'est forcément différent.
09:06Et puis la troisième chose
09:07qui est hyper simple.
09:08Oui,
09:09c'est la journée citoyenne,
09:10c'est ça ?
09:10C'est la journée de mobilisation.
09:11Alors la journée de mobilisation
09:13que vous avez imaginée
09:14le 13 octobre,
09:16donc vous appelez
09:16toutes les femmes
09:17à s'arrêter le 13 octobre,
09:19dans la sphère domestique bien sûr,
09:21mais aussi dans la sphère professionnelle.
09:23Ce jour-là,
09:23on ne va pas travailler.
09:24On veut que les hommes
09:25prennent le relais
09:26parce qu'il faut absolument
09:27les embarquer.
09:28Et donc,
09:29ce que vous venez de dire,
09:30on est dans une société
09:31hyper fragmentée,
09:34avec des...
09:35On est tous les jours
09:36sous le coup
09:37d'informations
09:38sur la guerre
09:39au niveau mondial,
09:40etc.
09:42Vous pensez vraiment
09:43qu'on va la réussir,
09:44cette mobilisation de masse ?
09:45Alors je sais que c'est
09:45un mouvement très gai,
09:46en fait.
09:47Très joyeux.
09:47Oui,
09:47c'est un mouvement joyeux.
09:48Moi,
09:49j'ai vu les images
09:49du lancement de ce mouvement.
09:51On avait tout envie d'y être,
09:53d'ailleurs.
09:53On se disait,
09:53mais pourquoi on n'y est pas,
09:54nous,
09:54avec nos t-shirts aussi ?
09:56On veut être là.
09:57Ça a l'air d'être...
09:58Enfin,
09:58ça ressemble à un mouvement joyeux
10:00et ça doit le rester,
10:01peut-être.
10:02Je vais vous donner
10:03deux exemples
10:03qui m'ont profondément marquée.
10:05Moi,
10:05c'est la fin de mon livre
10:06qui s'appelle
10:06Les femmes sauverontelles
10:07le monde aux éditions Erol.
10:09C'est la fin de mon livre,
10:09j'appelais ça.
10:10Et donc,
10:10quand je fais des conférences
10:11sur la mixité
10:12dans les territoires,
10:14à la fin,
10:14les femmes,
10:14elles me disent toutes,
10:15mais c'est quand la date ?
10:17Quand est-ce qu'on le fait vraiment ?
10:18Et dès que je parlais
10:18de cette journée
10:19où les femmes s'arrêtent
10:20au niveau professionnel
10:21et privé,
10:22il y avait une sorte
10:22de jubilation sur leur visage
10:26d'imaginer à quoi ça ressemblerait.
10:27Parce qu'on sait,
10:28en tant que femme,
10:29et même les hommes
10:29savent très bien
10:30et à quoi ça ressemble
10:30à une journée
10:32quand les femmes s'arrêtent.
10:33Donc,
10:33il y a de la jubilation
10:34que j'ai constatée
10:35chez tous les âges
10:36et chez les hommes aussi.
10:38Et puis,
10:38et puis ensuite,
10:39quand on s'est dit
10:40allez,
10:40on le fait pour de vrai,
10:41donc avec le collectif,
10:42je ne suis pas toute seule,
10:42évidemment,
10:43il y a Elisabeth Moreno,
10:44Caroline Blesse,
10:46Isadora Bigourdant,
10:47Aline Bonnet,
10:48on a Sarah O'Ramoun,
10:50Anthony Bamkin,
10:50on est Rebecca M. Salem,
10:51on est tout un mouvement,
10:52il n'y a pas de président
10:53et présidente.
10:54Et quand on s'est dit
10:55allez,
10:55on le fait pour de vrai,
10:55c'était il y a quelques semaines
10:57et en quelques semaines,
11:00quelques jours,
11:00on a une soixantaine
11:01de bénévoles
11:02qui sont venus,
11:03tous des professionnels
11:04incroyables,
11:04qui ont dit
11:04on vous fait la charte graphique,
11:06on vous fait le site internet,
11:07on vous fait les pancartes.
11:09Ça s'est fait
11:10en quelques jours,
11:11en fait.
11:12Et en fait,
11:13on sent que les gens se disent
11:14un moyen d'action
11:15qu'on peut faire,
11:16on peut toutes et tous,
11:17en tout cas nous
11:17qui sommes libres en France,
11:18on peut poser
11:20une journée,
11:22généralement.
11:23En tout cas,
11:23quand on peut,
11:24on a la responsabilité
11:25de le faire aussi,
11:26pour toutes les autres
11:27qui ne peuvent pas le faire.
11:27Donc c'est pas une grève surprise,
11:28c'est une grève annoncée.
11:30Oui,
11:30et puis c'est pas une grève,
11:31on appelle ça
11:31un moment de mobilisation
11:32parce que c'est quelque chose
11:33qui est vraiment joyeux
11:34et l'objectif,
11:36c'est de porter au gouvernement
11:37toutes les mesures
11:38qui ont été,
11:39qui seront issues,
11:41collectées lors de la mobilisation citoyenne,
11:43lors de la consultation citoyenne.
11:45Alors,
11:45le pouvoir
11:46reste massivement concentré
11:47entre les mains des hommes,
11:4889% des chefs d'État,
11:5194% des dirigeants
11:52sont des hommes,
11:53des grandes entreprises,
11:55alors vous dites
11:56dans ce moment,
11:57vous dites que
11:58ce manque d'égalité
11:59n'est pas seulement
12:00une injustice,
12:00mais un problème
12:01d'efficacité collective
12:02qui produit
12:03des angles morts
12:04et à terme des crises.
12:05On en parle
12:06juste après la pause.
12:07Retrouvez la force de l'engagement
12:09avec Agipi,
12:11épargne,
12:11retraite,
12:12assurance emprunteur,
12:13prévoyance,
12:14santé.
12:16Agipi !
12:17Sud Radio,
12:18la force de l'engagement,
12:1915h, 15h30,
12:21Muriel Rius.
12:22Donnez la parole
12:23à ceux qui font bouger la société,
12:25c'est la force de l'engagement,
12:26c'est sur Sud Radio,
12:27aujourd'hui,
12:28ma conversation
12:28avec Marie-Éloi,
12:30entrepreneuse,
12:31autrice de
12:32Les femmes sauveront-elles le monde
12:33aux éditions Erol
12:34et à l'initiative
12:36du collectif
12:37World with Women.
12:39Alors, Marie,
12:40juste avant la pause,
12:41on se disait
12:42quand 89% des chefs d'État
12:43sont des hommes,
12:44quand 94% des dirigeants
12:46sont des hommes,
12:46quand 98% des financements
12:49sont détenus par les hommes,
12:50est-ce qu'on ne fabrique pas
12:51mécaniquement des angles morts ?
12:53Est-ce qu'on ne fabrique pas
12:54mécaniquement des crises ?
12:55Quel est votre point de vue là-dessus ?
12:57Ben si,
12:58c'est une évidence en fait.
13:00Quand les décisions
13:02ne sont prises
13:03qu'avec des personnes
13:04ayant des expériences
13:05de vie similaires,
13:06parce que là,
13:06vous avez donné quelques chiffres,
13:07mais c'est absolument
13:08dans tous les domaines,
13:09c'est effarant d'ailleurs
13:10quand on regarde ça,
13:11quand elles sont prises
13:12par des personnes
13:13ayant des expériences
13:14de vie similaires,
13:15il ne peut pas y avoir
13:15d'intelligence collective.
13:16Ce n'est pas possible.
13:18Mécaniquement,
13:19il y a forcément
13:19des angles morts
13:20qui, sur le long terme,
13:22génèrent des crises
13:22et on y est là maintenant en fait.
13:24Sur le long terme,
13:25ça fait plusieurs millénaires,
13:28on peut dire,
13:29un millénaire que ça dure.
13:31Et on est arrivé
13:32à des crises
13:32qui sont gigantesques
13:33parce qu'en fait,
13:35tout pour moi est né
13:37au moment de la division
13:38des tâches
13:39entre femmes et hommes
13:40au moment du néolithique
13:41avec la sédentarisation
13:42pour des raisons culturelles,
13:44politiques, économiques,
13:45religieuses, etc.
13:46Ça a été le fil rouge
13:47de l'histoire.
13:48Aux femmes a été assigné
13:51tout ce qui est care,
13:52le soin,
13:53donc les tâches privées,
13:55le soin aux enfants,
13:56bébés, malades,
13:57personnes âgées,
13:58alimentation au potable.
13:59Donc le care.
14:00Et les hommes,
14:01comme ils ont été libérés
14:02finalement de ces tâches
14:03qui sont vitales
14:04et incompressibles
14:05pour l'humanité,
14:06on doit les faire
14:06quoi qu'il arrive,
14:07mais ils se sont consacrés
14:08aux tâches professionnelles,
14:10économiques,
14:12politiques,
14:13et donc le pouvoir.
14:14Et comme ils décidaient,
14:15ce sont ces tâches-là
14:16qui ont été valorisées,
14:18qui ont été rémunérées,
14:19qui ont été priorisées.
14:21Et en fait,
14:22pendant des siècles,
14:24une moitié de l'humanité
14:25a écrit toutes les lois,
14:28tous les codes,
14:29définit les priorités du monde
14:31alors qu'elle était déconnectée
14:33au quotidien
14:34de ce qui est vital
14:35pour notre espèce.
14:37Et celle qui détenait
14:39l'autre moitié de l'humanité,
14:40qui détenait ces enjeux-là,
14:43n'avait ni voix,
14:44ni pouvoir,
14:45ni argent
14:46pour défendre ces enjeux.
14:47Si le monde avait été construit
14:50à égalité entre femmes et hommes,
14:52on aurait tous été experts
14:54des besoins primaires de l'humanité
14:55et on aurait décidé ensemble
14:56des priorités
14:57pour notre espèce.
14:58Mais là,
14:59comme il s'est construit
15:00sans mixité,
15:01ce qu'on aurait dû sanctuariser
15:02au centre
15:03pour notre survie,
15:04le soin,
15:05le vivant,
15:07la planète,
15:08l'environnement,
15:08la paix,
15:09ça a été relégué en périphérie.
15:11Est-ce qu'on aurait dû mettre
15:12en périphérie,
15:13aller plus vite,
15:14plus loin,
15:14plus fort,
15:15les robots,
15:15la conquête spatiale ?
15:16En fait,
15:16c'est devenu notre définition
15:17du progrès
15:18et c'est ce qu'on a financé,
15:19c'est ce qu'on a priorisé
15:20et c'est pour ça
15:21qu'aujourd'hui,
15:21on se retrouve dans un monde
15:22complètement à l'envers
15:23où le bon sens
15:24s'est complètement évaporé.
15:25Et aujourd'hui,
15:26on a besoin de remettre
15:26ce bon sens
15:27et pour ça,
15:27il faut s'appuyer
15:28tout autant sur les femmes
15:29que sur les hommes.
15:29On a des expériences de vie
15:31encore aujourd'hui
15:31qui sont différentes.
15:32Vous l'avez cité tout à l'heure
15:34sur les différences d'heures
15:36par jour
15:37de tâches domestiques
15:38et parentales,
15:38mais j'ai calculé ça
15:39sur une vie active
15:40entre 18 et 64 ans.
15:42La différence
15:43de temps consacré
15:45sur ces tâches
15:45entre femmes et hommes,
15:46c'est 12 ans en France,
15:4817 ans dans le monde.
15:49Ça veut dire
15:4912 ans de rémunération
15:50en moins pour les femmes,
15:5212 ans de carrière en moins,
15:5312 ans de loisirs,
15:54d'engagement politique en moins.
15:56Mais pour les hommes,
15:58ça veut dire
15:5812 ans d'expérience
16:00de ces sujets-là en moins,
16:0112 ans de liens
16:02avec leurs proches en moins.
16:04Donc en fait,
16:05tout le monde y perd
16:06de cette division-là.
16:08Et aujourd'hui,
16:08on a tout et tous à gagner
16:10quand il y a de la mixité
16:11dans la sphère privée
16:12et professionnelle.
16:13Et c'est pour ça
16:14qu'on organise cette journée,
16:15pour que ça devienne maintenant,
16:16pour qu'il y ait
16:16un véritable électrochoc.
16:18On se dit,
16:18oui, on ne peut pas
16:18continuer à aller dans le mur
16:19comme ça.
16:20On a besoin de s'appuyer
16:21sur toute l'intelligence collective.
16:22Et quand on voit
16:23qu'en Islande,
16:24ça a réussi en une journée,
16:26tout est possible.
16:27Tout est possible.
16:28Alors les hommes,
16:28les hommes qui sont toujours
16:30au centre,
16:30même quand on veut faire
16:31des choses tout seul,
16:32on se rend compte
16:32qu'on a besoin d'eux,
16:34même pour parvenir
16:35à l'égalité.
16:35Évidemment.
16:37Et donc,
16:37ces hommes,
16:38il faut en faire des alliés.
16:40Alors moi,
16:40j'ai un peu de mal
16:40avec le terme des alliés.
16:41Je ne sais pas
16:42si c'est le bon terme.
16:42En tout cas,
16:43on a besoin de les embarquer.
16:45Mais les résistances sont fortes.
16:46On le voit bien,
16:47la montée des masculinismes,
16:48la montée de la polarisation
16:49entre les femmes et les hommes.
16:51Bon, tout ça
16:51est assez inquiétant.
16:52Comment,
16:53comment vous,
16:54vous imaginez
16:55d'embarquer ces hommes ?
16:56Comment les mettre,
16:59leur faire véritablement comprendre ?
17:00Il y en a qui ont compris,
17:01bien sûr,
17:02mais comment faire comprendre
17:03cette majorité silencieuse
17:05que l'avenir est là,
17:07que l'avenir est ensemble
17:08et que l'avenir,
17:09c'est le partage
17:10de tout ce que vous venez
17:11d'évoquer, en fait.
17:12Oui, vous l'avez bien dit.
17:13Et d'ailleurs,
17:14j'en prie de vous remercier
17:15pour vos travaux
17:15sur le masculinisme
17:16et au Conseil à l'égalité
17:17parce que c'est tout à fait juste.
17:19C'est une menace
17:20qui est terrifiante.
17:22Et en même temps,
17:24on sait que les sondages
17:26montrent en France
17:26mais aussi ailleurs
17:27que l'immense majorité
17:29des Françaises
17:31et des Français
17:32souhaitent que les pouvoirs publics
17:33soient davantage impliqués
17:35sur tout ce qui concerne l'égalité,
17:37c'est-à-dire qu'ils prennent
17:37à bras le corps ce sujet.
17:39L'immense majorité silencieuse,
17:41comme vous l'avez nommé,
17:43souhaite plus de mixité.
17:45Il y a un éveil
17:46qui est progressif
17:47sur ces sujets-là
17:48et souvent,
17:48c'est un manque
17:49de sensibilisation des hommes
17:50parce que,
17:50vous l'avez dit,
17:51il y a beaucoup de peur,
17:52il y a beaucoup de malentendus
17:53surtout sur le sujet.
17:54Il y a la peur
17:55que quand on agit
17:55pour les femmes,
17:56quand on parle des femmes,
17:57quelque part,
17:58on va agir contre les hommes.
17:59Mais ça,
18:00ça n'existe que pour les femmes
18:01parce que quand on agit
18:02pour les jeunes,
18:02on ne se dit pas,
18:03mon Dieu,
18:03on va agir contre les seniors.
18:05Et pourtant,
18:05quand on agit pour les femmes,
18:06ça aussi,
18:07c'est prouvé,
18:07on agit également
18:08pour tout le monde,
18:09on agit pour la mixité,
18:10donc les hommes,
18:12les femmes,
18:13toute la société
18:13en bénéficie.
18:14Donc en fait,
18:15c'est surtout une question
18:16de sensibilisation,
18:17c'est-à-dire vouloir
18:17l'égalité,
18:18vouloir l'équité,
18:19être ensemble,
18:20vouloir la mixité.
18:22Ce n'est pas vouloir
18:23le pouvoir sur les hommes.
18:24Je ne connais pas de femmes
18:25qui veulent ça en fait.
18:26On veut être ensemble,
18:28avancer ensemble.
18:29Et en fait,
18:29quand on sensibilise,
18:30et moi,
18:31c'est ce que je fais
18:31à travers mes conférences
18:32et j'adore faire ça
18:33parce que l'autre jour,
18:34j'étais à une conférence
18:35au MEDEF
18:36et il y a un homme
18:36qui est venu me voir
18:37à la fin,
18:39typique MEDEF,
18:40et qui m'a dit
18:40mais je ne me rendais pas compte.
18:42Il avait les larmes aux yeux.
18:44Et en fait,
18:45à partir du moment
18:45où on est sensibilisé,
18:47on est en responsabilité
18:48et on va agir,
18:49on va faire attention,
18:50on va être vigilant.
18:51Et les hommes,
18:52quand ils sont sensibilisés,
18:53ils n'ont pas envie non plus
18:54du monde qui s'apprête,
18:56qui est devant nous.
18:57Bien sûr qu'on a envie
18:58d'une autre forme d'humanité
19:01et d'être ensemble.
19:02Donc je suis convaincue
19:03que l'immense majorité
19:04des hommes et des femmes
19:05souhaitent autre chose
19:06mais qu'elle est silencieuse,
19:08qu'elle est désunie
19:09et qu'un mouvement
19:10comme celui-ci,
19:10c'est peut-être le moyen
19:11de nous mettre
19:12toutes et tous ensemble
19:13et se dire
19:13bah oui, c'est possible
19:14et on a notre mot à dire
19:15et ensemble, on va compter.
19:17Alors moi, je suis d'accord
19:17avec vous sur la sensibilisation
19:19parce que moi, par ailleurs,
19:20finalement, je donne
19:20beaucoup de formations
19:21d'entreprise,
19:22aussi des conférences
19:22comme vous
19:23et je vois que,
19:24ce que je constate,
19:25c'est que quand les gens
19:26arrivent,
19:27enfin quand ils partent,
19:28pardon,
19:28ils sont différents
19:30du moment de leur arrivée.
19:31C'est-à-dire que tout d'un coup,
19:32ils ont pris conscience
19:33de choses qu'ils avaient
19:33complètement zappées,
19:35ignorées,
19:35dont ils n'avaient peut-être
19:36pas conscience en fait.
19:37Donc la sensibilisation
19:38est une technique
19:40et une stratégie
19:41qu'il faut absolument adopter.
19:43Alors vous Marie,
19:43vous avez construit
19:44des réseaux de femmes
19:45partout en France,
19:45vous avez connu des succès
19:46et puis aussi,
19:47vous avez fermé
19:48certaines de vos...
19:50Oui, oui,
19:51ça a été très dur.
19:52Et ça a été difficile.
19:54On parle beaucoup
19:55de la gender fatigue.
19:56Nathalie Pille,
19:57qui était là
19:57la semaine dernière,
19:58elle parle de gender résistance.
20:01Vous vous parlez de quoi, vous ?
20:04Est-ce que les femmes
20:05sont fatiguées ?
20:06Alors,
20:08désabusées, je dirais.
20:10En fait,
20:11on a l'impression
20:11et c'est pour ça aussi
20:13qu'on a fermé
20:14parce qu'il y a très peu
20:15de flux financiers
20:15sur ce sujet.
20:16En fait,
20:16la mixité,
20:17c'est pas financé.
20:18Donc quand c'est pas financé,
20:19c'est très compliqué.
20:19L'IA est financé par exemple.
20:21Donc c'est beaucoup plus facile
20:22d'avoir une entreprise
20:23ou une organisation rentable
20:24et qui fonctionne
20:24quand il y a des flux financiers.
20:26Sur la mixité,
20:27il n'y en a pas.
20:27Donc il faut être clair
20:28dessus.
20:29Donc c'est extrêmement dur
20:30et c'est pour ça
20:30que les organisations
20:31qui agissent pour les femmes
20:32et la mixité
20:33sont souvent...
20:34sont toutes en difficulté
20:35même,
20:36on peut dire ça comme ça.
20:39Il y a une impression
20:40que les discriminations
20:41sont immuables,
20:42que de toute façon,
20:43on ne peut pas changer les choses,
20:45qu'on va rester
20:46avec ce déséquilibre
20:48qui nous mène dans le mur.
20:49Mais c'est faux.
20:50C'est faux.
20:51On sait aujourd'hui
20:52qu'avant le néolithique,
20:53les sociétés
20:53étaient égalitaires,
20:55en tout cas davantage égalitaires
20:57et certaines ont survécu
20:58jusqu'à aujourd'hui
20:59comme l'ont démontré
21:00certains anthropologues
21:01qui s'appellent par exemple
21:02Heideu,
21:03Götner,
21:04Abendroth,
21:04je vais y arriver.
21:06Et puis aussi,
21:06les pays se transforment.
21:08L'Islande,
21:08l'Espagne,
21:09vous les avez cités,
21:10ce sont des formidables
21:11exemples qui montrent
21:12qu'on peut se transformer.
21:13Par contre,
21:14pour y arriver,
21:15il faut un,
21:15de la volonté.
21:17Et ça,
21:17il faut y en avoir,
21:18il n'y en a pas.
21:18Aujourd'hui,
21:19il n'y en a pas.
21:20Et deux,
21:20avec la volonté,
21:21il y a des moyens financiers.
21:22Aujourd'hui,
21:22il n'y en a pas.
21:23Vous voulez dire de volonté politique,
21:23c'est ça que vous dites ?
21:24Volonté politique.
21:25Mais aussi dans les organisations.
21:26Il y a quelques organisations
21:27qui sont exemplaires
21:28et vraiment,
21:29je les remercie,
21:30mais globalement,
21:31on a l'impression
21:31que la mixité,
21:32c'est secondaire.
21:33Or,
21:33quand on est conscient
21:34que la mixité
21:35transforme tout
21:35et notamment son organisation
21:37au bénéfice de tout le monde,
21:39là,
21:39on va mettre de la volonté
21:40et donc des moyens financiers.
21:42Et cette journée-là,
21:43c'est le moment
21:44de faire prendre conscience,
21:45de dire,
21:45vous voyez,
21:46en fait,
21:46on est capable de changer
21:47quand on est ensemble,
21:48on est capable
21:49de mettre en place
21:51les mesures qui fonctionnent.
21:52Parce qu'elles existent,
21:53les mesures,
21:53on les connaît,
21:54on sait celles qui marchent,
21:56juste on ne les met pas en place.
21:59Eh bien Marie,
22:00formidable
22:01pour cet enthousiasme.
22:02Alors,
22:03on ne rate pas
22:03le 13 octobre,
22:04je vous le rappellerai
22:05d'ici là,
22:06de très nombreuses reprises.
22:08Merci.
22:08Le 13 octobre,
22:09eh bien,
22:10nous arrêtons.
22:11Nous rejoignons le collectif
22:12dans la rue,
22:13ce jour-là.
22:14Et vous pouvez le rejoindre
22:15bien en amont maintenant,
22:16sur le site,
22:17j'imagine ?
22:18Oui,
22:19worldwithwomen.com
22:20World with Women,
22:21c'est trois mots
22:21que tout le monde comprend.
22:22Donc,
22:23le monde avec les femmes.
22:24Le monde avec les femmes,
22:25c'est une évidence.
22:26Je ne me rappelle pas pourquoi
22:26on se pose encore la question.
22:28C'est dingue.
22:29Et je rappelle
22:30le titre de votre ouvrage,
22:32Les femmes sauveront-elles
22:33le monde ?
22:34aux éditions Erol.
22:36La force de l'engagement,
22:38c'est chaque dimanche
22:38à 15h sur Sud Radio,
22:40en podcast sur sudradio.fr.
22:42Je vous retrouve dimanche prochain,
22:44même heure,
22:44même énergie,
22:45avec celles et ceux
22:46qui font bouger la société.
22:48Je vous souhaite
22:48un excellent dimanche.
22:49C'était la force de l'engagement
22:52avec Agipi,
22:54épargne,
22:55retraite,
22:55assurance emprunteur,
22:56prévoyance,
22:57santé.
22:58Agipi !
22:59Et...
23:00Et...
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