- il y a 3 heures
Avec Blandine Metayer, actrice, autrice et Vice-Présidente d’Ensemble contre le Sexisme. Membre d’Actrices et Acteurs de France Associés
Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.
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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-03-15##
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00:00Retrouvez la force de l'engagement.
00:03Avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Reus.
00:13Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement,
00:16l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:20Aujourd'hui nous recevons Blandine Métayé, actrice, autrice, metteuse en scène,
00:25vice-présidente d'Ensemble contre le sexisme, engagée depuis plus de 15 ans
00:29pour faire reculer les stéréotypes et rendre visibles ceux qu'on préfère parfois taire.
00:34Mais avant d'ouvrir la conversation, comme chaque semaine, un édito, mon édito,
00:39et aujourd'hui je vous propose de nous engager contre l'invisibilisation des femmes de plus de 50 ans
00:44en interrogeant l'architecture même de notre hiérarchie sociale.
00:49Aujourd'hui en France, une femme majeure sur deux a plus de 50 ans.
00:52Elles sont médecins, dirigeantes, ouvrières, élues, entrepreneuses, aidantes, expertes.
00:58Elles sont centrales dans la vie économique, familiale, associative.
01:02Et pourtant, leur visibilité sociale ne reflète pas cette réalité démographique.
01:07Un nouveau mot est né, le sexagisme, la double peine du sexisme et de l'agisme.
01:13Les sciences comportementales l'affirment, une femme ne vieillit pas socialement comme un homme.
01:17L'âge ajoute de la crédibilité aux uns, il retire de la valeur aux autres.
01:21Dans l'entreprise, les femmes de plus de 50 ans sont plus exposées au chômage longue durée
01:26que leurs homologues masculins et elles sont souvent orientées vers des sorties anticipées
01:31lors des restructurations.
01:32Leur expérience est qualifiée en rigidité, leur stabilité en manque de souplesse.
01:38Dans la sphère médiatique, elles sont moins sollicitées comme expertes.
01:41Le savoir légitime, passé un certain âge, reste massivement incarné par des figures masculines.
01:47La parole féminine mature est perçue comme militante quand la parole masculine est perçue comme experte.
01:53A l'écran, les personnages féminins mûrs sont massivement réduits à des rôles secondaires,
01:58relationnels ou maternels, rarement moteurs de l'intrigue, rarement sujets du désir,
02:03rarement détentrices du pouvoir symbolique.
02:05Et dans l'espace politique, l'âge des femmes devient plus rapidement un argument contre elles.
02:11Dans la culture populaire, enfin, la sexualité féminine, après 50 ans, reste marginalisée
02:17quand la virilité masculine mature et célébrée.
02:20Alors vous l'avez bien compris, les représentations sociales fabriquent des normes.
02:24Si les femmes disparaissent symboliquement à 50 ans, alors 50 ans devient une frontière invisible.
02:29Une ligne après laquelle on cesse d'être désirable, audible, centrale.
02:34Et plus insidieusement encore, cette invisibilité produit de l'autocensure.
02:38Quand on ne se voit plus représentée, on se projette moins.
02:41Et quand on ne se sent plus centrale, eh bien, on intériorise la périphérie.
02:46Or, c'est précisément à cet âge que beaucoup de femmes atteignent leur pleine autonomie.
02:52Expertise consolidée, liberté financière plus affirmée, puissance intérieure construite par l'expérience.
02:58Alors ce paradoxe devrait nous interroger.
02:59Pourquoi associons-nous encore la féminité à la jeunesse
03:03quand nous associons la masculinité à la maturité ?
03:06Eh bien, la réponse, évidemment, est historique, culturelle, politique.
03:10La jeunesse féminine était liée à la fertilité, au désir, à l'objet.
03:14La maturité masculine est associée à l'autorité, à l'expertise, à la légitimité.
03:19L'invisibilisation devient alors une stratégie douce de régulation symbolique.
03:24Alors, sérieusement, une démocratie peut-elle effacer la moitié de ses forces vives ?
03:29Si l'égalité est un principe, elle ne s'arrête pas à la ménopause.
03:32Si la compétence est une valeur, elle ne se dissout pas avec l'iride.
03:35Si la liberté est un roi, elle ne dépend pas de la date de naissance.
03:39Non, une femme de 50 ans n'est pas en fin de trajectoire.
03:42Elle est au cœur de sa puissance.
03:44Sud Radio, la force de l'engagement, Muriel Réus.
03:48Aujourd'hui, dans la force de l'engagement, je donne la parole à Blandine Métaillé,
03:52actrice, autrice, membre de la Harafa, actrice et acteur de France associée.
03:56J'espère que j'ai bien prononcé le nom de ce collectif.
03:58Très bien.
03:58Bonjour Blandine.
04:00Bonjour Muriel et merci de m'avoir invitée.
04:03Je suis ravie de vous avoir à nos côtés.
04:05Alors, à quel moment vous avez décidé, avec actrice et acteur de France associée,
04:11de documenter précisément cette disparition des femmes de plus de 50 ans à l'écran ?
04:16Qu'est-ce qui a déclenché le passage du ressenti au comptage ?
04:20Alors, c'est Marina Thommé, qui est une formidable actrice et autrice,
04:25qui passait, je raconte la genèse,
04:28qui passait une visite médicale du travail, comme on doit en passer régulièrement.
04:34Et donc, nous, c'est le CMB.
04:36Voilà.
04:38Et à cette visite, on lui a posé des questions.
04:41Est-ce que vous travaillez encore ?
04:44Est-ce que vous avez des difficultés ?
04:46Est-ce que si, est-ce que ça ?
04:48Et elle s'est dit, mais pourquoi vous me posez toutes ces questions ?
04:51Elle dit, mais parce que, voilà, on a constaté que
04:55les femmes, les comédiennes, les intermittentes de plus de 50 ans
04:59avaient tendance à disparaître.
05:02On ne les voyait plus à la visite médicale.
05:05Puisque, en fait, elle n'a arrêté.
05:06Parce qu'elles ne travaillaient plus.
05:08Et d'ailleurs, ils avaient fait une enquête là-dessus, etc.
05:11Donc, ça fait tilt.
05:14Parce qu'elle-même constatait aussi,
05:16alors qu'elle travaillait beaucoup,
05:18elle avait moins de scénarios, etc.
05:20Et donc, comme était membre de la AFA,
05:24actrice, acteur de France associée,
05:26qui venait de se créer.
05:28Et à la AFA, on travaille par commission.
05:30Donc, il y a des commissions pour différents sujets.
05:33Et donc, en Assemblée générale,
05:35elle a proposé la commission du tunnel de la Comédienne de 50 ans.
05:39Donc, c'était en novembre 2015.
05:41Et on a fait notre première réunion le 9 décembre 2015.
05:45J'y étais.
05:46On était à peu près une quinzaine autour de la table.
05:50Et alors là, on s'est rendu compte.
05:52Parce que jusque-là, on pensait toutes,
05:55on a raconté un peu nos vies et tout,
05:57et on pensait toutes que c'était notre faute.
05:59Qu'on n'avait pas fait ce qu'il fallait.
06:01Qu'on n'avait pas cultivé nos réseaux.
06:03Que si, que ça.
06:05On n'avait pas les bonnes photos.
06:06Comme toujours, la revictimisation des femmes.
06:08Voilà.
06:08La recupabilité des femmes.
06:10Et là, on s'est aperçu qu'en fait,
06:12c'était un vrai phénomène d'effacement.
06:16Et on s'est dit, il faut agir.
06:18Voilà.
06:18On était là pour ça.
06:19Première réunion.
06:21Et très vite, on est tombé sur le chiffre
06:24que vous avez donné tout à l'heure.
06:25Le chiffre de l'INSEE.
06:27Où aujourd'hui en France,
06:28une femme majeure sur deux a plus de 50 ans.
06:30Là, on est tombé de l'armoire.
06:31On s'est dit, mais c'est énorme.
06:33Et dans les fictions, elles disparaissent.
06:36Là, par contre, il fallait qu'on le prouve.
06:40Quelque part.
06:42Et pour compter, vous le savez Muriel,
06:44il faut se compter.
06:45Oui, absolument.
06:46Donc, on s'est dit, il va falloir qu'on compte.
06:49Qu'on compte, qu'on voit, effectivement,
06:52combien il y a de rôles de femmes de plus de 50 ans
06:54dans les films français.
06:56Et en 2015, on est arrivé donc au chiffre de 8%.
07:01Ce qui était quand même...
07:03Désastreux, on va dire.
07:05Désastreux, voilà.
07:07Et depuis, on compte.
07:09On continue de compter.
07:10Alors, ça fluctue.
07:12On est monté à 9%.
07:14On redescend à 7%.
07:15Là, en 2025, on a compté.
07:18On est à 11%.
07:19Mais on peut dire que 3%, ça n'est pas du tout significatif.
07:23Et 3% en 10 ans.
07:26Oui, ce n'est pas grand-chose.
07:27Ce n'est pas grand-chose.
07:27Alors, ça voudrait dire que MeToo n'a eu aucune influence là-dessus.
07:32Parce qu'un roi a moins de rôles de sur 10, pratiquement.
07:34Est-ce que c'est un problème de production, d'écriture, de financement ?
07:39C'est quoi ?
07:39C'est l'imaginaire collectif qui refuse de vieillir ?
07:42Oui.
07:43Alors, MeToo, ça a été deux ans après notre démarrage, en 2017.
07:50C'est vrai que ça a levé l'omerta sur les violences sexistes et sexuelles dans le cinéma.
07:56Mais le cinéma a continué et continue à vouloir voir des femmes jeunes à l'écran et à les objectiver.
08:06Du coup, évidemment, on n'a pas envie de voir des femmes qui sont moins jeunes et considérées comme moins
08:16montrables.
08:16Mais ça n'a pas un peu changé, ça ?
08:18Alors, ça ne se traduit peut-être pas par des chiffres.
08:21Mais est-ce que cet imaginaire collectif qui finalement refuse de vieillir,
08:26je suis d'accord avec vous, dans la communication, dans la publicité, partout où on voit des femmes jeunes,
08:31est-ce que vous sentez quand même une petite évolution ? Pas du tout.
08:34Ben, honnêtement, non.
08:38L'agisme est quand même très prégnant dans nos sociétés.
08:42Et alors, pour les femmes, c'est la double peine.
08:45C'est ce que Suzanne Sontag appelle le double standard, sexisme et agisme.
08:50Et le cinéma, en fait, lui, il est porteur de valeurs qui construisent l'inconscient collectif.
08:59Mais comme il reproduit des stéréotypes sexistes et agistes,
09:05il reconstruit un imaginaire collectif autour d'un vide, quoi.
09:10Et alors, c'est terrible.
09:12Mais nous, il faut bien comprendre qu'on ne se batte pas.
09:17Ça n'est pas un combat de comédiennes en mal de rôle.
09:20Nous, on se bat, justement, pour les représentations.
09:24C'est très important.
09:25Parce que, comme vous l'avez très bien dit dans votre édito,
09:29en entreprise, dans toutes les sphères de la société, en politique, etc.,
09:34on aimerait effacer les femmes, même si elles sont très présentes, justement.
09:39Et donc, c'est un cercle vicieux, en fait.
09:42Et si elles ne sont pas présentes, si elles ne sont pas représentées à l'écran,
09:46elles n'existent pas dans la société.
09:47Absolument.
09:48La non-représentation à l'écran les efface de la société.
09:51Exactement.
09:52Absolument.
09:53Alors, moi, j'aimerais qu'on revienne, au fond,
09:55sur qui peut détenir un peu la clé du changement.
09:58Est-ce que ce sont les scénaristes qui écrivent les rôles ?
10:00Est-ce que ce sont les producteurs qui financent ces mêmes rôles ?
10:04Les diffuseurs qui commandent, qui, normalement, doivent avoir des quotas, quand même ?
10:08Ou les institutions publiques qui attribuent les aides ?
10:11On en parle juste après la pause.
10:13Retrouvez la force de l'engagement.
10:15Avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
10:22Sud Radio, la force de l'engagement.
10:25Muriel Reus.
10:25Vous êtes toujours sur Sud Radio, dans la force de l'engagement.
10:28L'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
10:31Aujourd'hui, on s'engage contre l'inviabilisation des femmes de plus de 50 ans dans les fictions.
10:37Avec Blandine Métayé, actrice, autrice et membre de Actrices et Acteurs de France Associés.
10:42Alors, Blandine, il y a quelques instants, on évoquait cette stagnation des chiffres
10:47et la question de la responsabilité, parce qu'il faut bien la poser,
10:50cette question de la responsabilité dans l'industrie audiovisuelle.
10:54Qui détient la clé du changement ?
10:57C'est compliqué.
11:00Alors, on a fait un colloque, il n'y a pas longtemps,
11:03et donc il y avait des scénaristes, il y avait justement plein de gens de la profession,
11:11et des institutions aussi.
11:13Alors, ce n'est pas les scénaristes, parce que les scénaristes,
11:17ils essayent vraiment d'écrire des rôles de femmes de plus de 50 ans,
11:21mais quelquefois, les diffuseurs leur demandent de rajeunir les rôles.
11:26Voilà.
11:26Donc déjà...
11:27Et alors, ce qui se passe aussi, et ça, on l'a appris d'ailleurs au colloque,
11:31c'était très intéressant, il y avait une agente de scénariste
11:36qui a dit que, c'est vrai que souvent, il et elle écrivaient des rôles complexes,
11:42parce que le rôle d'une femme de plus de 50 ans, c'est forcément plus complexe,
11:48il y a du vécu, il y a de l'expérience, il y a, comme vous l'avez dit tout
11:51à l'heure,
11:51on en a dit tout.
11:52Et donc, on leur demande quelquefois de décomplexifier ces seconds rôles.
11:58Pourquoi ? C'est plus cher ?
12:00Et jusqu'à les rendre inconsistants, ce qui pourrait être joué même par un homme,
12:05au bout du compte.
12:06Oui, mais pas crête.
12:08Donc ça, voilà.
12:11Les productrices, les producteurs, eux, ils sont aussi dépendants des diffuseurs, évidemment.
12:18Et on leur demande aussi de rajeunir, voilà, s'ils ont un scénario auquel ils tiennent.
12:25Ils sont très conscients du problème.
12:27Par contre, ils ont signé notre manifeste.
12:29Et ils sont, d'ailleurs, comme les réalisatrices, réalisateurs, directrices et directeurs de casting,
12:35enfin, tout l'ensemble de la profession,
12:36et d'accord maintenant pour dégenrer les rôles de fonction.
12:41C'est-à-dire qu'on sait, par exemple, un juge.
12:43Oui.
12:43Au lieu de mettre un juge, homme, 50 ans, ça peut être femme ou homme.
12:50Et d'ailleurs, ce serait plus logique que ce soit une femme,
12:53puisque la profession de justice est très féminisée.
12:56Voilà, donc médecin, avocat, prof, homme ou femme politique, enfin, voilà.
13:04Dès que le scénario ne mentionne pas de vie privée, machin,
13:10elle est mariée avec un tel ou un, non.
13:13C'est juste la fonction.
13:14Ce qui est vachement bien, parce que pour toutes les jeunes générations qui regardent,
13:18de voir des métiers de ce type, enfin, occupés par des femmes,
13:23c'est une incitation à pouvoir les occuper plus tard.
13:26Oui, manager, bien sûr, etc.
13:28Or, souvent, dans les annonces de casting, c'est juge, homme, voilà.
13:34Donc ça, voilà, ça commence à infuser, ça.
13:38Et les réalisatrices, vous diriez quoi aujourd'hui, est-ce que ça a bougé ?
13:42Parce qu'elles n'ont pas beaucoup, elles aussi, leur réalisation,
13:44elles n'ont pas beaucoup de réalisation par rapport aux hommes.
13:46Donc elles ont aussi ce combat à mener.
13:49Est-ce qu'elles ont tendance à vouloir avoir des femmes dans leurs équipes,
13:55et puis à l'écran ?
13:56Alors, on a compté cette année, et c'est vrai qu'on voit quand même que,
14:01même si c'est pas...
14:03Elles sont quand même plus égalitaires dans la répartition des rôles de plus de 50 ans.
14:08C'est-à-dire que femmes et hommes de plus de 50 ans sont à peu près à égalité.
14:13Alors que quand c'est un réalisateur à la manette,
14:16c'est 23% et les femmes 10%.
14:20Donc on voit que, vraiment, il y a une vraie différence.
14:24Alors que les femmes, elles, sont égalitaires.
14:27Alors c'est vrai qu'elles aussi, elles subissent des pressions, forcément.
14:31On peut leur demander de rajeunir les rôles.
14:34Il y a aussi des jeunes réalisatrices qui font leurs films
14:39et qui peuvent avoir envie de filmer et d'écrire des histoires de leur génération, par exemple.
14:47Ça, c'est donc ce qui pourrait expliquer aussi cette...
14:52Ça, ça peut se comprendre.
14:55Bon, voilà.
14:58Mais sinon, elles sont quand même égalitaires dans la répartition des rôles de plus de 50 ans.
15:04Qu'est-ce que vous voudriez obtenir avec ce collectif ?
15:09Alors, qu'est-ce qu'on voudrait obtenir ?
15:12C'est-à-dire, on en vient aux institutions.
15:14Alors, les institutions, le CNC, on a vraiment beaucoup de contacts avec les institutions.
15:21Vraiment, c'est super.
15:23Les échanges sont formidables.
15:26Le CNC, il n'a pas de...
15:29Enfin, il ne veut pas...
15:32Contraindre ?
15:34Il ne veut pas contraindre ce qui est devant la caméra.
15:39Par contre, il a instauré quelque chose pour ce qui est derrière la caméra, pour créer des équipes paritaires, des
15:46équipes techniques.
15:47Mais, on l'a vu au colloque, il y avait une représentante du CNC qui était là et qui nous
15:52a dit que, depuis trois ans, ils avaient instauré un bonus incitatif,
15:58c'est-à-dire 15% de plus d'argent pour les films, qui avaient des équipes paritaires.
16:05Et puis, ils s'aperçoivent que ça stagne.
16:07Ça ne marche pas, ça ne fonctionne pas.
16:10Donc, ils sont en train de songer à un malus.
16:13Oui, c'est le sujet.
16:14Voilà.
16:14C'est-à-dire, retirer peut-être 15% de subventions.
16:19C'est un peu ce qu'on constate partout.
16:21C'est que, finalement, les bonus ont joué leur rôle un certain temps.
16:25Et puis, finalement, il y a une vraie stagnation.
16:27Et finalement, il va falloir en arriver au malus.
16:29Et est-ce qu'il ne faudrait pas aussi conditionner les aides publiques à ces critères de représentation ?
16:35Alors, c'est compliqué par rapport au CNC, parce qu'ils ne peuvent pas...
16:40C'est vraiment, pour eux, c'est...
16:42Alors, on ne désespère pas d'obtenir ça.
16:46Ils ne comptent pas non plus.
16:47Ils ne comptent pas les rôles, comme, par exemple, les fermes en politique, on ne compte pas.
16:52Si, si, si, ils comptent.
16:52Le CNC publie...
16:54D'accord.
16:55Si, si, tous les deux ans.
16:57Si, si.
16:58Alors, il y a l'ARCOM aussi.
17:00Mais l'ARCOM, eux, ils ont...
17:03C'est consultatif, c'est tout.
17:05Par contre, l'ARCOM fait pratique le name and shame.
17:10Ça ne fait pas toujours plaisir.
17:12C'est efficace.
17:13Ils évaluent chaque chaîne.
17:17Et avec, selon différents critères.
17:20Et l'âge fait partie des critères.
17:23Donc ça, on a...
17:24Voilà.
17:24On a réussi ce rapport avec eux.
17:26Alors, vous le dites, ce qui n'est pas représenté n'existe pas.
17:29Quel impact, cette disparition des écrans ?
17:33On peut aussi le qualifier comme ça.
17:35Même si c'est une disparition symbolique.
17:37À tête sur les jeunes générations.
17:39Est-ce que ça limite l'horizon des jeunes femmes ?
17:42Et est-ce que ça conforte, quelque part, les jeunes hommes dans une hiérarchie implicite des âges et des sexes
17:47?
17:47Est-ce que ça va beaucoup plus loin, en fait ?
17:48Bien sûr.
17:49Bien sûr.
17:49Parce que pour les jeunes filles, les jeunes femmes, comment se construire ?
17:55Si on sait qu'on a une période très courte, en fait, et qu'il n'y a pas de
18:03rôle modèle auquel s'identifier ?
18:05C'est très important.
18:06Les rôles modèles, on le sait.
18:08Si elles ne sont pas là, s'il n'y a pas de rôle modèle, comment s'identifier ?
18:12Et comment se dire, il y a une date de péremption ?
18:15Il va y avoir un moment où, paf, je vais...
18:18Donc, vite, vite, vite...
18:20On sait que, par exemple, entre 25 et 29 ans, 51% des rôles sont dévolués aux femmes.
18:30Et après, ça ne cesse de baisser.
18:33Donc, pour les jeunes hommes, oui, ça continue à les maintenir dans l'idée qu'une femme doit forcément être
18:41jeune, belle, de préférence.
18:44Et qu'un homme mûr, ça a du charme, même s'il a des gros poils dans le nez et
18:51un gros bide, quoi.
18:53Alors, vous, personnellement, vous avez ressenti ce tunnel des 50 ans dans votre parcours d'actrice ?
18:59Oui.
18:59Oui, oui.
19:00Et moi, je l'ai senti très tôt.
19:02Moi, j'ai fait beaucoup, beaucoup d'images.
19:04Jusqu'à 39 ans, vraiment, je n'arrêtais pas, j'étais tout le temps à la télé.
19:12Et puis, j'ai commencé à sentir qu'on me proposait moins de choses, moins de scénarios, moins de choses.
19:18Moi, ce qui m'a sauvée, je dirais, pourquoi je suis toujours dans le métier, c'est que je suis
19:23autrice aussi et scénariste.
19:26Et donc, d'ailleurs, quand j'étais dans des séries, j'écrivais des épisodes.
19:30Ce qui me permettait d'influer sur mon personnage, de proposer des choses qu'on ne m'aurait peut-être
19:35pas proposées.
19:36Donc, j'avais toujours, justement, des personnages complexes, ce qui était vraiment intéressant.
19:40Et donc, j'ai développé l'écriture.
19:47Et puis, j'ai aussi voulu gagner en autonomie.
19:52C'est-à-dire que je suis associée dans une société de production qui s'appelle Changement de Décor,
19:59qui est à la fois production théâtrale et événementielle.
20:04Et donc, j'interviens et je suis intervenue énormément en entreprise pour écrire des scénettes sur mesure,
20:11des spectacles, etc., leur faire des gros shows.
20:14J'ai fait, par exemple, en septembre dernier, un show d'une heure un quart pour AXA
20:19et mis en scène les salariés eux-mêmes qui ont joué.
20:25Enfin, des choses très excitantes.
20:27Parallèlement à ma carrière, j'ai pu développer ça.
20:29Et tout en continuant à faire ce que je savais faire.
20:32C'est-à-dire jouer la comédie, mettre en scène et écrire.
20:36Ce n'est pas un phénomène nouveau.
20:37Moi, je me souviens, il y a même plus d'une dizaine d'années,
20:41où j'entendais des actrices pourtant extrêmement renommées dire
20:43« j'en ai marre d'attendre chez moi, comme on m'appelle. »
20:45Et donc, maintenant, je vais écrire.
20:46Et puis, c'est un phénomène qu'on constate aussi partout,
20:49notamment dans l'industrie cinématographique aux États-Unis,
20:52où les femmes comédiennes célèbres et bankables deviennent productrices.
20:58Donc, il y a chez les femmes, aujourd'hui, une volonté d'accéder à des métiers annexes,
21:03annexes à celui de comédienne, pour exister.
21:06Oui, pour nourrir le métier de comédienne,
21:11et acquérir de l'autonomie, en fait.
21:13De plus dépendre de ces diffuseurs qui décident que...
21:17On existe ou on n'existe pas.
21:20La vieille marmite est bonne à jeter à la poubelle,
21:22comme disait Françoise Héritier.
21:23Elle parlait de la marmite,
21:26une fois que la femme était même opposée,
21:28on jetait la vieille marmite.
21:29Alors, s'il y avait un levier unique,
21:32un levier vraiment très important pour faire bouger les lignes,
21:35ça serait quoi, en fait, dans un monde idéal ?
21:37En fait, vraiment, conditionner les aides,
21:39je pense que c'est le levier.
21:41Vraiment, vraiment.
21:42Il faut qu'on y arrive.
21:44Il faut qu'on...
21:45Parce que l'argent, c'est le nerf de la guerre.
21:50Le nerf de la guerre, surtout dans cette industrie.
21:52Bien sûr.
21:53Et puis, effectivement, continuer à dégenrer les rôles.
21:56C'est très important.
21:57Vraiment.
21:59Alors, merci.
22:00Merci, Blandine, pour tout cela.
22:03Vraiment, on l'affirme ensemble ce matin,
22:05et je vous rejoins.
22:06Une femme de 50 ans n'est pas en fin de trajectoire.
22:10Elle est plutôt au cœur de sa puissance.
22:12Et vraiment, cette question-là,
22:13ce n'est pas qu'un enjeu professionnel,
22:15c'est aussi un enjeu démocratique.
22:17Je vous remercie d'avoir passé ce dimanche
22:20avec moi et avec nous.
22:21La Force de l'engagement,
22:23c'est toutes les semaines à 15h sur Sud Radio.
22:26Vous pouvez retrouver cette émission en podcast,
22:29bien sûr, sur sudradio.fr
22:31et sur toutes les plateformes.
22:32Et je vous dis à dimanche prochain.
22:35Même énergie, même heure et même exigence
22:37avec des personnes qui font bouger la société.
22:41C'était La Force de l'engagement.
22:43Avec AJP, épargne, retraite, assurance emprunteur,
22:47prévoyance, santé.
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