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  • il y a 22 heures
Ce vendredi 27 mars, les prévisions économiques de l'OCDE ainsi que les données de l'Insee concernant le déficit public ont été analysées par Hélène Baudchon, cheffe économiste adjointe chez BNP Paribas, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Bonjour Hélène Botchon, merci d'être avec nous ce matin.
00:03Vous êtes chef économiste adjointe de BNP Paribas.
00:06Dans un instant, nous parlerons de la France et également du marché obligataire
00:09qui continue de grimper ce matin puisque le 10 ans français est au-delà des 3,8%, 3,83%
00:15juste avant.
00:16Revenons sur les annonces de l'OCDE qui a mis à jour ces prévisions
00:20comme l'INSEE, comme la Banque de France, comme la BCE la semaine dernière.
00:23Que faut-il retenir aujourd'hui de ces prévisions quand vous faites le récupélatif ?
00:32Bonjour à tous.
00:34Je dirais que le premier message que je retiens, c'est que le choc énergétique actuel,
00:38il apparaît gérable, absorbable, avec un impact limité sur la croissance et l'inflation.
00:44Alors, sous l'hypothèse très importante que la flambée actuelle des prix de l'énergie,
00:49elle reste temporaire.
00:50C'est notamment ce que nous disent actuellement les marchés à terme.
00:54Alors, à tort ou à raison, nous verrons bien, mais en tout cas,
00:56c'est l'hypothèse centrale technique qui est retenue par la Banque de France,
01:01notamment parce qu'il faut bien faire une hypothèse d'évolution des prix du pétrole.
01:04Et donc, l'hypothèse technique, c'est celle-ci que nous disent les marchés à terme.
01:09Et pour citer un chiffre et donc se fixer les idées,
01:12l'hypothèse de la Banque de France, c'est qu'après un pic à 90 dollars le baril
01:16au deuxième trimestre de cette année,
01:18le prix du pétrole retomberait à 70 dollars au tournant 2026-2027.
01:24Et sous cette hypothèse, la croissance française en particulier
01:28serait négativement impactée, mais seulement à hauteur de 0,1 point de pourcentage en 2026
01:35et moins 0,2 point de pourcentage en 2027.
01:39Et du côté de l'inflation, l'impact est positif, un petit peu plus important d'ailleurs,
01:43plus 0,4 point d'inflation en 2026 d'après la Banque de France
01:48et donc pour l'inflation française.
01:49Mais ces ordres de grandeur sont relativement limités.
01:54Ceci étant dit, évidemment, il y a énormément d'incertitudes,
01:58d'autres scénarios alternatifs sont élaborés.
02:01Et même sous le scénario le plus défavorable retenu par la Banque de France,
02:08en fait, la croissance française resterait positive.
02:10Faiblement positive, mais positive tout de même à 0,3% cette année en 2026.
02:17Donc une fois encore, je ne peux que rappeler l'ampleur des incertitudes.
02:21Le choc est important, mais ce qui se dégage dans leur ensemble de ces prévisions,
02:26Banque de France, INSEE comme OCDE, c'est à mes yeux, à ce stade,
02:29au moment où on se parle, une certaine résistance de la croissance française à ce choc.
02:34Le conflit va rentrer dans sa quatrième semaine demain.
02:37À ce stade, comment vous jugez l'impact pour les entreprises, pour les ménages ?
02:44C'est un petit peu le même son de cloche que ce que je viens de dire.
02:48On a encore très peu de données, mais la réaction immédiate sur la base des enquêtes de confiance
02:52que l'on a eues pour le mois de mars, que ce soit auprès des entreprises comme auprès des ménages
02:57français,
02:57mais cette réaction immédiate, elle est plutôt encourageante, dans le sens où la détérioration à chaud,
03:03en quelque sorte, de ces enquêtes, de la confiance des ménages, du climat des affaires,
03:08cette détérioration à chaud, elle est bien plus limitée qu'en mars 2022, à la suite de l'invasion russe
03:15en Ukraine.
03:16Donc c'est un premier point de départ, on va dire, un petit peu encourageant.
03:20Alors, deux bémols que j'apporterai à votre attention.
03:24Le premier, effectivement, c'est le point de départ de ces enquêtes.
03:28Aujourd'hui, le niveau des enquêtes, que ce soit les PMI comme les enquêtes INSEE,
03:32ce niveau est plus bas aujourd'hui qu'il ne l'était au printemps 2022.
03:36À l'époque, on était encore en phase de rebond post-Covid,
03:39et ça avait porté les enquêtes à des niveaux très élevés.
03:43Le deuxième bémol, j'en reparle, c'est l'incertitude, évidemment,
03:47sur la suite du conflit et l'ampleur de ses répercussions.
03:49Et donc, par défaut, en scénario central, il faut quand même s'attendre
03:53à ce que les enquêtes continuent de se dégrader dans les tout prochains mois.
03:57Mais il y a aussi deux points positifs, un peu plus favorables aujourd'hui à souligner,
04:02par rapport à 2022, le contexte actuel est moins inflationniste.
04:07Le point de départ de l'inflation française, en particulier, est vraiment particulièrement bas.
04:13Souvenez-vous, on était en février 2026 à 1% en glissement annuel,
04:17pour donner un chiffre rond.
04:19Et d'après l'INSEE, l'inflation française remonterait à 2,1% en mai de cette année.
04:24Donc, c'est un choc significatif, plus un point,
04:27mais on resterait sur un rythme d'inflation quand même très confortable.
04:32Et l'autre point positif, c'est que le choc intervient quand même
04:35dans une dynamique conjoncturelle qui était à l'amélioration.
04:39Donc, nous, ça nous permet de considérer que ça fournit des capacités d'absorption et de résistance.
04:45Le marché obligataire continue de grimper.
04:47Ce matin, Hélène Beauchamp, le 10 ans français, est à 3,8% sur des plus hauts de 2008-2011.
04:53Le Bund, le 10 ans allemand, est désormais à 3,10,
04:56c'est-à-dire au-delà de son niveau de lundi et également sur des niveaux de 2008.
05:00Aujourd'hui, comment vous regardez l'évolution de ce marché obligataire ?
05:05Quel est l'impact, notamment pour les finances publiques ?
05:07Alors certes, ce matin, la France a annoncé que le déficit public n'était pas de 5,4% mais
05:11de 5,1% en 2025.
05:13Mais cette remontée des taux est loin d'être négligeable pour les finances publiques.
05:17C'est clairement quelque chose qu'on surveille de près, pas seulement pour les finances publiques,
05:21mais dans ce que ça nous raconte de l'ampleur du choc,
05:25la perception des marchés du risque inflationniste,
05:28de l'évolution des taux directeurs du côté des banques centrales.
05:32Mais une fois encore, la situation est redoutablement incertaine.
05:38D'un côté, il est vrai que les taux d'intérêt pourraient continuer de monter
05:41parce que toutes ces questions d'ampleur et de répercussion du choc,
05:44ça dépend de sa durée et de à quel niveau les prix du pétrole et les taux d'intérêt restent.
05:50Effectivement, s'ils restent à des niveaux élevés pendant longtemps,
05:53les implications et les répercussions économiques sont importantes aussi.
05:57Mais on peut imaginer aussi un scénario de détente.
06:00Je sais qu'aujourd'hui, ça relève plus de l'espoir que d'un scénario qui a une certaine probabilité.
06:08Mais voilà, les taux d'intérêt, effectivement, peuvent continuer de grimper en même temps que les prix du pétrole.
06:14Mais on peut imaginer aussi une situation de détente.
06:17On peut avoir ce petit espoir au regard des discussions.
06:21Alors, a priori, je les mets entre guillemets parce qu'effectivement, les Iraniens disent qu'elles n'ont pas lieu,
06:26les Américains disent qu'elles ont lieu.
06:27Mais peut-être qu'il y a des discussions pour trouver une issue.
06:30Et si effectivement, ces discussions débouchent, on peut imaginer quand même une détente sensible
06:35sur les prix du pétrole et les taux d'intérêt.
06:38Et vous l'avez dit, le déficit public français pour 2025 nous a réservé une petite bonne surprise.
06:45Non, une bonne surprise. Il est moins important que prévu, d'après la première estimation de l'INSEE.
06:51Donc, il ressort à 5,1% du PIB au lieu d'une cible à 5,4% du gouvernement.
06:58L'amélioration par rapport à 2024 est sensible. On était à 5,8% en 2024.
07:03Donc, le point de départ, ce point de départ moins défavorable, je dirais,
07:07donne quand même un peu de marge de manœuvre pour encaisser le choc énergétique
07:11sans remettre en cause l'objectif actuel pour 2025 qui est à 5%.
07:17Et un dernier point quand même à garder à l'esprit, c'est que des taux d'intérêt plus élevés,
07:22donc à supposer effectivement qu'ils se maintiennent à ce niveau,
07:25des taux d'intérêt plus élevés ne joueront pas à la hausse dès 2025
07:29sur la charge de la dette française et donc sur le déficit français
07:33parce qu'on a une maturité moyenne relativement élevée de la dette française.
07:37Donc, le temps que ça se renouvelle, ça ne se fera pas immédiatement aux conditions de taux actuels.
07:43Donc, à ce stade, voilà, pas d'inquiétude majeure à avoir en termes d'impact
07:47sur les finances publiques françaises du choc en cours.
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