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  • il y a 15 minutes
Lundi 30 mars 2026, retrouvez Jean-Pierre Farandou (Ministre du Travail et des Solidarités, Gouvernement) dans SMART JOB, une émission présentée par Arnaud Ardoin.

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Transcription
00:07Une émission spéciale Smart Job ici, délocalisée au ministère du Travail, ici précisément dans le hall des guichets.
00:14Nous allons accueillir le ministre du Travail et des Solidarités Jean-Pierre Farandou pour parler de tous les sujets.
00:19Bien sûr le choc pétrolier, le choc d'inflation, l'enjeu pour les salariés évidemment, la pression sur les DRH.
00:25On parlera retraite, on parlera pouvoir d'achat, on parlera aussi rupture conventionnelle.
00:31Et puis on fera un point aussi sur les arrêts maladie et ce projet de loi débattu à l'Assemblée
00:35nationale justement pour lutter contre la fraude sociale.
00:38Voilà beaucoup de sujets ici avec le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou.
00:55Ravi de vous accueillir dans cette émission spéciale Smart Job, vous remarquez délocalisée.
01:00Nous sommes ici au ministère du Travail dans un lieu qui est magnifique qui s'appelle le hall des guichets
01:04et le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou nous accueille.
01:08Merci monsieur le ministre de nous accueillir.
01:10C'est une émission que je vais partager avec Caroline de Senneville qui est journaliste chez Décideurs RH.
01:16On a évidemment préparé nos questions.
01:18Alors vous êtes ministre du Travail et des Solidarités depuis octobre, vous m'avez même précisé depuis le 12 octobre
01:242025, c'est très précis.
01:26Vous aviez hérité d'ailleurs, on en parlera peut-être du dossier des retraites, on essaiera de savoir où on
01:31est ce dossier, est-il enterré, est-ce qu'on continue toujours à parler de ce sujet.
01:35D'abord commençons quand même par le sujet qui nous semble le plus fort et dans l'actualité, c'est
01:41le choc pétrolier.
01:43C'est de la géopolitique qui soudain arrive très rapidement sur le bureau du ministre du Travail, choc d'inflation,
01:49hausse du carburant.
01:51J'ai vu que Change.org lançait des pétitions d'une salariée qui disait je n'ai plus assez d
01:55'argent pour mettre de l'essence dans ma voiture.
01:58Et j'entends par ailleurs un premier ministre, un ministre de l'économie qui dit pas de quoi qu'il
02:02en coûte.
02:03Pas de quoi qu'il en coûte.
02:05Oui, alors cette guerre en Iran, c'est une guerre exogène, c'est une crise exogène qui arrive effectivement dans
02:10nos économies mondiales, européennes et françaises.
02:14On peut le regretter bien sûr parce qu'une guerre c'est toujours regrettable et vous savez que le président
02:18de la République fait tout pour désescalader la guerre au maximum,
02:21la faire cesser le plus vite possible, créer les conditions diplomatiques d'un retour à une bonne navigation des bateaux
02:26dans les effrois d'Hormuz.
02:27Donc vous connaissez la position de la France, elle est claire, pour autant on défend nos intérêts bien sûr dans
02:31la zone et on soutient nos alliés et c'est bien normal.
02:34Mais cette crise, on peut la regretter, on peut la regretter d'autant plus que finalement les chiffres allaient dans
02:39le bon sens.
02:40On a pu annoncer aujourd'hui un déficit de 5,1 alors qu'on l'a annoncé beaucoup plus haut.
02:47Et donc ça veut dire qu'en deux ans, on est passé de 5,8 à 5,1, c'est
02:51très encourageant.
02:51Ça veut dire que le pays est bien géré, l'économie française est résiliente et les trois premiers mois de
02:56l'année étaient très encourageants.
02:57Là encore, on était vraiment dans une feuille de route qui nous permettait d'être confiants dans notre capacité de
03:02boucler le budget,
03:03peut-être même un peu mieux, 26 à hauteur des estimations et la sécurité sociale, pareil.
03:08Donc franchement, ce n'était pas une mauvaise période pour l'économie française et les comptes français.
03:12Bon, la guerre est arrivée.
03:13Patatrage j'ai envie de dire quoi.
03:14Oui, il faut y faire face, on est là pour gérer les problèmes, on le fait dans les entreprises.
03:19Vous savez que j'ai longtemps dirigé une grande entreprise.
03:21La SNCF ?
03:21Oui, la SNCF, dans des crises j'en ai eu, des problèmes j'en ai eu.
03:24Mais vous auriez votre DRH qui serait venu vous voir et vous aurez dit, monsieur le président, monsieur le directeur,
03:29on a des salariés qui aujourd'hui nous disent j'ai 150 euros, 200 euros d'essence, de pouvoir d
03:35'achat en plus dans le carburant.
03:37Est-ce qu'on les accompagne ou est-ce qu'on laisse les entreprises, j'ai envie de dire, gérer
03:41dans le dialogue social ou au coup par coup ?
03:43Bon, alors les entreprises, on les aide, alors on veut les aider de manière ciblée par secteur.
03:48Il y a une toile de fond qui est là, je parlais de la maîtrise de la dépense publique.
03:52Le quoi qu'il en coûte, ça a été caractérisé bien sûr pour la période liée au Covid ou la
03:57période liée au problème en Ukraine.
03:59Maintenant, il faut tenir et maîtriser le déficit public quoi qu'il arrive.
04:03On est dans une logique d'adaptation et si on est amené à engager des euros publics pour aider tel
04:08ou tel secteur de manière ciblée,
04:10il faudra trouver, il faudra gager avec des économies les dépenses que nous aurons faites
04:14parce que nous ne renonçons pas à rester sur une trajectoire de maîtrise de nos déficits
04:18à la fois pour le budget général de l'État comme pour la sécurité sociale.
04:22Alors qu'est-ce qu'on a fait ? Tout de suite, on a pris des mesures d'urgence.
04:24Alors tout ça est animé bien sûr par le ministère de l'économie, des mesures de trésorerie.
04:28Les pêcheurs ?
04:29Les pêcheurs, l'agriculture et les transports.
04:31Les trois secteurs les plus directement concernés par la hausse des carburants
04:35avec des impacts économiques immédiats dans leur compte d'exploitation.
04:39Ce sont ceux-là bien évidemment puisqu'en gros il y a des moteurs et les moteurs ils consomment.
04:42Donc il faut effectivement tenir compte de ça.
04:44Donc les actions qui ont été faites, d'ailleurs le ministère du Travail y a directement contribué.
04:48Nous avons accepté très vite de décaler le paiement des charges sociales.
04:52Donc c'est une manière d'aider la trésorerie des entreprises en décalant le versement de ces cotisations.
04:57Et deuxièmement, c'est aussi le ministère du Travail qui peut regarder au cas par cas
05:01une certaine bienveillance dans les secteurs considérés des chômages partiels.
05:05Le chômage partiel c'est quand votre activité baisse et que l'entreprise est saine
05:09et qu'elle repartira quand elle sera terminée.
05:11On a bien sûr donné consigne à nos directions déconcentrées sur le terrain
05:17d'avoir un regard favorable aux demandes qui pourraient leur être faites.
05:21Monsieur le ministre, les entreprises avaient versé 4,6 milliards d'euros en 2023
05:25à leurs salariés de primes de partage de la valeur.
05:28Ça a diminué en 2025, on est tombé à 2,9 milliards.
05:31Est-ce que c'est une solution pour soutenir le pouvoir d'achat des salariés ?
05:34La politique salariale, d'abord il faut être clair, c'est les entreprises qui la font.
05:38Moi j'ai été, vous le savez, patron d'entreprise,
05:40les fameuses négociations annuelles obligatoires.
05:42C'est entreprise par entreprise, secteur par secteur.
05:45Les situations économiques ne sont pas les mêmes.
05:47Pour qu'il y ait partage de la valeur, il faut qu'il y ait création de valeur.
05:50C'est un principe qui est très sain.
05:52Je l'ai appliqué moi-même quand j'étais à la SNCF.
05:54On a vraiment développé des formules d'intéressement,
05:56des formules de primes partage de la valeur.
05:58Je crois que c'est très apprécié par les salariés.
06:01Surtout dans ce contexte ?
06:02Surtout dans ce contexte, voilà.
06:04Forcément, au total et en macro, les chiffres que vous citez sont macro,
06:07ça peut refléter aussi la capacité globale des entreprises françaises à créer de la valeur.
06:11C'est plus compliqué en période de crise.
06:13Ce qui caractérise aussi l'année fin 2025, début 2026,
06:16c'est cet étau dans lequel nous sommes, pas que nous, toute l'Europe.
06:19D'un côté, les Américains qui refusent qu'on exporte chez eux,
06:22avec des tarifs douaniers très élevés.
06:23De l'autre côté, de manière symétrique et un peu agressive,
06:27les Chinois qui veulent inonder nos marchés français de production et de biens à très bas coût.
06:32Dans ce contexte-là, il faut être résilient.
06:34Nous le sommes d'ailleurs.
06:35Les chiffres du chômage tiennent pas mal.
06:37L'emploi des jeunes tient pas mal.
06:38Il y a légèrement progressé tout de même, le chômage.
06:40Petite progression, mais qui n'est pas une catastrophe.
06:42Franchement, l'économie est résiliente.
06:43Et on le voit d'ailleurs dans les chiffres que j'ai annoncés.
06:45Quand on voit la maîtrise des déficits publics,
06:47ça veut dire quand même que l'économie française ne se porte pas si mal.
06:50On voit quand même que la stratégie, et même dans votre discours,
06:52on l'entend, et on l'entend d'ailleurs de la voix de plusieurs ministres du gouvernement,
06:57la stratégie, c'est de réduire nos déficits.
06:58Vous évoquiez les bons résultats et les bons chiffres, 5.1.
07:01On est sur la bonne voie, mais c'est au prix, évidemment,
07:03d'un certain nombre de coups de rabot,
07:05pour utiliser ce mot qu'on entend souvent.
07:08Coups de rabot, réduction des aides à l'alternance.
07:12Coups de rabot sur le CPF.
07:14Est-ce que ça, vous l'assumez ?
07:16Vous dites que c'est aussi notre volonté de réduire ces déficits.
07:20Et cela passe par ces mesures qui ont été, vous l'avez entendu et lu,
07:26critiquées par les grandes entreprises de formation,
07:28par les organismes qui ont dit qu'on est en difficulté.
07:31Quel est votre sentiment sur ces critiques, justement ?
07:35Ces critiques, je les entends, mais il faut reprendre la toile de fond.
07:37Donc, on l'a dit, maîtrise des déficits publics.
07:39Maîtrise, c'est-à-dire réduction, c'est inscrit dans une trajectoire.
07:42Nous n'avons pas renoncé à réduire le déficit du pays à 3% à horizon 2029.
07:47C'est l'engagement qu'on a pris devant la Commission européenne, il faut le tenir.
07:50Entre parenthèses, d'ailleurs, pourquoi on est en difficulté aujourd'hui
07:53pour dépenser de l'argent ?
07:54C'est qu'on est trop endetté.
07:55Quand un ménage est très endetté, si la machine à laver casse,
07:58c'est compliqué d'avoir un crédit à la consommation.
08:00C'est un peu le cas du pays.
08:01Quand on est très endetté, on n'a plus de marge de manœuvre.
08:03Et ce qui est le cas pour l'Allemagne,
08:05qui a un niveau d'aide bien inférieur au nôtre.
08:06C'est pour ça qu'il est essentiel d'arriver à réduire
08:09le niveau d'endettement de notre pays.
08:10Et le fameux 3%, c'est ce qui fait qu'on ne produit plus de dettes.
08:13Donc c'est pour ça que ce cap est très important.
08:15Ceci étant posé, on souhaite par ailleurs,
08:17au nom de la souveraineté de notre pays
08:18et dans l'environnement géopolitique que vous avez rappelé,
08:21avoir plus de moyens dans la défense.
08:23C'est essentiel que l'armée française dispose de moyens,
08:25des équipements, des hommes, des technologies.
08:28Et de recrutement.
08:28Et donc le recrutement dont on parlera derrière.
08:30Et d'ailleurs le ministère du Travail va y contribuer
08:32à trouver les salariés.
08:33Donc comme on fait un effort pour les armées,
08:36c'est plus de 6 milliards d'euros dans le budget 26
08:39pour donner plus de moyens à nos armées.
08:41Et qu'au même moment, on veut réduire le déficit,
08:43forcément, il y a de la gestion et il y a de l'ajustement
08:46dans tous les autres postes, y compris les nôtres.
08:48Par contre, ce que je voudrais dire,
08:49c'est que moi j'ai tenu à ce qu'on ne casse pas
08:50la politique de l'apprentissage.
08:52On l'a réduit, c'est vrai.
08:53On était monté très haut.
08:54On était monté à 16 milliards d'euros en 2024.
08:57On fait un plateau autour de 14, 15,
08:59et 15, c'est quand même très raisonnable.
09:01Il y a un effet d'aubaine, certains ont dit.
09:03Je parle du secteur tertiaire,
09:05parce qu'on parle des métiers manuels,
09:06mais le tertiaire a beaucoup utilisé l'alternance.
09:09Certains ont dit qu'il y a eu un effet d'aubaine.
09:11Il y a en partie un effet d'aubaine sur lequel il faut revenir.
09:14Il y a même de la fraude caractérisée.
09:16Nous avons fermé un CFA,
09:17un centre de formation des apprentis en région parisienne,
09:19qui a gaspillé l'argent public au détriment des jeunes.
09:22Donc il faut aussi savoir le faire.
09:24Et c'est pour ça que je pense que l'ajustement
09:26que nous avons mis en place,
09:28qui préservent déjà toutes les petites entreprises,
09:30et elles sont nombreuses.
09:32Elles font beaucoup recours à l'apprentissage,
09:33et tous les métiers de base, j'allais dire.
09:35C'est vrai, c'est du côté peut-être des grandes entreprises
09:37et des hauts diplômes qu'on a ajustés,
09:39mais je pense qu'il y a de la place à l'ajustement,
09:40il y a de la lutte contre la fraude,
09:42il y a de la meilleure efficacité de l'argent public,
09:43donc je le redis,
09:44il y aura toujours énormément d'apprentis.
09:46Je m'attends à un nombre d'apprentis
09:48autour de 750 000, pas loin de 800 000 apprentis.
09:50Qui reste un très bon chiffre.
09:51Qui reste un excellent chiffre.
09:52On a démarré à 300 000 dans les années 2017.
09:55Vous avez répondu brièvement à la question,
09:56parce que vous l'avez intégré dans votre réponse,
09:58sur l'idée que le chômage progressait peu,
10:00et que vous étiez confiant.
10:01Vous êtes un ministre du Travail confiant,
10:03je rappelle que France Travail est sous votre tutelle,
10:06confiant sur le chômage,
10:08ou le dérapage du chômage,
10:10parce qu'on est dans un contexte aujourd'hui extrêmement fragile.
10:13Oui, alors c'est pareil,
10:14je vous parlais avant l'Iran.
10:16L'Iran, on ne sait pas trop.
10:17On gère au jour le jour, à la semaine, semaine.
10:19Bon, avant l'Iran, j'étais confiant,
10:21d'ailleurs, pourquoi j'étais confiant ?
10:22Les prévisionnistes le disaient, indépendants.
10:24En gros, on avait un chômage qui était très bas,
10:26qui était descendu à 7,4%.
10:28Il n'y a eu que 6 fois en 40 ans,
10:30un taux de chômage inférieur à 8%.
10:32Donc quand on est à 7, 7,5%,
10:33c'est très bien pour la France.
10:35On a fini l'année à 7,8%, 7,9%.
10:37Il y avait peut-être un petit peu d'effet d'estérésis au S1,
10:40on aurait peut-être dépassé les 8, mais à peine.
10:42Et au second semestre, on le voit bien,
10:43avec une croissance qui se passait très bien,
10:44on allait à nouveau terminer l'année autour de 7,5%.
10:47Donc au fond, j'étais globalement pas inquiet, en masse.
10:50Alors une fois qu'on a dit ça,
10:50il y a des secteurs qui vont bien et d'autres qui vont moins bien.
10:52Et le boulot de France Travail,
10:54c'est justement d'accompagner des salariés en transition,
10:57des secteurs qui vont pas bien,
10:59et les amener vers les secteurs qui vont bien.
11:00Voilà, donc ça, c'est pour ça que globalement,
11:02oui, j'avais confiance dans la résilience de notre économie.
11:05Après, ce qui se passe en Iran et ses conséquences,
11:07je suis plus humble parce qu'on pilote au jour le jour,
11:09à la semaine semaine, on verra bien où ça nous amène.
11:12On a voulu faire un focus sur les arrêts maladie,
11:14d'abord parce que Sébastien Lecornu avait convoqué
11:17plusieurs ministres, vous en faisiez partie,
11:19en vous disant, il faut agir maintenant
11:21très concrètement sur ce sujet.
11:22Vous l'avez fait la semaine dernière,
11:23vous avez reçu tous les acteurs,
11:26notamment les acteurs de la Sécurité sociale.
11:28Les arrêts maladie, Caroline,
11:30ce sont des chiffres colossaux quand même.
11:31Oui, en réalité, l'absentisme au travail
11:34coûterait au moins 108 milliards d'euros par an,
11:36selon plusieurs économistes, dont Laurent Capeletti,
11:38à cause de ces fameux coûts cachés,
11:40la baisse d'activité, les coûts liés au recrutement.
11:43Derrière ces arrêts, il y a des arrêts
11:45de personnes en difficulté, en souffrance
11:47et des arrêts de complaisance.
11:50Comment on accompagne les salariés en difficulté
11:52et comment on lutte contre ces abus ?
11:54Oui, moi j'aime bien le terme d'absence au travail.
11:56C'est un peu plus neutre,
11:57il n'y a pas de projection, d'intention quelconque,
11:59mais c'est une réalité,
12:00des absences au travail qui ont deux effets
12:02qui se cumulent, des organisations des entreprises
12:04qui ne savent pas s'ils peuvent compter
12:05sur une équipe, une personne,
12:07et qui sont obligés de se réajuster
12:08au dernier moment, et ça peut entraîner
12:10des conséquences sur la production
12:11des biens, des services pour les clients.
12:13Et deuxièmement, effectivement,
12:14un impact sur les comptes de la sécurité sociale,
12:15il y a une dérive importante
12:16qui coûte de l'argent
12:18et qui contribue au fameux déficit
12:20de la sécurité sociale.
12:21En fait, les arrêts courts,
12:22ça ne coûte pas trop cher,
12:23mais ça désorganise beaucoup.
12:25Les arrêts longs, ça désorganise moins
12:26parce qu'on finit par remplacer la personne.
12:28Par contre, ça coûte très cher.
12:30Voilà, 80% de la dépense
12:31sur la maladie,
12:32c'est des arrêts maladie,
12:33c'est des arrêts longs.
12:34Donc, il faut agir sur les deux.
12:35Il faut agir sur les deux.
12:36Donc, comment on agit sur les deux ?
12:37D'abord, la prévention,
12:39parce que la plupart des gens malades
12:40sont vraiment malades.
12:41Il peut y avoir quelques abus,
12:43j'y reviendrai,
12:43mais c'est quand même une minorité.
12:45Elle existe, il faut y faire attention.
12:46Les arrêts maladie de complaisance,
12:47monsieur le ministre,
12:48qui sont, on le sait,
12:49on achète des arrêts maladie
12:50sur Internet, par exemple.
12:51Oui, ça existe.
12:52Il faut lutter contre ça.
12:53Déjà, la prévention,
12:54c'est quand même la meilleure des réponses.
12:55Alors, la prévention,
12:56les entreprises peuvent jouer aussi un rôle
12:57dans la prévention
12:58sur les maladies professionnelles,
13:00parce que ça existe aussi,
13:01les actions du travail.
13:01Et d'ailleurs,
13:02on travaille beaucoup
13:03avec les entreprises
13:04ou les organisations patronales
13:05et on va renforcer encore
13:06notre prévention
13:07avec un nouveau risque
13:08qui n'est pas facile à attraper.
13:09Ce sont les risques psychosociaux,
13:10la santé mentale,
13:11qui, on ne sait pas trop
13:12si ça démarre dans la vie privée
13:13ou dans l'entreprise,
13:14tout ça se mélange.
13:15Et c'est vrai que c'est en train de monter
13:16et ce n'est pas facile à réguler
13:17parce que c'est moins visible
13:19qu'une jambe cassée
13:20ou qu'une entorse de la cheville.
13:21Et c'est à l'origine
13:22de beaucoup d'arrêts maladie
13:23de longue durée ?
13:24Il y a des cours de durée.
13:25Le burn-out ?
13:26La longue durée,
13:27comment est-ce qu'on veut faire ?
13:28On veut d'abord raccourcir
13:29les délais de la longue durée
13:30et je pense qu'à la fois
13:31sur des problèmes de santé mentale,
13:33quand on les prend assez tôt,
13:34des débuts de dépression,
13:36on peut, j'espère,
13:37guérir les gens
13:37en quelques semaines
13:38ou quelques mois
13:39et pas en années.
13:40Et pareil,
13:40sur les troubles musculosquelétiques
13:42qui peuvent être liés
13:42à des postures difficiles,
13:44par des soins de kiné accentués,
13:46par des soins plus forts,
13:48on peut amener aussi les gens
13:49à récupérer leur bonne santé.
13:51Et ensuite,
13:51il faut travailler dans l'entreprise
13:52au niveau de l'aménagement
13:53des postes de travail
13:54pour réduire ces postures
13:56qui abîment le squelette
13:57et les muscles des salariés.
13:59Et enfin,
14:00il y a les abus.
14:01Oui,
14:01donc plus de contrôle,
14:02plus de contrôle
14:03sur les comportements individuels,
14:04plus de contrôle
14:05sur les prescriptions,
14:06plus de double avis des médecins
14:07pour faire en sorte
14:08qu'effectivement
14:09qu'on réduise sensiblement
14:10là pour le coup
14:11les arrêts abusifs.
14:11Mais ces arrêts abusifs,
14:13même s'ils sont abusifs
14:14et qu'ils masquent
14:14qu'il n'y a pas de pathologie,
14:17on voit quand même
14:17qu'il y a une forme
14:18de salariés,
14:20de collaborateurs
14:21qui ont des troubles
14:21pour retourner au travail.
14:23C'est-à-dire que le manager
14:24parle mal,
14:24pour le dire un peu concrètement,
14:26hop, je m'arrête.
14:28J'ai des tensions
14:29avec mon N plus 1,
14:30je m'arrête.
14:30Et je parle à celui
14:31qui a dirigé une entreprise.
14:33C'est parfois la source
14:34d'ailleurs des troubles
14:35de santé mentale.
14:36C'est-à-dire que
14:37le travail parfois rend malade.
14:39Alors on fait tout
14:40et les DRH font tout
14:41pour améliorer.
14:42Mais vous voyez
14:43cette relation très particulière
14:44au travail
14:44qui fait qu'aujourd'hui
14:45la santé mentale
14:46et sa prévention
14:47est devenue une grande cause
14:48sans qu'on sache
14:49tout à fait comment l'attraper.
14:50Vous, le ministre
14:51qui a vu des responsabilités
14:53dans le privé,
14:53vous avez été
14:54à la tête d'une entreprise.
14:55Comment vous gériez
14:56ces sujets-là ?
14:57Je pense qu'il faut
14:58commencer par ne pas
14:59les dénier.
15:00D'ailleurs à la SNCF
15:01juste avant de partir,
15:02je ne savais pas encore
15:02que je l'administre d'ailleurs,
15:03j'ai mis en place
15:04une mission santé mentale
15:06pour l'animation transversale
15:08de ce sujet
15:08dans toute l'entreprise.
15:09Parce que c'est une réalité.
15:12Il y a une part d'abus
15:12mais ne pensons pas
15:14que c'est que des abus.
15:15Bien sûr.
15:15Il y a une réalité.
15:16Il y a des troubles.
15:17Il y a des troubles.
15:18Et plus on les prend tôt,
15:19mieux on se porte.
15:19Donc je pense qu'il faut
15:20à la fois admettre
15:21cette réalité,
15:23en déduire une capacité
15:25d'observation.
15:26Quand vous avez un collègue
15:27qui est joyeux
15:27et d'un coup il ne l'est plus,
15:28un jour, deux jours,
15:29trois jours,
15:29les signaux faibles.
15:30Les signaux faibles.
15:31Il faut les capter.
15:32La source peut-être
15:32de ce malaise
15:33n'est pas forcément professionnel
15:34mais peut-être que ça l'est aussi.
15:36Donc lui donner l'occasion
15:37de s'exprimer
15:37et très vite l'orienter
15:38vers la vraie médecine
15:39parce que l'entreprise
15:40est démunie là-dessus.
15:41Il y a vraiment
15:41des médecins spécialisés,
15:42des psychologues,
15:43des psychiatres
15:43qui peuvent évaluer
15:44le niveau de gravité
15:45et adapter le...
15:47Il y a un traitement.
15:48Il y a un traitement
15:49médicamenteux
15:49qui peut arriver
15:49qui peut passer
15:50par un arrêt de travail
15:51de quelques jours
15:51si c'est nécessaire
15:52et ensuite,
15:54dans l'analyse,
15:54si c'est un sujet
15:55lié au travail,
15:56il faut comprendre.
15:56À l'organisation là en l'occurrence.
15:58Est-ce que c'est la personne
15:58qui peut être fragile
15:59au plan émotif
16:00dans ce cas-là
16:00et c'est à considérer
16:01et donc il faut l'aider
16:02peut-être à mieux gérer
16:03ses émotions,
16:05mieux gérer la manière
16:05dont l'organisation
16:06s'adresse à elle.
16:07Il peut arriver aussi
16:08qu'on ait des chefs aillons.
16:14Un manager qui a des problèmes
16:15avec plusieurs personnes
16:16de son équipe,
16:17là, il faut avoir un doute.
16:19Il faut se poser la question
16:20et adresser le sujet.
16:21Avec des indicateurs
16:22d'arrêt maladie répétés
16:23sur un manager.
16:24Donc, ça veut dire
16:24qu'il faut aussi
16:25que l'organisation
16:26se remette en question
16:27ou soit accompagnée
16:28ou transformée
16:29parce que le sujet est posé.
16:30C'est pour ça que les DRH
16:31dans les grandes entreprises,
16:32c'est plus facile.
16:33On a des structures pour ça.
16:34Donc, il faut en tout cas
16:35qu'il y ait des savoir-faire
16:35qui arrivent sur ces sujets-là.
16:37Je crois aussi beaucoup
16:38aux mesures d'engagement,
16:40aux qu'est-ce que pensent
16:41les salariés
16:41de leurs conditions de travail
16:42de manière anonyme.
16:44Ça peut être une bonne manière
16:45de voir aussi
16:45si l'entreprise globalement
16:47va bien,
16:47mais dans un atelier donné,
16:48dans une équipe donnée,
16:49là, vous pourrez avoir
16:50un problème.
16:50Essayez de l'analyser.
16:52Je crois qu'effectivement,
16:53il faut apprendre
16:54à la fois dans l'entreprise
16:56et à l'extérieur
16:56à gérer cette nouvelle forme
16:58d'absence au travail.
16:59Avec la Gen Z,
17:00on n'a pas le temps,
17:01évidemment, Caroline,
17:02mais c'est un sujet
17:02qui percute les entreprises.
17:04Ces jeunes qui viennent dire
17:06aux DRH,
17:06aux managers qui les recrutent,
17:07mais moi,
17:08j'ai besoin d'un équilibre
17:09vie pro, vie perso,
17:10j'ai besoin d'avoir
17:11un cadre de vie
17:12qui me permette
17:12de m'épanouir,
17:13sinon je m'en vais.
17:14Cette génération Z,
17:15elle percute les entreprises
17:17et elle percutait,
17:18j'en suis sûr,
17:18les SNCF.
17:19On s'adapte ?
17:20Comment on fait là ?
17:21Ah bah oui,
17:21c'est à nous de s'adapter.
17:22C'est eux qui ont raison.
17:23C'est la jeunesse qui a raison.
17:24C'est la nouvelle génération
17:25qui a raison.
17:26Et donc,
17:27c'est aux entreprises
17:27et aux dirigeants d'entreprises
17:28qui ne sont pas
17:29la même génération
17:30comme moi.
17:31Nous, c'était
17:31la valeur de travail
17:32à 100%.
17:33C'est un choc.
17:33On décidait notre vie
17:34par le travail.
17:35Le travail nous le rendait,
17:36nos progressions,
17:37nous améliorons
17:38notre pouvoir de vie
17:39qui nous améliorait
17:39notre condition matérielle.
17:40Il y avait une espèce
17:41de deal implicite.
17:42Ce n'est plus tout à fait
17:43la même chose.
17:43Il faut être honnête.
17:44Peut-être que le travail
17:45offre moins de proximité
17:46de progression.
17:47Il faut y réfléchir d'ailleurs.
17:48Et du coup,
17:48les jeunes générations
17:49veulent équilibrer.
17:50Si le travail ne leur apporte
17:51pas tout,
17:52ils ont tout à fait
17:53la liberté
17:53de pouvoir choisir
17:54un engagement sportif,
17:56associatif, personnel.
17:57C'est ça.
17:57Il faut savoir l'écouter.
17:58Et deuxièmement,
17:59je crois que les jeunes générations
17:59ont beaucoup besoin
18:00de sens aussi à ce qu'ils font.
18:02C'est plus l'ordre militaire
18:03qui les fait avancer.
18:04C'est l'intégration
18:05dans un projet
18:05qui les dépasse
18:06et dans lequel
18:06ils vont s'engager.
18:07Et si vous créez
18:08ces conditions-là,
18:09ils vont travailler
18:09encore plus que nous,
18:10je pense.
18:11Franchement,
18:12la balle est dans notre plan.
18:12C'est un défi quand même.
18:13C'est un vrai défi.
18:15Je signale,
18:16puisqu'il est souvent venu
18:17sur le plateau de Smart Shop,
18:18pas ici,
18:18mais dans notre plateau,
18:20le magnifique livre
18:21d'Antoine Fouché,
18:21Le travail ne paie plus
18:22que vous avez lu.
18:23Et il soulève
18:24cette difficulté-là.
18:25C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
18:26on ne peut plus
18:27dépasser ses parents
18:28parce qu'il faudra
18:29150 ans
18:30pour accéder
18:30au même niveau de vie.
18:31C'est peut-être ça
18:32qui bloque aujourd'hui
18:32la Gen Z.
18:33Oui, alors une fois de plus,
18:35vous savez,
18:35tout se passe dans les entreprises.
18:36De ce côté-là,
18:36mon expérience d'entreprise
18:37est très utile
18:38parce qu'au fond,
18:38tous les sujets du travail,
18:39tôt ou tard,
18:40se concrétisent dans l'entreprise.
18:42Donc, ce qui se passe
18:43dans l'entreprise
18:43est absolument essentiel.
18:45Et il faut accepter
18:45une forme de responsabilité
18:46des dirigeants
18:47pour traiter
18:48plutôt bien,
18:49plutôt mal ces sujets.
18:50Et une forme aussi
18:51d'engagement des salariés,
18:53c'est bien
18:54cette combinaison-là,
18:55employeurs, employés,
18:56salariés, chefs d'entreprise
18:57qui, au fond,
18:58ont dans leurs mains
18:59ces sujets essentiels
19:00de plaisir au travail,
19:01de bonheur au travail.
19:02Ce n'est pas un mot utopique.
19:04L'utopie,
19:05c'est que ce soit tout parfait.
19:05Ça, ça n'existe pas.
19:06Ça, ce n'est pas possible.
19:07En tout cas,
19:07prendre le problème,
19:08admettre le problème
19:09et le traiter,
19:09c'est la bonne manière d'avancer.
19:11Deux sujets pour la gratter.
19:12Il nous reste dix minutes.
19:13Alors, un qui gratte beaucoup,
19:14c'est les retraites.
19:15Évidemment,
19:15c'est un sujet
19:15qui a suscité
19:16un mouvement social
19:17en 2023 très puissant
19:19et en plus
19:20avec une alliance complète
19:21des syndicats
19:22qui était un moment historique.
19:24Autre sujet pour la gratter,
19:25la rupture conventionnelle,
19:26Caroline,
19:27parce que là,
19:27il y a un sujet aussi
19:28de débat.
19:30L'annonce a été faite
19:31il y a quelques jours.
19:31Un projet de loi
19:32va être débattu en avril
19:33au Parlement
19:34issu de l'accord
19:34qui a eu lieu
19:35entre le patronat
19:36et une partie des syndicats
19:37pour réduire
19:37la durée d'indemnisation
19:39des salariés
19:40qui ont négocié
19:41une rupture conventionnelle.
19:42Quelques chiffres,
19:42en 2024,
19:43515 000 ruptures conventionnelles
19:45individuelles
19:45ont été signées
19:46contre 2 millions
19:47de démissions.
19:48C'est un dispositif
19:49qui plaît plutôt
19:50au patronat,
19:50aux salariés également.
19:52Qu'en est-il ?
19:53Est-ce qu'il faut vraiment
19:54diminuer
19:55la durée d'indemnisation ?
19:56C'est une fausse bonne idée,
19:57certains disent.
19:58Quoi donc ?
19:59De réformer la rupture
20:01parce que les syndicats
20:02disaient,
20:02nous,
20:03on trouve ça bien.
20:04Les dirigeants disaient,
20:05mais moi,
20:05ça m'évite d'aller au prud'homme
20:06et les salariés disaient,
20:08mais moi,
20:08c'est parfait pour moi
20:09puisque je sors
20:10en toute tranquillité.
20:11Est-ce qu'il fallait
20:12vraiment toucher
20:13à cette rupture conventionnelle ?
20:14Il fallait,
20:15bien évidemment,
20:16parce que moi,
20:16je reviens au débat
20:17sur la maîtrise
20:18de la dépense
20:18de la sécurité sociale.
20:19Ce que vous n'avez pas cité
20:20comme chiffre,
20:20il est intéressant,
20:21c'est que les ruptures conventionnelles,
20:23c'est 26 % du total
20:25des versements
20:26de l'indemnité chômage.
20:27C'est déjà fait 4 millions.
20:28France Travail
20:29était montée au créneau
20:30sur le sujet.
20:31Oui,
20:31mais c'est ça le problème.
20:32Et quand on gratte un peu,
20:33de fait,
20:33là encore,
20:34les études
20:34et ce qu'on peut observer
20:35autour de nous le démontrent,
20:36il y a abus de l'usage.
20:38C'est-à-dire que ce sont
20:39des démissions cachées
20:40d'un côté
20:40ou des licenciements cachés
20:42de l'autre.
20:43Ça, ce n'est pas possible.
20:44Quand vous voyez le coût
20:44sur l'assurance chômage,
20:45ce n'était plus tenable.
20:47Et d'autrement,
20:47quand vous regardez
20:48sociologiquement
20:49quel est le profil,
20:50c'est plutôt du cadre,
20:52en Ile-de-France,
20:53bien qualifié,
20:54donc en fait,
20:55il n'y a pas trop de problème
20:55à retrouver un travail.
20:56Par contre,
20:57qui tire la durée au maximum,
20:58on parle de voyage,
20:59on parle d'interruptions
21:01un peu longues.
21:02L'année sabbatique.
21:03Carrément,
21:04l'année sabbatique.
21:04Ça, ce n'est pas possible.
21:06On a dévoyé complètement.
21:07C'est quoi l'assurance chômage
21:09même aujourd'hui ?
21:10Si vous avez un coup dur,
21:12l'entreprise ne peut pas
21:12vous garder,
21:13on vient vous aider.
21:14Ce n'est pas pour vous payer
21:15un an de vacances.
21:16C'est assurantiel.
21:17Comme ça, c'est assurantiel.
21:18Et ça, tout le monde
21:19l'a un peu oublié,
21:19il fallait le rappeler.
21:21En fait,
21:21c'est les partenaires sociaux
21:22qui ont négocié, certes,
21:23le gouvernement a impulsé,
21:25mais cet accord leur appartient.
21:26C'est le leur.
21:27C'est un bel accord.
21:28Et à partir de cet accord,
21:29je suis convaincu,
21:30c'est une vraie réforme structurelle
21:31qu'on aura de l'assurance chômage.
21:33C'est presque un milliard d'euros
21:34de gagnés chaque année
21:35en régime de croisière.
21:36Et on revient aussi
21:37à la manière d'aider
21:38comment le ministère du Travail
21:39peut aider dans la crise.
21:40L'argent qu'on va mettre
21:41pour aider les secteurs,
21:42on peut peut-être le gager
21:43par ces économies réalisées,
21:44par cet accord structurel
21:45sur l'assurance chômage.
21:46Avant que je l'oublie,
21:47avant d'arriver aux retraites
21:48et de terminer sur ce sujet,
21:49parce que les Français
21:50aimeraient aussi
21:51entendre le ministre du Travail
21:52sur ce sujet,
21:53il y a un sujet
21:54qui est monté très très fort,
21:55c'est l'enjeu de l'IA.
21:56Avec une phrase simple
21:59qui percute là aussi
22:00la psyché des salariés,
22:02est-ce que je vais être remplacé
22:04ou est-ce que je vais être augmenté ?
22:06Ce sujet est posé.
22:08Il y a les boîtes d'IA
22:08qui vous disent
22:09mais c'est formidable,
22:10vous allez être augmenté.
22:11Et puis il y a les autres,
22:12je pense encore une fois
22:13à Laurent Capeliti
22:14qui s'est dans notre plateau,
22:14disait bah oui,
22:15il y a les autres
22:15qui disent qu'ils sont
22:16plus pessimistes
22:16parce qu'on va être remplacés.
22:20Parce que c'est un sujet
22:21qui percute
22:21toutes les entreprises.
22:23Il y a deux angles
22:24et la réponse à votre question
22:25qui n'est pas binaire,
22:27je pense qu'il y aura
22:27des secteurs
22:28qui vont être augmentés
22:29et les salariés avec
22:29et d'autres qui seront touchés.
22:31Voilà, il ne faut pas être...
22:32Alors c'est compliqué
22:32à les décrire,
22:33on commence à avoir
22:33à peu près des lignes
22:34qui se dégagent
22:35mais je suis encore
22:35très humble là-dessus
22:36parce que tout ça
22:37est très frais
22:37et au fond il n'y a pas
22:38beaucoup de travail scientifique,
22:40de recherche scientifique
22:40sur ces sujets.
22:41Par contre il faut rester agile
22:42et regarder
22:43et de l'autre côté
22:44c'est une vague
22:44qui va nous emporter.
22:46Donc c'est une vague énorme.
22:47Moi j'ai fait un peu de surf
22:48quand j'étais jeune
22:49dans le sud-ouest.
22:50Il faut mettre devant la vague
22:50et se faire pousser
22:51que soulever et larguer
22:52ou pire écraser.
22:53Et dans le rouleau.
22:54Voilà.
22:54Donc je pense que
22:55la bonne attitude
22:56c'est d'être proactif
22:57sans être naïf
22:58et regarder avec lucidité
22:59ce qui se passe.
23:00Comment je souhaite
23:00que le ministère du Travail
23:01s'empare du sujet ?
23:02De deux manières.
23:03D'abord je veux former
23:0415 millions de professionnels.
23:06C'est le plan aux ELIA.
23:07Mais moi je vais travailler
23:08sur une véritable ingénierie
23:09de formation
23:10pour former 15 millions
23:11de personnes en trois ans.
23:13Le prompt ?
23:13Apprendre à prompter ?
23:14Exactement.
23:15Alors on va segmenter tout ça
23:16bien évidemment.
23:16Ça ne sera pas la même formation
23:17pour tout le monde.
23:18Et France Travail
23:19j'ai demandé au patron
23:19de France Travail
23:20qui va me proposer
23:21un plan de formation
23:22pour 15 millions de personnes.
23:23Et deuxièmement
23:24il faut amener
23:25les patrons de PME
23:25à se servir de l'IA.
23:27Ils sont un peu perdus.
23:27Et moi je rêve
23:28d'une espèce de capacité
23:30de consulting
23:30que France Travail
23:31avec les chambres de commerce
23:32pourrait faire ça
23:32partout dans le territoire.
23:34Les grandes entreprises
23:34elles vont s'en sortir
23:35toutes seules.
23:35Elles n'ont pas besoin de nous.
23:36Et les PME
23:37il faut les aider
23:37à avoir les usages professionnels
23:39qu'ils peuvent en faire.
23:40Vous couplez avec la formation
23:41et là vous êtes devant la vague
23:42vous n'êtes pas derrière.
23:4315 millions de salariés
23:44c'est un plan commercial.
23:46C'est un plan
23:46qu'on n'a jamais fait en France.
23:48Terminons
23:48parce que c'est un sujet
23:49qui a occupé l'actualité.
23:51Alors là aujourd'hui
23:52c'est la crise géopolitique
23:54c'est la guerre en Iran
23:54mais on se souvient
23:55et on l'a en tête
23:57la réforme des retraites
23:58la crispation des syndicats
24:00les syndicats dans la rue.
24:02Vous avez hérité de ce dossier
24:03dès le 12 octobre
24:05vous saviez
24:05que vous aviez à gérer.
24:07On en est où
24:08de ce dossier retraite ?
24:10Alors en deux mots
24:11mon analyse personnelle
24:12pourquoi ça a coincé ?
24:13Ça a coincé deux fois
24:14quand même
24:14ces dernières années.
24:15On a failli avoir
24:16une réforme
24:16dite par point
24:17universelle
24:18fin 19 début 2020.
24:20Celle d'Edouard Philippe ?
24:21Oui d'Edouard Philippe
24:22on a failli l'avoir.
24:23S'il n'y avait pas le Covid
24:24on l'avait.
24:24C'est vrai.
24:25Le Covid est arrivé
24:26fait de jeu
24:26comme on dit
24:27tout s'est arrêté.
24:28C'est reparti plus classiquement
24:29avec une réforme
24:31du retraite par répartition
24:32en gros il fallait
24:33travailler davantage
24:34avec un accompagnement
24:35carrière longue etc.
24:36Là on est sur 64 ans là.
24:38Et au fond
24:39pourquoi ça n'a pas marché ?
24:40C'est ma conviction
24:41et c'est pour ça
24:42que j'ai lancé d'ailleurs
24:42une grande conférence sociale
24:44emploi, travail, retraite
24:45parce qu'on n'a pas
24:46assez parlé de travail.
24:47On n'a pas répondu
24:48à la question
24:49pourquoi autant
24:49de salariés en France
24:50c'est un peu franc
24:51qu'on français
24:52arrivent en ayant
24:53ras-le-bol à 61, 62 ans.
24:54Et pourquoi l'idée
24:55de faire deux ans de plus
24:56est-elle autant difficile
24:57à accepter pour eux ?
24:58Ça c'est une bonne question.
24:59Notre modèle étant pas
25:00on se souvient de Jospin
25:01qui en 99
25:02on pense à lui
25:05le modèle n'est pas tenable
25:06il le disait en 99
25:08notre modèle n'est pas tenable.
25:10Ah le modèle n'est pas tenable
25:11c'est pour ça
25:11qu'il faut trouver une solution.
25:12Voilà.
25:12Donc c'est pour ça
25:13qu'il faut travailler là-dessus.
25:15Après, si on est factuel
25:17donc le Premier ministre
25:18avec l'accord du Président
25:19de la République
25:19a décidé la suspension
25:21en tout cas de proposer
25:22au Parlement
25:23de voter ou pas
25:24la suspension
25:25de la réforme des retraites
25:26il l'a votée
25:26donc la réforme est suspendue
25:28et si rien ne se passe
25:29elle redémarre
25:30au 1er janvier 2028.
25:32Voilà.
25:32Ça on le sait.
25:33Qu'est-ce qui pourrait se passer ?
25:34Il faut une nouvelle loi.
25:35Cette nouvelle loi
25:36elle peut ressortir
25:37du débat démocratique
25:37qui va intervenir l'an prochain
25:39campagne présidentielle
25:40il y a des gens
25:41moins candidats
25:41qui ont dit
25:41qu'ils voulaient proposer
25:42des choses sur la retraite
25:44législatives derrière
25:45éventuellement nouvelle loi.
25:46Si il y a une nouvelle loi
25:46elle s'imposera
25:47et la démocratie l'aura décidé
25:49le peuple français
25:50l'aura décidé
25:50de manière démocratique
25:51s'il n'y a pas de nouvelle loi
25:52celle d'avant
25:53redémarre
25:54au 1er janvier 2028.
25:55Merci Monsieur le ministre.
25:56Je voudrais vous poser la question
25:57vous qui venez du privé
25:58et qui aviez cette culture
26:00du dialogue social
26:01on sait que le dialogue social
26:02à la SNCF
26:02est un élément clé
26:04pivot.
26:05Est-ce que vous êtes
26:06un ministre heureux
26:06vous qui arrivez
26:07d'un autre monde
26:08que l'univers politique ?
26:10Oui je suis un ministre heureux
26:12sans dire la difficulté
26:13pas B.A.
26:15Heureux ?
26:15Heureux mais pas B.A.
26:16Épanoui ?
26:18Épanoui oui
26:18en tout cas au travail
26:19et conscient que
26:21je peux amener
26:22moi et mon équipe
26:23des réponses
26:24aux questions
26:25que se pose le pays
26:26on a parlé de fraude
26:26on a parlé d'options conventionnelles
26:28on a parlé
26:28on va travailler
26:29sur une allocation
26:30de solidarité unifiée
26:31donc des réponses
26:31très concrètes
26:32par des lois
26:33il faut réussir
26:34à avoir les majorités
26:35au parlement
26:36je travaille sur l'emploi
26:37des jeunes
26:37je travaille sur l'emploi
26:38des seniors
26:38je crée les conditions
26:39d'une réforme de retraite
26:40peut-être plus moderne
26:41je suis heureux
26:43parce que je suis utile
26:44c'est pour ça que j'ai choisi
26:45d'ailleurs de m'engager
26:46dans ce gouvernement
26:47dans ce moment-là
26:48du pays
26:48très particulier
26:49je préfère être
26:51si on prend une métaphore sportive
26:52je suis sur la pelouse
26:53en crampon et en short
26:54je ne suis pas spectateur
26:55dans les bancs
26:56c'est plus facile
26:57d'être spectateur et commentateur
26:58je suis joueur
26:59je réussis l'action
27:00de rugby
27:01je marque des essais
27:03j'en prends quelques-uns
27:04voilà
27:04je me débrouille avec le ballon
27:07mais je suis acteur
27:07j'espère au service du pays
27:09au service de l'intérêt général
27:10pour toutes les françaises
27:11et les français
27:11un grand merci
27:12monsieur le ministre
27:13de nous avoir reçu
27:14ici dans votre ministère
27:16pour une émission spéciale
27:17où on a pu balayer
27:18en toute liberté
27:18tous les sujets
27:19liés au travail
27:21merci de nous avoir accueillis
27:22merci à vous
27:23chère Caroline
27:24de décideurs RH
27:26et puis je vous dis
27:26à très bientôt
27:27peut-être cette fois-ci
27:27on aura le plaisir
27:28de vous inviter
27:28sur notre plateau
27:30merci monsieur le ministre
27:31c'était un plaisir
27:32de partager cette interview
27:33avec vous
27:34merci beaucoup
27:35et peut-être à bientôt
27:35à très très bientôt
27:36merci à vous
27:37et puis évidemment
27:38à très bientôt
27:39dans notre studio
27:40pour un nouveau numéro
27:41de SmartJob
27:42de SmartJob
27:42de SmartJob
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