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  • il y a 11 minutes
Vendredi 6 février 2026, retrouvez Frédéric Stolar (Managing partner, Altaroc) dans GREEN LIGHTS, une émission présentée par Mathieu Meffre.

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00:00...
00:00Bonjour Frédéric.
00:16Bonjour Mathieu.
00:21Merci infiniment d'avoir accepté de participer à cette émission.
00:24Merci de m'avoir invité.
00:25C'est bien normal, on reçoit dans l'émission des leaders qui changent les choses dans leur industrie et dans le monde.
00:30On est ravis de faire un focus sur le private écoutier avec vous.
00:33Pourquoi est-ce qu'on est au 45 avenue Clébert ? Pourquoi on vient vous chercher ici avec notre taxi ?
00:38Parce que c'est là que j'ai commencé il y a 35 ans dans le private écoutier.
00:41J'ai commencé ici à cette adresse, c'était les anciens bureaux d'Apax.
00:46Donc j'ai démarré en 91, il y a longtemps.
00:51Il y a longtemps, bon ben en tout cas...
00:52C'était mon bureau.
00:53C'était votre bureau.
00:54J'étais jeune chargé d'affaires, je sortais de la business school et j'étais un des tout premiers chargés d'affaires qu'Apax a recruté.
01:02Voilà.
01:02Magnifique.
01:03Et j'ai démarré avec Maurice Chéniot ici.
01:05Mais que vous n'avez pas quitté ?
01:07Alors si je l'ai quitté, je lui ai fait quelques infidélités, on va lui en parler.
01:10Allez on en parle.
01:11Je suis revenu après.
01:11On va prendre un taxi, vous allez nous dire où on vous emmène alors.
01:13Allez on y va.
01:14Merci encore d'avoir accepté cette invitation.
01:23On va parler de beaucoup de choses durant cette émission.
01:25On va parler de contexte macro, on va parler d'un peu de géopo, on va parler de marché secondaire, de value sharing, de valo à la sortie, d'épargne, de retraite.
01:35Autant de thèmes et de discussions qui sont importants et structurants pour notre économie.
01:38Mais avant cela, on va parler un petit peu de vous.
01:41Alors votre parcours, il est bien connu.
01:45Vous êtes diplômé de Centrale Sud, Pelec et de la Wharton School qui j'imagine passage dans vos études qui justifient notre première étape.
01:52Moi j'ai une première question avant ça.
01:55Vous venez d'où Frédéric ?
01:57Avant ça, je viens d'un milieu modeste au départ.
02:01Mes parents, mon père a été entrepreneur.
02:04Il a démarré, mes grands-parents sont venus en France en 1932, émigrés polonais, venus en France.
02:11Et ils ont démarré très modestement.
02:16Et ils étaient ouvriers dans une usine de fabrication de sacs à main.
02:20Et ils ont dit à mon père après la guerre, tu vas travailler avec nous dans l'usine comme ouvrier.
02:24Et mon père a dit jamais, je serai chez moi.
02:27Et il avait cette idée d'être chez lui dès le premier jour.
02:29Donc il est parti comme colporteur.
02:31Il très malait des sacs sur son dos et il les vendait en porte-à-porte à des maroquiniers.
02:39Donc il ne les vendait pas à des clients privés.
02:41Il était grossiste en maroquinerie.
02:43Et puis il a monté sa petite affaire tout seul, il s'est installé en 1965.
02:47Et puis il a développé une grosse affaire, puis une très grosse affaire.
02:50Et il est devenu un des plus gros grossistes en maroquinerie en Europe.
02:54Et il avait cette fibre entrepreneuriale incroyable.
02:56Et je l'ai vu partir à 6h le matin, rentrer à minuit le soir tous les jours de sa vie.
03:02Et je pense que ça, ça m'a beaucoup inspiré.
03:04Et ce qui est amusant, c'est que j'ai plutôt fait des études sérieuses et assez réussies.
03:09Et pour mon père, le vrai statut ultime, c'était le statut d'entrepreneur.
03:14Et donc, j'étais pris à Central Supéda qui m'a dit, c'est bien,
03:18mais j'espère que tu ne seras jamais ingénieur dans une grande entreprise française.
03:20Parce que ça, ce n'est pas un passeport pour le monde.
03:23Et lui, il avait ce prisme de l'entrepreneur.
03:25Et pour lui, le graal, c'était d'être chez soi.
03:27Et j'ai rejoint des grands fonds de private écoutis.
03:30J'ai eu la chance de très bien gagner ma vie.
03:32Et pour lui, ce n'était pas le graal.
03:33Le graal, c'était d'être chez soi.
03:35Donc je viens de là.
03:36Et ma mère a travaillé avec lui pendant 40 ans.
03:40Et donc j'ai vu mes parents ensemble sur la route faire le tour du monde,
03:42chez les fournisseurs, chez les distributeurs.
03:45Dans des moments durs, dans des moments plus heureux.
03:47Mais j'ai été élevé de façon assez modeste et simple.
03:51Et assez livré à moi-même.
03:53Parce que mes parents n'avaient pas le temps de m'aider, en fait.
03:56Voilà.
03:58Quel était votre rêve de carrière ?
04:01Dans ce cadre-là, vous voyez votre père évoluer,
04:04travailler énormément, monter sa boîte.
04:06Vous, à 15 ans, à 16 ans, avant de choisir un petit peu,
04:09de commencer à vous orienter, vous vouliez faire quoi ?
04:11Vous aviez un rêve de gosse ?
04:13Je voulais être présidente dans la République.
04:15Ah, mais ce n'est pas trop tard.
04:17Non, ce n'est pas trop tard.
04:17En fait, ce n'est pas ma personnalité.
04:19Non, et j'étais un sportif, je jouais très bien au golf.
04:24Mais en fait, je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire.
04:27Je pense que je voulais être bon élève pour faire plaisir à mon père.
04:30Je voulais être à la hauteur de ses espérances.
04:34Et je pense que ça a toujours été un grand moteur pour moi,
04:37que ce soit les espérances de mon père ou de ma mère.
04:40Ma mère voulait que je sois bon élève, mon père voulait que je sois entrepreneur.
04:43Et c'était ça le driver de principal au démarrage.
04:47Donc, quand je les voyais trimés tous les jours,
04:49j'avais envie de leur rendre ce qui m'avait donné la chance de pouvoir faire.
04:52Vous débutez donc chez APAX en 1991.
04:55Comment est-ce que le pré-avet-écouti s'impose à vous ?
04:58C'est justement ce mix entre la valorisation de vos études
05:01et de votre parcours couplé à l'investissement dans l'économie réelle,
05:05dans le non-coté ?
05:06Ou c'est autre chose, quelque chose de vraiment d'autre ?
05:08Je ne sais pas, une opportunité, une chance, un coup de chance, un coup de la vie.
05:12Qu'est-ce qui fait que vous tombez dans le PE ?
05:14Une rencontre.
05:15Parce que je sortais de la Wharton Business School en 1991.
05:19J'avais un parcours intéressant.
05:20J'ai eu plein d'offres.
05:22Et puis j'ai rencontré Maurice Chenio.
05:25Je ne savais pas vraiment ce qu'était le pré-avet-écouti, si je suis honnête.
05:29Et il m'a dit, on a eu une longue conversation.
05:31Il m'a trouvé intéressant.
05:33Il m'a dit, venez avec moi, on est en train d'écrire une nouvelle histoire.
05:36On est en train d'industrialiser un métier qui était artisanal.
05:40Il y a 100 ans de croissance devant nous.
05:42Venez avec moi, j'essaie d'écrire une nouvelle histoire.
05:45J'ai monté APAX il y a une quinzaine d'années.
05:47Ça se développe bien.
05:48On va écrire un parcours intéressant.
05:50Venez, vous ne serez pas déçus.
05:51Et j'avais été séduit par cette histoire.
05:54J'avais d'autres offres dans des banques d'affaires, dans des salles de marché.
05:58Parce que des Français qui avaient des études quantitatives et qui avaient fait le Mr. School, ça intéressait.
06:03Et donc son, je dirais, son envolée entrepreneurial m'a séduite.
06:08Et donc je suis parti sur cette piste-là.
06:09Au départ, c'est la rencontre d'un homme.
06:10Le private equity existait à peine.
06:13On est à une époque où, en 91, Barbarians at the Gate, qui est le bouquin qui a fondé le métier, venait d'être écrit.
06:21Donc on était sur les premiers gros LBO de KKR.
06:23L'industrie, vraiment, elle commençait à éclore aux États-Unis.
06:26Elle démarrait à peine en Europe.
06:27Voilà, ça m'a paru intéressant d'être au début d'une histoire industrielle et entrepreneuriale.
06:33Donc c'est ça qui a fait que j'ai démarré avec lui.
06:34Donc là, on a un jeune homme qui rencontre la bonne personne, qui lui dit, viens, ce métier va se structurer.
06:40Mais qu'est-ce qui vous frappe, justement, dans votre vingtaine ?
06:42La première chose qui vous frappe par rapport à ce métier du private equity.
06:45Donc de l'investissement dans des entreprises non cotées, en but de les aider à se développer et de les revendre.
06:50Mais ce qui me frappe à l'époque, c'est que, alors, ça va vous paraître anéglotique, mais en francs, parce qu'on était sur des fonds en francs, le fonds de Apex à l'époque, le fonds France faisait 650 millions de francs, c'est-à-dire même pas à peine 100 millions d'euros.
07:03C'était un très gros fonds.
07:04Il n'y avait pas beaucoup d'acteurs, mais le fait d'acheter des sociétés, le fait de rencontrer des entrepreneurs, le fait d'appréhender une entreprise sous toutes ses facettes, ça, c'était fascinant.
07:14Mais surtout, ce qui m'a bluffé, c'est qu'à l'époque, tout était totalement artisanal.
07:18C'est-à-dire, aujourd'hui, l'industrie du private equity, elle est très structurée.
07:21On était sur Lotus à l'époque, on n'était même pas sur des modèles Excel.
07:25Donc, je dirais, les partenaires du fonds de private equity faisaient le modèle LBO presque sur un coin de table.
07:30Donc, on achetait des boîtes avec des modèles qui étaient très réfléchis dans leur construction intellectuelle, mais dans leur construction financière et mathématique, assez approximative.
07:39Donc, on était chez les premiers artisans.
07:42C'est Santos Dumont qui fait voler son avion devant la Tour Eiffel.
07:45Là, c'était un peu ça, le private equity.
07:46Et donc, assez artisanal, très orienté en relation avec les entrepreneurs.
07:52Il y avait cette trame humaine dès le départ qui m'a fasciné.
07:55Le métier était déjà un trait complet, mais il était très approximatif.
08:00Très approximatif.
08:01Et au-delà de ces outils et de la partie, on va dire, tout ce qui est devenu très market practice dans les process, dans la façon de faire.
08:07Non, mais ça n'existait pas.
08:08Oui.
08:09Vous étiez, vous aviez.
08:10Alors, attention, on a il y a 35 ans, un fonds.
08:14Personne ne voulait vendre une boîte à un fonds de private equity.
08:16Oui.
08:16Ce n'était pas noble de vendre une société à un fonds.
08:19Les industriels ne voulaient pas vendre à des fonds.
08:21Les familles rushingaient à vendre des business périphériques ou même des coeurs business à des fonds.
08:25Et donc, le fonds, c'était l'acheteur de dernier recours.
08:27Ça n'était pas un acheteur noble.
08:29Donc, et vous n'aviez pas beaucoup de fonds de private equity.
08:32Des fonds de 600 millions à 1 milliard de francs.
08:35À l'époque, il y en avait 4, 5 à Paris.
08:37Après cette première époque à Pax, vous partez à Londres, chez Warburg.
08:42Et vous êtes en charge du FIG.
08:44Donc, Financial Institution Group.
08:46Donc, les investissements dans le segment financier.
08:48Oui.
08:48Donc, j'ai été recruté par Warburg Pinker, qui était déjà un des plus gros fonds du monde de private equity à l'époque.
08:55Donc, Maurice n'était pas content que je parte.
08:56Il m'a dit, vous êtes trop pressé dans votre vie.
08:58Vous ne prenez pas le temps.
09:00Vous regretterez.
09:01Vous reviendrez.
09:02Bon.
09:02J'ai été tenté par une aventure américaine dans un des plus grands fonds américains du monde de l'époque.
09:08C'est resté un des plus grands fonds du monde.
09:10Et ce qui était intéressant, Warburg Pinker, c'était déjà très organisé par secteur.
09:14En fait, le monde américain, alors l'Europe a basculé vers ça 20 ans plus tard.
09:19Mais les Américains étaient déjà très organisés par secteur, très sectorisés.
09:24Ils voyaient le monde du private equity comme des industriels.
09:26Et il y avait 5 équipes chez Warburg Pinker.
09:28Donc, j'ai rejoint l'équipe Financial Services.
09:30Donc, je m'intéressais.
09:31Enfin, l'équipe dans laquelle que j'ai rejoint et que j'ai dirigé après, on s'intéressait à sourcer, trouver, transformer des actifs dans le secteur financier.
09:38Et Warburg Pinker avait un très bon track record dans ce monde-là.
09:43J'ai passé 8 ans chez eux à Londres.
09:46On vous demandera après ce que vous pensez, comment vous voyez Londres par rapport à Paris.
09:51Mais avant cela, Maurice n'avait pas forcément tort.
09:54Vous êtes revenu en tout cas à Paris.
09:55Et vous co-fondez SAGAR avec le soutien de PCC, Power Corporation of Canada et le groupe Bruxelles Lambert bien connu.
10:06Et vous avez développé pendant près de 20 ans ce fonds en le positionnant comme un acteur de premier plan du mid-market.
10:13Est-ce qu'on peut parler un petit peu de cette époque ?
10:15Peut-être le moment le plus intense que vous avez vécu en tant qu'entrepreneur.
10:19Parce que ça y est, là vous êtes entrepreneur et intrapreneur.
10:24Vous me permettez, c'est un peu différent.
10:25Parce que là, on est en 2001.
10:28Donc je suis recruté par les familles Paul Desmarais et Albert Frères.
10:31Et elles avaient une vision.
10:34Que le private equity allait se transformer.
10:39Et qu'il fallait apporter autre chose que du capital.
10:41C'était déjà une vision.
10:42On est il y a 25 ans, Mathieu.
10:43Et la vision de Paul Desmarais et d'Albert Frères, c'était que le capital c'est fantastique.
10:48C'est le cœur, c'est la matière première.
10:49Mais il faut plus que ça pour créer de la valeur.
10:51Il faut être capable d'apporter un vrai apport en industrie.
10:54Et donc l'idée, c'est qu'on réunisse un tour de table, je dirais de 25 familles.
10:57Chaque famille apportant évidemment son capital, mais aussi sa contribution en industrie.
11:01Et donc le mandat qui m'est donné, c'est de créer ce fonds, de fonder ce fonds.
11:05Et de créer tout un écosystème pour apporter à des entrepreneurs en Europe francophone.
11:10Parce que leur mantra, c'était la francophonie industrielle.
11:14Donc on cherchait à accompagner des entrepreneurs français, belge ou suisse.
11:17Ça, c'était le centre de gravité, la prise de décision.
11:19Et l'idée, c'était d'aider des entreprises régionales, leaders régionaux, si je simplifie Mathieu,
11:24à changer de braquet.
11:26À passer d'un statut de leader régional à leader national.
11:29De leader national à leader européen.
11:31Et puis si la taille de marché le permettait, de leader européen à leader mondial.
11:34Et ça, grâce à l'écosystème capitalistique et en savoir-faire qu'on allait apporter.
11:40Donc on a réuni 25 familles.
11:43Chaque famille apportant son expertise dans sa verticale.
11:47Les Dassault dans l'aéro, les Peugeot dans l'auto, les Mérieux dans la santé.
11:5225 familles fantastiques qui ont apporté leur capital, leur soutien industriel.
11:57Et qui ont ouvert le bénéfice de leur réseau d'affaires aux ETI qu'on a accompagnés.
12:02Donc ça, j'ai fait ça pendant 20 ans.
12:03On a acheté des ETI qui valaient entre 100 et 500 millions d'euros en LBO.
12:09Donc on était l'investisseur majoritaire.
12:11On s'associe aux équipes de management.
12:13Et l'idée, c'était de les aider à changer de braquet.
12:15Et d'accompagner les entrepreneurs, des hommes et des femmes sur des parcours de vie.
12:18De 5 à 7 ans, parfois 10 ans.
12:20C'est génial.
12:21Et alors, très concrètement, l'investissement le plus emblématique, le plus dingue de cette période, justement, sur le value creation, l'accompagnement que vous avez pu faire et l'exit derrière.
12:33Si on devait retenir un deal, Frédéric, c'est dur.
12:35Non, TLD Alvest.
12:37Donc j'ai acheté cette société en 2016.
12:44Donc ça, c'est une société qui est un leader mondial dans l'équipement mobile de piste à aéroport.
12:48Donc la société, elle fabrique des tracteurs d'avion.
12:51Elle fabrique des chargeurs de valises.
12:53Elle fabrique des systèmes de clim au sol.
12:55Tout ce qui est au sol et qui équipe l'avion.
12:57Donc c'est une société qui avait été reprise par deux entrepreneurs.
13:03Elle était cotée.
13:04Ils l'ont sorti de la cote.
13:04Ils l'ont pilotée en LBO.
13:05Ils ont eu trois LBO avant qu'on ne les regarde.
13:09Le dirigeant était au bord d'une société que j'avais rachetée précédemment qui s'appelait Sourio.
13:13Il m'a proposé de faire un LBO.
13:14Le LBO 3, j'ai refusé.
13:16C'est LBO France qui l'a fait.
13:19Pourquoi ce n'était pas le moment ?
13:22Ce n'était pas le moment parce que je pensais qu'on était en haut de cycle et que le prix que payait LBO France me paraissait trop riche.
13:27Donc je n'ai pas fait.
13:28Et puis la société n'était pas encore totalement bien intégrée.
13:32Ils étaient en phase de transformation.
13:34Et je trouvais que le prix, le cycle et la maturité de la plateforme n'étaient pas encore assez abouties pour justifier le deal.
13:40Donc je n'ai pas fait le deal.
13:42Et alors j'avais à l'époque racheté une société qui s'appelait Sourio.
13:46Le patron de Sourio qui est devenu un ami depuis avait fait venir au board le patron de TLD Alvest.
13:51Donc je fréquentais tous les mois à l'occasion des boards et qu'il m'a dit « Ah, tu as raté un super deal ».
13:54Donc pendant la vie du deal Sourio, j'ai vu le deal TLD Alvest mûrir.
13:59Et puis ils ont traversé un bas de cycle.
14:01Et à ce moment-là, LBO France avait besoin de sortir parce qu'il voulait lever un prochain fonds.
14:05Et donc je pensais que la société avait traversé le cycle avec brio, qu'elle avait surtout investi dans une R&D phénoménale, que la plateforme m'avait mûri.
14:14Et donc je me suis dit « Voilà, il y a le moment, il y a un deal de gré à gré à aller chercher. »
14:17Donc j'ai voulu faire ce deal.
14:18Et là, Mathieu, mon comité d'investissement était nerveux chez Saga parce que la boîte était perçue comme de qualité mais encore assez cyclique.
14:27Et il fallait avoir du courage pour accompagner une société cyclique dans les biens d'équipement.
14:32Et donc j'ai eu des comités d'investissement très durs sur ce dossier.
14:35Mes associés n'étaient pas convaincus à l'époque, non pas qu'ils n'aimaient pas la société ou son management,
14:42mais investir sur des marchés cycliques, c'est toujours difficile pour un fonds de private écoutier.
14:46Et donc Paul Desmarais m'a dit « Fred, tu sais quoi ? Si tu veux emporter l'adhésion, il faut que tu mettes un gros bout dans le deal à côté de nous. »
14:54Et je pense que ça emporterait l'adhésion.
14:55Donc j'ai fait ce deal avec pas mal de convictions.
14:59J'adorais cette équipe de management, j'adorais l'entreprise.
15:02L'équipe de management et le comex étaient absolument phénoménaux.
15:05Et ils avaient une vision sur là où l'industrie allait aller.
15:08Et donc on a fait ce deal.
15:10La société faisait à peu près 28 millions d'Ebitda quand on l'a acheté.
15:16Deux ans après, elle en faisait 80.
15:18Croissance organique.
15:19En organique ? Mais non.
15:21Mais oui.
15:21Mais comment on fait dans une boîte industrielle, arriver à faire x3 sur un EBITDA organique ?
15:27C'est du jamais vu.
15:28C'est du jamais vu.
15:29Et on a été porté par un recovery des marchés qui a été absolument fabuleux.
15:32J'avais cette conviction intime que quand on l'a acheté, on était en bas de cycle.
15:36Et il y avait des carnets de commandes qui étaient prêts quand on a fait notre deal.
15:40Parce qu'il y avait un backlog.
15:41On pouvait lire dans le backlog.
15:42On avait une très bonne visibilité sur le carnet et le business à 18 ou 24 mois.
15:47Donc j'avais cette conviction.
15:48Et donc on a atteint 80 millions d'Ebitda.
15:50Et là, le management m'a dit, tu sais Fred, on a fait 3 LBO, on n'a pas encaissé beaucoup d'argent.
15:54Ça serait bien Communities.
15:56Donc ils m'ont dit, on va sortir.
15:59Bon, je leur ai dit, mais vous ne devriez pas sortir.
16:01Je pense qu'il y a encore un avion fantastique.
16:02Donc on a organisé un processus de vente.
16:05On a embauché Morgan Stanley.
16:06Et en l'espace de deux mois, on a eu 6 offres, fully funded, all equity.
16:12Ok.
16:13L'aéro était à la mode à ce moment-là.
16:14Oui, oui.
16:15L'aéro était à la mode.
16:15Donc on a, et finalement le management, parce que j'ai laissé la main au management pour choisir son partenaire.
16:20Et le management à l'époque avait envie d'un tour de table consensuel, pas d'un grand fonds américain qui leur dicte leur ligne de conduite.
16:27Et donc ils ont choisi un consortium.
16:29Et moi j'avais, j'ai dit à l'époque à mes associés, il faut qu'on revienne dans ce deal.
16:33On n'a même pas, on a fait 4,6 fois la mise sur ce deal en deux ans.
16:37Et je m'en suis assez bien tiré sur mon co-investatif perso.
16:41J'imagine.
16:41Et j'avais l'intime conviction qu'on n'avait pas été au bout de l'histoire.
16:45Et qu'il y avait encore une énorme partie à construire.
16:49Et ça c'est aussi mon ADN.
16:50Je suis assez engagé dans les investissements que je fais.
16:53Quand j'investis dans un deal, je parle même pas de la due.
16:56En fait ce métier de private equity, c'est aussi un métier de conviction, de travail évidemment.
17:00Mais de grosses convictions sur des équipes de management.
17:03Et j'avais la conviction de cette équipe, elle était capable de traverser tous les cycles macro, toutes les turbulences.
17:09Et ils ont bâti un champion phénoménal.
17:11Et j'ai réinvesti dans le deal pour la troisième fois.
17:13Cette fois-ci à titre personnel parce que je reste convaincu que la plateforme est fantastique.
17:17Et c'est ça qui est excitant dans ce métier du private equity.
17:19C'est d'accompagner les équipes dans des marchés auxquels on croit.
17:24Qui ont des capacités à prendre de la part de marché.
17:26Mais qui ont vraiment cette capacité aussi à construire avec une équipe fantastique.
17:31Un projet industriel sur un horizon enthousiasmant.
17:35Et c'est ça.
17:36On les accompagne.
17:38On vit avec eux.
17:39On essaie de les coacher aussi Mathieu.
17:40Parce que c'est là que le métier est intéressant.
17:42C'est de les aider à prendre les bons aiguillages.
17:44Il y a des moments cruciaux dans ces parcours de 5 à 7 ans.
17:47Des acquisitions, des recrutements, des refinancements.
17:50Des re-orgues, des pivots.
17:51Oui, des moments de sortie, de choisir son timing.
17:53Donc c'est à la fois excitant, stratégique.
17:57Et le CEO a souvent besoin d'un sparring de qualité en qui il a confiance.
18:03C'est ça votre conseil aux patrons qui se posent la question du PE.
18:07Qui sont aujourd'hui fully owned.
18:09Et qui peuvent se dire j'aurais bien besoin d'un partenaire.
18:12Que ce soit en capital développement, en minoritaire ou en major.
18:15C'est ça l'apport du private equity pour vous.
18:18C'est la capacité qu'un dirigeant aura de ne plus être seul.
18:22Ça dépend de ce qu'on cherche.
18:24L'entrepreneur peut chercher plusieurs choses.
18:26Il peut chercher une liquidité déjà.
18:28Mais s'il ne cherche qu'une liquidité et pas un sparring,
18:30il y a des fonds qui sont très bien pour ça.
18:32C'est un métier.
18:33C'est un certain terrain de jeu.
18:36Et puis il y a l'entrepreneur qui veut changer le braquet.
18:38Qui veut passer de 25 millions en débite d'art à 200 millions en débite d'art.
18:42Alors il peut le faire seul.
18:43Ça va être compliqué parce qu'il a besoin de capitaux en général.
18:46Et il a besoin aussi de faire grandir sa société.
18:48Il a besoin de changer son comité de direction.
18:50De le renforcer.
18:51De poser des process.
18:52De poser une gouvernance.
18:54De poser quelques acquisitions structurelles.
18:56De faire des choix.
18:58Et des partis pris.
18:58Il a besoin d'échanger.
19:00Et de prendre du recul par rapport à un objet plein d'émotions.
19:02Oui et puis aussi d'être capable d'avoir des discussions structurantes, structurées, avec un reporting très militaire et en même temps très stratégique.
19:11Et franchement le private equity depuis 25 ans a réussi je trouve à aider des entrepreneurs.
19:18Parce qu'on n'est qu'assistant là.
19:20On est coach.
19:21On n'est pas joueur.
19:21Aider des entrepreneurs à changer de braquet en leur apportant ce dont ils ont besoin.
19:28Et c'est beau de voir le PE français se développer au point d'être ce qu'il n'était pas il y a quelques années premier marché du PE continental.
19:36Et ça voire même peut-être européen tout court.
19:39Mais en tout cas on se tirait la bourre avec d'autres pays.
19:42Et c'est notre industrie aujourd'hui qui dame le pion des autres.
19:47Alors ce n'est pas de la compète mais ça fait plaisir de voir une telle industrie s'être développée.
19:52Tant que t'es si bien que France Invest aujourd'hui a à quoi ? 475 membres.
19:56Ils en avaient 350 il y a 10 ans.
19:57Donc on parle de consolidation de marché et de correction du private equity.
20:02On en reparlera.
20:02Mais ça reste un marché florissant.
20:04Près de 2,5 millions de français qui bossent sous LBO.
20:08Près de 10% de la population active.
20:10Non mais le private equity c'est un des poumons de l'économie.
20:13On ne se rend pas compte.
20:13Les gens ne se rendent pas compte.
20:15Les gens ne se rendent pas compte que beaucoup de sociétés qu'on croise tout au long de notre parcours en taxi.
20:20Beaucoup de sociétés sont accompagnées par des fonds de private equity.
20:23Là il y a eu un autre basculement Mathieu.
20:25C'est un basculement très important.
20:27Quand j'ai démarré il y a 30 ans, vous savez ce que c'était le graal pour un fonds de private equity ?
20:32Vendre sa boîte en bourse.
20:33Faire une IPO.
20:34Le graal ultime, j'ai acheté en 1992, on a acheté Aigle avec Maurice.
20:40On l'a acheté à Hutchinson.
20:42Six mois après on l'a introduite en bourse.
20:44On a fait quatre fois la mise en un an.
20:46Fantastique.
20:47C'était le graal absolu.
20:49Aujourd'hui, on est 35 ans plus tard.
20:52Le graal ce n'est pas la bourse.
20:53La bourse, c'est la sortie ultime quand vraiment on n'a pas d'autre recours.
20:57Parce que le private equity a pris la place sur le financement d'ETI, même de très grosses ETI.
21:03La sophistication du private equity a pris la place que les marchés cotés avaient.
21:08Et il lui a apporté un rôle, joue vraiment un rôle fondateur dans le financement de l'économie.
21:15Il apporte des capitaux.
21:16Il est plus flexible que les marchés cotés.
21:17Il est moins contraint en termes de régulation.
21:20On peut faire des choses en main privée qu'on ne peut pas faire sur les marchés cotés.
21:24A plein d'égards.
21:25On peut accompagner des parcours qui ne sont pas linéaires.
21:27Et un jour, on remet la société sur les marchés.
21:30Et encore, on préfère même faire une espèce de private IPO avant de faire une IPO.
21:35Donc, on est 35 ans plus tard.
21:37Le monde a totalement changé.
21:39Et alors, on parle justement 35 ans plus tard de votre aventure actuelle.
21:42Vous avez fondé, aux côtés de Maurice Chénio, Altarock.
21:46Donc, la plateforme qui donne aux particuliers et aux investisseurs avertit la possibilité d'accéder au first quartile,
21:54donc au meilleur fonds que vous sélectionnez.
21:59Ma première question est la suivante.
22:00Évidemment, donc la démocratisation, la retailisation, ce que vous voulez sur le private equity, c'est une tendance forte.
22:06C'est une tendance qui d'ailleurs, que vous, vous avez identifiée avant cette correction.
22:11Le fait que ce soit un petit peu plus dur de fundraiser côté institutionnel depuis 2022.
22:18Mais pourquoi en 2020, pour vous, c'était le moment de lancer ce projet de démocratisation du PE en 2020,
22:23alors que les fonds vont bien, ça fundraise en trois mois, quand on est first quartile, tout va bien.
22:28Bien sûr que les gens commencent à se demander comment on va diversifier le fundraising sur d'autres players.
22:34Mais on n'était pas le dos au mur en 2020.
22:38Et vous, vous dites, non, mais il faut y aller.
22:41Alors, pourquoi il y a cinq ans, c'était le moment ?
22:43Déjà, il y a deux choses.
22:43Il y a un sujet perso et un sujet pro.
22:46Vous vous souvenez, je vous ai dit, mon père m'avait dit, tant que tu ne seras pas entrepreneur,
22:50tu n'as pas vraiment démarré dans ta vie.
22:52Donc, j'étais le directeur général de Sagar.
22:56J'avais la confiance de Paul Desmarais, des équipes d'Albert Frères.
22:59Un parcours plutôt très réussi sur 20 ans.
23:01On a livré un TRI, un multiple de mise, franchement magnifique.
23:07On était une équipe de 50 personnes, un des acteurs référents sur le Mink Market.
23:11Et il y a un truc que je n'avais pas accompli, que je n'étais pas chez moi.
23:14Voilà.
23:14Donc, j'ai eu envie de monter un projet personnel.
23:17Et mon père m'expliquait, c'est très bien Sagar, Fred, mais...
23:20Non, tu as un très bel appartement, c'est super, mais tu n'es pas chez toi.
23:22Bon.
23:23Donc ça, ça me taraudait quand même.
23:24Ça, c'est le premier truc.
23:26La deuxième chose, c'est que j'avais cette conviction.
23:28Moi, j'étais client de trois banques privées à l'époque, Mathieu.
23:30Et trois grosses banques privées, elles n'offraient rien en private equity.
23:35Et je me suis dit, mais ce n'est pas possible.
23:36Comment un client privé qui veut investir en private equity peut investir si sa banque privée ne lui offre rien ?
23:42Donc, j'ai vu une opportunité de marché.
23:44Et moi, j'avais cette conviction qu'accompagner des entrepreneurs, ça allait fasciner d'autres entrepreneurs.
23:50Et donc, je me suis dit, en fait, il y a une opportunité de marché.
23:51Il faut créer une plateforme industrielle qui va rendre simple ce qui est complexe, qui va rendre accessible ce qui est très difficile d'accès.
23:59Donc, j'ai eu l'idée de monter ce projet.
24:00Alors, la vraie histoire, c'est que je suis parti de chez Sagar.
24:07On est début 2020, là.
24:09Et à l'époque, mon père était en vie, une bifrede.
24:12Si tu montes, ce projet était chez toi.
24:14J'ai dit, oui, papa, je suis chez moi.
24:16Donc, je suis allé voir 35 entrepreneurs que moi, j'avais accompagnés pendant plus de 30 ans.
24:22Et je leur ai dit, c'est à votre tour, si ça vous intéresse, de m'accompagner.
24:25Voilà ce qu'on va faire.
24:26J'ai besoin d'un sponsor.
24:27Parce que pour monter Altarock, on en parlera, j'avais besoin de 200 millions de capitaux pour engager les premiers millésimes.
24:32Et si ça vous intéresse, vous me mettez une espèce de ligne de warehouse financing pour 200 millions.
24:37Que je vous tirerai, rembourserai, etc.
24:38Et je vous donne 50% du capital.
24:40Donc, je suis allé voir 35 patrons de LBO que j'ai accompagnés moi, qui sont devenus des amis, qui m'ont dit, Fred, pas de problème.
24:46Banco, bon Dieu.
24:47Et puis, la fin du Covid a rendu l'histoire quand même très compliquée.
24:50Les gens n'arrivaient plus à se voir.
24:51Et donc, je n'ai pas réussi à faire que mon projet émerge en tant que tel.
24:55Et Maurice Chignot, que j'avais été voir, qui a adoré le projet depuis le premier jour.
24:59On est en avril 21, Mathieu.
25:01Je vais le voir.
25:02Et Maurice me dit, alors Fred, tu en es où ? Ton projet, on le fait quand ?
25:05Je lui dis, Maurice, j'ai une mauvaise nouvelle.
25:06Je ne vais pas monter ce projet.
25:07Mais pourquoi tu ne vas pas monter ce projet ?
25:10Parce que, malheureusement, j'en suis très triste.
25:12Je n'ai pas réussi à monter le tour de table.
25:16En une minute.
25:18Il me dit, mais c'est une super nouvelle.
25:20Je lui dis, pourquoi Maurice ?
25:21Il dit, parce qu'on va le faire tous les deux.
25:23D'ailleurs, vous savez, il a sorti un livre il n'y a pas longtemps.
25:26Il a fait deux chapitres sur cette histoire incroyable.
25:29Et donc, il m'a dit, viens, on le fait tous les deux.
25:31Donc, je suis parti avec Maurice le 1er mai 21.
25:35Je n'étais pas censé partir qu'avec lui.
25:36Il était censé faire partie d'un tour de table.
25:39Mais il m'a dit, ton histoire est fantastique.
25:40J'ai envie de l'écrire avec toi.
25:42Et je peux t'apporter des choses.
25:43On est toujours sur ce private equity qui apporte plus que du capital.
25:47Il fait ce métier depuis 50 ans.
25:48Il m'a dit, je peux t'apporter beaucoup de choses au-delà du capital.
25:50Viens, on le fait ensemble.
25:51Et donc, j'ai démarré Alta Rock avec lui.
25:53Génial.
25:54Merci pour ce moment de vie.
25:56Parce que j'imagine que, je ne sais pas si c'était une visio ou si vous aviez réussi à vous voir à ce moment-là sur la fin du Covid.
26:03Je l'ai vu qu'il y a la fin du Covid.
26:04Mais encore une fois, voltige.
26:07Désolé, on ne va pas le faire.
26:09Si, on va le faire.
26:09On est devant le Wharton Club, cher Frédéric.
26:14Alors, on ne va peut-être pas sortir.
26:15Mais ça nous donne l'occasion devant les salons France Amérique de parler un peu de cette époque avant de revenir sur Alta Rock.
26:22Alors, moi, j'ai une petite question.
26:25C'est, qu'est-ce que vous avez comme souvenir de ces années aux US ?
26:29Parce que c'est vrai quand même que fin 80, début 90, d'aller à la Wharton Business School,
26:35que ce n'est quand même pas un truc complètement obvious pour l'ensemble des dirigeants français,
26:39même si on a fait Centrale Supélec.
26:43Quel souvenir vous avez de ces années et de vos rencontres ?
26:46Je vais vous répondre.
26:47Là aussi, il y a eu un rôle important de mon père.
26:49Il m'avait dit, Centrale Supélec, c'est fantastique, mais il faut un passeport, Frédéric.
26:53Et Centrale Supélec, c'est une école extraordinaire, mais ce n'est pas un passeport pour le monde.
26:57Donc, il m'avait dit, il faut que tu fasses une grande Business School américaine.
26:59Il ne savait même pas ce que c'était.
27:01Mais il savait que c'était important.
27:03Donc, ça m'a aussi guidé dans mon chemin.
27:04Donc, je suis parti là-bas.
27:07Ça a été...
27:08Alors, je vais dire une chose.
27:10Il y a une partie de Wharton que j'ai ratée, au sens où, pas scolairement,
27:14je voulais être un très bon élève.
27:15Je voulais être le premier de ma promotion, etc.
27:17C'était très important pour moi.
27:18Parce que quand on sort de la Business School, son classement est important pour avoir les meilleures opportunités de job.
27:23Donc, ça, je l'ai très bien fait.
27:25J'étais le premier de ma classe.
27:26J'étais Dean's List à l'époque.
27:27C'était très important.
27:29J'ai eu la bourse.
27:30Sous ma cum laude, les choses comme ça.
27:31J'ai eu tout ce qu'il fallait.
27:32Mais il y a une chose que j'ai moins bien travaillé.
27:36C'était ce networking que les Américains travaillent très, très bien.
27:40Et il y a 800 élèves dans une promo à la Business School.
27:43Et quand je regarde aujourd'hui, 35 ans plus tard, parmi mes camarades de promotion,
27:47il y en a 30 ou 40 qui sont à la tête de Fortune 500 aux Etats-Unis, qui sont devenus des amis.
27:54Mais je ne l'ai pas bien compris à l'époque.
27:55Et je n'ai pas bien compris à l'époque que la valeur d'un MBA, c'est ce réseau, cette connectique qu'on peut construire
28:02et qui permet demain de rebondir, d'échanger, de construire, de bâtir.
28:06Donc cette partie-là, à l'époque, j'étais trop jeune.
28:09Je ne l'ai pas bien comprise.
28:11Parce qu'en France, Mathieu, on ne vous apprend pas.
28:13Le système français est très cartésien.
28:15On vous apprend qu'on est à l'école pour apprendre.
28:17Et aux Etats-Unis, on est à l'école pour échanger, construire, co-construire.
28:22Et cette partie-là du programme me paraissait presque, je ne dirais pas bidon,
28:28mais elle me paraissait un peu poétique.
28:30Et moi, j'étais cranté sur des raisonnements cartésiens.
28:32Je vais prendre des cours de maths, appliquer à la finance, etc.
28:35Donc cette partie-là de Wartel, je ne l'ai pas assez travaillée.
28:38Ce n'est que 20 ans plus tard que je l'ai mieux comprise.
28:40Donc ces programmes américains, ils font une chose fantastiquement bien.
28:44Honnêtement, est-ce que l'enseignement de la finance aux Etats-Unis est meilleur qu'en France ?
28:48Non, non, non.
28:49On a des profs de finance dans des grandes facs françaises, universités françaises,
28:53grandes écoles françaises qui sont fabuleuses.
28:55Alors, il y a deux choses que les Etats-Unis font mieux que la France sur ce système éducatif.
29:00C'est l'échange.
29:02Donc là, ils font venir des gens du monde entier.
29:03Oui, le côté moins top-down.
29:04Non, mais là, ils font venir des gens du monde entier avec des parcours très différents.
29:08Donc à Whartel, vous aviez des militaires de carrière.
29:10Vous aviez des médecins incroyables.
29:12Vous aviez des hommes politiques du monde entier qui voulaient se réinventer une vie.
29:15En France, ça n'existait pas à l'époque.
29:16Donc, il y a 35 ans, Mathieu, en France, votre parcours personnel, il est très déterminé par l'école que vous aviez faite à l'époque.
29:25Donc, vous aviez des parcours très linéaires.
29:28Et les Etats-Unis permettaient de redistribuer les cartes.
29:32Donc ça, en France, à l'époque, on ne savait pas le faire.
29:33Et la deuxième chose, c'est que vous aviez des profs qui étaient le statut de prof aux Etats-Unis.
29:39Ils échangent beaucoup avec les élèves.
29:41Le prof est très bien payé, beaucoup mieux payé qu'en Europe.
29:44Et il aime engager, échanger.
29:45Et donc, si vous avez envie d'échanger avec des profs sur des sujets qui vous passionnent, c'est infini ce que vous pouvez faire.
29:50Donc voilà, j'ai tiré parti de l'enseignement académique américain.
29:54Mais je n'ai pas tiré la pleine puissance de tout l'écosystème connectique de la Business School.
29:59Et ce n'est que 20 ans plus tard que j'en ai pris la mesure.
30:02Donc, mission réussie pour Warton quand même.
30:04Allez, on se le fait.
30:06Pitch de une minute pour présenter le Prévet Equity à un dirigeant, à quelqu'un qui pourrait rejoindre ces feeders que vous gérez.
30:14Et être attiré par votre stratégie.
30:16Quelqu'un qui ne connaît pas le Prévet Equity, mais qui par ailleurs est assez connoisseur de la gestion de patrimoine.
30:22Bon, déjà, on ne fait pas de feeders. C'est important. On y reviendra.
30:25OK.
30:26Comment je pitcherais le portefeuille ?
30:29Est-ce que ça vous intéresse, Mathieu, d'accompagner les plus grands entrepreneurs de la planète,
30:34au capital des meilleures boîtes, meilleurs ETI de la planète, aux côtés des meilleurs fonds de la planète ?
30:39Est-ce que ça vous intéresse d'en accompagner 250 dans un portefeuille global et clé en main,
30:44le tout pour 100 000 euros tirés sur 5 ans à hauteur de 20 000 euros par an sous forme d'abonnement ?
30:48Est-ce que ça vous intéresse ?
30:50La promesse est belle.
30:51La promesse est dingue.
30:52La promesse est dingue.
30:53Et ce qu'on a voulu apporter chez Altarock, c'est de permettre à des clients privés de faire ce que des familles extrêmement fortunées faisaient,
31:00avec des équipes de 15 ou 20 personnes, ou ce que des instit faisaient, avec des équipes de 50 ou 100 personnes,
31:07sur des montants colossaux.
31:08On a voulu le rendre intéressant avant de le rendre accessible, puis accessible à des clients privés à partir de 100 000 euros.
31:16Alors après, on peut discuter pourquoi 100 000 euros, parce que le régulateur français n'autorise pas d'investissement en PE direct à moins de 100 000 euros.
31:21Donc on s'est mis au seuil réglementaire.
31:24Donc on a voulu rendre ça accessible, parce que j'ai une conviction profonde, c'est qu'on a besoin dans un portefeuille d'une exposition à des ETI championnes,
31:34dans un portefeuille global, diversifié, de grande qualité, mais que, avant l'avènement d'acteurs comme Altarock,
31:41si vous vouliez bâtir ce type de portefeuille, il fallait être capable de mettre 200 millions par an tous les ans sur la table.
31:47Il fallait 15 ou 20 personnes.
31:49Il fallait connaître l'écosystème du Private Equity Institute, qui est un monde très feutré, très fermé, très complexe,
31:56et que très très très peu de gens étaient capables de le faire avant l'avènement d'acteurs comme nous.
31:59Je dirais en France, 5 familles.
32:03Donc l'idée c'était de rendre ça possible, rendre ça intéressant, et aussi expliquer le comment et le pourquoi du Private Equity,
32:12l'intérêt de la classe d'actifs, ce que cette classe d'actifs a fait depuis 60 ans.
32:17Les gens oublient une chose Mathieu, le Private Equity c'est 60 ans de trac.
32:22C'est né aux US dans les années 70, c'est né en Europe dans les années 90, c'est né en Asie dans les années 2000.
32:29Il y a 60 ans de trac record aux US sur la perf des fonds.
32:34La taille de l'industrie du PE, je ne parle pas du Private Asset, je mets de côté la Private Debt, je mets de côté le Private Real Estate.
32:40On est sur l'écouti.
32:41On est sur l'écouti.
32:42Le marché du Private Equity aujourd'hui, 6 000 milliards de dollars, 6 trillions de dollars d'AE.
32:49Il y a à peu près 800 milliards de dollars de new money investis par les instits tous les ans en Private Equity.
32:56Le marché croit à 15% par an depuis 20 ans.
33:00Et moi je dis une chose, on est il y a 4 ans, je dis, ce n'est pas normal que seuls les instits ou les familles milliardaires y aient accès.
33:06Je veux expliquer avec Maurice, on veut expliquer l'intérêt de la classe d'actifs, les vertus de la classe d'actifs dans une diversification patrimoniale, dans un effet stabilisation d'un portefeuille, dans un effet boost de la performance.
33:20Alors avec une chose Mathieu, il faut accepter le temps long.
33:23Donc ça, c'est aussi ce que j'aime expliquer.
33:27La surperformance du Private Equity, c'est une contrepartie du temps long.
33:30C'est si tu acceptes le temps long, je sais te sur-rémunérer, donc il n'y a pas de magie ici.
33:36Ce n'est pas que le PE, c'est mieux que la bourse, ce n'est pas mieux que la bourse.
33:38La bourse, c'est la liquidité quand tu la veux, à peu près quand tu la veux, parce que quand c'est tendu, il n'y a plus de liquidité.
33:44Mais en période normale de température et de pression, c'est une liquidité qui est très disponible.
33:50La contrepartie de ça, c'est que le MSIA, il a fait 7,5% par an net de frais pendant 20 ans.
33:55Le Private Equity moyen, il a fait 13,5%, pratiquement le double de pertes.
33:59Mais il faut accepter que pendant 7 à 10 ans, on n'est pas liquidité.
34:03Sur l'allocation 1,8 milliard, on a des premiers retours.
34:06Sur les perfs, du coup, que vous avez pu mettre en place, même si on parle de temps long, mais on a un début de projection.
34:12Alors, ça c'est un point très important et qui n'est pas évident.
34:15Quand je vais pitcher, parce que vous m'avez dit, parlez-moi de PE sans parler de perfs.
34:19C'est difficile parce que quand vous demandez à des instits américains pourquoi tu investis.
34:23Vous demandez au fonds de dotation d'Harvard, de Stanford, de Princeton et DL, qui pèsent tous à peu près 50 milliards.
34:28Ça, c'est le trésor de guerre des facs américaines.
34:31Leur alloc en Private Equity, entre 52 et 60%.
34:34Rien à voir avec un LP européen.
34:37Pourquoi tu investis en PE ?
34:39Il vous dit qu'il y a trois raisons.
34:41La perf, la perf et la perf.
34:44Parce qu'on oublie une chose.
34:46Sur des horizons longs, le PE n'a de sens que sur un horizon long.
34:49Si je prends 20 ans, Mathieu, marché coté, ils font 7,5.
34:537,5 sur 20 ans, ça fait 3 fois et demi la mise.
34:5613,5 qui est la moyenne du PE sur 20 ans, ça fait 12 fois la mise.
35:00L'écart en effet composé, il est phénoménal.
35:03Mais ça, ça a un prix.
35:05Il faut être capable de rester engagé longtemps.
35:07Si on considère dans 10 ans que le PE, c'est 50-50 un stit retail, si on considère.
35:15Je n'y crois pas.
35:16Il faudra que l'industrie mobilise tout ce qu'elle a dans le ventre pour passer de classe d'actifs
35:20à booster d'économie réelle, pour revenir un peu sur ce que vous disiez.
35:23Comment cette industrie, elle va manœuvrer ces prochaines années pour sortir de cette adolescence,
35:28en tout cas en France, de super TRI, de super perf,
35:32et devenir ce qu'elle est vraiment, un vrai booster de l'économie ?
35:35Déjà, je ne crois pas, Mathieu, au 50-50, au stit retail, ce n'est pas possible.
35:38Pourquoi ce n'est pas possible ?
35:40Je ne dis pas dans 50 ans, mais on part d'un niveau de connaissance de la classe d'actifs qui est très faible.
35:44Les clients privés connaissent, à part vos auditeurs, parce qu'ils baignent dedans,
35:48mais les entrepreneurs connaissent peu ou mal la classe d'actifs.
35:51Leur banque est privée encore moins qu'eux.
35:53Donc, on est sur un niveau de connaissance qui est très faible.
35:55Il y a un gros enjeu de connaissance ici, parce que pour être capable de s'engager sur 10 ans
35:59sur un produit à liquidité contrainte, il faut bien le connaître et bien le comprendre.
36:02Et puis faire un truc nouveau, ce qui n'est pas forcément le...
36:04Ce qui vaut pour le client privé, c'est long comme engagement.
36:08Et vous m'avez posé une question sur Notperf.
36:09Notperf, elle est très bonne, mais elle met du temps à démarrer.
36:11Il y a une courbe en J en private equity, donc il faut du temps pour avoir confiance dans le système.
36:15Donc, je ne crois pas qu'à 10 ans, on sera à 50-50.
36:17Ma vision, si à 10 ans, les clients privés ont 10% de leur épargne en private equity, je serais ravi.
36:235% dans 5 ans, 10% dans 10 ans, c'est ma feuille de route.
36:27Maintenant, il va se passer autre chose, Mathieu.
36:29Il faut avoir le courage de le dire.
36:30Les retours du private equity, ils vont baisser.
36:33Ils vont baisser, Mathieu.
36:34Pas de bol, le retail décolle au moment où les vintage 19, 20, 21, 22 ont été un peu payés haut.
36:41Par rapport à ce qu'on est.
36:42Vous savez, c'est très important de prendre du recul par rapport à cette histoire.
36:45Donc, si je vous dis, les millésimes 20, 21 vont être moins bons que les millésimes historiques.
36:53Vrai ou faux ?
36:53Évidemment que c'est vrai.
36:54Évidemment que c'est vrai.
36:55Vous avez une hausse des taux massive en 22.
36:58Les valeurs ont baissé.
36:59Donc, les fonds très investis entre 19 et 21 auront des moments de sortie plus difficiles.
37:03OK.
37:04Le pire millésime, si je prends 25 ans d'histoire, parce que c'est très documenté le private equity,
37:10je prends les fonds du premier cortile.
37:12Alors, l'industrie est notée, il y a 4 ligues, la Ligue 1, 2, 3, 4.
37:15Et même au sein de la Ligue 1, qui est le meilleur du private, 25% des meilleurs fonds mondiaux,
37:19il y a le premier décile, qui est la Ligue des Champions.
37:21OK.
37:21Je prends juste le premier cortile, Mathieu.
37:24Le moins bon millésime du premier cortile sur les 25 ans passés,
37:31combien il a fait de perf, net de fils et de caries ?
37:34Vu qu'on part d'une moyenne à 13,5, peut-être que...
37:36Alors, 13,5, c'était tout le PE.
37:39Tout le PE.
37:39Ouais, donc du coup, le premier cortile, je ne sais pas, à 12 ?
37:4214.
37:43Voilà.
37:43La plus mauvaise perf, Mathieu, du premier cortile, c'est 14.
37:47Est-ce que c'est grave ?
37:48Et c'est en quelle année ?
37:492005.
37:50OK.
37:50Pourquoi 2005 ? Parce qu'un fonds de 2005, il a investi entre 2005 et 2009, avant Liman,
37:54et il a tout vendu post-Liman.
37:56Donc là, dans le pire millésime de l'histoire, avec le pire effet ciseau, il fait 14% net.
38:00Et si aujourd'hui, on veut livrer une très belle performance pour le premier cortile,
38:04le capital est devenu une commodité, il faut une expertise industrielle et sectorielle.
38:08Et là, ce qu'on voit émerger, alors on le voit bien aux US, ça commence en Europe,
38:12c'est des fonds ultra verticaux, qui aujourd'hui sont quasiment des fonds industriels.
38:17C'est-à-dire que le fonds qui va se spécialiser sur les éditeurs de logiciels sur le cloud,
38:22je vous aurais dit ça il y a 20 ans, vous m'auriez dit, déjà, le cloud n'existait pas,
38:25mais je vous aurais dit que ce n'est pas possible.
38:27C'est fin, c'est niche.
38:29Exactement, il n'y a pas assez de profondeur de marché.
38:30Oui, en même temps, les meilleurs returns, je pense, sur les 10 dernières années,
38:34c'est tout ce qui est SaaS software, en tout cas, ça a clairement fait...
38:36Il fallait avoir le courage, il fallait avoir le courage.
38:38Moi, j'ai présenté en comité chez Sager un paquet de deals dans le logiciel,
38:41il fallait oser payer 10 fois les bid'as, 12 fois les bid'as, 15 fois les bid'as, 20 fois les bid'as.
38:46Donc aujourd'hui, on voit l'émergence d'acteurs ultra spécialisés.
38:49Donc si demain, je veux livrer pour un fonds premier quartier 18-20,
38:5318-20 pour un champion du monde demain,
38:55deux fois la mise nette et 18-20 TRI nette,
38:57il faudra que je sois un fonds vertical,
38:59il faudra que je connaisse mon secteur par cœur,
39:01mes entrepreneurs par cœur,
39:03que j'ai diligenté les actifs que j'espère acheter 5 ans avant,
39:06que je connaisse les acteurs industriels à lesquels j'espère les vendre.
39:09Si je n'ai pas cette connaissance très fine du secteur,
39:12je ne peux plus battre le marché.
39:14Donc le monde a changé.
39:16On a beaucoup parlé de private equity.
39:17Là, j'ai trois questions pour vous, Frédéric Stelard, dirigeant.
39:21La première, c'est, vous avez vécu des moments,
39:25on va dire, de forte croissance, des moments formidables,
39:28des moments plus durs,
39:29des moments où il fallait convaincre un comité d'investissement,
39:33des moments où vous êtes parti.
39:35Comment on tient le choc, Frédéric Stelard,
39:37par rapport à toute cette tension qui est implicite,
39:41qui est obligatoire quand on est entrepreneur ?
39:44Ce n'est pas évident.
39:45Ce n'est pas évident du tout,
39:45parce qu'il y a des choses que j'ai moins bien faites que d'autres.
39:51Moi, je pense qu'il faut être habité par ce qu'on fait.
39:54Et moi, je suis très habité par ce que je fais.
39:55Ça ne se voit pas, mais je suis assez passionné par ce que je fais.
39:58On en prend la mesure.
39:59Voilà, ça, c'est très important,
40:00parce que l'entrepreneur qui n'est pas habité,
40:01il n'arrive pas à se lever le matin,
40:02parce que l'entrepreneur, il a des merdes tous les jours.
40:04Tous les jours, c'est compliqué.
40:05Et je n'avais pas réalisé un truc.
40:07J'étais intrapreneur, ce n'est pas pareil.
40:08J'avais deux familles très fortunées qui m'accompagnaient.
40:10Et quoi qu'il advienne, elles étaient là pour moi.
40:12Là, je suis tout seul avec Maurice.
40:14Et vous pouvez mourir.
40:15Votre boîte, elle peut mourir dix fois par semaine.
40:18Donc, comment on tient le choc ?
40:19D'abord, il faut être habité par ce qu'on fait.
40:22Il faut aimer ce qu'on fait.
40:23Ça, c'est quand même la clé de tout.
40:24Il faut être porté par une vision, une ambition.
40:27Première chose.
40:29La deuxième chose, Mathieu, qui est plus difficile,
40:30c'est l'équilibre perso-pro.
40:32Parce que ça, vous allez avoir des moments
40:34dans votre vie d'entrepreneur où tout va aller mal.
40:37Tout va aller mal.
40:38Des moments de perfect storm.
40:40Et ils sont durs.
40:40Ils sont très, très durs.
40:41Parce que vous avez le sentiment à ce moment-là
40:42que vous avez mis un paquet de votre engagement personnel,
40:46financier, réputationnel.
40:47Vous avez tout mis sur le rouge.
40:49Et je ne sais pas pourquoi,
40:51à certains moments de l'histoire,
40:52tout va s'aligner.
40:54Perfect storm.
40:56Et là, c'est très dur.
40:57Parce que vous n'avez pas beaucoup d'amis
40:59à qui vous pouvez en parler.
41:00Parce que vos copains, soit ils ne comprennent pas,
41:02soit ils sont un peu jaloux,
41:03soit vous n'avez pas envie de vous ouvrir.
41:05Et là, c'est le moment où le perso,
41:09les amis, le perso, le socle, le spirituel,
41:13si ce n'est pas bien ancré, vous allez être fragiles.
41:17Et là, moi, j'ai vu des copains
41:18très successifs, s'effondrés.
41:20Parce qu'ils étaient sur une trajectoire de...
41:24Ils étaient catapultés.
41:25Et tout d'un coup, ils se prennent un mur.
41:26Parce que l'entrepreneur se prend des murs.
41:29Et en fait, ils ne sont pas assez solides personnellement.
41:32Ils se prennent trois murs d'affilée.
41:34Et ils n'arrivent pas à le gérer.
41:35Mais je les ai vus s'effondrer
41:36parce que la famille, ils l'avaient oublié.
41:39Les enfants, ils les avaient oubliés.
41:41Et si à ce moment-là, on a besoin de ce socle-là
41:42et qu'il n'est pas là,
41:44alors là, c'est mission impossible.
41:48On ne se souvient plus pourquoi on se lève.
41:50Tout à fait.
41:50Et on se relève.
41:53Merci de vous confier sur comment tenir le choc.
41:56On se positionne là maintenant en transmission.
41:59Qu'est-ce que vous dites
41:59en tant que leader du private equity
42:02qui a vu ce métier évolué ?
42:03Qu'est-ce que vous dites aux jeunes
42:04qui sortent d'école aujourd'hui
42:05et qui se disent pourquoi pas moi ?
42:07Pourquoi pas moi au sens...
42:09Pour rejoindre le private equity
42:10et y faire carrière.
42:12Mes enfants me demandent ce qu'ils devraient faire.
42:15Mon fils, je vais être footballeur.
42:16Je dis c'est fantastique.
42:17Fantastique.
42:18Donc, le private equity,
42:20quoi qu'on fasse, je dis à des enfants,
42:21ne fais pas ça parce que c'est glamour.
42:23Ne fais quoi que tu fasses.
42:24Ne fais pas ça parce que tu crois
42:25que tu gagneras beaucoup d'argent dans ce métier.
42:27Essaye de faire quelque chose
42:28auquel tu crois.
42:31Essaye de faire quelque chose
42:32qui va te passionner.
42:33Cette industrie du private equity,
42:34elle est passionnante
42:35mais elle est très exigeante aussi, Mathieu.
42:37Elle est très exigeante.
42:38C'est un métier très dur.
42:39C'est un métier...
42:40L'environnement est ultra compétitif.
42:43Vous pouvez être dans un fond,
42:44un grand fond
42:45et ne pas faire de deal pendant 4 ans.
42:46Il faut être marathonien.
42:48Il faut faire...
42:48Non, il faut faire ce métier
42:49que si on est passionné,
42:52habité,
42:53qu'on a envie de le faire,
42:54beaucoup de gens sont tentés
42:55pour de mauvaises raisons.
42:56Ils sont tentés parce que...
42:57La fame.
42:59Le fame, le glamour,
43:00le fait que certains partenaires de fonds
43:01gagnent beaucoup d'argent.
43:03Quoi que tu fasses,
43:04tu gagneras de l'argent
43:04si tu es bon dans ce que tu fais.
43:06C'est un effet secondaire
43:06et on s'en fout à la rigueur.
43:08Ce qui compte,
43:09c'est...
43:09Je dis à des jeunes,
43:11souvent,
43:11mes amis m'envoient leurs enfants.
43:13Ils me disent,
43:13mon fils rêve de faire du private equity.
43:14Je te l'envoie.
43:15Ou ma fille.
43:15Je dis, super.
43:16En fait, non,
43:16on ne sait pas ce qu'ils ont envie de faire.
43:18Ils ont lu un article sympa dans le journal
43:19et ça les a tentés.
43:20Pourquoi pas d'ailleurs ?
43:22Mais je dis,
43:23c'est un métier très exigeant,
43:25très dur.
43:26Le niveau de concurrence est monté de 100 crans.
43:29Il faut le faire dans des grandes maisons
43:30où on apprend à la dure.
43:33Et les 10 ou 15 premières années
43:34vont être très dures
43:35pour mériter d'être peut-être partner
43:37époque à laquelle ça va être encore plus dur.
43:40Et tu ne t'arrêtes jamais.
43:42Donc,
43:42quand tu es partner dans un beau fonds
43:44ou dans un grand fonds,
43:45tu dois sourcer tes deals,
43:46accompagner les entrepreneurs,
43:47suivre tes boîtes,
43:48tu auras des merdes.
43:50Et tu as plein de nouvelles exigences.
43:52Tu as un comité d'investissement
43:53qui, s'il est bien organisé,
43:54te mettra la pression.
43:55Des investisseurs institutionnels
43:57qui ici sont bien cortiqués,
43:58ils le sont,
43:59te mettront la pression.
44:00Tu devras aller lever ton prochain fonds
44:01tous les 5 ans.
44:03Et ton travail est remis sur l'établi
44:05tous les 5 ans.
44:06Même si tu es un très grand fonds
44:07et ton fonds précédent n'est pas très bon,
44:09tu vas peiner à lever.
44:11Et donc,
44:12c'est un métier très,
44:13très, très exigeant.
44:15Frédéric Stahler,
44:16on a une surprise.
44:16On a quelqu'un qui a voulu vous donner,
44:18vous poser une question aujourd'hui.
44:20Je vous transmets cette vidéo.
44:23Salut Fred.
44:24Bon,
44:24je comprends que tu es dans un taxi.
44:26Donc,
44:26sois relax,
44:28ouvre la fenêtre,
44:29mets-toi bien au fond du siège,
44:30détends-toi.
44:31Et surtout,
44:32le chauffeur n'est pas responsable
44:33des embouteillages
44:34et des travaux.
44:36Donc,
44:37prends ton mal en patience.
44:39Bon,
44:40Fred,
44:40tu le sais,
44:40on se connaît depuis
44:41ce qui ne nous rajeunit pas.
44:45Je veux te dire
44:45que j'étais très impressionné
44:47par ton parcours,
44:48par ta résilience,
44:49par ta capacité de travail,
44:51par ta pugnacité.
44:52Je sais que
44:53la création d'Alta Rock
44:55et ses versions antérieures
44:56n'ont pas été
44:58toujours un chemin
44:59pavé de rose.
45:00Et tu y es arrivé,
45:02vous avez tous ensemble
45:03créé un outil incroyable
45:05qui a ouvert le marché
45:06du private equity
45:06pour le retail.
45:08Donc,
45:09vraiment,
45:09c'est extrêmement,
45:10extrêmement impressionnant.
45:12On a eu l'occasion
45:13de discuter
45:14des changements
45:15qui sont à l'œuvre
45:16dans le monde
45:17du private equity,
45:18la spécialisation,
45:19la baisse des performances,
45:22le problème de liquidité
45:22et autres.
45:23Et donc,
45:24je voulais savoir
45:25dans quelle mesure
45:26Alta Rock,
45:28sa gestion,
45:28la sélection
45:29de vos investissements,
45:30la sélection des gérants,
45:31la politique d'investissement
45:32va évoluer
45:34pour être un peu
45:34au diapason
45:35de ces changements
45:36qui ont cours
45:37à l'échelle mondiale
45:38au niveau du private equity.
45:40Alors,
45:40c'était une surprise.
45:42Est-ce que vous pouvez déjà
45:43nous dire
45:43qui est cette personne ?
45:45Cette personne
45:46s'appelle Laurent Meyer.
45:47C'est un ami de 40 ans.
45:50Donc,
45:50on s'est rencontré
45:51un peu avant
45:51la business school
45:52et on est resté amis
45:53depuis toujours.
45:54Donc,
45:55dans nos moments
45:56heureux,
45:57dans nos moments
45:57plus compliqués,
45:58de vie perso,
45:59pro.
46:00Donc,
46:00c'est quelqu'un
46:00que j'apprécie beaucoup.
46:01Quelqu'un de très fin,
46:03très très fin,
46:04qui a une vision intéressante
46:05sur le monde
46:05et qui est...
46:07que j'apprécie énormément.
46:08Voilà.
46:09Alors,
46:10sur la question
46:10qu'il vous pose.
46:11Alors,
46:11la question que Laurent me pose,
46:13comment est-ce qu'on va s'adapter
46:14au changement structurel
46:14de l'industrie du PE ?
46:15Je dirais,
46:16on s'est déjà adapté,
46:17Mathieu,
46:17parce qu'on avait cette vision
46:19il y a 4 ans déjà
46:20et je l'avais posé
46:20et Maurice était 100% d'accord.
46:22Le monde du private equity
46:23avait déjà changé.
46:25Il était déjà devenu
46:26extrêmement exigeant.
46:27Nous,
46:27on anticipait chez Altarock
46:28une baisse des retours.
46:29Donc,
46:29quand j'annonce
46:30les performances d'Altarock
46:30projectives à 5 ans,
46:3310 ans,
46:33j'annonce déjà
46:34dans mes ambitions
46:34de retour
46:35une baisse structurelle
46:36des performances de l'industrie.
46:37Je l'ai déjà anticipé.
46:39Donc,
46:39on le pose.
46:40Parfois,
46:40ça rend les gens inquiets.
46:41Ah oui,
46:41mais vous pensez
46:42que vos fonds vont faire moins bien
46:43demain qu'hier ?
46:43Ils sont moins bons.
46:44Non,
46:44ils ne sont pas moins bons.
46:45Le monde est plus dur.
46:47Donc,
46:47un,
46:47on l'a déjà intégré.
46:48Deux,
46:48on a un parti de prix
46:49qui est très important.
46:51Dans notre sélection,
46:52d'abord,
46:52on a toujours pensé portefeuille.
46:53C'est pour ça,
46:54vous m'avez dit
46:54feeders tout à l'heure,
46:54on ne fait pas de feeders.
46:55Je n'investirai jamais
46:56dans un seul fonds.
46:57On investit dans un portefeuille
46:58de fonds
46:59parce que aussi bon soit le gérant,
47:00on n'est pas à l'abri
47:01d'une défaillance.
47:02Donc,
47:02toujours penser portefeuille,
47:03toujours penser mitigation du risque.
47:05Mais quand on choisit
47:06notre portefeuille
47:07de 7 gérants
47:07dans un millésime Altarock,
47:09on se dit,
47:10on veut être sur les bonnes verticales,
47:12pas de cyclicité.
47:14On parlait de TLD Alvest hier.
47:15Je l'ai fait à TIC Perso
47:16parce que j'avais du cari,
47:18parce que je croyais dans l'équipe,
47:18mais je n'accompagnerai pas ça
47:19dans un portefeuille retail.
47:21Donc,
47:21pas de portefeuille de clients privés.
47:23Donc,
47:23accompagner des gérants
47:24sur des bonnes verticales,
47:27acycliques,
47:27résilients,
47:28bonne porteuse de marché.
47:30Deuxièmement,
47:31pas accompagner de fonds généralistes,
47:32que des fonds ultra verticaux.
47:34Et troisièmement,
47:35une diligence sur les gérants
47:37qui est militaire,
47:38Mathieu.
47:39Et donc,
47:39à la question de Laurent,
47:41je pense qu'on est déjà paré
47:42pour ce monde nouveau.
47:43C'est comme ça
47:44qu'on a construit Altarock.
47:45Une diligence
47:46et une construction de portefeuille.
47:49Alors,
47:49on n'est pas à l'abri
47:50d'effets de cycle négatif.
47:52Il y aura des millésimes
47:53moins bons que d'autres.
47:54Mais pour quelqu'un
47:54qui nous accompagne
47:55sur plusieurs millésimes,
47:57c'est ce qu'on vend.
47:58Il aura un portefeuille
47:59très travaillé,
48:00très robuste,
48:02avec notre meilleur jugement d'affaires.
48:04Et à la fin,
48:05à la fin des fins, Mathieu,
48:06parce que qu'est-ce qu'a fait
48:07un des leviers de succès du PEC,
48:08c'est quoi ?
48:09C'est l'alignement d'intérêts.
48:11Qu'est-ce qui fait
48:11qu'une boîte PE marche vœu
48:13qu'une boîte cotée ?
48:14C'est que les équipes
48:15du direction de la boîte PE,
48:16le partenaire du PEC,
48:17on a tous investi dans le deal.
48:19Alors,
48:19donc là,
48:19je voulais qu'on s'applique,
48:20Maurice et moi,
48:21à cette discipline-là.
48:22Donc,
48:22on investit,
48:23chaque année à titre perso,
48:2433 millions à nous deux
48:25dans nos fonds.
48:27C'est colossal.
48:28Donc là,
48:29on va parler du risque
48:29de l'entrepreneur,
48:30des moments difficiles.
48:31C'est-à-dire que,
48:31Maurice et moi,
48:32là,
48:32sur notre cinquième millésime,
48:34on aura engagé
48:34165 millions à nous deux.
48:37Près de 10% de l'AUM.
48:39Exactement.
48:39Je ne parle pas du financement
48:40de la société de gestion,
48:41qui est un autre truc
48:41qu'on a à financer.
48:42Je parle de mettre des billes
48:43dans nos fonds.
48:44On est très engagés.
48:46Donc,
48:46pour répondre à la question de Laurent,
48:47je pense qu'on s'est équipé pour,
48:48je ne dirais pas la tempête,
48:50on s'est équipé pour un monde
48:51plus exigeant.
48:52Magnifique.
48:53Et d'ailleurs,
48:53je crois qu'on est arrivé.
48:55Oh là,
48:55je n'ai pas vu le temps passé.
48:56Ah oui,
48:57on est chez nous, là.
48:58On est chez vous.
49:02On est dans le hall
49:07de Alta Rock Partners.
49:09C'était notre destination aujourd'hui.
49:11Je vous propose
49:12de faire un petit jeu
49:12pour clôturer cette interview.
49:19Passer de l'investissement,
49:21du statut d'investisseur,
49:23à une structure entrepreneuriale,
49:24c'est super facile ?
49:26Non.
49:28C'est très dur.
49:29C'est très dur
49:30parce que quand vous êtes
49:31dans un grand fonds,
49:31vous avez des frais
49:32de gestion qui tournent.
49:33Alors,
49:33la beauté du private equity,
49:34c'est qu'il y a une récurrence
49:35des frais de gestion.
49:36Vous savez,
49:36votre chiffre d'affaires
49:37en début d'année,
49:38vous le savez sur l'année complète,
49:39donc c'est facile.
49:40Alors qu'ici,
49:41tout est à construire.
49:41Je suis parti de zéro.
49:43Je dirais aussi,
49:44Mathieu,
49:44pour être honnête,
49:46j'ai fait un choix
49:46un peu difficile.
49:47J'étais dirigeant,
49:49j'étais directeur général
49:49d'un très beau fonds
49:50de private equity
49:51que j'ai construit
49:51tout seul,
49:53avec l'aide des démarrêts,
49:55des familles,
49:56etc.
49:57Mais je l'ai fait.
49:57J'avais une position enviable
50:00et j'ai décidé
50:01de repartir de zéro
50:02à 55 ans.
50:04Mais c'est très dur.
50:04C'est très dur
50:05parce que tout d'un coup,
50:06le téléphone ne sonne plus,
50:07vous n'êtes plus aussi courtisé.
50:09Et c'est à vous
50:09de rebâtir
50:10et de trouver
50:10l'énergie interne.
50:11Et j'avais ce drive,
50:12j'avais cette envie,
50:12j'avais cette énergie
50:13et je l'ai encore
50:14et c'est fabuleux.
50:15Mais c'est difficile.
50:17C'est difficile parce que
50:19vous regardez,
50:21c'est comme l'écrivain
50:22ou le poète,
50:22la feuille est blanche.
50:23Et donc,
50:24il faut avoir cette vision,
50:25cette âme d'entrepreneur.
50:25Je vais dire tous les jours,
50:27demain va une journée fabuleuse.
50:28Et je vous dis la vérité,
50:29j'ai 60 ans aujourd'hui,
50:30je n'ai pas envie
50:31d'aller me coucher
50:31et j'ai envie de me réveiller
50:32tous les jours.
50:33Vous avez l'impression
50:33d'encore mieux comprendre
50:34votre papa,
50:35aujourd'hui,
50:36cinq ans après l'avoir fait ?
50:37Je lui parle tous les jours.
50:39Je lui parle tous les jours
50:39et ça me fait,
50:41même s'il est parti
50:41un an et demi,
50:42je lui parle tous les jours
50:42et...
50:44Il a enregistré un film
50:47pour moi
50:49que j'ai vu il n'y a pas longtemps.
50:52Incroyable.
50:53Incroyable.
50:54Ça sera l'objet
50:54d'une autre chose.
50:55Incroyable, oui.
50:57Fundraiser en 2026,
50:58un jeune enfant ?
50:59Très dur.
51:00Très dur.
51:00Très dur parce que...
51:02Alors, très dur
51:03parce que beaucoup d'incertitudes
51:04et parce que...
51:05Alors, c'est à la fois
51:06dur et pas dur.
51:07Beaucoup d'incertitudes
51:07veut dire que les gens
51:08veulent mettre
51:09de l'argent de côté.
51:10Donc, le taux d'épargne
51:11n'a jamais été aussi élevé.
51:12Mais les convaincre
51:13d'une classe d'actifs nouvelles,
51:14ça, c'est compliqué.
51:15Donc, je dirais,
51:16le taux d'épargne
51:17n'est pas un problème.
51:18La masse épargnée
51:18n'est pas un problème.
51:20La complexité,
51:20c'est d'expliquer
51:21une classe d'actifs nouvelle.
51:22Donc, on est toujours
51:23sur cet enjeu
51:23d'éducation,
51:24d'évangélisation.
51:25Donc, un des aspects
51:26compliqués de ce qu'on fait
51:27aujourd'hui,
51:27c'est d'expliquer,
51:28d'évangéliser
51:28avec beaucoup de pertinence.
51:30Donc, quand j'ai commencé
51:31il y a quatre ans,
51:32on expliquait le B.A.B.
51:33du private equity.
51:34Aujourd'hui,
51:34nos partenaires sont montés
51:35de deux crans
51:35et c'est fantastique.
51:36Donc là, on les aide
51:37à monter encore
51:38de deux crans
51:38et deux niveaux de jeu
51:39pour toujours expliquer,
51:40pour être toujours
51:41plus costaud.
51:42On n'est plus
51:43sur l'évangélisation,
51:43on est sur la technicité
51:44du private equity
51:45mais ça reste compliqué
51:46parce que c'est très nouveau
51:47et que les gens ont peur.
51:48Les gens ont peur
51:49de la géopolitique,
51:49des taux de Trump.
51:50Les gens ont peur.
51:51Peut-être moins du PE
51:52que du public.
51:54Non, mais c'est pour ça
51:54qu'on leur dit
51:55et je pense que le discours
51:56commence à être entendu.
51:57Ils ont envie
51:57de passer à autre chose.
51:58La volatilité
51:59des marchés cotés
52:00leur fait peur.
52:01La surperve
52:01des marchés cotés
52:02leur fait peur.
52:03On est sur des hauts
52:03de marché,
52:04ça leur fait peur.
52:04On est sur des plus hauts ever.
52:05Voilà, donc là,
52:06c'est intéressant, Mathieu.
52:08Je sens une inflexion
52:09dans l'approche
52:10du private equity.
52:11Là, depuis 4 ans
52:12qu'on évangélise,
52:12les gens se disent
52:13il faut que j'y aille.
52:14Je pense qu'on les a convaincus
52:15et pique cousés
52:16que c'est maintenant
52:16qu'il fallait y aller.
52:18On est sur des bas de cycle
52:18en private equity.
52:19C'est des points d'entrée
52:20qui sont quand même
52:20très intéressants.
52:21Donc là, je sens
52:22que les gens veulent y aller.
52:24C'est assez satisfaisant aussi
52:25mais 4 ans de sommage de graines.
52:27Dernière question,
52:28clin d'œil
52:28à ce que vous faites,
52:29ce pour quoi vous vous battez
52:30depuis 4 et 5 ans
52:31avec vos équipes,
52:33l'usage actuel
52:33de l'épargne des Français
52:34et son utilité
52:35pour notre économie.
52:37Vert, rouge, jaune.
52:39Aujourd'hui, ça.
52:41Pourquoi ?
52:42Parce qu'il y a
52:43un produit français
52:44qui s'appelle
52:45le fonds euro
52:46qui capte
52:47toutes les attentions.
52:49Il n'y a pas une journée
52:49sans qu'un grand quotidien
52:51ou hebdomadaire
52:53ou magazine
52:53ne parle du fonds euro.
52:54C'est un produit
52:55qui rapporte
52:552,5% en moyenne
52:57en fonction de la météo.
52:58On ne va pas financer
52:59nos retraites
53:00avec un fonds euro.
53:01Ce n'est pas vrai, Mathieu.
53:02Ça ne couvre pas l'inflation.
53:03Donc, c'est un mauvais produit
53:04d'épargne longue.
53:05Très mauvais.
53:06A l'arrière,
53:07c'est un produit
53:07de gestion de trésorerie.
53:08Et pourtant,
53:09on a 2 000 milliards
53:11d'épargne sur le fonds euro.
53:12Donc là,
53:12on a un sujet culturel.
53:14Si vous voulez épargner
53:15sur du temps long,
53:17vous devez dépasser
53:18la frontière du fonds euro.
53:19Donc, aujourd'hui,
53:21l'épargne des Français,
53:21elle est mal investie.
53:22Elle est très, très mal investie.
53:24Mais il n'y a pas
53:24que les Français.
53:25C'est un sujet européen
53:26en général.
53:27Le fonds euro cristallise
53:28toutes les angoisses aussi.
53:32C'est un produit
53:33qui est très efficace
53:34pour de la gestion courte.
53:36Mais investir à long terme
53:37à 2,5%,
53:37c'est quoi l'intérêt ?
53:38Quand l'inflation est à 3%,
53:40ce n'est pas possible.
53:41Je m'appauvris.
53:42Donc, l'enjeu aujourd'hui,
53:43c'est d'expliquer
53:44que vous devez accepter
53:45de prendre du risque.
53:47Si vous ne prenez pas de risque,
53:48vous ne serez pas payé.
53:49Sur les marchés financiers,
53:50si vous ne prenez pas
53:51un peu de risque,
53:52vous ne serez pas payé.
53:53Le risque, c'est quoi ?
53:53C'est un peu de temps long, en fait.
53:55Si je ne prends pas du temps long,
53:57je n'aurai pas de rémunération.
53:58Et la vérité,
53:59on a tous une partie
54:00de son épargne
54:01dont on n'a pas besoin
54:02sur 20 ans.
54:02Tout le monde.
54:04La jeune femme à l'accueil,
54:05vous, le caméraman et moi.
54:06Cette partie-là,
54:07il faut investir
54:08sur des produits
54:09adaptés au temps long.
54:10C'est ça notre enjeu,
54:11notre croisade, quelque part.
54:12Et cette épargne-là,
54:14si on investit bien
54:14sur du temps long,
54:15elle sera rémunérée
54:16pour le temps long.
54:17Elle sera rémunérée, Mathieu,
54:18pour les liquidités sous-jacentes.
54:19C'est ça le vrai enjeu.
54:21Et je rappelle un truc,
54:22il y a les intérêts composés.
54:24On finit par ça.
54:257,5% par an pendant 20 ans,
54:28c'est les marchés cotés.
54:29Trois fois la mise.
54:30C'est bien.
54:3213%, 13,5% par an
54:33pendant 20 ans,
54:34douze fois la mise.
54:36Premier quartile
54:36de private equity,
54:3820% par an pendant 20 ans,
54:4038 fois la mise.
54:42Sur votre épargne longue,
54:43vous devez avoir
54:45une partie en private equity.
54:46Combien ?
54:47Ça dépend de qui vous est,
54:48de votre patrimoine,
54:49de votre appétence au risque.
54:50Les grandes banques privées
54:51américaines aujourd'hui
54:51recommandent 20%
54:52de l'allocation en private equity.
54:54Et les grandes banques
54:55privées européennes
54:55y viennent aussi.
54:56C'est le sens de l'histoire.
54:57Donc 20% dans combien de temps ?
54:59Je pense dans 20 ans.
55:005% dans 5 ans,
55:0110% dans 10 ans,
55:0220% dans 20 ans.
55:03On vous le souhaite.
55:03Merci beaucoup Frédéric Stollard.
55:04Merci Mathieu.
55:05Et on vous remercie
55:06de nous avoir un petit peu
55:07accompagnés ce matin
55:08dans les rues de Paris.
55:09On est ravis de vous avoir
55:10accompagnés au travail finalement.
55:11Bien sûr que vous l'avez.
55:12Et on vous souhaite
55:12une bonne journée
55:13et beaucoup de succès
55:14pour Altarock.
55:14Merci beaucoup.
55:15Merci.
55:15Sous-titrage Société Radio-Canada
55:21Merci.
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