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  • il y a 14 heures
Ce jeudi 23 avril, la situation en Allemagne et en Italie, où les gouvernements ont revu à la baisse leurs prévisions de croissance, a été abordée par Hervé Amourda, économiste chez Pro BTP Finance et membre du comité stratégique de BSI Economics, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Avec donc comme promis Hervé Amourda qui nous accompagne ce matin,
00:05économie chez ProBTP Finance et membre du comité stratégique de BSI Economics.
00:08Bonjour Hervé, merci de nous accompagner ce matin afin de nous éclairer un petit peu
00:12sur la situation en Allemagne et en Italie, puisque hier les gouvernements respectifs
00:16ont revu à la baisse leur objectif de croissance.
00:19L'Italie ne prévoit plus que 0,6% quand l'Allemagne a carrément coupé en deux sa prévision,
00:23ça sera plus 1 mais 0,5.
00:25On va commencer peut-être avec l'Allemagne.
00:27Comment expliquer d'un seul coup que cette croissance est sabrée ?
00:31Alors certes on peut mettre ça sur le dos de la situation en Iran, sur le pétrole à 100 dollars,
00:36mais bon on a un pétrole qui est ce matin à 95 dollars.
00:39Est-ce que ça vaut vraiment la peine de passer de 1 à 0,5 ?
00:44Oui alors effectivement, moi je pense qu'on est vraiment dans une étape de transition
00:48et cette révision de l'Allemagne, elle est en train d'illustrer finalement ce passage du choc énergétique
00:55qui pour l'instant était cantonnée au prix, vous l'avez dit au prix du pétrole,
00:58et on commence à avoir une transmission vers le coût des intrants,
01:02vers le coût des prix à la production notamment, vers finalement la croissance.
01:07Pourquoi est-ce que l'Allemagne est la première à réagir ?
01:09Est-ce que l'Allemagne est la première à impacter ?
01:11Tout simplement, l'industrie lourde allemande a une intensité énergétique
01:14qui est la plus élevée d'Europe aujourd'hui.
01:17Et donc assez logiquement, on a cet impact beaucoup plus fort en Allemagne
01:22qu'on pourrait le voir par exemple en France ou dans d'autres pays de la zone euro.
01:26L'autre élément à prendre en compte quand même aussi, c'est le point de départ.
01:29Pourquoi est-ce qu'on avait des prévisions aussi optimistes
01:31de la part du gouvernement allemand cette année en 2026 ?
01:33Parce qu'il y avait le plan d'investissement.
01:35Or qui dit plan d'investissement dit une forte dépendance aux conditions monétaires et financières.
01:41Et aujourd'hui cette instabilité politique rend les décisions d'investissement
01:44beaucoup moins certaines et pourrait décaler finalement ces décisions d'investissement.
01:48En tout cas pour la partie privée des investissements.
01:51Pour la partie publique, les engagements seront tenus.
01:53Mais pour l'aspect privé, il risque d'y avoir des délais.
01:56Donc si on met tout ça finalement bout à bout,
01:58ça explique quand même pas mal pourquoi on a une révision assez forte.
02:02En ayant dit ça, la révision hier du ministère de l'économie allemand
02:07finalement se rapproche de la prévision de la Bundesbank
02:11que l'on avait eue en mars 26 avec les prévisions de la BCE.
02:15Je crois qu'on est à 0,1.
02:16La prévision de la Bundesbank doit être à 0,6 pour 2026.
02:20Donc voilà, on n'est pas sur un scénario de catastrophe non plus pour l'instant.
02:24On n'est pas dans un scénario de catastrophe,
02:26mais le mot récession va peut-être à nouveau être conjugué avec l'Allemagne.
02:29C'est vrai qu'on avait beaucoup parlé de récession à l'époque en ce qui concerne l'Allemagne.
02:33Il y a à nouveau des inquiétudes par rapport aux éléments que vous venez de souligner.
02:36Et puis également par rapport au plan de relance.
02:39Ça fait plus d'un an que ce plan de relance est sur les rails.
02:42Mais c'est vrai qu'il prend du temps avant de se mettre en place.
02:46Et Frédéric Merch est quelque peu aussi fragilisé désormais.
02:50Oui, absolument.
02:51Et ça ne devrait pas vraiment s'arranger.
02:54Puisque bien d'ailleurs, je pense que c'est aujourd'hui et demain
02:57nous avons une réunion informelle des gouvernements européens à Chypre,
03:03justement pour s'entendre sur des mesures tarifaires,
03:06sur l'aspect énergétique, sur les taxes énergétiques notamment,
03:09sur les stocks de fioul.
03:12Et aujourd'hui, la priorité, elle est plutôt d'essayer de consolider les efforts au niveau européen
03:17pour absorber le plus possible ce choc économique.
03:20Donc, je ne dis pas qu'on va décaler finalement le plan d'investissement
03:25dans les infrastructures et dans la défense.
03:27Dans la défense, ça suit son cours,
03:28sauf qu'on sait que les carnets de commandes sont déjà très remplis
03:31et donc on ne peut pas aller plus vite finalement que les industriels sur ce sujet.
03:34Et puis sur les infrastructures, malheureusement,
03:36on aura le délai du partenariat public-privé
03:39qui va s'installer à cause de ce choc d'incertitude.
03:43Mais la bonne nouvelle, entre guillemets,
03:45c'est qu'on a une réponse européenne qui est en train d'être coordonnée aujourd'hui,
03:49qui pourrait atténuer l'impact sur la croissance économique.
03:53Donc ça, c'est plutôt positif.
03:54La nouvelle nouvelle, c'est qu'on part avec des marges budgétaires
03:57qui sont beaucoup moins bonnes, par exemple,
03:59qu'en 2022 lors du précédent choc énergétique.
04:02Donc il va falloir conjuguer un petit peu les deux
04:04et là, on est vraiment sur une ligne très fine à arbitrer pour les gouvernements.
04:10Voilà donc pour la situation en Allemagne.
04:12Et puis un dernier mot, Hervé Amourda, sur la situation en Italie.
04:16Là, cette fois, le gouvernement Mélanie prévoit 0,6%
04:19pour cette année.
04:20Oui, alors l'Italie se retrouve dans une situation assez similaire
04:24puisqu'elle a aussi une industrie lourde
04:26qui est très dépendante aujourd'hui de l'énergie.
04:29Finalement, les leçons de 2022 n'ont pas été totalement tirées
04:33puisqu'on garde une dépendance énergétique très forte
04:36envers les hydrocarbures.
04:37La seule chose que l'on a changé, c'est qu'on avait relocalisé.
04:41On était sortis de la Russie pour aller plus tôt vers les pays du Golfe.
04:44Bon, ce choc finalement dans les pays du Golfe aujourd'hui
04:47nous impacte donc tout autant qu'en 2022.
04:50Et puis l'autre impact pour l'Italie, c'est l'aspect tourisme
04:53avec justement ces fameuses recommandations
04:56dont on a déjà beaucoup parlé de l'Agence internationale de l'énergie
04:59qui prévoit six semaines de stock encore.
05:02Si le détroit d'Ormoult reste fermé, il ne resterait que six semaines de stock
05:05sur le fuel, le carburant des avions.
05:10Et donc, à l'approche de la saison estivale,
05:13ça pourrait remettre en question finalement le tourisme
05:15qui est une part importante encore aujourd'hui pour le gouvernement italien.
05:19La révision italienne néanmoins, même si on est proche finalement
05:23de la croissance allemande dans les prévisions du gouvernement pour cette année,
05:27elle est moindre parce qu'on part d'un point moins élevé.
05:30On avait finalement une révision de 0,2 seulement.
05:33Là aussi, on converge vers les prévisions de la Banque d'Italie.
05:36Donc voilà, l'un dans l'autre, j'irais que c'est un peu moins grave
05:39pour le gouvernement italien.
05:41Budgétairement, en revanche, il y a évidemment beaucoup moins de marge de manœuvre.
05:45Cet aspect faible croissance va avoir un impact automatique
05:48sur les ratios de dette et le ratio de déficit.
05:51Donc ça va aussi contraindre le gouvernement italien
05:53dans sa relance et dans toutes les mesures.
05:56Donc pour moi aujourd'hui, je pense que la réponse,
05:57elle est vraiment à Chypre à Nicosi.
06:00sur finalement quelle sera l'entente au niveau européen
06:04et quelle sera la réponse coordonnée européenne
06:07sur ce sujet pour atténuer le choix.
06:09Merci beaucoup Hervé Amourda de nous avoir accompagnés ce matin.
06:12Depuis ProBTP Finance, vous êtes économiste,
06:14vous êtes également membre du comité stratégique de BSI Economics.
06:17Nous aurons l'occasion de reparler de ses prévisions de croissance
06:20dans une vingtaine de minutes avec Samy Char qui sera avec nous depuis Genève,
06:24depuis Lombard-Rodier et compagnie.
06:26Et Vincent Juvins nous accompagnera depuis la Belgique.
06:29C'est le responsable de la stratégie d'investissement de ING.
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