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  • il y a 2 jours
Samedi 4 avril 2026, retrouvez Jean-Baptiste Thélot (Président, Sofinord Group) dans GÉNÉRATION IMPACT, une émission présentée par Julien Lescs.

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Transcription
00:04Est-ce qu'on peut revenir un peu au groupe ?
00:09Et finalement, dont la première ressource sont ces hommes et ces femmes.
00:15Quels sont vos enjeux d'impact social et environnemental ou de RSE ?
00:19Je ne sais pas comment vous les décrivez aujourd'hui.
00:21Alors nous, en termes d'impact, on a beaucoup,
00:26à la hauteur du nombre de collaborateurs que nous avons.
00:31Sur la partie sociale et sociétale, on a un vrai rôle,
00:36et c'est finalement un peu la raison d'être de notre groupe de services.
00:40C'est de sourcer, d'embaucher, de former et d'insérer des collaborateurs.
00:48On est une machine à embaucher, à insérer, etc.
00:51Et donc ça, c'est des valeurs fortes qu'on porte,
00:53qui sont les valeurs d'insertion et d'éducation.
00:55C'est d'ailleurs autour de ça, comme je vous le disais,
00:57on a une association qui a été créée, d'ailleurs, par mon père, il y a une vingtaine d'années,
01:02qui s'appelle Enfance et Nature,
01:04et qui finance des projets autour de l'insertion et de l'éducation,
01:08notamment beaucoup en Afrique, aujourd'hui.
01:12Voilà.
01:13Moi, ce que je souhaiterais pour l'avenir,
01:14c'est qu'évidemment, c'est bien cette activité-là,
01:16que je souhaiterais qu'on structure en fondation,
01:18qui puisse vraiment être adossée au groupe,
01:20qui puisse vraiment porter cette valeur,
01:21et d'ailleurs impliquer beaucoup plus les collaborateurs.
01:24Parce qu'aujourd'hui, le groupe finance essentiellement ces activités-là,
01:28mais la structure associative avec un nom différent
01:32ne permet pas vraiment de l'imbriquer dans le vrai projet RSE du groupe.
01:35Je souhaiterais vraiment qu'on l'imbrique vraiment dans le projet RSE du groupe,
01:38et pour ça qu'on crée une fondation,
01:42autour de l'éducation et de l'insertion en Afrique,
01:44mais aussi dans chaque pays où on est implanté.
01:47Parce que finalement, les sujets d'éducation et d'insertion sont partout.
01:50Là, ce sera la fondation de l'entreprise,
01:52pas une fondation familiale qui serait à l'extérieur.
01:54Ce sera la fondation de l'entreprise.
01:56Oui, tout à fait, puisque c'est très lié à notre activité.
01:58C'est très lié aussi à la mission du groupe dans tous ces métiers.
02:05Donc revenons aux enjeux RSE du groupe.
02:09Pouvez-vous nous rappeler le nombre de collaborateurs que vous avez ?
02:1140 000.
02:1140 000.
02:12Sur 27 pays, c'est ça ?
02:13Sur 27 pays, oui.
02:14Sur 27 pays, ok.
02:15Donc, les enjeux RSE d'un groupe comme le vôtre, ça consiste en quoi aujourd'hui ?
02:20Alors, sur les sujets, au-delà de cette partie sociale-sociétale,
02:23on a évidemment des enjeux environnementaux.
02:28Toute organisation humaine et les entreprises en première d'oeuvre
02:31ont des enjeux environnementaux.
02:33Après, nous, on a un métier de service.
02:34Notre impact purement environnemental carbone
02:37est plus réduit que d'autres métiers, que d'autres secteurs d'activité.
02:41Évidemment, on a notre travail à faire et nos actions à mener sur cette partie-là
02:44pour réduire notre impact.
02:46Après, moi, je suis convaincu qu'en tant qu'employeur,
02:49vraiment, notre métier qui est de service et qui est d'embauchement,
02:53effectivement, on a en proportion beaucoup de collaborateurs.
02:56On a une grosse mission en termes de sensibilisation et d'éducation
02:59de nos collaborateurs sur les enjeux environnementaux.
03:02Et finalement, au-delà, évidemment, du travail qu'on doit faire
03:05sur l'impact carbone direct de l'entreprise,
03:08notre première mission, c'est de sensibiliser,
03:11c'est d'animer, de sensibiliser toute cette démarche,
03:14la démarche environnementale et réduction de l'impact
03:17de l'ensemble de nos collaborateurs.
03:18Chez vos clients ?
03:20Comment ?
03:20Chez vos clients, du coup ?
03:21Chez nos clients, dans leur vie de tous les jours.
03:25Voilà.
03:25Si on peut avoir, faire de tous nos collaborateurs,
03:28des acteurs de réduction de l'impact environnemental,
03:32ce sera déjà une énorme mission qu'on aura réussi.
03:35Comment vous projetez maintenant ?
03:37Donc là, vous arrivez, vous prenez la tête de ce groupe
03:41qui, du coup, est installé, est en forme,
03:43à différentes lignes d'activité.
03:46Comment vous projetez votre groupe dans les 20 ans qui viennent ?
03:50Alors, plusieurs choses.
03:51Nous, notre groupe, déjà, un,
03:54notre groupe, dans les 20 ans qui viennent,
03:56il faut qu'on accentue l'internationalisation
03:58sur l'ensemble de nos métiers.
04:00Ça, c'est indispensable.
04:02On est déjà sur la partie sûreté-sécurité.
04:04On a une empreinte internationale qui est forte,
04:07comme je le disais,
04:07notamment avec un fort développement sur les États-Unis.
04:11Mais sur la partie harmonia,
04:14toute la partie de multiservices,
04:16on est encore peu implanté à l'international.
04:18Donc, évidemment, à 20 ans,
04:20j'aimerais que le groupe ait une implantation globale.
04:23Il faut qu'on se diversifie aussi sur les métiers,
04:27sur tous les domaines d'expertise fortes
04:33qu'a développé le groupe sur toute cette partie multiservices,
04:35qui est toute la gestion des grands événements.
04:37Ça aussi, c'est un enjeu très, très fort
04:38qu'on doit, sur lequel,
04:40de grands événements internationaux.
04:41On était un des gros acteurs sur les JO de Paris l'année dernière.
04:45On était sur l'Expo universelle à Osaka.
04:47Là, on fait la Coupe d'Afrique des Nations au Maroc,
04:50en ce moment-là, qui démarre à la fin de la semaine.
04:54Donc, vous fournissez les équipes ?
04:55On fournit les équipes, on gère,
04:57on accompagne toute la gestion de l'événement,
04:58tout l'accompagnement logistique
05:02de ces événements majeurs.
05:06Après, dans l'exercice de nos métiers de tous les jours,
05:08nos gros enjeux,
05:10c'est d'arriver à sortir de la commoditisation de nos métiers.
05:15La plus grosse menace de nos métiers,
05:16c'est la commoditisation.
05:17C'est-à-dire de rester sur de la pure prestation de main-d'œuvre,
05:21avec des logiques de taux horaires,
05:23avec une vraie logique de réduction
05:25de l'apport de valeur et de qualité.
05:28Et ça, c'est un vrai risque.
05:30Et notre enjeu dans les prochaines années,
05:31c'est d'arriver à apporter plus de valeur
05:33à l'association avec de la technologie,
05:36notamment sur la maîtrise de l'information.
05:37La particularité de tous nos métiers,
05:40c'est qu'on ait les yeux et les oreilles
05:42de nos clients sur le terrain.
05:44Les hôtesses sur le terrain sont les yeux
05:45qui captent l'information,
05:46les agents de sécurité sur le terrain.
05:48Et finalement, un moyen très efficace, nous,
05:50d'apporter plus de valeur à nos clients
05:53et de créer plus de valeur,
05:55c'est de capter de l'information.
05:56Ça va être dans l'aéroportuaire,
05:57nos agents de sûreté,
05:59qui captent de l'information
06:02pour pouvoir améliorer le service aux clients,
06:03bien entendu,
06:04mais sur le parcours passager, etc.
06:06Ça va être pour les hôtesses de vente
06:09dans notre division luxe,
06:11de capter sur toute la partie comportement d'achat
06:13des clients, etc.
06:15Et donc, toute cette dimension-là,
06:17il faut qu'on l'enrichisse dans les années à venir.
06:20Après, évidemment aussi,
06:22à 10, 15 ans,
06:23on a vraiment la question de la rupture de l'IA,
06:25qui est un vrai sujet.
06:26On voit apparaître quand même de plus en plus
06:28des sujets, des enjeux sur nos métiers,
06:30sur comment l'IA peut risquer
06:32de disrupter nos métiers.
06:33Même s'il n'y aura jamais une rupture complète
06:37et totale majeure,
06:38puisque, et on le voit bien,
06:40l'interaction humaine est essentielle.
06:43On le voit bien dans tous les secteurs d'activité
06:48dans lesquels on intervient.
06:49On a quand même une question
06:51de comment est-ce qu'on intègre l'IA
06:52dans le service et dans nos opérations.
06:54Et ça ressemble à quoi ?
06:56Parce qu'effectivement,
06:57je pense que tout le monde peut se projeter
06:58dans un aéroport avec vos agents
07:00qui nous demandent de vider nos poches
07:03et de sortir notre ordinateur.
07:04C'est ça, une partie de votre métier.
07:07Comment l'IA, ici, peut disrupter ce service-là ?
07:12Alors, l'IA peut disrupter.
07:15Par exemple, ça va être sur les postes
07:18d'inspection filtrage.
07:19Un exemple concret, puisque vous le citiez.
07:21De plus en plus, l'IA permet de faire
07:23de l'auto-check sur les images.
07:24Vous savez qu'une démission de nos agents,
07:27vous les voyez derrière les écrans,
07:28ils voient passer les images radioscopiques
07:30des bagages qui passent dans le tunnel.
07:32Et bien là, typiquement,
07:33de plus en plus, on a les sorts d'IA
07:35qui permettent de faire de l'auto-check d'images,
07:37qui permettent automatiquement
07:38de contrôler les images.
07:39Ce qui fait qu'à horizon 5 à 10 ans,
07:43nos agents ne verront que 50,
07:47ou entre 30 et 50 % des images
07:49qui passeront dans le tunnel.
07:52Donc là, typiquement,
07:53c'est un exemple de disruption,
07:55puisque forcément, évidemment,
07:56nos agents vont avoir besoin
07:57de contrôler moins d'images,
07:58ne seront qu'en levée de doute
07:59de deuxième niveau après une IA
08:01qui aura fait un contrôle de premier niveau.
08:03Et du coup, ça, c'est un risque pour vous
08:04ou c'est vous qui apportez cette technologie
08:06dans le contrôle ?
08:07Parce que ce n'est pas vous
08:07qui fournissent les machines ?
08:08Ça, typiquement, ça peut être considéré
08:09comme un risque pour nous.
08:10Parce qu'aujourd'hui,
08:11c'est plutôt les fabricants
08:12qui fournissent cette IA.
08:13Donc ça, c'est typiquement
08:15un risque pour nous.
08:16Et donc là, c'est la question,
08:17effectivement,
08:17comment nous,
08:18on apporte plus de valeur.
08:19Si je vous prends un autre exemple,
08:20où là, c'est nous
08:21qui avons intégré la techno
08:22et qui apportons de la valeur,
08:24ça va être pour les compagnies aériennes.
08:30les compagnies, notamment américaines,
08:32on assure le questionnement
08:34qui sert à l'embarquement,
08:37à l'enregistrement,
08:38qui sert à évaluer
08:39un profil de risque des passagers.
08:40Si vous avez pris un vol
08:42pour les États-Unis,
08:42vous êtes passé par des agents de sûreté
08:44qui ont posé les quelques questions,
08:46vous savez, pour savoir,
08:47pour évaluer un profil de risque
08:48et pour voir s'il y a nécessité ou pas
08:50de faire des contrôles complémentaires.
08:52Et là, typiquement,
08:52on a équipé nos agents
08:53avec des outils,
08:54avec une techno
08:55qui permettent d'assister,
08:56de les assister,
08:57de les aider dans le questionnement
08:58et qui permettent de mieux comprendre
09:01via des informations
09:02sur leur parcours
09:03quel est le profil de risque
09:04de ces passagers.
09:06Donc là, c'est typiquement là,
09:07nous qui irons intégrer la techno
09:08pour améliorer le service
09:09à nos clients.
09:10Bon, sur les couturières du luxe,
09:12après l'hôpital,
09:12Alors ça, ça restera d'artisanal.
09:14Dieu merci.
09:15Si ça avait pu être automatisé,
09:17ça aurait été fait depuis longtemps.
09:18Dieu merci,
09:18c'est du pur métier d'artisanat,
09:20ça non.
09:20En revanche,
09:22dans les métiers d'accueil,
09:23les questions,
09:25on a nos hôtesses,
09:26on a beaucoup d'hôtesses
09:27qui sont effectivement,
09:28qui accueillent dans les bureaux
09:30et dans les sièges sociaux.
09:32On sait que dans des immeubles
09:33à faible flux,
09:34ça commence à se poser
09:34de plus en plus la question
09:36de remplacer par des avatars,
09:38par exemple.
09:39Quand vous avez un immeuble,
09:40vous avez quatre visiteurs par jour.
09:42Payez une hôtesse à temps plein
09:43se questionne, évidemment.
09:45Et là, on peut avoir des solutions
09:46avec type des avatars
09:47qui peuvent servir effectivement
09:48à accueillir,
09:49à prendre le nom,
09:50à faire les quelques contrôles
09:51et puis à orienter
09:52vers les tâches qu'il faut
09:53les visiteurs.
09:55Donc un avatar,
09:56ce serait un robot
09:57ou ce serait une télé ?
09:57Non, un avatar,
09:59ça peut être un robot.
10:00Ça peut être...
10:00On a déjà fait des tests
10:02chez certains de nos clients
10:03avec des robots
10:03qui assurent l'accueil.
10:05Donc ça, c'est déjà
10:05ce qu'on a fait.
10:06Ça peut être aussi une image.
10:07Vous vous souvenez
10:08du discours de Jean-Luc Mélenchon
10:10pour la dernière présidentielle
10:11qui nous avait fait
10:12cette rupture technologique.
10:16Avec cet avatar,
10:17ça peut être aussi
10:17un avatar sous cette forme-là.
10:22Après, on voit bien
10:24que dans tous les métiers,
10:25ce n'est pas un remplacement complet,
10:27mais ça vient effectivement
10:29amener un complément.
10:31Et donc là,
10:31tout notre enjeu,
10:32effectivement,
10:32c'est d'arriver à intégrer ça
10:33dans nos offres de services
10:34et d'accompagner nos clients
10:35sur ces enjeux.
10:36OK.
10:39On a encore un petit peu
10:40de temps ensemble
10:41et sur cette partie
10:42génération impact,
10:43j'aime bien revenir aussi
10:44un peu sur la famille
10:47et projeter un peu
10:48la future génération.
10:49Donc, vous disiez tout à l'heure,
10:50vous avez 16 petits-enfants.
10:5316 neveux nièces et filles.
10:55Oui.
10:55OK.
10:56Ils ont entre quel âge et quel âge ?
10:58Alors, le plus âgé a 23 ans
11:02et le plus jeune a un mois.
11:06OK.
11:07Il y a déjà de l'intérêt ?
11:08Il y a déjà des...
11:09Oui, il y a déjà.
11:09Il y a déjà...
11:10Comment vous projetez ça ?
11:10À l'instant où je vous parle,
11:13ma deuxième fille
11:14fait son stage de troisième
11:15dans le groupe.
11:16OK.
11:16Donc, vous voyez...
11:17Et à sa demande.
11:18J'insiste là-dessus,
11:19c'est à sa demande.
11:20Ça, je n'aiguillonne pas forcément.
11:22C'est à sa demande
11:23qu'elle a voulu faire
11:24son stage de troisième dans le groupe.
11:26Alors, ce n'est qu'un stage de troisième,
11:27restons...
11:28Voilà.
11:28Mais oui, oui,
11:29il y a un intérêt.
11:30Il y a un intérêt certain
11:32pour les groupes de cette génération,
11:33en tout cas,
11:34qu'on essaye de cultiver,
11:37qu'on cultive,
11:38sans forcer non plus.
11:39Il ne faut pas que ce soit une obligation.
11:40Il faut que chacun soit libre aussi
11:42de faire et de tracer
11:44sa propre voie.
11:45Mais pour ceux qui manifestent
11:46de l'intérêt,
11:47évidemment,
11:48on cultive
11:50cet attachement
11:50et cette affection au groupe.
11:52Et vous y êtes donc
11:52sur les cinq,
11:54il y en a un ou une
11:55qui ne travaille pas dans le groupe.
11:57Oui.
11:57C'est ça ?
11:58C'est ma soeur aînée.
11:58C'est votre soeur aînée ?
11:59Oui, tout à fait.
12:00On peut dire ce qu'elle fait dans la vie ?
12:02Oui, bien sûr.
12:04Je pense que l'on ne voudra pas.
12:05Elle est directrice d'édition.
12:08Voilà.
12:09OK.
12:09Donc, dans un métier assez différent.
12:12Mais elle a le même attachement au groupe.
12:15C'est ça ce que j'avais demandé.
12:16Elle a le même attachement au groupe.
12:18Elle est extrêmement présente
12:19dans tous les comités féminials,
12:21dans toutes les AG,
12:22chaque année, etc.
12:24Effectivement,
12:24elle est un peu plus distante
12:25par la force des choses,
12:27des enjeux opérationnels du quotidien.
12:30Mais elle a le même attachement
12:31et le même engagement
12:33dans le groupe
12:34au regard du fait
12:35qu'elle reste quand même à l'extérieur.
12:36Du coup, j'imagine que ces enfants
12:37font partie des plus vieux ?
12:41Exactement.
12:41Si il y en a.
12:42Tout à fait.
12:43Est-ce qu'eux aussi, finalement,
12:45peuvent se projeter ou pas
12:46dans le groupe aujourd'hui ?
12:47Est-ce qu'ils posent des questions ?
12:48C'est effectivement...
12:51La question va sans doute
12:53se poser le moment venu.
12:55Notamment sa fille aînée
12:56qui a presque fini ses études.
12:58Dernière année d'école de commerce.
13:00Donc, on verra.
13:01Même si, comme je vous le disais,
13:02au début de notre échange,
13:04on encourage à ce qu'ils aient aussi
13:06une autre expérience avant
13:07qui ne rentre pas directement
13:08dans le groupe.
13:10Mais je pense que, oui,
13:11elle se posera sans doute la question
13:12de rejoindre le groupe.
13:13C'est bien.
13:15C'est une belle histoire.
13:17Ce sera une belle histoire
13:17le moment venu.
13:18On est dans une période économique
13:21mais également politique en France
13:22où les entreprises et les entreprises
13:24familiales sont très challengées.
13:26Vous avez, comme nous,
13:29vu, entendu, écouté
13:30tous les débats à l'Assemblée
13:31sur la taxation
13:32des grandes familles,
13:35des ultra-riches,
13:37mais finalement, en cascade,
13:38des décisions prises
13:39qui viennent impacter
13:40finalement des entreprises familiales
13:42beaucoup plus modestes.
13:43Quel est votre regard sur la place
13:46et le rôle des entreprises familiales
13:49aujourd'hui pour vous en France ?
13:51Je pense que c'est très méconnu,
13:54malheureusement.
13:55Et c'est d'ailleurs pour ça
13:56qu'il faut qu'on fasse cet effort aussi,
13:58plus d'explications
14:01de ce qu'est l'entrepreneuriat familial
14:03parce que l'entrepreneuriat familial
14:04est très caricaturé.
14:06On le voit notamment
14:07au travers de l'actualité politique,
14:09au travers des différentes
14:10émissions télé récentes,
14:12avec toujours cette image
14:16de cas très spécifiques,
14:17dont d'ailleurs au code de mort
14:18on peut être fier,
14:19parce que ça crée aussi
14:20des très très belles histoires
14:21et des très très beaux groupes.
14:24Mais il était caricaturé
14:26et je pense que la plupart,
14:28malheureusement,
14:28des Français et de nos politiques
14:30ne se rendent pas compte
14:30du poids de l'actionnariat familial
14:32dans l'économie française.
14:37Ils oublient trop
14:37que c'est près de 60%
14:38de l'économie nationale,
14:40l'actionnariat familial.
14:42C'est ce qui en grande partie
14:43a créé de la stabilité,
14:45de la vision à long terme.
14:47Voilà, donc c'est...
14:48Alors évidemment,
14:49je ne dis pas que c'est la panacée de tout,
14:51c'est bien,
14:51c'est l'équilibre,
14:52l'équilibre entre les différents modèles
14:54est important.
14:55Mais l'actionnariat familial
14:57apporte cette stabilité,
14:59cette vision à long terme.
15:00Il faut le préserver,
15:01c'est essentiel.
15:02Ça me paraît essentiel.
15:03C'est en ça d'ailleurs
15:04que le Dutreuil est essentiel.
15:07Je pense que sans Dutreuil,
15:08il n'y a plus de passation familiale.
15:10Il ne faut pas rêver.
15:12Et d'ailleurs,
15:13avant que le Dutreuil
15:14soit mis en place
15:15à début des années 2000,
15:16c'était une boucherie.
15:18Chaque transmission
15:19d'une génération à l'autre
15:20était une boucherie.
15:21Le nombre de très beaux fleurons
15:22qui ont été revendus
15:23à l'international
15:25parce que les héritiers
15:26n'avaient juste pas le choix,
15:27ils ne pouvaient juste pas payer
15:28les droits de succession.
15:30parce que ça,
15:31c'est lié aussi
15:32à une autre dimension
15:34au-delà du poids
15:35et de l'importance
15:35et de la vision à long terme
15:36de la stabilité
15:37qu'apporte l'actionnariat familial.
15:39C'est ce qui est très sous-estimé aussi,
15:42c'est ce qui est très incompris
15:44aussi bien des politiques
15:48que du grand public.
15:51c'est cette différence
15:52entre cette valorisation
15:54qui est une notion de stock
15:56de valeur fictive
15:58puisque notamment
15:59dans l'actionnariat familial
16:00ce n'est même pas coté,
16:01ce n'est même pas de valeur liquide
16:05et un revenu.
16:06Et c'est effrayant
16:07de voir les confusions
16:09et les bêtises
16:09qui sont dites
16:10même sur les chaînes d'info
16:12ou autres.
16:13Quand on voit
16:14le président de la commission
16:16des finances
16:16qui ne fait même pas
16:17la différence
16:17entre la notion de stock
16:18et de flux,
16:19c'est effrayant.
16:19On ne fait pas la différence
16:21entre une question de valorisation
16:22et une question de revenu
16:23qui ne fait pas la différence
16:24quand on voit incessamment
16:27qu'on compare
16:29une fortune théorique
16:34d'un actionnariat familial
16:36avec des points de PIB.
16:37Rien à voir.
16:38PIB c'est du flux.
16:41On confond complètement
16:42et on voit à quel point
16:43il y a des incompréhensions
16:44là-dessus.
16:45Il y a un travail de pédagogie
16:46à amener
16:47pour arrêter
16:48de pointer du doigt
16:49l'actionnariat familial
16:52qui apporte énormément
16:56à l'économie française.
16:58Et très clairement,
16:59oui,
16:59ces débats autour
17:00de la taxe Zucman
17:01sont une aberration.
17:02C'est vraiment
17:02une profonde incompréhension
17:04de ce qu'est la réalité
17:07de l'actionnariat familial.
17:09Je veux dire,
17:12un groupe comme le nôtre,
17:14si une taxe Zucman
17:14devait se mettre en place,
17:16on serait incapable
17:17de la payer.
17:18Il faudrait vendre
17:19les parts du groupe
17:20chaque année
17:20pour payer la taxe Zucman.
17:21On voit la bêtise du truc.
17:22Ce qui est quasiment impossible.
17:24Ce qui est quasiment impossible
17:25puisque ça n'a aucune valeur liquide.
17:27Et donc,
17:27vendre par petits bouts
17:28comme ça,
17:29un groupe comme ça,
17:30ce serait en plus
17:31complètement destructeur de valeur.
17:33Donc,
17:33ça n'a aucun sens.
17:34Ça n'a aucun sens.
17:35Mais oui,
17:36il y a un gros travail à faire.
17:37Il y a un gros travail à faire.
17:38Là,
17:38vous avez raison,
17:39c'est que le taux de transmission
17:40en France
17:41est autour de 20%.
17:43Ce qui veut dire
17:43qu'au bout de 3-4 générations,
17:45il reste quelques pourcents
17:47d'entreprises détenues
17:49par la famille fondatrice.
17:51Parfois pour des bonnes raisons.
17:53Le fondateur veut vendre,
17:54ça ne passe pas à la deuxième.
17:57Il y a un chiffre
17:58qui n'est pas le bon
17:59mais qui disait finalement
18:00c'est un tiers à chaque génération,
18:0230, 13, 3.
18:04Mais nous,
18:04en France,
18:04on est à 20
18:05entre la première et la deuxième.
18:07Alors que nos amis
18:09allemands,
18:10italiens,
18:10espagnols
18:11sont beaucoup plus hauts
18:12essentiellement
18:12pour des raisons fiscales
18:14mais aussi
18:15pour
18:17je le crois
18:20fondamentalement
18:21le rapport
18:22que les Français
18:23ont aussi
18:24avec la richesse,
18:25l'argent
18:26et donc
18:27ils sont souvent
18:28des grands romantiques
18:30et donc
18:30ils ne professionnalisent
18:31pas cette partie-là.
18:33Ils ne la structurent
18:34pas assez
18:36et donc ensuite
18:37quand il y a des à-coups
18:38ils ne sont pas prêts
18:39ils ne sont pas organisés
18:40et c'est plus difficile.
18:40les à-coups pouvant être
18:41des à-coups économiques
18:42mais ça peut être aussi
18:43des conflits de famille
18:44qui ensuite peuvent détruire
18:47des groupes familiaux
18:48parce que la partie de droite
18:49ne peut pas racheter
18:50à la partie de gauche
18:51et on est parti
18:52pour des années difficiles.
18:53Donc il y a pas mal de choses
18:55à faire.
18:55Non, non, mais il y a pas mal
18:56de choses à faire.
18:57Encore une fois
18:58vous avez raison
18:59il y a sans doute
18:59ce syndrome culturel
19:02même si encore une fois
19:03quand on compare
19:04et vous citiez deux exemples
19:06c'est intéressant
19:06l'Allemagne et l'Italie
19:07on ne peut pas dire
19:08on met tout le temps
19:09sur le dos
19:10de la culture latine
19:12ou machin.
19:13L'Italie
19:13c'est un pays
19:14qui a une culture latine
19:15c'est bien l'Italie
19:16après tout
19:17ils y arrivent bien
19:17donc on voit bien
19:18oui il y a des notions culturelles
19:20mais il y a aussi
19:20des dispositifs d'accompagnement
19:22on a passé
19:24je me souviens
19:25alors là on en parle moins
19:26d'exemples de l'Allemagne
19:27parce que l'Allemagne
19:27est un peu chamboulée
19:28ces derniers temps
19:28mais on a passé avant
19:30ces 20-30 dernières années
19:31à envier le modèle allemand
19:32le modèle ce tissu
19:33de PME et de TI
19:35notamment industriel
19:36extrêmement fort
19:37qui faisait l'économie allemande
19:39mais il faut avoir conscience
19:40qu'en France
19:40on a détricoté ce système
19:42par l'absence
19:43de systèmes de transmission
19:44comme le Dutreil
19:45le Dutreil a répondu
19:46enfin
19:46à ce besoin
19:47ce qui faisait la force
19:49du modèle allemand
19:49qui était d'assurer
19:50la transmission
19:51et la stabilité
19:51de ce tissu là
19:53et en l'absence de ça
19:54en France
19:55ça ne tenait pas
19:56d'une génération à l'autre
19:58on a réussi à le mettre en place
19:59et là on voit déjà
20:00qu'à peine 20 ans après
20:01on commence déjà
20:01à le challenger
20:02et à le remettre en cause
20:02c'est quand même dommage
20:04c'est vraiment dommage
20:05il faut absolument le préserver
20:06parce que c'est essentiel
20:08parce que vous avez raison
20:09il y a ces effets culturels aussi
20:11mais les dispositifs aussi
20:12ces dispositifs aussi
20:13d'accompagnement
20:15sont indispensables
20:15pour pouvoir garder
20:17ce tissu là
20:18et qui fait la force
20:20encore une fois
20:20d'une économie
20:23c'est pas le CAC 40
20:24qui fait travailler
20:24l'essentiel des français
20:25il faut en avoir conscience
20:26ça c'est sûr
20:27on arrive
20:28Jean-Baptiste
20:30tout doucement
20:30sur la fin de cette émission
20:31et on a une tradition
20:33dans cette émission
20:33c'est de poser la question
20:34suivante à nos invités
20:37si cette entreprise familiale
20:38que vous dirigez aujourd'hui
20:40était un membre de la famille
20:41mais un membre fictif
20:44qui serait-il
20:45ou qui serait-elle pour vous ?
20:49bonne question
20:51vu l'attachement familial
20:52oui ce serait un membre de la famille
20:57pour moi ce serait intuitivement
20:59je vous dirais que ce serait un
21:03que ce serait
21:05un frère ou une soeur
21:09mon père nous a tellement élevé
21:11comme si c'était un autre membre de la famille
21:12un autre membre de la fratrie
21:13comme si c'était son bébé
21:14oui ce serait un frère ou une soeur
21:17et donc
21:18pour moi
21:19c'est d'autant plus difficile
21:20d'en prendre la tête
21:22parce qu'évidemment
21:23je n'ai pas
21:24cette logique de filiation
21:25très paternaliste
21:26et avec cette gouvernance
21:28très paternaliste de mon père
21:29qui est assez fréquente
21:30chez les fondateurs
21:31moi c'est différent
21:32effectivement
21:33moi c'est un frère ou une soeur
21:34j'ai une autre relation
21:35avec ce groupe
21:36et que je dois
21:38construire
21:38et mettre en place
21:40avec les systèmes de gouvernance
21:41dont on parlait tout à l'heure
21:42mais oui
21:43c'est une
21:43c'est une
21:47c'est
21:48c'est
21:49oui
21:50c'est une relation
21:51oui c'est une relation
21:52très particulière
21:53très
21:53très affective
21:56oui
21:57Jean-Baptiste
21:58merci
21:58d'avoir
22:00accepté
22:01de venir
22:01dans notre émission
22:02Génération Impact
22:03c'est le moment pour moi
22:05de remercier
22:05toutes les équipes techniques
22:06pour avoir goupillé
22:08cette émission
22:08de vous remercier
22:09pour votre écoute
22:10et de vous dire
22:11à bientôt
22:12dans un prochain épisode
22:13de Génération Impact
22:14pour le monde
22:14pour le monde
22:14en cours
22:14et maintenant
22:14c'est
22:14grave
22:14à bientôt
22:14avec
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