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  • il y a 4 minutes
Emmanuel Le Roux, directeur général de Bull, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce jeudi 2 avril. Ils sont revenus sur l'acquisition d'advanced computing d'Atos par l'État, et expliqué les activités de Bull, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Notre invité ce matin, c'est Emmanuel Leroux. Bonjour, vous êtes le directeur général de Bulle.
00:05Ça y est, désormais le groupe est 100% public. L'État a fait l'acquisition d'Advance Computing d
00:11'Atos.
00:12Ça va reprendre le nom de Bulle. C'est déjà ultra symbolique.
00:16Vous allez nous expliquer l'activité dans un instant, mais ce sont des super calculateurs de l'intelligence artificielle du
00:22quantique
00:22repris pour 400 millions d'euros et quand même une nouvelle étape, une renaissance pour Bulle.
00:27Bonjour. Oui, en effet, c'est une renaissance. La société Bulle a été rachetée par Atos il y a un
00:34peu plus de 10 ans.
00:35Et donc, la société en tant que telle avait disparu. Le nom Bulle était gardé dans nos produits, mais la
00:39société avait disparu.
00:41Dans le cadre de ce rachat par l'État, on a effectivement souhaité relancer la marque et recréer Bulle.
00:49Donc, c'est une société qui, aujourd'hui, fait à peu près 700 millions de chiffres d'affaires.
00:54On a 3000 collaborateurs, dont la moitié en France. Et donc, c'est une société en pleine croissance
00:59et avec une activité qui, comme vous l'avez dit, concerne les super calculateurs, la simulation, l'intelligence artificielle et
01:08également le quantique.
01:09Donc, pour ceux qui connaissaient Bulle avant que ça soit racheté par Atos, c'est quand même un symbole de
01:14l'informatique français.
01:16Il y avait donc IBM et Bulle, très symbolique. Ce nom parle dans le monde entier.
01:21Qu'est-ce qu'il reste du Bulle d'avant d'aujourd'hui ? Ça n'a plus rien à
01:24voir ?
01:24C'est très différent. C'est très, très différent. On s'est spécialisés depuis une vingtaine d'années sur les
01:29super calculateurs
01:30qui accompagnent la recherche, qui accompagnent le commissariat à l'énergie atomique et également le CEA
01:36pour tout ce qui est simulation nucléaire. Et puis, on travaille avec un certain nombre de sociétés également
01:42pour les accompagner dans leur recherche. Donc, on fait des très gros systèmes informatiques
01:46qui permettent de faire cette simulation, qui permettent de...
01:49Mais c'est très précis. C'est-à-dire, par exemple, sur la simulation nucléaire,
01:52vous n'êtes pas un super calculateur généraliste. Vous faites des activités précises.
01:56Alors, on a démarré par la simulation nucléaire, mais on s'est généralisé depuis quelques années.
02:00On travaille sur la météo, par exemple, toute la prévision météorologique, toute la prévision climatologique.
02:08C'est-à-dire, plusieurs dizaines d'années. On travaille également avec des industriels.
02:11Par exemple, aujourd'hui, les fabricants de voitures ne font pas des crash tests avec des dizaines de voitures.
02:17Ils font beaucoup de simulations avec nos systèmes et ensuite vont valider la simulation avec un crash test.
02:22Donc, ça permet de ralentir et de réduire le temps de développement des produits.
02:27Donc, on travaille avec des industries, on travaille avec la météo, on travaille évidemment toujours avec le CEA.
02:32Et puis, on travaille de plus en plus sur l'intelligence artificielle,
02:36puisqu'il se trouve que ces super calculateurs sont essentiels pour entraîner les fameux modèles d'IA.
02:41On a besoin de beaucoup de puissance de calcul et donc, on utilise à peu près les mêmes technologies maintenant
02:46pour l'intelligence artificielle.
02:47Mais, ce qu'il faut comprendre du rachat de l'État, si on considère que vous étiez stratégique,
02:52c'est moins pour l'activité automobile que pour la question du nucléaire.
02:55Vous êtes le seul à pouvoir simuler des essais nucléaires qu'on ne fait plus dans la réalité depuis les
03:01années 90.
03:02Exactement. C'est un problème qu'on a démarré avec le CEA il y a un peu plus de 20
03:04ans, 25 ans.
03:06On a livré 6 calculateurs depuis ces 25 ans.
03:11On a multiplié par plus de 500 000 la puissance de la machine entre la première et la dernière qu
03:17'on a livré l'année dernière.
03:18Et on a cette volonté de continuer évidemment avec le CEA dans les prochaines années, à la fois sur la
03:25partie calculateur classique,
03:27mais également introduire de plus en plus de quantiques dans nos calculateurs.
03:31L'avenir du calcul, c'est aussi cette prochaine machine qui va avoir le nom d'Alice Rococq.
03:36C'est l'informaticienne. Elle va servir à quoi ? Et qu'est-ce que vous, vous allez faire dessus
03:40?
03:40Alors, c'est une informaticienne qui a travaillé chez Bull, d'ailleurs, dans les années 70.
03:44Parce que Bull est quand même une entreprise qui a 100 ans.
03:47Exactement. Presque 100 ans. On a été créé en 1931. Donc, on est à 95 ans.
03:52Mais donc, Alice Rococq, c'est effectivement le prochain système qui s'appelle un Exascale.
03:57C'est les plus gros systèmes qui existent au monde. On en a déjà déployé un l'année dernière en
04:01Allemagne qui s'appelle Jupiter.
04:02C'est un système qui regroupe un très, très grand nombre de processeurs, 24 000 GPU pour Jupiter du fabricant
04:10Nvidia aux Etats-Unis.
04:13Alice Rococq va avoir une architecture beaucoup plus souveraine, beaucoup plus européenne, avec beaucoup plus de composants que nous fabriquons.
04:21Donc, Alice Rococq, ça va être un calculateur qui va être un Exascale, c'est-à-dire un calculateur qui
04:26fait 1 milliard de milliards d'opérations par seconde.
04:29C'est ce qui existe le plus dans le monde. Il y en a 3 aux Etats-Unis, il y
04:33en a 2 en Europe, et on est 2 dans le monde à être capable de faire ce type de
04:37machine.
04:37Et ça sert à quoi ?
04:39Alors, ça sert à faire de la science, principalement. Par exemple, de simuler le cerveau, de faire un jumeau numérique
04:47du cerveau,
04:47et d'être capable de comprendre la dégénérescence, les maladies que l'on voit, et de comprendre, et de pouvoir
04:54adapter les traitements pour pouvoir essayer de résoudre ces maladies.
04:57Ça permet de faire de la climatologie, non pas sur 10 ans, mais sur 30 ans, 40 ans, et d
05:03'essayer d'anticiper l'évolution du climat.
05:05Ça permet de faire de l'entraînement de modèles pour la science, avec du modèle en utilisant plusieurs langues,
05:12avec un très très grand nombre de documentaires et de documentations scientifiques,
05:16qui vont être intégrées dans ces modèles et qui vont être utilisées par l'IA pour la science, partout en
05:21Europe.
05:22Quel est votre rôle aujourd'hui dans le développement des data centers ?
05:25Vous apportez quoi précisément ?
05:27Et est-ce que vous avez l'impression qu'en France, on accélère vraiment ?
05:30On a vu des projets qui ont été arrêtés ces derniers temps. Est-ce que vous êtes optimiste ?
05:34Alors, on est très très optimiste.
05:36On a une activité, nous, qui est en pleine explosion depuis deux ans,
05:40sur l'activité historique, mais également sur l'activité des data centers autour de l'IA.
05:46En Europe, on est en train de rattraper le retard qu'on avait à travers un programme qui s'appelle
05:53les AI Factories,
05:54les fameuses usines d'IA.
05:56Donc, on est aujourd'hui en train de déployer un certain nombre d'usines d'intelligence artificielle.
06:01Demain, il y a de nouveaux programmes qui s'appellent des Gigafactories,
06:04qui vont être 10 à 15 fois, 20 fois plus grosses que les data centers.
06:08Et vous, là-dedans, vous fournissez quoi ?
06:11On peut fournir l'ensemble du data center.
06:13Par exemple, pour l'exasquel que l'on a déployé en Allemagne, au centre de Ulich,
06:19on est arrivé, il y avait une dalle de béton.
06:22Là, vous livrez le data center.
06:24Voilà, on avait une prise électrique et une prise d'eau, puisqu'on refroidit tout avec de l'eau chaude.
06:28Et donc, on a mis des containers dans lesquels on a mis des machines,
06:32et on a fait l'ensemble du data center.
06:35En même temps qu'on fabriquait la machine, on déployait la machine,
06:38on a déployé le data center avec.
06:40Donc, on est capable de faire l'ensemble, du data center jusqu'à l'équipement.
06:44Évidemment, il y a d'autres clients qui ont des data centers en dur,
06:47et on va équiper la partie computing, et puis également la partie de stockage de données.
06:53Quand on voit aujourd'hui à quel point on a besoin de capitaux dans le développement de l'IA,
06:57il y avait encore une levée de fonds d'OpenEye hier,
06:59est-ce que c'est bien d'être 100% public ?
07:03Est-ce que c'est un atout ou est-ce que c'est un désavantage ?
07:05Alors, nous, on est convaincus que c'est un atout.
07:09Nos clients prennent des engagements sur 5 à 7 ans.
07:13Donc, ils ont un souci, c'est de la pérennité,
07:17et la garantie que nous allons pouvoir continuer à investir.
07:20C'est une activité qui est très forte en termes d'investissement R&D,
07:23qui demande des capitaux importants, qui demande une stabilité importante.
07:27Et donc, l'État va nous apporter cette stabilité.
07:29On a aussi des partenaires industriels avec qui nous travaillons,
07:33qui nous permettent d'innover en permanence.
07:35Donc, cette stabilité et cette pérennité,
07:38c'est pour nous fondamental dans notre activité.
07:40Ça va nous permettre de nous transformer,
07:42pour être encore plus pérennes et pertinentes dans le monde de l'intelligence artificielle.
07:47Et puis, on a également des technologies qui sont très spécifiques à l'Europe, je pense,
07:53qui sont l'efficacité énergétique.
07:55Donc, on a aujourd'hui les calculateurs qui sont les plus efficaces énergétiquement,
08:00il y a un classement qui s'appelle le Green 500,
08:03qui prend les plus gros calculateurs au monde,
08:05et qui regarde la performance par watt,
08:06et non pas uniquement la performance pure.
08:08Et on a la position numéro 1, 2 et 3 de ce classement.
08:12Donc, faire des calculateurs avec beaucoup d'innovation,
08:15et puis en plus qui sont raisonnables, c'est important.
08:18Comment vous sortez-vous de la crise d'Atos,
08:21avec les 3000 salariés que vous emmenez avec vous ?
08:25Vous vous en sortez rincé, vous vous dites enfin c'est terminé,
08:27ça a été long, on ne sait pas si ça va fonctionner,
08:31mais ça a été compliqué quand même.
08:33Alors, pour nous, ça a été beaucoup moins compliqué que pour le reste du groupe.
08:37En 2025, on a fait 16% de croissance,
08:40on était aussi en croissance en 2024,
08:42donc on a une croissance continue depuis plusieurs années,
08:46donc on ne sort pas du tout rincé,
08:47on sort plutôt plein d'énergie,
08:50vraiment motivé par ce nouveau chapitre qu'on ouvre.
08:52on a un actionnaire qui nous accompagne,
08:57et qui va nous accompagner dans les prochaines années.
08:59Donc non, nous on n'a pas souffert de cette période d'Atos,
09:02au contraire, ça nous a permis de nous développer à l'international,
09:05ça nous a permis aussi de prendre la vague de l'IA,
09:08et de croître de façon forte dans les dernières années.
09:10Merci beaucoup Monelle Roux d'être venue ce matin dans la matinale de l'économie.
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