- il y a 17 heures
Avec Nathalie Pihles, présidente du collectif 2Gap
Retrouvez Muriel Reus, tous les dimanches à 8h10 pour sa chronique "La force de l'engagement" sur Sud Radio.
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##LA_FORCE_DE_L_ENGAGEMENT-2026-03-29##
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00:00Retrouvez la force de l'engagement.
00:03Avec Agipi, épargne, retraite, assurance emprunteur, prévoyance, santé.
00:10Sud Radio, la force de l'engagement, 15h, 15h30, Muriel Rius.
00:15Bonjour à toutes et à tous, merci d'être avec nous pour la force de l'engagement,
00:19l'émission qui donne la parole à celles et ceux qui font bouger la société.
00:22En ce dimanche après-midi, nous allons parler d'un sujet qui est au cœur de nos démocraties,
00:26mais que l'on regarde encore trop souvent de loin, celui du pouvoir qui décide, qui arbitre
00:32et surtout qui n'est pas à table quand les décisions se prennent.
00:35Alors peut-on réellement transformer une société sans partager le pouvoir ?
00:39Pour en parler, j'ai le plaisir de recevoir Nathalie Pille, haute fonctionnaire,
00:44personnalité qualifiée du Haut Conseil à l'égalité, présidente de 2GAP,
00:48un collectif qui rassemble des réseaux professionnels féminins et mixtes,
00:52issus du public comme du privé, avec une ambition claire,
00:55agir concrètement sur l'accès des femmes au lieu de décisions.
00:58Mais avant cela, comme chaque semaine, mon édito est aujourd'hui,
01:02je vous propose de nous engager pour le partage du pouvoir.
01:05Alors oui, les progrès existent, ils sont réels,
01:08ils sont même le fruit de combats politiques structurants.
01:10La France n'est pas restée immobile.
01:12En 2012, la loi Sauvadé a ouvert une première brèche dans la haute fonction publique
01:17en imposant des obligations de nomination équilibrée
01:20dans les emplois d'encadrement supérieur et de direction.
01:23En 2021, la loi Rixin a obligé les grandes entreprises à prendre visible
01:28la sous-représentation des femmes dans les instances dirigeantes
01:32et à la corriger progressivement avec un objectif de 40% en 2029.
01:37Et puis, le 19 juillet 2023, le législateur a renforcé le dispositif dans le public
01:43en rehaussant les exigences de nomination équilibrée
01:46et en prévoyant la parité, y compris dans les cabinets ministériels.
01:50Alors le principe est désormais acté, l'égalité progresse avec des mesures objectives,
01:55une transparence des résultats et une capacité d'action correctrice.
01:59Oui, des portes se sont ouvertes.
02:01Les femmes sont plus nombreuses dans les organisations,
02:04dans les fonctions d'encadrement, dans certains espaces de pouvoir.
02:08À la caisse des dépôts, par exemple, la dynamique volontariste a produit des résultats probants.
02:12Le comité exécutif compte aujourd'hui 8 femmes pour 5 hommes,
02:17la commission de surveillance est paritaire et 42% des cadres sont des femmes.
02:21Les faits le montrent.
02:22Lorsqu'on fixe des objectifs clairs, que l'on agit, les équilibres évoluent réellement.
02:27Mais ces progrès ne suffisent pas, car la réalité du pouvoir reste déséquilibrée.
02:32Dans les universités, moins d'un quart des présidents sont occupés par des femmes.
02:36Dans les collectivités territoriales, les femmes représentent moins de 36% des directions générales.
02:42À la défense, elles ne sont que 19% des cadres militaires,
02:4510% des officiers généraux et moins de 14% des officiers supérieurs.
02:50Autrement dit, plus on s'approche du cœur du pouvoir, plus les équilibres se déséquilibrent.
02:56Alors on parle d'égalité comme d'un objectif,
02:58mais on oublie trop souvent d'interroger ce que son absence produit.
03:01Car le sujet n'est pas seulement que les femmes soient moins nombreuses dans les lieux de décision,
03:05le sujet, c'est que l'on continue à décider pour elles, sans elles.
03:09Une politique publique n'est jamais neutre.
03:12Elle est toujours le produit de celles et ceux qui la conçoivent,
03:15de leur expérience, de leur angle de vue, de ce qu'ils voient et de ce qui leur échappe.
03:19Dès lors, l'absence des femmes dans les lieux de décision
03:22ne produit pas seulement une inégalité de représentation,
03:25elle produit un déséquilibre dans les décisions elles-mêmes.
03:28Quand les lieux de pouvoir sont majoritairement masculins,
03:31ce sont des réalités entières qui disparaissent du champ de la décision.
03:34Des besoins qui ne sont pas identifiés,
03:37des usages qui restent incompris,
03:39des biais qui émergent par angle mort dans l'analyse et dans l'évaluation.
03:43Et cela a des conséquences très concrètes.
03:45Dans la recherche médicale, par exemple,
03:47pendant des décennies, les protocoles ont été construits
03:50à partir de corps masculins considérés comme la norme.
03:53Résultat, aujourd'hui encore les femmes sont surdosées
03:57dans de nombreux traitements.
03:59C'est une conséquence directe d'une science pensée sans elle.
04:02Dans l'aménagement des villes dont on conçut
04:04sans prendre en compte les usages différenciés de l'espace public,
04:07dans les dispositifs de sécurité qui n'intègrent pas toujours
04:10la réalité des violents spécifiques auxquels les femmes sont exposées.
04:14A chaque fois la même question,
04:16qui était autour de la table ?
04:17Alors oui, il faut aller plus loin,
04:19renforcer les sanctions quand les règles ne sont pas respectées,
04:22faire évoluer les index pour qu'ils mesurent le pouvoir réel
04:24et pas simplement la représentation,
04:26étendre les quotas là où ils n'existent pas encore,
04:29et surtout considérer l'évidence.
04:31Une société qui décide sans les femmes
04:33est une société qui produit des décisions incomplètes.
04:36Une démocratie qui laisse une partie de sa population
04:38à distance du pouvoir ne peut pas prétendre fonctionner
04:41pleinement et équitablement.
04:42S'engager pour le partage du pouvoir
04:44est la condition d'une société plus juste,
04:46plus lucide, plus efficace
04:48dans la manière dont elle comprend le réel
04:50et la composition de sa population.
04:55Aujourd'hui dans la force de l'engagement,
04:58je donne la parole à Nathalie Pille,
05:00haute fonctionnaire, personnalité qualifiée
05:02du Haut Conseil d'égalité,
05:03présidente de 2GAP, un collectif
05:05qui travaille sur un sujet central
05:07et encore largement impensé,
05:09le partage réel du pouvoir
05:11entre les femmes et les hommes.
05:13Bonjour Nathalie.
05:14Bonjour Muriel.
05:15Alors, 2GAP est encore peu connu du grand public.
05:19Pourtant, vous rassemblez
05:21de très importants réseaux professionnels
05:23féminins et mixtes,
05:24issus du public comme du privé.
05:26C'est quoi 1GAP exactement ?
05:28Comment ce collectif est organisé
05:30et pourquoi il se distingue
05:32des autres réseaux qui travaillent sur l'égalité ?
05:35Alors, 2GAP, c'est la fédération
05:37des réseaux professionnels féminins et mixtes
05:40des secteurs publics et privés.
05:41C'est un réseau qui a fêté ses 6 ans aujourd'hui
05:45et qui a une caractéristique particulière.
05:47Il rassemble des réseaux
05:49qui sont à l'intérieur
05:49de leurs organisations de travail,
05:51c'est-à-dire des réseaux professionnels
05:52dans les entreprises,
05:53des réseaux professionnels
05:54dans la fonction publique.
05:55Moi-même, je suis haute fonctionnaire,
05:57membre de Femmes de l'Intérieur, par exemple.
05:59Vous avez Femmes et Diplomatie,
06:01Femmes de Bercier, etc.
06:02Et puis, vous avez sur le secteur privé
06:03tous les champs professionnels
06:04qui peuvent exister.
06:05Et nous rassemblons aujourd'hui
06:0690 réseaux professionnels
06:08qui représentent environ 500 000 membres en France.
06:11Alors, pourquoi on a créé
06:12ce réseau uniquement sur la gouvernance ?
06:15Parce que 2GAP, ça signifie
06:16Gender and Governance Action Platform.
06:19Donc, on travaille exclusivement
06:21sur la gouvernance.
06:22Parce que les réseaux professionnels féminins,
06:24en fait, ils existent depuis très longtemps.
06:26Ils dialoguent beaucoup
06:27avec leur hiérarchie
06:30quand il s'agit du secteur public,
06:32par exemple.
06:33Et on voit qu'on a beaucoup d'avancées
06:35sur les questions d'égalité professionnelle
06:36depuis un certain nombre d'années.
06:38mais on a extrêmement peu d'avancées
06:41sur le partage de la gouvernance
06:42dans les organisations professionnelles.
06:46Et quand on dit aux parlementaires
06:49ou au gouvernement,
06:50quand on fait remarquer
06:51qu'on avance beaucoup sur certains sujets
06:52mais pas sur le partage de la décision,
06:54et donc la place des femmes dans la décision,
06:56on nous a répondu jusqu'à ces dernières années
06:58qu'il fallait quand même se réjouir des avancées
07:01mais qu'on allait traiter ce sujet ultérieurement.
07:04Alors, à force de n'avoir ce type de réponse,
07:06on s'est dit,
07:07si on interpellait finalement les pouvoirs publics
07:09et les entreprises uniquement sur ce sujet,
07:12peut-être qu'enfin on pourrait travailler sur ce point
07:15et voir si on pourrait améliorer la place des femmes
07:18dans les lieux de décision.
07:19Alors, pourquoi cette question du pouvoir
07:21et de la gouvernance
07:22est le véritable enjeu de l'égalité
07:24entre les femmes et les hommes ?
07:25On s'est aperçu,
07:26c'est ce que vous disiez dans votre introduction
07:28tout à l'heure,
07:29que l'égalité, ça s'arrête à porte du pouvoir.
07:32L'égalité, elle progresse dans les différentes strappes
07:36de la vie professionnelle des femmes
07:39mais elle s'arrête aux portes du pouvoir.
07:40Et le pouvoir, c'est la décision.
07:41La décision, comme vous le disiez très bien,
07:43c'est la décision sur l'ensemble des politiques publiques,
07:47en tout cas pour ce qui concerne le monde public,
07:49l'ensemble des politiques publiques
07:50qui s'adressent à la population.
07:51Or, il y a beaucoup d'études qui démontrent
07:54et j'en citerai surtout une
07:55qui est très intéressante de Quentin Lippmann,
07:58Femmes au pouvoir,
07:59qui démontre que quand les femmes ont des marges de manœuvre
08:02suffisantes pour pouvoir décider,
08:04elles mettent en place des politiques publiques
08:06et des lois qui rencontrent,
08:07représentent mieux les intérêts des femmes.
08:10Parce que les femmes n'ont pas la même vie
08:12que les hommes en réalité,
08:13elles n'ont pas les mêmes expériences de vie,
08:16les mêmes contraintes,
08:17les mêmes risques,
08:18aussi bien en termes de sécurité
08:20qu'en termes de santé également.
08:23Et donc, si on ne prend pas en compte
08:25ce qui concerne la moitié de la population,
08:28eh bien, on rate la cible
08:29et même la mission, je dirais,
08:30des politiques publiques
08:31qui est la redevabilité vis-à-vis
08:33de l'ensemble de la population.
08:34Et l'ensemble de la population,
08:35ce n'est pas la moitié de la population.
08:37Et donc, c'est très important
08:38d'avoir cette mixité dans la prise de décision,
08:41précisément parce que ça corrige
08:42les angles morts des politiques publiques.
08:44Alors, vous avez publié un livre blanc
08:45très intéressant
08:47où vous montrez que les outils utilisés,
08:51les index, les baromètres, les indicateurs,
08:53donnent le sentiment
08:53que l'égalité progresse.
08:55En même temps, vous expliquez
08:57que ces outils peuvent aussi masquer
08:59la réalité du pouvoir
09:01parce qu'en fait,
09:02ils ne regardent pas vraiment
09:03qui décide et à quel niveau.
09:05Mais alors, ces outils,
09:06ils sont vraiment essentiels
09:08ou ils passent à côté de l'essentiel ?
09:10Alors, il faut faire attention
09:12d'utiliser les outils actuels
09:15pour répondre à des questions
09:17qui sont des questions
09:17beaucoup plus vastes.
09:19Dans le secteur privé,
09:20il y a toute une série d'outils
09:21qui permettent de mesurer
09:22la place des femmes
09:23à différents postes de décision
09:24dans les entreprises.
09:27Je citerai des outils
09:29de type les baromètres de schéma,
09:32par exemple.
09:33Mais la définition de ces outils,
09:35elle est très hétérogène.
09:36Ils ont des périmètres très hétérogènes.
09:39Ils répondent à des questions
09:40parfois très précises.
09:42L'index qu'on a appelé
09:43l'index Pénicaud,
09:44qu'on a appelé index égalité,
09:45en réalité,
09:46c'est un index qui mesure
09:48l'égalité salariale,
09:49mais pas l'égalité en tant que telle.
09:51Donc, ce sont des outils
09:52qui sont partiels.
09:54Dans le secteur public,
09:55en fait,
09:55on n'a pas de baromètre réellement
09:57et nous avons créé
09:58un baromètre l'année dernière
09:59dans le cadre du livre blanc
10:01de Tougap
10:02sur la mesure du partage
10:04de la gouvernance
10:04dans le secteur public
10:05et dans le secteur privé.
10:06Et on a voulu faire
10:08une photographie
10:08de la réalité
10:10de la place des femmes
10:11en fonction du niveau de décision.
10:13Parce que quand on prend
10:14de façon extrêmement globale
10:16l'ensemble des postes
10:18de décision
10:18qui sont visés
10:19par les lois,
10:20en fait,
10:20les lois parité,
10:22eh bien,
10:22c'est un grand tout
10:23dans lequel vous avez
10:24en même temps
10:25un poste de sous-directeur,
10:27un poste de directeur adjoint,
10:28de directeur
10:28et de directeur général.
10:29Or,
10:29on n'a pas la même
10:32capacité à décider
10:33et surtout à prendre
10:34des décisions
10:35sur les politiques publiques
10:36en fonction du niveau.
10:37Donc,
10:37on a mis en place
10:38des baromètres
10:38qui permettent
10:39de pondérer
10:41la capacité
10:42à décider
10:42dans une organisation.
10:44Et ça nous permet
10:45de voir
10:45beaucoup plus finement
10:46la réalité
10:48de la place
10:51des femmes
10:51dans la prise
10:52de décision.
10:53Alors,
10:54on va se poser
10:54quand même une question.
10:55Si ce pouvoir
10:56reste toujours
10:57aussi concentré,
10:59est-ce qu'on peut
11:00en conclure
11:01que derrière
11:01le discours de l'égalité,
11:03il y a une résistance
11:04réelle
11:04à partager ce pouvoir.
11:06Et on va se demander
11:07si cette résistance
11:08est structurelle.
11:09On en parle
11:10juste après la pause.
11:12Retrouvez la force
11:13de l'engagement
11:14avec AJP,
11:15épargne,
11:16retraite,
11:17assurance emprunteur,
11:18prévoyance,
11:19santé.
11:21Sud Radio,
11:22la force de l'engagement,
11:2415h,
11:2415h30,
11:26Muriel Rius.
11:27Alors,
11:27donner la parole
11:27à celles et ceux
11:28qui font bouger la société,
11:29c'est sur Sud Radio,
11:30c'est dans la force
11:31de l'engagement.
11:32Aujourd'hui,
11:32avec Nathalie Pille,
11:34présidente de Tougap,
11:35nous nous engageons
11:36pour comprendre
11:37pourquoi le pouvoir
11:37reste encore
11:38massivement masculin
11:39et qu'est-ce que cela
11:40produit concrètement
11:42dans nos décisions collectives.
11:44Alors Nathalie,
11:44cette résistance au pouvoir,
11:46est-ce qu'elle est structurelle ?
11:48Oui,
11:49elle est vraiment structurelle.
11:50On voit bien
11:51que depuis
11:52plusieurs dizaines d'années,
11:53il y a une résistance
11:55à l'introduction
11:58de dispositifs
11:58qui visent à corriger
11:59cette présence massive
12:00des hommes
12:01dans les postes de décision.
12:02On voit bien,
12:03par exemple,
12:04au niveau politique,
12:05sur la place des femmes
12:06en politique,
12:09les partis politiques
12:10ont mis
12:11plus d'une quinzaine
12:12d'années,
12:12d'une façon générale,
12:13à désigner des femmes
12:15sur des postes,
12:16sur des mandats
12:17qui sont considérés
12:18comme gagnables.
12:19Alors évidemment,
12:20c'est structurel,
12:21on voit bien
12:21tous les contournements
12:23qui peuvent être à l'œuvre
12:24et même dans la loi.
12:26La loi prévoit
12:26quand on ne respecte pas
12:28la parité,
12:28il y a des amendes.
12:29Et bien si on ne respecte pas
12:30la parité,
12:31il devrait y avoir
12:32une invalidation quelque part.
12:34Mais aussi bien
12:35les partis
12:35que les employeurs publics
12:36préfèrent payer
12:38plutôt que respecter
12:39la parité.
12:39Donc on voit bien
12:40qu'il y a une résistance.
12:42Et puis je dirais
12:42qu'il y a une résistance
12:43d'un certain type d'homme.
12:44C'est ce qu'on appelle
12:45dans les pays nordiques,
12:47en Norvège
12:48ou en Suède,
12:49la crise de l'homme médiocre.
12:51Ça s'appelle
12:52la crise de l'homme médiocre.
12:53Je vous renvoie d'ailleurs
12:54à l'étude de Quentin Lippmann
12:55sur la question,
12:56c'est extrêmement intéressant.
12:57parce qu'en réalité,
12:59ce qu'on observe
12:59dans les études
13:00depuis une trentaine d'années
13:02sur les conseils municipaux,
13:04sur les conseils
13:05d'administration
13:05des entreprises,
13:06c'est que la féminisation
13:08grâce au quota
13:09a permis
13:09une amélioration
13:10en fait
13:11du niveau même
13:12d'instruction
13:14et de qualification
13:15de ces conseils
13:17divers et variés.
13:18Et donc ceux
13:19qui se sentent
13:19extrêmement menacés,
13:20ce sont les hommes
13:21qui sont potentiellement
13:22remplacés,
13:23remplaçables
13:23par des femmes
13:24plus compétentes.
13:26C'est intéressant.
13:28L'homme médiocre.
13:29Ma crise de l'homme médiocre.
13:30J'avais pas entendu
13:31parler de ça encore.
13:32Alors, moi maintenant,
13:33j'aimerais que vous nous donniez
13:34des exemples.
13:35Des exemples de sujets
13:36qui ne sont pas vus,
13:37pas pensés
13:38ou maltraités
13:39quand le partage du pouvoir
13:41ne se fait pas
13:42dans les politiques publiques.
13:44Alors, je peux vous donner
13:45deux types d'exemples.
13:46Un exemple que tout le monde
13:47connaît, bien entendu,
13:48c'est l'IVG.
13:49C'est bien sûr
13:52l'interruption volontaire
13:53de grossesse.
13:53On a bien vu à quel point
13:55ce sujet
13:56créait une fracture
13:57entre les femmes
13:58et les hommes
13:58et que plus il y avait
13:59de femmes à décider
14:02l'instauration d'IVG
14:03et une mise en œuvre
14:06beaucoup plus intéressante
14:08pour les femmes elles-mêmes,
14:09on voyait bien
14:10qu'il y avait une résistance
14:11masculine,
14:12notamment au Parlement.
14:12Pour ce qui concerne
14:13des décisions
14:14qui sont des décisions publiques
14:15au sein de l'exécutif,
14:16moi-même,
14:16je suis haute fonctionnaire
14:17et donc j'aurai,
14:18comme toutes mes collègues,
14:20des centaines d'exemples
14:21extrêmement amusants,
14:22parfois non,
14:23à donner,
14:24mais je peux vous en donner
14:24quand même au moins deux.
14:26Il y a une quinzaine,
14:28un peu plus d'une quinzaine
14:28d'années,
14:29quand je travaillais
14:29sur la prévention
14:30de la délinquance
14:31et que j'étais en réunion
14:33à Matignon d'arbitrage,
14:35à Matignon,
14:35sur les crédits
14:36de la politique de la ville
14:37qui sont des crédits
14:38extrêmement importants.
14:40Et donc,
14:40la réunion,
14:41il y avait 40 personnes
14:42et présidée,
14:43évidemment,
14:43par nos deux collègues
14:44hommes de Matignon.
14:46Et quand moi,
14:46j'ai posé la question
14:47de savoir
14:48si les crédits
14:49de la politique de la ville
14:50impactaient autant
14:51les garçons que les filles
14:52et s'ils se traduisaient
14:53en activité
14:54autant pour les garçons
14:55que pour les filles,
14:55on m'a répondu
14:56mais ne vous inquiétez pas,
14:58on a prévu
14:59les cours de cuisine
15:00et les cours de couture
15:03et apparemment,
15:04ça ne choquait pas.
15:05Est-ce que c'était possible
15:06encore aujourd'hui ça ?
15:07Je pense que non.
15:08Je pense que non.
15:09Je crois que maintenant,
15:09le sujet est bien connu
15:12et en tout cas,
15:13je pense qu'il y aurait
15:14même une autocensure
15:15de la part de ceux
15:15qui pourraient le penser
15:16mais qui ne le diraient pas.
15:17Mais en tout cas,
15:18il y a une quinzaine d'années,
15:18c'est quand même
15:19ce qu'on nous disait,
15:20ce que j'en ai entendu
15:21quand même en réunion
15:21d'arbitrage à Matignon
15:22et là où on fait
15:23les politiques publiques
15:24quand même.
15:24Donc ça,
15:25c'est un exemple.
15:26Un autre exemple aussi,
15:28moi j'ai assisté
15:29à une conférence
15:30extrêmement intéressante
15:31il y a une dix,
15:32douzaine d'années
15:32au CNRS
15:33par la mission mixité
15:35du CNRS
15:35justement sur les biais
15:36de genre
15:37dans les décisions
15:38de politique scientifique
15:40et de choix
15:41sur notamment
15:43l'élaboration
15:43de médicaments en particulier
15:46où les chercheurs
15:47qui étaient là
15:48disaient que
15:49quand ils souhaitaient
15:50faire des tests
15:51sur des souris femelles,
15:53on leur rétorquait
15:54que ça biaisait
15:55le résultat.
15:57Ça biaisait quel résultat ?
15:58Puisque la population
15:59française dans le monde
16:01est majoritairement féminine,
16:02donc ça biaise quoi
16:03en réalité ?
16:04Et ça revient
16:05à en fait
16:05avoir des protocoles
16:07qui surdosent
16:09les femmes.
16:10Nous sommes surdosées
16:11depuis notre naissance
16:12sur le plan
16:14médicamenteux
16:15et avec des impacts
16:16très importants
16:17puisqu'on a quand même
16:18pu chiffrer
16:19que l'impact
16:20de ce surdosage
16:21sur les femmes
16:21ça provoquait
16:22plus de 60%
16:23de risques supplémentaires
16:25d'effets
16:27sur la santé.
16:29Donc ça c'est très important
16:30quand même
16:30d'avoir une décision.
16:31Mais ça c'est pas résolu
16:32je ne suis pas sûre
16:32qu'aujourd'hui
16:33les souris femelles
16:34soient intégrées
16:35dans les protocoles.
16:36Oui oui tout à fait.
16:38Alors
16:39moi il y a un sujet
16:40sur lequel j'aimerais
16:40un peu revenir avec vous
16:42parce que vous avez
16:42une vision très précise
16:43sur celui-ci
16:44c'est celui des quotas.
16:45On entend souvent dire
16:46qu'il serait artificiel
16:47qu'il favoriserait
16:48les femmes
16:49au détriment
16:49des compétences.
16:50Vous avez
16:51une façon
16:52de le traiter
16:53avec un renforcement
16:54complet
16:55et je vous laisse
16:56l'exprimer d'ailleurs.
16:57Oui alors
16:57moi les quotas
16:59maintenant
16:59depuis un certain nombre
17:00d'années
17:00j'explique
17:01une réalité
17:02c'est que les quotas
17:03ont été inventés
17:04par les hommes
17:05ils n'ont pas été inventés
17:06par les femmes.
17:06Donc quand on nous dit
17:07les quotas
17:08c'est un problème
17:09oui bien sûr
17:09c'est un problème
17:10les quotas ont été inventés
17:11par les hommes
17:12c'est-à-dire qu'on a
17:12des quotas
17:13de 100% d'hommes
17:14et de 0% de femmes.
17:16Jusqu'en 44
17:17on avait 100% d'hommes
17:18qui votaient
17:19et 0% de femmes.
17:20Sur toute une série
17:21de métiers
17:22encore jusque dans
17:23les années 80 et 90
17:24on avait
17:27100 voire 90%
17:29d'hommes
17:30et 0 à 10%
17:31de femmes.
17:33Donc là aujourd'hui
17:34on est en train
17:34de traiter
17:35l'évolution
17:36de 100-0
17:37vers 50-50.
17:39Donc moi
17:40je renvoie
17:41aux créateurs
17:42des quotas
17:43de 100-0
17:43la réflexion
17:44sur les quotas
17:45sont une mauvaise idée.
17:46Certes
17:47mais en tout cas
17:47il faut corriger
17:48ce qu'on a mis en place
17:50et ce que je voudrais
17:52aussi donner
17:52comme exemple
17:53c'est que pour
17:54des métiers
17:55comme les enquêteurs
17:56de police
17:57on avait encore
17:58des quotas
17:59de 95%
18:01d'hommes
18:02par le décret
18:03de 1986
18:04ce décret
18:04ayant été supprimé
18:05en 1992
18:07donc c'est pas
18:081892
18:09c'est pas un décret
18:10de 1886
18:111986
18:13et les enquêteurs
18:14ils sont
18:15comme vous et moi
18:17on ne porte pas
18:18des charges lourdes
18:18forcément
18:19etc.
18:19Donc pourquoi
18:20ce type de quotas
18:21aussi massif
18:23encore dans les années
18:2480 et 90
18:25sur ce type de métier ?
18:26Donc moi
18:27ce que je pense
18:27qu'il faut
18:29avoir en tête
18:30qu'au lieu
18:31de parler
18:32de quotas
18:32de femmes
18:33on pourrait
18:33parler de quotas
18:34d'hommes
18:35et pourquoi
18:35ces quotas
18:36d'hommes
18:36sont aussi
18:38massivement
18:40importants
18:40alors
18:41est-ce que tout ça
18:42ça va provoquer
18:43ou ça provoque
18:44une gender fatigue
18:45est-ce que
18:46cette gender fatigue
18:47dont on parle
18:47de plus en plus
18:48c'est un essoufflement
18:50du sujet
18:50c'est une réaction
18:51face à un déplacement
18:52réel du pouvoir
18:53comment est-ce qu'on répond
18:54à cette gender fatigue ?
18:57Alors moi
18:58je parle plutôt
18:59de gender résistance
19:00déjà
19:01et je parle
19:02de gender fatigue
19:03pour les femmes
19:04qui sont fatiguées
19:06de voir
19:06que les dispositifs
19:08sur la parité
19:10et l'égalité professionnelle
19:11mettent beaucoup de temps
19:12à être mis en place
19:14je rappelle quand même
19:16que la loi
19:17sur l'égalité salariale
19:19en France
19:20elle date de 1972
19:21donc il y a plus
19:23de 50 ans
19:24donc il peut y avoir
19:25une certaine lassitude
19:26et une gender fatigue
19:27il y a une gender résistance
19:29de la part
19:30de la part
19:31des hommes
19:31et je pense
19:32que c'est extrêmement
19:34important
19:34de pouvoir
19:35les embarquer
19:37en réalité
19:38pouvoir les former
19:39parce que
19:40les femmes
19:41qui réfléchissent
19:42les femmes réfléchissent
19:42depuis très longtemps
19:43maintenant
19:43sur leur situation
19:45leur situation
19:46sociale
19:46économique
19:47politique
19:47et donc
19:48elles ont compris
19:49un certain nombre
19:50de mécanismes
19:50moi quand j'ai commencé
19:51ma vie professionnelle
19:52mais ces mécanismes
19:53je ne les avais pas compris
19:54je les ai compris
19:55au fur et à mesure
19:56du développement
19:56de ma carrière
19:57ça veut dire
19:58qu'on devient féministe ?
19:59on devient féministe
20:00quand on s'aperçoit
20:01où sont les mécanismes
20:02d'éviction
20:03mais quand on ne s'aperçoit pas
20:05qu'on ne comprend pas
20:06ces mécanismes d'éviction
20:07et bien on continue
20:08en se disant
20:08soit c'est moi
20:09qui suis moins bien
20:12et moins performante
20:13que mon collègue
20:14et puis on s'aperçoit
20:14quelques années après
20:15qu'en fait
20:15non pas du tout
20:16les sujets sont très différents
20:18donc les hommes
20:19eux-mêmes
20:19ne se sont pas posés
20:20cette question pour eux-mêmes
20:21ils ne se sont pas trop
20:22posés les questions
20:23pour les femmes
20:23parce que ce sont elles
20:24donc les femmes
20:25ont je dirais
20:26plusieurs années d'avance
20:29sur la réflexion
20:30de qu'est-ce qui se passe
20:31dans le monde professionnel
20:32et dans l'accession
20:33au poste de décision
20:34et je pense qu'il est
20:36très important
20:36de former les hommes
20:37on a beaucoup formé les femmes
20:38maintenant les femmes
20:38ça y est
20:39elles sont formées
20:39je crois qu'on n'a pas
20:41besoin de former davantage
20:42les femmes à beaucoup de choses
20:43en revanche
20:43les hommes doivent être formés
20:45à la compréhension
20:46des stéréotypes sexistes
20:47que nous portons tous
20:48hommes comme femmes
20:49mais eux également
20:50et les stéréotypes sexistes
20:52qui portent aussi
20:53quand ils embauchent
20:55ou quand ils promeuvent
20:56des femmes
20:57dans leurs univers professionnels
20:59qu'ils comprennent
21:00les mécanismes
21:01et qu'ils mettent en place
21:02un certain nombre
21:02de dispositions
21:03pour les neutraliser
21:04et je pense qu'il faut aussi
21:05embarquer les hommes
21:06sur la réflexion
21:07sur les injonctions sociales
21:08et économiques
21:09auxquelles ils sont soumis
21:10les injonctions auxquelles
21:11les femmes sont soumises
21:12et notamment
21:12dans une plus grande participation
21:14un plus grand investissement
21:16de la charge domestique
21:17et familiale
21:17parce que là
21:18c'est quand même
21:19le nœud
21:19de la discrimination
21:21qu'on a
21:21à l'encontre des femmes
21:23et notamment
21:23des femmes les plus jeunes
21:24dans le monde professionnel
21:25et bien Nathalie
21:26nous arrivons au terme
21:27de cette conversation
21:28un dernier mot
21:29un dernier mot
21:30embarquons les hommes
21:31et on gagnera
21:32la bataille
21:33de la réelle démocratie
21:34est-ce que la formation
21:36va suffire
21:37à leur faire accepter
21:38une perte de privilèges
21:39la question reste
21:40tout de même posée
21:42alors merci beaucoup
21:43Nathalie Pille
21:45d'avoir été avec nous
21:47ce matin
21:48cette conversation
21:49nous rappelle
21:50que l'égalité
21:51ne se joue pas
21:51uniquement dans les textes
21:52ni dans les intentions
21:53elle se joue là
21:54où se prennent les décisions
21:56et tant que le pouvoir
21:57restera concentré
21:58tant qu'il ne sera pas
21:59réellement partagé
22:00une partie de la société
22:01restera de fait
22:02à distance
22:03de ce qui la concerne
22:04Force de l'engagement
22:05c'est chaque dimanche
22:06sur Sud Radio
22:07retrouvez l'intégralité
22:08de l'émission
22:09en podcast
22:10sur sudradio.fr
22:11et sur toutes les plateformes
22:12rendez-vous dimanche prochain
22:14même heure
22:14même énergie
22:15excellent dimanche
22:16c'était la force
22:17de l'engagement
22:18avec AJP
22:20épargne
22:21retraite
22:22assurance emprunteur
22:23prévoyance
22:24santé
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