00:01Et ce sont les équipes de Société Générale CIB qui nous accompagnent ce matin et Fabien Bossy qui est chef économiste France.
00:06Bonjour Fabien Bossy, merci de nous accorder quelques minutes ce matin.
00:10Dans un instant nous allons parler de la confiance des consommateurs qui est stable d'après l'INSEE en France.
00:15Mais juste avant, oui, une réaction à chaud quand même sur cette baisse du dollar qui profite à l'euro 1,20 quand même pour cet euro-dollar.
00:23Quelles sont aujourd'hui les implications macroéconomiques et comment on peut expliquer aujourd'hui la force de l'euro ou plutôt la faiblesse du dollar ?
00:33Oui, bonjour Etienne. Oui, en effet, vous avez raison de parler de la faiblesse du dollar parce que c'est avant tout une histoire dollar à laquelle on assiste ces derniers jours.
00:45Et même depuis un an, il y a début janvier de l'année précédente, on avait un euro-dollar qui s'approchait de la parité, qui était tombé jusqu'à 1,02.
00:58On est à 1,20 maintenant, c'est quasiment 18% de hausse de l'euro.
01:02Par contre, quand on regarde le taux de change effectif de l'euro, c'est-à-dire le taux moyen de l'euro face à l'ensemble des devises,
01:09la hausse est quand même beaucoup plus modérée avec 7% de hausse.
01:12Donc c'est avant tout une faiblesse du dollar à laquelle on assiste, avec toutefois une montée de l'euro qui peut s'expliquer en partie par la relance budgétaire allemande
01:25qui renforce les perspectives de croissance en Europe et qui raffermit un petit peu la devise européenne.
01:33Alors d'un point de vue de l'économie française en particulier, la force de la devise, ça devrait avoir un impact négatif sur la croissance.
01:42Si vous regardez les élasticités standards que le Trésor mettait en avant, une hausse de 10% du taux de change, toute monnaie confondue,
01:52ça peut enlever jusqu'à 1,5 point de PIB à la croissance française.
01:56Donc c'est quelque chose à surveiller de près.
01:58Mais encore une fois, si c'est une hausse qui est causée par des facteurs positifs comme la relance en Allemagne,
02:04alors l'impact forcément, on ne peut pas raisonner toutes choses égales par ailleurs et l'impact aurait été quand même plus modéré.
02:10Et c'est pour ça qu'on observe des membres de la BCE encore assez prudents sur le sujet.
02:15Il n'est pas encore temps de réagir.
02:17On a eu un gouverneur de la Banque autrichienne ce matin disant qu'il regardait ça de près.
02:22Mais pour l'instant, tant que les mouvements restaient modestes et tant que ça restait une histoire dollar,
02:26c'était quelque chose à surveiller, mais pas forcément à réagir à chaud.
02:30Les implications d'un euro dollar à 1,20, nous verrons cela dans une demi-heure avec Pascal Sévy,
02:36directrice commerciale de la Banque privée France du groupe Lombard-Rodier et Olivier Lévy, président de Lévy Capital Partners.
02:42Un mot Fabien Bossy, chef économiste franche chez Société Générale CIB, de la conjoncture en France,
02:48avec hier l'INSEE qui annonce une confiance des ménages stable au mois de janvier
02:54et surtout une épargne qui est toujours très forte auprès de la population française.
02:58Oui, en effet, l'indice de confiance des ménages en France est resté en janvier à 90 par rapport à une moyenne de long terme de 100.
03:06Donc on est bas, on n'est pas forcément très bas, mais on est bas et on reste exactement à la moyenne
03:13à laquelle on évolue depuis maintenant fin 2023, donc quasiment plus de deux ans,
03:18avec effectivement des intentions d'épargne qui restent très hautes, proches des records historiques.
03:24La bonne nouvelle, c'est que les craintes sur le chômage ne sont pas aussi élevées
03:28que ce qu'on a pu observer à d'autres périodes où la confiance des ménages était aussi basse.
03:33On a des Français qui restent très prudents, mais peut-être plus pour des raisons, on va dire,
03:38en tout cas pas à cause d'une faiblesse marquée du marché du travail.
03:42Donc c'est une bonne nouvelle, mais on les voit rester très prudents avec leurs revenus
03:47et avec ces intentions d'épargne qui sont élevées.
03:49On peut craindre que le rebond de la consommation, qu'on devrait voir au T4, ne sera pas forcément durable,
03:55en tout cas que le mouvement ne va pas s'accélérer en ce début d'année.
03:58La reprise de la consommation, la reprise de l'accélération des dépenses des ménages,
04:02c'est encore une histoire à venir, c'est peut-être pas encore quelque chose qu'on observe.
04:05Confiance des ménages qui reste stable au mois de janvier d'après l'INSEE en France.
04:11Si on doit faire le parallèle avec la situation en Allemagne, puisque ce matin on a notamment eu l'enquête d'IFK
04:15qui a également pris le moral des ménages allemands, est-ce qu'il y a des points de similitude ?
04:20Est-ce que ça va un peu mieux outre-Rhin ?
04:22Alors l'indice que vous citez, l'indice GFK en Allemagne, il est un petit peu biaisé vers le bas,
04:31il dépeint une confiance des ménages allemandes qui est très négative.
04:35Quand on regarde l'indice harmonisé par la Commission européenne,
04:40qui fait le même travail sur les différents pays,
04:42et qui ressemble beaucoup plus à l'indice de l'INSEE en France,
04:46l'indice en Allemagne est quand même plus proche de la normale.
04:49Si on devait le traduire en indice INSEE, on serait proche des 95, en gros en Allemagne.
04:56Donc une confiance des ménages qui est plus faible que la normale,
05:00mais qui est un peu meilleure qu'en France.
05:03Difficile de voir là forcément un impact de l'arrivée du nouveau gouvernement.
05:09On n'observe pas vraiment un bond de la confiance des ménages allemands depuis.
05:13Mais la confiance des ménages allemands reste quand même faible,
05:16un peu plus haute qu'en France, mais pas non plus de façon disproportionnée.
05:22En Allemagne comme en France, la reprise de la consommation reste encore assez poussive,
05:28et la croissance en Allemagne reste assez poussive.
05:31On espère voir une accélération cette année,
05:34avec notamment le stimulus fiscal qui devrait booster les dépenses publiques.
05:38Mais là encore, c'est quelque chose qui reste à venir.
05:41On a eu lundi SIFO, lundi le principal indice de climat des affaires en Allemagne,
05:45qui a légèrement déçu et qui montre que le retour de la confiance
05:50et l'accélération de la croissance en Allemagne,
05:52ça reste quelque chose qui reste à venir
05:54et qu'on n'observe pas encore complètement dans les données en ce début d'année.
05:58Merci beaucoup Fabien.
05:59Vous aussi nous aurez accompagné ce matin,
06:00chef économiste France de Société Générale CIB,
06:02pour revenir à chaud sur cette parité euro-dollar
06:05qui touche les 1,20 pour la première fois depuis juin 2021,
06:08quand du côté de la France et de l'Allemagne,
06:10on a toujours une confiance des ménages qui est sous pression.
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