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  • il y a 2 jours
Samedi 4 avril 2026, retrouvez Jean-Baptiste Thélot (Président, Sofinord Group) dans GÉNÉRATION IMPACT, une émission présentée par Julien Lescs.

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Transcription
00:07Bonjour et bienvenue sur Génération Impact, l'émission qui met en lumière les familles
00:13entrepreneuriales pour décrypter avec elles leur organisation au filtre de trois cercles.
00:17Celui des entreprises bien sûr, mais celui également des actionnaires et enfin de la famille.
00:22Elles nous partagent leurs enjeux de transition et de transmission et également en quoi l'urgence
00:26environnementale est une formidable opportunité de continuer l'aventure en famille avec la nouvelle génération à bord.
00:36Je reçois aujourd'hui Jean-Baptiste Tellot du groupe Sophie Nord. Bonjour Jean-Baptiste.
00:41Bonjour Julien.
00:42Jean-Baptiste, on a une petite tradition dans cette émission, c'est de commencer en vous demandant de présenter votre
00:48famille
00:48ou votre groupe familial en une petite minute. Alors que me diriez-vous ?
00:52C'est un challenge en une minute, je vais faire court. Alors déjà moi c'est une famille qui est
00:56encore assez réduite
00:57puisqu'on est sur la deuxième génération. Mon père était fondateur de notre groupe familial.
01:02On est quand même une famille de cinq enfants. Je suis l'enfant du milieu. Une grande sœur, un grand
01:09frère,
01:09une petite sœur, un petit frère. Donc voilà, c'est parfaitement équilibré. Et effectivement, j'ai eu les chances
01:15de reprendre les rênes du groupe familial il y a maintenant trois mois, quatre mois même.
01:20Donc c'est tout récent, c'est tout frais. Donc je suis en plein dans cette phase de transition
01:26qui est passionnante, dont on pourrait parler plus amplement. Notre groupe, c'est un groupe de multiservices,
01:31un groupe international, un groupe international de multiservices qui est dans trois grands métiers,
01:36trois grandes BU. ICTS pour toute la partie sûreté et sécurité qui est implantée dans 27 pays
01:41et qui fait un milliard d'autres chiffres d'affaires. Le groupe Harmonia qui est dans le multiservices,
01:46tout ce qui est service à l'immeuble et à l'occupant. Ça passe par l'accueil, par la petite
01:50maintenance,
01:51ça passe par la propreté, etc. Et qui est implantée dans 7 pays. Et le groupe LMB qui est dans
01:57la mode et le luxe
01:58et qui fait toutes les petites mains, les couturières, les vendeurs spécialisés dans la mode et le luxe.
02:01Voilà, l'ensemble du groupe faisant un milliard 7 de chiffres d'affaires avec 40 000 collaborateurs dans le monde.
02:06Génial, bravo. Eh bien, on va découvrir tout ça et donc on va rentrer dans cette première partie
02:11qui s'appelle Une histoire de famille.
02:16Est-ce que vous pouvez me parler de la genèse de cette entreprise ? Je crois que votre père s
02:21'est essayé
02:21à plein de projets entrepreneuriaux avant de vraiment se focaliser sur ce métier-là.
02:26Est-ce que vous pouvez nous en parler un petit peu ?
02:28Oui, j'ai un héritage riche. Mon père a été vraiment un entrepreneur né, comme il aime beaucoup le dire.
02:34Il n'a jamais eu de patron. Donc, dès sa sortie d'études, dès sa sortie de l'ESSEC à
02:4024 ans, il a créé sa première entreprise.
02:45Assez rapidement, dans toute la partie, il a créé une première agence d'intérim dans la mode et le luxe.
02:50D'ailleurs, cette branche-là, qui est finalement aujourd'hui la plus petite du groupe, est la plus ancienne.
02:55Puisqu'elle existe depuis déjà la création du groupe.
02:57Et puis, à côté de ça, il a fait beaucoup de différents métiers.
03:02Vraiment, voilà, de l'achat, de la revente, de la création, etc.
03:06Il est passé par tous les types de métiers, que ce soit, encore une fois, à ses tout débuts,
03:11du négoce de pièces détachées de chantier naval.
03:15Ou même, et encore une fois, ça c'est l'enfant qui vous en parle quand j'étais plus jeune.
03:19Et c'est forcément quelque chose qui marque.
03:21Il a eu une entreprise de grossistes en bonbons.
03:23Donc, il revenait toutes les semaines avec des cartons de bonbons.
03:25Donc, il a touché un petit peu à tout, entrepreneur-né, jusqu'à ce que vraiment,
03:29il crée l'activité qui a construit le groupe tel qu'il est aujourd'hui, au début des années 90.
03:34Avec une valeur de pionnier.
03:36Je crois que vous m'expliquez qu'à chaque fois, vous inventez finalement un métier.
03:41C'est vrai, c'est exactement ça.
03:42Ça fait partie des valeurs du groupe, qui est un, l'excellence, l'expertise et l'excellence.
03:46Et notamment en étant les pionniers sur nos différents métiers.
03:49Sur nos différents métiers, à chaque fois, on a été les premiers, les créateurs,
03:53ceux qui ont défriché.
03:54D'où ce terme de pionnier que j'affectionne particulièrement.
03:57Que ce soit sur le métier de multiservices, où finalement, mon père, assez tôt dans les années 90,
04:04au tout début de l'externalisation des services généraux,
04:08ce qu'on appelait les services généraux à l'époque en entreprise,
04:10il s'est lancé sur la partie accueil.
04:12Voilà, il a été le premier à se lancer sur la partie accueil.
04:15Il a été très rapidement, dans les années 90, jusqu'à la fin des années 90,
04:19le leader dans ces métiers, avant de se diversifier sur le multiservice.
04:23Le groupe a été fondé en quelle année ?
04:24En tout cas, c'est quoi l'année que vous retenez ?
04:26À l'année qu'on retient, c'est 74.
04:27On a fêté les 50 ans et d'ailleurs, on a annoncé la transmission
04:32pour les 50 ans, quand on a fêté les 50 ans du groupe l'année dernière.
04:35Ok. Donc c'est reparti pour 50 ans, quoi ?
04:37C'est reparti pour 50 ans.
04:39Je ne sais pas si je vais durer jusqu'à 50 ans.
04:41Moi, j'aurais plaisir à transmettre sans doute avant le flambeau,
04:45j'espère, à la génération suivante.
04:47Donc vous, vous arrivez en quelle année ?
04:48Vous et vos frères et sœurs travaillent aussi dans le groupe ?
04:51J'ai trois autres frères et sœurs qui travaillent dans le groupe.
04:54Donc on est quatre enfants sur cinq à travailler dans le groupe.
04:56Moi, je rejoins le groupe en 2013,
04:59à l'occasion du rachat du groupe ICTS.
05:01Donc c'est vrai que je ne suis pas rentré tout de suite dans le groupe.
05:04Et ça, ça fait partie d'ailleurs des valeurs auxquelles on est attaché dans le groupe.
05:07C'est aussi de faire nos armes ailleurs,
05:09de ne pas être juste des bébés qui commencent,
05:12qui ont leur première expérience à l'intérieur du groupe,
05:14dans l'espèce protégée du groupe.
05:16Et puis encore une fois, il n'est pas si protégé que ça.
05:18Parce que c'est toujours des droits et des devoirs
05:20quand on porte le nom de la famille.
05:22Mais j'ai commencé par travailler pendant huit ans
05:25dans le conseil en management et en stratégie.
05:28Après des études à l'agro et à l'ESSEC.
05:32Et en 2013, après sept, huit ans dans le conseil en stratégie,
05:36mon père m'appelle en me disant
05:37« Écoute, je suis en train de racheter une très grosse affaire à ICTS. »
05:41Donc, très gros acteur de la sûreté et de la sécurité.
05:44C'était à l'époque un gros pari,
05:46puisque le groupe ICTS était plus gros que notre groupe historique.
05:49Donc, racheter une structure qui était plus grosse,
05:51c'est qu'il perdait de l'argent.
05:52– C'est ça, je crois que vous faites 150, 180 millions d'euros de chiffre d'affaires.
05:55– À l'époque, quand on rachète l'ICTS en 2013,
05:58on faisait 200 millions de chiffre d'affaires.
05:59Et l'ICTS, on faisait 300 millions.
06:02Et perdait de l'argent.
06:03Et était implanté dans 26 pays,
06:05alors que notre groupe historique, Harmonia,
06:08le groupe Harmonia, qui était le groupe historique,
06:10n'était quasiment qu'en France
06:12et quelques pays limitrophes,
06:14comme la Belgique et l'Espagne.
06:16– Et votre père ne parle pas anglais, je crois, ou très peu, c'est ça ?
06:19– Mon père est une génération où l'anglais n'était pas une évidence.
06:22Voilà.
06:22Et les langues étrangères n'étaient pas une évidence.
06:24Donc non, il ne parlait pas anglais.
06:25C'était un vrai pari pour lui de se lancer dans cette affaire
06:28implantée dans 25 pays à l'époque,
06:31et qui est complètement internationale,
06:33avec une culture internationale aussi.
06:35C'est ça aussi, c'est un groupe d'origine israélienne.
06:37Et donc il y avait une culture internationale,
06:40plutôt anglo-saxonne,
06:4427 pays, le monde entier qui s'ouvre.
06:47Donc c'était une équipe,
06:49même si c'était un très beau groupe,
06:51une très belle marque, une très belle expertise,
06:53et encore une fois, une culture de pionniers,
06:55on y reviendra, parce que c'est le seul pur player
06:57et premier acteur de la sûreté aéroportuaire.
07:01C'était quand même une boîte qui avait été pas mal abîmée,
07:03passée dans la main de fond,
07:05à coups de LBO,
07:07pendant plusieurs années,
07:08pendant près d'une quinzaine d'années.
07:10Et donc la boîte était abîmée,
07:11perdait de l'argent.
07:12Mais la marque,
07:15mais les actifs étaient extrêmement forts et puissants,
07:18et c'est ce que mon père a su voir.
07:20Et il le voit comment ça ?
07:21Parce que...
07:23Il ne parle pas anglais ?
07:25Non.
07:25Un deal comme ça, comment ça arrive sur le bureau de votre père ?
07:28Alors, ça arrive par un intermédiaire
07:31qui lui parle de cette affaire.
07:33Et puis surtout, le game changer,
07:36c'est...
07:36Et ça, c'est vrai que c'est un talent indéniable de mon père,
07:38c'est de créer cette relation de confiance
07:41avec ses interlocuteurs.
07:42Et il a su créer cette relation de confiance avec les managers.
07:45Et comme toute entreprise de service
07:47qui a une forte expertise,
07:49une grande partie de la qualité, c'est le management.
07:52Et là, il y avait des managers de très haut niveau
07:56qui étaient en rupture de confiance avec leur actionnaire,
07:59à l'époque.
08:01Et là, il retrouve...
08:02Et là, le lien de confiance se crée immédiatement avec mon père.
08:05Et c'est comme ça que se fait le deal.
08:08Vraiment, le deal se fait sur cette relation de proximité,
08:10cette confiance qui se crée entre lui et les managers du groupe ICTS.
08:13Donc, du coup, il rachète des dettes
08:16ou il rachète ça pas trop cher ?
08:17Il rachète ça à un prix tout à fait convenable, effectivement.
08:20Pas de dettes, il ne rachète pas les dettes.
08:23C'était debt free, le deal était debt free.
08:26Mais évidemment,
08:27à un prix assez dégradé,
08:29à l'image de la situation financière de l'entreprise.
08:31OK.
08:32Et donc là, c'est parti.
08:33Donc, il ne parle pas anglais.
08:34Vous arrivez ?
08:35Alors, le point quand même qui a beaucoup aidé,
08:37c'est qu'une partie du management
08:40était par les Français.
08:41Voilà, ça, ça l'a pas mal aidé aussi
08:44à créer le lien et à créer le contact avec le management.
08:46Et leur siège était en France ou il était ?
08:48Le siège, à l'époque, était aux Pays-Bas.
08:50Aux Pays-Bas ?
08:51Oui, tout à fait.
08:52Donc, effectivement, assez rapidement,
08:53on rapatrie le siège en France.
08:56Évidemment, culture française, groupe français,
08:58on est très attaché là-dessus à notre ADN français.
09:01Donc, on rapatrie le siège en France.
09:04Et puis là, effectivement, il m'appelle,
09:07je rejoins le groupe ICTS,
09:09j'intègre le comex du groupe ICTS
09:13au sein de la BU France.
09:15Et puis, on se lance effectivement
09:16dans la restructuration de ce groupe
09:17qui est un énorme challenge.
09:19Et là, effectivement,
09:22ça a extrêmement bien fonctionné.
09:23En un an, on arrive à remettre l'entreprise à flot.
09:26Et puis, dès la deuxième année,
09:27on aura gagné de l'argent.
09:29Et là, après, c'est le développement et la croissance
09:31puisqu'aujourd'hui, le groupe ICTS,
09:33entre 2013 et 2025, en 12 ans,
09:35est passé de 300 millions de chiffre d'affaires
09:36à 1,2 milliard cette année.
09:38Incroyable.
09:39Et donc, ça a été quoi les facteurs clés de succès
09:42pour réussir cette transformation ?
09:44Alors, pour réussir cette transformation,
09:47déjà regagner la confiance du management,
09:48recréer une relation de confiance
09:49entre l'actionnaire et le management
09:50et une vision commune
09:52qui a été perdue depuis de nombreuses années.
09:54Ça, c'est déjà la première pierre
09:55qui a été mise en place.
09:56Après, ça a été un vrai travail
09:57à partir du moment où il y avait
09:58une relation de confiance,
09:59une projection dans le temps long.
10:00On a pu bâtir, construire les outils
10:02pour une meilleure gestion
10:04et remettre en place ce qu'il fallait
10:05en termes de système d'information,
10:07investir pour redonner
10:08ce qui n'avait pas été fait depuis des années.
10:09Forcément, les différents LBO
10:11étaient vraiment dans une logique
10:12de remonter du cash au maximum
10:14et pas dans une vision long terme.
10:16Nous, on redonne une vision long terme
10:17à l'entreprise, au groupe.
10:19On investit dans les systèmes,
10:20encore une fois,
10:21dans les systèmes d'information,
10:22dans les outils.
10:22Et c'est ce qui permet
10:24de remettre le groupe à flot.
10:25Et puis ensuite,
10:26ça a été aussi d'impulser
10:29une diversification,
10:30alors qu'il reste assez proche.
10:31C'est-à-dire que le groupe ICTS,
10:32quand on le rachète,
10:33c'est 90% de la sûreté aéroportuaire.
10:36Donc, marché porteur,
10:37mais marché risqué,
10:38car très cyclique.
10:39La caractéristique du marché
10:40de l'aéroportuaire,
10:42c'est que c'est perméable
10:44à toutes les crises.
10:45Il y a un secteur
10:46qui est touché
10:48par quelque qu'elle soit
10:49une crise sanitaire,
10:50une crise économique,
10:51une crise pétrolière,
10:52une crise politique,
10:52ou quoi que ce soit,
10:54systématiquement,
10:54le transport aérien
10:55prend la coût.
10:56Parce que c'est le symbole même
10:57de l'interconnexion internationale.
10:59Et donc,
11:00pour diversifier un peu
11:01ces risques systémiques,
11:03on se diversifie
11:03dans la sécurité générale.
11:06Donc, évidemment,
11:07métiers proches,
11:08mais métiers différents,
11:09écosystèmes différents, etc.
11:10Mais on apporte
11:11cette expertise aéroportuaire,
11:12cette expertise des process,
11:14cette expertise
11:14de la prévention
11:15du risque terroriste
11:16dans des secteurs
11:18à fort enjeu
11:18dans la sécurité générale.
11:20Et c'est là,
11:21effectivement,
11:22c'est de là
11:22que vient une bonne partie
11:23de la croissance.
11:24C'est là l'accélération.
11:25C'est là l'accélération.
11:26Aujourd'hui,
11:27la sécurité générale
11:28représente 40%
11:29du chiffre d'affaires
11:29du groupe ICTS.
11:30OK.
11:31Sécurité générale,
11:32vous pouvez nous donner
11:32des exemples ?
11:33Alors,
11:34la sécurité générale,
11:35nous, en l'occurrence,
11:36on est vraiment sur
11:36tout ce qui est
11:37sites sensibles.
11:38Donc, on va être sur
11:40toutes les institutions
11:41internationales.
11:42On travaille pour beaucoup
11:42d'institutions internationales
11:44sensibles.
11:45On travaille,
11:46on a beaucoup aussi,
11:47on a une majeure partie
11:49de notre développement
11:49ces dernières années,
11:50c'est sur les data centers,
11:52infrastructures
11:52ô combien stratégiques.
11:54Et qui est intéressante
11:55parce que c'est l'opposé
11:55de ce point de vue-là
11:57en termes de risque
11:57du transport aérien.
11:59Parce que s'il y a un secteur
12:00qui est complètement, lui,
12:02imperméable aux crises,
12:03c'est celui des data centers.
12:04Les data centers
12:05n'ont jamais aussi bien fonctionné
12:06que pendant les crises sanitaires.
12:08Fonctionnera,
12:09qu'il y ait une guerre,
12:10qu'il y ait une crise économique,
12:10de toute façon,
12:11ça tournera.
12:11Il faudra que ça marche.
12:12Et donc,
12:12c'est complètement imperméable
12:14à toutes les crises.
12:15Et alors là,
12:15en rythme de croissance,
12:16inutile de vous dire
12:17qu'avec l'essor de l'IA,
12:19les data centers
12:20poussent comme des champignons.
12:21Voilà,
12:22les enjeux de recrutement
12:22doivent être considérables.
12:23Ils sont considérables.
12:24On a un développement
12:25extrêmement fort.
12:28On a aussi accompagné
12:32ce développement
12:33avec de la croissance externe,
12:34notamment aux Etats-Unis
12:35ces dernières années.
12:37à tel point,
12:38et ça,
12:38c'est un vrai changement
12:39systémique pour le groupe,
12:40c'est que,
12:42pour la première fois,
12:43probablement,
12:43en 2016,
12:44en 2026,
12:45pardon,
12:47la France ne sera pas
12:48plus le plus gros
12:49pays du groupe.
12:51Puisque les Etats-Unis,
12:53l'activité,
12:53le chiffre d'affaires aux Etats-Unis
12:54va dépasser celui de la France.
12:55Ce qui est évidemment
12:56un vrai changement aussi culturel
12:57pour notre groupe français.
12:58J'imagine là-bas,
12:59pour le coup,
12:59la concurrence est forte aussi.
13:02Vous devez avoir
13:02des acteurs assez...
13:03Alors,
13:03la concurrence est forte.
13:04Oui,
13:05évidemment.
13:05C'est un marché mature,
13:07comme peut l'être l'Europe.
13:08Mais le marché est immense.
13:10Le marché est immense.
13:13Et puis surtout,
13:14sur notre domaine d'expertise,
13:16en l'occurrence,
13:17notamment,
13:18que le transport aérien
13:19et les data centers,
13:20pour prendre
13:21nos deux plus gros secteurs
13:22sur cette activité
13:23de sûreté-sécurité,
13:28le maillage,
13:28évidemment,
13:29aéroportuaire
13:30est énorme aux Etats-Unis.
13:31On le sait bien.
13:31Et puis,
13:32quant au data center,
13:33toute la Silicon Valley
13:35est là-bas.
13:36Tous les grands acteurs
13:37sont là-bas.
13:37Donc,
13:37évidemment,
13:38le marché est colossal.
13:38Oui,
13:39bien sûr.
13:41Votre frère est déjà
13:42dans l'entreprise.
13:43Comment ça se passe
13:44l'intégration de chacun d'entre vous ?
13:46Vous,
13:46vous arrivez numéro deux ?
13:47Moi,
13:48j'arrive en deuxième.
13:48J'ai un frère aîné
13:49qui avait intégré le groupe
13:50avant moi,
13:52qui avait repris
13:53la branche
13:54dans le luxe LMB
13:55qui s'occupe
13:56de toutes les couturières
13:58et les vendeuses spécialisées
13:59dans la beauté
14:01et le luxe.
14:02Et il est également
14:03aujourd'hui secrétaire général.
14:04OK.
14:05Et donc ça,
14:05c'est la division historique.
14:08C'est la plus ancienne.
14:09C'est la plus ancienne.
14:10Vous pouvez nous en parler
14:11un petit peu
14:11parce que vous êtes allé
14:12vite dessus tout à l'heure.
14:14tout à fait.
14:15Ce métier historique
14:19fournissait des couturières
14:20au métier de la mode,
14:21c'est ça ?
14:22Oui,
14:22c'est la particularité
14:23du marché français,
14:24c'est que les maisons
14:25de haute couture
14:26n'ont pas leur propre,
14:27ce n'est pas leur propre
14:28couturière en fait.
14:29Elles font beaucoup appel,
14:30elles peuvent en avoir,
14:32mais pour gérer
14:33tous les surcroît
14:34d'activité
14:34au moment des défilés,
14:36pour les commandes spéciales,
14:36etc.,
14:37elles font appel
14:37et puis elles font appel
14:38à des couturières externes
14:40et que nous leur fournissons
14:42en intérim.
14:43Ou sinon,
14:44c'est sur des compétences
14:45particulières
14:45dont elles ont besoin.
14:46Et là,
14:47elles font appel à nous.
14:48On est leaders
14:49sur ce marché,
14:50sur la place parisienne.
14:51On est largement leaders,
14:55c'est un marché de niche,
14:55évidemment,
14:57très lié à la place parisienne,
14:59mais un très beau métier
15:00parce qu'avec beaucoup
15:01d'expertise,
15:02parce que là,
15:03on est vraiment
15:03sur des artisans.
15:05C'est des métiers
15:07de haute précision.
15:09Et là,
15:09il y a une multitude
15:10de métiers
15:10à la hauteur des besoins
15:11dans la haute couture.
15:13Ça va de la brodeuse
15:14à la patronneuse.
15:16Et là,
15:16vous avez un jargon,
15:17je ne pourrais pas vous citer,
15:18je ne suis pas expert,
15:19mais je ne pourrais pas vous citer,
15:20je crois qu'il y a une vingtaine
15:21de métiers différents
15:22dans ces métiers
15:23de la couture.
15:26Et puis après,
15:27on fait aussi
15:27tout ce qui est la partie
15:28vendeuse spécialisée
15:29dans la mode,
15:30dans la beauté,
15:31où là,
15:31c'est les vendeuses
15:33dans les boutiques,
15:34pour les maisons de luxe,
15:35pour les conseils en beauté,
15:37etc.
15:38Donc après,
15:38vous avez encore
15:39deux sœurs,
15:40c'est ça,
15:40qui travaillent dans le groupe ?
15:41Non,
15:41j'ai un petit frère.
15:42Un petit frère et une sœur.
15:43Un petit frère
15:43qui est intégré
15:44à la division Harmonia,
15:46qui s'occupe
15:47de toute la branche accueil
15:49de la division Harmonia.
15:51Et j'ai une petite sœur
15:52qui est intégrée
15:53à l'intérieur du groupe
15:54de mode et luxe,
15:55une des agences.
15:56OK.
15:57Comment se fait la bascule ?
15:59Donc,
15:59vous êtes
16:01nouvellement président du groupe.
16:03Félicitations.
16:03Merci beaucoup.
16:04Pourquoi vous ?
16:05Pourquoi pas les autres ?
16:06En l'occurrence,
16:07peut-être votre frère
16:07qui est arrivé avant vous.
16:09Comment cette transition
16:10s'organise ?
16:12Alors,
16:12c'est un vrai défi.
16:14C'est un vrai défi,
16:15une transition,
16:15un vrai défi avec le fondateur,
16:17un défi également
16:18avec les frères et sœurs,
16:20avec la famille.
16:21Nous,
16:21on a une chance,
16:23une vraie chance
16:24qu'on tâche d'entretenir
16:26et qu'on a une vraie
16:28entente familiale,
16:28une entente familiale
16:29très forte
16:30qu'on cultive depuis
16:31de nombreuses années,
16:31qui sont des valeurs
16:32qu'on a héritées
16:33de nos parents.
16:34qui ont toujours été
16:34très attachés
16:35et qui nous ont beaucoup élevés
16:38dans des valeurs fortes
16:39de la famille
16:40et de l'entente familiale
16:41avant tout.
16:44Et donc,
16:45ce qui fait que d'ailleurs
16:46depuis de nombreuses années,
16:47on se réunit régulièrement
16:48tous les mois,
16:49les frères et sœurs,
16:49pour partager sur la stratégie,
16:51pour aligner,
16:51pour échanger,
16:52etc.
16:53Pour avoir une vraie vision commune
16:55et un attachement
16:56et pour développer aussi
16:57un attachement commun
16:58à ce groupe.
17:00Donc,
17:00il se trouve que
17:01comment s'est faite la passation ?
17:02Alors,
17:02la passation,
17:02elle s'est faite
17:03avec une vraie
17:03belle entente.
17:05C'est à vrai dire
17:06même avec l'accord
17:07de mes frères et sœurs
17:07d'abord
17:08que je suis allé proposer
17:10à mon père
17:10de reprendre
17:11les rênes du groupe.
17:12Ah,
17:12donc ça vient de vous ?
17:12C'est vous qui allait
17:13proposer votre...
17:14C'est moi qui ai proposer.
17:15Alors,
17:15on en parlait un petit peu
17:16de transmission
17:16avec mes frères et sœurs
17:17depuis quelques années.
17:18On se disait un petit peu
17:19qu'il va falloir
17:20commencer à y penser
17:20parce que mon père
17:21a fêté ses 77 ans.
17:23Donc,
17:23c'était quand même
17:24le moment
17:24depuis déjà quelques années
17:26où il fallait y penser.
17:28Et donc,
17:30voilà,
17:31ça mûrissait
17:32tranquillement.
17:33Et puis,
17:33tout est parti
17:34d'une discussion
17:35aussi il y a un an et demi
17:36avec mon frère aîné
17:36parce que c'est vrai
17:37qu'il faut se dire
17:38que ça se jouait plus
17:38entre mon frère aîné
17:40et moi.
17:41Et lui,
17:42assez rapidement,
17:44à l'époque,
17:45m'a indiqué
17:45qu'il ne souhaitait pas
17:47reprendre la présidence
17:48du groupe
17:49pour des raisons
17:50qui lui sont personnelles.
17:53Donc,
17:53voilà.
17:53Donc,
17:54moi,
17:54après,
17:54j'ai mûri le sujet,
17:55j'ai mûri le projet,
17:56mais aussi un projet de vie
17:57parce que c'est un vrai projet de vie.
17:58Il faut vraiment peser
18:00tous les enjeux
18:02qu'il y a à prendre
18:02à une mission pareille.
18:04Donc,
18:05j'ai pris le temps
18:05de mûrir le sujet,
18:07d'en parler avec ma femme,
18:08même si elle vous dira
18:08le contraire.
18:11Mais,
18:12voilà,
18:13et d'en parler en famille.
18:14Et puis,
18:15après,
18:15je l'ai proposé
18:16à mes frères et sœurs
18:17qui ont été
18:18des vrais soutiens là-dessus,
18:19qui m'ont soutenu à 100%.
18:20Et avec ça,
18:21je suis allé voir mon père
18:22un soir d'avril 2024,
18:262023,
18:27pardon.
18:28Non,
18:282024,
18:29c'était avril 2024,
18:30je vous disais bêtise.
18:30Avril 2024,
18:31je suis allé le voir
18:32pour lui proposer
18:33de reprendre les rênes du groupe.
18:35Alors,
18:35je m'attendais à ce que
18:37il soit hésitant,
18:39à ce qu'il me dise
18:39écoute,
18:39merci,
18:40je vais réfléchir.
18:42Parce que,
18:42comme tout fondateur,
18:43il est très attaché,
18:44c'est son bébé,
18:45on en reparlera.
18:48Donc,
18:48c'était pas,
18:50je m'attendais
18:50à ce que ce soit
18:51pas évident,
18:52évident forcément
18:52pour lui.
18:55Et contre toute attente,
18:57il m'a tout de suite dit
18:57oui,
18:58c'est une bonne idée.
18:58T'as raison,
18:59c'est le bon moment.
19:00En plus,
19:01on avait dans la perspective,
19:02on avait les 50 ans du groupe
19:03qui étaient prévus en novembre,
19:04qui étaient déjà fixés,
19:05la soirée des 50 ans du groupe.
19:08Et donc,
19:09tout de suite,
19:10tout de suite,
19:10il m'a dit,
19:11oui,
19:11t'as raison,
19:11c'est le bon moment
19:12de l'annoncer.
19:1250 ans,
19:13c'est une date symbolique,
19:14c'est un moment réuni
19:14tout le groupe.
19:15C'est le moment
19:16d'annoncer cette passation.
19:17Génial.
19:19Ça va nous faire la transition
19:20pour rentrer dans
19:21la deuxième partie
19:22de cette émission
19:22qui est consacrée
19:24à la gouvernance
19:24des trois cercles.
19:30Comment vous vous êtes organisé ?
19:31Il est complètement parti
19:32ou vous avez structuré
19:34un conseil de surveillance
19:35ou d'administration ?
19:36Il est encore dans le giron,
19:37il a complètement disparu ?
19:38Cette transmission,
19:40c'est l'occasion justement,
19:41mais comme souvent,
19:42d'ailleurs,
19:42je pense dans beaucoup de groupes
19:43entre la G1 et la G2,
19:46la génération 1
19:47et la génération 2,
19:47c'est l'occasion
19:48de structurer la gouvernance.
19:50Parce que c'est vrai
19:50qu'en général,
19:51un groupe,
19:53tant que c'est le fondateur
19:54qui dirige,
19:56la gouvernance reste
19:57très personnifiée
19:59et très incarnée
20:00dans le fondateur,
20:00etc.
20:02Même si on commençait déjà
20:03à avoir mis en place
20:05un peu sous notre impulsion,
20:07sous l'impulsion des enfants,
20:08mon père avait mis en place
20:09un peu de structure
20:10de gouvernance,
20:11c'était encore assez léger.
20:12Là, c'est l'occasion
20:13de mettre en place
20:13et on a mis en place,
20:14on a d'ailleurs passé
20:15pas mal de temps
20:16à discuter et échanger
20:17avec mon père
20:18sur toute la gouvernance
20:19future du groupe.
20:20Et donc, effectivement,
20:21on a mis en place
20:21un conseil de surveillance
20:22et mon père reste actif
20:24puisqu'il est président
20:25du conseil de surveillance.
20:26Et donc,
20:26à ce titre-là,
20:28garde un œil attentif
20:29sur les décisions
20:30que je suis amené
20:31à prendre.
20:31Mais j'en suis ravi
20:32parce que j'ai besoin
20:33de son expérience,
20:34j'ai besoin aussi
20:36d'apprendre
20:36de tout ce qu'il a construit
20:39pendant ses 50 ans.
20:41Donc, conseil de surveillance,
20:42il reste actif.
20:43Il continue à venir au bureau
20:45tous les jours,
20:46il y est attaché.
20:47C'est toute sa vie,
20:49c'est l'œuvre d'une vie.
20:50Donc, même s'il m'a
20:52incontestablement
20:53passé les rênes
20:54effectives du groupe,
20:56il est là
20:57et il veille attentivement
20:59à la suite.
21:00Donc, un conseil de gouvernance.
21:02Ensuite, moi,
21:03je suis président
21:04exécutif du groupe.
21:05Je m'appuie
21:06sur un comité stratégique
21:08qui réunit les patrons
21:09des principales BU
21:09et la direction financière
21:11et des externes.
21:13On a souhaité
21:14que ce soit au niveau
21:15du conseil de surveillance
21:16et du comité stratégique.
21:18On est des externes.
21:19Donc, dans les deux.
21:20Pardon ?
21:21Dans les deux organisations.
21:22Dans les deux organes,
21:22on a des externes.
21:23OK.
21:25Et ensuite,
21:27le troisième élément,
21:28c'est qu'on a mis en place
21:29un comité familial
21:30qui n'a pas de rôle exécutif,
21:33qui est en rôle de conseil,
21:36mais qui est très important
21:37parce qu'il réunit
21:38mes quatre frères et sœurs.
21:39Donc, c'est cinq enfants.
21:42Donc, les actionnaires,
21:43puisque mon père nous a transmis
21:45la majorité du capital.
21:48Et donc, c'est une instance
21:50auxquelles je tiens beaucoup,
21:51même si elle est consultative
21:52et pas exécutive,
21:53parce que c'est un vrai espace
21:54où on peut échanger
21:56de manière très ouverte
21:57sur la stratégie du groupe.
21:58C'est l'équivalent
21:58d'un conseil de famille ?
21:59C'est l'équivalent
22:00d'un conseil de famille.
22:01Vous évoquez,
22:03alors, juste pour bien qu'on comprenne,
22:06donc, il vous a transmis
22:07les parts du groupe.
22:09Vous les avez à part égale ?
22:12Vous avez des niveaux
22:13de détention différentes ?
22:15Comment ça s'est fait pour vous ?
22:16Alors, on les a à part égale.
22:19Là aussi, comme je disais,
22:22c'est inscrit fortement
22:23dans nos valeurs,
22:24l'attachement à ce groupe,
22:25toute la famille,
22:26et on a cette volonté
22:27que le groupe familial
22:30reste une aventure familiale.
22:32Et donc, c'est pour ça
22:34qu'on reste actionnaire
22:36à part égale du groupe.
22:38Évidemment, la question
22:39s'était posée, effectivement,
22:41qu'en tant que dirigeant du groupe,
22:44je prenne des parts
22:46plus importantes.
22:49On verra à l'avenir.
22:50Pour l'instant,
22:52on a privilégié, effectivement,
22:54cet équilibre,
22:55parce que c'est important aussi
22:56dans l'histoire familiale.
22:57C'est intéressant,
22:58ça on le voit dans toute la dynamique
23:03des enjeux de transmission
23:04des entreprises familiales,
23:06c'est que finalement,
23:07la deuxième génération
23:08est souvent le seul endroit
23:10où on peut travailler l'égalité.
23:12Ensuite, ça devient quasiment impossible,
23:14sauf à avoir le même nombre d'enfants.
23:16Exactement.
23:16Et ce n'est pas toujours le cas.
23:18Et ensuite, la philosophie
23:20doit être l'équité,
23:21qui n'est pas tout à fait
23:22la même chose que l'égalité,
23:24et qui peut se travailler
23:25et se conjuguer de manière très différente
23:27en fonction des familles.
23:29Ce sera probablement
23:29un des enjeux que vous aurez
23:30avec la troisième génération.
23:32Oui, vous avez raison de le soulever.
23:35Pour l'instant,
23:35on n'a pas encore à se poser
23:36trop la question,
23:37mais assez rapidement,
23:40dans les années à venir,
23:41il faudra réfléchir
23:42au comment est-ce qu'on intègre
23:43les troisième générations,
23:44comment est-ce qu'on les implique.
23:46Nous, l'implication,
23:46elle a été assez naturelle.
23:47On a grandi avec le groupe.
23:49On a été bi-bordé au groupe
23:50dès la plus tendre enfance.
23:52Voilà, parce que mon père,
23:53en tant que fondateur,
23:53très incarné,
23:55pour la troisième génération,
23:57ça commence à se distendre.
23:59C'est encore quand même
24:00assez présent,
24:01mais ça commence à se distendre.
24:03Il y a déjà 16 membres
24:04de la troisième génération.
24:07A priori, il n'y en aura pas plus.
24:10Et donc, on commence
24:12à avoir cet enjeu.
24:13Tous les enjeux assez classiques
24:14qui se sont posés,
24:15d'ailleurs,
24:15beaucoup de groupes familiaux
24:16avant nous.
24:17Mais comment est-ce qu'on développe
24:18toute la partie affectio-societatis,
24:21comment est-ce qu'on intéresse
24:22tous ces actionnaires au groupe,
24:25quelles règles pour les intégrer,
24:27s'ils veulent avoir un rôle
24:28exécutif dans le groupe,
24:30etc.
24:30Qu'est-ce qu'on envisage
24:33en termes de sortie,
24:34de conditions de sortie,
24:35d'achat, de revente, etc.
24:37La bourre d'échange.
24:37Voilà, tous les questionnements
24:41assez classiques
24:41de l'actionnariat familial
24:43qui s'inscrit dans la durée.
24:44Et c'est vrai que ça,
24:45c'est notre volonté.
24:47C'est quelque chose
24:48qu'on a tous réaffirmé,
24:49nous les frères et soeurs,
24:49il y a déjà une dizaine d'années
24:50quand mon père nous avait
24:52posé la question
24:52qui était une volonté
24:53de s'inscrire dans la durée
24:54et de conserver ce groupe.
24:56Un sujet qui est intéressant
24:57à explorer,
24:58c'est quand on arrive
25:01justement à ces générations
25:02où on doit gérer
25:03des actionnaires,
25:05en fait l'engagement
25:06d'actionnaires non exécutifs,
25:08en essayant de faire en sorte
25:09qu'ils ne deviennent pas
25:10des héritiers passifs,
25:11mais effectivement
25:12des actionnaires engagés.
25:14Un des gros enjeux,
25:16c'est ce que porte l'entreprise.
25:18En fait, l'entreprise,
25:19elle a d'une certaine manière
25:20une triple peine.
25:21La première, c'est
25:22qu'elle doit constamment innover
25:23pour rester en vie.
25:23Et dans notre monde de fou,
25:27ce n'est pas si simple.
25:29La deuxième, c'est que
25:30plus les groupes familiaux
25:32grandissent,
25:32et donc ces ETI familiales
25:34dont vous faites partie,
25:37plus le coût de la transmission
25:39finalement est sur les épaules
25:40de l'entreprise.
25:41Et la troisième chose,
25:42c'est la protection de la famille.
25:44Parce que tout ça est fait aussi
25:45avec une passion,
25:46et souvent c'est aussi
25:46la passion de la famille,
25:47et donc on est porté
25:48par tout cet environnement.
25:51Et c'est souvent une charge
25:52trop lourde pour,
25:53un seul cercle,
25:54finalement le cercle
25:55de l'entreprise.
25:56Et donc il y a un enjeu,
25:56c'est effectivement
25:57de professionnaliser la famille
25:58comme on a professionnalisé
25:59l'entreprise,
26:00en arrivant à développer
26:01un patrimoine
26:02qui devient indépendant
26:03de l'entreprise familiale,
26:04de telle sorte qu'il peut jouer
26:05son rôle de protection
26:06de la famille,
26:07et que ça ne vienne plus
26:08incomber à la famille.
26:10Et ça, c'est la structuration
26:12de votre patrimoine,
26:13et je ne sais pas
26:13si vous avez déjà commencé
26:14à structurer ce genre de choses,
26:16à réfléchir avec
26:17vos frères et soeurs,
26:18et donc c'est porté souvent
26:20par le conseil de famille,
26:21et pas par le président
26:23de l'entreprise
26:24ou le conseil de surveillance.
26:26Alors on est au début
26:26de la réflexion là-dessus.
26:28Déjà un premier élément,
26:29nous dans la charte familiale,
26:32puisqu'on a une charte familiale
26:33qui a été rédigée
26:36au moment de la transmission
26:39des parts,
26:39du fondateur à nous,
26:42à notre génération.
26:43Ça a été aussi un peu
26:44de définir un peu
26:44les règles de notre actionnariat
26:46familial,
26:47donc au-delà de la logique
26:48de durée,
26:49de s'inscrire dans la durée,
26:50etc.
26:51Il y avait un élément
26:52qui était fort,
26:54que je résumerais en disant
26:56que le groupe n'a pas vocation
26:58à faire des générations
26:58de rentier.
27:00Et ça c'est essentiel
27:01dans les valeurs,
27:02c'est-à-dire que,
27:03mon père est très attaché
27:04au fait que ce soit
27:05la deuxième
27:06et voire les générations
27:06suivantes,
27:08qu'aucun,
27:09que la subsistance
27:11d'aucun des membres
27:11de la famille
27:12ne dépendent du groupe.
27:13Voilà.
27:13Il faut que chacun
27:14soit autonome
27:15et sa productivité,
27:16le groupe étant plus.
27:17Et d'ailleurs,
27:17la priorité doit toujours
27:18être donnée au groupe.
27:19Et là on revient d'ailleurs
27:20à votre premier point
27:21sur la capacité
27:22d'innovation du groupe.
27:25L'actionnaire ne doit jamais,
27:26l'actionnaire que nous sommes
27:27familial,
27:28doit toujours privilégier
27:29le groupe et son développement
27:30avant de l'intérêt personnel
27:32des actionnaires.
27:33Et ça c'est des valeurs
27:34qui sont très ancrées
27:35et d'ailleurs qui se retrouvent
27:36bien d'ailleurs
27:37dans notre politique
27:39de versement de dividendes
27:40qui est effectivement
27:40assez faible
27:41au regard de la,
27:42finalement,
27:43des profits
27:45que dégage le groupe.
27:46Donc ça c'est le premier point.
27:47Après,
27:48effectivement,
27:50ça pose quand même
27:51la question de,
27:52voilà,
27:52comment est-ce qu'on
27:54développe effectivement
27:55aussi
27:55toute cette activité
27:57de familier office ?
27:58On a plusieurs enjeux
27:59là-dessus,
27:59vous l'avez dit,
28:00on a eu beaucoup
28:00de la transmission
28:02qu'il faut préparer
28:03parce que,
28:03évidemment,
28:04comme toute entreprise familiale,
28:06la transmission a été faite
28:07sur une base de Dutrey.
28:08Bien sûr.
28:09Mais il reste des parts
28:10à transmettre
28:11qui auront un coût,
28:12voilà,
28:13et qu'il faudra financer.
28:15Donc ça,
28:16déjà rien que ça,
28:16il faut pouvoir être
28:17en mesure de le financer.
28:19Et puis,
28:20il y a comment on cultive
28:22effectivement,
28:22comment on diversifie le risque.
28:23Ça,
28:24aujourd'hui,
28:24on n'est pas très mature.
28:25On est tout au début
28:26de la réflexion.
28:29C'est vrai que c'est des sujets
28:30qu'on commence à avoir
28:31de plus en plus en famille,
28:32à discuter en famille,
28:33de voir comment est-ce que,
28:36effectivement,
28:36au-delà du grand classique
28:38qui est l'immobilier,
28:39évidemment,
28:40notamment l'immobilier
28:41d'exploitation,
28:42l'immobilier utilisé par le groupe,
28:43comment est-ce qu'évidemment,
28:45on envisage
28:45d'autres diversifications
28:46pour,
28:47pour effectivement,
28:50avoir un propre patrimoine familial
28:52en dépendant du groupe.
28:53Est-ce que dans la charte familiale,
28:54vous avez projeté
28:54une vision de la famille
28:55qui est différente
28:56de la vision du groupe
28:57ou pas encore ?
28:59C'est-à-dire ?
29:01Bon,
29:01donc vous ne l'avez pas fait.
29:02En fait,
29:04souvent,
29:04les familles
29:05qui ont déjà professionnalisé
29:08la famille,
29:08donc les actionnaires
29:09et la famille,
29:11elles se posent la question
29:12tous les 5 ans,
29:13tous les 10 ans,
29:14suivante,
29:15pourquoi en un mot
29:16et pourquoi en deux mots
29:17on a envie de continuer
29:18cette aventure en famille
29:19dans les 20 ans qui viennent ?
29:21Et ça,
29:22ça permet
29:23d'engager
29:23la famille
29:25qui,
29:25dans ses détentions,
29:26peut avoir
29:27généralement
29:2899% de sa richesse,
29:29c'est l'entreprise familiale.
29:31Mais plus elle se professionnalise,
29:32plus il se passe
29:33d'autres choses.
29:34Vous avez évoqué
29:35la foncière,
29:36mais il peut y avoir
29:36la fondation,
29:37il peut y avoir
29:38d'autres choses.
29:39On a reçu une famille
29:41ce matin
29:43qui a créé
29:45un petit fonds
29:46d'investissement
29:46à impact
29:48familial
29:48et qui vient finalement
29:51valoriser leurs valeurs
29:52et leur impact sociétal
29:54dans leur région
29:54avec une thèse
29:55un peu particulière
29:56qui est très différente d'ailleurs
29:57de ce qu'ils font
29:58dans l'entreprise
29:59pour engager la famille
30:00et les garder unis.
30:01C'est souvent un cap
30:04pour la famille
30:06plus qu'un cap
30:07pour l'entreprise
30:08qui,
30:08entre la première
30:09et la deuxième génération,
30:10finalement,
30:10tout est mélangé.
30:11Les trois cercles
30:11sont les uns au-dessus
30:12des autres
30:12et donc,
30:13finalement,
30:14on passe d'un sujet
30:15à l'autre
30:15sans vraiment faire
30:16la différence
30:16entre les trois.
30:17Mais dès qu'on arrive
30:18à la troisième
30:19puis à la quatrième génération,
30:20en fait,
30:20on commence à avoir
30:21plus d'actionnaires
30:22qui sont non exécutifs
30:23que d'actionnaires exécutifs.
30:25Et donc,
30:25il est nécessaire
30:26de trouver une raison
30:27pour laquelle on reste
30:28engagé dans cette aventure
30:29puisque si les dividendes
30:31sont un plus
30:33et donc,
30:33il n'y a pas de connexion
30:35et qu'on ne travaille pas
30:36dans l'entreprise,
30:37il faut trouver des raisons
30:38pour lesquelles
30:39ces actionnaires
30:39ont envie de rester
30:40et de soutenir le groupe.
30:42Non,
30:43alors,
30:43effectivement,
30:44vous l'avez bien cerné,
30:45non,
30:45ce n'est pas formalisé
30:46dans le pacte d'actionnaires.
30:48Il n'y a pas
30:49cette vision familiale.
30:51mais c'est justement
30:53les discussions
30:53qu'on a aujourd'hui
30:55puisqu'on est en train
30:56de,
30:56au-delà de toutes
30:57les réflexions
30:57sur la partie
30:59plus familier,
31:00office,
31:01diversification
31:02au niveau
31:03de nos activités
31:05de holding,
31:05il y a évidemment
31:06la question
31:06de la fondation.
31:08On a déjà
31:08des activités
31:09de mécénat
31:10via une association
31:11mais moi,
31:12je souhaite
31:13et je porte fortement
31:14au niveau
31:14de notre comité familial
31:16qu'on ne crée
31:16une vraie fondation
31:19ou un fonds de dotation,
31:20enfin,
31:20encore une fois,
31:21ça c'est les détails juridiques
31:22mais en tout cas,
31:23qui porte effectivement
31:24autour d'une vraie raison d'être,
31:26un vrai projet
31:27en termes de social
31:28et sociétal
31:30et puis,
31:32et puis,
31:32effectivement,
31:33pourquoi pas
31:33d'autres actions,
31:34toutes autres actions
31:35qu'on pourrait envisager.
31:37Ça,
31:37ça reste encore à construire.
31:38On est encore en train
31:39de construire le projet,
31:40oui.
31:40On est au début.
31:41C'est vrai que...
31:47Et je rejoins
31:47à ce que vous dites,
31:48c'est-à-dire que
31:49tout ne peut pas être porté
31:51par la même personne.
31:52Voilà.
31:52Moi,
31:52en tant que président du groupe,
31:55mon rôle,
31:56c'est de porter
31:57le développement
31:57et de porter
31:58sur le groupe
31:58Saufinard au plus haut.
32:00Effectivement,
32:00toute la partie,
32:01toute cette partie-là,
32:02de plus,
32:03c'est que sur la partie
32:04fondation,
32:05sur la partie
32:05rôle social
32:06et sociétés,
32:07etc.,
32:09doit être portée
32:10par d'autres
32:10au sein de ma famille.
32:12Voilà.
32:12Et donc,
32:12c'est toutes nos discussions,
32:13toutes les discussions
32:14qu'on a actuellement.
32:15Génial.
32:16On va rentrer
32:17dans la partie
32:19de l'émission
32:19qui s'appelle
32:21Génération Impact
32:21et qui est le nom
32:22de cette émission
32:23et donc,
32:23on y est très attaché.
32:29Est-ce qu'on peut
32:29revenir un peu
32:30au groupe ?
32:31Oui.
32:33Et finalement,
32:34dont la première
32:36ressource
32:36sont ces hommes
32:37et ces femmes,
32:40quels sont vos enjeux
32:41d'impact social
32:42et environnemental
32:43ou de RSE ?
32:43Je ne sais pas
32:44comment vous les décrivez
32:44aujourd'hui.
32:46Alors nous,
32:47en termes d'impact,
32:48on en a beaucoup
32:51à la hauteur
32:52du nombre
32:52de collaborateurs
32:53que nous avons.
32:55Sur la partie sociale
32:58et sociétale,
33:00on a un vrai rôle
33:01et c'est finalement
33:02un peu la raison
33:03d'être
33:03de notre groupe
33:03de service.
33:05C'est de sourcer,
33:08d'embaucher,
33:09de former
33:10et d'insérer
33:12des collaborateurs.
33:13On est une machine
33:13à embaucher,
33:14à insérer,
33:15etc.
33:16Et donc ça,
33:16c'est des valeurs
33:17fortes qu'on porte
33:17qui sont les valeurs
33:18d'insertion et d'éducation.
33:20C'est d'ailleurs
33:20autour de ça,
33:21comme je vous le disais,
33:22on a une association
33:23qui a été créée
33:25d'ailleurs par mon père
33:26il y a une vingtaine d'années
33:27qui s'appelle
33:28Enfance et Nature
33:29et qui vise à travailler
33:29et qui finance
33:30des projets
33:31autour de l'insertion
33:32et de l'éducation,
33:33notamment beaucoup
33:33en Afrique
33:34aujourd'hui.
33:37Moi, ce que je souhaiterais
33:38pour l'avenir,
33:39c'est qu'évidemment,
33:40c'est bien cette activité-là
33:41que je souhaiterais
33:42qu'on structure en fondation
33:43qui puisse vraiment
33:44être adossé au groupe,
33:45qui puisse vraiment
33:45porter cette valeur
33:46et d'ailleurs impliquer
33:47beaucoup plus
33:48les collaborateurs
33:48parce qu'aujourd'hui,
33:50le groupe finance
33:51essentiellement
33:51ces activités-là
33:52mais la structure associative
33:56avec un nom différent
33:57ne permet pas vraiment
33:57de l'imbriquer
33:58dans le vrai projet RSE du groupe.
34:00Je souhaiterais vraiment
34:01qu'on l'imbrique
34:01vraiment dans le projet RSE du groupe
34:03et pour ça qu'on crée
34:05une fondation
34:07autour de l'éducation
34:08et de l'insertion
34:09en Afrique
34:09mais aussi
34:10dans chaque pays
34:11où on est implanté
34:12parce que finalement,
34:13les sujets d'éducation
34:14et d'insertion
34:14sont partout.
34:15là, ça sera la fondation
34:16de l'entreprise.
34:17Tout à fait.
34:17Pas une fondation familiale
34:18qui serait à l'extérieur.
34:19Ça serait la fondation
34:20de l'entreprise.
34:20Oui, tout à fait.
34:21Puisque c'est très lié
34:22à notre activité.
34:23C'est très lié aussi
34:24à la mission du groupe
34:27dans tous ces métiers.
34:30Donc revenons aux enjeux RSE
34:32du groupe.
34:33Vous pouvez nous rappeler
34:34le nombre de collaborateurs
34:35que vous avez ?
34:3640 000.
34:3640 000.
34:37Sur 27 pays, c'est ça ?
34:38Sur 27 pays.
34:39Sur 27 pays.
34:40OK.
34:40Donc les enjeux RSE
34:42d'un groupe comme le vôtre,
34:43ça consiste en quoi aujourd'hui ?
34:45Alors sur les sujets,
34:46au-delà de cette partie
34:47sociale-sociétale,
34:48on a évidemment
34:48des enjeux environnementaux.
34:53Toute organisation humaine
34:54et les entreprises en première
34:55ont des enjeux environnementaux.
34:57Après, nous,
34:58on a un métier de service.
34:59Notre impact purement
35:01environnemental carbone
35:02est plus réduit
35:03que d'autres métiers,
35:04que d'autres secteurs d'activité.
35:06Évidemment,
35:06notre travail à faire
35:07et nos actions à mener
35:08sur cette partie-là
35:09pour réduire notre impact.
35:11Après, moi,
35:12je suis convaincu
35:12qu'en tant qu'employeur,
35:14vraiment,
35:15métier qui est de service
35:16et qui est d'embauchement,
35:17effectivement,
35:18on a en proportion
35:20beaucoup de collaborateurs.
35:21On a une grosse mission
35:22en termes de sensibilisation
35:23et d'éducation
35:24de nos collaborateurs
35:25sur les enjeux environnementaux.
35:26Et finalement,
35:28au-delà, évidemment,
35:29du travail qu'on doit faire
35:30sur l'impact carbone
35:30direct de l'entreprise,
35:33notre première mission,
35:34c'est de sensibiliser,
35:36c'est d'animer,
35:38de sensibiliser
35:38toute cette démarche,
35:39la démarche environnementale
35:40et réduction de l'impact
35:42de l'ensemble
35:42de nos collaborateurs.
35:43Chez vos clients ?
35:44Comment ?
35:45Chez vos clients, du coup ?
35:46Chez nos clients,
35:47dans leur vie de tous les jours.
35:49Voilà.
35:50Si on peut avoir,
35:51faire de tous
35:52nos collaborateurs,
35:53des acteurs
35:54de la réduction
35:55de l'impact
35:56environnemental,
35:57ce sera déjà
35:58une énorme mission
35:59qu'on aura réussie.
36:00Comment vous projetez maintenant ?
36:02Donc là, vous arrivez,
36:02vous prenez la tête
36:04de ce groupe
36:06qui, du coup,
36:07est installé,
36:08est en forme,
36:08à différents lignes d'activité.
36:11Comment vous projetez
36:12votre groupe
36:12dans les 20 ans
36:13qui viennent ?
36:14Alors, plusieurs choses.
36:15Nous, notre groupe,
36:17déjà un,
36:18notre groupe,
36:19dans les 20 ans
36:20qui viennent,
36:20il faut qu'on
36:22accentue
36:22l'internationalisation
36:23sur l'ensemble
36:24de nos métiers.
36:24Ça, c'est indispensable.
36:26On est déjà
36:27sur la partie
36:28sûreté-sécurité.
36:28On a une empreinte
36:30internationale
36:31qui est forte,
36:31comme je le disais,
36:32notamment avec un fort
36:34développement
36:34sur les États-Unis.
36:36Mais sur la partie
36:38harmonia,
36:39toute la partie
36:40de multiservices,
36:41on est encore peu
36:42implanté à l'international.
36:43Donc, évidemment,
36:45à 20 ans,
36:45j'aimerais que le groupe
36:46ait une implantation globale.
36:48Il faut qu'on se diversifie
36:50aussi sur les métiers,
36:52sur tous les...
36:56un domaine d'expertise
36:57fort qu'a développé
36:58le groupe
36:58sur toute cette partie
36:59multiservices
37:00qui est toute la gestion
37:01des grands événements.
37:02Ça aussi,
37:02c'est un enjeu très,
37:03très fort
37:03qu'on doit...
37:04sur lequel
37:05de grands événements
37:05internationaux.
37:06On était un des gros acteurs
37:07sur les JO de Paris
37:09l'année dernière.
37:10On était sur l'Expo
37:10universelle à Osaka.
37:12Là, on fait
37:13la Coupe d'Afrique des Nations
37:14au Maroc
37:15en ce moment-là,
37:16qui démarre
37:17à la fin de la semaine.
37:18Donc, vous fournissez
37:19les équipes ?
37:20On fournit les équipes,
37:21on gère,
37:21on accompagne
37:22toute la gestion
37:23de l'événement,
37:23tout l'accompagnement
37:26logistique
37:27de ces événements
37:28majeurs.
37:29Après,
37:31dans l'exercice
37:32d'un métier
37:33de tous les jours,
37:33nos gros enjeux,
37:35c'est d'arriver
37:36à sortir
37:38de la commoditisation
37:39de nos métiers.
37:40La plus grosse menace
37:40de nos métiers,
37:41c'est la commoditisation.
37:42C'est-à-dire
37:43de rester sur
37:43de la pure prestation
37:44de main-d'œuvre
37:46avec des logiques
37:47de taux horaires,
37:48avec une vraie logique
37:49de réduction
37:49de l'apport
37:51de valeur
37:51et de qualité.
37:53Ça, c'est un vrai risque
37:54et notre enjeu
37:55dans les prochaines années,
37:56c'est d'arriver
37:57à apporter plus de valeur
37:58à l'association
37:59avec de la technologie,
38:00notamment sur la maîtrise
38:01de l'information.
38:02La particularité
38:03de tous nos métiers,
38:04c'est qu'on ait
38:05les yeux et les oreilles
38:06de nos clients
38:07sur le terrain.
38:09Les hôtesses
38:09sur le terrain
38:10sont les yeux
38:10qui captent l'information,
38:11les agents de sécurité
38:12sur le terrain.
38:13Et finalement,
38:14un moyen très efficace,
38:15nous, d'apporter
38:15plus de valeur
38:16à nos clients
38:18et de créer
38:19plus de valeur,
38:20c'est de capter
38:20de l'information.
38:21Ça va être
38:21dans l'aéroportuaire,
38:22nos agents de sûreté
38:23qui captent
38:25de l'information
38:26pour pouvoir améliorer
38:28le service aux clients,
38:28bien entendu,
38:29mais sur le parcours
38:30passager, etc.
38:31Ça va être
38:32pour les hôtesses
38:34de vente
38:34dans notre division
38:35luxe de capter
38:36sur toute la partie
38:37comportement d'achat
38:38des clients, etc.
38:40Et donc,
38:40toute cette dimension-là,
38:41il faut qu'on l'enrichisse
38:42dans les années à venir.
38:45Après, évidemment aussi,
38:46à 10, 15 ans,
38:48on a vraiment
38:48la question
38:49de la rupture de l'IA
38:50qui est un vrai sujet.
38:51On voit apparaître
38:52quand même
38:52de plus en plus
38:53des sujets,
38:54des enjeux
38:54sur nos métiers,
38:55sur comment l'IA
38:56peut risquer
38:56de disrupter nos métiers.
38:58Même s'il n'y aura
38:59jamais
39:00une rupture complète
39:02et totale majeure
39:03puisque,
39:03et on le voit bien,
39:05l'interaction humaine
39:06est essentielle.
39:07On le voit bien
39:08dans tous les secteurs
39:12d'activité
39:13dans lesquels
39:13on intervient.
39:14On a quand même
39:15une question
39:15de comment est-ce
39:16qu'on intègre l'IA
39:17dans le service
39:17et dans nos opérations.
39:19Et ça ressemble
39:20à quoi ?
39:20Parce qu'effectivement,
39:21je pense que tout le monde
39:22peut se projeter
39:23dans un aéroport
39:24avec vos agents
39:25qui nous demandent
39:26de vider nos poches
39:27et de sortir
39:28notre ordinateur.
39:29C'est ça,
39:30une partie de votre métier.
39:32Comment l'IA ici
39:33peut disrupter
39:34ce service-là ?
39:37Alors,
39:37l'IA peut disrupter,
39:38alors c'est,
39:39par exemple,
39:40ça va être sur
39:42les postes
39:43d'inspection filtrage,
39:44un exemple concret
39:44puisque vous le citiez.
39:46De plus en plus,
39:47l'IA permet de faire
39:48de l'auto-check
39:48sur les images.
39:49Vous savez qu'une démission
39:50de nos agents,
39:51c'est,
39:52vous les voyez
39:52derrière les écrans,
39:53ils voient passer
39:53les images radioscopiques
39:55des bagages
39:55qui passent dans le tunnel.
39:57Et bien là,
39:57typiquement,
39:58de plus en plus,
39:59on a les sorts d'IA
40:00qui permettent
40:01de faire de l'auto-check
40:02d'images,
40:02qui permettent
40:03automatiquement
40:03de contrôler les images,
40:04ce qui fait que,
40:06à horizon 5 à 10 ans,
40:08nos agents
40:09ne verront que
40:1150 ou entre 30 et 50 %
40:14des images
40:14qui passeront
40:16dans le tunnel.
40:17Donc là,
40:18typiquement,
40:18c'est un exemple
40:19de disruption
40:20puisque forcément,
40:21évidemment,
40:21nos agents vont avoir
40:22besoin de contrôler
40:23moins d'images,
40:23ne seront qu'enlevés
40:24de doute de deuxième niveau
40:25après une IA
40:26qui aura fait
40:26un contrôle de premier niveau.
40:28Et du coup,
40:28ça,
40:28c'est un risque pour vous
40:29ou c'est vous
40:29qui apportez cette technologie
40:31dans le contrôle ?
40:32Parce que ce n'est pas
40:32vous qui fournissez
40:32les machines ?
40:33typiquement,
40:33ça peut être considéré
40:34comme un risque pour nous
40:35parce qu'aujourd'hui,
40:36c'est plutôt les fabricants
40:37qui fournissent cette IA.
40:38Donc ça,
40:39c'est typiquement
40:39un risque pour nous.
40:41Et donc là,
40:41c'est la question,
40:42effectivement,
40:42comment nous,
40:43on apporte plus de valeur.
40:44Si je vous prends
40:44un autre exemple,
40:45où là,
40:45c'est nous qui avons intégré
40:47la techno
40:47et qui apportons de la valeur.
40:49Ça va être pour
40:49les compagnies aériennes,
40:50on assure les process
40:51de sûreté,
40:52les process de profiling,
40:54c'est-à-dire que pour
40:54les compagnies,
40:56notamment américaines,
40:57on assure le questionnement
40:59qui sert à,
41:01le questionnement
41:01à l'embarquement,
41:02à l'enregistrement,
41:03qui sert à évaluer
41:04un profil de risque
41:04des passagers.
41:05Si vous avez pris un vol
41:07pour les États-Unis,
41:07vous êtes passé par
41:08des agents de sûreté
41:09qui ont posé
41:09quelques questions,
41:11vous savez,
41:11pour savoir,
41:12pour évaluer un profil de risque
41:13et pour voir s'il y a
41:14nécessité ou pas
41:15de faire des contrôles
41:15complémentaires.
41:17Et là,
41:17typiquement,
41:17on a équipé nos agents
41:18avec des outils,
41:19avec une techno
41:20qui permettent d'assister,
41:21de les assister,
41:22de les aider dans le questionnement
41:23et qui permettent
41:24de mieux comprendre
41:26via des informations
41:27sur leur parcours
41:28quel est le profil de risque
41:29de ces passagers.
41:30Donc là,
41:31c'est typiquement là,
41:31nous qui allons intégrer
41:32la techno
41:33pour améliorer le service
41:33à nos clients.
41:34Bon,
41:35sur les couturières du luxe,
41:37après,
41:37ça devrait aller.
41:38ça reste à l'artisanat.
41:39Dieu merci.
41:40Si ça avait pu être automatisé,
41:42ça aurait été fait depuis longtemps.
41:43Dieu merci,
41:43c'est du pur métier d'artisanat,
41:44ça non.
41:45En revanche,
41:46dans les métiers d'accueil,
41:48dans les questions,
41:50on a nos hôtesses,
41:51on a beaucoup d'hôtesses
41:52qui sont effectivement
41:52qui accueillent
41:54dans les bureaux
41:55et dans les sièges sociaux.
41:56On sait que dans des immeubles
41:58à faible flux,
41:59ça commence à se poser
41:59de plus en plus la question
42:00de remplacer par des avatars,
42:03par exemple.
42:03Quand vous avez un immeuble,
42:05vous avez quatre visiteurs par jour.
42:07Payez une hôtesse à temps plein
42:08se questionne,
42:09évidemment.
42:10Et là,
42:10on peut avoir des solutions
42:11avec type des avatars
42:12qui peuvent servir
42:13effectivement à accueillir,
42:14à prendre le nom,
42:14à faire les quelques contrôles
42:16et puis à orienter
42:17vers les tâches
42:17qu'il faut
42:18les visiteurs.
42:19Donc,
42:20un avatar,
42:21ça serait un robot
42:21ou ce serait une télé ?
42:23Alors,
42:23un avatar,
42:24ça peut être un robot.
42:25Ça peut être...
42:25On a déjà fait des tests
42:26chez certains de nos clients
42:27avec des robots
42:28qui assurent l'accueil.
42:30Donc,
42:30ça,
42:30c'est déjà ce qu'on a fait.
42:30Ça peut être aussi une image.
42:32Vous vous souvenez
42:33du discours de Jean-Luc Mélenchon
42:34pour la dernière présidentielle
42:36qui nous avait fait
42:37cette rupture technologique
42:41avec cet avatar.
42:42Ça peut être aussi
42:42un avatar sous cette forme-là.
42:45Voilà.
42:45Après,
42:47on a...
42:47Voilà.
42:48Donc,
42:48on voit bien
42:48que dans tous les métiers,
42:50ce n'est pas
42:50un remplacement complet,
42:52mais ça vient
42:53effectivement
42:54amener un complément.
42:55Ça vient...
42:55Et donc là,
42:56tout notre enjeu,
42:56effectivement,
42:57c'est d'arriver à intégrer ça
42:58dans nos offres de services
42:59et d'accompagner nos clients
43:00sur ces enjeux.
43:01OK.
43:04On a encore un petit peu
43:05de temps ensemble.
43:06Et sur cette partie
43:07génération impact,
43:08j'aime bien revenir aussi
43:09un peu sur la famille
43:12et projeter un peu
43:13la future génération.
43:14Donc,
43:14vous disiez tout à l'heure,
43:15vous avez 16 petits-enfants.
43:1816 neveux,
43:18nièces et filles.
43:20Oui.
43:20OK.
43:21Ils ont entre quel âge
43:22et quel âge ?
43:23Alors,
43:23la plus âgée
43:24a 23 ans
43:27et le plus jeune
43:30a un mois.
43:31OK.
43:32Il y a déjà de l'intérêt,
43:33il y a déjà des...
43:34Oui, il y a déjà.
43:34Il y a déjà...
43:35Comment vous...
43:35À l'instant où je vous parle,
43:37ma deuxième fille
43:39fait son stage
43:39de troisième dans le groupe.
43:41OK.
43:41Donc, vous voyez...
43:42Et à sa demande,
43:43j'insiste là-dessus,
43:44c'est à sa demande,
43:45ça,
43:45je n'aiguillonne pas forcément,
43:47c'est à sa demande
43:48qu'elle a voulu faire
43:49son stage de troisième
43:50dans le groupe.
43:51Alors,
43:51ce n'est qu'un stage de troisième,
43:52restant...
43:53Voilà.
43:53Mais oui, oui,
43:54il y a un intérêt.
43:55Il y a un intérêt certain
43:57pour les groupes
43:57de cette génération,
43:58en tout cas,
43:58qu'on essaye de cultiver,
44:02qu'on cultive
44:02sans le forcer non plus.
44:03Il ne faut pas
44:04que ce soit une obligation.
44:05Il faut chacun
44:05que ce soit libre aussi
44:07de faire
44:08et de tracer
44:08sa propre voie.
44:10Mais pour ceux
44:11qui manifestent
44:11de l'intérêt,
44:12évidemment,
44:12on cultive
44:14cet attachement
44:15et cette affection
44:16au groupe.
44:16Et vous disiez,
44:17sur les cinq,
44:19il y en a un ou une
44:20qui ne travaille pas
44:21dans le groupe.
44:22C'est ça ?
44:22C'est ma soeur aînée.
44:23C'est votre soeur aînée ?
44:24Oui, tout à fait.
44:25On peut dire
44:25ce qu'elle fait dans la vie ?
44:27Oui, bien sûr.
44:29Je pense qu'on ne voudra pas.
44:30Elle est directrice
44:32d'édition,
44:33voilà.
44:34Donc,
44:35dans un métier
44:35assez différent,
44:37mais elle a
44:38le même attachement
44:39au groupe.
44:40C'est ça,
44:40ce que j'allais vous demander.
44:41Non,
44:41elle a le même attachement
44:42au groupe.
44:42Elle est extrêmement présente
44:44dans tous les comités
44:45féminials,
44:46dans toutes les AG,
44:47chaque année,
44:47etc.
44:49Forcément,
44:49elle est un peu plus distante
44:50par la force des choses,
44:52des enjeux opérationnels
44:54du quotidien,
44:54mais elle a le même attachement
44:56et le même engagement
44:58dans le groupe
44:59au regard du fait
45:00qu'elle reste quand même
45:01à l'extérieur.
45:01Du coup,
45:01j'imagine que ces enfants
45:02font partie
45:04des plus vieux ?
45:05Exactement.
45:06Si elle en a ?
45:07Tout à fait.
45:08Est-ce qu'eux aussi,
45:09finalement,
45:10peuvent se projeter
45:11ou pas dans le groupe
45:12aujourd'hui ?
45:12Est-ce qu'ils posent
45:12des questions ?
45:13Effectivement,
45:15la question va sans doute
45:17se poser le moment venu.
45:20Notamment,
45:20Sophie Aînée
45:21qui a presque fini
45:22ses études.
45:23Dernière année
45:23d'école de commerce,
45:24donc on verra.
45:25Même si,
45:26comme je vous le disais
45:27au début de notre échange,
45:29on encourage
45:30à ce qu'ils aient aussi
45:31une autre expérience avant
45:32qui ne rentre pas
45:33directement dans le groupe.
45:34Mais je pense que oui,
45:36elle se posera sans doute
45:37la question de rejoindre
45:38le groupe.
45:38C'est bien,
45:40c'est une belle histoire,
45:41ce serait une belle histoire
45:42le moment venu.
45:43On est dans une période
45:45économique,
45:46mais également politique
45:47en France
45:47où les entreprises
45:48et les entreprises familiales
45:49sont très challengées.
45:51Vous avez,
45:52comme nous,
45:53vu, entendu,
45:54écouté tous les débats
45:55à l'Assemblée
45:56sur la taxation
45:57des grandes familles,
46:00des ultra-riches,
46:01mais finalement,
46:02en cascade,
46:03des décisions prises
46:04qui viennent impacter
46:05finalement
46:06des entreprises familiales
46:07beaucoup plus modestes.
46:08Quel est votre regard
46:09sur la place
46:11et le rôle
46:12des entreprises familiales
46:13aujourd'hui
46:14pour vous en France ?
46:16Je pense que c'est
46:17très méconnu,
46:18malheureusement.
46:20Et c'est d'ailleurs
46:21pour ça qu'il faut
46:21qu'on fasse cet effort
46:23aussi,
46:23plus d'explications
46:26de ce qu'est
46:26l'entrepreneuriat familial
46:27parce que l'entrepreneuriat
46:29familial est très caricaturé.
46:31On le voit notamment
46:32au travers de l'actualité politique,
46:34au travers des différentes
46:35émissions télé
46:36récentes,
46:37avec toujours cette image
46:40de cas très spécifique,
46:42dont d'ailleurs
46:42au Côte de Meuron
46:43on peut être fier,
46:44parce que ça crée aussi
46:45des très très belles histoires
46:46et des très très beaux groupes.
46:49Mais il était caricaturé
46:51et je pense que la plupart,
46:52malheureusement,
46:53des Français
46:54et de nos politiques
46:54ne se rendent pas compte
46:55du poids
46:56de l'actionnariat familial
46:57dans l'économie française.
47:01Ils oublient trop
47:02que c'est près de 60%
47:03de l'économie nationale,
47:05l'actionnariat familial.
47:07C'est ce qui,
47:07en grande partie,
47:08crée de la stabilité,
47:10de la vision à long terme.
47:12Voilà, donc c'est...
47:13Alors évidemment,
47:13je ne dis pas que
47:14c'est la panacée de tout,
47:15c'est bien,
47:16c'est l'équilibre
47:17entre les différents modèles
47:19est important.
47:20Mais l'actionnariat familial
47:22apporte cette stabilité,
47:24cette vision à long terme.
47:24Il faut le préserver.
47:25C'est essentiel.
47:27Ça me paraît essentiel.
47:28C'est en ça d'ailleurs
47:29que le Dutreuil est essentiel.
47:32Je pense que sans Dutreuil,
47:33il n'y a plus de passation familiale.
47:35Enfin, il ne faut pas rêver.
47:37Et d'ailleurs,
47:38avant que le Dutreuil
47:39soit mis en place
47:39au début des années 2000,
47:41c'était une boucherie.
47:43Chaque transmission
47:44d'une génération à l'autre
47:45était une boucherie.
47:45Le nombre de très beaux fleurons
47:47qui ont été revendus
47:48à l'international
47:50parce que les héritiers
47:51n'avaient juste pas le choix.
47:52Ils ne pouvaient juste pas
47:52payer les droits de succession.
47:54Voilà.
47:55Parce que ça,
47:56c'est lié aussi
47:57à une autre dimension
47:59au-delà du poids
47:59et de l'importance
48:00et de la vision à long terme
48:01de la stabilité
48:02qu'apporte l'actionnariat familial.
48:04C'est ce qui est très sous-estimé aussi.
48:07C'est ce qui est très incompris
48:09dans la...
48:11aussi bien des politiques
48:12que du grand public.
48:16C'est cette différence
48:17entre cette valorisation
48:19qui est une notion de stock
48:21de valeur fictive
48:22puisque,
48:24notamment dans l'actionnariat familial,
48:25ce n'est même pas coté,
48:26ça n'a même pas de valeur liquide
48:30et un revenu.
48:31Et c'est effrayant
48:32de voir les confusions
48:33et les bêtises
48:34qui sont dites
48:34même sur les chaînes d'infos
48:37ou autres.
48:38Quand on voit
48:39le président de la commission
48:41des finances
48:41qui ne fait même pas
48:42la différence
48:42entre la notion de stock
48:43et de flux,
48:43c'est effrayant.
48:44On ne fait pas la différence
48:45entre une question de valorisation
48:47et une question de revenu
48:48qui ne fait pas la différence
48:49quand on voit incessamment
48:51qu'on compare
48:54une fortune théorique
48:59d'un actionnariat familial
49:01avec des points de PIB.
49:02Rien à voir.
49:03PIB, c'est du flux.
49:06On confond complètement
49:07et on voit à quel point
49:08il y a des incompréhensions
49:09là-dessus.
49:10Il y a un travail
49:10de pédagogie à amener
49:12pour arrêter de pointer du doigt
49:15l'actionnariat familial
49:17qui apporte énormément
49:21à l'économie française.
49:23Très clairement,
49:24ces débats autour
49:25de la taxe du commun
49:25sont une aberration.
49:26C'est vraiment
49:27une profonde incompréhension
49:29de ce qu'est la réalité
49:32de l'actionnariat familial.
49:37Un groupe comme le nôtre,
49:38si une taxe du commun
49:39devait se mettre en place,
49:41on serait incapable
49:42de la payer.
49:43Il faudrait vendre
49:44des parts du groupe
49:44chaque année
49:45pour payer la taxe du commun.
49:46Mais enfin,
49:46on voit la bêtise du truc.
49:47Ce qui est quasiment impossible.
49:49Ce qui est quasiment impossible
49:50puisque ça n'a
49:50aucune valeur liquide.
49:52Et donc,
49:52vendre par petits bouts
49:53comme ça,
49:54un groupe comme ça,
49:55ce serait en plus
49:56complètement destructeur de valeur.
49:58Donc,
49:58ça n'a aucun sens.
49:59Ça n'a aucun sens.
50:00Mais oui,
50:00il y a un gros travail à faire.
50:02Il y a un gros travail à faire.
50:03Alors là,
50:03vous avez raison,
50:04c'est que le taux de transmission
50:05en France
50:06est autour de 20%.
50:07Ce qui veut dire
50:08qu'au bout de 3-4 générations,
50:09il reste quelques pourcents
50:12d'entreprises détenues
50:13par la famille fondatrice.
50:16Alors parfois,
50:16pour des bonnes raisons.
50:18Le fondateur veut vendre,
50:19ça ne passe pas à la deuxième.
50:22Il y a un chiffre
50:23qui n'est pas le bon,
50:24mais qui disait finalement
50:25c'est un tiers
50:26à chaque génération,
50:2730, 13, 3.
50:28Mais nous,
50:29en France,
50:29on est à 20
50:30entre la première
50:31et la deuxième.
50:31alors que nos amis
50:34allemands,
50:35italiens,
50:35espagnols
50:35sont beaucoup plus hauts.
50:37Essentiellement
50:37pour des raisons fiscales,
50:39mais aussi pour,
50:42je le crois,
50:44fondamentalement,
50:46le rapport
50:47que les Français
50:48ont aussi
50:49avec la richesse,
50:50l'argent.
50:51Et donc,
50:52ils sont souvent
50:53des grands romantiques.
50:55et ils ne professionnalisent
50:56pas cette partie-là.
50:58Ils ne la structurent pas
50:59assez.
51:01Et donc ensuite,
51:02quand il y a des à-coups,
51:03ils ne sont pas prêts.
51:04Ils ne sont pas organisés
51:04et c'est plus difficile.
51:05Les à-coups pouvant être
51:06des à-coups économiques,
51:07mais ça peut être aussi
51:08des conflits de famille
51:09qui ensuite peuvent détruire
51:11des groupes familiaux
51:13parce que la partie de droite
51:14ne peut pas racheter
51:15à la partie de gauche
51:16et on est parti
51:16pour des années difficiles.
51:18Donc,
51:19il y a pas mal de choses à faire.
51:20Non, non, mais il y a pas mal
51:21de choses à faire.
51:22Encore une fois,
51:23vous avez raison,
51:24il y a sans doute
51:24ce syndrome culturel.
51:27Même si, encore une fois,
51:28quand on compare
51:29et vous citiez deux exemples,
51:31c'est intéressant.
51:31L'Allemagne et l'Italie,
51:32on ne peut pas dire
51:33qu'on met tout le temps
51:34sur le dos
51:35de la culture latine
51:36ou machin.
51:37L'Italie,
51:38si c'est un pays
51:39qui a une culture latine,
51:40c'est bien l'Italie.
51:41Après tout,
51:42ils y arrivent bien.
51:42Donc, on voit bien,
51:43oui, il y a des notions culturelles,
51:44mais il y a aussi
51:45des dispositifs d'accompagnement.
51:47Je veux dire,
51:47on a passé
51:50bien, alors là,
51:50on en parle moins
51:51d'exemples de l'Allemagne
51:51parce que l'Allemagne
51:52est un peu chamboulée
51:53ces derniers temps,
51:54mais on a passé avant
51:55ces 20-30 dernières années
51:56à envier le modèle allemand,
51:57le modèle,
51:58ce tissu de PME
52:00et de TI,
52:00notamment industriel,
52:01extrêmement fort
52:02qui faisait l'économie allemande.
52:04Mais il faut avoir conscience
52:05qu'en France,
52:05on a détricoté ce système
52:07par l'absence
52:08de systèmes de transmission
52:09comme le Dutreil.
52:10Le Dutreil a répondu
52:10enfin à ce besoin,
52:12ce qui faisait la force
52:13du modèle allemand
52:14qui était d'assurer
52:15la transmission
52:15et la stabilité
52:16de ce tissu-là.
52:20ça ne tenait pas
52:21d'une génération à l'autre.
52:23On a réussi à le mettre en place
52:24et là, on voit déjà
52:25qu'à peine 20 ans après,
52:26on commence déjà
52:26à le challenger
52:27et à le remettre en cause.
52:27C'est quand même dommage.
52:29C'est vraiment dommage.
52:30Il faut absolument le préserver
52:31parce que c'est essentiel,
52:33parce que vous avez raison,
52:34il y a ces effets culturels aussi,
52:36mais les dispositifs aussi,
52:37ces dispositifs aussi
52:38d'accompagnement
52:39sont indispensables
52:40pour pouvoir garder
52:41ce tissu-là
52:43et qui fait la force
52:45encore une fois
52:45d'une économie.
52:47Ce n'est pas le CAC 40
52:49qui fait travailler
52:49et l'essentiel des Français,
52:50il faut en avoir conscience.
52:51C'est sûr.
52:52On arrive, Jean-Baptiste,
52:55tout doucement
52:55sur la fin de cette émission
52:56et on a une tradition
52:57dans cette émission,
52:58c'est de poser la question
52:59suivante à nos invités.
53:02Si cette entreprise familiale
53:03que vous dirigez aujourd'hui
53:04était un membre de la famille,
53:06mais un membre objectif,
53:09qui serait-il
53:09ou qui serait-elle pour vous ?
53:12Eh bien,
53:14bonne question.
53:16Vu l'attachement familial,
53:17oui,
53:18ce serait un membre de la famille.
53:22Pour moi,
53:23ce serait intuitivement,
53:24je vous dirais
53:24que ce serait un frère
53:31ou une sœur.
53:34Mon père nous a tellement élevés
53:35comme si c'était
53:36un autre membre de la famille,
53:37un autre membre de la fratrie,
53:38comme si c'était son bébé.
53:39Oui,
53:39ce serait un frère
53:40ou une sœur.
53:42Et donc,
53:43pour moi,
53:44c'est d'autant plus difficile
53:45d'en prendre la tête
53:47parce qu'évidemment,
53:48je n'ai pas cette logique
53:49de filiation très paternaliste
53:51et avec cette gouvernance
53:53très paternaliste de mon père
53:54qui est assez fréquente
53:55chez les fondateurs.
53:56Moi,
53:57c'est différent,
53:57effectivement.
53:58Moi,
53:59c'est un frère et une sœur.
53:59J'ai une autre relation
54:00avec ce groupe
54:01et que je dois construire
54:03et mettre en place
54:04avec les systèmes de gouvernance
54:06dont on parlait tout à l'heure.
54:07mais oui,
54:08c'est une relation particulière,
54:18très affective.
54:22Mathis,
54:23merci d'avoir accepté
54:26de venir dans notre émission
54:27Génération Impact.
54:28C'est le moment pour moi
54:30de remercier toutes les équipes techniques
54:31pour avoir goupillé cette émission,
54:33de vous remercier pour votre écoute
54:35et de vous dire à bientôt
54:36dans un prochain épisode
54:37de Génération Impact.
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