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  • il y a 10 heures
Ce mercredi 28 janvier, le taux de change entre l'euro et le dollar, qui a atteint 1,20 pour la première fois depuis 2021, ainsi que la confiance des consommateurs, qui est stable d'après l'Insee en France, ont été abordés par Fabien Bossy, chef économiste France chez Société Générale CIB, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:01Et ce sont les équipes de Société Générale CIB qui nous accompagnent ce matin et Fabien Bossy qui est chef économiste France.
00:06Bonjour Fabien Bossy, merci de nous accorder quelques minutes ce matin.
00:10Dans un instant nous allons parler de la confiance des consommateurs qui est stable d'après l'INSEE en France.
00:15Mais juste avant, oui, une réaction à chaud quand même sur cette baisse du dollar qui profite à l'euro 1,20 quand même pour cet euro-dollar.
00:23Quelles sont aujourd'hui les implications macroéconomiques et comment on peut expliquer aujourd'hui la force de l'euro ou plutôt la faiblesse du dollar ?
00:33Oui, bonjour Etienne. Oui, en effet, vous avez raison de parler de la faiblesse du dollar parce que c'est avant tout une histoire dollar à laquelle on assiste ces derniers jours.
00:45Et même depuis un an, il y a début janvier de l'année précédente, on avait un euro-dollar qui s'approchait de la parité, qui était tombé jusqu'à 1,02.
00:58On est à 1,20 maintenant, c'est quasiment 18% de hausse de l'euro.
01:02Par contre, quand on regarde le taux de change effectif de l'euro, c'est-à-dire le taux moyen de l'euro face à l'ensemble des devises,
01:09la hausse est quand même beaucoup plus modérée avec 7% de hausse.
01:12Donc c'est avant tout une faiblesse du dollar à laquelle on assiste, avec toutefois une montée de l'euro qui peut s'expliquer en partie par la relance budgétaire allemande
01:25qui renforce les perspectives de croissance en Europe et qui raffermit un petit peu la devise européenne.
01:33Alors d'un point de vue de l'économie française en particulier, la force de la devise, ça devrait avoir un impact négatif sur la croissance.
01:42Si vous regardez les élasticités standards que le Trésor mettait en avant, une hausse de 10% du taux de change, toute monnaie confondue,
01:52ça peut enlever jusqu'à 1,5 point de PIB à la croissance française.
01:56Donc c'est quelque chose à surveiller de près.
01:58Mais encore une fois, si c'est une hausse qui est causée par des facteurs positifs comme la relance en Allemagne,
02:04alors l'impact forcément, on ne peut pas raisonner toutes choses égales par ailleurs et l'impact aurait été quand même plus modéré.
02:10Et c'est pour ça qu'on observe des membres de la BCE encore assez prudents sur le sujet.
02:15Il n'est pas encore temps de réagir.
02:17On a eu un gouverneur de la Banque autrichienne ce matin disant qu'il regardait ça de près.
02:22Mais pour l'instant, tant que les mouvements restaient modestes et tant que ça restait une histoire dollar,
02:26c'était quelque chose à surveiller, mais pas forcément à réagir à chaud.
02:30Les implications d'un euro dollar à 1,20, nous verrons cela dans une demi-heure avec Pascal Sévy,
02:36directrice commerciale de la Banque privée France du groupe Lombard-Rodier et Olivier Lévy, président de Lévy Capital Partners.
02:42Un mot Fabien Bossy, chef économiste franche chez Société Générale CIB, de la conjoncture en France,
02:48avec hier l'INSEE qui annonce une confiance des ménages stable au mois de janvier
02:54et surtout une épargne qui est toujours très forte auprès de la population française.
02:58Oui, en effet, l'indice de confiance des ménages en France est resté en janvier à 90 par rapport à une moyenne de long terme de 100.
03:06Donc on est bas, on n'est pas forcément très bas, mais on est bas et on reste exactement à la moyenne
03:13à laquelle on évolue depuis maintenant fin 2023, donc quasiment plus de deux ans,
03:18avec effectivement des intentions d'épargne qui restent très hautes, proches des records historiques.
03:24La bonne nouvelle, c'est que les craintes sur le chômage ne sont pas aussi élevées
03:28que ce qu'on a pu observer à d'autres périodes où la confiance des ménages était aussi basse.
03:33On a des Français qui restent très prudents, mais peut-être plus pour des raisons, on va dire,
03:38en tout cas pas à cause d'une faiblesse marquée du marché du travail.
03:42Donc c'est une bonne nouvelle, mais on les voit rester très prudents avec leurs revenus
03:47et avec ces intentions d'épargne qui sont élevées.
03:49On peut craindre que le rebond de la consommation, qu'on devrait voir au T4, ne sera pas forcément durable,
03:55en tout cas que le mouvement ne va pas s'accélérer en ce début d'année.
03:58La reprise de la consommation, la reprise de l'accélération des dépenses des ménages,
04:02c'est encore une histoire à venir, c'est peut-être pas encore quelque chose qu'on observe.
04:05Confiance des ménages qui reste stable au mois de janvier d'après l'INSEE en France.
04:11Si on doit faire le parallèle avec la situation en Allemagne, puisque ce matin on a notamment eu l'enquête d'IFK
04:15qui a également pris le moral des ménages allemands, est-ce qu'il y a des points de similitude ?
04:20Est-ce que ça va un peu mieux outre-Rhin ?
04:22Alors l'indice que vous citez, l'indice GFK en Allemagne, il est un petit peu biaisé vers le bas,
04:31il dépeint une confiance des ménages allemandes qui est très négative.
04:35Quand on regarde l'indice harmonisé par la Commission européenne,
04:40qui fait le même travail sur les différents pays,
04:42et qui ressemble beaucoup plus à l'indice de l'INSEE en France,
04:46l'indice en Allemagne est quand même plus proche de la normale.
04:49Si on devait le traduire en indice INSEE, on serait proche des 95, en gros en Allemagne.
04:56Donc une confiance des ménages qui est plus faible que la normale,
05:00mais qui est un peu meilleure qu'en France.
05:03Difficile de voir là forcément un impact de l'arrivée du nouveau gouvernement.
05:09On n'observe pas vraiment un bond de la confiance des ménages allemands depuis.
05:13Mais la confiance des ménages allemands reste quand même faible,
05:16un peu plus haute qu'en France, mais pas non plus de façon disproportionnée.
05:22En Allemagne comme en France, la reprise de la consommation reste encore assez poussive,
05:28et la croissance en Allemagne reste assez poussive.
05:31On espère voir une accélération cette année,
05:34avec notamment le stimulus fiscal qui devrait booster les dépenses publiques.
05:38Mais là encore, c'est quelque chose qui reste à venir.
05:41On a eu lundi SIFO, lundi le principal indice de climat des affaires en Allemagne,
05:45qui a légèrement déçu et qui montre que le retour de la confiance
05:50et l'accélération de la croissance en Allemagne,
05:52ça reste quelque chose qui reste à venir
05:54et qu'on n'observe pas encore complètement dans les données en ce début d'année.
05:58Merci beaucoup Fabien.
05:59Vous aussi nous aurez accompagné ce matin,
06:00chef économiste France de Société Générale CIB,
06:02pour revenir à chaud sur cette parité euro-dollar
06:05qui touche les 1,20 pour la première fois depuis juin 2021,
06:08quand du côté de la France et de l'Allemagne,
06:10on a toujours une confiance des ménages qui est sous pression.
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