- il y a 17 minutes
Avec le Général Vincent Desportes (ancien directeur de l'Ecole de Guerre) et Adel Bakawan (directeur de l'Institut européen pour les études du Moyen-Orient et l'Afrique du Nord)
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NewsTranscription
00:009h10, Sud Radio, La Vérité en Face, Benjamin Glaze.
00:05La Vérité en Face, on ouvre les débats ce matin à propos de l'international.
00:10La fin de la guerre au Moyen-Orient est-elle proche ?
00:12Samedi encore, Donald Trump parlait d'un accord largement négocié hier.
00:16Son secrétaire d'État, Marco Rubio, annonçait même une possible nouvelle dans les heures à venir.
00:20Toujours rien ce matin.
00:22Le président américain a tendance à plutôt temporiser.
00:25Alors l'espoir d'un accord imminent n'est-il qu'un mirage pour en parler ?
00:28Ce matin, je reçois le général Vincent Desportes.
00:31Bonjour général.
00:32Merci d'être avec nous ce matin, ancien directeur de l'école de guerre, auteur du livre Le Piège américain.
00:37Et puis ce livre également, Stratégie, les essentielles.
00:41Qui vient de sortir.
00:41Qui vient de sortir.
00:42On comprend tous les échecs de Trump.
00:44La pensée et l'action.
00:45Bon, on parlait des échecs peut-être de Trump déjà.
00:48On ne sait pas s'il a déjà perdu la bataille d'une certaine manière.
00:50A la première, très sûrement.
00:51La première, très sûrement.
00:53On verra en ce qui concerne les négociations.
00:55Et puis avec nous également, Adèle Bacawan, bonjour.
00:58Merci à vous également d'être avec nous ce matin sur Sud Radio.
01:01Vous êtes directeur, vous, de l'Institut Européen pour les études du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord.
01:06J'aimerais qu'on parle.
01:07Alors, la dernière, la dernière information en date, puisqu'on suit cela vraiment minute par minute d'une certaine manière.
01:15La dernière information en date, eh bien ce sont ses propos.
01:19Ses propos du chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio.
01:23Un accord est toujours possible.
01:25Il l'a déclaré il y a quelques heures.
01:26C'était cette nuit.
01:27Il dit accord peut-être pour aujourd'hui.
01:30Est-ce qu'il est raisonnable véritablement d'y croire, général Vincent Desportes ?
01:33Alors, je crois qu'il ne faut surtout pas avoir une date en tête.
01:40Par contre, il est très probable qu'on n'arrivera non pas à un accord, ce n'est pas le
01:43but,
01:43mais à un début d'agrément pour commencer des négociations qui pourraient éventuellement déboucher sur une solution finale.
01:51On en est là.
01:52On ne cherche pas un accord.
01:54On cherche un moyen de commencer à pouvoir parler sérieusement, ce qui présuppose quand même un préaccord.
02:00C'est ça.
02:01Pas un accord, mais un préaccord.
02:03Alors, quand je dis qu'on va y arriver, les Américains et Trump le veulent absolument.
02:08Trump a absolument besoin de cette pause de 60 jours dans laquelle on va trouver la Coupe du Monde de
02:15football
02:16et le 250e anniversaire de la fondation des Etats-Unis.
02:21Ça, c'est une date importante, oui.
02:23Bien sûr, c'est une date importante pour plusieurs raisons.
02:25Et une des raisons, c'est que si la guerre reprend, l'Iran a dit qu'elle utiliserait cette république
02:32avec des moyens nouveaux.
02:34Et un moyen qu'elle pourrait utiliser, évidemment, c'est le terrorisme qu'elle connaît et pratique bien.
02:40L'Amérique sera vulnérable.
02:41Elle aura des centaines de milliers d'Américains et d'étrangers sur son sol pendant cette période de deux mois.
02:48Et je pense que ce serait prendre un risque considérable, effectivement, que de se relancer aujourd'hui dans des hostilités.
02:56Adèle Bacawan, si j'entends bien, effectivement, le général Vincent Desportes,
02:59on est encore loin d'une résolution de ce conflit, d'une fin de la guerre au Moyen-Orient.
03:04On n'est que sur un début de début d'étape, c'est ça ?
03:07Écoutez, déjà, on ne négocie pas un accord.
03:09Alors, on négocie un mémorandum, c'est différent, c'est-à-dire le cadre d'un accord.
03:15Les Américains et les Iraniens ne se parlent pas directement.
03:18Ils se parlent par l'intermédiaire des Pakistanis et des Qataris.
03:22Donc, c'est très important de noter.
03:24Un, deux, parce qu'il y a des intermédiaires et parce qu'ils sont très, très, très loin de signer
03:30un accord.
03:31Est-ce que parce qu'Anaka a besoin de beaucoup, beaucoup de temps, ils négocient déjà l'ordre de jour
03:36d'Anaka ?
03:37Donc, même sur l'ordre de jour, ils ne sont pas d'accord pour une raison très simple.
03:41Parce que les Américains ont deux priorités qui n'ont rien à voir avec les deux priorités iraniennes.
03:47Pour les Iraniens, d'abord, c'est la fin de la guerre.
03:52Ensuite, c'est la réouverture du détroit d'Hormoz.
03:55C'est paradoxal parce que ce sont les Iraniens qui ont fermé le détroit d'Hormoz en premier.
04:00Et après, ce sont les Américains.
04:02Et pourquoi les Iraniens ?
04:04Parce que tout simplement, cette guerre, c'était un drame pour les Iraniens.
04:09Un drame.
04:10Le chef des Nations Unies nous parle de 30 millions d'Iraniens exposés à la pauvreté extrême à cause de
04:16cette guerre.
04:16Le vice-président iranien nous dit 12 millions d'emplois détruits à cause de cette guerre.
04:22Et ensuite, économiquement, on sait très bien que l'Iran, comme l'Arabie Saoudite, comme les Émirats, comme le Qatar,
04:29c'est un pays pétrolier.
04:30Il n'y a que du pétrole, il n'y a pas autre chose.
04:3290% de l'économie du pays, c'est du pétrole.
04:36Et 90% de saut de pétrole se trouve sur l'île du Karg.
04:40Et 90% de saut de pétrole est bloqué à cause du blocus américain.
04:45Donc ça, c'est les deux priorités iraniennes inclus.
04:49Et l'Iran qui veut mettre la main sur ce détroit d'Hormuz, au final.
04:51Oui, ça c'est bien évidemment ça.
04:53Bien sûr, bien sûr, ça, on y revient.
04:55Alors donc, les deux priorités iraniennes acceptées par Donald Trump.
04:59En revanche, les deux priorités américaines ne sont pas acceptées par les Iraniens.
05:03La première priorité, et je m'arrête, parce que je sais que j'ai détaillé un peu,
05:08c'est le programme atomique.
05:09Les Iraniens ne sont pas disposés à discuter maintenant,
05:13dans ce pré-accord ou dans ce mémorandum, leur programme atomique.
05:17Et la deuxième priorité de Donald Trump, c'est les 440 kg d'uranium.
05:22Les Iraniens ne sont absolument pas disposés à discuter ces 400 kg d'uranium enrichis.
05:29Et donc, Donald Trump est totalement bloqué.
05:30Donald Trump complètement bloqué.
05:34Général Vincent Desportes, ça veut dire que, clairement,
05:37il y a encore énormément de points de désaccord.
05:40Même pour faire ce mémorandum, finalement, c'est difficile, c'est compliqué.
05:46C'est compliqué, les points de blocage viennent d'être niqués.
05:50Et puis, c'est compliqué aussi, parce qu'en interne, Trump est évidemment extrêmement critiqué.
05:55Et en particulier, les Républicains et les Magas disent, attention, là, on a fait une guerre pour rien.
06:02L'Amérique est devenue un tigre de papier, ce que Trump reprochait auparavant à l'OTAN.
06:08Et finalement, on va sortir de cette guerre dans une position beaucoup moins bonne que celle dans laquelle on y
06:14était entré.
06:14Ce qui est vrai, par ailleurs.
06:17Mais en même temps, il y a ces points de blocage, mais Trump veut vraiment y arriver.
06:21Je crois que les militaires américains lui ont expliqué, on peut refrapper, il n'y a aucun problème.
06:26Mais il n'y a aucune assurance qu'une nouvelle campagne de cinq semaines de bombardement
06:31parvienne à un autre résultat que les premières cinq semaines.
06:35Donc, Trump est vraiment dans le piège dans lequel il s'est mis lui-même.
06:40Je pense que, comme il a besoin de cette pause de 60 jours, il va mettre de l'eau dans
06:45son vin,
06:46quelles que soient les critiques en interne.
06:49De toute façon, il faut qu'il décide là, pas dans les minutes, mais dans les quelques jours qui viennent.
06:55J'y vais ou j'y vais pas.
06:57On ne peut pas rester comme ça éternellement, bien sûr.
06:59Oui.
07:01Trump a, en courte huité, il s'est donné sept jours.
07:06Six à sept jours aux Iraniens pour eux qu'ils tranchent.
07:10Et pourquoi les Iraniens ?
07:12Parce que Donald Trump, dans sa version, ce n'est pas lui qui bloque.
07:15Ce sont les Iraniens qui bloquent.
07:17Et parce que, tout simplement, au sein du régime, vous avez quatre pôles du pouvoir.
07:21Vous avez vu le maréchal Mounir, le Pakistanais, lorsqu'il était à Téhéran ?
07:25Normalement, dans un état normal,
07:28vous rendez visite à un état, dans un état, vous allez rencontrer le chef.
07:33Et après, vous rentrez chez vous.
07:35Vous allez négocier, par exemple, l'Arabie Saoudite avec Mohamed Mousselman,
07:39en Égypte avec maréchal Sissi, aux États-Unis avec Donald Trump.
07:43Et après, vous rentrez chez vous.
07:44Le pauvre maréchal Mounir, il devait rester pendant des heures et des heures pour rencontrer le chef du Parlement,
07:51parce que c'est un pôle de pouvoir, le président de la République, parce que c'est un autre pôle
07:55de pouvoir,
07:56Wahidi, c'est le chef des gardiens, c'est un autre pouvoir,
07:59et il n'a pas pu rencontrer Mouchtaba, le guide suprême.
08:01Et donc, ces pôles-là, ils sont en compétition.
08:04Lorsque vous négociez avec un pôle, l'autre n'est pas d'accord.
08:07Lorsque vous négociez avec l'autre, l'autre n'est pas d'accord.
08:10Et vous avez un guide, la mission historique du guide, depuis 79 jusqu'à aujourd'hui,
08:15une des premières missions, c'est trancher.
08:18Seulement, aujourd'hui, le guide pour la question de santé,
08:21on le sait, il a été frappé,
08:23et pour la question de sécurité,
08:25c'est l'homme le plus recherché sur la planète, n'est-ce pas ?
08:28Il n'est pas toujours accessible.
08:29Et donc, les Iraniens, comme les Américains,
08:32les 12 sont bloqués, ils n'arrivent pas à trancher.
08:34Et ensuite, Donald Trump a un vrai problème.
08:37Le problème, c'est l'accord de Barack Obama
08:40qui a été signé avec les Iraniens.
08:42Maintenant, son modèle, son contre-modèle,
08:44c'est, enfin, son modèle, à ne pas reproducer le modèle de Barack Obama.
08:49Il a deux critiques.
08:50La première, c'est que Barack Obama a donné accès à tort ou à raison.
08:54On n'est pas là pour dire il a raison ou il a tort,
08:56mais c'est sa version.
08:57Il a donné l'accès à la bombe nucléaire aux Iraniens
09:00et il a donné accès à beaucoup,
09:02des milliards et des milliards d'argent aux Iraniens.
09:05Moi, je dois bloquer l'accès à la bombe nucléaire.
09:09Moi, Donald Trump, je dois bloquer l'accès à l'argent.
09:12Général Vincent Deporte, est-ce qu'encore aujourd'hui,
09:14on en est donc au stade des négociations, bien sûr,
09:16est-ce qu'encore aujourd'hui, Donald Trump peut se trouver une porte de sortie,
09:19on va dire, pas trop honteuse d'une certaine manière pour lui ?
09:23Écoutez, vous savez, ce serait quoi ?
09:25Ce serait quoi dans ce cas-là ?
09:26Écoutez, tout est dans le discours chez Trump.
09:29L'important pour lui, effectivement, c'est qu'il arrive à transformer
09:32l'absence de victoire en succès.
09:34C'est son affaire.
09:36Bon, on sait comme il est doué pour faire ce genre de choses,
09:38mais il est clair qu'aujourd'hui, il ne peut pas parvenir à un succès brillant.
09:43Mais on comprend bien qu'il faut quand même qu'il arrive encore
09:47à tordre un peu plus le bras des Iraniens
09:50avant d'arrêter cette trêve de deux mois.
09:55Non, il est dans une très mauvaise situation
09:57et tout va être dans la communication.
09:58Enfin, on sait qu'il est très bon dans ce domaine-là.
10:00Peut-être qu'il y arrivera-t-il.
10:01Oui, avec les Iraniens, eux, qui sont très bons en négociation.
10:03On a parlé de l'accord sur le programme nucléaire.
10:07Les Iraniens ont l'habitude de négocier,
10:09peut-être de gagner un peu de temps aussi.
10:10Ils jouent là-dessus ?
10:11Oui, absolument, absolument.
10:13À deux conditions.
10:14La réouverture de Détra Dormoz et la fin de la guerre.
10:18Pourquoi il parle de la réouverture de Détra Dormoz ?
10:21J'ai lu ce matin un article, le dernier article
10:24des gardiens de la révolution islamique
10:26dans l'agence TASNIM.
10:29TASNIM, c'est l'agence vraiment, c'est vrai,
10:32non officiel, mais c'est l'agence la plus proche
10:34des gardiens de la révolution, notamment du Vahidi.
10:36Vous savez, cet article, c'est 8 paragraphes.
10:39Dans 8 paragraphes, il y a 13 fois la référence
10:42à l'économie et à l'argent.
10:43Pourquoi ? Parce que le pays est en panne.
10:46Le pays ne fonctionne plus.
10:47Il n'y a plus d'argent.
10:47Il n'y a rien.
10:48Ils ont besoin d'argent.
10:49D'argent, d'argent.
10:5013 fois...
10:51Et pourtant, on a tendance à entendre le discours
10:53de l'Iran joue la montre.
10:54L'Iran ne peut plus jouer la montre.
10:56Non, on ne peut pas.
10:56Le président de la République parle de faillite.
10:59Et même avant cette guerre,
11:01le président voulait vider Téhéran de ses habitants,
11:04de 18 millions d'habitants à Téhéran,
11:06parce qu'il n'y avait plus rien,
11:07même avant la guerre.
11:09Et donc, oui, l'Iran est en grande difficulté.
11:11Mais par contre, bien évidemment,
11:13Donald Trump aussi est en grande difficulté.
11:15La difficulté est réciproque.
11:17Seulement, il y a des conditions,
11:19et je m'arrête,
11:20des conditions objectives
11:21qui déterminent la décision iranienne
11:24comme la décision de Donald Trump.
11:26Et il ne faut jamais oublier
11:27un élément très important.
11:29C'est que les pays du Golfe,
11:31il y a une semaine,
11:32ont demandé,
11:33notamment Mohamed Mousselman,
11:34a demandé à Donald Trump
11:36pour dire que c'est la période du hajj,
11:38le pèlerinage musulman.
11:39Il y a des millions et des millions
11:41de musulmans à la Mecque.
11:43Si vous relancez les attaques,
11:45les espaces aériens au Moyen-Orient
11:47seront bloqués,
11:48et les musulmans ne peuvent pas entrer.
11:50Et paradoxalement,
11:51Donald Trump donne une semaine aux Iraniens
11:54pour apporter de la réponse.
11:55Il y a un point d'accord,
11:56en tout cas,
11:56entre les Etats-Unis et l'Iran,
11:57c'est que les deux acteurs
11:59ont besoin de trouver une sortie
12:01le plus rapidement possible.
12:03C'est-à-dire,
12:04si ces négociations peuvent aussi avancer rapidement,
12:06on verra ce qu'il en est.
12:07En tout cas,
12:08vous avez parlé de la situation
12:09au Moyen-Orient.
12:11Est-ce que ce conflit,
12:12finalement,
12:12ne va pas complètement bouleverser
12:14aussi la place des Etats-Unis
12:15dans cet endroit-là,
12:18effectivement,
12:18dans cette sphère-là
12:19du Moyen-Orient ?
12:21Dans un instant,
12:22on va parler aussi d'Israël.
12:23Il faut parler d'Israël
12:23puisque les bombardements
12:25se poursuivent
12:25sur le Liban,
12:28Israël qui a divisé
12:29le Hezbollah,
12:31milices pro-iraniennes.
12:33Est-ce que ça doit être aussi,
12:34ça doit faire partie,
12:34d'une certaine manière,
12:35de cet accord
12:36que vont trouver
12:36les Etats-Unis
12:37et l'Iran,
12:38s'il y arrive.
12:38On va parler de tout cela
12:40dans un instant.
12:40Restez avec nous.
12:439h10,
12:43Sud Radio,
12:44la vérité en face,
12:46Benjamin Glaze.
12:489h46,
12:49sur Sud Radio,
12:50on poursuit les débats,
12:51bien entendu,
12:52à propos de cette guerre
12:54qui se poursuit,
12:55malgré le cessez-le-feu,
12:56en tout cas,
12:57entre l'Iran
12:57et les Etats-Unis.
12:59Un écor va-t-il bientôt
13:00voir le jour ?
13:01En tout cas,
13:01ça négocie,
13:03vous l'avez dit,
13:03tous les deux.
13:04Je rappelle mes invités ce matin,
13:05Général Vincent Déporte,
13:07ancien directeur
13:07de l'école de guerre,
13:08auteur du livre
13:10« Stratégie,
13:10les essentiels »,
13:12c'est chez Odile Jacob
13:13et puis Adèle Bacawan,
13:14directeur de l'Institut européen
13:15pour les études du Moyen-Orient
13:17et de l'Afrique du Nord.
13:18Vous êtes l'auteur
13:18de la décomposition du Maghreb,
13:20c'est chez Talandier.
13:21Du Moyen-Orient.
13:22Du Moyen-Orient.
13:22J'ai dit du Maghreb,
13:23je me suis trompé.
13:24Tout à fait,
13:24vous avez raison de corriger.
13:26Du Moyen-Orient,
13:27bien évidemment,
13:28voilà deux lectures à conseiller
13:29effectivement pour tout comprendre
13:30à ce qui se passe en ce moment
13:32au Moyen-Orient,
13:33notamment entre les Etats-Unis
13:34et l'Iran.
13:35Il y a une question qui se pose,
13:36c'est qu'elle sera l'après
13:37dans cette région
13:38si importante du monde,
13:40le Moyen-Orient,
13:41et notamment,
13:41quelle sera la place
13:42des Etats-Unis
13:44dans cette sphère-là ?
13:45Général Vincent Desportes,
13:46est-ce qu'on peut dire
13:47que déjà,
13:47la place des Etats-Unis
13:49au Moyen-Orient
13:50est remise en question ?
13:51Bien sûr,
13:52elle est remise en question.
13:54Là,
13:54l'excellent ouvrage
13:55de mon collègue,
13:56c'est la décomposition
13:57du Moyen-Orient.
13:58Il a été décomposé,
13:59il va se recomposer.
14:00Mais il ne se recomposera pas
14:02suivant les mêmes lignes
14:04et la place des Etats-Unis
14:05va être profondément diminuée.
14:08Il est clair que les Etats-Unis
14:09ont déçu
14:10tous ceux
14:10qui lui avaient confié
14:12leur défense.
14:13Les Etats-Unis
14:14ont été incapables
14:15de tenir
14:15les promesses.
14:18Alors,
14:18cette dégradation
14:19est déjà un peu ancienne,
14:21d'où cette décomposition.
14:22Elle est déjà un peu ancienne.
14:23Mais là,
14:23c'est le coup de grâce
14:24à la prééminence
14:26des Etats-Unis
14:27dans cette région.
14:28Alors,
14:28on en parlera peut-être
14:29aussi après,
14:30mais il y a aussi
14:31une destruction
14:32de la prééminence
14:33des Etats-Unis
14:34comme une des grandes
14:36puissances mondiales
14:37avec un rééquilibrage
14:38avec la Chine.
14:39Mais on voit bien
14:40que les Etats-Unis
14:42ont déjà beaucoup perdu
14:43dans cette affaire-là
14:44leur crédibilité,
14:46leur fiabilité
14:47et leur crédibilité.
14:48Hélas,
14:49hélas,
14:49parce que nous en sommes aussi,
14:50nous,
14:51Européens des victimes,
14:52on a pris un sacré coup.
14:53Et justement,
14:54vous en parliez,
14:54la question de la fiabilité,
14:56ça c'est important.
14:58Adèle Bakawan,
14:59clairement,
14:59les Etats-Unis
14:59l'ont perdu,
15:00cette confiance-là
15:02que certains pays
15:04du Moyen-Orient
15:05plaçaient
15:05en la puissance américaine.
15:06Oui,
15:07le général a raison.
15:09Le désengagement américain
15:11précède
15:12ce qui se passe
15:13actuellement.
15:14ça se fait sur 25 années.
15:17Je l'ai abordé
15:18dans mon livre,
15:19mais ce n'est pas
15:20l'autre sujet
15:20de notre débat
15:22aujourd'hui.
15:23Mais pour cette guerre,
15:24oui,
15:25les Américains
15:25ont perdu la confiance
15:27des amis
15:28les plus proches
15:29des pays du Golfe.
15:30Les Émirats,
15:31l'Arabie saoudite,
15:32le Qatar,
15:33Bahreïn,
15:34le Kouaït,
15:34le Sultanahdouman.
15:36Écoutez,
15:36les Iraniens
15:37ont frappé
15:38à 85%
15:40les pays du Golfe,
15:42seulement à 15%
15:43Israël.
15:4485%,
15:45c'est énorme.
15:46Et pourquoi
15:46ils étaient lourds
15:47de mots frappés
15:48et pourquoi
15:48ils ont encore peur
15:50ces pays
15:51d'où la République
15:51islamique de l'Iran
15:52parce qu'ils savent
15:53très bien
15:53qu'ils ont construit
15:54un modèle,
15:54leur modèle
15:55sur trois piliers.
15:57Sécurité,
15:58stabilité
15:59et développement.
16:00Sécurité,
16:01stabilité,
16:01c'était le parapluie
16:02américain.
16:03Et le développement,
16:04c'était leur pétrole.
16:05Aujourd'hui,
16:07ni la sécurité,
16:08ni la stabilité,
16:09ni le développement,
16:10aucun de ces piliers
16:11est au rendez-vous.
16:13Au contraire,
16:13le modèle est totalement
16:15abîmé,
16:15profondément abîmé.
16:17Et pourquoi ?
16:18Parce que tout simplement,
16:19leur développement
16:20n'a pas été protégé
16:21par les doux piliers
16:22sécurité et stabilité.
16:24Les Iraniens étaient,
16:26enfin,
16:26les Américains étaient
16:28d'une manière
16:30extraordinairement payés
16:31par les Saoudiens,
16:32par les Imeriens,
16:33par les Qataris,
16:34seulement pour avoir
16:35ce parapluie,
16:36sécurité et stabilité.
16:37Et au moment où
16:38ils avaient besoin
16:39de ça,
16:40les Américains
16:40n'étaient pas au rendez-vous.
16:42Et donc,
16:42oui,
16:42la méfiance
16:43n'est pas
16:46situationnelle
16:46et désormais structurelle.
16:48Ces diplomates
16:49golfiens
16:50avec qui je discute
16:52régulièrement,
16:52ils nous disent
16:53clairement,
16:54oui,
16:54d'accord,
16:55on gardera
16:56de très bonnes relations
16:57avec Washington.
16:58Mais désormais,
16:59nous sommes dans
17:00l'obligation
17:01de diversifier
17:04nos parapluies,
17:06nos garanties
17:07de sécurité,
17:08etc.
17:09Mais aussi,
17:10nous projeter
17:11nous-mêmes
17:12en tant que golfiens,
17:13parce qu'il ne faut pas
17:13oublier,
17:14c'est 60 millions.
17:15Oui,
17:16l'Iran,
17:16c'est 90 millions,
17:17mais là,
17:18c'est 60 millions.
17:19Et il ne faut pas oublier
17:20que les pays du Golfe
17:21réunis
17:22ont un budget de défense
17:24d'à peu près
17:24125 milliards de dollars.
17:26Or,
17:26la République islamique
17:27d'Iran
17:27ne dépasse pas
17:2820 milliards de dollars.
17:30Donc,
17:30ils sont dans
17:32ce que j'appelle
17:33la révision
17:34de ce qui n'a pas fonctionné.
17:36Général Vincent Desportes
17:37et la France
17:38dans tout ça,
17:39quelle voie a-t-elle
17:40aujourd'hui
17:41dans le cadre
17:41de ce conflit ?
17:43Alors,
17:44la place de la France,
17:45il faut évidemment
17:46parler de la place de l'Europe
17:47parce que c'est quand même
17:48très lié.
17:48Bien sûr.
17:49Et tout ça,
17:49on voit bien que
17:50c'est le vide
17:51qui est laissé
17:51par les Etats-Unis aujourd'hui.
17:53Les Etats-Unis
17:54avaient deux grandes zones
17:55dont ils n'étaient
17:55non pas responsables
17:56mais qu'ils protégeaient.
17:57C'était d'une part l'Europe
17:58et d'autre part
17:59le Moyen-Orient
17:59plus quelques îles
18:00éparses dans le Pacifique.
18:02Et on voit bien
18:03que leurs deux grands pôles
18:05d'alliance
18:07sont en train
18:07de considérer
18:08qu'ils ne sont plus fiables
18:09et que donc
18:10on est en train
18:11de prendre
18:12de nouvelles mesures.
18:13Alors,
18:13on l'a dit
18:14pour les pays du Golfe,
18:15l'Europe,
18:16c'est la même chose.
18:17L'Europe,
18:17c'est la même chose.
18:18Il y a une instabilité.
18:18Vous avez vu,
18:19Trump dit
18:20je t'enlève
18:21Pitekzak dit
18:22je t'enlève
18:234 000 soldats.
18:24Le même jour,
18:24on parle de la Pologne,
18:26Trump dit
18:26moi j'en rajoute
18:275 000.
18:27Il n'y a aucune fiabilité,
18:29on ne sait pas
18:29où on est.
18:29On voit bien donc
18:30que la démarche américaine
18:32impose de l'autonomie,
18:34de l'autonomie stratégique
18:36tant au pays du Golfe
18:37qu'à l'Europe.
18:39Et là-dedans,
18:39la France,
18:39évidemment,
18:40a un jeu à jouer
18:41puisque la France
18:42est le pays
18:43qui depuis
18:44de tout temps
18:45a dit
18:45attention,
18:46la force d'un pays
18:47repose sur son autonomie
18:49que vous n'avez pas
18:50parce que vous êtes devenus
18:51vous Européens
18:52des vassaux.
18:53Et donc,
18:53je dirais que
18:54la crédibilité de la France
18:55en termes de relations
18:57internationales
18:57s'affirme
18:58dans cette affaire-là.
18:59D'ailleurs,
18:59elle le montre,
19:00elle est aussi
19:00la seule puissance
19:02en Europe
19:03capable
19:04d'avoir un geste
19:05militaire
19:06significatif.
19:07On a vu
19:07le porte-avions
19:08Charles de Gaulle
19:09et dans le Golfe d'Omane.
19:10Notons que ce n'est pas
19:11une force française,
19:12c'est une force européenne
19:12puisqu'il y a
19:14des frayettes
19:14en particulier
19:16britanniques.
19:17Et donc,
19:17on voit bien
19:18que la France
19:18a retrouvé
19:19pas une place
19:20naturelle de leader
19:21mais une place
19:23tout à fait importante
19:25au sein de l'Europe
19:26et au sein
19:27du concert des nations
19:29si on reprend
19:29le vieux terme
19:30du Congrès de Vienne.
19:31Voilà.
19:32Une force diplomatique
19:33d'une certaine manière.
19:35Sûrement,
19:35une place diplomatique.
19:37La France
19:37ne compte pas seule
19:38et je crois
19:39que cette nouvelle
19:40visibilité de la France
19:41devra être mise
19:42au profit de l'Europe
19:42puisque la France
19:43n'est rien sans l'Europe
19:44et donc cette Europe
19:45devra se renforcer,
19:46bien comprendre
19:47que les Etats-Unis
19:48comme les pays du Golfe
19:49on va rester très amis
19:50avec les Etats-Unis
19:51mais désormais
19:52ils ne sont plus fiables
19:53nous devons trouver
19:54notre nomie stratégique
19:55et opérationnelle.
19:56Adel Bakawan,
19:57est-ce que finalement
19:57Donald Trump
19:58n'a pas doublement
19:59échoué déjà
20:00à travers cette guerre
20:02lancée contre l'Iran
20:04en perte d'influence
20:05dans une zone
20:06qui était quand même
20:07une zone d'influence
20:08importante pour les Etats-Unis
20:09et puis est-ce qu'ils
20:10n'ont pas finalement
20:11renforcé d'une certaine manière
20:12le régime iranien ?
20:14Ah si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, si, je suis catégorique.
20:19Après la guerre des 12 jours,
20:21je qualifie la République islamique d'Iran
20:23comme un processus de descente aux enfers.
20:27On était vraiment dans ce processus.
20:30On a eu le mouvement de contestation
20:31au mois de janvier, n'est-ce pas,
20:33fin décembre, début janvier,
20:34des millions d'Iraniens dans la rue.
20:3630 000 Iraniens massacrés par le régime.
20:39Le régime était ultra fragilisé.
20:42Le régime était encerclé par Israël,
20:46par les pays arabes,
20:47par les Etats-Unis.
20:48Et on était à la table de négociation.
20:50Vous savez, je vous ai rapidement
20:52un petit rappel.
20:53À la table de négociation,
20:55on avait énormément de programmes
20:58en négociation.
20:58On avait le programme atomique.
21:00On avait les 440 kg d'uranium enrichis.
21:03On avait le programme balistique.
21:05On avait le programme,
21:06ce que j'appelle milicien,
21:07c'est-à-dire les proxys iraniens
21:10au Moyen-Orient,
21:11au Irak, au Liban,
21:13à Gaza, au Yémen, etc.
21:16Et on négociait tout ça ensemble.
21:18Pourquoi ?
21:19Parce que le régime,
21:20la République islamique d'Iran
21:21était ultra fragilisé.
21:24Et au moment où il était ultra fragilisé,
21:25Donald Trump a quitté la table
21:27de négociation pour frapper.
21:29Pourquoi Donald Trump a frappé ?
21:32Parce qu'il pensait qu'en frappant,
21:33il va faire capituler
21:35les gardiens de la révolution.
21:36Le problème, c'est qu'aujourd'hui...
21:38Et puis on soutient aussi
21:38à l'allié israélien,
21:40qui est un allié majeur
21:41pour les Etats-Unis.
21:42Seulement, les Iraniens,
21:43ils sont devenus tellement forts,
21:45tellement renforcés aujourd'hui.
21:47Non seulement,
21:47ils ne capitulent pas.
21:49Au contraire,
21:49ils tentent à imposer
21:51à Donald Trump leur agenda.
21:52Merci beaucoup.
21:53Merci, c'était passionnant.
21:54Adèle Bacawan,
21:55je rappelle que vous êtes
21:56directeur de l'Institut européen
21:58pour les études du Moyen-Orient
21:59et de l'Afrique du Nord.
22:00Auteur du livre
22:01La décomposition du Moyen-Orient,
22:03c'est chez Talandier.
22:05Et puis merci beaucoup
22:05Général Vincent Deporte
22:06d'avoir été avec nous ce matin
22:07sur Sud Radio.
22:08On est un directeur
22:08de l'École de guerre.
22:10Auteur du livre
22:11Stratégie, les essentiels,
22:12c'est chez Odile Jacob.
22:14De beaux conseils de lecture,
22:16si vous voulez tout comprendre
22:17sur ce qui se passe en ce moment,
22:18sur le Moyen-Orient,
22:19et notamment sur la stratégie
22:20de Donald Trump
22:21qui a beaucoup perdu déjà
22:22dans ce conflit.
22:24Merci messieurs,
22:25merci à vous de passer
22:26une très belle journée.
22:27Il est 9h56 sur Sud Radio.
22:30Elle est là dans ce studio.
22:31Dans un instant,
22:31vous retrouvez bien évidemment
22:34Valérie Exper.
22:34Bonjour Valérie.
22:35Bonjour Benjamin.
22:37Eh bien écoutez,
22:37on va revenir sur la suppression,
22:40enfin sur la non-suppression
22:43des zones à faible émission.
22:45Le Conseil constitutionnel
22:46a censuré cette suppression.
22:49donc on va y revenir
22:50dans un instant.
22:51Dites-nous si vous êtes concernés,
22:52si vous avez une voiture
22:53qui ne pourra bientôt plus rouler.
22:55On va revenir également
22:56sur votre débat.
22:57Trump tempère les espoirs
23:00d'un accord rapide
23:00avec l'Iran.
23:02Et puis les entreprises
23:04qui aujourd'hui
23:05n'en peuvent plus
23:07et se rebellent
23:08contre la taxation.
23:11Justement trop de taxes
23:12pour les entreprises.
23:130826 300 300.
23:15A tout de suite.
23:15le fait
23:16le fait
23:16l'Iran Modelmapide
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