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La commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, créée à la demande du groupe d'Éric Ciotti (Union des droites pour la République), poursuit ses travaux. Le 30 mars, les députés auditionnent Michel Drucker, présentateur sur France Télévisions, ainsi que Patrick Sébastien et Jacques Cardoze, anciens présentateurs sur les antennes du groupe. Retrouvez?les temps forts de leurs échanges, à quelques jours de la fin des travaux des députés.

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Transcription
00:00:01Générique
00:00:08Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de La Séance est ouverte.
00:00:12Nous sommes le mardi 31 mars et la commission d'enquête sur l'audiovisuel public
00:00:16auditionne des présentateurs ou des anciens présentateurs sur France Télévisions.
00:00:20Michel Drucker, Patrick Sébastien et Jacques Cardoz, regardez.
00:00:24Vous êtes tous les droits des visages bien connus des Français.
00:00:27Je vais vous présenter par ordre alphabétique.
00:00:30J'indique simplement que David Pujadas devait être auditionné au sein de cette table ronde,
00:00:35ce qui nous aurait permis d'entendre deux figures de l'information et deux figures du divertissement.
00:00:40Mais en raison de contraintes d'agenda impérieuses, j'ai accepté qu'il soit auditionné dans le cadre de la
00:00:46table ronde précédente.
00:00:48Monsieur Jacques Cardoz, beaucoup de Français l'ignorent sans doute,
00:00:51mais vous avez connu une première carrière de danseur professionnel, m'indique-t-on,
00:00:56avant de vous consacrer au journalisme, journaliste sportif sur France Inter, puis sur France 2.
00:01:01Vous devenez reporter, notamment chargé de la politique étrangère.
00:01:05Vous êtes devenu par la suite chef adjoint du service étranger de France 2,
00:01:08puis successivement directeur des bureaux de Londres et de Washington entre 2009 et 2018.
00:01:14De septembre 2018 à juin 2021, vous êtes à la fois le présentateur
00:01:18et le rédacteur en chef du magazine Complément d'enquête,
00:01:21l'un des magazines d'investigation phare de France Télévisions.
00:01:25Après avoir quitté France 2 en juin 2021,
00:01:28vous devenez directeur de la communication du club de football de l'Olympique de Marseille.
00:01:32En septembre 2023, vous devenez chroniqueur de l'émission « Touche pas à mon poste »,
00:01:36expérience qui aura duré un an.
00:01:39Vous avez indiqué ne jamais avoir subi de pression de la part de la direction de France Télévisions
00:01:44lorsque vous dirigez Complément d'enquête,
00:01:46mais avoir rencontré des difficultés à imposer des émissions sur certains thèmes.
00:01:49Vous avez par ailleurs accusé France Télévisions d'avoir retiré toutes vos émissions du site France.tv,
00:01:55de vous avoir cancellés, je vous cite.
00:01:57Nous reviendrons sur ces propos et ces accusations que vous portez.
00:02:01Sur C8, vous aviez préparé une émission baptisée « Enquête complémentaire »
00:02:05destinée à dévoiler les coulisses de France Télévisions qui n'a jamais été diffusée.
00:02:11Vous y reviendrez peut-être.
00:02:13Monsieur Michel Drucker, est-il besoin de vous présenter ?
00:02:16Vous qui êtes devenu, depuis vos débuts au sein de l'ORTF, Rue Cognac-Jet,
00:02:21sans doute l'un des hommes de télévision les plus connus de France.
00:02:24Vous avez commencé votre carrière comme journaliste sportif
00:02:26avant de devenir animateur de variété pour l'émission « Tilt » en 1966.
00:02:31Il est impossible de résumer en quelques phrases plus de 60 ans de télévision et de radio,
00:02:37mais qu'il suffise de citer l'emblématique émission « Champs-Elysées »,
00:02:40qui n'a pourtant duré que 8 ans,
00:02:43avant une reprise entre 2010 et 2013,
00:02:45pour que l'on comprenne à quel point vous aurez définitivement marqué le paysage audiovisuel français.
00:02:50Des émissions comme « Studio Gabriel » ou comme « Vivement dimanche »,
00:02:54puis « Vivement dimanche prochain » sur France 2, puis sur France 3,
00:02:57sont également devenus au fil du temps des rendez-vous incontournables,
00:03:00rythmant la vie de millions de Français,
00:03:02qui peuvent compter à la fois sur votre capacité à découvrir et à mettre en valeur de nouveaux talents,
00:03:08ainsi qu'à rendre hommage aux artistes les plus confirmés.
00:03:10Vous avez fait durant votre carrière un court passage à TF1 de 1990 à 1994,
00:03:15avant de revenir à France Télévisions.
00:03:17Vous avez également animé des émissions sur RTL et Europe 1.
00:03:20Vous êtes producteur.
00:03:22En 2000, vous avez vendu votre société de production,
00:03:24DMD Productions, au groupe Studio Expand,
00:03:26filiale du groupe Canal+.
00:03:27On m'indique que vous auriez récupéré la gestion de votre société en 2004.
00:03:31Vous nous direz qu'elles sont l'étendue et le périmètre de vos activités de producteur.
00:03:36Vous avez indiqué récemment être attaché à un audiovisuel public fort, à côté du privé.
00:03:41Je vous cite, je dois toute ma carrière au service public.
00:03:43Ça fait 63 ans que je fais de la télévision, de presque 58, sur le service public.
00:03:49Monsieur Patrick Sébastien, vous êtes également un visage important du paysage audiovisuel français.
00:03:55Vous êtes un homme aux mille vies, imitateur, humoriste, acteur, réalisateur, metteur en scène, chanteur, auteur, compositeur.
00:04:01On me dit aussi poète et écrivain.
00:04:03En tout cas, vous êtes producteur et animateur d'émissions de divertissement à la télévision.
00:04:08Vous, ce n'est pas le football, mais le rugby, puisque vous avez été ancien joueur et ancien dirigeant de
00:04:13club.
00:04:14Vous avez animé et produit de nombreuses émissions de variété et de divertissement.
00:04:18Sur TF1, les émissions Sébastien Séfou ou Le Grand Bluff ont fait votre notoriété.
00:04:22Le Grand Bluff a même battu le record d'audience, toute chaîne, tout programme et toute époque confondue,
00:04:27avec 17,5 millions de téléspectateurs, soit 74% de parts de marché.
00:04:33Sur le service public audiovisuel, et plus particulièrement sur France 2,
00:04:37vous avez notamment animé et produit, avec votre société de production Magic TV,
00:04:41le plus grand cabaret du monde de 1998 à 2019.
00:04:45Le plus grand cabaret du monde était une émission populaire.
00:04:48Apprécié de nombreux Français, qui a mis en lumière des arts parfois négligés par la télévision publique comme privée.
00:04:55Vous avez également animé et produit les années Bonheur.
00:04:58Vous avez indiqué avoir été victime, je vous cite, d'une dictature idéologique.
00:05:02Je vous laisserai revenir sur les conditions et les raisons de votre départ de France Télévision.
00:05:08Je vous remercie tous les trois d'avoir bien voulu répondre à ma convocation et de répondre aux questions du
00:05:14rapporteur
00:05:14et des députés membres de cette commission d'enquête, que je remercie de leur présence.
00:05:19Mais avant de vous céder la parole pour un propos liminaire de cinq minutes chacun,
00:05:25je vous remercie de nous déclarer tout autre intérêt public ou privé de nature à influencer vos déclarations.
00:05:29Et je vous rappelle qu'au terme de l'article 6 de l'ordonnance du 17 novembre 1958,
00:05:34relative au fonctionnement des assemblées parlementaires,
00:05:37toute personne auditionnée par une commission d'enquête doit prêter serment, dire la vérité,
00:05:41toute la vérité, rien que la vérité.
00:05:42Je vais donc vous inviter chacun à tour de rôle, à lever la main droite et à dire, je le
00:05:47jure.
00:05:47Monsieur Drucker.
00:05:50De toute façon, c'est la main gauche, mais ce n'est pas grave.
00:05:55Merci.
00:05:56Je le jure.
00:05:57Merci.
00:05:58Et je vous laisse la parole.
00:06:00J'ai indiqué par ordre alphabétique.
00:06:01Donc, monsieur Cardo, je vous laisse commencer pour cinq minutes.
00:06:05D'abord, merci à tous de nous donner l'accès à cette parole publique
00:06:10et de vous interroger sur la neutralité du service public.
00:06:14Vous savez que c'est une question que j'ai eue à traiter après mon départ de France Télévisions.
00:06:20Je vais vous raconter un petit peu.
00:06:21Je pense que ce qui est intéressant, c'est que je raconte pourquoi je suis là, dans mon propos liminaire.
00:06:27Moi, j'ai débuté.
00:06:28J'ai eu la chance de rentrer à France Télévisions en 1995,
00:06:31d'être coaché par des gens que vous venez de recevoir,
00:06:34des gens comme Arlette Chabot, Benoît Duquenne, malheureusement,
00:06:37qui a disparu, qui était mon premier chef de service.
00:06:40Et qui m'ont tout appris.
00:06:41Donc, vous l'avez dit, j'ai été reporter de terrain.
00:06:43J'ai été envoyé à droite, à gauche sur absolument tout ce qui devait être couvert
00:06:47dans le journal de 13h et dans le journal de 20h.
00:06:49J'ai été correspondant à Marseille ensuite.
00:06:52J'ai beaucoup couvert des événements en Corse.
00:06:54Puis ensuite, des conflits.
00:06:59Je suis parti en Irak, je suis parti au Liban.
00:07:01J'ai risqué ma peau.
00:07:03Et on le fait, je crois, quand on est reporter, je le dis avec le sourire,
00:07:07parce que quand on est reporter, on le fait uniquement par passion.
00:07:11On ne le fait pas en se disant « j'aime le danger ».
00:07:14On a juste envie de raconter ce qui peut se passer sur le terrain,
00:07:17et quel que soit le terrain.
00:07:18Donc, j'ai été très heureux de cette vie.
00:07:20Et moi, je considère que France Télévisions m'a tout donné.
00:07:23Et je ne retire rien des propos que vous citiez tout à l'heure,
00:07:26à mon départ, lorsque j'ai dit, donc en 2021, que je n'avais pas subi de pression,
00:07:31parce que je pense que les choses sont bien plus complexes que ça.
00:07:34Et on va, j'imagine, y revenir.
00:07:37Mais en un mot, oui, j'ai eu une carrière rêvée,
00:07:40parce que je n'imaginais pas pouvoir...
00:07:42En réalité, quand j'étais petit, je rêvais,
00:07:44je voyais des gens comme Jean-Loup Demigneux, Patrick Bourat,
00:07:47dont certains se souviennent,
00:07:48et qui étaient correspondants à Washington, à Moscou.
00:07:51Et moi, je rêvais de ces visages-là.
00:07:54Et donc, j'ai vécu cette vie-là.
00:07:56J'ai été 4 ans à Londres, 5 ans à Washington.
00:07:58Et malheureusement, à la 5e année, mon chef de service m'a dit,
00:08:01tu as vécu tes plus belles années.
00:08:02Maintenant, il va falloir que tu rentres.
00:08:03Parce qu'il y a une règle non écrite,
00:08:05qui dit que lorsqu'on est correspondant aux États-Unis,
00:08:07ou à Londres, ou ailleurs, on fait son temps.
00:08:10Ça aussi, ça fait partie des choses qui existent dans la tête de certains,
00:08:13mais qui sont écrites nulle part.
00:08:15Mais bon, à France Télé, il y a une règle.
00:08:16Donc moi, je l'avais déjà très mal vécu, ça.
00:08:19Parce qu'on ne pouvait pas à la fois me dire que j'étais un excellent reporter
00:08:21et que c'était formidable d'avoir vécu tout ça avec moi,
00:08:24mais qu'en même temps, il fallait que je rentre.
00:08:25J'avais du mal à le comprendre.
00:08:27Bref, en tous les cas, à ce moment-là, on me propose
00:08:29un complément d'enquête que je n'imaginais pas non plus dans ma carrière.
00:08:32Il se trouve que le hasard a fait que Thomas Soto a annoncé son départ.
00:08:35Et le lendemain, je me suis porté candidat.
00:08:39Et voilà, j'ai eu la chance d'incarner, de présenter cette émission.
00:08:44Et je vais directement au but, parce que je pense que c'est ça qui vous intéresse.
00:08:48Cette émission, moi, j'ai considéré que c'était la plus belle du PAF.
00:08:52Je considérais qu'il n'y avait pas meilleur outil.
00:08:54Et à partir du moment où j'ai été nommé dans cette émission,
00:08:57je me suis dit, mais tu ne peux pas rêver mieux, en fait.
00:08:59Tu vas avoir un pouvoir très important, y compris sur vous, sur la vie politique.
00:09:05Un pouvoir d'enquête qui fait que ni la présidence, ni la direction de l'info, ni personne,
00:09:11parce qu'on pourrait leur reprocher, va venir te chercher des poux dans la tête.
00:09:18Et malheureusement, en réalité, l'expérience, je dirais, elle a été contrastée.
00:09:25J'ai vécu de très beaux moments, mais j'ai aussi dû être extrêmement confronté
00:09:29à une équipe qui, parfois, n'était pas toujours d'accord avec les choix.
00:09:36Et j'ai compris, au fil du temps, que les choix allaient un petit peu toujours dans le même sens.
00:09:41Alors, il y a ici des représentants de ce parti.
00:09:44Je vais redire ce que j'ai déjà dit.
00:09:45Une enquête sur Jean-Luc Mélenchon me paraissait, en 2018, absolument impérative.
00:09:50Lorsqu'on a un candidat à la présidence de la République qui dit « La République, c'est moi »
00:09:53et qui est de cette violence-là et qui manifeste cette violence devant les gens.
00:09:57Dans le même temps, alors que cette émission consacre des dizaines d'émissions à Nicolas Sarkozy,
00:10:03à toutes les personnalités de la droite, à quelques personnes de Parti Socialiste,
00:10:08et qu'il n'y a personne pour enquêter sur la France insoumise,
00:10:13je considère que ça fait partie et que c'est mon rôle de poser cette question-là.
00:10:18Donc, il y avait une règle à complément d'enquête qui était une règle,
00:10:21pas que j'ai créée, mais qui était celle de Baudin Duquenne, qui a disparu,
00:10:24qui a été le créateur de l'émission,
00:10:25qui était que le lundi, il y avait une réunion, une conférence de rédaction,
00:10:29et qu'à travers cette conférence de rédaction, tout le monde s'exprimait
00:10:34et si, d'une certaine façon, la majorité ne l'emportait pas,
00:10:37l'émission ne se faisait pas.
00:10:38Et on a évoqué cette question-là à plusieurs reprises
00:10:42et ce qui m'a choqué, c'est d'entendre de la part d'une journaliste
00:10:44que ce n'était pas question, parce que la France insoumise faisait partie
00:10:48de ceux qui donnaient des dossiers à l'enquête, à l'émission,
00:10:52et que donc, on n'allait pas aller à l'encontre de nos intérêts.
00:10:58Et, ben oui, madame, vous savez,
00:11:01les liens entre le monde politique et les journalistes,
00:11:03ce n'est d'ailleurs rien de choquant,
00:11:05ce sont bien souvent les partis politiques qui donnent des dossiers
00:11:09et c'est ce qui nous permet d'enquêter derrière.
00:11:11Et c'est très bien, ce n'est pas du tout un reproche.
00:11:14En revanche, je considère qu'il y a un problème lorsque, journalistiquement,
00:11:19on oppose cela au présentateur et on oppose ça à la rédaction en chef
00:11:23au prétexte qu'il ne faut pas faire cette émission-là
00:11:25parce qu'on a des amitiés avec tel ou tel représentant de la LFI.
00:11:31C'est une anecdote parmi d'autres.
00:11:33Il y a eu d'autres freins, il y a eu d'autres freins,
00:11:35et j'imagine que j'ai déjà atteint mes cinq minutes,
00:11:36donc il y a eu d'autres freins sur des émissions consacrées à la violence,
00:11:41sur le communautarisme, sur un certain nombre de sujets
00:11:44sur lesquels c'était plus compliqué de faire ces sujets-là.
00:11:48Mais tout ça n'est pas incompatible avec ce que j'ai dit à l'antenne,
00:11:51contrairement à ce qui a été dit,
00:11:53et n'est pas incompatible non plus, je le redis,
00:11:56avec le fait qu'en 2023, je crois,
00:12:02le complément d'enquête a décidé de faire une émission
00:12:04sur les comptes de campagne de la LFI,
00:12:07qui remontait en réalité à des comptes de campagne de 2018.
00:12:10Donc ça n'était pas non plus une réponse à l'enquête
00:12:13que moi, que je voulais et que j'appelais de mes voeux,
00:12:16qui était juste un portrait, en fait.
00:12:17Un portrait comme on en a fait plein,
00:12:19sur des personnalités, y compris sur des industriels,
00:12:22qui n'est pas forcément un portrait noir, en plus.
00:12:24C'est un portrait dans lequel on contraste
00:12:26et on explique un petit peu d'où viennent les idées des uns et des autres,
00:12:29quelles sont les amitiés, quels sont les univers.
00:12:32Cette enquête, elle n'a toujours pas été faite.
00:12:33Moi, c'est...
00:12:34Voilà.
00:12:35Mais en tous les cas, je ne parle que de mes périodes,
00:12:37lorsque je critique, que les choses soient bien claires.
00:12:39Je ne parle que de ce que je connais,
00:12:40et en l'occurrence, de mes trois années à complément.
00:12:42Donc si vous voulez qu'on y revienne, on y reviendra.
00:12:44Mais je maintiens tout à fait tout ce que j'ai dit.
00:12:46Merci beaucoup.
00:12:47Et ne doute pas qu'on reviendra sur ce que vous appelez
00:12:50des thèmes sur lesquels vous ne pouviez pas enquêter
00:12:52ou pas comme vous l'auriez souhaité.
00:12:54J'imagine que le rapporteur ou les collègues,
00:12:55ils reviendront peut-être.
00:12:56Monsieur Drucker, je vous cède la parole.
00:12:59Monsieur le Président, monsieur le rapporteur,
00:13:01mesdames les députés, messieurs les députés,
00:13:04je suis heureux d'être là.
00:13:06Alors moi, j'ajouterais quelque chose à ce que vous avez dit,
00:13:09monsieur le Président.
00:13:11C'est que je suis le fils d'un médecin de campagne de Basse-Normandie.
00:13:14Nous avons ce point commun.
00:13:15Vous êtes député du Calvados 14,
00:13:17et moi, de Basse-Normandie.
00:13:21Et c'est vrai que j'ai grandi en train d'un énarque,
00:13:25Jean Drucker, qui me manque beaucoup,
00:13:27qui a créé M6,
00:13:29qui est le père de Marie Drucker,
00:13:31qui est une figure brillante du service public, elle aussi.
00:13:34Et je suis également le frère de Jacques Drucker,
00:13:37interne des hôpitaux, professeur de santé publique,
00:13:39qui a été le conseiller scientifique à l'ambassade de France à Washington
00:13:42pendant 10 ans,
00:13:44qui a fait partie de l'équipe qui a découvert le vaccin
00:13:46contre hépatite B,
00:13:47et qui est le père de Léa Drucker,
00:13:49qui vient d'être césarisé pour la deuxième fois,
00:13:52qui est une comédienne épatante.
00:13:55Alors, moi, je vais vous dire quelque chose.
00:13:57Je suis là pour vous dire que le service public,
00:13:59c'est ma vie.
00:14:00J'ai grandi dans le service public,
00:14:02dès 1964.
00:14:04J'y suis depuis 63 ans.
00:14:08Et j'ai tout appris.
00:14:10Et si j'insiste là-dessus,
00:14:12c'est que je suis moins un autodidacte,
00:14:15coincé entre un énarque et un éternel des hôpitaux.
00:14:18Et moi, je n'ai pas fait l'éna,
00:14:19j'ai fait l'ina.
00:14:20Voilà.
00:14:21J'ai fait l'ina.
00:14:22Et c'est vrai que je suis...
00:14:25J'ai raté mes études.
00:14:27Tout le monde le sait.
00:14:27Je suis un autodidacte complet.
00:14:28Je n'ai aucun diplôme.
00:14:30Je suis rentré à 18 ans dans ce métier de 19 ans
00:14:32car je voulais apprendre la vie dans la vie.
00:14:35Et j'ai eu un coup de foudre immédiat
00:14:37parce que j'avais déjà le goût des autres
00:14:39et le sens du public.
00:14:39Et depuis que vous interrogez
00:14:42la plupart des gens qui font notre métier,
00:14:46vous parlez de service public.
00:14:47Mais on n'a pas entendu beaucoup parler du public
00:14:50au cours des auditions.
00:14:52Ni du service.
00:14:53Et moi, j'ai toujours été au service du public.
00:14:55Parce que la télévision, le service public,
00:14:58c'est une mission.
00:15:00Et je m'y sens très à l'aise
00:15:02parce que j'ai toujours voulu
00:15:05tirer les gens par le haut.
00:15:07J'ai appris la musique classique
00:15:09grâce au grand échiquier de Jacques Chancel.
00:15:11Bernard Pivot m'a donné envie de lire.
00:15:13Et ils m'ont transmis beaucoup de choses.
00:15:15Tous mes maîtres.
00:15:17Et donc, lorsque j'ai commencé
00:15:19à prendre du galon,
00:15:20j'ai voulu transmettre
00:15:21et j'ai voulu mettre dans la lumière
00:15:23beaucoup de talents nouveaux.
00:15:25Ce qu'a fait également mon voisin de droite.
00:15:27Et donc, je suis fier de ça également.
00:15:30Je suis fier d'avoir mis dans la lumière
00:15:32Céline Dion, qui a eu 28 ans hier
00:15:34et qui a choisi, c'est pas un détail,
00:15:36le service public pour annoncer
00:15:37qu'elle faisait son retour
00:15:39après toutes ces années de douleur.
00:15:41Je suis très fier d'avoir découvert également
00:15:43beaucoup d'humoristes,
00:15:45beaucoup de chanteurs,
00:15:46beaucoup d'auteurs, de compositeurs,
00:15:49de beaucoup de cinéastes.
00:15:50Et je continue.
00:15:52Mon métier à moi,
00:15:53c'est de montrer aux gens
00:15:54ce qu'ils ont aimé.
00:15:55C'est mon devoir de mémoire.
00:15:57Ce qu'ils aiment et ce qu'ils pourraient aimer.
00:15:59Voilà.
00:16:00Et puis, j'insiste également sur le fait
00:16:01que j'ai appris très tôt
00:16:04que l'image était l'audience de demain.
00:16:06On ne peut pas faire ce métier
00:16:08sans la longueur
00:16:08si on ne se soucie pas de l'image.
00:16:10L'image, c'est très important.
00:16:13Le sondage est important, certes.
00:16:14Mais l'image, pour moi, c'est capital.
00:16:17Alors, ce que je voudrais vous dire,
00:16:19c'est que j'ai appris tout du service public.
00:16:22Ça a été ma culture.
00:16:24C'était les études que je n'ai pas faites.
00:16:27Voilà.
00:16:27Quand j'étais jeune,
00:16:28on entend parler de Cagnes,
00:16:29Hippocagnes, Normalsuc,
00:16:31Normalsuc supérieur,
00:16:35l'ENA, évidemment,
00:16:38Cagnes,
00:16:39tous les diplômes que j'avais pris en grippe
00:16:41parce que j'avais pris les intellectuels en grippe.
00:16:44Et plus tard, je me suis dit
00:16:46que j'allais parler de façon très claire
00:16:49à tous les publics.
00:16:51Le service public s'adresse à tous les publics,
00:16:54quels qu'ils soient.
00:16:55Je suis un homme des territoires.
00:16:57Je suis un homme de la France profonde.
00:16:58Ce n'est pas par hasard
00:16:59si je suis sur France 3.
00:17:00Et je suis quelqu'un qui a toujours voulu
00:17:04que le public soit prioritaire.
00:17:07Nous sommes au service du public.
00:17:10Et France Télévisions, pour moi,
00:17:11c'est ma maison.
00:17:12Je la défendrai jusqu'à la fin de ma carrière.
00:17:15J'y ai appris beaucoup.
00:17:16La gouvernance actuelle de France Télévisions
00:17:18m'a laissé la liberté totale
00:17:21de faire mon métier,
00:17:22sans aucune pression.
00:17:25J'ai invité toutes sortes d'artistes,
00:17:28quelle que soit leur opinion.
00:17:29Et j'ai aussi...
00:17:31Ce n'est pas un détail.
00:17:32Ce n'est pas un détail.
00:17:33J'ai aussi eu la chance
00:17:35que la présidente Delphine Ernot
00:17:39et Stéphane Cite-Bangomez
00:17:43viennent me soutenir
00:17:44lorsque j'ai eu un très, très grave problème de santé
00:17:47il y a trois ans.
00:17:47J'avais déjà près de 80 ans.
00:17:49J'ai eu deux opérations à cœur ouvert
00:17:52endocardite infectieuse de l'aval mitral.
00:17:53Ceux qui connaissent un peu le monde médical
00:17:55sauront que c'est très grave.
00:17:56J'ai failli laisser ma peau.
00:17:58Et sans le service public,
00:18:00je ne serais pas aujourd'hui devant vous
00:18:01parce qu'ils m'ont soutenu.
00:18:03Ils m'ont attendu.
00:18:04Ils m'ont laissé du temps de me remettre
00:18:05alors que si j'avais été dans le privé,
00:18:07avoir près de 80 ans,
00:18:09je n'avais plus l'âge de séduire
00:18:10l'aménagère de moins de 50 ans,
00:18:12devenue la responsable des achats.
00:18:14Et si j'avais été dans le privé
00:18:18pendant cette période très douloureuse,
00:18:19je serais déjà dans les oubliettes
00:18:21de l'histoire de la télévision.
00:18:23Donc le service public, pour moi,
00:18:25je le répète, c'est ma maison.
00:18:29Je me sens bien.
00:18:30Je me suis toujours senti bien
00:18:32parce que je suis proche des gens.
00:18:35J'étais déjà comme ça quand j'étais jeune.
00:18:37Je voulais m'intéresser aux gens.
00:18:39Je voulais être médecin de campagne
00:18:42comme l'était mon père en Basse-Normandie,
00:18:44dans la France de Balzac et de Maupassant.
00:18:45Je ne l'ai pas été parce que j'ai raté mes études
00:18:47et puis que je voulais apprendre la vie dans la vie.
00:18:49C'est ce que j'ai fait en entrant si tôt
00:18:51dans ce métier qu'est ma passion.
00:18:53C'est plus qu'une passion.
00:18:55Et à ce sujet, je voudrais vous dire
00:18:56que tous les personnels, M. le Président,
00:18:58tous les personnels du service public
00:18:59qui nous écoutent et qui écoutent la commission
00:19:04depuis près de 4 mois
00:19:05ont été profondément blessés,
00:19:07profondément blessés,
00:19:08très peinés par tout ce qu'ils ont entendu,
00:19:10dire que le service public dilapider
00:19:12l'argent du crédit contribuable,
00:19:14c'est évidemment faux.
00:19:16Alors, voilà ce que je voulais vous dire
00:19:17et vous dire également que c'est un métier très particulier
00:19:22que le nôtre.
00:19:23C'est un métier de funambule,
00:19:24c'est un métier de stress,
00:19:26c'est un métier où il faut être en forme tout le temps,
00:19:29c'est un métier nerveusement très contraignant,
00:19:33c'est un métier où c'est très difficile de réussir tout,
00:19:36sa vie de famille et sa vie professionnelle.
00:19:39Mais mon grand bonheur, je le répète,
00:19:41ça a été de mettre dans la lumière des talents nouveaux.
00:19:45Et ça, j'en suis très fier.
00:19:46Je suis très fier d'avoir mis une petite fille de 15 ans
00:19:50dans la lumière, c'était Céline.
00:19:52Je suis très fier d'avoir mis dans la lumière
00:19:55Rouluet-Eglésias,
00:19:56trois générations d'auteurs, de compositeurs, d'artistes,
00:19:59je vous l'ai déjà dit,
00:20:00mais c'est important de signaler.
00:20:01Merci.
00:20:02Et puis je voudrais dire également,
00:20:04mais je ne voudrais pas être trop long,
00:20:07que c'est une passion.
00:20:10Tous ceux qui travaillent dans le service public
00:20:12ont une véritable passion
00:20:13et la passion ne fatigue pas.
00:20:17Merci beaucoup.
00:20:18Et puisque vous avez parlé de bonheur,
00:20:19je vais céder la parole à Patrick Sébastien,
00:20:21qui a produit et animé
00:20:23les années bonheur sur France Télévisions.
00:20:29Je partage avec Michel le respect du service public
00:20:34avec une différence,
00:20:35c'est qu'il y a encore,
00:20:36et que moi je n'y suis plus,
00:20:38je ne vais pas faire le panégyrique
00:20:40de tout ce que j'ai fait,
00:20:42des émissions,
00:20:44et Dieu sait si j'ai fait des choses intéressantes.
00:20:47Je pense que le plus grand cabaret du monde
00:20:48a relancé les arts du cirque,
00:20:51a relancé les numéros visuels,
00:20:53on a emmené du bout du monde
00:20:58pour les gens le samedi soir,
00:20:59les plus beaux numéros du monde.
00:21:01Ça coûtait de l'argent, effectivement,
00:21:02parce qu'il fallait faire venir les artistes,
00:21:05les payer,
00:21:05il y a plein d'émissions,
00:21:06on ne paye pas les gens,
00:21:07mais nous on les payait.
00:21:10On a fait de notre mieux,
00:21:12on a fait de l'audience,
00:21:13on a plu à un certain public.
00:21:17Moi aussi, on parlait avec Michel,
00:21:18on est frère là-dessus,
00:21:20tous ces gens qu'on a réussi à découvrir,
00:21:22qui sont aujourd'hui en haut de l'affiche,
00:21:24c'est grâce à mes émissions au départ
00:21:26que des gens comme Jean Dujardin,
00:21:27des gens comme Danny Boone,
00:21:30Shirley Dino,
00:21:30Paul Acloque, etc.
00:21:32sont sortis.
00:21:33Donc je suis...
00:21:35Dupontel.
00:21:49Dupontel, oui aussi.
00:21:49Je suis un artiste avec tous les défauts
00:21:52et les qualités que peut avoir un artiste.
00:21:55Ce que je voulais dire pour entrer dans le vif du sujet,
00:21:58c'est que pendant des années,
00:21:59sur le service public,
00:22:00tout s'est merveilleusement passé,
00:22:02avec des accrochages, évidemment,
00:22:04professionnels qui sont liés à notre métier.
00:22:06Et jusqu'à l'arrivée de Delphine Ernotte,
00:22:09tout était humain et correct.
00:22:11Et les audiences étaient là.
00:22:13J'avais des rapports avec des gens
00:22:15comme Yves Bigot,
00:22:16qui était extraordinaire,
00:22:17comme avec Patrick de Carolli,
00:22:18Stuyé aussi,
00:22:19avec qui j'ai parlé tout à l'heure.
00:22:20On avait des rapports formidables.
00:22:22On faisait tout pour que nos émissions marchent.
00:22:25Et quand Mme Ernotte est arrivée,
00:22:27on a tout fait pour qu'elle ne marche pas.
00:22:29C'est-à-dire que d'entrée,
00:22:30Mme Ernotte voulait me dégager, clairement.
00:22:33Il y a eu cette fameuse phrase
00:22:35des hommes blancs depuis de 50 ans.
00:22:38Au passage, je veux faire une parenthèse,
00:22:40depuis, je n'ai pas vu beaucoup de gens de couleur
00:22:41à la tête d'un prime time
00:22:43ou à la tête d'un journal.
00:22:44Ça me ferait plaisir
00:22:45parce que je suis pour la diversité.
00:22:48Donc, moi, je ne savais pas qu'un jour,
00:22:49on allait me reprocher d'être un homme,
00:22:51d'être blanc et d'avoir plus de 50 ans.
00:22:53Mais allons-y.
00:22:54J'ai fait partie de ce truc-là.
00:22:55Mais avant tout, je crois,
00:22:56je parlais de dictature idéologique,
00:22:59je crois que Mme Ernotte a des goûts.
00:23:01Elle a le droit d'avoir ses goûts.
00:23:02Elle a le droit d'avoir ses valeurs.
00:23:04Mais pour moi,
00:23:05une patronne de service public
00:23:08doit représenter tout le public
00:23:10et pas seulement ceux qui sont d'accord
00:23:12avec son idéologie.
00:23:13Je ne vois pas un directeur d'hôpital public
00:23:16refuser des malades
00:23:17parce qu'il ne partage pas
00:23:19les mêmes idées que lui.
00:23:20Et pour moi, c'est ce qui s'est passé.
00:23:22Je ne conviens pas à Mme Ernotte.
00:23:24Et au-delà de moi,
00:23:26les gens qui me regardaient,
00:23:27qui regardaient le cabaret,
00:23:29qui regardaient les années bonheur,
00:23:30ne convenaient pas.
00:23:31On a dit à ces gens-là,
00:23:33circuler, il n'y a rien à voir,
00:23:34il faut regarder autre chose.
00:23:35Ça, il ne faut pas le regarder.
00:23:37Et ça, c'est un petit peu,
00:23:39ça correspond à l'état d'esprit
00:23:41qu'il y a dans ce pays
00:23:42en général aujourd'hui.
00:23:43Voilà, c'est un peu comme ça.
00:23:44Il y a une partie de la population
00:23:46à qui on dit,
00:23:48circuler, il n'y a rien à voir.
00:23:49Alors, pour m'écarter,
00:23:51il y a eu quand même
00:23:51plein de choses très spéciales.
00:23:54C'est-à-dire qu'on a tout fait
00:23:55à partir du moment
00:23:55à la mer était arrivée
00:23:56pour que mes émissions ne marchent pas.
00:23:57On m'envoyait au charbon
00:23:59devant les plus costauds,
00:24:00etc., etc.
00:24:02Et puis, on m'a viré
00:24:03dans des conditions
00:24:05très particulières.
00:24:06J'ai passé 20 ans, 25 ans
00:24:08sur le service public.
00:24:09On ne m'a même pas parlé.
00:24:10On ne m'a même pas envoyé un mot.
00:24:12On ne m'a même pas envoyé un SMS.
00:24:14On a convoqué ma femme
00:24:15en lui disant
00:24:16« Vous lui direz que... »
00:24:18Voilà, vous lui direz que...
00:24:19Pourquoi votre femme ?
00:24:20Elle était produite...
00:24:21Pourquoi votre femme ?
00:24:22Parce qu'elle s'occupait
00:24:23de ma boîte avec moi.
00:24:24Voilà.
00:24:25Elle s'occupait de la boîte avec moi.
00:24:27Donc, on l'a convoquée,
00:24:28elle, pour lui dire
00:24:29« Vous lui direz que... »
00:24:30Voilà.
00:24:31Et on ne m'a pas parlé.
00:24:33Voilà, tout simplement.
00:24:34J'ai appris ça comme ça.
00:24:38Après, ça a été compliqué
00:24:40de l'apprendre comme ça.
00:24:41Surtout que ça, c'est le côté
00:24:44« Bon, on veut me dégager,
00:24:46on me dégage. »
00:24:47Ils ont des raisons.
00:24:47Soit disant, l'audience,
00:24:49ça, c'est un faux prétexte absolu.
00:24:51L'audience n'avait rien à voir.
00:24:53La dernière émission
00:24:53du plus grand cabaret du monde
00:24:55de 31 décembre
00:24:56a fait aux alentours de 4 millions.
00:24:57Et sur TV5MONDE,
00:25:00elle a fait 70 millions.
00:25:01Je ne pense pas
00:25:02que ce soit une mauvaise audience.
00:25:03Et surtout,
00:25:04les émissions qu'on a mis
00:25:05pour me remplacer derrière
00:25:07ont fait moins d'audience
00:25:08que faisaient les miennes.
00:25:09Donc, l'audience
00:25:10est un faux prétexte.
00:25:11Mais je voudrais revenir
00:25:12sur un truc particulier
00:25:13parce que j'ai peu de temps.
00:25:14Je veux revenir
00:25:15sur le cas de Takis Kandilis
00:25:16que j'ai vu ici,
00:25:18chez vous,
00:25:19dire « Je n'étais au courant
00:25:20de rien. »
00:25:21Numéro 2 de France 2,
00:25:22je ne suis pas au courant
00:25:23des contrats
00:25:24et du montant des contrats.
00:25:25Excusez-moi,
00:25:25mais je crois qu'on vous a pris
00:25:26pour des imbéciles.
00:25:27Ça, c'est mon avis.
00:25:28Je veux juste vous donner
00:25:29des chiffres tout simples.
00:25:30M. Takis Kandilis
00:25:32était donc,
00:25:32vous en avez parlé,
00:25:34employé de Banigé.
00:25:35Il est arrivé,
00:25:37il a été nommé
00:25:38directeur des programmes
00:25:39de France 2.
00:25:40Et après,
00:25:41il est retourné
00:25:42chez Banigé
00:25:42comme conseil.
00:25:44Mais enfin,
00:25:44il est retourné
00:25:45chez Banigé.
00:25:46Ce que je voulais vous dire,
00:25:47c'est que pendant ce temps-là,
00:25:48je vais vous dire
00:25:48un chiffre très simple.
00:25:50Moi,
00:25:50quand M. Takis Kandilis
00:25:52était arrivé,
00:25:52j'avais 16 prime times,
00:25:548 années bonheur,
00:25:558 plus grands cabarets du monde.
00:25:57Nagui,
00:25:58produit Banigé,
00:25:59en avait 3.
00:26:01L'année d'après,
00:26:01j'en avais plus que 10,
00:26:02il en avait 7.
00:26:03L'année d'après,
00:26:04j'en avais 0,
00:26:05il en avait 11.
00:26:06Voilà.
00:26:06Maintenant,
00:26:06vous tirez les conclusions
00:26:07que vous voulez.
00:26:08Est-ce qu'il y a un rapport
00:26:09de cause à effet
00:26:10entre le fait
00:26:11que M. Takis Kandilis,
00:26:13Banigé,
00:26:14ait favorisé Nagui
00:26:15sur ses prime times
00:26:17par rapport à moi,
00:26:18c'est à vous de le déterminer,
00:26:19mais pour moi,
00:26:20je l'ai pris comme ça
00:26:21et ce n'est pas neutre.
00:26:22C'est M. Takis Kandilis
00:26:24qui m'a jeté.
00:26:26J'ai eu un truc sur moi
00:26:28incroyable,
00:26:29un rapport
00:26:30qui était très stalinien
00:26:31où on disait
00:26:32que j'étais asbine,
00:26:33que je n'avais plus rien à faire
00:26:34et qui se terminait
00:26:36par ces mots
00:26:36que j'ai trouvés
00:26:37assez infamants.
00:26:39Patrick Sébastien,
00:26:40parce qu'il s'est obligé
00:26:41de le reconnaître,
00:26:41fait quand même
00:26:42de l'audience
00:26:42grâce à son pouvoir contaminant.
00:26:44Je ne sais pas
00:26:45ce que ça veut dire contaminant,
00:26:47mais ça m'a choqué.
00:26:49Vous l'avez ce rapport ?
00:26:50Ce rapport, vous l'avez ?
00:26:51Oui, il existe.
00:26:53Vous pourrez nous le transmettre ?
00:26:54J'en ai une copie,
00:26:54oui, tout à fait.
00:26:57Je veux juste dire
00:26:57que je respecte énormément
00:26:59votre commission,
00:26:59je vous regarde,
00:27:02je sais que vous faites au mieux,
00:27:03mais je ne pense pas
00:27:04que ça change grand chose
00:27:05parce que de mon point de vue
00:27:07à moi,
00:27:08des gens comme Madame Ernotte
00:27:09et ceux qui sont autour
00:27:10sont intouchables
00:27:11et je pense que la politique
00:27:13à avoir là-dedans,
00:27:14en tout cas jusqu'aux prochaines élections,
00:27:16on a besoin d'elle.
00:27:17Alors, je m'excuse
00:27:18de mettre le côté politique
00:27:20là-dedans,
00:27:20mais vous aurez Patrick de Carolis
00:27:23dans quelques jours,
00:27:25il vous confirmera
00:27:26qu'à son époque,
00:27:27Sarkozy avait demandé ma tête
00:27:29et qu'il ne lui a pas donné.
00:27:30Là, ils l'ont eu.
00:27:32Voilà.
00:27:34Merci beaucoup
00:27:34pour ces propos liminaires.
00:27:36Peut-être un point
00:27:37un peu d'organisation
00:27:37parce que le rapporteur
00:27:38a beaucoup de questions,
00:27:39il y a de nombreux collègues présents.
00:27:40Je vais me contenter, moi,
00:27:42de vous poser une question.
00:27:43J'en avais plusieurs
00:27:44et j'aurais peut-être l'occasion
00:27:44d'en poser d'autres,
00:27:45mais je ne vais en poser qu'une.
00:27:46Le rapporteur, ensuite,
00:27:47vous interrogera pour 45 minutes
00:27:48et ensuite, je donnerai la parole
00:27:49aux représentants
00:27:49des différents groupes politiques
00:27:51et ensuite aux députés
00:27:53qui auront des questions individuelles.
00:27:54Donc, on va essayer
00:27:55d'organiser les choses au mieux
00:27:56et je vous remercie
00:27:59de nous consacrer du temps
00:28:01en cette fin d'après-midi.
00:28:03Peut-être une question
00:28:03un peu large
00:28:04parce que j'imagine
00:28:05que le rapporteur
00:28:06rentrera ensuite
00:28:07dans le détail.
00:28:09Je voulais vous interroger,
00:28:10et c'est peut-être plus
00:28:10une question pour vous,
00:28:11M. Sébastien et M. Drucker,
00:28:12sur la place du divertissement
00:28:15sur les chaînes
00:28:15de télévision publiques.
00:28:17Certains estiment
00:28:18que ce n'est pas le rôle
00:28:19du service public
00:28:20que de diffuser
00:28:21et donc de financer
00:28:22ce type d'émissions
00:28:24parce qu'on leur trouve
00:28:24des équivalents
00:28:25ou presque sur les chaînes privées,
00:28:28parfois pour des coûts moindres.
00:28:30Quel est votre point de vue ?
00:28:31Est-ce que vous pensez
00:28:32que le service public
00:28:33est légitime
00:28:34à proposer des émissions
00:28:35de divertissement ?
00:28:36Et j'imagine que vous allez me dire
00:28:37oui,
00:28:37donc la question plus précise
00:28:38que je vous pose,
00:28:39c'est y a-t-il finalement
00:28:40une manière différente
00:28:41de proposer
00:28:42ou de traiter des jeux
00:28:43et des divertissements
00:28:44entre ces deux univers télévisuels ?
00:28:46Est-ce qu'il y a une spécificité,
00:28:49une particularité
00:28:50du service public audiovisuel
00:28:51quand il propose aux Français
00:28:53des émissions de divertissement ?
00:28:54Moi, je trouve que c'est très légitime
00:28:59qu'on fasse des émissions
00:29:00de divertissement
00:29:01comme a dit Michel
00:29:02pour tout le monde.
00:29:04Il se trouve que j'ai l'impression
00:29:05qu'aujourd'hui,
00:29:06le groupe M6 et TF1,
00:29:07c'est eux qui font du service public,
00:29:09c'est-à-dire qu'ils n'excluent personne.
00:29:11Alors qu'aujourd'hui,
00:29:12dans le service public,
00:29:14on exclut une catégorie de Français.
00:29:16Voilà, c'est tout.
00:29:17Mais je pense que le divertissement,
00:29:19il est essentiel.
00:29:19Les gens ont besoin de ça.
00:29:21Je pense que ça faisait partie,
00:29:23je crois, des premières charges
00:29:25de l'ERTF à l'époque.
00:29:26Il fallait informer, cultiver
00:29:28et divertir.
00:29:29À moins qu'on laisse ça en route,
00:29:31je pense que,
00:29:32vous savez,
00:29:32avec tout ce qui se passe aujourd'hui,
00:29:34moi qui suis au contact vraiment
00:29:35de la France profonde
00:29:37avec mes spectacles, etc.,
00:29:38je vous jure que le divertissement,
00:29:40quelque chose qui vide
00:29:41un peu la tête des gens.
00:29:42Après, il y a un côté anxiolytique
00:29:44qui fait que c'est très étrange,
00:29:46d'ailleurs.
00:29:46On croit que dans cette période
00:29:48qui est très anxiogène,
00:29:49les gens vont se précipiter
00:29:51sur le divertissement,
00:29:52eh bien, bizarrement,
00:29:52c'est le contraire.
00:29:53C'est tous les téléfilms anxiogènes
00:29:56qui font de l'audience.
00:29:57Donc ça, c'est un phénomène
00:29:58qui dépasse,
00:29:59c'est un phénomène sociétal
00:30:00qui nous dépasse.
00:30:01Mais je pense que,
00:30:03après,
00:30:04si le service public
00:30:05n'a plus de divertissement,
00:30:06on le fera avec,
00:30:07on ira le chercher ailleurs.
00:30:08Est-ce qu'au moment
00:30:09de votre départ,
00:30:09vous avez dit
00:30:10qu'on m'a viré,
00:30:12je parle un peu trivialement,
00:30:13pardon,
00:30:13parce que j'étais un homme blanc
00:30:14de plus de 50 ans ?
00:30:15Non, pas seulement pour ça.
00:30:16Non, mais bon,
00:30:17voilà.
00:30:17Et qu'on a voulu,
00:30:18et je vais sur la deuxième partie
00:30:20de votre phrase,
00:30:20on a voulu mettre de côté
00:30:22tout un public.
00:30:23Oui, tout un public, oui.
00:30:23Est-ce que ça veut dire,
00:30:24est-ce qu'on vous a proposé,
00:30:25par exemple,
00:30:26de conserver ces émissions,
00:30:28mais sans vous ?
00:30:29Ah non, non, non, non, non,
00:30:31ils ont essayé de faire
00:30:31un ersatz du plus grand cabaret
00:30:33du monde
00:30:33qui n'a pas marché
00:30:34parce qu'ils n'ont pas,
00:30:35ils n'ont pas,
00:30:36tu sais,
00:30:36il y a une chose importante,
00:30:37c'est la passion.
00:30:38Moi, j'ai la passion des artistes,
00:30:39comme Michel.
00:30:40On aime les artistes,
00:30:41on les aime profondément,
00:30:42on les respecte,
00:30:43on les met en valeur.
00:30:44C'est pour ça qu'on a mis
00:30:45tant de gens en valeur.
00:30:46Je crois que c'est essentiel
00:30:47dans la culture française
00:30:48et la culture,
00:30:49ce n'est pas seulement
00:30:51des écrivains,
00:30:52des philosophes,
00:30:53c'est aussi
00:30:55des chanteurs populaires,
00:30:56c'est aussi des humoristes,
00:30:58parfois un peu
00:30:59un peu bord cadre,
00:31:00c'est des rappeurs,
00:31:02c'est des...
00:31:02Moi, je suis ouvert à tout,
00:31:03je dis dans mes émissions,
00:31:04il y a eu aussi bien
00:31:06Gims, Soprano
00:31:06que Frédéric François
00:31:07et Chantal Goyard.
00:31:08Voilà, pour moi,
00:31:09le service public,
00:31:10c'est ça.
00:31:10Et plus l'info,
00:31:12plus...
00:31:14Je ne sais pas
00:31:15ce qu'en pense Michel,
00:31:16mais il a toujours été
00:31:17dans ce cadre-là aussi.
00:31:18Je vous laisse répondre,
00:31:19M. Truca,
00:31:19puis je donne la parole
00:31:20au rapporteur.
00:31:21Vous savez,
00:31:22Champs-Elysées,
00:31:23on m'en parle encore aujourd'hui,
00:31:24ça a duré
00:31:26quelques années,
00:31:28j'étais...
00:31:28Voilà,
00:31:29et...
00:31:30Et...
00:31:31Au bout de
00:31:32presque une dizaine d'années,
00:31:34vous le savez peut-être,
00:31:36mais il y a un patron
00:31:38de la télévision de l'époque
00:31:39qui n'est plus là,
00:31:40personnelle,
00:31:41qui m'a convoqué
00:31:43et qui m'a dit...
00:31:44Enfin,
00:31:44qui est venu déjeuner chez moi
00:31:46alors qu'on avait...
00:31:48On était sur le point
00:31:49vraiment de renouveler le contrat
00:31:50puisque Champs-Elysées
00:31:51n'était pas une petite émission.
00:31:52Et qui m'a dit,
00:31:53vous savez,
00:31:55cher Michel Drucker,
00:31:58la télévision de demain
00:31:59ne passera pas par vous,
00:32:01ni par Pivot,
00:32:02ni par Martin,
00:32:03qui a l'intuition.
00:32:04Et j'avais 45 ans.
00:32:08Donc il m'a dit que,
00:32:09voilà,
00:32:10que c'était fini.
00:32:11Et c'est la raison
00:32:12pour laquelle
00:32:12je suis allé
00:32:13sur TF1
00:32:15où la famille Bouygues
00:32:16voulait absolument
00:32:17que je vienne.
00:32:17Et j'ai rejoint
00:32:18Patrick Lelay
00:32:19que j'avais connu
00:32:20dans une autre époque
00:32:22en Bretagne.
00:32:23Et donc,
00:32:24Patrick Lelay,
00:32:25Étienne Moujotte
00:32:25m'ont accueilli
00:32:27sur TF1.
00:32:29J'ai donc quitté
00:32:29le service public
00:32:30parce qu'on l'avait chassé
00:32:31déjà à l'époque.
00:32:32Ça paraît bizarre,
00:32:33mais c'est la vérité.
00:32:35Et puis,
00:32:35je suis revenu,
00:32:36voilà,
00:32:37je suis allé
00:32:38donc sur TF1
00:32:39où j'ai beaucoup appris,
00:32:40beaucoup appris.
00:32:41J'ai continué
00:32:42à faire la télévision
00:32:43que j'avais envie de faire.
00:32:43Ça s'appelait Star et Star 90.
00:32:45Et puis,
00:32:47au bout de 5 ans,
00:32:48j'ai pensé
00:32:49que c'est Jean-Pierre Hedgabach
00:32:50qui m'avait demandé
00:32:51de revenir
00:32:53dans le public.
00:32:54Je suis revenu avec plaisir
00:32:55pour faire une émission
00:32:55d'Access Prime Time
00:32:56qui s'appelait
00:32:57Sudo-Gabriel,
00:32:58la suite que vous connaissez.
00:33:00Donc,
00:33:01ça veut dire quoi ?
00:33:02Ça veut dire
00:33:03qu'on est
00:33:05toujours fragilisé
00:33:06dans ce métier.
00:33:08Vous imaginez
00:33:08quelqu'un
00:33:09alors que vous faites
00:33:10Champs-Elysées
00:33:10et que vous êtes là
00:33:11depuis déjà
00:33:1230 ans à l'époque
00:33:13et qu'il vous est
00:33:14un has-been.
00:33:15Il faudra vous relooker.
00:33:17Vous êtes démodé.
00:33:18Il faut le savoir, ça.
00:33:20Donc,
00:33:20c'était mon premier
00:33:22coup de massue.
00:33:23Mais est-ce qu'on pense,
00:33:24par exemple,
00:33:24je vous couper,
00:33:24M. Jocard,
00:33:25est-ce qu'on pense
00:33:25une émission de divertissement
00:33:26pour France 2
00:33:28différemment
00:33:29que pour TF1 ?
00:33:30Est-ce qu'on réfléchit ?
00:33:30Écoutez,
00:33:31lorsque Pierre Desgros,
00:33:33qui était un de mes patrons,
00:33:35figure emblématique
00:33:36de la télévision publique,
00:33:37Saint-Colonelune,
00:33:38qui était mon patron
00:33:39à l'époque,
00:33:40il m'a dit à l'époque,
00:33:41dans les années 82-83,
00:33:44Drucker,
00:33:44faites-moi une émission
00:33:45de divertissement
00:33:46le samedi soir.
00:33:46Je n'y connais rien.
00:33:47Faites-moi une émission
00:33:48populaire,
00:33:49mais digne,
00:33:50qui me l'a écrit.
00:33:51Digne.
00:33:52Sous-entendu,
00:33:53si elle est indigne,
00:33:54je l'arrêterai.
00:33:55Ce qu'il aurait fait,
00:33:55d'ailleurs.
00:33:56Et c'est là
00:33:57où je me suis dit
00:33:58qu'on peut faire
00:33:58une division populaire
00:34:00et qui tire vers le haut.
00:34:02Il n'y a pas
00:34:03d'incompatibilité
00:34:04à rendre hommage
00:34:05à Jacques Brel
00:34:06et recevoir Frédéric François,
00:34:08comme l'a dit Patrick.
00:34:09On peut rendre hommage
00:34:11à Barbara
00:34:12et rendre hommage
00:34:13à Hervé Villard
00:34:15ou à ses chanteurs
00:34:16des années 80
00:34:17qui redeviennent,
00:34:18d'ailleurs,
00:34:18à la mode.
00:34:19Donc,
00:34:22la télévision publique,
00:34:23la télévision de divertissement,
00:34:24elle s'adresse
00:34:25à tous les publics.
00:34:27Moi,
00:34:27quand je fais
00:34:28Vivement Dimanche
00:34:29déjà depuis 25 ans,
00:34:30puisque j'ai succédé
00:34:31à Jacques Martin,
00:34:32qui n'était pas facile,
00:34:34parce que Jacques Martin,
00:34:35c'était une personnalité
00:34:37très forte.
00:34:38J'ai succédé
00:34:38à l'école des fans
00:34:39il y a 25 ans.
00:34:40Ce n'était pas évident.
00:34:42Et puis,
00:34:42j'ai continué
00:34:43à faire la télévision
00:34:44car le service public
00:34:46m'a permis
00:34:46de continuer
00:34:47à faire la télévision
00:34:47que j'aimais.
00:34:48et ça fait maintenant
00:34:4925 ans
00:34:50qu'on fait
00:34:50Vivement Dimanche
00:34:51et que Vivement Dimanche
00:34:53n'est pas démodé
00:34:54parce que j'ai toujours
00:34:56la même méthode.
00:34:58Voilà,
00:34:58montrer aux gens
00:34:59ce qu'ils ont aimé,
00:35:00le devoir de mémoire,
00:35:01ce qu'ils aiment aujourd'hui,
00:35:02ce qu'ils aimeront demain.
00:35:04Et mon émission
00:35:05pourrait s'appeler
00:35:05Vivement Hier,
00:35:06Vivement Aujourd'hui,
00:35:07Vivement Demain.
00:35:08Donc,
00:35:08sans éliser
00:35:09Vivement Dimanche,
00:35:10c'est toujours été pour moi
00:35:11la même façon
00:35:12de faire de la télévision
00:35:13avec surtout
00:35:14le public,
00:35:15le public,
00:35:16le public,
00:35:16montrer au public
00:35:17ce qu'il aime
00:35:18et ce qu'il pourrait aimer
00:35:19et ce qu'il a aimé.
00:35:21Voilà,
00:35:22je suis là depuis maintenant
00:35:2463 ans.
00:35:25Sur les 63 ans,
00:35:26je vous le répète,
00:35:27c'est très important.
00:35:28J'ai passé 58 ans
00:35:29dans le service public
00:35:31et j'espère
00:35:32que ça va continuer.
00:35:33Je suis ravi
00:35:34de savoir
00:35:34que Mme Mernotte
00:35:35a été renommée
00:35:37pour 5 ans.
00:35:38Voilà.
00:35:39On sent des divergences.
00:35:40On va peut-être...
00:35:41On sent des divergences.
00:35:42Je vais donner la parole
00:35:43si vous pouvez inviter
00:35:43Michel Decker
00:35:44à M. le rapporteur
00:35:45et ça va permettre
00:35:46de nourrir le débat
00:35:47entre vous aussi.
00:35:49Merci M. le Président.
00:35:51Merci messieurs
00:35:51pour votre participation
00:35:53cet après-midi
00:35:53pour, je pense,
00:35:55beaucoup de vos constats
00:35:56et recommandations
00:35:57qui nourriront aussi
00:35:58notre rapport.
00:36:00Une question générale
00:36:01qui s'adresse à vous trois
00:36:02à la fin de chacune
00:36:03de vos histoires
00:36:03avec France Télévisions
00:36:04est très différente.
00:36:06Patrick Sébastien,
00:36:06comme vous l'avez rappelé,
00:36:07vous avez été mis à la porte
00:36:09par France Télévisions.
00:36:10M. Cardoz,
00:36:11je crois que c'est plutôt vous
00:36:12qui êtes parti.
00:36:12de vous-même.
00:36:13Quant à vous,
00:36:14Michel Drucker,
00:36:15il faut croire
00:36:16que rien,
00:36:16ni personne,
00:36:17ni aucun changement
00:36:18de gouvernance
00:36:19ne saura avoir
00:36:20la moindre prise sur vous
00:36:22puisque vous êtes toujours
00:36:22à l'antenne,
00:36:23vous l'avez rappelé,
00:36:24depuis près de 60 ans.
00:36:26Vous êtes,
00:36:27alors vous expliquez
00:36:28un vestige pittoresse,
00:36:30mais en tout cas
00:36:31un symbole inaltérable
00:36:32de cet audiovisuel public
00:36:33qui traverse
00:36:34et qui rassemble
00:36:35les générations.
00:36:36Donc,
00:36:36vos trois situations
00:36:37sont quand même
00:36:38assez différentes.
00:36:38pour autant,
00:36:40vous étiez tous
00:36:40les trois présents
00:36:41lorsque Delphine Arnaut
00:36:43venant de prendre
00:36:43ses fonctions
00:36:44en 2015,
00:36:45c'était le 25 septembre,
00:36:47a déclaré
00:36:48« On a une télévision
00:36:49d'hommes blancs
00:36:49de plus de 50 ans
00:36:50et ça,
00:36:51il va falloir
00:36:51que ça change. »
00:36:53Cette phrase,
00:36:53elle l'a prononcée
00:36:54il y a plus de 10 ans
00:36:55et pourtant,
00:36:56sans vous faire offense
00:36:57à tous les trois,
00:36:58je crois que vous étiez
00:36:59déjà tous les trois
00:37:00concernés par les critères
00:37:01de Delphine Arnaut.
00:37:02Comment est-ce que vous avez
00:37:04vécu cette injonction
00:37:06de la nouvelle présidente
00:37:07de France Télévisions ?
00:37:08Est-ce que,
00:37:09selon vous,
00:37:09il n'y a pas une politique
00:37:11discriminatoire
00:37:11à la tête de France Télévisions
00:37:13qui a pu,
00:37:14eh bien,
00:37:15contrarier pour certains
00:37:16vos parcours
00:37:17à la tête
00:37:18de certaines émissions
00:37:20iconiques du service public ?
00:37:22Monsieur le rapporteur,
00:37:22je ne me sentais pas concerné
00:37:24parce que moi,
00:37:24j'étais un homme blanc
00:37:24de plus de 70 ans.
00:37:26D'accord.
00:37:26j'étais déjà hors concours.
00:37:28Voilà.
00:37:29Mais bon,
00:37:31à la tête de France Télévisions.
00:37:34Alors,
00:37:34allez-y,
00:37:34monsieur Sébastien.
00:37:35Je pense que la phrase
00:37:36était maladroite
00:37:37plus qu'autre chose.
00:37:38Je pense que la phrase,
00:37:39elle a voulu dire
00:37:41qu'il fallait rajeunir
00:37:43de la diversité,
00:37:44etc.
00:37:44Ce n'est pas si important
00:37:46que ça.
00:37:46C'est vrai que ça nous a blessés,
00:37:47mais pour une fois,
00:37:49je la défends un peu là-dessus.
00:37:51La phrase était importante.
00:37:53Après,
00:37:53il y a eu des choses
00:37:54sur lesquelles
00:37:55j'espère qu'on reviendra.
00:37:56On ne partage pas du tout
00:37:57avec Michel.
00:37:58Autant on a une amitié
00:38:01imperturbable
00:38:02et indéfectible.
00:38:03Et indéfectible.
00:38:04Autant on ne partage pas
00:38:04le même avis
00:38:05sur Delphine Ernaut
00:38:06que moi j'estime...
00:38:07En plus,
00:38:08moi j'ai été victime
00:38:09par la suite de...
00:38:11Ça continue pour moi.
00:38:13Je veux dire,
00:38:14Michel,
00:38:14ça tombe bien qu'il soit là.
00:38:16Mme Ernaut,
00:38:17à la suite du fait
00:38:18que j'ai été viré
00:38:19de France 2,
00:38:20il faut que sachiez quand même
00:38:21qu'elle a interdit
00:38:22à tous les animateurs
00:38:24de me recevoir
00:38:25comme invité.
00:38:26J'étais interdit.
00:38:28Il n'y en a qu'un
00:38:28qui a résisté.
00:38:29J'ai dit à Michel
00:38:30quand il a voulu m'inviter,
00:38:31j'ai dit attention,
00:38:32on va te dire
00:38:33de ne pas me recevoir.
00:38:33C'était arrivé
00:38:34pour cet avou,
00:38:35etc.
00:38:36C'était même arrivé
00:38:37quand j'ai fait ma tournée
00:38:39du plus grand cabaret du monde
00:38:40dans les Zéniths.
00:38:41Des journalistes amis
00:38:42de France 3
00:38:43voulaient faire
00:38:43des reportages dessus.
00:38:44On leur a interdit
00:38:46de faire des reportages
00:38:47sur ce spectacle.
00:38:49Et Michel m'a reçu
00:38:50quand même sur France 3.
00:38:51Vous vous confirmez,
00:38:52M. Drucker,
00:38:52qu'on vous a demandé
00:38:53de ne pas recevoir...
00:38:54Non, non,
00:38:54on ne lui a pas demandé.
00:38:54Ah, d'accord.
00:38:55Vous avez carte...
00:38:58J'ai toujours été très libre,
00:39:00M. le Président.
00:39:04Et je l'aurais...
00:39:05Il savait,
00:39:06le gouvernement de France Télévisions
00:39:07a toujours mes programmes,
00:39:09il savait que je prendrais
00:39:09Patrick Sébastien,
00:39:11ils ne m'ont pas interdit
00:39:12de le prendre du tout.
00:39:13Et je dois dire
00:39:13qu'on a fait un vivement dimanche
00:39:14qui était très émouvant,
00:39:15car je voulais rendre hommage
00:39:16à Patrick,
00:39:17qui est un grand artiste,
00:39:19et à qui le service public
00:39:20et à la télévision générale
00:39:21doit beaucoup.
00:39:22Merci.
00:39:23Il y avait un rebond du rapporteur
00:39:25et je vous donne la parole.
00:39:26Oui, ce que je veux juste rajouter
00:39:27pour expliquer qu'il y a eu ça,
00:39:29il y a eu un interdit.
00:39:31La dernière fois que je suis passé
00:39:32chez Cyril Hanouna,
00:39:33que j'ai un peu parlé de ça,
00:39:35dès le lendemain,
00:39:37mes contrats confidentiels
00:39:39se sont retrouvés
00:39:40sur un réseau social payant
00:39:41et ça ne peut venir
00:39:43que de France 2
00:39:43parce que ce n'est pas moi
00:39:44qui les ai donnés.
00:39:45Et je ne parle même pas
00:39:47du complément d'enquête
00:39:49où Mme Ernotte
00:39:50s'est payé mon procès
00:39:51avec l'argent public,
00:39:52avec des mensonges
00:39:53et des délations incroyables.
00:39:54Voilà, ça commence
00:39:55à faire beaucoup.
00:39:57Voilà, c'est juste
00:39:58ce que je voulais dire
00:39:58et c'est pour ça
00:39:59que je n'ai pas d'animosité particulière
00:40:02mais cette dame
00:40:03me poursuit depuis le départ
00:40:05et je trouve que
00:40:07sur un service public,
00:40:08elle n'y a pas sa place.
00:40:10Ça, c'est mon avis.
00:40:11En plus,
00:40:12si je peux me permettre
00:40:13pour finir,
00:40:15on vous a parlé
00:40:16de favoritisme.
00:40:18Moi, je crois
00:40:19que vous êtes
00:40:19une commission d'enquête
00:40:20tout ce temps
00:40:21que vous êtes là.
00:40:22ça va peut-être
00:40:23vous faire grincer
00:40:23mais à un moment,
00:40:25il faudrait peut-être
00:40:25se poser la question
00:40:26si en échange
00:40:28de ce favoritisme,
00:40:29il y a eu des cadeaux.
00:40:31Voilà.
00:40:31Je n'affirme rien.
00:40:33Je pose juste
00:40:34une question.
00:40:35J'ai vu que vous avez
00:40:36soulevé l'histoire
00:40:37des chambres
00:40:38dans les hôtels
00:40:39à Cannes,
00:40:40etc.
00:40:41il est peut-être
00:40:41bon de savoir
00:40:42si quelques gens
00:40:44responsables
00:40:44de France 2,
00:40:46décideurs de programmes,
00:40:47vont passer leurs vacances
00:40:48dans des villas
00:40:49qui appartiennent
00:40:49à des producteurs privés.
00:40:51Ça, c'est à vous
00:40:51de le déterminer,
00:40:52ce n'est pas à moi.
00:40:54La question mérite
00:40:55d'être posée.
00:40:56C'est important,
00:40:57c'est le cas
00:40:57d'une commission d'enquête.
00:40:59Vous êtes là
00:41:00pour nous dire des choses.
00:41:01Je ne suis pas enquêteur.
00:41:02Si vous avez des informations...
00:41:03Je ne suis pas enquêteur.
00:41:05Je vous dis juste
00:41:05qu'il est en droit
00:41:06de se poser des questions
00:41:07parce que c'est
00:41:09un service public
00:41:10et ce n'est pas nouveau
00:41:10que dans un service public,
00:41:12il y a des sociétés privées
00:41:13qui fassent des cadeaux
00:41:14pour obtenir des marchés.
00:41:15Je suis désolé.
00:41:15Je ne dis pas
00:41:16que ça existe.
00:41:17Vous avez connaissance
00:41:18de ça ou pas ?
00:41:19Non, je n'ai connaissance
00:41:20de rien.
00:41:20J'ai des rumeurs
00:41:22comme tout le monde.
00:41:23Mais moi,
00:41:23je ne m'appuie pas
00:41:23sur des rumeurs.
00:41:24Ce que vous avez déterminé
00:41:25sur les hôtels à Cannes,
00:41:26c'est moi,
00:41:27je n'y suis pas rien,
00:41:27je ne le savais même pas.
00:41:28Mais je pense
00:41:29qu'il serait bon
00:41:29de se poser certaines questions.
00:41:32Je n'accuse pas
00:41:32sans preuve, moi.
00:41:34Je ne suis pas
00:41:34comme complément d'enquête.
00:41:36Monsieur le rapporteur.
00:41:37Merci, messieurs,
00:41:38pour vos réponses.
00:41:40Effectivement,
00:41:40dans le cadre
00:41:40de la commission d'enquête,
00:41:41on a appris par exemple
00:41:42qu'il y avait
00:41:42un certain nombre
00:41:43de soupçons
00:41:44de conflits d'intérêts.
00:41:44La directrice de la fiction
00:41:46chez France Télévisions
00:41:47a avoué sous serment
00:41:48devant notre commission d'enquête
00:41:50qu'elle passait ses vacances
00:41:51avec un dirigeant
00:41:52d'une société de production
00:41:54qui bénéficiait
00:41:55du contrat de France Télévisions.
00:41:57Elle nous a expliqué
00:41:58qu'elle, elle-même,
00:41:59se déportait
00:42:00de la signature
00:42:00de ses contrats,
00:42:01qu'elle déléguait
00:42:02à ses N-1.
00:42:04Le procédé
00:42:05peut sembler surprenant
00:42:06parce que des N-1,
00:42:07il y a eu une autorité
00:42:08hiérarchique évidente.
00:42:09Mais en tout cas,
00:42:10c'est un certain nombre
00:42:10de cas,
00:42:11de soupçons de favoritisme
00:42:12qu'on a pu lever
00:42:14dans le cadre
00:42:14de cette commission d'enquête
00:42:15qui sont préoccupants.
00:42:16Ce n'était pas le cœur
00:42:17de mes premières questions.
00:42:19J'y reviendrai
00:42:19puisque vous avez eu
00:42:21un certain nombre
00:42:21de propos
00:42:24en tout cas préoccupants
00:42:26et j'aimerais y revenir.
00:42:27Je voudrais simplement
00:42:28poser quelques questions
00:42:29en introduction
00:42:30sur les conditions
00:42:31de votre départ,
00:42:32notamment vous,
00:42:34M. Sébastien.
00:42:34J'ai pu lire
00:42:35dans le journal Le Monde
00:42:36dans un article
00:42:37qui date du 15 octobre 2018
00:42:38qui mentionnait deux facteurs
00:42:39qui expliquaient,
00:42:40selon la direction
00:42:41de France Télévisions,
00:42:42votre départ.
00:42:42Le premier facteur,
00:42:44c'était les audiences
00:42:44de vos primes
00:42:45qui auraient baissé
00:42:46entre 2015 et 2018.
00:42:48Bon,
00:42:48la baisse est quand même
00:42:50plutôt légère
00:42:51puisque pour les années
00:42:52bonheur,
00:42:52par exemple,
00:42:53vous êtes passé
00:42:53de 16% à 12%.
00:42:55Pour le plus grand
00:42:56cabaret du monde,
00:42:57vous êtes passé
00:42:57de 18% à 16,5%.
00:43:00Et le deuxième facteur,
00:43:02Le Monde cite des propos
00:43:03de Delphine Arnott
00:43:04qui souhaitait,
00:43:04je la cite,
00:43:05des femmes,
00:43:06des jeunes
00:43:06de toutes les origines,
00:43:08fin de la citation,
00:43:09qui aurait pu expliquer
00:43:10aussi votre départ.
00:43:11Ma question est assez simple.
00:43:14Quelles sont,
00:43:14selon vous,
00:43:15les raisons
00:43:16qui ont fait
00:43:17que du jour au lendemain,
00:43:18Delphine Arnott
00:43:19et la direction
00:43:19de France Télévisions
00:43:20vous ont remercié,
00:43:22alors que les audiences
00:43:23de vos émissions
00:43:23et que vos émissions
00:43:25à caractère populaire
00:43:26rassemblaient
00:43:27des millions de Français.
00:43:28Je voulais expliquer,
00:43:31en plus,
00:43:32tous ces chiffres
00:43:32sont un peu bidons,
00:43:33ce n'est pas tout à fait ça.
00:43:34Vous regarderez
00:43:35et vous regarderez aussi
00:43:36que les émissions
00:43:37qui m'ont succédé
00:43:38à cette place
00:43:38ont fait moins.
00:43:39Les audiences qui ont baissé,
00:43:41vous savez tous
00:43:42que dès que la TNT
00:43:43est arrivée,
00:43:44toutes les audiences
00:43:44ont baissé.
00:43:45Là où on faisait
00:43:4630% de part de marché,
00:43:47on s'y retrouvait
00:43:48avec beaucoup moins.
00:43:49Surtout que ces chiffres
00:43:50là que vous dites
00:43:50sont pris sur les moins
00:43:51de 4 ans, 11 ans.
00:43:53Si vous allez
00:43:54sur l'audience
00:43:55avec les plus de 60 ans
00:43:56parce que la moyenne
00:43:57d'âge quand même,
00:43:57il faut savoir
00:43:58que la moyenne d'âge
00:43:58je crois du service public
00:44:00elle est autour de 60 ans,
00:44:01entre 50 et 60.
00:44:03C'est dans ces eaux-là.
00:44:04C'est sûr que si vous prenez
00:44:05les chiffres des jeunes
00:44:07vous allez avoir tout ça.
00:44:08Non, je pense qu'on voulait
00:44:09ce...
00:44:10Je pense qu'il y a
00:44:11deux éléments.
00:44:12Il y a le fait
00:44:12de se débarrasser de moi
00:44:13parce que je n'ai pas la carte
00:44:14et parce que ce que je représente,
00:44:16je sais que dans le fameux rapport
00:44:17dont j'ai parlé...
00:44:18À la carte, c'est-à-dire ?
00:44:19C'est-à-dire que je ne rentre pas
00:44:21dans les codes.
00:44:23Je suis un artiste
00:44:25un peu incontrôlable.
00:44:28Après, j'ai vu
00:44:29qu'ils avaient mis
00:44:30dans le rapport
00:44:30que j'étais trash
00:44:31sur le cabaret.
00:44:32Il faudra m'expliquer
00:44:33sur le plus grand cabaret du monde
00:44:35qu'est-ce qu'il y avait
00:44:35de trash, de grossier,
00:44:37ce qui n'est pas du tout le cas.
00:44:38Voilà.
00:44:39Après, j'ai vu...
00:44:39Vous pouvez répliquer ce rapport
00:44:41que vous dites.
00:44:42C'est quoi ce rapport ?
00:44:43C'est un rapport
00:44:43qui a été fait pour justifier
00:44:44qu'on m'a présenté un jour
00:44:45en disant
00:44:45« Voilà pourquoi on va te virer »
00:44:46parce qu'il y a eu ce rapport
00:44:48où on dit que
00:44:48tes émissions sont as-beens.
00:44:50Le rapport parle même
00:44:51d'un orchestre
00:44:52dans le plus grand cabaret du monde
00:44:53qu'il n'y avait pas.
00:44:56Et donc, on m'explique
00:44:58que je suis trop vieux,
00:44:59que ça sent que le public
00:45:00et les artistes sont as-beens.
00:45:03Tu connais le refrain.
00:45:05Non, je pense qu'effectivement,
00:45:07il y a une...
00:45:08Non, non, mais...
00:45:08Il y a une volonté de Mme Eurnot
00:45:10de changer les choses.
00:45:12Elle est très claire.
00:45:13On ne peut pas lui en vouloir
00:45:14d'avoir ses goûts,
00:45:16ses idées,
00:45:18sa façon de voir les choses.
00:45:19Maintenant, pour moi,
00:45:20elle est présidente.
00:45:21Elle n'est pas propriétaire
00:45:22du service public.
00:45:23Le service public, pour moi,
00:45:25appartient à ceux qui payent,
00:45:27c'est-à-dire à des gens
00:45:28de toutes conditions,
00:45:30de toute idéologie.
00:45:31Et il faut faire cette télé
00:45:32pour tous.
00:45:33Elle a choisi de faire
00:45:35la télé qu'elle voulait
00:45:36par rapport à ses idées à elle.
00:45:38C'est son choix.
00:45:39Mais pour moi,
00:45:40ça n'est pas le service public.
00:45:42Voilà.
00:45:43Et je vous rassure,
00:45:43je n'ai pas du tout envie
00:45:44d'y revenir à la télé.
00:45:46Je suis tranquille de ce côté-là.
00:45:47J'ai autre chose dans ma vie
00:45:48à faire que ça.
00:45:50Mais c'est vrai que j'ai passé
00:45:51des années formidables
00:45:53sur le service public
00:45:54avant Mme Eurnot.
00:45:56On a passé vraiment...
00:45:56On a pu créer des choses.
00:45:58On a pu inventer des choses.
00:45:59On a pu trouver des gens.
00:46:01C'était diversifié.
00:46:02Vous savez,
00:46:03ils ont enlevé
00:46:03le plus grand cabaret du monde
00:46:05des années Bonheur
00:46:05pour mettre dans le cadre
00:46:06du renouveau
00:46:07le Grand Échiquier
00:46:08et Interville.
00:46:10C'est tout à fait nouveau.
00:46:11Et taratata.
00:46:12Et c'est très bien.
00:46:13Mais je pense
00:46:14que ça aurait pu cohabiter.
00:46:15Je pense que le cabaret
00:46:16aurait pu cohabiter
00:46:17avec le Grand Échiquier.
00:46:18Tout ça comme ça,
00:46:19il y en aurait eu
00:46:19pour tout le monde.
00:46:21Merci pour ces réponses,
00:46:22M. le rapporteur.
00:46:24Merci, M. pour votre réponse.
00:46:26Je voudrais revenir
00:46:27sur les conditions
00:46:28de votre départ.
00:46:29Vous expliquez en propos liminaire
00:46:31que la fin de votre collaboration
00:46:33avec France Tavision
00:46:34se serait déroulée
00:46:35dans des conditions
00:46:36particulièrement brutales.
00:46:37Vous n'êtes pas le seul,
00:46:38d'ailleurs, à le dénoncer.
00:46:39Il y a d'autres animateurs
00:46:40qui, du jour au lendemain,
00:46:41ont eu leur contrat rompu
00:46:43avec le service public
00:46:44qui le dénoncent
00:46:45pas forcément en on,
00:46:46mais aussi en off,
00:46:47parce qu'ils espèrent aussi
00:46:48revenir sur le service public.
00:46:50Vous évoquez que
00:46:52ce n'est pas vous,
00:46:53c'est votre épouse
00:46:54et productrice,
00:46:54Nathalie Bouteau,
00:46:55qui a été reçue
00:46:56par Takis Candidis
00:46:57à l'heure numéro 2
00:46:57de France Télévisions
00:46:58le 12 octobre 2018
00:47:00lors d'un entretien
00:47:00qui a été décrit
00:47:01comme expéditif.
00:47:02Je crois qu'il a duré
00:47:0310 minutes
00:47:03de ce que j'ai pu lire
00:47:04dans la presse
00:47:05et la seule justification
00:47:06qui a été avancée
00:47:07à ce moment-là,
00:47:08c'était
00:47:08« On va arrêter notre contrat,
00:47:10c'est comme ça. »
00:47:11Fin de la citation.
00:47:12Dans le même temps,
00:47:13vous dénoncez
00:47:14un soupçon peut-être
00:47:15de favoritisme
00:47:16entre Banigé,
00:47:18la société dont venait
00:47:19Takis Candidis,
00:47:20alors numéro 2
00:47:21de France Télévisions
00:47:22qui nous a expliqué
00:47:23sous serment
00:47:24devant la commission
00:47:24d'enquête
00:47:25que lui,
00:47:26alors qu'il était
00:47:26directeur des antennes
00:47:27et des programmes,
00:47:28donc responsable
00:47:29de l'attribution
00:47:29des contrats passés
00:47:30avec les sociétés
00:47:31de production,
00:47:32lui, visiblement,
00:47:33ne savait pas
00:47:33les contrats passés
00:47:34notamment avec
00:47:35la société Banigé.
00:47:36Vous avez expliqué
00:47:37en propos liminaires
00:47:38que Nagui,
00:47:39année après année,
00:47:40a bénéficié
00:47:41de 3 primes,
00:47:42puis 7 primes,
00:47:43puis 11 primes
00:47:43et que vous,
00:47:45progressivement,
00:47:46vous avez vu
00:47:46votre portion
00:47:47de prime diminuer
00:47:49jusqu'à vous faire
00:47:50remercier.
00:47:50Est-ce que vous soupçonnez
00:47:52selon vous
00:47:52dans votre éviction
00:47:53une tentative
00:47:55de donner plus
00:47:55de parts de marché
00:47:56à une société
00:47:58dont Nagui
00:47:58était coactionnaire ?
00:48:00Bien sûr que oui.
00:48:01Mais il n'y a pas eu
00:48:02que ça.
00:48:02Il y a eu d'autres primes.
00:48:04C'est vous qui avez dit
00:48:05que le Banigé
00:48:06avait fait 40%
00:48:07de, je crois,
00:48:08de bénéfices de plus
00:48:09pendant la présence
00:48:10de M. Candidista.
00:48:12Alors, moi,
00:48:12je veux bien
00:48:12qu'il n'y soit pour rien.
00:48:13Mais c'est vrai
00:48:14qu'il y a ça.
00:48:14Ce n'est pas
00:48:15la raison principale.
00:48:17Et pour ce qui est
00:48:18de la violence,
00:48:19de la manière
00:48:19dont tu as été viré,
00:48:20je crois que Laurence Boccolini,
00:48:22plein d'autres,
00:48:23il n'y a pas d'humanité.
00:48:24Vous savez,
00:48:24j'ai travaillé
00:48:26sur TF1.
00:48:27Le lait moujote,
00:48:29c'était des gens,
00:48:29tu te rappelles,
00:48:30qui étaient difficiles,
00:48:31mais ça s'est toujours passé
00:48:32avec respect,
00:48:33avec humanité.
00:48:34Toujours.
00:48:35J'ai travaillé
00:48:36pour M. Berlusconi
00:48:37qui est très critiquable
00:48:38et je vous promets
00:48:39que sur la 5
00:48:40avec Berlusconi,
00:48:41il y avait 100 fois plus
00:48:42d'humanité
00:48:42et de respect du public
00:48:43que j'en ai trouvé
00:48:44sur le service public.
00:48:45Voilà.
00:48:46Je voulais vous dire ça
00:48:46parce que c'est vrai
00:48:47et que la manière
00:48:49dont...
00:48:49Alors, ça va,
00:48:50j'en ai vu d'autres.
00:48:51dans ma vie,
00:48:51j'ai connu des drames
00:48:52bien plus importants
00:48:53pour ne pas m'arrêter à ça.
00:48:55Mais c'est vrai
00:48:55que ça a été brutal.
00:48:56Il y a aussi
00:48:56les téléfilms
00:48:57dont je n'étais pas producteur
00:48:58qui ont vraiment bien marché,
00:49:00qui ont fait 4 millions,
00:49:015 millions
00:49:02et où on m'a dit
00:49:02du jour au lendemain,
00:49:03vous n'en ferez plus.
00:49:04Voilà.
00:49:05Et d'ailleurs,
00:49:05c'est marrant
00:49:06parce qu'on m'a dit ça
00:49:06le jour où j'ai reçu
00:49:08un prix d'interprétation
00:49:10de la part
00:49:10de l'audiovisuel.
00:49:12Et donc,
00:49:12on m'a aussi interdit
00:49:13de faire des téléfilms
00:49:15que j'aimais.
00:49:15C'est peut-être
00:49:16ce que je regrette le plus
00:49:17d'ailleurs
00:49:17parce que vraiment,
00:49:18c'était des choses
00:49:19où j'étais auteur,
00:49:20acteur
00:49:20et qui me plaisaient le plus
00:49:22et qui me permettaient
00:49:22de m'exprimer autrement.
00:49:24Peut-être juste pour
00:49:24être sûr de bien comprendre
00:49:25M. Sébastien
00:49:25parce que vous donnez
00:49:26finalement plusieurs raisons.
00:49:27D'un côté,
00:49:28vous dites peut-être
00:49:29parce que je suis un homme blanc
00:49:30de plus de 50 ans
00:49:30puis en même temps,
00:49:31vous le minimisez.
00:49:32Finalement,
00:49:32vous dites que ce n'est pas ça.
00:49:33Oui, ça en fait partie.
00:49:35Là, vous dites
00:49:36qu'il y a du favoritisme
00:49:37c'est-à-dire qu'on a voulu
00:49:39augmenter...
00:49:39Il y a plusieurs raisons.
00:49:41Et il y a une raison principale
00:49:42c'est que Mme Ernot
00:49:43ne m'aime pas
00:49:44et elle a envie
00:49:45de me dégager.
00:49:45Voilà, point.
00:49:46On fait tout.
00:49:47C'est aussi clair que ça
00:49:48et ce n'est pas la seule.
00:49:49Il y a plein de gens
00:49:49qui ne m'aiment pas.
00:49:50Parce que vous voyez,
00:49:50vous portez M. Sébastien
00:49:51des accusations graves.
00:49:52Moi, je suis aussi garant
00:49:53de ce qu'on dit ici.
00:49:53On va auditionner Nagui.
00:49:54Je le pense.
00:49:55Banidja,
00:49:56est-ce que vous avez
00:49:57des preuves
00:49:57de ce que vous avancez ?
00:49:58La preuve que je vous ai donnée
00:50:00c'est que j'avais 16 prime
00:50:03le samedi
00:50:04et que dès que M. Candide
00:50:06s'est arrivé
00:50:07j'en ai eu plus que 10
00:50:07j'en ai eu plus que 7
00:50:08après j'en ai eu 0
00:50:10et entre-temps
00:50:11Nagui le samedi
00:50:12il y en avait 3
00:50:12il y en a eu 7
00:50:13il y en a eu 11
00:50:14voilà.
00:50:16Pour vous c'est mécanique ?
00:50:17Donc je ne vous dis pas
00:50:18que c'est fait exprès
00:50:19mais je suis quand même
00:50:21obligé de reconnaître
00:50:22que venant avec M. Takis
00:50:25qui vient de Banidja
00:50:26et qui repart chez Banidja
00:50:27on peut aussi se poser
00:50:28la question
00:50:29excusez-moi
00:50:30je ne suis pas
00:50:31je n'accuse pas formellement
00:50:33mais je constate
00:50:34voilà
00:50:34je constate que j'ai dégagé
00:50:36je constate que les contrats
00:50:37Nagui
00:50:37et surtout
00:50:40il y a aussi autre chose
00:50:42
00:50:42récemment je suis passé
00:50:43chez Cyril Hanouna
00:50:44dès le lendemain
00:50:45je t'ai dit
00:50:45mes contrats confidentiels
00:50:47ont fuité
00:50:48en essayant de faire croire
00:50:49que tout l'argent
00:50:50qu'on m'a donné
00:50:51était tombé dans ma poche
00:50:52ce n'est pas le cas
00:50:52mes marges
00:50:53mes marges de production
00:50:54étaient entre 8 et 10%
00:50:56ce qui est
00:50:57vous pouvez le vérifier
00:50:58c'est correct
00:50:59ça c'est mes marges
00:51:00de production
00:51:01il y a des producteurs
00:51:02aujourd'hui
00:51:02qui font des marges
00:51:03de 50%
00:51:05ça n'a jamais été mon cas
00:51:07et si vous voulez voir
00:51:07mon enrichissement personnel
00:51:09mon patrimoine
00:51:10personnel
00:51:11avant que je rentre
00:51:12sur France 2
00:51:12et après
00:51:13est quasiment le même
00:51:14je ne suis pas sûr
00:51:15que ce soit le même
00:51:16chez notre producteur
00:51:18mon patrimoine
00:51:18vous pouvez y aller vérifier
00:51:21je ne me suis pas enrichi
00:51:22sur le service public
00:51:23j'ai bien vécu
00:51:25effectivement
00:51:25j'ai bien vécu
00:51:28parce qu'on a
00:51:28et puis j'ai fait un travail
00:51:30excusez-moi
00:51:30mais voilà
00:51:31j'ai tenu la baraque
00:51:32et j'ai bossé
00:51:33et j'ai travaillé
00:51:34beaucoup
00:51:34beaucoup
00:51:35et on y reviendra peut-être
00:51:36parce que le rapporteur
00:51:37s'interroge beaucoup
00:51:37sur ses producteurs
00:51:38et animateurs
00:51:39et il y en a au moins
00:51:40deux parmi nous
00:51:40moi c'est clair
00:51:42les marges
00:51:43elles sont claires
00:51:44elles sont connues
00:51:44on a eu des commissaires
00:51:46au compte
00:51:46et tout le monde
00:51:47a vérifié
00:51:47il n'y a jamais eu
00:51:48d'irrégularité
00:51:49merci beaucoup
00:51:50monsieur le rapporteur
00:51:51je vous remercie
00:51:52pour votre réponse
00:51:53merci monsieur le président
00:51:54effectivement
00:51:54les allers-retours
00:51:55entre des dirigeants
00:51:57de l'audiovisuel public
00:51:58et des sociétés de production
00:51:59c'est l'un des éléments
00:52:00de préoccupation
00:52:01de cette commission d'enquête
00:52:02on a évoqué
00:52:02le cas de Takis Candilis
00:52:03on a évoqué aussi
00:52:04le cas de Nathalie Darigran
00:52:06c'est pour ça que vos propos
00:52:08on veut aussi
00:52:09vous poser un certain nombre
00:52:10de questions
00:52:10sur ces révélations
00:52:13sur les marges
00:52:14on a pu aussi voir
00:52:15que certains animateurs
00:52:16stars du service public
00:52:17comme par exemple Nagui
00:52:19faisaient près de 50%
00:52:20de marge
00:52:21sur des émissions
00:52:22pourtant du service public
00:52:23vous expliquez que vous
00:52:24le niveau de vos marges
00:52:26est situé plutôt
00:52:26entre 8 à 10 ou 12%
00:52:29dernière question
00:52:30sur ce sujet
00:52:31puisque vous avez
00:52:32rebondi là-dessus
00:52:33j'ai pu comparer
00:52:35vos audiences
00:52:36sur des primes
00:52:37je les ai expliqués
00:52:39tout à l'heure
00:52:39à des audiences
00:52:40de primes
00:52:41qui vous ont remplacé
00:52:42notamment de Nagui
00:52:43donc il y a eu
00:52:43Pop Show en 2020
00:52:44c'était 7,5%
00:52:46de part d'audience
00:52:47The Artist en 2021
00:52:488%
00:52:49tout le monde joue
00:52:50au vétérinaire
00:52:517,7% en 2019
00:52:53Seul contre tous
00:52:545,5%
00:52:55de part d'audience
00:52:57si je tire la comparaison
00:52:58avec le plus grand
00:52:59cabaret du monde
00:53:00je crois que vous avez expliqué
00:53:01vous avez fait
00:53:01pour la dernière
00:53:024 millions de téléspectateurs
00:53:04sur France 2
00:53:0470 millions
00:53:05sur TV5Monde
00:53:07vous faisiez systématiquement
00:53:09au moins deux fois plus
00:53:10d'audience
00:53:10que ces primes
00:53:11qui ont été confiées
00:53:13à Nagui
00:53:14alors ça dépend
00:53:15c'est un temps
00:53:16un peu long
00:53:16mais à nouveau
00:53:18comment est-ce que
00:53:18vous expliquez
00:53:19l'omniprésence
00:53:20d'un tel animateur producteur
00:53:22sur le service public
00:53:23sur les 7 ou 8 jeux
00:53:25diffusés chaque jour
00:53:26sur France 2
00:53:27il y en a au moins
00:53:28à peu près la moitié
00:53:29animés ou produits
00:53:30par Nagui
00:53:31est-ce que le service public
00:53:32de l'audiovisuel
00:53:33ne peut pas laisser sa place
00:53:34à davantage d'animateurs
00:53:37de talents
00:53:38qui pourraient venir
00:53:39proposer leurs idées
00:53:39ou est-ce que ça doit être
00:53:40le lieu de la concentration
00:53:42concentration avec des sociétés
00:53:43de production
00:53:44comme MediaOne
00:53:45Banigé
00:53:45et Together
00:53:46et concentration
00:53:47sur quelques talents
00:53:49animateurs
00:53:50qui trusteraient
00:53:51l'essentiel
00:53:52et la majorité
00:53:53des émissions
00:53:53est-ce que
00:53:54c'est vraiment
00:53:55la mission du service public ?
00:53:57Pour moi non
00:53:58et surtout que je ne parle
00:53:59pas que de mon cas
00:54:00moi ma société
00:54:01c'est une petite société
00:54:02par rapport à ces géants là
00:54:04il y a plein de petites sociétés
00:54:06qui ont été rachetées
00:54:06il y a plein de petites sociétés
00:54:08qui aimeraient bien
00:54:09avoir un jeu
00:54:10sur France 2
00:54:11sur France 3
00:54:11il se trouve que c'est
00:54:12squatté par les mêmes personnes
00:54:14c'est
00:54:14qu'est-ce que vous voulez
00:54:15que je vous dise
00:54:15après c'est des rachats
00:54:16successifs monsieur Sébastien
00:54:17comment ?
00:54:18c'est des rachats
00:54:18parfois successifs
00:54:19de sociétés de production
00:54:20oui c'est ça
00:54:20moi j'ai jamais voulu
00:54:22être racheté par qui que ce soit
00:54:23je voulais garder mon indépendance
00:54:25j'ai jamais rêvé
00:54:26de fortune immense
00:54:28là-dessus
00:54:28j'ai surtout
00:54:30essayé de faire mon boulot
00:54:31le mieux possible
00:54:32tu sais j'aurais pu gagner
00:54:32beaucoup plus d'argent
00:54:33sur le cabaret
00:54:35en enlevant
00:54:35j'avais 16 numéros visuels
00:54:38j'en aurais enlevé 4
00:54:39et j'aurais fait du baratin
00:54:40à la place
00:54:40on s'en serait pas trop aperçu
00:54:42j'aurais gagné un peu plus d'argent
00:54:43mais on a des émissions
00:54:44qu'on a fait à perte
00:54:45parce qu'on voulait absolument
00:54:47que le téléspectateur
00:54:48soit content
00:54:49donc quand on se fait virer après
00:54:50c'est vrai qu'on l'a un peu en travers
00:54:52parce que j'ai toujours tout fait
00:54:54les musiciens que j'ai fait bosser
00:54:55les danseurs que j'ai fait bosser
00:54:57les artistes
00:54:57que j'ai fait travailler
00:54:58et que j'ai très bien payé
00:55:00vous pouvez aller dans mes comptes
00:55:01tout le monde a été très bien payé
00:55:03je sais par exemple que
00:55:05je sais pas moi
00:55:06c'est un truc que je pourrais pas faire
00:55:07l'émission
00:55:08n'oubliez pas les paroles
00:55:09ils enregistrent 14 émissions
00:55:11dans la journée
00:55:12j'ai des copains
00:55:13qui sont allés derrière
00:55:14ils touchent 100 euros
00:55:15pour la journée
00:55:17ça me paraît un peu exagéré
00:55:19voilà
00:55:19ça je saurais pas faire ça
00:55:21ça je saurais pas dire
00:55:22renseignez-vous sur les
00:55:23mais Nagui sera devant nous
00:55:24il pourra répondre
00:55:25il pourra vous le dire
00:55:26mais c'est vrai
00:55:26que j'ai des copines
00:55:27qui sont allées faire
00:55:28cette émission
00:55:29ils touchent 100 euros
00:55:30pour 14 émissions
00:55:31alors que
00:55:32la marge doit être de
00:55:33comme tu dis
00:55:34de 40 ou 50%
00:55:35je sais pas
00:55:35ça me choque moi ça
00:55:36ça je l'ai jamais fait
00:55:38pour renseigner sur les gens
00:55:39que j'ai payé autour de chez moi
00:55:40tout le monde a toujours été bien payé
00:55:42plus la diversité
00:55:43je veux parler aussi
00:55:44du message
00:55:44qu'on a envoyé avec le plus grand cabaret du monde
00:55:47on a fait venir des gens
00:55:48de toute race
00:55:49de toute couleur
00:55:51de toute religion
00:55:51il y avait des chinois
00:55:52il y avait des maghrébins
00:55:53il y avait des africains
00:55:55et on a montré
00:55:56qu'il fallait du boulot
00:55:58il fallait des efforts
00:55:59pour aller à ça
00:56:00à la jeunesse
00:56:01les jeunes qui regardaient
00:56:02on leur a montré
00:56:03que des beaux exemples
00:56:04en tout cas
00:56:05je resterai
00:56:06toujours fier de ça
00:56:08c'est dommage
00:56:09que ça n'ait pas continué
00:56:10un peu plus
00:56:10mais c'est pas grave
00:56:11on a montré plus de 3000 numéros
00:56:15pendant cette émission
00:56:16et elle a marqué
00:56:18d'abord des générations
00:56:19et même à l'international
00:56:21on m'en parle encore
00:56:21donc je suis très fier de ça
00:56:23et j'ai honte de rien
00:56:24parce qu'elle a été rediffusée
00:56:26sur TV5
00:56:26monsieur le rapporteur
00:56:30merci monsieur le président
00:56:32encore peut-être
00:56:33deux questions
00:56:34à vous poser
00:56:34monsieur Sébastien
00:56:35avant de vous poser
00:56:37des questions
00:56:37à monsieur Drucker
00:56:38et monsieur Cardos
00:56:40je voudrais revenir
00:56:40sur vos propos liminaires
00:56:42vous avez suggéré
00:56:45des cadeaux
00:56:45ou peut-être
00:56:46des rétrocommissions
00:56:47qui pourraient intervenir
00:56:49entre des sociétés
00:56:50de production
00:56:51et des dirigeants
00:56:52de l'audiovisuel public
00:56:53notamment Delphine Arnot
00:56:54le cadre de cette commission
00:56:55d'enquête
00:56:55c'est aussi
00:56:56de percevoir ce phénomène
00:56:57de concentration
00:56:58de contrats
00:56:59passés avec certaines sociétés
00:57:00aujourd'hui
00:57:01il y a plus de 110 millions d'euros
00:57:02qui sont attribués
00:57:03chaque année
00:57:03à une société
00:57:04comme MediaOne
00:57:04il y a près de 90 millions d'euros
00:57:06qui sont attribués
00:57:07à une société
00:57:07comme Banigé
00:57:09le numéro 2
00:57:10de France Télévisions
00:57:10a été quasiment
00:57:12un numéro 2
00:57:13de Banigé
00:57:13il a fait une navette
00:57:15c'est monsieur Clandilis
00:57:17où l'ancien
00:57:18effectivement
00:57:19où il y a des contrats
00:57:20qui sont passés
00:57:21quasiment sur une année
00:57:22de 8 à 11 millions d'euros
00:57:24est-ce que vous avez eu
00:57:25connaissance
00:57:26de cadeaux
00:57:27de rétrocommissions
00:57:29qui auraient pu
00:57:32faciliter
00:57:32la conclusion
00:57:33de certains contrats
00:57:34passés
00:57:35avec des sociétés
00:57:36de production
00:57:36et qu'est-ce que
00:57:37vous pensez
00:57:38de ce phénomène
00:57:38de concentration
00:57:39est-ce que
00:57:39l'ADN du service public
00:57:41c'est pas au contraire
00:57:41de soutenir la création
00:57:42et la production audiovisuelle
00:57:44indépendante française
00:57:45plutôt que de concentrer
00:57:47ces contrats
00:57:48dans les mains
00:57:49de quelques grosses sociétés
00:57:51je n'ai eu
00:57:52aucune connaissance
00:57:55précise
00:57:55claire
00:57:56prouvée
00:57:56donc je ne vous dirai pas
00:57:57que ça existe
00:57:58je vous dis
00:57:59que je me pose
00:58:00la question
00:58:01comme beaucoup
00:58:01de gens
00:58:02se posent la question
00:58:03c'est tout
00:58:04mais je n'ai
00:58:05aucune
00:58:05aucune preuve
00:58:08aucune preuve
00:58:09de quoi que ce soit
00:58:10j'ai entendu
00:58:11des oui-dire
00:58:12des machins
00:58:13etc
00:58:13mais ça ne suffit pas
00:58:14tout ça
00:58:15maintenant
00:58:16je ne vais pas m'attarder
00:58:18je n'ai plus trop envie
00:58:19de parler de tout ça
00:58:21je veux juste vous dire
00:58:22que
00:58:23si ça peut vous aider
00:58:25je ne sais pas
00:58:25si vous en tiendrez compte
00:58:27mais
00:58:27j'ai créé donc un mouvement
00:58:29qui s'appelle
00:58:29ça suffit
00:58:30où j'essaie de représenter
00:58:31hors politique
00:58:32ce que m'envoient les gens
00:58:34et vous êtes la commission
00:58:36d'enquête
00:58:36sur le visuel public
00:58:37qui a une proposition
00:58:38qui m'est revenu
00:58:39plusieurs fois
00:58:40et qui m'a dit
00:58:41tu vois Patrick
00:58:43l'audiovisuel public
00:58:44a 4 milliards
00:58:46de budget
00:58:47ah bah ça serait bien
00:58:48si on a enlevé
00:58:491 milliard
00:58:49et que ce milliard
00:58:50on le donne aux hôpitaux
00:58:51et je suis d'accord
00:58:52pourquoi pas 4 alors ?
00:58:53pourquoi pas 4
00:58:54quand on y est ?
00:58:55parce qu'on peut prendre
00:58:56on peut faire une économie
00:58:57d'un milliard
00:58:58pour les donner aux hôpitaux
00:58:59ma question était ironique
00:59:00je précise
00:59:01parce que parfois
00:59:01comment ?
00:59:02non mais parce qu'on va
00:59:03pourquoi 1 ?
00:59:03c'est très primaire
00:59:04comme raisonnement
00:59:04pourquoi 1 ?
00:59:05ben comme ça
00:59:06parce que c'est très primaire
00:59:07comme raisonnement
00:59:08parce que je pense
00:59:08que le service public
00:59:09il faut quand même
00:59:10de l'argent
00:59:10qui pourrait fonctionner
00:59:11avec 3
00:59:12et qu'il y a peut-être
00:59:131 milliard
00:59:14qui peut être
00:59:16dispatché autrement
00:59:17on n'est peut-être pas
00:59:17obligé d'avoir
00:59:18autant de chaînes
00:59:18on est peut-être obligé
00:59:19d'avoir autant de trucs
00:59:20et que ce milliard
00:59:21économisé
00:59:22qui irait aux hôpitaux
00:59:23ça serait beaucoup
00:59:23plus salutaire
00:59:24c'est mon avis
00:59:25c'est primaire
00:59:26c'est tout ce que vous voulez
00:59:27vous pouvez même dire
00:59:28que c'est démago
00:59:28mais je le pense vraiment
00:59:29je trouve que ça serait pas mal
00:59:30mais c'est pas le sujet
00:59:37merci monsieur le président
00:59:40vous évoquez aussi
00:59:42en propos liminaire
00:59:42qu'un certain nombre
00:59:43d'animateurs
00:59:44je crois que vous parliez
00:59:44de Nagui
00:59:45ont connu un enrichissement
00:59:46personnel
00:59:47sur le service public
00:59:48avec des marges
00:59:50importantes
00:59:51en tout cas
00:59:52vous parliez
00:59:52d'enrichissement personnel
00:59:53en expliquant que vous
00:59:54à titre personnel
00:59:56vous n'avez pas eu
00:59:57d'enrichissement personnel
00:59:58alors vous expliquez
00:59:59que vous n'aviez pas
01:00:00d'enrichissement personnel
01:00:01pour vos émissions
01:00:02avec des marges
01:00:03entre 8 à 10%
01:00:05je voudrais peut-être
01:00:06vous faire revenir
01:00:07il y a eu une plainte
01:00:08qui a été déposée
01:00:10contre X
01:00:10pour cyber harcèlement
01:00:12je crois
01:00:12de la part de Nagui
01:00:14il y a eu beaucoup
01:00:15d'animateurs
01:00:16qu'on a convoqués
01:00:17dans le cadre
01:00:17de cette commission d'enquête
01:00:18il y a eu Tristan Walex
01:00:19il y a eu Élise Lucet
01:00:20il y a eu Léa Salamé
01:00:22il y a eu M. Pujadas
01:00:23il y a eu vous
01:00:25cet après-midi
01:00:26il y a eu beaucoup
01:00:27d'animateurs
01:00:28qui ont accepté
01:00:29de répondre
01:00:30à nos questions
01:00:30et je voudrais
01:00:32simplement revenir
01:00:33sur ce point là
01:00:35Mediapart a révélé
01:00:36un contrat
01:00:37de 100 millions d'euros
01:00:38sur le divertissement
01:00:39passé en 3 ans
01:00:41entre France Télévisions
01:00:42et Nagui
01:00:43et ses sociétés
01:00:44entre 2017
01:00:45et 2020
01:00:46j'ai eu le tort
01:00:47de relayer
01:00:48cette enquête
01:00:48de Mediapart
01:00:49à l'époque
01:00:49de relayer aussi
01:00:51la demande
01:00:51de commission d'enquête
01:00:52passée par une députée
01:00:53macroniste
01:00:54Frédéric Dumas
01:00:55à l'époque
01:00:55en 2020
01:00:56ce qui m'a valu
01:00:57un poste incendiaire
01:00:58de Nagui
01:00:59qui m'a jeté en pâture
01:01:00devant un demi-million
01:01:01d'abonnés
01:01:02où j'ai reçu
01:01:03beaucoup de messages
01:01:04d'insultes
01:01:05de messages
01:01:06de menaces
01:01:07simplement
01:01:07parce que
01:01:08je me permets de rebondir
01:01:09vous évoquez
01:01:09des cas d'enrichissement
01:01:10personnel
01:01:11dont vous ne faisiez pas partie
01:01:12sur le service public
01:01:13est-ce que selon vous
01:01:14la vocation du service public
01:01:16c'est aussi
01:01:16de proposer
01:01:17des marges
01:01:19importantes
01:01:19à des animateurs
01:01:20stars
01:01:21ou au contraire
01:01:21de redistribuer
01:01:23sur des émissions
01:01:24et de limiter
01:01:25des marges
01:01:25peut-être à 10 ou 15%
01:01:27pour pas qu'il y ait
01:01:28d'excès
01:01:28quel est le bon niveau
01:01:29de marge
01:01:29sur le service public
01:01:30de l'audiovisuel
01:01:33moi je vais vous dire
01:01:34une chose
01:01:34que j'ai déjà dit
01:01:35moi j'en veux pas
01:01:36à Nagui
01:01:37et j'en veux pas
01:01:38à Banidjee
01:01:38j'en veux pas
01:01:39à ceux qui acceptent
01:01:41j'en veux à ceux
01:01:42qui proposent
01:01:43les responsables
01:01:44c'est ceux qui laissent ça
01:01:46c'est ceux qui font
01:01:47ces cadeaux là
01:01:47c'est pas ceux qui acceptent
01:01:49il a bien fait Nagui
01:01:50qu'est-ce que je te dise
01:01:50si on lui propose ça
01:01:52et s'il peut l'avoir
01:01:54le responsable
01:01:55c'est celui qui propose
01:01:56en l'occurrence
01:01:57la direction
01:01:58de France Télévisions
01:01:59je suis désolé
01:02:00j'en veux plus à eux
01:02:02qu'à l'animateur
01:02:03qui va profiter
01:02:04du système
01:02:05voilà
01:02:05moi je trouve
01:02:07que les insultes
01:02:08contre Nagui
01:02:09sont déplacées
01:02:09on peut avoir
01:02:10des divergences de vues
01:02:11il fait un travail
01:02:12il est au charbon
01:02:12tous les jours
01:02:13en plus
01:02:13voilà
01:02:14après les marches
01:02:15c'est une question
01:02:16d'accord avec
01:02:18si la chaîne
01:02:19ne lui proposait pas
01:02:20ces chiffres là
01:02:21il n'en profiterait pas
01:02:22mais il a raison
01:02:23d'en profiter
01:02:24pour qu'on les lui propose
01:02:24voilà
01:02:26il sera auditionné demain
01:02:27donc je pense
01:02:28qu'il pourra répondre
01:02:29à nos questions
01:02:29sinon on l'aurait convoqué
01:02:30aujourd'hui
01:02:31si j'avais su
01:02:31que ce serait
01:02:32un dialogue
01:02:33par écran interposé
01:02:34entre vous et lui
01:02:35je propose
01:02:35non non non
01:02:37mais c'est pas le sujet
01:02:38mais voilà
01:02:38je pense que comme on le disait demain
01:02:40on pourra l'interroger
01:02:41lui poser toutes les questions
01:02:42il a accepté lui aussi
01:02:43de répondre
01:02:44sans difficulté
01:02:45à ma convocation
01:02:46il pourra répondre
01:02:47aux questions du rapporteur
01:02:47et de la commission d'enquête
01:02:48monsieur le rapporteur
01:02:49je vous cède la parole
01:02:50merci monsieur le président
01:02:53dernière question pour vous
01:02:54monsieur Sébastien
01:02:55c'était suite à l'émission
01:02:57complément d'enquête
01:02:58présentée par Tristan Wallach
01:03:00qui a été diffusée
01:03:00le 10 mars dernier
01:03:01alors il y a beaucoup de propos
01:03:03qui pourraient faire l'objet
01:03:03de questions dans cette commission d'enquête
01:03:05je vais en retenir un
01:03:06vous avez expliqué
01:03:07au sujet de cette émission
01:03:09je vous cite
01:03:10c'était une commande
01:03:11de madame Ernot
01:03:11il y avait une volonté
01:03:12de me nuire
01:03:13dans tout ce reportage
01:03:14vous avez également affirmé
01:03:15aussi dans les propos liminaires
01:03:17à l'instant
01:03:18que la direction de France Télévisions
01:03:20et madame Ernot
01:03:20vous interdisez de plateau
01:03:22depuis 4 ans
01:03:24est-ce que vous estimez
01:03:26faire l'objet
01:03:26d'un acharnement
01:03:27de la part de France Télévisions
01:03:29depuis que vous avez été
01:03:30mis à l'écart
01:03:31est-ce digne
01:03:33du service public
01:03:33de l'audiovisuel
01:03:34et comment vous l'expliquez ?
01:03:36bien sûr
01:03:36moi j'aimerais qu'elle me foutre la paix
01:03:37là maintenant
01:03:38parce que le complément d'enquête
01:03:39je ne l'ai pas demandé
01:03:40on m'a dit un jour
01:03:41voilà il y a un complément d'enquête
01:03:43sur toi
01:03:43j'y suis allé
01:03:44parce que je voulais répondre
01:03:45sur place
01:03:46c'est bourré de fausses informations
01:03:48bourré de fausses informations
01:03:49de choses
01:03:50les gens qui l'ont vu
01:03:51ne sont pas dupes
01:03:52ils ont bien vu
01:03:53que c'était à charge
01:03:56sur plein de choses
01:03:57sur plein plein de choses
01:03:58que c'était à charge
01:03:59qu'on a voulu
01:04:00si une émission comme ça
01:04:01n'a pas voulu me nuire
01:04:02alors je me demande
01:04:02laquelle a voulu me nuire
01:04:03mais rassurez-vous
01:04:04ça va très bien
01:04:05parce que les gens
01:04:06ne sont pas dupes de ça
01:04:08ils ne sont pas dupes de ça
01:04:09et c'est vrai que
01:04:12effectivement
01:04:12je me rappelle avoir voulu faire
01:04:13c'est à vous
01:04:15et ma copine
01:04:16Anne-Elisabeth
01:04:17m'a dit
01:04:17mais il n'y a pas de problème Patrick
01:04:18et puis finalement
01:04:19il y a eu un problème
01:04:20on ne peut pas te recevoir
01:04:21voilà
01:04:21et toutes les émissions
01:04:22auxquelles mon attaché de presse
01:04:23quand je sortais un bouquin
01:04:25voulait me faire aller
01:04:25on me disait
01:04:26on ne peut pas
01:04:26et il n'y a que Michel
01:04:27qui m'a appelé
01:04:28en me disant
01:04:28je veux t'avoir dans l'émission
01:04:29je dis mais tu sais Michel
01:04:30ils vont te dire non
01:04:31et il m'a dit je m'en fous
01:04:34et donc j'ai fait l'émission
01:04:36avec Michel
01:04:36mais c'est vrai qu'il y a
01:04:37cette
01:04:39vous nous dites quand même
01:04:41pardon
01:04:41c'est des accusations graves
01:04:42je veux être précis
01:04:43grave
01:04:44j'ai rien demandé
01:04:44non mais vous nous avez expliqué
01:04:45que vous avez été en gros
01:04:46censuré sur le service public
01:04:47audiovisuel
01:04:48ah bah oui
01:04:49et je vous dis
01:04:50j'ai fait une tournée
01:04:51qui s'appelait
01:04:51le plus grand cabaret du monde
01:04:52j'ai des amis journalistes
01:04:54de François
01:04:55qui voulaient faire un reportage
01:04:56et on leur a interdit
01:04:57de faire ce reportage
01:04:59je vous dise
01:05:00je sais pas comment
01:05:02ce que vous pensez
01:05:03de quelqu'un
01:05:04qui est interdit
01:05:04à des journalistes
01:05:05de faire leur boulot
01:05:06ça s'appelle comme ça
01:05:08et voilà
01:05:09et derrière
01:05:09comme par hasard
01:05:10je suis interdit
01:05:11de passer
01:05:12comme invité
01:05:13pas pour faire de la télé
01:05:14et comme par hasard
01:05:15on fait un complément d'enquête
01:05:17sur moi
01:05:17sur France 2
01:05:18sur une chaîne
01:05:18où j'ai pas le droit d'aller
01:05:19ça vous paraît pas étrange
01:05:22ça
01:05:23moi ça me paraît étrange
01:05:25et la chance que j'ai
01:05:27c'est que je vous dis
01:05:28les gens qui m'aiment pas
01:05:29continueront à pas m'aimer
01:05:30mais ceux qui m'aiment bien
01:05:31sont pas dupes
01:05:32merci
01:05:33monsieur Sébastien
01:05:34monsieur le rapporteur
01:05:36merci monsieur le président
01:05:37monsieur Drucker
01:05:39j'ai une première question
01:05:40d'ordre général
01:05:41pour rebondir
01:05:42sur vos propos
01:05:43liminaires
01:05:44vous avez pris
01:05:45la défense
01:05:46c'est votre droit
01:05:47de Delphine Arnaut
01:05:48et du service public
01:05:49où vous expliquez
01:05:50je pense que tout le monde
01:05:52dans cette commission d'enquête
01:05:53tient aux missions précieuses
01:05:55de l'audiovisuel public
01:05:56simplement le rôle
01:05:57de cette commission d'enquête
01:05:58c'est aussi de veiller
01:05:59à la bonne utilisation
01:06:00des fonds publics
01:06:01et vous avez expliqué
01:06:02dans votre propos liminaire
01:06:04c'est faux de dire
01:06:05que le service public
01:06:05dilapide l'argent du contribuable
01:06:07enfin la citation
01:06:08pourtant bon
01:06:09dans le cadre de la commission d'enquête
01:06:10vous êtes très occupé
01:06:11j'imagine que vous avez
01:06:12pas pu suivre l'ensemble
01:06:13des auditions
01:06:13mais il y a eu quand même
01:06:14un certain nombre de révélations
01:06:16il y a eu la révélation
01:06:16des nuits
01:06:18à Cannes
01:06:18par la direction
01:06:19de France Télévisions
01:06:20et Delphine Arnaut
01:06:21sur des suites
01:06:22aux majestiques
01:06:22à 1700 euros la nuit
01:06:23il y a eu une enquête
01:06:24d'ailleurs qui a été ouverte
01:06:25par le parquet de Paris
01:06:27il y a quelques semaines
01:06:28il y a eu les 126 000 euros
01:06:30de frais de réception
01:06:31et de mission
01:06:31dépensés chaque jour
01:06:32d'argent du contribuable
01:06:34pour France Télévisions
01:06:35il y a eu 10 000 euros
01:06:37de frais de taxi
01:06:37chaque jour
01:06:38il y a des salaires
01:06:39de directeurs
01:06:40il y a eu une trentaine
01:06:41de directeurs
01:06:41chez France Télévisions
01:06:42qui gagnent plus
01:06:43que le président de la république
01:06:44il y a une piscine
01:06:45qui a été rénovée
01:06:46à 1 million d'euros
01:06:47dans un château
01:06:48en Dordogne
01:06:48pour les membres
01:06:49du CSE
01:06:50il y a 14 semaines
01:06:51de congés payés
01:06:52pour les journalistes
01:06:53de Radio France
01:06:54il y a eu une prime
01:06:55de performance
01:06:55qui a été attribuée
01:06:56après 80 000 euros
01:06:57pour Delphine Ernot
01:06:58l'année dernière
01:06:59alors qu'elle a fait
01:07:01quand même plonger
01:07:01le déficit
01:07:02de plus de 80 millions d'euros
01:07:03entre 2017 et 2024
01:07:05et c'est encore
01:07:06l'argent du contribuable
01:07:08il y a une cinquantaine
01:07:09de voitures de fonction
01:07:09qui sont accordées
01:07:11à des directeurs parisiens
01:07:12de France Télévisions
01:07:13dont un
01:07:14Arnaud N'Gacha
01:07:15adjoint d'Anne Hidalgo
01:07:16à la mairie de Paris
01:07:17qui nous a avoué
01:07:18à demi-mot
01:07:19utiliser aussi
01:07:19sa voiture de fonction
01:07:20pour des déplacements personnels
01:07:22et peut-être
01:07:22à caractère politique
01:07:23je vais m'arrêter là
01:07:24il y a bien d'autres exemples
01:07:25qu'on pourrait exprimer
01:07:27mais est-ce que vous n'avez pas
01:07:27l'impression
01:07:28que le problème
01:07:29aujourd'hui
01:07:29notamment de légitimité
01:07:31du service public
01:07:32ce sont ces gabegis
01:07:33et que certes
01:07:35on peut défendre
01:07:36un service public
01:07:36mais on doit surtout
01:07:37le défendre
01:07:38sans les gabegis
01:07:39sans ces dysfonctionnements
01:07:40sans ces dérives
01:07:41et que tout le rôle
01:07:42de cette commission d'enquête
01:07:43c'est d'y mettre fin
01:07:46je n'ai pas tout suivi
01:07:47monsieur le rapporteur
01:07:48parce que j'ai une émission
01:07:50qui me prend beaucoup de temps
01:07:51donc je n'ai pas suivi
01:07:52toutes les auditions
01:07:57je veux bien croire
01:07:58qu'il y a eu peut-être
01:08:00des dérives
01:08:01mais je crois que
01:08:02les principaux intérêts
01:08:03se sont expliqués là-dessus
01:08:05moi je n'ai pas suivi
01:08:06ce qui s'est passé à Cannes
01:08:07parce que je travaillais
01:08:08sur mon émission
01:08:09qui me prend beaucoup de temps
01:08:10mais je voudrais vous dire
01:08:11que depuis tout à l'heure
01:08:13en écoutant Patrick Sébastien
01:08:16je voudrais vous dire
01:08:16que notre métier
01:08:18est un métier
01:08:20de stress
01:08:20c'est un métier fragile
01:08:21c'est un métier
01:08:23de gens sensibles
01:08:24et contrairement
01:08:25à ce que vous pensez
01:08:27c'est un métier
01:08:29où chaque jour
01:08:30on se demande
01:08:31si on sera là le lendemain
01:08:33il y a évidemment
01:08:34les audiences
01:08:35mais pas que
01:08:36les audiences
01:08:38moi je suis un exemple
01:08:39un peu particulier
01:08:40parce que
01:08:41je vous l'ai dit
01:08:42dans le propos liminaire
01:08:42je suis là depuis tellement longtemps
01:08:44mais je voudrais vous dire
01:08:45que le service public
01:08:47j'y reviens
01:08:47c'est très important
01:08:48je vous ai dit tout à l'heure
01:08:50le service public
01:08:51c'est là où il faut être
01:08:52si on veut faire de la télévision
01:08:54au long cours
01:08:56jamais je n'aurais fait ce parcours
01:08:57si j'avais été dans le privé
01:08:59je suis passé 5 ans sur TF1
01:09:00même pas
01:09:01et j'ai appris beaucoup d'ailleurs
01:09:03et j'ai gardé de bons rapports
01:09:04avec les anciens patrons
01:09:05d'ailleurs
01:09:06mais si on veut durer
01:09:07dans ce métier
01:09:09il faut
01:09:11il faut considérer
01:09:12je vous l'ai dit
01:09:13mais c'est très très important
01:09:15que l'image
01:09:15c'est l'audience de demain
01:09:16le service public
01:09:17ça n'a pas un problème d'image
01:09:19et je veux bien croire
01:09:21en vous écoutant
01:09:23que l'image
01:09:23a pu être un petit peu écornée
01:09:26à travers tout ce que vous venez
01:09:27de nous raconter
01:09:27mais je n'étais pas devant
01:09:29la commission ce jour-là
01:09:30et je n'ai pas suivi en détail
01:09:31tout ce qui s'est passé
01:09:32s'il y a eu des excès
01:09:33je pense que
01:09:34les principaux intéressés
01:09:37l'ont reconnu
01:09:38j'ai vu quelque part
01:09:39que
01:09:41le gouvernement
01:09:42demande au service public
01:09:43après
01:09:45tout ce qu'on a entendu
01:09:46de faire des économies
01:09:47parce que
01:09:49l'époque est à l'économie
01:09:50et je crois que c'est déjà prévu
01:09:53il y a déjà plusieurs mois
01:09:54que la gouvernance
01:09:56nous a dit
01:09:56qu'il fallait faire des économies
01:09:57et c'est déjà commencé
01:09:58mais je vous signale
01:09:59que les économies
01:10:00en élargissant un petit peu
01:10:01le paysage
01:10:02on les demande aussi
01:10:03sur TF1 et sur M6
01:10:05parce que
01:10:06parce que le marché publicitaire
01:10:07n'est plus
01:10:09celui qu'il était
01:10:09parce que
01:10:10comme l'a dit Patrick Sébastien
01:10:12les audiences
01:10:12ne sont plus les mêmes
01:10:13parce que le linéaire
01:10:14a beaucoup baissé
01:10:16parce qu'il y a d'autres supports
01:10:17parce que les nouveaux téléspectateurs
01:10:19regardent la télévision
01:10:20d'une autre façon
01:10:21il y a les plateformes
01:10:22il y a
01:10:24toutes sortes de façons
01:10:25de regarder la télévision maintenant
01:10:27et c'est vrai que
01:10:28que notre métier
01:10:29est en train de changer
01:10:31on le sent bien
01:10:32à travers tout ce que j'ai entendu
01:10:34quand j'étais devant mon poste
01:10:36de votre commission
01:10:37on sent bien qu'il y a un malaise
01:10:39on sent bien que le métier
01:10:40est en train de changer
01:10:41on sent bien que la télévision
01:10:42qu'on a aimée
01:10:43je parle pour moi
01:10:44et pour Patrick Sébastien
01:10:45n'est plus la même
01:10:46nous sommes
01:10:48des anciens
01:10:49des très anciens
01:10:50moi je suis
01:10:50je suis le vétéran
01:10:52de ce métier
01:10:53je suis plutôt
01:10:54en fin de carrière
01:10:55je suis très fier
01:10:56de ce que j'ai vécu
01:10:58grâce au service public
01:10:59et
01:11:00permettez-moi d'insister
01:11:01mais
01:11:02vous ne me ferez pas dire
01:11:03du mal
01:11:03d'Elphine Ernot
01:11:05ni de
01:11:07merci monsieur Druga
01:11:08non
01:11:09vous ne me ferez pas dire
01:11:10du mal d'eux
01:11:11parce que
01:11:11je leur dois beaucoup
01:11:12et je trouve que
01:11:13leur gouvernance
01:11:14est une gouvernance
01:11:15qui a réussi
01:11:16on est
01:11:18non mais c'est important
01:11:19je vous dis
01:11:19c'est très important
01:11:19il faut dire que le service public
01:11:21est une grande réussite
01:11:22qui gêne sans doute
01:11:23beaucoup le privé
01:11:24parce que chaque jour
01:11:25il y a à peu près
01:11:2730% de gens
01:11:28qui regardent
01:11:29le service public
01:11:29c'est pas tout à fait par hasard
01:11:31le service public
01:11:32c'est pas ce qu'on en dit
01:11:33le service public
01:11:34est beaucoup plus ambitieux
01:11:36que ça
01:11:36il a les moyens
01:11:37de ses ambitions
01:11:38encore que
01:11:39et je le répète
01:11:41quitte à me répéter
01:11:42en boucle
01:11:43mais que je suis très fier
01:11:44d'appartenir à cette maison
01:11:45et je suis venu devant vous
01:11:47pour le répéter
01:11:48merci
01:11:49et personne ne veut vous faire dire
01:11:50du mal de Dersiniannot
01:11:51ou de quiconque
01:11:52on est là ici
01:11:53à la commission d'enquête
01:11:54pour essayer de mettre en lumière
01:11:55des dysfonctionnements
01:11:56et des manquements
01:11:58et mieux comprendre
01:11:58ce que doivent être
01:11:59les missions de service public
01:12:00monsieur le rapporteur
01:12:01je crois que vous avez une question
01:12:01pour monsieur Cardoz
01:12:05merci monsieur le président
01:12:07monsieur Cardoz
01:12:07effectivement
01:12:08vous avez présenté
01:12:09donc
01:12:09l'émission d'investigation
01:12:11complément d'enquête
01:12:11de 2018 à 2021
01:12:14le 21 septembre 2023
01:12:16vous avez déclaré
01:12:17je vous cite
01:12:18il y a certaines choses
01:12:19que je n'ai pas réussi à faire
01:12:20et en particulier
01:12:20cette enquête
01:12:21sur Jean-Luc Mélenchon
01:12:22il y a des amitiés
01:12:24au sein de complément d'enquête
01:12:25il y a des gens
01:12:25qui sont ouvertement
01:12:26d'extrême gauche
01:12:27et à qui cela pose un problème
01:12:29fin de la citation
01:12:30vous avez évoqué aussi
01:12:32en propos liminaire
01:12:33des freins
01:12:33et indiqué qu'il y avait
01:12:35chez France Division
01:12:36peut-être
01:12:36des amitiés
01:12:37avec certains partis politiques
01:12:38quand vous parlez
01:12:39d'amitié
01:12:40de gens ouvertement
01:12:41d'extrême gauche
01:12:42à qui cela pose un problème
01:12:43comment est-ce que cela
01:12:45se matérialisait
01:12:47concrètement
01:12:47lorsque vous exerciez
01:12:49vos fonctions
01:12:50au sein du service public
01:12:51de l'audiovisuel
01:12:54comme je vous le disais
01:12:54tout à l'heure
01:12:56la règle
01:12:56à complément
01:12:58c'était
01:12:58qui était une règle
01:12:59qui datait de Benoît
01:13:00c'était de faire en sorte
01:13:00que ce soit la majorité
01:13:02c'est important de dire ça
01:13:03parce que sinon
01:13:04on ne comprend pas bien
01:13:05on me dit
01:13:05mais pourquoi tu n'as pas
01:13:05imposé telle enquête
01:13:06telle enquête
01:13:07ça ne marchait pas comme ça
01:13:09moi je voulais
01:13:09qu'il y ait une majorité
01:13:11qui soit d'accord
01:13:12avec l'éditing
01:13:13comme on dit
01:13:14dans notre jargon
01:13:15c'est à dire
01:13:16qui soit d'accord
01:13:16avec la question qu'on pose
01:13:19donc voilà
01:13:20donc j'ai fait
01:13:21une centaine d'émissions
01:13:23sur cette centaine
01:13:24d'émissions
01:13:25il y a eu
01:13:26je peux vous citer
01:13:27plusieurs cas
01:13:27sur lesquels
01:13:28il y a eu des freins
01:13:29il y a eu des difficultés
01:13:31il y a eu
01:13:32l'émission sur le communautarisme
01:13:34est une émission
01:13:34que j'ai très mal vécue
01:13:35parce qu'on m'a traité
01:13:36de facho
01:13:37simplement parce que je voulais
01:13:38coller à l'actualité
01:13:39puisqu'il y avait un projet de loi
01:13:41voulu par le gouvernement
01:13:42à l'époque
01:13:43sur le communautarisme
01:13:46et que
01:13:47le simple fait
01:13:48de vouloir décrypter
01:13:50le terme d'islamo-gauchisme
01:13:51avait été perçu
01:13:53comme une vision
01:13:55fascisante
01:13:56de présenter les choses
01:13:58lorsqu'on est présentateur
01:13:59et rédacteur en chef
01:13:59on ne détient pas la vérité
01:14:00on dit
01:14:01voilà quel est le thème
01:14:03emparez-vous de ce thème
01:14:04et faites en sorte
01:14:05que ce thème
01:14:06soit déconstruit
01:14:07construit d'un côté
01:14:08déconstruit de l'autre
01:14:09moi j'ai toujours conçu
01:14:10les émissions
01:14:11en me disant
01:14:12que rien n'était noir
01:14:15rien n'était blanc
01:14:15que tout était
01:14:16dans les nuances de gris
01:14:18et je l'ai voulu
01:14:19sur absolument
01:14:20tous les sujets
01:14:20je peux vous donner
01:14:21plein d'exemples
01:14:22et je pense que
01:14:22c'est ma réputation
01:14:24et lorsque je propose
01:14:25une émission
01:14:25sur le communautarisme
01:14:26il ne s'agit pas de dire
01:14:27que la France est devenue
01:14:30qu'elle est prisonnière
01:14:31de ses communautés
01:14:33il s'agit de s'interroger
01:14:34sur les difficultés
01:14:37que nous traversons
01:14:37enfin je veux dire
01:14:38et que vous connaissez
01:14:39par cœur
01:14:40donc dès qu'en point de départ
01:14:42si vous voulez
01:14:42avant même que l'enquête
01:14:43ait démarré
01:14:44qu'on puisse en a priori
01:14:46me dire
01:14:47d'abord l'un des rédacteurs
01:14:48en chef
01:14:49qui ne faisait pas mystère
01:14:50de ses amitiés
01:14:51mais c'est son problème
01:14:51je veux dire
01:14:52je me fiche totalement
01:14:53de savoir s'il y a des
01:14:54journalistes qui ont des amitiés
01:14:56pour LFI
01:14:56le PC
01:14:57les verts
01:14:57etc
01:14:58c'est pas le problème
01:14:59le problème
01:15:00c'est que ça finisse
01:15:02par se ressentir
01:15:03au point de refuser
01:15:04des enquêtes
01:15:07et il est là
01:15:08le sujet en fait
01:15:08les enquêtes sont refusées
01:15:09pardon
01:15:10pour bien comprendre
01:15:10là encore
01:15:11c'est des rédacteurs
01:15:12en chef
01:15:13dans complètement d'enquêtes
01:15:14ou au dessus
01:15:15non non
01:15:16jamais au dessus
01:15:17je sais que j'ai été
01:15:19soi-disant
01:15:19mis en porte-à-faux
01:15:21par rapport à mes propos
01:15:22mais non
01:15:23mes propos
01:15:24lorsque je suis parti
01:15:25c'est de dire que
01:15:26jamais je n'ai reçu
01:15:27il y a eu un exemple
01:15:28que je vous raconterai
01:15:29tout à l'heure
01:15:29que j'ai déjà raconté
01:15:30qui n'est pas
01:15:31il n'y a pas de quoi
01:15:32grimper aux arbres
01:15:33j'ai jamais eu
01:15:33de coup de fil
01:15:34alors jamais de Delphine Arnaute
01:15:36jamais de M. Sidbon Gomez
01:15:37et j'avais des échanges
01:15:38avec mes supérieurs hiérarchiques
01:15:40que sont les directeurs d'info
01:15:41ce qui est normal
01:15:42donc si vous voulez
01:15:43le fonctionnement
01:15:45voilà
01:15:45il était tout à fait normal
01:15:46et par ailleurs
01:15:47toutes les critiques
01:15:48que j'ai émises
01:15:49ne concernent pas
01:15:50des émissions
01:15:50que je n'ai pas présentées
01:15:51donc je sais de quoi je parle
01:15:52il s'agit d'émissions
01:15:53pour lesquelles
01:15:54non seulement je les ai présentées
01:15:55mais j'étais là
01:15:56je fais partie de ces présentateurs
01:15:57qui étaient là au montage
01:15:58qui est là le jour du tournage
01:16:00qui est là le
01:16:00enfin je veux dire
01:16:01voilà
01:16:01j'ai travaillé sur ces émissions-là
01:16:04tout le temps
01:16:05donc
01:16:06sur l'émission
01:16:07en l'occurrence
01:16:08du communautarisme
01:16:08il s'agit d'un des deux
01:16:09rédacteurs en chef adjoint
01:16:10qui s'est désolidarisé
01:16:12de l'émission
01:16:13qui est quelqu'un
01:16:13qui est connu en interne
01:16:15pour être très proche
01:16:17des idées de la LFI
01:16:17mais encore une fois
01:16:18je m'en fiche
01:16:19c'est pas mon problème
01:16:20je veux dire
01:16:21il a d'abord un
01:16:22il a le droit de me dire
01:16:23écoute moi je suis pas à l'aise
01:16:24avec cette émission-là
01:16:27mais
01:16:28je la laisse à d'autres
01:16:29mais
01:16:29faire un esclandre public
01:16:31en disant
01:16:31je suis contre
01:16:32et voilà pourquoi je suis contre
01:16:33et mettre ces idées politiques
01:16:34dans la balance
01:16:36ça n'est plus du journalisme
01:16:37je veux dire
01:16:38c'est dans ce cas-là
01:16:39qu'il travaille à Mediapart
01:16:40je veux dire
01:16:41tous les journalistes
01:16:41de complément d'enquête
01:16:42sont absolument fascinés
01:16:43par les enquêtes de Mediapart
01:16:45mais il faut savoir
01:16:45de quoi on parle
01:16:46Mediapart est un journal
01:16:47qui poursuit une idéologie
01:16:49qui est clairement affichée
01:16:50ça n'est pas le rôle
01:16:51du service public
01:16:52ça n'est pas ce que j'ai connu
01:16:53avec Benoît Duquen
01:16:54ça n'est pas ce que c'était
01:16:55pendant 15 ans
01:16:56ça a été perverti ensuite
01:16:58par un certain nombre de gens
01:16:59qui ont cru qu'ils pouvaient
01:17:00faire
01:17:02la pluie et le beau temps
01:17:03à complément
01:17:04à travers un certain nombre
01:17:05d'émissions comme celle-là
01:17:06je peux vous en donner d'autres
01:17:07lorsque je suis revenu
01:17:08des Etats-Unis en 2018
01:17:09j'ai voulu faire une émission
01:17:11sur les violences gratuites
01:17:12on m'a opposé le fait
01:17:13que soi-disant
01:17:14les violences gratuites
01:17:15n'existent pas
01:17:15et ne sont pas répertoriées
01:17:17comme telles
01:17:18au ministère de l'Intérieur
01:17:20c'est faux
01:17:20il y a bien une colonne
01:17:22sur ce que l'on appelle
01:17:24les violences gratuites
01:17:25qui ne relèvent pas
01:17:26du droit commun
01:17:27qui ne relèvent pas
01:17:28des crimes
01:17:28qui ne relèvent pas
01:17:29de ceci de cela
01:17:29bon et cette émission
01:17:31on l'a explorée
01:17:31ça a été une très bonne émission
01:17:33mais on m'a là aussi
01:17:34dit que j'avais des biais
01:17:36enfin si vous voulez
01:17:37l'idée même que
01:17:38parce que vous voulez faire
01:17:39une émission
01:17:40sur les violences gratuites
01:17:41on puisse vous dire
01:17:42ah ben ça ne m'étonne pas
01:17:44de toi
01:17:45t'es libéral
01:17:46ou t'es de droite
01:17:46ou ceci cela
01:17:47enfin je veux dire
01:17:48en plus
01:17:49il n'y a rien qui le prouve
01:17:50enfin je veux dire
01:17:51dans une carrière
01:17:52on est des caméléons
01:17:52les journalistes
01:17:53on est des caméléons
01:17:54un jour on va faire
01:17:56une émission dans un sens
01:17:57un autre dans l'autre
01:17:57moi j'ai l'habitude
01:17:58de dire que
01:18:00il y a deux qualités
01:18:01chez un journaliste
01:18:02la première
01:18:02c'est de ne pas réussir
01:18:03à deviner pour qui il vote
01:18:05et j'avais la prétention
01:18:06de penser
01:18:07lorsque je présentais
01:18:07cette émission
01:18:08que c'était très difficile
01:18:08de savoir
01:18:09pour qui je roulais
01:18:10et en tous les cas
01:18:11je roulais pour personne
01:18:12parce que je faisais
01:18:13mes émissions
01:18:13je veux dire
01:18:16de façon
01:18:17de façon
01:18:18pas
01:18:18c'est pas une question
01:18:20de neutralité
01:18:20c'est une question
01:18:21d'honnêteté intellectuelle
01:18:22et l'honnêteté intellectuelle
01:18:23à mon sens
01:18:25c'est l'idée
01:18:26qui consiste
01:18:27à essayer
01:18:27de faire en sorte
01:18:28que sur l'ensemble
01:18:28de vos émissions
01:18:30donc une trentaine par an
01:18:31en l'occurrence
01:18:31pour complément
01:18:32c'est de faire en sorte
01:18:33que tout le monde
01:18:34en est entre guillemets
01:18:36pour son grade
01:18:37c'est comme ça
01:18:37que je vois les choses
01:18:38mais vous même
01:18:38vous avez réussi
01:18:39à proposer
01:18:41des émissions
01:18:41qui ont vu le jour
01:18:42ce que je souhaitais
01:18:46pour répondre
01:18:47c'est ce que je viens
01:18:47de dire
01:18:47c'est de faire en sorte
01:18:48que le puzzle
01:18:49soit parfaitement
01:18:50bien rempli
01:18:51et qu'on ne penche pas
01:18:53d'un côté
01:18:53plutôt que de l'autre
01:18:54voilà
01:18:54et je répète
01:18:56que sur un certain
01:18:56nombre d'émissions
01:18:57c'était vrai
01:18:58sur les violences gratuites
01:18:59mais c'était vrai
01:18:59sur d'autres
01:18:59que dès l'instant
01:19:00où le biais
01:19:01si vous voulez
01:19:01pouvait éventuellement
01:19:03servir plutôt
01:19:04un camp que l'autre
01:19:04encore qu'après
01:19:06je veux dire
01:19:07il faut aussi
01:19:07qu'on s'entende
01:19:08là dessus
01:19:08parce que moi
01:19:09j'aime pas tellement
01:19:09le terme de
01:19:10émission de droite
01:19:11émission de gauche
01:19:12je trouve ça un peu
01:19:12caricatural
01:19:13ça vaut pour des portraits
01:19:14parce que évidemment
01:19:15lorsqu'on va chercher
01:19:16la face sombre
01:19:17d'un homme politique
01:19:17peu de temps
01:19:18avant une élection
01:19:19ça n'est pas anodin
01:19:21donc je referme
01:19:22la parenthèse
01:19:22mais dès lors
01:19:24qu'il y avait
01:19:25un certain nombre
01:19:25d'émissions
01:19:26qui étaient proposées
01:19:27qui allaient dans
01:19:27un certain sens
01:19:28oui il y avait des freins
01:19:29oui ça posait problème
01:19:30et je réponds précisément
01:19:32à votre question
01:19:32sur l'appartenance politique
01:19:34des uns et des autres
01:19:34ça n'était pas un secret
01:19:36pour moi
01:19:36puisqu'on en parlait
01:19:37je veux dire
01:19:38qu'il y ait un journaliste
01:19:39qui est appartenu
01:19:40à Europe Ecologie Les Verts
01:19:41un autre au Parti Communiste
01:19:42un autre qui est milité
01:19:44sous tel ou tel syndicat
01:19:45encore une fois
01:19:46ça n'est pas un sujet
01:19:47pour moi
01:19:47la question est de savoir
01:19:49si ces éléments là
01:19:50vont à un moment donné
01:19:52faire surface
01:19:52pour pouvoir refuser
01:19:54une enquête
01:19:54là il y a un sujet
01:19:55Merci beaucoup
01:19:56Monsieur le rapporteur
01:20:00Merci Monsieur le Président
01:20:02sur ce sujet
01:20:04de neutralité
01:20:05du service public
01:20:05qui est une obligation
01:20:07importante
01:20:07comme l'honnêteté
01:20:08le pluralisme
01:20:10l'indépendance
01:20:10le 21 septembre 2023
01:20:12à nouveau
01:20:12vous avez dressé
01:20:13un constat
01:20:15particulièrement accablant
01:20:15du manque de neutralité
01:20:17je vous rappelle
01:20:18vos propos
01:20:18je vous cite
01:20:19France Télévisions
01:20:20aujourd'hui n'est plus
01:20:20à mon sens
01:20:21un groupe public neutre
01:20:22si je prends la parole
01:20:23aujourd'hui
01:20:23c'est pour libérer
01:20:24un certain nombre
01:20:24de journalistes
01:20:25à France Télévisions
01:20:26qui me disent
01:20:26ce n'est plus possible
01:20:27on est dirigé
01:20:28par des idéologues
01:20:29fin de la citation
01:20:30est-ce que vous pourriez
01:20:31nous donner
01:20:32des exemples
01:20:33des anecdotes
01:20:35des faits
01:20:36qui
01:20:38peuvent
01:20:38alerter
01:20:39sur ce manque
01:20:41sur cette violation
01:20:43de principes
01:20:44à valeur constitutionnelle
01:20:45et demain
01:20:46au-delà du constat
01:20:47demain
01:20:47que peut-on faire
01:20:48pour strictement garantir
01:20:51le respect
01:20:51de l'indépendance
01:20:53de l'honnêteté
01:20:53du pluralisme
01:20:54de la neutralité
01:20:55pour toutes ces personnes
01:20:57à qui on délègue
01:20:58une mission
01:20:58de service public
01:21:00c'est pas moi
01:21:01qui l'ai fait
01:21:02mais il y a
01:21:03une association
01:21:05qui a essayé
01:21:06de relever
01:21:08une quantité
01:21:09d'émissions
01:21:09sur un certain
01:21:10nombre d'années
01:21:11pour essayer
01:21:11de voir
01:21:12quels étaient
01:21:12les biais
01:21:14quels étaient
01:21:14les réflexes
01:21:15systématiques
01:21:16moi je considère
01:21:16que dès lors
01:21:17qu'on parle
01:21:17des patrons
01:21:19dès lors
01:21:19qu'on parle
01:21:21des patrons
01:21:21systématiquement
01:21:22les présentant
01:21:23comme des patrons
01:21:23voyous
01:21:24que dès lors
01:21:25que l'on parle
01:21:25de la police
01:21:26je me souviens
01:21:27d'une émission
01:21:27qui m'avait
01:21:27extrêmement choqué
01:21:28sur la police
01:21:30raciste
01:21:31et en l'occurrence
01:21:32lorsqu'on regardait
01:21:33les chiffres
01:21:33on s'apercevait
01:21:34qu'il y avait
01:21:34un cas
01:21:35qui était avéré
01:21:35devant les tribunaux
01:21:38je trouvais
01:21:38que c'était
01:21:38extrêmement faible
01:21:39et que ça ne valait
01:21:40pas une émission
01:21:40en l'occurrence
01:21:42la placer
01:21:43le sujet français
01:21:44dans un editing
01:21:46plus global
01:21:47avec deux exemples
01:21:48américains
01:21:49à mon avis
01:21:50c'est jouer
01:21:50sur un biais
01:21:51cognitif
01:21:51très précis
01:21:52et ça je pense
01:21:53que moi je connais
01:21:54ces biais là
01:21:55c'est une manière
01:21:57de présenter
01:21:58les choses
01:21:58qui moi
01:21:59pour moi
01:22:00ne me convient pas
01:22:02pour moi
01:22:03c'est une façon
01:22:04de ne pas être honnête
01:22:06intellectuellement
01:22:08des exemples
01:22:10l'une des émissions
01:22:12dont j'ai parlé
01:22:12j'ai assisté
01:22:13aux discussions
01:22:14c'était
01:22:15une enquête
01:22:16sur Jordan Bardella
01:22:17l'enquête
01:22:18sur Jordan Bardella
01:22:19le rédacteur en chef
01:22:19a dit devant moi
01:22:20celle là
01:22:20et je m'en suis entretenu
01:22:22avec la direction
01:22:23virgule
01:22:24je n'ai pas le droit
01:22:24de la rater
01:22:26sous-entendu
01:22:27on peut faire des enquêtes
01:22:28sur certains hommes politiques
01:22:29et puis sur d'autres
01:22:30il ne faut pas la rater
01:22:33bon
01:22:37moi si vous voulez
01:22:38alors après
01:22:38on peut se poser la question
01:22:39c'est une question
01:22:40qui a été
01:22:40maintes fois posée
01:22:41à un certain nombre
01:22:42de journalistes
01:22:42doit-on traiter
01:22:43le RN
01:22:44comme n'importe quel
01:22:44parti politique
01:22:45à partir du moment
01:22:46où il est représenté
01:22:47ici
01:22:47à l'Assemblée Nationale
01:22:49je ne me sens pas le droit
01:22:50moi journaliste
01:22:51dans un média
01:22:53de réserver
01:22:54un traitement particulier
01:22:55pour la LFI
01:22:56ou pour RN
01:22:56au prétexte
01:22:57que ça ne me plaît pas
01:22:58c'est
01:22:59non mais voilà
01:23:00donc
01:23:01on indiquera quand même
01:23:02M. Cardos
01:23:02pour être précis
01:23:03qu'il y a eu
01:23:03un complément d'enquête
01:23:04sur la France insoumise
01:23:05et sur Jean-Luc Mélenchon
01:23:07sur Sophia Chiquirou
01:23:08sur les comptes
01:23:09non non
01:23:09sur Jean-Luc Mélenchon
01:23:11mais ça sera intéressant
01:23:12de comprendre
01:23:13d'ailleurs pourquoi
01:23:13il y en a eu un
01:23:13est-ce que ce rédacteur
01:23:14en chef est parti
01:23:15ou pas
01:23:15enfin voilà
01:23:16pardon
01:23:16il y avait un rebond
01:23:17du M. le rapporteur
01:23:18allez-y M. le rapporteur
01:23:20vous expliquez
01:23:21qu'un directeur
01:23:23ou un responsable
01:23:24de France Tévision
01:23:29attendez
01:23:29attendez
01:23:30non mais
01:23:32attendez
01:23:32M. Cardos
01:23:33M. Cardos
01:23:34M. Cardos
01:23:46M. Cardos
01:23:47j'indique que de toute façon
01:23:48vous êtes sous serment
01:23:49donc par principe
01:23:50nous considérons
01:23:50que ici devant
01:23:51la représentation nationale
01:23:52vous nous dites
01:23:53la vérité
01:23:54et donc je demande
01:23:55aux collègues
01:23:56qui pourront vous interroger
01:23:57tout à l'heure
01:23:57de vous laisser aller
01:23:58au bout de votre réponse
01:23:59vous voulez y réagir
01:24:00je vous laisse
01:24:14voilà
01:24:14donc je veux dire
01:24:15je ne suis pas
01:24:16je défends ni France Télévisions
01:24:17ni CNews
01:24:19ni Canal
01:24:19ni je ne sais qui
01:24:21voilà c'est tout
01:24:22donc je n'appartiens
01:24:24je n'appartiens
01:24:25il y a des gens
01:24:26qui viennent
01:24:26tout à l'heure
01:24:27vous avez interrogé
01:24:29David Pujadas
01:24:30Arlet de Chabot
01:24:31Thierry Tuilliers
01:24:31ils ont tous
01:24:33des responsabilités importantes
01:24:34donc ça peut être
01:24:35que ça limite
01:24:35un certain nombre de paroles
01:24:36moi je peux me permettre
01:24:38de dire
01:24:39ce que j'ai à dire
01:24:40puisque de toute façon
01:24:41malheureusement
01:24:42et ça fera peut-être
01:24:43l'occasion d'une question
01:24:44mais je ne peux plus
01:24:45travailler aujourd'hui
01:24:45il faut que vous le sachiez
01:24:47je veux dire
01:24:47France Télévisions
01:24:48a décidé que je ne pourrais
01:24:49plus travailler
01:24:49voilà
01:24:50et pas seulement à France Télévisions
01:24:52puisque j'ai décidé
01:24:52de quitter cette chaîne
01:24:53j'ai décidé de quitter
01:24:55ce groupe
01:24:56parce qu'il ne me convenait plus
01:24:57et parce qu'en effet
01:24:58pour reprendre
01:24:59les propos que j'avais tenus
01:25:00sur le plateau d'Hanouna
01:25:02je considère
01:25:03qu'il y a
01:25:04un certain nombre de
01:25:05il y a beaucoup de gens
01:25:06qui sont très malheureux
01:25:06à France Télévisions
01:25:07qui ne reconnaissent plus
01:25:08je parle de l'info
01:25:09je parle absolument pas
01:25:10des programmes
01:25:10je ne connais pas les programmes
01:25:11j'ai beaucoup de respect
01:25:12pour monsieur Drucker
01:25:13et monsieur Sébastien
01:25:14compte tenu de tout
01:25:15ce qu'ils ont fait
01:25:15mais je voudrais juste
01:25:17dire que moi
01:25:17je ne parle que pour l'info
01:25:19et je termine là-dessus
01:25:20il y a beaucoup de gens
01:25:21qui en effet
01:25:22je le maintiens
01:25:22m'ont écrit
01:25:23au moment où je suis passé
01:25:24chez Hanouna
01:25:25en me disant
01:25:25surtout ne lâche pas
01:25:26qui m'ont envoyé des dossiers
01:25:28qui m'ont envoyé des courriers
01:25:29qui m'ont envoyé des anecdotes
01:25:31qui m'ont expliqué
01:25:32ce qui leur était arrivé
01:25:33et oui
01:25:34le débat est plus compliqué
01:25:35aujourd'hui
01:25:36oui les conférences de rédaction
01:25:38qu'on a connues
01:25:38il y a 25 ou 30 ans
01:25:39où on s'envoyait
01:25:40les cassettes
01:25:41à travers la gueule
01:25:41en disant
01:25:42t'as intérêt à prendre mon sujet
01:25:43sinon demain
01:25:44ça va mal se passer
01:25:45mais c'était des discussions
01:25:46très saines
01:25:46ces discussions-là
01:25:47n'existent plus aujourd'hui
01:25:48il n'y a plus de conflit
01:25:49éthiques ou quasiment pas
01:25:50il y a très peu de contradictions
01:25:52dans les conférences de rédaction
01:25:54voilà
01:25:55donc je ne reconnais plus
01:25:56mon service public
01:25:58que j'ai connu
01:25:58il y a 25 ou 30 ans
01:25:59et d'autant plus
01:26:01que j'ai passé 10 ans à l'étranger
01:26:02donc il y a eu un avant
01:26:04et un après pour moi
01:26:05merci
01:26:05voilà pour le début
01:26:06de cette audition
01:26:07la suite des débats
01:26:08est à suivre
01:26:09en replay
01:26:10ou sur notre chaîne YouTube
01:26:11à bientôt sur LCP
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