00:00Good morning business, parole de patron.
00:03Et ce matin, un industriel français qui subit les conséquences de la guerre au Moyen-Orient.
00:07Bonjour, Baptiste Rebier.
00:08Bonjour.
00:09Directeur général de Fairmob, spécialiste du mobilier d'extérieur, ETI française,
00:13qui nous vient d'Auvergne-Rhône-Alpes, mais bon, vous vendez dans le monde entier en réalité.
00:17Oui, dans 60 pays.
00:18Et c'est combien de votre chiffre d'affaires à l'export ?
00:20C'est 50%.
00:21Oui, donc c'est conséquent.
00:23Et vous vendez donc notamment au Moyen-Orient, région où en ce moment,
00:27il est quand même difficile de faire du business.
00:30Oui, tout à fait.
00:31C'est une zone qui n'est pas notre zone d'exportation principale.
00:35On vend plus en Europe, aux États-Unis, en Australie aussi.
00:38Mais c'est la zone, sur les années écoulées, où on avait la plus forte croissance.
00:42Ça s'est arrêté.
00:43Une zone qui a du potentiel.
00:45C'est vrai qu'il y a beaucoup d'industries qui misent sur ces régions-là.
00:48Le Moyen-Orient qui est en plein développement.
00:50Mais on a vu que l'instabilité, elle crée beaucoup d'incertitudes pour les industriels.
00:57C'est votre cas.
00:58Oui, l'incertitude, c'est toujours le pire ennemi des dirigeants, le pire ennemi des entreprises.
01:03On sait s'adapter à des situations, qu'elles soient faciles ou difficiles.
01:06Mais quand il y a de l'incertitude, on a eu quand même des clients qui n'ont pas été
01:09sous des bunkers,
01:10mais qui ont eu des alertes à la bombe.
01:12Et voilà, il y a eu une période au mois de mars où avec le ramadan, on s'est dit,
01:15bon, ça va peut-être, il y a une période un petit peu de transition.
01:19Et puis là, on voit que depuis deux mois, ça s'est considérablement ralenti, voire arrêté dans certains pays.
01:24Quelles conséquences précises ça a pour vous ?
01:27Alors, sur ces zones avec des potentiels de croissance, ça arrête les choses, même si j'ai bon espoir que...
01:35C'est-à-dire que là, vous ne vendez plus dans cette région ?
01:37Alors, c'est très très faible en fait, c'est pratiquement revenu à zéro.
01:42Ce n'était pas des zones très importantes pour nous en termes de chiffres,
01:45mais c'était des zones avec des croissances assez significatives.
01:47Donc, c'est plus frustrant que problématique pour le business model de l'entreprise.
01:52Avec une difficulté à maîtriser les coûts, stabiliser les prix à cause du fret maritime,
01:58le prix du transport qui a quasiment doublé avec la crise ?
02:01Alors, on a craint qu'il augmente fortement.
02:05Finalement, ça a été plutôt maîtrisé.
02:07Le coût immédiat, le surcoût immédiat, on le subit, nous, comme tout le monde en France,
02:12sur le prix à la pompe, c'est-à-dire que les hausses sur le baril ont eu un impact
02:16direct.
02:17Nous, les transporteurs, et c'est normal, on ne l'en reproche pas,
02:20nous ont appliqué des hausses entre 10 et 15 % sur la partie carburant des frais de transport.
02:28Et sur le transport maritime, en fait, il y a eu une période d'incertitude
02:31où les conteneurs, le transport est passé par le Cap de Bonne-Espérance
02:36au lieu de passer par le canal de Suez.
02:38Donc, il y a eu une période de hausse.
02:39Et finalement, ça s'est restabilisé.
02:41Et à ce niveau-là, les coûts n'ont pas explosé.
02:43Et c'est plus sur les matières premières qu'on est en train, malheureusement, de constater la hausse.
02:47Oui, comme beaucoup d'industriels, alors ça concerne quoi ?
02:49Parce que du Moyen-Orient, on parle beaucoup de tout ce qui est produits pétrochimiques,
02:55la peinture notamment, ou les énergies.
02:59Quelles sont, vous, les tensions spécialement que vous avez chez Fermob ?
03:03Alors nous, comme l'on l'indique, Fermob, c'est du mobilier en fer.
03:07Donc, notre sujet principal, c'est toujours l'acier et l'aluminium.
03:10L'acier, les cours sont globalement stables, donc sont maîtrisés pour le moment.
03:16Sur l'aluminium, où le Moyen-Orient est une des zones de fabrication,
03:21une des zones de commerce, la situation a un impact.
03:26Les cours ont augmenté à peu près de 20 à 25 %.
03:28Ce qui n'a pas un impact immédiat, puisque nos fournisseurs européens
03:33ou nos propres stocks nous permettent de répondre à la demande.
03:37Mais sur nos achats, ça va avoir un impact dans les semaines qui viennent.
03:42Parce que quand vous avez les cours qui montent,
03:43vous savez que vous allez avoir des hausses rapidement.
03:46Et vous avez des marges de manœuvre sur, justement,
03:49les marges que vous faites sur les produits ?
03:52Alors la marge de manœuvre, déjà, c'est d'espérer que la situation soit temporaire.
03:56C'est-à-dire qu'on est habitué sur les cours de matières premières.
03:59Mais ça, vous ne maîtrisez pas.
04:00On ne maîtrise pas, mais on peut espérer,
04:03comme les problématiques autour de l'énergie qu'il y a eu il y a deux ans,
04:06que ce soit un phénomène qui diminue.
04:09Et puis après, la part, le coût de la matière dans le coût de nos produits
04:14est un coût qui représente une certaine partie, mais pas la totalité.
04:17Donc on arrive temporairement à les compenser
04:20sans appliquer de hausses directement auprès des clients.
04:22En 20 secondes, est-ce que ça vous ramène aussi à la crise du Covid
04:26où il y avait eu des problématiques assez similaires ?
04:29Ça nous y ramène, mais pour le moment, je dirais, d'une manière moins extrême.
04:33On a vu au mois de mars, on craignait que le baril passe à 100, 200, 250 dollars.
04:39Ça n'est pas arrivé.
04:40Sur les matières, on n'est plus sur une crise, je dirais,
04:43de tensions, de problématiques de transport.
04:47On n'est pas sur une crise de surdemande, comme ça a été le cas après le Covid,
04:51qui a créé une envolée des prix.
04:54Donc on est prudent, c'est une période incertaine,
04:56mais on espère que ça va être maîtrisable.
04:59Baptiste Rébier, la parole de patron sur BFM Business,
05:03directeur général de Fairmob avec nous ce matin.
05:04Merci beaucoup.
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