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  • il y a 7 minutes
Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, était l'invitée de Laure Closier dans Good Morning Business, ce jeudi 26 mars. Elles sont revenues sur les résultats des élections municipales, avec l'ascension du RN, ainsi que sur les détails de l'agenda social concernant les questions liées aux contrats courts, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:007h44 sur BFM Business et sur AMC Live. Notre invité ce matin c'est Marie-Lise Léon. Bonjour, secrétaire générale
00:06de la CFDT.
00:06On va rentrer dans le détail de la gérinette sociale sur les questions de contrat court.
00:10Mais avant, je vais voir votre point de vue sur les municipales. On a reçu Patrick Martin cette semaine du
00:15MEDEF.
00:16Il a pris position clairement pendant les municipales, par exemple contre des candidats LFIA Toulouse,
00:21estimant que ça allait abîmer l'attractivité du territoire.
00:24Vous, vous avez pris position régulièrement contre le Rassemblement National.
00:28Est-ce que c'est son rôle, à Patrick Martin, comme le vôtre, de dire pour qu'il faut voter,
00:32pour qu'il ne faut pas voter ?
00:33Je ne commenterai pas le rôle du MEDEF ou de Patrick Martin, je commente celui de la CFDT.
00:37On est une organisation syndicale et dans les valeurs que l'on défend, dans notre vision, le projet de société
00:43que l'on défend,
00:44d'égalité, de solidarité, de démocratie, on considère que le projet porté par le Rassemblement National,
00:49y compris à l'échelle des municipalités, ça n'est pas compatible.
00:52Donc on a toujours été clair, ça fait de nombreuses années qu'on se positionne comme cela.
00:56Et on l'a refait après le premier tour des élections municipales,
01:01en étant, bien entendu, en laissant libre l'ensemble de nos adhérents,
01:05des travailleurs que l'on représente, de voter.
01:10L'important, le message important, ça a été quand même aussi d'inciter à aller voter.
01:14Je pense qu'on ne parle pas suffisamment du principal résultat de cette élection,
01:18qui est l'abstention, et donc de ce détournement des concitoyens,
01:22de la démocratie et de l'envie de participer à ces élections.
01:26Mais est-ce que c'est incompatible de voter Rassemblement National et d'être membre de la CFDT ?
01:32Parce que chez vous, comme chez d'autres, et ce n'est pas chez vous que c'est le plus
01:34prégnant,
01:35mais on a un vote RN qui monte.
01:36Bien sûr, bien sûr, parce qu'on est à l'image de la société.
01:39La CFDT, c'est une grande organisation en termes de nombre d'adhérents et d'adhérentes.
01:44Et on est plus de 640 000 adhérents, je dirais même adhérentes,
01:49puisqu'on est majoritairement des femmes adhérentes à cette organisation.
01:53Et il y a incompatibilité de projet.
01:55Après, le parti pris de mon organisation, c'est d'aller à la rencontre de ces sympathisants,
02:02des personnes qui votent CFDT ou qui sont adhérents de CFDT,
02:04et qui ne voient pas le problème de voter pour le Rassemblement National.
02:09Bien sûr qu'il y a des électeurs dans la CFDT adhérents.
02:126% selon les dernières estimations.
02:14Donc l'idée, c'est d'aller à la rencontre, parce que je pense qu'il y a besoin de
02:17proximité,
02:18il y a besoin de débattre de ces sujets de fond,
02:20et de parler du projet de société que la CFDT porte, notamment dans le milieu du travail.
02:25Quand on porte la question de l'égalité, de la lutte contre les discriminations,
02:29lorsque un parti comme le Rassemblement National veut faire le tri
02:33entre les salariés en fonction de leur nationalité,
02:38ça ne fait pas corps dans un collectif de travail.
02:42Et quand on a ces débats, effectivement, ça produit ces effets.
02:45Donc c'est aussi ma responsabilité de responsable syndical de dire
02:48comment on se tourne vers ces électeurs et on va à leur rencontre,
02:52et comment on débat du projet de société et du monde du travail que l'on veut demain.
02:57C'est extrêmement important.
02:58– Dans l'actualité économique et politique, la guerre au Moyen-Arient,
03:01avec la hausse du prix des carburants, est-ce que vous demandez des aides ciblées ?
03:06Le gouvernement dit que les caisses sont vides, mais qu'il réfléchit, par exemple,
03:09sur les gros rouleurs, à avoir des aides ?
03:11– Il faut des aides ciblées, il faut tirer les enseignements de ce qui a pu être fait,
03:15notamment au moment de la crise énergétique, au début de la guerre en Ukraine,
03:19où on a connu aussi une inflation galopante.
03:21Il faut des aides ciblées parce qu'on a aujourd'hui le retour d'expérience
03:25que d'avoir fait des chèques sans vérifier à qui ils étaient en fonction des besoins des personnes.
03:32– Tout le monde n'a pas besoin d'être aidé ?
03:33– Tout le monde n'a pas besoin d'être aidé, tout le monde n'est pas dans la même
03:35situation,
03:36tout le monde n'utilise pas son véhicule pour les mêmes motifs.
03:40Il y a des secteurs d'activité qui sont particulièrement touchés,
03:42on parlait des transports, des agriculteurs.
03:44Aujourd'hui, il y a aussi des métiers, des infirmiers, des infirmières
03:49qui ont besoin aussi de leur véhicule quand ils vont faire des visites.
03:53Il y a un ensemble de métiers qui sont les aides à domicile,
03:57qui doivent aller s'occuper de personnes en perte d'autonomie le matin,
04:04leur faire les repas le midi.
04:06Ce sont des personnes qui ont besoin d'un coup de main, c'est ciblé.
04:09Et on n'est pas tous dans la même situation,
04:11donc je pense que c'est extrêmement important,
04:12vu la situation des finances publiques, de pouvoir cibler.
04:16Ça, ça fait partie des vraies bonnes idées qu'il faut pouvoir mettre en œuvre.
04:19Sur l'actualité sociale, vous êtes en pleine négociation sur les contrats courts.
04:24Il y aura une nouvelle discussion le 9 avril, donc ce n'est pas terminé.
04:28Est-ce qu'on arrive à avoir un tronc commun
04:32où les discussions sont toujours aussi stériles ?
04:34Le TEC Patrick Martin, cette semaine, n'était pas très optimiste
04:36sur le fait de trouver un accord avec les syndicats.
04:39L'important, c'est qu'on fasse un constat qui soit partagé,
04:42de considérer qu'aujourd'hui, en 20 ans, on a multiplié par 2,5 le nombre de contrats courts.
04:48Un contrat court, qu'est-ce que ça veut dire pour un salarié ?
04:51C'est de l'hyperprécarité, c'est de ne pas pouvoir se projeter au-delà d'un mois.
04:55La définition d'un contrat court, c'est des contrats de moins d'un mois.
04:59Les contrats très courts, c'est-à-dire les contrats de moins d'un jour,
05:02ont explosé également.
05:04Les missions d'intérim, un quart des missions d'intérim,
05:07elles durent une journée.
05:08Donc, du point de vue des salariés, c'est l'impossibilité de se projeter
05:12au-delà du mois suivant.
05:14C'est des problèmes très concrets de pouvoir d'achat,
05:17des problématiques de logement.
05:19Donc, on voit bien qu'il y a un besoin de lutter contre ce nombre de contrats courts.
05:25Vous voulez durcir les règles bolus-palus ?
05:27L'une des caractéristiques, en plus, des secteurs d'activité
05:31qui utilisent beaucoup ces contrats courts,
05:34le secteur social, médico-social, par exemple,
05:37c'est qu'en fait, c'est toujours les mêmes salariés qui sont réembauchés.
05:40Et donc, l'assurance chômage est utilisée
05:43pour permettre à ces personnes d'avoir un revenu un mois.
05:49Les personnes sont réembauchées le second mois,
05:52puis reviennent à l'assurance chômage un troisième mois.
05:54Là, il y a quand même une responsabilité des employeurs
05:57dans la façon dont elles ont structuré leur modèle économique.
06:00Ce sont des secteurs entiers qui comptent, en fait,
06:02sur l'assurance chômage pour pouvoir limiter leurs propres dépenses.
06:08Et ça, ce n'est pas acceptable.
06:09Donc, moi, je renvoie aussi la responsabilité auprès des employeurs
06:13en disant, vous voulez bien lutter contre les contrats courts.
06:16Vous considérez qu'il y a trop de contraintes.
06:18Nous, on considère qu'il y a trop de précarité.
06:20Et qu'aujourd'hui, il y a des employeurs
06:21qui ne jouent pas le jeu de cette stabilisation.
06:25Et aujourd'hui, ce sont des salariés qui ont besoin d'être sécurisés.
06:29Il y a 2,5 millions demandeurs d'emploi qui travaillent, en fait,
06:35et qui sont dans des situations de ne pas...
06:36Aller-retour.
06:38De faire...
06:38Alors, ils font pour une partie des allers-retours.
06:41D'autres bénéficient d'une partie de rémunération via France Travail
06:45parce qu'ils ont repris un emploi qui est inférieur en termes de salaire
06:51à ce qu'ils avaient précédemment.
06:52Donc, les demandeurs d'emploi...
06:55C'est pour ça que la question de la stigmatisation
06:57considérée par certains responsables politiques
06:59comme étant des assistés, c'est totalement faux.
07:02Ce sont des personnes qui veulent travailler.
07:04Ils se voient imposer des conditions
07:05qui ne leur permettent pas d'être...
07:07Mais c'est quoi votre négociation ?
07:09Par exemple, sur les ruptures conventionnelles,
07:11vous avez plutôt lâché en reconnaissant qu'il y avait un sujet...
07:14Un sujet, par exemple.
07:14Qu'il y avait un sujet qu'il fallait regarder.
07:17Quand on nous fait la démonstration qu'il y a un problème,
07:17on est prêts à regarder et trouver des solutions.
07:20Est-ce que vous dites, du coup,
07:21j'ai un peu lâché sur les ruptures conventionnelles
07:23que le patronat lâche sur les contrats courts ?
07:24Non, un accord, c'est toujours donnant-donnant.
07:26Et je rappelle que la question de la négociation
07:29sur les contrats courts,
07:30c'est un sujet qui...
07:31Ça fait plus de 10 ans qu'on essaye de trouver
07:33des bonnes solutions.
07:35Il y a eu un bonus-malus qui a été mis en place
07:37par un gouvernement précédent
07:39qui ne fonctionne pas.
07:41On se rend compte que ça ne diminue pas
07:42le nombre de contrats courts
07:44auxquels certains secteurs qui ont été ciblés
07:46ont recours.
07:47Donc nous, on a des propositions communes d'ailleurs
07:50entre différentes organisations syndicales
07:52de dire qu'il faut une cotisation dégressive
07:54en fonction de la durée d'un contrat.
07:56Si vous avez quelqu'un qui est embauché pour 6 mois
08:00mais qui fait des allers-retours
08:02tous les mois avec l'assurance chômage
08:04qui puisse se projeter sur 6 mois,
08:08lorsqu'un employeur fait un contrat de 6 mois,
08:10sa cotisation est inférieure à s'il avait fait
08:13une succession de contrats.
08:14Et ça que répond le patronat là-dessus ?
08:16Il considère que c'est trop de contraintes
08:18pour les entreprises.
08:19Donc ça, ce n'est pas forcément une surprise
08:22mais c'est ce que l'on défend.
08:23Et c'est ce que l'on défend depuis de nombreuses années.
08:25Et je pense qu'aujourd'hui,
08:26c'est bien de parler de la lutte contre le chômage.
08:29Mais ça a été extrêmement favorable, bien entendu.
08:32Il faut aussi ne pas perdre de vue
08:34la question de la qualité de l'emploi.
08:36Et lorsque des personnes sont en emploi
08:38mais dans des conditions précaires,
08:39ce sont des personnes qui ne peuvent pas se projeter
08:41et c'est important de pouvoir les sécuriser.
08:43Sur la question de la retraite,
08:46il y a une conférence travail-emploi-retraite,
08:48celle doit se terminer en juin.
08:49Il n'y a pas de contraintes,
08:50il n'y a pas de cadre spécifique,
08:51ce sont des discussions...
08:52Des objectifs qui ont été fixés pour l'été.
08:55Pour avoir un cadre à proposer pour les présidentielles.
08:57Ce matin, on a l'adresse qui nous dit
08:59aujourd'hui, quand vous arrivez à la retraite,
09:01finalement, votre niveau de vie augmente
09:03parce que vous avez moins de contraintes globales,
09:05vous avez votre prêt qui est payé,
09:06vous avez vos enfants qui partent,
09:07donc vous finissez par être plus riches
09:09quand vous arrivez à la retraite
09:10que juste avant.
09:11Est-ce que vous pensez, vous,
09:12qu'il faut remettre tout le système sur la table ?
09:15Vous avez été largement favorable
09:16à la question de la retraite à point.
09:17Est-ce que vous êtes toujours sur ce système-là ?
09:19Est-ce que vous réfléchissez à une hybridation ?
09:21Vous savez, la CFDT,
09:22c'est une organisation démocratique.
09:24C'est de nombreux débats dans la CFDT
09:27pour savoir qu'est-ce que l'on veut
09:29pour notre régime de retraite.
09:31On est viscéralement attachés
09:33à la question de la répartition
09:35et on a évolué sur la question de la demande
09:39et de poser la question
09:40d'avoir un vrai système universel
09:43qui permette,
09:45ça peut passer par des points,
09:47mais l'objectif que nous, on défend,
09:48c'est d'avoir demain un système
09:51qui soit bien stabilisé,
09:53qui soit solide
09:54et qui soit un système de retraite à la carte.
09:57L'enjeu premier, c'est de dire...
09:58Où chacun choisit.
09:59Chacun peut choisir.
10:01Et partir avec moi.
10:01Aujourd'hui, partir avec moi s'il le souhaite.
10:04Mais où on puisse également intégrer
10:06un certain nombre de critères.
10:08La question de la pénibilité,
10:09ça reste un enjeu majeur.
10:12Ça fait 20 ans que la CFDT se bat
10:13sur cette question.
10:15Et donc, comment on permet
10:16de mieux prendre en compte
10:18au moment de la retraite
10:19toute la carrière professionnelle ?
10:21Donc, l'intérêt de la conférence
10:23Travail-Emploi-Retraite,
10:24c'est qu'on parle de travail,
10:26on parle d'emploi
10:27et de lutte contre la précarité de l'emploi.
10:29On parle emploi des jeunes.
10:30Vous m'interrogez sur la question des retraites.
10:33J'aimerais qu'on parle plus aussi
10:35de la question des jeunes
10:36et de la qualité de leur insertion
10:39et de leur possibilité
10:39d'accéder à un emploi durable.
10:42On est à 21% des jeunes
10:45qui sont en situation de chômage.
10:47Je pense que c'est important
10:48de pouvoir aussi se tourner
10:49vers ces personnes
10:51pour leur dire
10:52on s'occupe de vous
10:53et on a aussi des projets
10:55et des propositions à faire
10:57pour pouvoir faire en sorte
10:58que vous trouviez votre place
10:59aussi au travail.
11:00C'est extrêmement important.
11:01Donc, une retraite
11:02à la carte,
11:04un libre choix.
11:06Après, ça fait partie
11:07des discussions de la conférence.
11:09On est loin d'être d'accord
11:11sur tout,
11:11mais c'est intéressant
11:13d'avoir ce débat
11:13et de pouvoir,
11:15lorsque les discussions
11:16seront terminées,
11:17de proposer
11:18un état des lieux.
11:19Donc, vous aurez
11:20un espèce de programme présidentiel
11:22sur la question
11:22des retraites.
11:23Il y aura une diversité
11:24de propositions
11:25en expliquant
11:26et le message
11:26de la CFDT,
11:27c'est surtout
11:28pour la présidentielle
11:29de 2027.
11:30Sortons du débat stérile
11:32et caricatural
11:33uniquement de l'âge
11:3565, 67, 70.
11:36Ça n'a aucun intérêt.
11:38Ça n'a aucun intérêt.
11:39Il faut penser long terme.
11:41Ça, c'est le rôle
11:41des organisations syndicales
11:42et de se dire
11:43comment on se projette
11:44à 10, 15 ans
11:45pour pouvoir avoir
11:46un régime
11:47véritablement soutenable.
11:48Merci beaucoup,
11:49Marie-Lise Léon,
11:49d'être venue ce matin
11:50dans la matinale
11:50de l'économie.
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