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- #faceapierrelellouche
Pierre Lellouche, ancien ministre et spécialiste des questions internationales, nous éclaire sur l’actualité de la semaine dans #FaceAPierreLellouche, tous les jeudis à 16h30, présenté par Nelly Daynac.
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00:00Bienvenue, si vous nous rejoignez, c'est le face à Lelouch du jeudi. Bonjour, Pierre Lelouch.
00:05Merci beaucoup de nous avoir rejoints. Il y a beaucoup de sujets qui vous ont frappé cette semaine.
00:09On parlera bien sûr des négociations sur l'Ukraine, sur le Proche-Orient, avec cette deuxième armada américaine qui fait
00:16route vers le Golfe.
00:17Mais avant cela, j'aimerais qu'on parle des Européens quand même.
00:20Commençons par ce qui nous est proche. Ils sont en conclave à Anvers en cette fin de semaine.
00:24Emmanuel Macron est présent, l'industrie européenne est en jeu.
00:26A quoi ça sert cette rencontre ? Est-ce qu'il faut le voir comme un tournant ?
00:30Certainement pas. La semaine dernière, on a beaucoup parlé des conférences américaines téléguidées ou dirigées par Trump sur l'Ukraine
00:38et sur le Moyen-Orient, sur l'Iran.
00:42On va y revenir tout à l'heure. Mais je voulais commencer par le conclave, la retraite.
00:47Ils appellent ça une retraite, un sommet informat qui se tient, tenez-vous bien, dans une ancienne commanderie teutonique au
00:54fin fond de la Flandre belge,
00:56dans un endroit qui s'appelle Aldenbysen. Je ne sais pas si vous connaissez l'histoire des chevaliers teutoniques.
01:01C'est très passionnant. Ça remonte aux croisades et puis après au partage de l'Europe du Nord s'agissant
01:07des teutoniques.
01:08Et tout ça, ça s'est terminé dans la Prusse.
01:11Alors, je ne sais pas s'il y a un message subliminal.
01:13Toujours est-il que l'idée générale, et ils ont invité pour ça aussi Henri Coletta et surtout Mario Draghi,
01:20qui est l'auteur du fameux rapport sur comment est-ce qu'il faut faire pour l'Europe pour réindustrialiser.
01:25Le but de la manœuvre, c'est de discuter entre chefs d'État de façon informelle pour décider ce qu
01:32'on va faire,
01:33alors que l'Europe est prise en tenaille entre les États-Unis et leurs droits de douane et les importations
01:39massives qui viennent de Chine.
01:40Alors, comment est-ce qu'on fait pour réindustrialiser l'Europe ?
01:43Parce que même l'Allemagne est touchée. Nous sommes très touchés, mais l'Allemagne aussi.
01:48Et comme d'habitude, Macron a pris les devants en faisant une interview ce lundi devant plusieurs journaux européens
01:55et en annonçant la couleur pour lui, si on ne fait rien dans les cinq ans, l'Europe sera balayée.
02:01Et la solution pour lui, c'est quoi ?
02:03C'est d'emprunter massivement pour investir dans la défense, dans l'écologie, dans l'intelligence artificielle et le quantique.
02:11Et tenez-vous bien, la somme, c'est 1 200 milliards d'euros par an.
02:16Alors qu'on a déjà 3 300 milliards de nets.
02:18Oui, mais ça, ce n'est pas la France. L'idée, c'est l'Europe qui emprunte.
02:22Comme on n'a plus un rond en France, donc le message de Macron, c'est que c'est l
02:26'Europe qui va faire des euro-bondes.
02:27Alors, l'idée fait bondir un certain nombre de nos voisins, c'est le cas de le dire,
02:33qui voient bien sûr la manœuvre, à savoir l'idée est française et la finance va être allemande et les
02:38autres.
02:38Donc, ça passe assez mal.
02:41L'idée de faire une protection contre les importations sur-subventionnées des Chinois, ça, ça avance doucement.
02:48Madame von der Leyen a bien voulu en parler au mois de décembre dernier.
02:52Donc, sur la protection, ça va un peu.
02:56Le commissaire européen français, M. Séjourné, numéro 2 de la Commission, a réussi à faire signer une lettre dans la
03:03presse par un millier de chefs d'entreprise
03:06disant que les subventions européennes doivent aller aux entreprises européennes qui produisent en Europe.
03:14C'est lui qui vous appelle, il n'est pas content de ce que vous dites.
03:16Non, mais la lettre de Séjourné est pas mal faite.
03:19Donc, il y a plusieurs volets.
03:20Il y a donc le volet financement de Macron qui a peu de chances de profsérer.
03:24Il y a un volet protection.
03:26Quelles mesures de protection contre du dumping chinois ?
03:30Et puis, il y a un volet aussi, subvention.
03:33C'est le fameux « Buy European Act ».
03:36On achète européens comme les Américains ont une législation.
03:40Voilà, ça, ce sont les trois volets qui sont examinés aujourd'hui.
03:43C'est un peu rasoir, sans doute, pour les gens qui nous entendent.
03:46Mais c'est important parce que c'est quand même la façon de sortir l'Europe de cette espèce d
03:53'étau dans laquelle elle est aujourd'hui.
03:55On va écouter un extrait, peut-être.
03:57En sachant quand même que le risque de cette stratégie de souveraineté européenne,
04:04c'est que les décisions sont prises en Europe à la majorité et donc pas en France.
04:09Ce que Macron a choisi, c'est de changer de niveau, de faire ça en européen avec le risque de
04:15perdre le contrôle sur notre propre industrie.
04:18On va écouter Emmanuel Macron quand il parle précisément de l'industrie européenne.
04:24Ce qui est en jeu ici, c'est que certaines parties de l'industrie européenne pourraient disparaître dans les prochains
04:31semestres,
04:31si on ne prend pas les bonnes mesures en termes de simplification et de protection.
04:38Alors, c'est le sonneur d'alerte, mais est-ce qu'il est entendu, le lanceur d'alerte, est-ce
04:41qu'il est entendu par les autres ?
04:42Le problème, ce que disent les observateurs, c'est que les idées sont françaises, c'est du bon sens, l
04:47'idée qu'il faut un peu de protection,
04:49qu'il faut investir dans les bons secteurs, qu'il faut subventionner que nos entreprises et pas les entreprises chinoises.
04:55Tout ça, c'est du bon sens.
04:56Le problème, c'est que la France est tellement faible aujourd'hui que sa voix ne porte pas.
05:00Et comme on n'a pas l'argent, on va compter sur les autres pour emprunter.
05:03Et ça fragilise un peu plus notre position.
05:08Ce qui me gêne le plus, c'est quand même le choix d'un fédéralisme européen.
05:11Parce que je rappelle qu'avant, sous le général de Gaulle, quand on a modernisé la France,
05:15on l'a fait derrière nos droits de douane et on l'a fait derrière notre monnaie,
05:19avec la première mesure de Jacques Rueff, c'était la dévaluation.
05:22Quand vous avez besoin de relancer vos exportations et notre industrie,
05:26vous protégez l'industrie et puis vous faites de la dévaluation.
05:30On n'a plus ces instruments aujourd'hui.
05:31Et donc Macron, lui, en appelle à l'Europe et aux autres qui ont de l'argent
05:35de bien vouloir emprunter pour l'Europe.
05:39C'est ce qu'il voulait faire sur la défense.
05:41Rappelez-vous, il voulait un emprunt de 800 milliards.
05:45Or, au bout de la route, il y a eu 150 milliards et ce n'est pas assez.
05:48Peau de chagrin.
05:49On parle des grandes manœuvres pour la paix en Ukraine et au Proche-Orient
05:52qui se poursuivent sans grand résultat.
05:54Malgré tous les rendez-vous qui s'enchaînent,
05:56on va peut-être commencer avec l'Ukraine, avec la pression sur Zelensky.
06:02Zelensky lui-même s'est rendu compte, et il l'a dit ouvertement,
06:06que désormais les Américains poussent à fond pour trouver une solution au mois de juin ou plus tard
06:11parce qu'ils n'ont qu'une chose en tête chez Trump,
06:13c'est bien sûr les élections du mois de novembre, les mid-term elections.
06:17Et pour ça, il faut qu'il ait résolu le problème.
06:19Alors, le système est en train d'accélérer à fond.
06:23Les Américains ont dit aux Ukrainiens, en gros, si vous voulez des garanties de sécurité,
06:28arrangez-vous pour faire un accord avec les Russes au mois de juin et au mois de mai
06:31pour faire des élections présidentielles et en finir avec cette question.
06:35Zelensky a dit, bon, je vais faire des élections au mois de mai alors que jusqu'ici, ils ne voulaient
06:39pas.
06:39Mais il va aussi coupler ça avec un référendum dans lequel les Ukrainiens seraient appelés
06:44à valider ou pas des cessions de territoire aux Russes.
06:47Donc, on va vers une accélération énorme du calendrier pendant que la guerre se déroule
06:52avec des difficultés énormes pour organiser des élections
06:56dans un pays où il y a plusieurs centaines de milliers d'hommes sur le front,
07:00où il y a plusieurs millions d'Ukrainiens à l'extérieur,
07:02où il y a des gens qui ont été déplacés
07:04et où 20% du territoire est occupé par les Russes.
07:08Donc, c'est quand même pas simple.
07:10Mais je pense que Zelensky a raison sur ce point, là au moins.
07:13Sûr et certain que Trump ne pense qu'à une chose,
07:16c'est au mid-term, c'est aux élections de novembre.
07:18Donc, pour lui, ce problème doit être réglé avant.
07:21Ajoutons qu'il y a à la clé le business plan qui a été négocié avec les Russes.
07:26Et d'après ce que disent les Ukrainiens, alors peut-être que c'est faux,
07:29mais on parle de 12 000 milliards de dollars de contrats entre les États-Unis et la Russie.
07:35Donc, vous comprenez que plus vite, on finit mieux en sport.
07:38Et de toute façon, les États-Unis ne vont pas mettre un dollar sur l'Ukraine.
07:41Donc, ils sont en train de pousser à fond pour un règlement.
07:44Le problème pour les Européens, d'abord, c'est qu'on n'est pas à la table de négociation.
07:49Et deuxièmement, si le traité est mal fait ou bâclé, on va se retrouver à gérer les conséquences.
07:54Non seulement faire entrer l'Ukraine dans l'Union Européenne comme on leur a promis,
07:57mais en plus gérer un système qui sera probablement assez instable.
08:01Donc, tout ça me paraît...
08:04Bancal ?
08:04Oui, inquiétant, disons.
08:06Inquiétant.
08:07La pression qui est mise à un moment où Poutine ne dit rien, lui, il se contente d'engranger.
08:12Tout ça est assez malsain.
08:14Parlons aussi de...
08:16Un autre point malsain, c'est-à-dire l'Iran.
08:18Alors, de l'Iran, avec la visite de Benyamin Netanyahou à Washington.
08:24Et le deuxième porte-avions.
08:25Et le deuxième porte-avions.
08:26Il y a une deuxième armada, on l'a appris aujourd'hui, américaine, qui fait route vers le Golfe.
08:30Donc, ça veut dire que les États-Unis continuent de mettre la pression sur l'Iran,
08:33qui, hier, s'est livré encore à de nouvelles provocations verbales par la voix de son président.
08:39Qu'est-ce qu'on fait de tout ça ?
08:40L'Iran, c'est pivot pour la paix dans la région.
08:42Il faut régler ce problème.
08:43Même pour le terrorisme dans le monde, parce que c'est quand même de là qu'émergent tous les groupes
08:47terroristes.
08:48Exactement. Et si on veut neutraliser le Hamas, c'est de là et compagnie. Tous les proxys.
08:51Bon, là, il se passe quelque chose qui est assez dérangeant, je dois dire.
08:54Du côté américain, on dit que les négociations de la semaine dernière à Oman se sont très bien passées.
08:59Il faut voir que les deux délégations ne se sont pas vues.
09:01Elles sont traitées par le biais des Omanais.
09:04Trump dit que ça s'est très bien passé.
09:07L'Iranien, le président, lui, il a fait un grand discours devant son peuple en délire.
09:12Il vient de tuer 40 000 personnes et d'en embassiller au moins autant.
09:16Donc, il fait une grande manifestation devant le monument à la révolution à Téhéran.
09:21Et il est très content de la négociation, lui aussi.
09:23Pourquoi ? Parce que, d'abord, on n'a pas parlé de la situation à l'intérieur de l'Iran.
09:28Les Américains n'ont pas soulevé ça.
09:30Deuxièmement, ils n'ont pas parlé des missiles.
09:32Les Iraniens ne veulent pas qu'on parle des missiles.
09:34Ils n'ont pas parlé non plus du soutien de l'Iran à des mouvements terroristes.
09:38Ce n'était pas au menu.
09:39Il reste le nucléaire.
09:40Et là, il s'est passé quelque chose d'intéressant à Téhéran hier.
09:44C'est que le président iranien a dit, nous, on gardera le droit d'enrichir.
09:48Mais on veut bien que les inspecteurs de l'agence internationale reviennent en Iran.
09:54Alors, ces inspecteurs...
09:55Moi, j'ai vu les déclarations de son directeur, qui est un Italien, qui s'appelle Grossi.
10:00Et Grossi, il dit, on a perdu 450 kilos d'uranium très enrichi à 60% de quoi faire 12
10:07bombes atomiques.
10:08Et on ne sait pas où c'est cet uranium, donc on vient le savoir.
10:11Là-dessus, les Iraniens ne disent rien.
10:13On ne sait pas.
10:15Ce que l'on peut craindre, c'est que pour l'instant, l'Iran fait un sans-faute.
10:19Tant qu'on négocie, on ne tape pas.
10:21Et on négocie sur ce qui ne les intéresse pas du tout.
10:25C'est-à-dire la situation intérieure, les missiles, tout ça.
10:27C'est hors négociation.
10:28Et sur le nucléaire, ils en sont revenus à leur jeu, qu'ils tiennent depuis au moins une vingtaine d
10:33'années,
10:34qui consiste à tirer sur l'élastique.
10:36Et pendant ce temps-là, on enrichit et on fabrique de l'uranium enrichi,
10:39qui est d'ailleurs paumé, puisqu'on ne sait pas où il est.
10:42C'est vrai que ça fait 20 ans qu'ils balèdent les agents de l'AIEA.
10:44Ah, complètement.
10:45Et de fond, ils sont très sophistiqués, les Iraniens.
10:47On voit cet armement-là.
10:49Alors ça, c'est les missiles qui sont tombés sur Israël.
10:52Mais il faut savoir que certains d'entre eux peuvent déjà atteindre l'Europe.
10:54Donc c'est vraiment un sujet majeur que cette affaire de missiles.
10:58Et pour l'instant, tant que ce gouvernement est en place, on aura un problème grave.
11:02Alors, question, est-ce que Netanyahou va réussir à convaincre Trump de passer à la phase militaire ?
11:08Il y a des gens qui poussent aussi à ça au Sénat américain.
11:12Le problème, c'est que ce n'est pas simple de changer de régime à Téhéran par des bombardements aériens.
11:17Il faut encore que le peuple se soulève, qu'il soit uni, qu'il ait des solutions.
11:21Et qu'il n'est pas armé du tout.
11:23Il n'y a pas d'armes.
11:24On n'est pas dans une situation de guerre civile, comme il y a par exemple en Germanie depuis des
11:30années,
11:30où il y a une junte militaire et puis vous avez des gens qui se battent.
11:33Là, il n'y a rien.
11:34Il y a une population civile qui a été délibérément massacrée.
11:38Ce qu'on a appris récemment et qui est glaçant, c'est qu'au mois de décembre,
11:43quand ils ont vu que la révolte cette fois-ci était sérieuse,
11:46qu'on en appelait à la mort du guide Khamenei,
11:49alors ils ont pris des décisions pour organiser la mort des civils en mobilisant des repris de justice,
11:56en faisant venir des étrangers, en donnant des techniques de combat pour tuer les gens le maximum
12:02et ensuite cacher les morts.
12:04Et c'est ce qui s'est passé.
12:05Donc c'est vraiment une tuerie à très grande échelle qu'ont fait les Iraniens et qui continue d'ailleurs.
12:10Alors on va surveiller attentivement ce qui va se passer dans les prochaines heures
12:13parce qu'il y a une accélération visiblement des manœuvres militaires américaines.
12:17Ça va être crucial.
12:18Quelques coups de gueule avant de finir.
12:21Le premier coup de gueule, il est lié à ce que je viens de vous dire sur l'étendue des
12:24morts en Iran.
12:26Hier ou avant-hier, le président israélien Isaac Herzog était en voyage officiel en Australie.
12:34Eh bien en Australie, que croyez-vous qu'il s'est passé ?
12:35Il y a eu d'énormes manifestations palestiniennes et anti-israéliennes en Australie.
12:41Alors qu'il y a eu cet attaque terroriste.
12:43Alors qu'on est en plein massacre du peuple iranien.
12:46Personne ne bouge.
12:47C'est très choquant de voir que Al Jazeera, la chaîne qui couvrait Gaza 24-24, la BBC aussi,
12:55sont absolument inexistantes en Iran.
12:57Il n'y a aucune image sauf celle du gouvernement iranien.
13:01Aucune mobilisation en dehors de l'Iran pour aider le peuple iranien.
13:05C'est vraiment choquant.
13:07C'est comme si on disait à ces 90 millions de personnes, vous ne nous intéressez pas.
13:11Un peu comme il y a au Soudan aussi.
13:13Tant que les musulmans tuent les musulmans, personne ne s'en mêle.
13:16Sans doute par crainte d'être accusé d'islamophobie.
13:20Mais je trouve ça absolument choquant de voir que le président israélien arrive en Australie.
13:25C'est très loin du Proche-Orient.
13:27Il y a eu, il y a six semaines, un massacre antisémite à Bondi Beach, organisé par deux Pakistanais immigrés
13:35en Australie.
13:36Et qu'est-ce qui se passe ?
13:37Les Australiens prennent fait des causes pour les Palestiniens pendant que l'Iran se fait massacrer.
13:41Moi, ça me gêne profondément.
13:43Autre sujet, et coup de gueule quand même, c'est l'Espagne qui va régulariser 500 000 sans-papiers.
13:48C'est l'œuvre du gouvernement de Pedro Sanchez.
13:50Et ça aura des conséquences pour nous.
13:53Pedro Sanchez, il faut le savoir, il est l'objet de je ne sais combien de poursuites judiciaires sur lui
13:58et surtout sur son épouse.
13:59Il y a des scandales dans tous les sens dans le Parti Socialiste espagnol qui survit parce que les institutions
14:04sont comme ça en Espagne.
14:06Donc comment est-ce qu'il fait pour gagner du temps ?
14:08Là, il a décidé de prendre la tête en Europe du mouvement pro-immigration.
14:12Il a dit que tout immigré illégal en Espagne, avant le 31 décembre, qui avait 5 mois de présence en
14:24Espagne,
14:25où tout demandeur d'asile est éligible à des papiers.
14:28Donc il va y avoir un demi-million de migrants espagnols, enfin, de migrants en Espagne,
14:35avec des papiers espagnols qui vont pouvoir se balader dans toute l'Europe et naturellement finir probablement ici en France
14:42où l'aide sociale et médicale est bien plus généreuse.
14:45Donc on va se les payer, si j'ose dire.
14:48Merci Sanchez.
14:49Alors, de façon très intéressante, je n'ai pas entendu une voix, ni de socialiste français pour dire quand même
14:55qu'il y a un problème,
14:56ni de conservateur français.
14:58Oui, la classe politique, elle est silencieuse.
15:00Alors que c'est complètement contraire aux règles européennes, la libre circulation va jouer à plein.
15:05Dès lors qu'ils sont régularisés, ils vont pouvoir aller d'un pays à l'autre et travailler ailleurs et
15:09s'installer ailleurs.
15:10Donc si l'Espagne devient une porte d'entrée supplémentaire, ce n'est pas 500 000 qu'on va voir,
15:15c'est des millions et des millions.
15:16Donc c'est très grave ce qui se passe.
15:18Et ce qui est consternant, c'est le silence complet des Européens qui préfèrent parler avec Mario Graghi ou je
15:23ne sais quoi,
15:24plutôt que de ce sujet qui est éminemment majeur dans notre continent.
15:28Alors les Européens, ils ne sont pas silencieux sur tout et ça c'est quand même une lueur d'espoir
15:32parce qu'à la fois Jean-Noël Barraud et on l'a appris aujourd'hui Berlin,
15:35demandent la démission de Francesca Albanese, rapporteure spéciale de l'ONU sur la Palestine.
15:41Peut-être préciser qui est cette femme et quels sont ses faits d'armes si je puis dire.
15:47Alors cette femme c'est une chercheuse, c'est au départ une chercheuse universitaire,
15:51avec un mari qui lui-même était universitaire, économiste, qui lui est devenu, figurez-vous, conseiller économique de l'autorité
15:59palestinienne.
15:59Il est italien également et elle, elle est devenue, c'est une militante qui a beaucoup écrit sur la Palestine
16:06et qui s'est fait embaucher comme rapporteur spécial des Nations Unies sur la Palestine
16:11et qui multiplie les mises en accusation.
16:14La dernière en date par visio sur la chaîne Al Jazeera justement, lors d'un colloque à Doha,
16:20c'était de déclarer qu'Israël était une menace pour l'humanité tout entière.
16:25Alors évidemment ça, juste titre, déclenche une réaction côté français
16:28et pour une fois je suis entièrement d'accord avec Jacques, non pas Jacques, c'était le père,
16:34avec Jean-Noël Barraud, j'ai bien connu le père, qui était très sympa.
16:39Le fils moins, mais le fils pour une fois prend une bonne décision
16:42qui est de demander la démission de cette dame de son poste à l'ONU.
16:46Parce que là, il s'agit littéralement d'une escalade, en fait dans l'antisémitisme.
16:53Quand vous dites Israël est un danger pour le monde entier, pour l'humanité,
16:56on est en train de désigner le juif une nouvelle fois comme la cause de tous les uns,
17:01comme le bouc émissaire de tout ce qui ne va pas dans l'humanité.
17:04Vous vous rendez compte ? C'est gravissime.
17:06L'Europe, en tout cas, la France et l'Allemagne sonore ont demandé la même chose,
17:10mais est-ce que ça a une chance de porter ?
17:12Est-ce que leur voix porte aujourd'hui et peuvent faire infléchir l'ONU sur une décision pareille ?
17:17Je n'en sais rien, ce que je sais, c'est qu'il y a quand même des...
17:20Quand on connaît l'ONU d'un peu près, qu'on regarde des multiples organismes,
17:24qu'il y a des sous-organismes...
17:25Il y en a un, par exemple, sur la condition féminine,
17:28qui, tenez-vous bien, contient l'Iran, le Pakistan et l'Arabie Saoudite,
17:34qui sont tous des grands amis, naturellement, de la cause féminine.
17:37Donc quand on voit des choses pareilles,
17:39où on a vu aussi la commission des droits de l'homme
17:41tenue par les pays les plus autoritaires, répressifs du monde oriental,
17:47voilà, on peut avoir quelques doutes.
17:49Au nom de quoi ? De l'inclusion, de la représentativité de ces pays sur la scène internationale ?
17:54Comment on réfléchit à l'envers ?
17:56C'est simplement les voix, les voix qu'on achète.
17:59Vous savez, il y a un endroit où on achète tout le monde,
18:01c'est la buvette de l'ONU.
18:02Tous les diplomates qui ont été basés à l'ONU vous diront que c'est là qu'on organise les
18:06votes.
18:07D'ailleurs, c'est un de nos problèmes à nous, depuis qu'on a été chassés d'Afrique,
18:10c'est qu'on a perdu un paquet de voix.
18:12Et quand on avait besoin de faire passer une résolution, on comptait sur ces voix.
18:17Maintenant, elles sont entre les mains des Chinois, beaucoup, et des Russes.
18:22On s'est aperçus pendant la guerre d'Ukraine, par exemple,
18:25que le gros de l'opinion mondiale représentée par ces 190 pays
18:29n'était pas d'accord avec nous sur l'Ukraine.
18:32Merci beaucoup, Pierre.
18:33C'est tout le temps qui nous restait pour cette émission, en tout cas.
18:36Merci.
18:36On se retrouve la semaine prochaine.
18:37On verra comment les choses évoluent, évidemment, avec l'Iran.
18:39Parce qu'il y a, on le rappelle, c'est un peu l'information de dernière minute sur la scène
18:42internationale,
18:43c'est cette deuxième armada américaine qui fait route vers le Golfe.
18:46pour mettre la pression un peu plus sur Téhéran.
18:48Mettre la pression, mais encore une fois, je ne suis pas trop sûr que les Américains
18:52aient envie de rentrer dans des bombardements massifs,
18:55qui n'auront pas un effet, probablement pas un effet immédiat,
18:58en tout cas compte tenu de l'équilibre des forces sur le terrain.
19:00Merci.
19:01Et je vous dis à la semaine prochaine.
19:02Dans un instant, Punchline.
19:04Et demain, vous serez avec Julien Pasquet.
19:05Excellente fin d'après-midi sur notre antenne.
19:07Merci.
19:09Merci.
19:09Merci.
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