- il y a 1 semaine
La commission d'enquête sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l'audiovisuel public, créée à la demande du groupe d'Éric Ciotti (Union des droites pour la République), poursuit ses travaux. Le 24 mars, les députés auditionnent le milliardaire Vincent Bolloré, actionnaire majoritaire et ancien PDG du groupe Bolloré. Du fait de sa participation au groupe Vivendi, Vincent Bolloré est l'un des principaux actionnaires du groupe audiovisuel Banijay, qui détient plusieurs dizaines de sociétés de productions à travers le monde, produisant notamment : Koh-Lanta, N'oubliez par les paroles !, Fort Boyard, Star Academy, Taratata, MasterChef, Peaky Blinders, Black Mirror ou encore 28 Minutes. Retrouvez?les temps forts de leurs échanges.
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00:00:07Bonjour, très heureuse de vous retrouver au cœur de l'Assemblée nationale.
00:00:11Les travaux parlementaires ont donc repris après trois semaines de suspension pour cause d'élections municipales.
00:00:19Les auditions ont donc repris dans cet épisode.
00:00:22On va revenir sur l'une d'elles très attendue, celle de Vincent Bolloré.
00:00:26Il était entendu par la commission d'enquête qui planche sur le financement et la neutralité du service public
00:00:34sur fond de tension entre le président et le rapporteur de cette commission.
00:00:40Alors pourquoi cette audition ?
00:00:41Eh bien, Vincent Bolloré est actionnaire majoritaire de Canal+,
00:00:45mais il a aussi des parts au sein de la société de production Banijay.
00:00:51Banijay, c'est le troisième fournisseur de programmes de France Télévisions
00:00:55qui est l'un des cœurs de cibles de la commission d'enquête.
00:00:59D'ailleurs, Vincent Bolloré a été interrogé sur les déclarations de Delphine Ernotte
00:01:05qui estime qu'il veut la peau du service public.
00:01:08On va revoir cette audition à l'Assemblée nationale.
00:01:12Très bonne séance. On se retrouve tout à l'heure.
00:01:14Après la suspension des travaux de notre commission d'enquête en raison des élections municipales,
00:01:19je me réjouis de vous retrouver pour la dernière partie de nos auditions.
00:01:23Avant d'accueillir M. Vincent Bolloré, un point de méthode et d'agenda,
00:01:28j'ai réuni en début d'après-midi le bureau de la commission d'enquête
00:01:31et en accord avec ses membres et M. le rapporteur, j'ai défini le calendrier suivant.
00:01:36Les auditions se poursuivront jusqu'au mercredi 8 avril,
00:01:40ce qui nous permettra de mener d'ici là une quinzaine d'auditions
00:01:43et d'entendre des acteurs importants et des figures de l'audiovisuel public.
00:01:47Puis le rapporteur rédigera son rapport,
00:01:50qui sera ensuite examiné par les députés membres de la commission d'enquête.
00:01:54Un vote sur le rapport interviendra d'ici la fin avril.
00:01:59Pour être en mesure de voter et de se prononcer sur un rapport,
00:02:02il faut l'avoir lu et pour ce faire, il faut donc qu'il soit rédigé.
00:02:06Par conséquent, contrairement à ce que j'ai pu lire ou entendre
00:02:09sur certains réseaux sociaux ou médias,
00:02:11aucun membre du bureau de la commission d'enquête n'a indiqué
00:02:14que par principe, il voterait ou ne voterait pas le rapport,
00:02:18tout simplement parce qu'il n'est pas encore rédigé.
00:02:21J'accueille maintenant en votre nom M. Vincent Bolloré.
00:02:24M. Bolloré, vous êtes un capitaine d'industrie,
00:02:27un industriel de premier plan et votre groupe familial,
00:02:31qui trouve son origine au XIXe siècle,
00:02:33dans les papeteries de l'Odette en Bretagne,
00:02:35est présent dans différents secteurs d'activité
00:02:37et dans de nombreux pays dans le monde.
00:02:39Vous êtes notamment un acteur important des médias
00:02:42et du secteur audiovisuel.
00:02:44Dans les années 90, vous vous êtes intéressé à TF1.
00:02:47En 2001, vous avez repris la société française de production, SFP.
00:02:50Vous participez au lancement de la TNT en 2005
00:02:53en créant au sein du groupe Bolloré la chaîne Direct 8,
00:02:56devenue C8.
00:02:57En 2010, ce groupe rachète au groupe Lagardère
00:02:59la chaîne Virgin 17, devenue C-Star.
00:03:02En 2012, après la revente de ces deux chaînes au groupe Canal+,
00:03:05vient un échange d'actions.
00:03:06Vous devenez le premier actionnaire de Vivendi.
00:03:08Puis en 2015, celui de Canal+.
00:03:11Parmi les médias dont vous êtes
00:03:13ou votre groupe directement ou indirectement actionnaire,
00:03:16on peut citer la chaîne d'information CNews,
00:03:18le journal du dimanche ou la station Europe 1.
00:03:21Si vous êtes un acteur incontournable
00:03:22du secteur audiovisuel français privé,
00:03:25je veux être très clair
00:03:26que ce n'est pas à ce titre que nous vous auditionnons
00:03:29puisque cette commission d'enquête
00:03:30porte sur l'audiovisuel public.
00:03:32Monsieur le rapporteur a souhaité auditionner
00:03:34les principaux actionnaires financiers
00:03:36des principales sociétés de production
00:03:37avec lesquelles France Télévisions travaille.
00:03:40Or, vous êtes, à travers le groupe Vivendi,
00:03:43l'un des principaux actionnaires financiers
00:03:44du groupe audiovisuel Banijay,
00:03:46dont nous avons auditionné les dirigeants
00:03:48il y a quelques semaines.
00:03:50Banijay est l'un des principaux groupes audiovisuels
00:03:52français et mondiaux
00:03:53avec lequel travaille France Télévisions.
00:03:57Et c'est donc à ce titre
00:03:58que j'ai souhaité que nous puissions vous auditionner
00:04:00cet après-midi.
00:04:01Je vais vous laisser la parole
00:04:02pour un propos liminaire de 10 minutes
00:04:04et j'indique d'ores et déjà à mes collègues
00:04:06que l'audition prendra fin à 18h20.
00:04:09Mais avant de vous donner la parole,
00:04:11comme vous le savez
00:04:12et comme nous l'imposent les textes,
00:04:13je vous remercie de nous déclarer
00:04:15tout autre intérêt public ou privé
00:04:17de nature à influencer vos déclarations.
00:04:19Et je vous rappelle que l'article 6
00:04:20de l'ordonnance du 17 novembre 1958
00:04:23relative au fonctionnement
00:04:24des assemblées parlementaires
00:04:26impose aux personnes auditionnées
00:04:27par une commission d'enquête
00:04:28de prédesserment de dire la vérité,
00:04:30toute la vérité et rien que la vérité.
00:04:32Je vais donc vous inviter
00:04:33à lever la main droite
00:04:34et à dire je le jure.
00:04:36Je vous remercie
00:04:37et je vous cède la parole
00:04:38pour un propos liminaire de 10 minutes.
00:04:40Il faut appuyer, oui.
00:04:41Oui.
00:04:42Écoutez, je m'appelle Vincent Bolloré.
00:04:44Je suis le fils de Michel Bolloré
00:04:46qui est un industriel breton dans le papier.
00:04:50C'était une entreprise connue
00:04:51parce qu'il faisait les OCB,
00:04:53Odé Cascadec Bolloré,
00:04:54que certains d'entre vous
00:04:55peut-être ont utilisé pour le rouler.
00:04:57Et ma mère était employée lectrice
00:05:00dans une maison d'édition.
00:05:04Le groupe marchait très bien.
00:05:05Je représentais la sixième génération
00:05:07et puis malheureusement,
00:05:09à la sortie de la guerre,
00:05:10les problèmes ont été un peu plus compliqués
00:05:13et le groupe a marché un peu moins bien.
00:05:15Et puis à un moment,
00:05:17il s'est retrouvé en difficulté
00:05:18au milieu des années 70.
00:05:21Et bien que je ne sois que le cinquième enfant
00:05:23de la troisième branche,
00:05:25je suis celui qui a été choisi
00:05:27ou en tout cas le seul qui a accepté
00:05:29d'aller m'occuper de cette entreprise.
00:05:33C'est vrai que j'avais passé
00:05:35toute ma jeunesse à écouter
00:05:37les histoires de ma famille,
00:05:39le débarquement du 6 juin 1944
00:05:41où sur les 177 Français,
00:05:43j'avais deux personnes de ma famille
00:05:45qui étaient là.
00:05:47Mon oncle qui était à Normandie-Nyémen,
00:05:49mon père dans la résistance,
00:05:50mon grand-père qui était procureur
00:05:54de la République
00:05:54et qui s'était lancé
00:05:55dans des affaires d'huile.
00:05:56Enfin bref,
00:05:57ceci a fait qu'il y a eu
00:05:58un affectio societatis
00:05:59et que je suis arrivé
00:06:00dans cette entreprise bretonne
00:06:02en 1981.
00:06:03Il y a eu un redressement miracle
00:06:07en accord avec les salariés
00:06:09de l'entreprise.
00:06:10Il y avait à peu près 800 personnes.
00:06:12Nous avons signé un concordat social
00:06:14qui était en gros
00:06:15où ils acceptaient une baisse
00:06:16de leur salaire
00:06:18à condition que
00:06:19si ça se redressait,
00:06:20ils puissent avoir plus.
00:06:22C'était très risqué à l'époque
00:06:23parce qu'il n'y avait pas
00:06:26les 20 dernières années de salaire,
00:06:27mais c'était sur la dernière
00:06:28année de salaire
00:06:28que si on se retrouvait
00:06:30en faillite,
00:06:31on était payé.
00:06:34Et donc ça a marché.
00:06:35Et après que ça ait marché,
00:06:37j'ai eu tellement peur
00:06:38que je n'ai pas voulu garder
00:06:39tous les os dans le même panier
00:06:40et qu'on a commencé
00:06:41à diversifier le groupe.
00:06:42On l'a diversifié d'abord
00:06:44dans les transports.
00:06:45Et puis ensuite,
00:06:46on a repéré le secteur des médias
00:06:47qui est un secteur très rentable
00:06:49qui nous a paru intéressant.
00:06:51Et comme vous l'avez dit,
00:06:52M. le Président,
00:06:53petit à petit,
00:06:54nous avons augmenté
00:06:58notre exposition
00:06:59dans le domaine des médias.
00:07:01Et c'est en plus
00:07:02quelque chose
00:07:02qui me faisait plaisir
00:07:03parce que,
00:07:04comme vous l'avez compris,
00:07:04j'étais un héritier.
00:07:05Je suis un héritier.
00:07:07Et mon sujet
00:07:08était ensuite
00:07:08de pouvoir trouver
00:07:09dans la 7e génération
00:07:11des gens qui prenaient ma place.
00:07:12Et mon deuxième fils
00:07:14était parti dans les médias
00:07:15travailler ailleurs
00:07:16parce que le papier
00:07:17ne l'intéressait pas beaucoup.
00:07:18Enfin,
00:07:18les médias l'intéressaient plus.
00:07:20Et donc,
00:07:20j'ai pu le refaire,
00:07:21revenir dans le groupe
00:07:22à cette occasion.
00:07:23Donc,
00:07:24c'était d'une pierre deux coups.
00:07:28Et voilà,
00:07:29ça s'est bien passé.
00:07:30Nous avons fait
00:07:30un certain nombre
00:07:31de développements.
00:07:32En réalité,
00:07:33c'est un groupe
00:07:34qui a été construit
00:07:35avec une vocation
00:07:37internationale.
00:07:39nous n'en sommes pas
00:07:40contrôlants aujourd'hui.
00:07:42Nous ne sommes que
00:07:43actionnaires de référence,
00:07:44mais nous sommes actionnaires
00:07:46de référence
00:07:46de plusieurs
00:07:47très grandes entités
00:07:49d'origine française
00:07:50ayant leur siège
00:07:51en France.
00:07:52D'abord,
00:07:53Avas,
00:07:53qui est la fameuse
00:07:54agence Avas,
00:07:56qui emploie
00:07:56une vingtaine
00:07:57de milliers de personnes
00:07:58dans le monde
00:07:58et beaucoup aux Etats-Unis.
00:08:00Ensuite,
00:08:01le groupe Canal,
00:08:02qui emploie aussi
00:08:03plusieurs dizaines
00:08:04de milliers de personnes,
00:08:05qui a maintenant
00:08:06pratiquement 40 millions
00:08:08d'abonnés dans le monde
00:08:09et qui a investi
00:08:11au-delà de la France,
00:08:12maintenant en Europe,
00:08:13beaucoup,
00:08:15en Asie
00:08:16et beaucoup en Afrique
00:08:17récemment.
00:08:18Et puis,
00:08:20nous sommes rentrés
00:08:21dans le groupe Lagardère
00:08:22au moment où le Covid
00:08:22faisait que cette compagnie
00:08:25était un peu en difficulté
00:08:27à la demande
00:08:27d'Arnaud Lagardère
00:08:28et nous sommes devenus
00:08:29donc un actionnaire
00:08:30de référence
00:08:31à côté d'Arnaud Lagardère,
00:08:34qui garde,
00:08:35bien sûr,
00:08:36la présidence
00:08:37direction générale
00:08:38de ce groupe
00:08:38qui a été créé
00:08:39par son père,
00:08:40que j'ai bien connu
00:08:41et qui était d'ailleurs
00:08:42à un moment
00:08:43actionnaire chez nous.
00:08:46Voilà ce qu'on peut dire.
00:08:47C'est un groupe
00:08:48donc qui marche bien.
00:08:50C'est un groupe
00:08:51qui se développe.
00:08:53Il y a des équipes
00:08:54qui sont compétentes
00:08:56et je suis très heureux
00:08:57d'être devant vous.
00:08:58Alors malheureusement,
00:08:58Benidjé,
00:08:59je ne vais pas pouvoir
00:08:59vous en dire grand-chose
00:09:00parce que nous avons
00:09:02donc 29%
00:09:03de Vivendi
00:09:04qui a 19%
00:09:06de Benidjé.
00:09:07Donc ça veut dire
00:09:08qu'on a un intérêt
00:09:08économique de 5%.
00:09:10Je n'en ai jamais
00:09:11été administrateur.
00:09:12Je n'ai jamais
00:09:14été chez eux.
00:09:15D'ailleurs,
00:09:15je ne sais même pas
00:09:16où est leur siège social.
00:09:17En revanche,
00:09:18je connais très bien
00:09:19l'actionnaire majoritaire
00:09:20qui est Stéphane Courbitte,
00:09:21qui est le fondateur,
00:09:22qui est un garçon
00:09:23d'origine modeste.
00:09:25Je crois qu'on peut le dire.
00:09:25Il était dans la Drôme.
00:09:28Sa mère travaillait à la Poste.
00:09:29Et je l'ai connu
00:09:31il y a une vingtaine d'années.
00:09:32Il a monté un groupe
00:09:32tout à fait extraordinaire.
00:09:34Et puis à un moment,
00:09:35il a eu quelques difficultés
00:09:36et il avait besoin
00:09:38de trouver des gens
00:09:38qui venaient l'épauler.
00:09:40Et je suis venu l'épauler.
00:09:41Je crois qu'on a mis
00:09:42à peu près 200 millions
00:09:43dans son groupe.
00:09:44Et bien nous a pris
00:09:45puisqu'aujourd'hui,
00:09:46ça doit en valoir
00:09:46trois ou quatre fois plus.
00:09:48C'est un garçon admirable
00:09:50et je sais,
00:09:51je crois que vous l'avez vu.
00:09:52Donc je pense qu'il vous a tout dit
00:09:53sur Benidjé.
00:09:53En tout cas, j'espère.
00:09:54Parce que moi, sur Benidjé,
00:09:56je dois vous dire
00:09:56que je ne connais absolument rien.
00:09:58Et accessoirement,
00:09:59je ne regarde pas beaucoup
00:09:59la télévision.
00:10:00Donc je ne suis pas très très bon
00:10:01pour répondre aux questions.
00:10:02Mais enfin, je pense
00:10:02que vous m'avez convoqué aussi
00:10:03pour poser d'autres questions.
00:10:05Donc je pense que le fait
00:10:06que je ne sois pas ex-diplômé
00:10:10en Benidjé,
00:10:10vous allez trouver
00:10:11d'autres choses à me demander.
00:10:12Voilà, M. le Président.
00:10:14J'ai pris ma retraite opérationnelle
00:10:15il y a quelques années maintenant.
00:10:18Je m'occupe surtout
00:10:20de philanthropie
00:10:21et de spirituel,
00:10:22qui est quelque chose
00:10:23qui m'occupe beaucoup
00:10:24à mon âge.
00:10:24C'est normal.
00:10:26Mais je continue évidemment
00:10:27à voir les équipes
00:10:28et à voir un certain nombre de gens.
00:10:30Et puis j'ai monté
00:10:31avec des amis
00:10:32un institut
00:10:32qui s'appelle
00:10:33l'Institut de l'Espérance.
00:10:34Enfin, à côté de tout ça,
00:10:35je préside encore
00:10:36la compagnie de l'ODEC
00:10:37qui est la société
00:10:38qui contrôle encore
00:10:40le groupe familial
00:10:42en termes de voix.
00:10:44Voilà, M. le Président.
00:10:46Merci, M. Bolloré.
00:10:48Avant de céder la parole
00:10:49au rapporteur,
00:10:50je vais vous poser
00:10:51quelques questions
00:10:53liminaires.
00:10:53Alors, vous l'avez dit,
00:10:54M. Bolloré,
00:10:55vous n'êtes pas docteur S.
00:10:56Banidjem,
00:10:57vous êtes un acteur
00:10:58des médias important,
00:11:00un citoyen
00:11:01et puis un investisseur
00:11:03qui a l'œil acéré,
00:11:05aiguisé.
00:11:05J'imagine que les investissements
00:11:06que vous réalisez,
00:11:08vous les faites
00:11:08après une analyse approfondie.
00:11:11Il me semble que
00:11:14dans votre investissement
00:11:15dans Banidjem,
00:11:16une clause prévoyait
00:11:17que vous puissiez même
00:11:17en devenir
00:11:18l'actionnaire majoritaire.
00:11:19Alors, ce n'est pas le cas
00:11:20aujourd'hui
00:11:20puisque vous êtes
00:11:21un actionnaire financier
00:11:22important,
00:11:23mais pas du tout
00:11:24l'actionnaire majoritaire.
00:11:26Mais peut-être
00:11:27pouvez-vous nous expliquer
00:11:28qu'est-ce qui vous intéressait
00:11:30dans cette entreprise,
00:11:32pourquoi avoir investi
00:11:33dans Banidjem
00:11:34et votre éclairage
00:11:36serait intéressant
00:11:37sur la question
00:11:37de l'actionnariat financier.
00:11:39On a appris que le 3 mars
00:11:40dernier,
00:11:42Banidjem Entertainment,
00:11:43donc cette société
00:11:43de production audiovisuelle,
00:11:45se rapprochait
00:11:46de son concurrent
00:11:47britannique,
00:11:48All Stream Media,
00:11:49pour aboutir
00:11:50à la création
00:11:51d'une entité
00:11:51qui pèse 4 milliards
00:11:52d'euros
00:11:53et qui est donc
00:11:54détenue par Banidjem Group
00:11:55et par le fond
00:11:57americano-emirati,
00:11:58Redbird EMI,
00:12:00qui est propriétaire
00:12:01d'All Stream Media.
00:12:02Ce qui veut dire
00:12:03plus clairement
00:12:04que l'un des actionnaires
00:12:07principaux
00:12:08de Banidjem Entertainment
00:12:09est un investisseur étranger,
00:12:11en l'occurrence
00:12:11americano-emirati.
00:12:14Et on s'est beaucoup
00:12:15posé la question
00:12:15dans cette commission
00:12:16d'enquête
00:12:17de l'indépendance
00:12:18de la production
00:12:19audiovisuelle française
00:12:20et du risque
00:12:21que pouvait faire peser
00:12:22sur ces sociétés
00:12:24de production
00:12:24un actionnariat
00:12:26qui serait étranger.
00:12:28quel est votre regard
00:12:29sur ce sujet ?
00:12:30Est-ce que vous considérez
00:12:31que ces sociétés
00:12:32de production audiovisuelle
00:12:33qui travaillent notamment
00:12:34avec le service public
00:12:34audiovisuel
00:12:35et que France Télévisions
00:12:37devraient avoir
00:12:38un investissement
00:12:39principalement,
00:12:40un actionnaire
00:12:40principalement français ?
00:12:42Est-ce que c'est posé
00:12:43la question pour vous
00:12:44d'augmenter votre part
00:12:45dans le capital
00:12:46de Banidjem
00:12:47pour garantir,
00:12:47j'allais dire,
00:12:48un capital français
00:12:49et un actionnariat
00:12:50français ?
00:12:52Écoutez,
00:12:52à ma connaissance,
00:12:53il n'y a jamais eu
00:12:53d'accord ou d'idée
00:12:54ou de quoi que ce soit
00:12:55pour qu'on ne devienne
00:12:56jamais majoritaire
00:12:56puisque, comme vous le savez,
00:12:58comme je vous l'ai dit,
00:12:59Stéphane Courbitte
00:13:00a décidé de créer
00:13:01ce groupe.
00:13:01Il a très bien réussi.
00:13:03Je crois qu'il a un fils
00:13:04qui a même fait polytechnique.
00:13:05Donc, je pense que sa famille
00:13:07va continuer.
00:13:08En tout cas,
00:13:08je lui ai beaucoup conseillé
00:13:09toujours de continuer
00:13:10parce que je pense
00:13:11que c'est quelque chose
00:13:12d'important.
00:13:14Je crois comme vous
00:13:14que plus vous avez
00:13:16des actionnaires français,
00:13:17plus les entreprises françaises
00:13:19sont préférées,
00:13:21privilégiées.
00:13:22Il n'y a pas de doute
00:13:23que si vous avez
00:13:24un actionnaire étranger,
00:13:26le risque social
00:13:27s'élève beaucoup
00:13:27en France,
00:13:28au-delà du risque
00:13:29des contenus.
00:13:31Donc, c'est vrai
00:13:32que c'est très important
00:13:33d'essayer de maintenir
00:13:34un tissu
00:13:35d'actionnariat français.
00:13:36Mais en ce qui nous concerne,
00:13:37donc, on est
00:13:37chez Banidjee
00:13:38totalement dormant.
00:13:41Vous avez trois sortes
00:13:42d'actionnaires.
00:13:43Vous avez des actionnaires
00:13:43de contrôle,
00:13:44ce qu'on est, nous,
00:13:45la famille d'Emboloré.
00:13:46On a 204 ans d'existence.
00:13:48Il y a pas mal
00:13:48d'entreprises françaises
00:13:49qui ont plus de 200 ans,
00:13:50enfin, quelques-unes,
00:13:51mais qui ont toujours
00:13:52la même famille
00:13:52comme majoritaire.
00:13:53Il n'y en a pas beaucoup.
00:13:54Vous avez les actionnaires
00:13:57minoritaires,
00:13:57mais qui peuvent être
00:13:58contrôlants,
00:13:58entre 30 et 50.
00:14:00Et puis,
00:14:01vous avez des actionnaires
00:14:02minoritaires
00:14:02qui peuvent être
00:14:04contrôlants,
00:14:04parce qu'il n'y a pas
00:14:05d'autres actionnaires.
00:14:06Et puis, vous avez
00:14:07des actionnaires
00:14:07minoritaires dormants.
00:14:08Là, nous sommes dormants,
00:14:09puisque Stéphane Courbitch,
00:14:10je vous dis,
00:14:10qui est un garçon
00:14:11tout à fait admirable,
00:14:13dirige son groupe.
00:14:14Et à ma connaissance,
00:14:15vous avez zéro risque
00:14:16dans ce domaine.
00:14:16Alors, après,
00:14:17le problème,
00:14:18c'est que les croissances,
00:14:20quand vous allez très vite
00:14:21dans les croissances,
00:14:22eh bien, évidemment,
00:14:23vous conduisez plus vite
00:14:24votre véhicule.
00:14:25Et donc,
00:14:26c'est plus intéressant
00:14:27et toujours plus difficile.
00:14:29Mais je vous redis,
00:14:31Stéphane Courbitch,
00:14:31avec qui on l'a lancé
00:14:32Direct 8 il y a 20 ans,
00:14:33est un garçon
00:14:35vraiment admirable.
00:14:36Et en plus,
00:14:37il est humble
00:14:37et sympathique.
00:14:38Ce n'est pas l'effet
00:14:39qu'il a fait sur la commission.
00:14:40Mais voilà,
00:14:41donc il faut l'encourager
00:14:41à rester en France
00:14:42et à continuer à investir
00:14:44dans d'autres entreprises.
00:14:46Et je pense que c'est essentiel
00:14:48que la France,
00:14:49et pas seulement dans les médias,
00:14:50d'ailleurs,
00:14:50mais dans tous les secteurs,
00:14:52des actionnaires qui restent.
00:14:53Parce que je redis,
00:14:56l'entreprise Bolloré
00:14:57n'aurait pas été en Bretagne
00:14:59et je n'aurais pas été
00:15:00sur cette terrasse
00:15:01avec toute ma famille
00:15:01qui racontait des histoires
00:15:03du grand-père,
00:15:03du père,
00:15:04du grand-oncle.
00:15:05Alors, sans doute,
00:15:06ils exagéraient,
00:15:06sans doute que les histoires
00:15:07étaient un peu enjolivées,
00:15:08mais quand même,
00:15:09secret an affectio societatis.
00:15:11Et quand il s'est agi
00:15:13de nos usines françaises,
00:15:14on a toujours été
00:15:16extraordinairement attentifs
00:15:17à l'emploi.
00:15:18Alors que quelqu'un
00:15:19qui est à Chicago
00:15:19ou dans les pays du Golfe,
00:15:23évidemment,
00:15:23ce qui se passe en France
00:15:24est moins important pour lui.
00:15:25Donc oui,
00:15:26la réponse,
00:15:26c'est qu'il faut absolument
00:15:27un capitalisme français.
00:15:30Je crois que c'est bon
00:15:31non seulement pour la France,
00:15:33mais c'est bon
00:15:33pour les gens qui entreprennent.
00:15:35Et alors,
00:15:36au bout de cette question,
00:15:37pourquoi...
00:15:37Est-ce que vous vous êtes posé
00:15:38la question, du coup,
00:15:39à la faveur de la croissance
00:15:41de Banijet,
00:15:42de sa volonté
00:15:43de devenir un champion mondial,
00:15:44d'investir de manière plus importante ?
00:15:47Non, c'est un métier
00:15:48qu'on ne connaît pas.
00:15:49Et je redis,
00:15:50de toute façon,
00:15:50la question ne se posait pas
00:15:52et ne se pose pas.
00:15:53Et nous avons nous-mêmes
00:15:54déjà beaucoup de challenges
00:15:57dans le groupe.
00:15:57Mes successeurs ont beaucoup
00:15:58de challenges dans le groupe
00:15:59à effectuer.
00:16:00Alors, une dernière question
00:16:01et puis je cède la parole
00:16:02aux rapporteurs.
00:16:04Vous êtes un acteur
00:16:05des médias,
00:16:06de l'audiovisuel.
00:16:07Vous êtes aussi un citoyen,
00:16:09un électeur,
00:16:10comme tout à chacun.
00:16:11Et je voulais vous interroger
00:16:12sur votre vision
00:16:12de l'audiovisuel public.
00:16:15Les médias que vous possédez
00:16:16directement ou indirectement
00:16:18ont pu être assez critiques
00:16:19sur l'audiovisuel public.
00:16:22C'est le cas de CNews,
00:16:24du JDD,
00:16:24qui ont souvent porté des critiques
00:16:28sur l'audiovisuel public.
00:16:28En même temps,
00:16:29vous êtes un actionnaire financier,
00:16:30vous l'avez dit,
00:16:31un actionnaire dormant,
00:16:32mais d'une société de production
00:16:33qui travaille avec
00:16:35l'audiovisuel public
00:16:36et même l'une des principales
00:16:37sociétés de production
00:16:38avec lesquelles travaille
00:16:38France Télévisions.
00:16:40Et finalement,
00:16:41ma question est assez simple.
00:16:42Quel regard vous portez
00:16:43sur l'audiovisuel public ?
00:16:45Pour vous,
00:16:46qui êtes un acteur important
00:16:47des médias,
00:16:48quelle est la spécificité
00:16:50de l'audiovisuel public français ?
00:16:53Qu'est-ce que devrait faire ?
00:16:54Quelle devrait être la mission
00:16:55de l'audiovisuel public
00:16:57dans notre pays ?
00:16:58Et est-ce qu'on a besoin
00:16:59en France
00:16:59d'un audiovisuel public
00:17:01ou pas ?
00:17:02Selon vous ?
00:17:03Bon,
00:17:03alors d'abord,
00:17:04je ne suis pas très bien placé
00:17:04pour répondre
00:17:05parce que je ne regarde pas
00:17:06souvent la télévision.
00:17:07Enfin,
00:17:07pour être tout à fait honnête,
00:17:08je regarde Canal
00:17:10pour 24 euros par mois.
00:17:11Comme vous savez,
00:17:11vous avez les films,
00:17:13les séries, etc.
00:17:13J'espère que vous êtes tous abonnés.
00:17:16Une fois que vous avez Canal,
00:17:18vous avez moins de temps
00:17:19pour aller regarder
00:17:19le reste des télés.
00:17:20Mais il m'arrive de temps en temps
00:17:22de rentrer et de zapper.
00:17:24Et je dois reconnaître
00:17:26que quand je passe
00:17:27de la 1 à la 2,
00:17:28à la 3,
00:17:28à la 6,
00:17:29et même à la 8,
00:17:30avant qu'elle nous soit confisquée,
00:17:32vous ne voyez pas
00:17:33beaucoup de différence.
00:17:33Donc,
00:17:34sincèrement,
00:17:36je pense qu'on n'a rien
00:17:37à reprocher
00:17:38au service public
00:17:42ni à le glorifier.
00:17:44En revanche,
00:17:45le problème,
00:17:46c'est les 4 milliards de pertes,
00:17:48les 4 milliards de coûts.
00:17:51Ça,
00:17:52en tant que citoyen,
00:17:52puisque vous m'interrogez,
00:17:53je ne m'exprime pas à l'extérieur
00:17:55puisque je ne parle jamais
00:17:55à des journaux.
00:17:56Mais quand je suis devant
00:17:56une commission d'enquête,
00:17:57je suis obligé,
00:17:59malheureusement,
00:17:59de répondre.
00:18:00Et comme c'est filmé,
00:18:01les gens vont reprendre mes propos.
00:18:02Mais enfin,
00:18:03je ne peux pas faire autrement.
00:18:05Mais voilà,
00:18:06les 4 milliards,
00:18:07c'est beaucoup
00:18:07à un moment
00:18:08où la France
00:18:10est quand même
00:18:11en difficulté.
00:18:14Quand j'étais jeune,
00:18:15il y avait des problèmes
00:18:15de fin de mois
00:18:16pour un certain nombre de gens.
00:18:18Maintenant,
00:18:18il y a des problèmes
00:18:18de milliers de mois
00:18:19pour à peu près tout le monde,
00:18:20voire même de début de mois
00:18:21pour pas mal de gens.
00:18:23Donc évidemment,
00:18:24les 4 milliards,
00:18:25c'est beaucoup,
00:18:25beaucoup,
00:18:25beaucoup d'argent.
00:18:26Alors,
00:18:27milliards,
00:18:27on ne sait pas bien ce que c'est.
00:18:28Mais enfin,
00:18:28par exemple,
00:18:29moi qui suis très proche
00:18:30des agriculteurs
00:18:31et des paysans,
00:18:32parce que je viens d'une réunion,
00:18:32où il y a des paysans
00:18:33et des pêcheurs,
00:18:34vous donneriez 1 000 euros
00:18:35par mois
00:18:36aux 350 000 agriculteurs
00:18:38qui nous restent en France.
00:18:39Ça vous ferait
00:18:39350 millions
00:18:40fois 12,
00:18:41égat 4 milliards.
00:18:42Pour vous donner
00:18:42à peu près une idée
00:18:43de la taille.
00:18:45Donc c'est ça le sujet.
00:18:46Le sujet,
00:18:46ce n'est pas le service public
00:18:47lui-même.
00:18:48C'est le coût.
00:18:50Et puisque vous me posez
00:18:51la question,
00:18:52je dois vous dire
00:18:52que j'ai connu
00:18:53un cas à peu près similaire
00:18:56qui était Canal.
00:18:57Quand je suis arrivé
00:18:58en 2014...
00:18:59Je veux t'enir plus
00:19:00dans le micro,
00:19:01merci.
00:19:01Quand je suis arrivé
00:19:02en 2014
00:19:02chez Vivendi,
00:19:04il y avait une filiale
00:19:05à laquelle on n'avait pas
00:19:05le droit de toucher
00:19:06qui s'appelait Canal.
00:19:08On n'avait pas le droit
00:19:09d'y toucher
00:19:09parce que c'est là
00:19:10qu'il y avait
00:19:11tout le Paris
00:19:11qui chante et qui danse
00:19:12et qu'il y avait
00:19:14des tas de gens
00:19:14qui étaient
00:19:16extraordinairement heureux
00:19:17dans cette société.
00:19:18Je comprends très bien
00:19:19d'ailleurs
00:19:19pourquoi ils étaient heureux.
00:19:21ils allaient au festival
00:19:22de Cannes.
00:19:23Après,
00:19:24quand ils avaient fini
00:19:24le festival de Cannes,
00:19:25ils allaient à un match
00:19:26de foot.
00:19:26Après,
00:19:27ils allaient à un match
00:19:27de rugby.
00:19:28Après,
00:19:28ils allaient à Washington
00:19:28pour des élections.
00:19:30Après,
00:19:30ils allaient à un circuit
00:19:33de Formule 1
00:19:33en Allemagne
00:19:34ou au Japon.
00:19:35Enfin bref,
00:19:36c'était une vie
00:19:36absolument formidable.
00:19:38Mais ça perdait 400 millions
00:19:40ou 500 millions.
00:19:41Et moi,
00:19:42personnellement,
00:19:43n'ayant pas les poches
00:19:44profondes de l'État,
00:19:45je ne pouvais pas laisser
00:19:46Vivendi.
00:19:46C'était mon devoir
00:19:47fiduciaire
00:19:48de corriger cette affaire.
00:19:50Voilà.
00:19:51Canal existe toujours.
00:19:53Même,
00:19:53je l'ai dit tout à l'heure,
00:19:54Canal est beaucoup,
00:19:55beaucoup plus puissant
00:19:55qu'il n'était en 2014.
00:19:57Il a dû quadrupler
00:19:59ou quintupler de taille.
00:20:00Mais maintenant,
00:20:01Canal gagne 600 millions
00:20:02ou 700 millions
00:20:03et en gagnera sans doute
00:20:04un milliard.
00:20:05Donc,
00:20:05c'est un problème,
00:20:06en effet,
00:20:07de gestion,
00:20:09en réalité,
00:20:10à mon avis,
00:20:11qui est le problème essentiel.
00:20:12Pour résumer votre position,
00:20:14vous considérez qu'il faut,
00:20:15pour être sûr
00:20:15qu'on la comprenne bien ici,
00:20:16vous considérez qu'il faut
00:20:17un audiovisuel public
00:20:18mais pas 4 milliards d'euros.
00:20:20Parce que vous avez employé
00:20:20le mot perte.
00:20:21C'est pour être sûr.
00:20:22J'ai compris.
00:20:22La perte,
00:20:23c'est-à-dire qui coûte à l'État.
00:20:24La perte coûte à l'État,
00:20:25c'est pareil.
00:20:25Si vous recevez 4 milliards
00:20:26de l'État,
00:20:27c'est comme...
00:20:28Voilà.
00:20:28C'est-à-dire,
00:20:28si l'État ne vous les donnez pas,
00:20:29vous perdriez 4 milliards.
00:20:31Mais est-ce que vous considérez...
00:20:32Non, mais moi,
00:20:33le service public
00:20:33me va très bien.
00:20:34Je suis très content.
00:20:35Mais il y a deux...
00:20:37Dans les moments
00:20:38où on serre la ceinture,
00:20:39il faut savoir
00:20:39ce qu'on veut faire de l'argent.
00:20:42Puisque vous m'interrogez,
00:20:43je vous dis,
00:20:43vous voyez,
00:20:43on parle du France Libre
00:20:44ou de la France Libre,
00:20:45je ne sais pas,
00:20:46le nouveau porte-avions
00:20:46qui va coûter 10 milliards,
00:20:48voilà,
00:20:48qui sera près
00:20:49dans 10 ans peut-être.
00:20:50En 10 ans,
00:20:52vous arrêtez
00:20:52de perdre de l'argent
00:20:53dans le service public
00:20:55et vous vous retrouvez
00:20:56avec 4 porte-avions
00:20:57au lieu d'en avoir un.
00:20:58Alors, à nouveau,
00:20:59ce n'est pas les gens
00:20:59du service public.
00:21:00Chez Canal,
00:21:01il y avait 3 000,
00:21:034 000,
00:21:035 000 personnes
00:21:04qui travaillaient beaucoup,
00:21:05qui n'étaient pas payées
00:21:06particulièrement mal ou bien.
00:21:08C'était une petite caste
00:21:11qui était à la tête de Canal
00:21:13et qui faisait la fête,
00:21:14qui était très heureux.
00:21:15Et je ne leur en veux pas
00:21:16parce que c'était
00:21:17une vie formidable pour eux.
00:21:19Moi, j'ai connu,
00:21:20je vous ai dit,
00:21:20une famille très riche.
00:21:21On vivait vraiment,
00:21:22vraiment bien en Bretagne.
00:21:23C'était formidable.
00:21:25Mon père avait une vaisselle spéciale,
00:21:27etc.
00:21:27Et puis un jour,
00:21:28il n'y avait plus d'argent.
00:21:28On était obligé de passer
00:21:30aux vaisselles en Rio,
00:21:31que vous connaissez,
00:21:31jaune,
00:21:32qui était très bien aussi.
00:21:33On mangeait pareil.
00:21:34Donc, le problème
00:21:35de l'audiovisuel public,
00:21:36ce n'est pas les contenus,
00:21:38c'est les coûts.
00:21:39Donc, si vous me demandez,
00:21:40je pense que le problème
00:21:41de l'audiovisuel public,
00:21:42c'est essentiellement les coûts.
00:21:43Et à mon avis,
00:21:44les coûts viennent,
00:21:46pour l'essentiel,
00:21:48de dépenses
00:21:49qui ne sont pas
00:21:50ni maîtrisées,
00:21:51ni contrôlées.
00:21:52La preuve,
00:21:52c'est que la 1 et la 6
00:21:54gagnent de l'argent.
00:21:54Elles font la même chose.
00:21:56Donc,
00:21:57alors après,
00:21:58pub, pas pub,
00:21:58vous savez qu'à ouvrir
00:21:59la pub au service public.
00:22:00Si vraiment,
00:22:00il suffit d'ouvrir
00:22:01la pub au service public
00:22:02pour qu'il arrête
00:22:03de coûter 4 milliards
00:22:04à l'État,
00:22:04ouvrez la pub au service public.
00:22:06Mais je suis sûr
00:22:07que les,
00:22:07je ne sais pas combien
00:22:08de personnes
00:22:08qui travaillent
00:22:08dans le service public,
00:22:095 000, 6 000,
00:22:11ils se porteront beaucoup mieux
00:22:12quand ils gagneront de l'argent.
00:22:13Et je ne vois pas
00:22:14pourquoi TF1 gagnerait de l'argent,
00:22:16la 6 gagnerait de l'argent
00:22:17et le service public
00:22:18ne gagnerait pas d'argent.
00:22:19Voilà.
00:22:20Mais pardon,
00:22:20je ne suis pas spécialiste.
00:22:22Voilà,
00:22:22si ce n'est que j'ai monté
00:22:23quand même des télés,
00:22:24je sais comment,
00:22:25à peu près,
00:22:26comment ça marche.
00:22:27Et vous allez me parler
00:22:28de CNews tout à l'heure.
00:22:29CNews,
00:22:29c'est pareil.
00:22:29Quand je suis arrivé,
00:22:30je n'ai rien contre e-télé.
00:22:32Mais e-télé,
00:22:33il perdait 30 millions.
00:22:34Maintenant,
00:22:34e-télé,
00:22:35il y a des mois
00:22:35où il gagne 1 million par mois.
00:22:36Donc on est plus content
00:22:38avec une chaîne
00:22:38qui gagne 1 million par mois
00:22:39que des chaînes
00:22:40qui perdent 30 millions par mois.
00:22:41Pour aller au bout
00:22:42de la question
00:22:42et c'est tout de suite
00:22:43à parler au rapporteur,
00:22:43comment vous analysez
00:22:44ce que, par exemple,
00:22:45Delphine Arnot a dit sur vous
00:22:46dans Le Monde
00:22:47en disant que
00:22:47Vincent Bolloré
00:22:48voulait la peau
00:22:49de l'audièle public.
00:22:49Vous nous expliquez,
00:22:50je termine juste ma question
00:22:52et je vous laisse répondre,
00:22:52M. Bolloré,
00:22:53vous nous expliquez
00:22:54que finalement,
00:22:54vous êtes plutôt favorable
00:22:55à l'audièle public,
00:22:56que pour vous,
00:22:56c'est une question de gestion
00:22:57et de périmètre,
00:22:58sans doute.
00:22:59Vous irez sans doute plus loin
00:23:00et le rapporteur a l'occasion
00:23:01de vous interroger.
00:23:03Comment vous analysez
00:23:04cette remarque à votre endroit ?
00:23:07Écoutez,
00:23:07je connais bien la vie,
00:23:08malheureusement,
00:23:09pour l'avoir vécu
00:23:09un certain temps,
00:23:11quand on a des problèmes,
00:23:12il y a deux sortes
00:23:13de comportements.
00:23:14Premier comportement,
00:23:15vous reconnaissez vos problèmes.
00:23:17Et puis,
00:23:18deuxième comportement,
00:23:19vous dites,
00:23:19c'est la faute d'un tel.
00:23:20Donc, pour essayer
00:23:21de déporter l'attention
00:23:22de il faudrait mieux gérer,
00:23:24il ne faudrait pas dépenser
00:23:25de l'argent,
00:23:27on reporte sur
00:23:28il y a un ennemi commun
00:23:29et on essaie
00:23:29de trouver un ennemi commun.
00:23:30Et moi, malheureusement,
00:23:32ça, on peut en parler,
00:23:33je suis l'ennemi commun type.
00:23:34Je suis le bouc émissaire parfait,
00:23:36je suis le paratonnerre idéal.
00:23:39Parce que je représente
00:23:40toutes les cases
00:23:41que la caste n'aime pas.
00:23:44Des origines familiales,
00:23:47des entreprises
00:23:47avec des salariés
00:23:48qui ont l'air heureux
00:23:49de travailler,
00:23:51en Bretagne.
00:23:52Il y a même une chapelle
00:23:53dans le jardin,
00:23:53alors vous vous rendez compte.
00:23:54Ça, c'est le pire du pire.
00:23:57Donc, voilà,
00:23:58il faut trouver un ennemi commun
00:23:59et je suis l'ennemi commun parfait.
00:24:01Mais honnêtement,
00:24:02nous, le service public,
00:24:03d'abord,
00:24:04sur le plan personnel,
00:24:04ne me dérange pas du tout.
00:24:05Je vous dis,
00:24:06je ne vois rien de mal.
00:24:08D'abord, je ne regarde pas
00:24:08et puis ensuite,
00:24:09je ne vois rien de mal
00:24:09dans ce qu'ils font,
00:24:10en particulier,
00:24:11par rapport à ailleurs.
00:24:13Mais surtout,
00:24:14en ce qui concerne,
00:24:15sur le plan économique
00:24:16et financier,
00:24:17nous n'avons aucune concurrence
00:24:18avec le service public.
00:24:20Voilà.
00:24:20Canal,
00:24:21c'est un groupe
00:24:22qui marche par abonnement.
00:24:24Ça n'a rien à voir
00:24:25avec ce que fait
00:24:25le service public,
00:24:26qui vend des abonnements
00:24:27dans le monde entier.
00:24:28Voilà.
00:24:28Donc, ça n'a rien à voir.
00:24:29Donc, le seul truc
00:24:30qui pourrait être en concurrence
00:24:31avec le service public,
00:24:32ce serait peut-être CNews,
00:24:35qui fait, je ne sais pas,
00:24:3680 millions ou 100 millions
00:24:37de chiffres d'affaires
00:24:37sur les 40 milliards
00:24:39de chiffres d'affaires
00:24:39de Canal,
00:24:40Hachette et compagnie.
00:24:41Donc, si vous voulez,
00:24:42on n'a aucun intérêt
00:24:43à être ennemi du service public.
00:24:44Moi, je n'ai pas de problème.
00:24:45En revanche,
00:24:46c'est sûr que,
00:24:47quand vous avez fait
00:24:48ce que j'ai fait,
00:24:49c'est-à-dire que vous êtes arrivé
00:24:50chez Canal
00:24:50et que vous avez supprimé
00:24:54ce temple,
00:24:55il y avait les guignols,
00:24:56il y avait des trucs
00:24:57de toutes sortes.
00:24:58Enfin, c'était un machin,
00:24:59je vous dis,
00:24:59à 500 millions.
00:25:00C'était formidable.
00:25:01C'était très bien.
00:25:02C'était 500 millions.
00:25:03Eh bien, évidemment,
00:25:04je ne suis pas une bonne personne
00:25:06parce qu'on risque de me dire,
00:25:07bien, allez donc faire
00:25:09la même chose ailleurs
00:25:10ou d'autres gens
00:25:10pourraient se dire,
00:25:11tiens, va faire
00:25:12ce que tu as fait Bolloré ailleurs.
00:25:13Donc, je ne suis pas
00:25:14la bonne personne.
00:25:15C'est comme ça.
00:25:16Merci de cette première réponse
00:25:18et je fais de la parole
00:25:18au rapporteur.
00:25:21Première question assez courte
00:25:22puisque, pour commencer,
00:25:23c'est l'objet
00:25:24de cette audition
00:25:25même si vous avez fait
00:25:28mention de quelques chiffres
00:25:29dans votre propos liminaire.
00:25:30Est-ce que vous pouvez
00:25:31nous repréciser
00:25:32le pourcentage exact
00:25:33de votre participation
00:25:34dans le groupe Banigé ?
00:25:35J'ai cru comprendre
00:25:36que c'était près de 5%.
00:25:38Est-ce que vous siégez
00:25:39au conseil d'administration ?
00:25:41J'ai cru comprendre
00:25:42que vous ne siégiez pas.
00:25:43Et est-ce que vous exercez
00:25:45un rôle opérationnel
00:25:45au sein du groupe ?
00:25:47Je crois que vous êtes qualifié
00:25:47dans votre propos liminaire
00:25:49d'actionnaire dormant.
00:25:50En effet, nous avons
00:25:5129 de 19 ou de 18
00:25:53donc ça fait à peu près 5%
00:25:55de Banigé.
00:25:56Et nous n'avons aucun rôle.
00:25:58Ni moi, évidemment,
00:25:59ni personne de mon groupe
00:26:00n'a aucun rôle
00:26:01dans Banigé.
00:26:01Moi, je n'ai jamais été
00:26:02administrateur.
00:26:03Je ne suis jamais allé
00:26:04dans les locaux de Banigé.
00:26:06Honnêtement, je ne sais pas
00:26:06ce qu'ils font.
00:26:07Je ne connais pas leurs émissions.
00:26:08Ne m'en veuillez pas.
00:26:10Mais je connais Stéphane Courbitte,
00:26:11comme je vous l'ai dit,
00:26:12qui est un garçon
00:26:12tout à fait admirable.
00:26:17Il faut que je détaille maintenant ?
00:26:20Merci pour votre réponse.
00:26:22Deuxième question.
00:26:22Alors, j'en viens peut-être
00:26:23à vos motivations d'investisseurs.
00:26:25On a vu que le groupe Banigé
00:26:27était parvenu au cours
00:26:28de son développement
00:26:29à maintenir à la fois
00:26:30un contrôle des capitaux
00:26:32très majoritairement français.
00:26:34Le président l'a rappelé.
00:26:35On a pu voir que d'autres groupes
00:26:37de l'audiovisuel,
00:26:38comme par exemple MediaOne,
00:26:39avaient davantage ouvert
00:26:40leur capital, par exemple,
00:26:41à des fonds d'investissement américains.
00:26:43Monsieur Courby,
00:26:44à la tête de Banigé,
00:26:45que l'on a entendu
00:26:46il y a quelques semaines,
00:26:48a expliqué avoir pu bénéficier
00:26:49d'une aide importante
00:26:50auprès d'un terreau
00:26:51d'entrepreneurs français
00:26:52comme vous,
00:26:53comme monsieur Marc Ladré-de-Lacharrière,
00:26:56comme Bernard Arnault.
00:26:57Quels étaient pour vous
00:26:58les raisons d'investissement
00:27:00dans le groupe Banigé,
00:27:02alors même d'ailleurs
00:27:03que vous détenez
00:27:03les studios de production
00:27:05Studio Canal ?
00:27:06Quels sont au fond
00:27:07les facteurs
00:27:08qui ont pu guider ce choix
00:27:10et est-ce qu'à l'avenir
00:27:10vous comptez peut-être
00:27:12monter au capital
00:27:13de ce groupe
00:27:14ou est-ce que vous le suivez
00:27:15de façon un peu plus précise ?
00:27:20Il faut que je revienne
00:27:20deux secondes dans le passé
00:27:21pour répondre à votre question.
00:27:22Donc moi,
00:27:23j'étais le cinquième enfant
00:27:24de la troisième branche
00:27:26de la famille Bolloré.
00:27:26Je devais ne rien faire
00:27:27et avoir suffisamment d'argent
00:27:28pour rien faire.
00:27:29Et ça m'allait bien,
00:27:30pour être tout à fait honnête.
00:27:31C'était un début de ma vie
00:27:33tout à fait délicieux.
00:27:35Et puis ça ne s'est pas passé
00:27:36comme ça.
00:27:36Il a fallu que je m'y colle,
00:27:37que je travaille.
00:27:39Et comme je n'avais pas
00:27:40les capacités sans doute,
00:27:41j'ai développé un sixième sens
00:27:42qui est de repérer les talents.
00:27:44Donc j'ai repéré,
00:27:46en arrivant chez Canal,
00:27:47je crois que j'ai dû faire partir
00:27:48sur les 50 premiers dirigeants,
00:27:5048 ou 49,
00:27:51j'ai repéré Maxime Saada
00:27:52et Grégoire Castin,
00:27:54etc.
00:27:55Quand je suis arrivé
00:27:56chez Universal Music,
00:27:57chez Vivendi,
00:27:58on a repéré Lucian Grange.
00:28:00Et voilà,
00:28:00j'ai vu Stéphane Courbitte
00:28:01et j'ai pensé
00:28:02que ce garçon
00:28:02était un garçon
00:28:03tout à fait capable
00:28:05d'aller créer
00:28:06et développer un groupe.
00:28:08Et voilà,
00:28:09il y a des gens
00:28:09qui choisissent
00:28:10des tableaux,
00:28:11de la peinture,
00:28:11il y a des gens
00:28:12qui choisissent de la musique,
00:28:13il y a des gens
00:28:13qui choisissent la politique
00:28:15et qui repèrent les talents.
00:28:16Moi, je repère
00:28:17les talents économiques
00:28:19et financiers.
00:28:20Et c'est comme ça
00:28:21qu'on est rentré
00:28:21dans cette affaire
00:28:22et qu'on en sortira
00:28:23comme on est rentré
00:28:24le jour où il n'aura
00:28:25pas besoin de nous.
00:28:26Mais à l'époque,
00:28:27les conditions financières
00:28:29pour lui étaient
00:28:29assez difficiles
00:28:30et comme on est rentré
00:28:31avec des obligations
00:28:33convertibles
00:28:33avec des taux assez bas,
00:28:34je pense que ça l'a aidé
00:28:36à faire son développement.
00:28:38Et voilà,
00:28:38donc je n'ai aucune intention,
00:28:41moi personnellement,
00:28:41de faire quoi que ce soit
00:28:42et à mon avis,
00:28:43mes successeurs,
00:28:44je ne sais pas,
00:28:44mais n'iront pas
00:28:45dans une affaire
00:28:46où il y a déjà
00:28:47un fondateur entrepreneur
00:28:48qui fait très bien.
00:28:50Je pense qu'il y a
00:28:51tellement d'opportunités
00:28:52d'investissement
00:28:53dans le monde
00:28:54qu'il faut essayer
00:28:55d'aller dans des endroits
00:28:56où vous avez
00:28:56plus de chances
00:28:57de réaliser
00:28:59des performances
00:28:59et pas d'aller
00:29:00chez les autres.
00:29:02Merci.
00:29:06Est-ce que vous
00:29:07ou vos représentants
00:29:08au Conseil d'administration
00:29:09de Banigé,
00:29:10est-ce que vous veillez
00:29:11à ce que le groupe
00:29:12contribue activement
00:29:13à la promotion
00:29:14du savoir-faire culturel français,
00:29:16à la création d'emplois,
00:29:17par exemple,
00:29:17sur le territoire national,
00:29:19ou par exemple aussi
00:29:20au maintien effectif
00:29:21d'un contrôle actionnarial français ?
00:29:24Le cas échéant,
00:29:25comment est-ce que ça se traduit ?
00:29:26Encore une fois,
00:29:27vous avez expliqué
00:29:27en propos liminaire
00:29:28que vous étiez
00:29:29un actionnaire dormant,
00:29:30mais est-ce que
00:29:30dans les discussions
00:29:31que vous pouvez avoir
00:29:32avec M. Courby,
00:29:33ce sont trois dimensions
00:29:35sur lesquelles
00:29:36vous attirez particulièrement
00:29:37son attention ?
00:29:38Non, pas du tout.
00:29:40Je pense que ce n'est pas mon rôle.
00:29:41Je pense que c'est un grand garçon
00:29:44et que je ne vois pas
00:29:45à quel titre
00:29:46je pourrais lui donner
00:29:47des conseils.
00:29:48Je pense que Stéphane Courbitte
00:29:50est très attaché
00:29:51à la France
00:29:52et qu'il fera tout son possible
00:29:53pour y rester,
00:29:54mais ce n'est pas à moi
00:29:55d'aller donner conseils
00:29:56aux autres.
00:29:57Donc, je n'ai jamais donné
00:29:58de conseils à Stéphane
00:29:59et je ne lui en donnerai pas.
00:30:01Une autre question
00:30:02sur les contenus proposés
00:30:03par Banigé,
00:30:03même si j'ai cru comprendre
00:30:04dans votre propos liminaire
00:30:05que la télévision
00:30:06vous la regardiez assez peu,
00:30:08à part le groupe Canal,
00:30:10mais vous le savez,
00:30:11Banigé est aujourd'hui
00:30:12leader mondial du divertissement.
00:30:13Il est spécialisé
00:30:14dans les jeux,
00:30:15dans la télé-réalité,
00:30:16dans les formats aussi
00:30:16de type talent show.
00:30:18Lors de l'audition
00:30:19de ses dirigeants,
00:30:20on a appris que France Télévisions
00:30:21avait de manière
00:30:22assez exceptionnelle
00:30:24choisi de puiser
00:30:25dans le catalogue international
00:30:26de Banigé,
00:30:27notamment pour adapter
00:30:28en France
00:30:29une émission
00:30:30comme Drag Race.
00:30:31Alors, dans ce programme,
00:30:32on en a parlé,
00:30:33notamment avec Mme Laroche-Houbert,
00:30:35certains participants
00:30:36tiennent des propos
00:30:37quand même très militants
00:30:38qui revendiquent,
00:30:39par exemple,
00:30:39je cite,
00:30:40« Je suis woke,
00:30:41je suis queer,
00:30:42je suis noir,
00:30:43je suis non-binaire »
00:30:44ou encore « On est woke,
00:30:45on le reste et on l'assume ».
00:30:47Pourtant,
00:30:48cette émission est interdite
00:30:49au moins de 10 ans.
00:30:50Elle a fait l'objet
00:30:51d'une campagne importante
00:30:52de promotion
00:30:53de la part de France Télévisions,
00:30:54y compris sur les réseaux sociaux,
00:30:56parfois avec des messages
00:30:58visant un public familial.
00:31:00Est-ce que vous pensez
00:31:01que ce type de programme
00:31:02est adapté
00:31:03et au contraire
00:31:05est la vocation
00:31:06du service public ?
00:31:07Et est-ce que,
00:31:08en tant qu'actionnaire
00:31:09même dormant de Banigé,
00:31:10vous avez eu un jour
00:31:11à vous prononcer
00:31:12sur des choix éditoriaux
00:31:14et des choix de contenu
00:31:15à aller distiller
00:31:17sur le service public ?
00:31:18Je ne suis jamais prononcé
00:31:19et je ne me prononcerai pas
00:31:20parce que je suis pour la liberté.
00:31:22Ça coule dans mes veines.
00:31:23Et quand vous êtes pour la liberté,
00:31:25vous n'êtes pas simplement
00:31:26pour la liberté pour vous
00:31:27et ceux que vous aimez.
00:31:28Vous êtes la liberté
00:31:29pour les autres.
00:31:30C'est le principe
00:31:31de la démocratie.
00:31:32Donc si les dirigeants
00:31:32de France Télévisions
00:31:33pensent que c'est bien,
00:31:35il faut s'adresser
00:31:36aux dirigeants
00:31:36de France Télévisions.
00:31:37Mais moi,
00:31:38personnellement,
00:31:38je n'ai pas de conseils
00:31:40à donner à personne.
00:31:44Une autre dimension
00:31:45dont on a beaucoup parlé
00:31:46en commission d'enquête
00:31:47concernant Banigé
00:31:48et concernant France Télévisions,
00:31:50c'est l'omniprésence
00:31:52des jeux,
00:31:53notamment sur France 2.
00:31:55J'ai pu voir que,
00:31:55par exemple,
00:31:56sur 24 heures de diffusion
00:31:57sur France 2,
00:31:58on a à peu près 9 jeux.
00:32:00Là où sur TF1,
00:32:01on en a à peu près 1.
00:32:03La majorité de ces programmes
00:32:04de divertissement
00:32:05sont produits
00:32:05par le groupe Banigé,
00:32:06notamment par Nagui,
00:32:07qui est aussi
00:32:09l'un des co-actionnaires
00:32:10du groupe Banigé.
00:32:11On a pu le voir,
00:32:12ces émissions génèrent
00:32:13des marges très élevées
00:32:14qui peuvent atteindre,
00:32:15par exemple,
00:32:1642% pour l'émission,
00:32:17chacun son tour.
00:32:18Il y a des rapports aussi
00:32:19d'audit interne
00:32:20qui montrent
00:32:21que la rémunération
00:32:21finalement versée
00:32:22aux producteurs
00:32:23dont Nagui
00:32:23est bien supérieure
00:32:25à celle prévue
00:32:26dans les devis initiaux,
00:32:28alors qu'il s'agit
00:32:29d'argent public,
00:32:30alors qu'aujourd'hui,
00:32:31les conditions,
00:32:32les efforts que l'on demande
00:32:33aux Français,
00:32:34budget après budget,
00:32:35sont quand même
00:32:36de plus en plus importants,
00:32:37alors que ces ressources
00:32:38pourraient aussi être investies
00:32:39dans la création,
00:32:40dans la production
00:32:41audiovisuelle française
00:32:42et le développement
00:32:43de nouveaux programmes.
00:32:44Est-ce que vous considérez,
00:32:45peut-être d'un regard
00:32:46un peu plus extérieur,
00:32:47que c'est la vocation
00:32:48du service public,
00:32:49notamment sur France 2,
00:32:50de proposer autant
00:32:51de divertissement
00:32:52ou est-ce qu'on ne pourrait pas
00:32:53trouver un axe
00:32:54plus différenciant
00:32:56sur le service public
00:32:57par rapport
00:32:58au chème privé commercial ?
00:33:01Moi, je pense qu'à nouveau
00:33:02que le problème
00:33:04du service public,
00:33:06en fait,
00:33:07c'est le problème
00:33:07de la France.
00:33:08Quand vous parlez
00:33:09du service public,
00:33:10vous parlez de la France.
00:33:13Donc là,
00:33:14c'est quelque chose
00:33:16dont vous vous occupez,
00:33:18qui coûte 4 milliards
00:33:19par an aux Français,
00:33:20mais quelque part,
00:33:21c'est la translation
00:33:22de la France en général.
00:33:23A-t-on les moyens
00:33:24et qu'est-ce qu'on veut faire,
00:33:25quelles sont les priorités ?
00:33:26Moi, je ne suis pas homme politique
00:33:28ni femme politique,
00:33:29donc je ne sais pas
00:33:30ce qu'il faut faire
00:33:31pour ce genre de choses.
00:33:32Moi, ce que je sais faire,
00:33:33c'est redresser
00:33:35des situations
00:33:35qui ont l'air compromises.
00:33:37Je l'ai fait
00:33:38dans le papier
00:33:39dans les années 80,
00:33:40je l'ai fait
00:33:40dans le transport
00:33:41dans les années 90,
00:33:43je l'ai fait ensuite
00:33:45dans l'audiovisuel.
00:33:47Donc je sais
00:33:48comment redresser des choses.
00:33:50Mais je n'ai jamais
00:33:51travaillé avec l'État,
00:33:51donc je ne suis pas capable
00:33:52de vous dire
00:33:54ce qu'il faut faire
00:33:55avec l'argent,
00:33:56en public
00:33:57et où est-ce qu'il est
00:33:58le mieux alloué.
00:34:00Est-ce que c'est dans l'éducation ?
00:34:01Est-ce que c'est dans la défense ?
00:34:03Est-ce que c'est dans la santé ?
00:34:05Est-ce que c'est dans la sécurité ?
00:34:06Je ne sais pas.
00:34:06Ou dans le service public ?
00:34:07Je ne sais pas.
00:34:09Mais à la limite,
00:34:09ce que je voulais dire
00:34:10en disant
00:34:10que c'est une translation
00:34:11de la France,
00:34:12quand la France était très riche,
00:34:14pas de problème
00:34:14de mettre 4 milliards
00:34:16ou 5 ou 10 ou 15,
00:34:17peu importe,
00:34:17dans le service public.
00:34:18Ce n'est pas le sujet.
00:34:20Après, vous pouvez faire
00:34:21que le service public
00:34:22est plus ou moins performant
00:34:23et des émissions
00:34:23qui plaisent ou qui ne plaisent pas.
00:34:24Mais ça, ce sont en fait
00:34:26les dirigeants
00:34:27que vous nommez là-bas
00:34:29qui doivent dire
00:34:29ce qui est bien
00:34:30pour leur public
00:34:31et ce qui est bien
00:34:33pour la France.
00:34:34Le vrai sujet,
00:34:35c'est
00:34:35a-t-on l'argent
00:34:36encore aujourd'hui ?
00:34:39On sait que non.
00:34:40On sait que la situation française
00:34:42est extraordinairement glissante.
00:34:46Avant, elle vacillait,
00:34:48mais enfin maintenant,
00:34:48on voit qu'on glisse
00:34:49sur le plan financier.
00:34:50Et donc, la question
00:34:51qui se pose
00:34:52pour le service public,
00:34:53c'est comme pour la France.
00:34:54Où l'État doit-il mettre
00:34:55son argent en priorité ?
00:34:57Parce que malheureusement,
00:34:59les cartes de crédit,
00:35:00vous en avez tous, je pense.
00:35:01Il y a un moment
00:35:02où vous avez un appel du banquier.
00:35:04Il y a un moment
00:35:05où ça ne marche plus.
00:35:05Donc, c'est ça la question.
00:35:06Et je ne peux pas répondre
00:35:07à cette question
00:35:08parce que je n'ai pas
00:35:09les éléments
00:35:10pour y répondre.
00:35:12Mais je me suis retrouvé
00:35:13souvent, malheureusement,
00:35:15dans des situations difficiles
00:35:18où il fallait d'abord
00:35:20faire preuve de lucidité
00:35:21parce que la première condition
00:35:22d'adressement,
00:35:23c'est la lucidité.
00:35:24C'est quelle est la vraie situation.
00:35:27Quelqu'un qui boit trop,
00:35:28tant qu'il ne se dit pas
00:35:29« je bois trop »,
00:35:30il ne s'arrêtera pas de boire.
00:35:31Ou quelqu'un qui est trop gros,
00:35:32tant qu'il ne s'arrêtera pas
00:35:33de manger,
00:35:34continuera à être
00:35:35avec du surpoids.
00:35:36Donc, quelqu'un qui se trouve
00:35:38dans une situation financière
00:35:39difficile,
00:35:40tant qu'il ne le reconnaît pas,
00:35:41il ne fera pas d'efforts.
00:35:42Donc ça, c'est la première chose.
00:35:43C'est la lucidité.
00:35:45Après, il faut analyser
00:35:46les raisons pour lesquelles
00:35:47cette situation est comme ça
00:35:49et essayer de trouver
00:35:50les moyens,
00:35:52c'est-à-dire les voies
00:35:53par lesquelles on peut redresser.
00:35:54Puis après, il faut trouver l'équipe.
00:35:56Ça, évidemment,
00:35:57c'est le point fort,
00:35:58c'est de trouver des gens
00:35:58parce que si vous voulez faire
00:35:59vous-même,
00:36:00ça, vous n'y arriverez pas.
00:36:01En revanche,
00:36:02si vous trouvez des gens
00:36:03qui eux-mêmes sont capables
00:36:04de faire des équipes,
00:36:06ça marche.
00:36:06Et vous voyez,
00:36:06notre groupe, je vous dis,
00:36:07quand je suis arrivé,
00:36:08on était 800.
00:36:09Maintenant, alors,
00:36:10on n'est plus en contrôlant,
00:36:11mais il y a 80 000
00:36:12ou 100 000 personnes
00:36:13qui travaillent
00:36:15quelque part
00:36:16pas loin de notre groupe.
00:36:18Ça s'est fait
00:36:18parce qu'à chaque fois,
00:36:19nous avons trouvé
00:36:20des dirigeants
00:36:21qui ont été capables
00:36:22de trouver des dirigeants
00:36:23qui ont été capables
00:36:23d'analyser les problèmes
00:36:24et puis du courage.
00:36:26Ça veut dire que les dirigeants
00:36:27pour vous actuels
00:36:28de l'audiol public
00:36:29ne sont pas capables ?
00:36:30Je ne sais pas,
00:36:30mais je dis simplement
00:36:31que ça dépend.
00:36:32C'est peut-être la faute
00:36:33de l'État aussi.
00:36:33Moi, si vous me donnez
00:36:344 milliards,
00:36:35peut-être que je ne vais pas vous dire
00:36:37que je ne vais pas les dépenser.
00:36:38Il ne faut pas jeter la pierre.
00:36:39Il faut dire
00:36:41ce que vous voulez.
00:36:42C'est pour ça que je vous dis
00:36:43que le problème que vous posez,
00:36:44ce n'est pas le problème
00:36:45de France Télévisions
00:36:46ou Radio France
00:36:47ou des services publics,
00:36:47c'est le problème de la France.
00:36:48Où voulez-vous mettre votre argent ?
00:36:50Est-ce que vous avez de l'argent ?
00:36:51Combien il nous en reste ?
00:36:53Pardon, je m'excuse,
00:36:54je m'associe aux représentants
00:36:56du peuple
00:36:56que je respecte
00:36:57et que j'admire par nature.
00:36:59Où on peut mettre
00:37:00notre argent en priorité ?
00:37:01Où est-ce qu'il est le plus utile ?
00:37:03Et je vous dis,
00:37:04moi, quand je vois
00:37:04que ça coûte 4 milliards
00:37:07alors que c'est les mêmes programmes
00:37:08que sur la 1 ou la 6,
00:37:10je pense que vous avez des choses
00:37:11que vous pouvez faire
00:37:11pour éviter d'avoir
00:37:12à mettre 4 milliards.
00:37:13Mais c'est un avis personnel.
00:37:14Bon,
00:37:16Madame Ernotte,
00:37:16ne s'inquiète pas.
00:37:17À mon âge,
00:37:17je ne vais pas aller
00:37:18me faire embaucher
00:37:19chez France Télévisions
00:37:19et je pense de toute façon
00:37:20que vous ne m'embaucheriez pas.
00:37:21Donc, il n'y a pas de problème.
00:37:28Dernière question sur ce sujet
00:37:30et je vais me permettre d'insister.
00:37:31Mais est-ce qu'au fond,
00:37:32la vocation de l'audiovisuel public,
00:37:35c'est de chercher d'une certaine façon
00:37:37la rentabilité,
00:37:38comme par exemple
00:37:39des groupes privés commerciaux
00:37:41ou est-ce que c'est de proposer
00:37:43des contenus différenciants,
00:37:44peut-être plus audacieux,
00:37:45qu'on verrait moins
00:37:46sur les chaînes privées
00:37:48parce qu'il y a une incertitude
00:37:49de rencontrer une audience.
00:37:52Quelle est votre vision aussi
00:37:53sur le cœur de l'ADN ?
00:37:54Parce qu'au fond,
00:37:55c'est peut-être la question
00:37:56la plus importante
00:37:57que l'on se pose
00:37:57dans le cadre de la commission d'enquête.
00:37:59Quelle est la vocation première
00:38:01de l'audiovisuel public ?
00:38:04Pardonnez-moi,
00:38:04je reviens toujours.
00:38:06Je crois que le sujet n'est pas ça.
00:38:07Le sujet, c'est
00:38:10combien d'argent
00:38:11vous êtes prêts à mettre
00:38:13dans les principaux services
00:38:15régaliens de l'État.
00:38:17Et une fois que vous savez
00:38:18combien d'argent
00:38:19que vous avez disponible,
00:38:20vous savez ce que vous pouvez faire
00:38:21pour l'audiovisuel public.
00:38:22Mais de dire
00:38:24je vais faire ceci
00:38:25ou je vais faire cela,
00:38:25ça dépend
00:38:26de quels sont vos moyens.
00:38:27Moi, vu de l'extérieur,
00:38:28les moyens,
00:38:28ils ne sont pas bons.
00:38:30Après, on peut aller
00:38:31ne pas se dire la vérité,
00:38:32mais ça glisse.
00:38:34Moi, vous savez,
00:38:35j'ai connu le général de Gaulle,
00:38:37Pompidou, très bien.
00:38:38Il venait à la maison
00:38:39jouer aux cartes.
00:38:40Il est venu en Bretagne.
00:38:41Mon père lui a trouvé sa maison.
00:38:43Et puis j'ai connu
00:38:44comme ça toute la France.
00:38:46Écoutez, regardez les chiffres.
00:38:47Alors, donc je pense
00:38:48que malheureusement,
00:38:49votre commission,
00:38:50pardon, je ne peux pas
00:38:50vous aider beaucoup
00:38:51sur Banijé ou le service public.
00:38:52Banijé parce que je n'y connais rien
00:38:53et le service public
00:38:54parce que je ne regarde pas
00:38:55la télé à part Canal.
00:38:56Je suis très content
00:38:57avec Canal.
00:38:57Je vous assure, franchement,
00:38:59c'est un truc que vous avez
00:39:00tous les films.
00:39:01Vous savez que sur la plateforme
00:39:01Canal, M. Bouloré,
00:39:02on peut accéder aux chaînes.
00:39:03Bien sûr, bien sûr, bien sûr.
00:39:05Elle a une, elle a deux.
00:39:05Il y a 40 chaînes
00:39:06ou 50 chaînes gratuites.
00:39:08Je n'en sais rien.
00:39:08Le problème, simplement,
00:39:10c'est voilà.
00:39:10Qu'est-ce que vous voulez faire ?
00:39:11Qu'est-ce que l'État
00:39:12doit faire de son argent ?
00:39:13Si vous avez beaucoup d'argent,
00:39:14faites ce qu'il vous pense.
00:39:16Mais je vous redis,
00:39:17je ne vois pas pourquoi.
00:39:19Le problème, c'est ça.
00:39:20C'est quand vous avez
00:39:21deux ou trois sociétés
00:39:23à peu près équivalentes,
00:39:24qui semblent à peu près équivalentes,
00:39:25qui font à peu près le métier
00:39:27et qu'il y en a une
00:39:28qui ne coûte rien,
00:39:29même qui rapporte de l'argent
00:39:30et des gens se battent
00:39:31pour l'avoir.
00:39:32Je crois que la privatisation
00:39:33de la 6,
00:39:34vous allez avoir la queue
00:39:35à la porte
00:39:37pour savoir
00:39:38qui veut rentrer dans la 6.
00:39:39Et puis, il y en a une,
00:39:40il faut mettre 4 milliards.
00:39:40Donc, le sujet,
00:39:41ce n'est pas...
00:39:42Et je crois que personne
00:39:43n'en veut au service public.
00:39:44Je pense que tout le monde
00:39:45est content
00:39:45ou ça n'a pas d'importance.
00:39:47Le sujet, c'est...
00:39:48Maintenant,
00:39:48vous demandez aux Français,
00:39:49tout le monde demande aux Français
00:39:50de faire des efforts.
00:39:52C'est là qu'est le problème.
00:39:53Donc, le problème,
00:39:53ce n'est pas le service public,
00:39:54c'est l'argent de la France
00:39:56pour le service public.
00:39:57Alors, juste avant que le rapporteur
00:39:58change de sujet,
00:39:58parce que je pense qu'il a posé
00:39:59une question fondamentale,
00:40:00M. le rapporteur,
00:40:01on a besoin d'avoir quand même
00:40:03aussi votre éclairage là-dessus.
00:40:05M. Courby avait résumé,
00:40:06que vous connaissez bien,
00:40:07avait résumé parfaitement
00:40:07la question qui se pose à nous.
00:40:09Finalement,
00:40:10mettons qu'on ait un peu d'argent
00:40:11pour financer le service public
00:40:12audiovisuel.
00:40:12On va raisonner ainsi.
00:40:15Mettons qu'on a de l'argent
00:40:16et un peu d'argent
00:40:17pour financer le service public
00:40:18audiovisuel.
00:40:20Demeure cette question fondamentale.
00:40:22Est-ce que,
00:40:22parce que c'est de l'argent
00:40:23des Français,
00:40:24il faut que le service public
00:40:26finalement soit des antennes
00:40:28et des chaînes généralistes,
00:40:30populaires,
00:40:30qui proposent finalement
00:40:31presque la même chose
00:40:32que le service privé,
00:40:34le service audiovisuel privé,
00:40:35ou parce que c'est justement
00:40:36de l'argent public,
00:40:37l'argent des Français,
00:40:38il faut proposer des contenus
00:40:40qui soient différenciants,
00:40:42très différents,
00:40:43pour garantir à chaque instant
00:40:44une complémentarité.
00:40:45Vous voyez ce que je veux dire ?
00:40:46Est-ce que pour vous,
00:40:47finalement,
00:40:48si on a un peu d'argent
00:40:49pour financer le service public
00:40:50audiovisuel,
00:40:50il faut que ça soit finalement
00:40:52très généraliste,
00:40:53très populaire,
00:40:53que ça soit pour tous les Français ?
00:40:55Et dans ces cas-là,
00:40:56il n'y a pas tellement de complémentarité
00:40:57avec le service audiovisuel privé ?
00:40:59Ou est-ce qu'au contraire,
00:41:00il faut une complémentarité ?
00:41:02Et si oui,
00:41:02après je laisse le rapport
00:41:03en changeant les sujets,
00:41:04mais je pense que ça serait
00:41:04quand même important
00:41:05de vous entendre là-dessus.
00:41:06Donc moi,
00:41:07pour résumer,
00:41:07je suis favorable au service public,
00:41:08je trouve ça très bien,
00:41:09je ne suis pas favorable
00:41:10à ce qui coûte 4 milliards.
00:41:12Voilà.
00:41:12Donc moi,
00:41:13si vous me demandiez,
00:41:14je vous dirais,
00:41:15gardons le service public
00:41:16et faisons qu'il ne coûte pas
00:41:174 milliards.
00:41:19Et on voit bien
00:41:20qu'il y a des tas d'endroits
00:41:21où on peut faire des économies.
00:41:22Alors bon,
00:41:22je vous dis,
00:41:23quand je suis arrivé chez Canal,
00:41:24tout le monde m'a dit
00:41:24c'est impossible
00:41:25de faire les moindres économies.
00:41:26On a fait 500 millions d'économies
00:41:28il y a 10 ans ou 12 ans.
00:41:30Ça ferait 1 milliard
00:41:31avec l'inflation de maintenant.
00:41:33Et franchement,
00:41:34ce n'était pas un truc
00:41:35très très compliqué.
00:41:36Alors en revanche,
00:41:37dire ça,
00:41:38vous mettez en cause
00:41:40toute une série de gens
00:41:41qui vivent,
00:41:41qui sont heureux
00:41:42de vivre ensemble,
00:41:43qui se reçoivent,
00:41:43qui passent leurs vacances,
00:41:45qui vont déjeuner,
00:41:45dîner,
00:41:46qui se font des projections de films.
00:41:47Là,
00:41:48vous vous attaquez
00:41:48à un truc terrible.
00:41:49Quand je suis arrivé d'ailleurs
00:41:50chez Vivendi,
00:41:52qui était mon prédécesseur
00:41:54et l'équipe m'a dit
00:41:55oh là là,
00:41:55surtout,
00:41:55il ne faut pas aller chez Canal
00:41:56parce que Messier,
00:41:57c'est comme ça qu'il a sauté.
00:41:58Je me dis,
00:41:59pourquoi il a sauté Messier ?
00:42:00Oui, oui,
00:42:00il a voulu aller changer Canal
00:42:01et là,
00:42:03il s'attaquait à changer
00:42:04Pierre Lescu.
00:42:05Alors là,
00:42:05c'était un déchaînement.
00:42:07Et donc,
00:42:08il faut quelqu'un de courageux
00:42:09pour aller...
00:42:10Parce que quand vous donnez
00:42:114 milliards à quelqu'un
00:42:13ou à quelques personnes,
00:42:14quelques centaines de personnes
00:42:15parce que c'est ça
00:42:16dont il s'agit.
00:42:16Malheureusement,
00:42:17si c'était tous les gens au-dessous,
00:42:19je vous ai fait le calcul.
00:42:20Moi,
00:42:20je préfère que vous remettiez
00:42:21le service public à zéro
00:42:23et que vous sauviez
00:42:23les agriculteurs et les pêcheurs.
00:42:25Vous voyez,
00:42:26si vous me demandiez mon avis,
00:42:27c'est ça.
00:42:28Et moi,
00:42:28je ne vois pas de raison
00:42:29pour laquelle le service public
00:42:30coûte tant d'argent à l'État.
00:42:31Je ne vois pas de raison
00:42:32parce que je vois
00:42:33les autres chaînes autour
00:42:34qui font la même chose
00:42:35pratiquement.
00:42:36Si on fait un blind test,
00:42:37on vous met des trucs,
00:42:38on ne vous dit pas
00:42:39quelle est la chaîne,
00:42:39vous enlevez les numéros,
00:42:40vous regardez dans la semaine
00:42:42ou le week-end,
00:42:43je ne suis pas sûr
00:42:43que vous voyez une grande différence.
00:42:46Or,
00:42:46dans un endroit,
00:42:47vous mettez 4 milliards,
00:42:47dans l'autre endroit,
00:42:48vous ne mettez rien.
00:42:49Il y a quand même
00:42:49une petite interlocation.
00:42:51Voilà.
00:42:51Et le fait qu'ils m'en veulent,
00:42:52c'est normal
00:42:53parce que rien que je le dis,
00:42:54là,
00:42:54alors je n'ose même pas penser
00:42:55ce qui va se passer,
00:42:56en plus c'est filmé.
00:42:57Enfin,
00:42:58là où j'en suis,
00:42:58ce n'est pas très grave.
00:43:03Merci pour votre réponse.
00:43:04Dernière question
00:43:05qui concerne le groupe Benigé.
00:43:07Dans le cadre
00:43:08de cette commission d'enquête,
00:43:09vous l'avez peut-être vu,
00:43:10mais on s'est largement penché
00:43:11sur les situations
00:43:12de conflits d'intérêts,
00:43:13notamment les cas de pantouflage
00:43:15qui pouvaient exister
00:43:16entre les sociétés
00:43:17de production privées
00:43:18et l'audiovisuel public.
00:43:21On s'est notamment penché
00:43:22sur le cas
00:43:23de M. Takis Kandilis
00:43:24qui concerne la société Benigé.
00:43:26Je vais rappeler les faits.
00:43:27En février 2018,
00:43:28France Télévision
00:43:28recrute Takis Kandilis
00:43:29comme directeur des programmes,
00:43:31c'est-à-dire,
00:43:31en quelque sorte,
00:43:32numéro 2 du groupe.
00:43:33Si les contrats
00:43:34sont formalement signés
00:43:35par la direction
00:43:36de la production,
00:43:37c'est au directeur des programmes
00:43:39qu'il revient
00:43:39de commander les contenus
00:43:40auprès des sociétés
00:43:41de production.
00:43:42Or,
00:43:43avant son arrivée
00:43:43au sein du groupe,
00:43:44M. Kandilis
00:43:45était directeur
00:43:46de Benigé Studio.
00:43:47Et dès 2018,
00:43:48année de sa nomination,
00:43:49Benigé a vu le montant
00:43:50de ses contrats
00:43:51avec France Télévision
00:43:51augmenter de 8 millions d'euros
00:43:53puis encore de 11 millions d'euros
00:43:54en 2019,
00:43:56sur une hausse
00:43:56de près de 30%
00:43:58de son chiffre d'affaires
00:43:59avec France Télévision
00:44:00depuis son arrivée.
00:44:02On a interrogé
00:44:03Mme Ernot
00:44:03lors de son audition
00:44:05sur ce cas
00:44:05ainsi que sur d'autres
00:44:06situations comparables,
00:44:08notamment celui,
00:44:09celle de Mme Dary-Gran
00:44:10chez Together Media
00:44:12qui peuvent s'apparenter
00:44:14à des situations
00:44:14de pantouflage
00:44:15ou même
00:44:16de prise illégale
00:44:17d'intérêt.
00:44:18Mme Ernot
00:44:18lors de son édition
00:44:19a estimé
00:44:20qu'il revenait
00:44:20aux législateurs
00:44:21de changer la loi
00:44:22et de s'emparer
00:44:23du problème.
00:44:24Est-ce que vous estimez,
00:44:25donc d'un point de vue extérieur,
00:44:27parce que j'ai compris,
00:44:28vous avez insisté
00:44:29pour expliquer
00:44:29que vous étiez
00:44:30un actionnaire
00:44:31dormant,
00:44:31sans contrôle
00:44:32et sans influence
00:44:33sur le groupe NG,
00:44:34mais est-ce que vous estimez
00:44:34que ce type de situation
00:44:35est déontologiquement
00:44:37au moins problématique
00:44:38et peuvent venir aussi
00:44:39aux missions
00:44:40de l'audiovisuel public ?
00:44:43Écoutez,
00:44:44je n'ai aucune idée,
00:44:44pour être tout à fait franc,
00:44:45le sujet c'est
00:44:47est-ce que les gens
00:44:48qui sont recrutés
00:44:49sont compétents ou pas ?
00:44:51Moi,
00:44:51quand je suis arrivé
00:44:52chez Canal,
00:44:54mon fils m'a dit
00:44:55il y a un type épouvantable
00:44:56quand je dirigeais
00:44:57la 8
00:44:57qui s'appelait
00:44:58Gérald Brice Viret,
00:44:59qui était un concurrent atroce,
00:45:01donc j'ai décroché
00:45:02mon téléphone,
00:45:03j'ai appelé
00:45:03Gérald Brice Viret,
00:45:04je lui ai dit
00:45:04est-ce que vous voulez
00:45:04venir travailler avec moi ?
00:45:06Il m'a dit
00:45:06je ne peux pas,
00:45:07je suis chez Arnaud Lagardère,
00:45:08je l'aime beaucoup,
00:45:08donc j'ai appelé Arnaud Lagardère,
00:45:10c'était 15 ans avant,
00:45:10donc il n'y a plus longtemps,
00:45:12et il m'a dit
00:45:13écoute,
00:45:13je te rends service
00:45:14au nom de l'amitié,
00:45:15prends Gérald Brice Viret,
00:45:16donc après,
00:45:17est-ce que ce n'était pas bien
00:45:18que Gérald Brice Viret
00:45:19passe de l'un à l'autre ?
00:45:20Je ne peux pas vous dire,
00:45:20en tout cas,
00:45:21il m'a aidé beaucoup,
00:45:22et donc la question
00:45:23que vous posez,
00:45:24c'est plus
00:45:25devant la taille du problème
00:45:27que vous avez,
00:45:27c'est-à-dire 4 milliards,
00:45:29la question c'est
00:45:30qui sont les personnes
00:45:31capables
00:45:32d'aller redresser,
00:45:33d'aller faire
00:45:34que vous ne dépensiez pas
00:45:354 milliards,
00:45:35c'est beaucoup,
00:45:36beaucoup,
00:45:36beaucoup,
00:45:36beaucoup d'argent,
00:45:37et donc après,
00:45:38les problèmes de pantouflage,
00:45:39tout ça,
00:45:39c'est sûr que c'est mieux
00:45:40qu'il n'y en ait pas,
00:45:41mais l'efficacité,
00:45:42c'est quand même,
00:45:43dans les affaires
00:45:44de ce type,
00:45:45c'est important,
00:45:45et puis vous avez,
00:45:46bon,
00:45:47ce n'est pas un problème social,
00:45:48parce que de toute façon,
00:45:49France Télévisions,
00:45:50demain,
00:45:50vous le privatisez,
00:45:51vous aurez 12 personnes
00:45:52qui se précipiteront,
00:45:53en tout cas 5 ou 6,
00:45:54et il n'y aura pas
00:45:55de problèmes sociaux,
00:45:56il y aura des problèmes
00:45:56peut-être pour les quelques
00:45:57centaines de personnes
00:45:58qui dirigent,
00:45:59et encore,
00:46:00je ne suis même pas sûr,
00:46:01mais le sujet,
00:46:02c'est comment l'État
00:46:03arrête,
00:46:05à un moment où il doit
00:46:06faire des économies,
00:46:07où il doit avoir besoin
00:46:08d'argent pour faire
00:46:09autre chose,
00:46:10comment il arrête
00:46:10de dépenser cet argent.
00:46:13Et vous achèteriez,
00:46:13vous,
00:46:14France Télévisions,
00:46:14si c'était privatisé ?
00:46:15Moi, personnellement,
00:46:15non,
00:46:15moi, personnellement,
00:46:16non,
00:46:16j'ai assez,
00:46:17là,
00:46:17des médias,
00:46:17ça va,
00:46:18c'est bien,
00:46:19on a assez,
00:46:19mais il y a plusieurs personnes
00:46:21que je peux vous indiquer,
00:46:25si vous voulez les noms.
00:46:26Monsieur le rapporteur,
00:46:27je vous laisse la parole.
00:46:29Non, non,
00:46:30parce que c'est pas,
00:46:31ils vous aideront,
00:46:32peut-être même
00:46:33qu'ils vous donneront
00:46:33de l'argent pour l'acheter,
00:46:34en plus.
00:46:35Donc, c'est non seulement
00:46:36vous souveriez,
00:46:37non seulement vous souveriez
00:46:38de l'argent,
00:46:39mais en plus,
00:46:40peut-être qu'ils vous
00:46:41donneraient de l'argent,
00:46:41sans doute,
00:46:42parce que c'est un outil
00:46:43de puissance.
00:46:44Vous voyez,
00:46:44on ne parle pas
00:46:45d'une crèmerie,
00:46:46on parle de quelqu'un
00:46:47qui fait des contenus,
00:46:48qui voit des metteurs en scène,
00:46:50qui voit des acteurs,
00:46:51des actrices,
00:46:52qui peut aller déjeuner,
00:46:54qui va dans les festivals.
00:46:55C'est un monde,
00:46:56excusez-moi,
00:46:57je ne crois pas
00:46:57que vous connaissiez
00:46:58ce monde directement,
00:46:59je ne crois pas
00:46:59que vous avez réalisé.
00:47:00Moi, je l'ai repéré,
00:47:01parce que je les connais bien,
00:47:02tous ces gens.
00:47:03C'est extraordinaire comme vie.
00:47:05C'est des films américains,
00:47:06donc, si vous voulez,
00:47:08bon.
00:47:10Voilà.
00:47:11Rapporteur.
00:47:12Autre sujet,
00:47:13autre question.
00:47:13Le 6 juin 2025,
00:47:15le groupe Canal+,
00:47:15qui diffusait jusqu'ici
00:47:16ses contenus
00:47:17sur le canal numéro 4,
00:47:19en lieu et place
00:47:19de France 4,
00:47:20a quitté la TNT
00:47:21dans un communiqué de presse
00:47:23du 5 décembre 2024.
00:47:24Vous motivez votre décision
00:47:25par le non-renouvellement
00:47:26de la fréquence de C8,
00:47:28mais également,
00:47:28je cite,
00:47:29par un environnement fiscal
00:47:30et réglementaire
00:47:31de plus en plus contraignant.
00:47:32Fin la citation.
00:47:33On a eu l'occasion
00:47:34d'auditionner
00:47:35les représentants
00:47:35des producteurs
00:47:37cinématographiques.
00:47:37Canal+,
00:47:38c'est aujourd'hui
00:47:38l'un des plus importants
00:47:40financeurs du cinéma
00:47:41en France.
00:47:42Alors,
00:47:43au-delà de la décision
00:47:43de l'Arcom
00:47:44de retirer la fréquence
00:47:45de C8,
00:47:46dont on reparlera d'ailleurs
00:47:47plus tard,
00:47:47est-ce que vous estimez
00:47:48que le cadre réglementaire
00:47:49et fiscal
00:47:50qui s'applique
00:47:50aux diffuseurs
00:47:51est obsolète
00:47:52ou du moins
00:47:53inadapté
00:47:53à des chaînes payantes
00:47:54comme Canal+.
00:47:56Le 6 juin,
00:47:57j'en ai parlé tout à l'heure,
00:47:58mais enfin voilà,
00:47:59le général de Gaulle,
00:47:59le 5,
00:48:00a été prévenu
00:48:00qu'il y allait avoir
00:48:01le débarquement
00:48:03et il a dit
00:48:04je veux absolument
00:48:04que ce soit des Français
00:48:05parce que c'est la France.
00:48:06George l'a dit
00:48:06mais il n'y a pas de Français.
00:48:07Et puis finalement,
00:48:08ils ont trouvé 177
00:48:09qui étaient sous les ordres
00:48:10de Lord Lovat.
00:48:12Et mes deux oncles
00:48:13me racontaient
00:48:13que le matin du 6 juin,
00:48:16toutes les troupes
00:48:18et les bateaux se sont arrêtés
00:48:19pour les laisser passer
00:48:19les premiers.
00:48:21Alors ils ont dit
00:48:21non, non, on ne veut pas gêner
00:48:22mais enfin bon.
00:48:23En fait, ce n'est pas tout à fait vrai.
00:48:24Mon oncle disait
00:48:24qu'il y avait une telle tempête
00:48:25qu'il était content de débarquer.
00:48:26Ils étaient 177,
00:48:27il y en a eu 27
00:48:28qui n'ont pas été tués
00:48:29ou blessés
00:48:30au cours de cette bataille
00:48:31de Normandie.
00:48:32Donc ce jour du 6 juin
00:48:33pour nous,
00:48:33il était important.
00:48:35C'est le jour où en effet
00:48:36on a décidé
00:48:37de retirer l'essentiel
00:48:38de nos chaînes
00:48:39Canal de la TNT
00:48:41parce que nous avons
00:48:42à la tête de Canal
00:48:43un garçon
00:48:44qui s'appelle
00:48:45Maxime Saadac,
00:48:45vous connaissez,
00:48:46vous l'avez entendu
00:48:46ou vous le réentendrez.
00:48:48La semaine prochaine.
00:48:49Voilà, qui est un garçon
00:48:51difficile,
00:48:52exigeant, difficile.
00:48:54Et il a été
00:48:56extrêmement
00:48:59mécontent
00:49:00de l'injustice
00:49:01qui a été
00:49:01de lui retirer
00:49:02la 8.
00:49:04Il a été
00:49:04extrêmement mécontent
00:49:07des problèmes
00:49:08de TVA.
00:49:09Oui, c'est comme ça.
00:49:10Tout d'un coup,
00:49:10on est venu dire
00:49:11que Canal n'était plus
00:49:12une chaîne de télévision.
00:49:13Canal avait été créé
00:49:14avec une TVA à 5%.
00:49:15Puis on l'avait monté
00:49:16à 10%
00:49:16ce qui était normal
00:49:17parce que finalement,
00:49:18je le disais tout à l'heure,
00:49:19il fallait chercher de l'argent.
00:49:20Puis tout d'un coup,
00:49:21on a dit que Canal
00:49:21n'est plus une chaîne de télé
00:49:22donc il faut le passer à 20%.
00:49:24Or, 90%
00:49:26ou 85%
00:49:27des programmes de Canal
00:49:28sont regardés en direct,
00:49:29notamment le sport.
00:49:30Enfin bref,
00:49:30donc Maxime Saada,
00:49:31pour résumer,
00:49:33avec ses équipes,
00:49:34ont décidé
00:49:35de retirer de Canal
00:49:37l'échelle de la TNT
00:49:39et vivent maintenant
00:49:40sur le net.
00:49:42Voilà,
00:49:42donc c'est vrai
00:49:43que Canal
00:49:45n'est pas
00:49:46extraordinairement favorisé.
00:49:47Vous parliez tout à l'heure
00:49:47des groupes français
00:49:49qu'il fallait aider
00:49:50à rester
00:49:51et à se développer.
00:49:52Canal,
00:49:52si vous interrogez Maxime Saada,
00:49:54ne va pas vous dire
00:49:54que c'est un groupe
00:49:55qui a été aidé.
00:49:56C'est en permanence.
00:49:58Alors,
00:49:58c'est des petites choses.
00:49:59Vous voyez,
00:49:59avant,
00:50:00pour résilier son abonnement
00:50:01à Canal,
00:50:02il fallait deux jours
00:50:02de RTT.
00:50:03Maintenant,
00:50:04vous pouvez le faire
00:50:04avec un clic.
00:50:05Voilà,
00:50:06tout est comme ça.
00:50:07Mais il vous le racontera.
00:50:08Moi,
00:50:09je recueille
00:50:09les sentiments
00:50:10de Maxime Saada
00:50:11et de ses équipes
00:50:12qui viennent me voir
00:50:12de temps en temps.
00:50:14Comme je suis le sage,
00:50:15entre guillemets,
00:50:16je ne sais pas si je suis sage,
00:50:17mais enfin au sens âgé.
00:50:19Je leur dis,
00:50:20calmez-vous,
00:50:21ce n'est pas grave,
00:50:21tout ça va aller,
00:50:22etc.
00:50:23Donc,
00:50:23en effet,
00:50:24ils n'ont pas l'impression
00:50:25d'être soutenus
00:50:27dans leur effort.
00:50:30Moi,
00:50:30vous savez,
00:50:31je pense que
00:50:31quand vous êtes maltraité,
00:50:32ce n'est pas agréable,
00:50:33mais que ça vous force
00:50:34à devenir agile
00:50:36et ça force
00:50:37à une certaine exigence.
00:50:39Et je pense
00:50:40que Maxime
00:50:41et ses équipes,
00:50:41maintenant,
00:50:42sont beaucoup,
00:50:43beaucoup plus compétents
00:50:44que quand je les ai rencontrés
00:50:45il y a 12 ans.
00:50:46Studio Canal,
00:50:47vous en avez parlé tout à l'heure,
00:50:48c'est une vraie grande société
00:50:49aujourd'hui de production.
00:50:51Ça doit être
00:50:52des tops dans le monde.
00:50:54Canal lui-même
00:50:55est un succès formidable.
00:50:56Le digital de Canal,
00:50:57c'est-à-dire
00:50:58toute la partie informatique
00:50:59qui a été créée
00:51:00est exceptionnelle.
00:51:02Donc je pense
00:51:03que nécessité fait loi
00:51:04et que donc,
00:51:05c'est vrai
00:51:06que sans doute
00:51:06ils ne sont pas aidés
00:51:08et que de ce point de vue-là
00:51:09vous ne facilitez pas
00:51:10la vie de Canal,
00:51:11mais d'un autre côté
00:51:11ça les rend
00:51:12plus agiles,
00:51:14plus dynamiques
00:51:14et que finalement
00:51:16à toute chose
00:51:16malheur est bon.
00:51:20Autre sujet,
00:51:21une autre question.
00:51:22En novembre dernier,
00:51:23France Télévisions
00:51:23et Radio France
00:51:24ont chacun de leur côté
00:51:25déposé une plainte
00:51:26pour un énigrement
00:51:27contre trois médias
00:51:28de votre groupe,
00:51:29CNews,
00:51:30le JDD
00:51:30et européen
00:51:31sans en informer
00:51:33leur tutelle
00:51:33aux frais du contribuable.
00:51:35La ministre de la Culture
00:51:36d'ailleurs s'est étonnée
00:51:38d'une telle initiative
00:51:39dont elle n'avait pas été prévenue.
00:51:41Dans l'assignation déposée
00:51:42par Radio France,
00:51:43il est indiqué
00:51:43que votre groupe
00:51:44aurait mené,
00:51:45je cite l'assignation,
00:51:46une entreprise organisée
00:51:48de déstabilisation
00:51:49visant à saper
00:51:49la confiance
00:51:50de ses auditeurs
00:51:51en mettant notamment
00:51:52publiquement en doute
00:51:53le respect par Radio France
00:51:54de principes essentiels
00:51:55de sa mission
00:51:55de service public,
00:51:56la neutralité,
00:51:57l'indépendance
00:51:57et le pluralisme
00:51:58de l'information.
00:51:59Fin de la citation.
00:52:00Lors de son audition,
00:52:02Rachida Dati est estimé,
00:52:03je cite,
00:52:04qu'il n'est peut-être pas habile
00:52:05d'indiquer qu'un média
00:52:06qui n'est pas un concurrent,
00:52:07l'audiovisuel public
00:52:08n'est pas en concurrence
00:52:09avec le privé,
00:52:10il n'a ni la même mission
00:52:12ni le même positionnement
00:52:13et d'extrême droite.
00:52:14ajoutant encore,
00:52:16la tutelle aurait pu être informée
00:52:18s'agissant d'une procédure
00:52:19engagée aux frais
00:52:20des Français
00:52:20et assez singulière.
00:52:22Est-ce que vous considérez
00:52:24que cette assignation
00:52:26pour dénigrement
00:52:27est fondée
00:52:27ou est-ce qu'on en est
00:52:28aujourd'hui
00:52:29de cette procédure judiciaire
00:52:31et est-ce que depuis,
00:52:32vous avez eu des échanges
00:52:33avec Mme Veil
00:52:35ou Mme Ernot
00:52:36notamment à ce sujet ?
00:52:41Écoutez,
00:52:42j'ai suivi cette affaire
00:52:43par la presse.
00:52:46Le fondement économique
00:52:48et juridique
00:52:49ne m'a pas paru effrayant
00:52:51donc je ne m'en suis pas mêlé
00:52:53parce que je ne me mêle
00:52:54que quand il y a
00:52:55un sujet stratégique
00:52:56ou capitaliste.
00:52:57Ça ne me paraît pas
00:52:58un sujet stratégique
00:52:59ou capitaliste.
00:53:00Et au fond de moi-même,
00:53:02j'ai pensé que c'était
00:53:03ce que je vous ai dit
00:53:04tout à l'heure.
00:53:05C'est-à-dire qu'au lieu
00:53:05de regarder comment faire
00:53:06des économies,
00:53:08c'est plus facile
00:53:09de dire qu'il y a des gens
00:53:10qui les dénigrent
00:53:11et que notre groupe
00:53:14est un coupable idéal
00:53:17ce qui je reconnais.
00:53:19Voilà.
00:53:20Mais enfin,
00:53:20une fois qu'on a dit ça,
00:53:21ce n'est pas grave.
00:53:22Alors maintenant,
00:53:22est-ce qu'il aurait fallu
00:53:23prévenir la tutelle ?
00:53:24Je n'ai jamais travaillé
00:53:25dans le public
00:53:26donc je ne suis pas capable
00:53:27de vous répondre
00:53:28sur ce que doit faire
00:53:29quelqu'un dans le public
00:53:30ou pas.
00:53:31Dans le privé,
00:53:34nous avons des règles
00:53:35de fonctionnement
00:53:36tout à fait
00:53:37tout à fait particulières
00:53:38parce que je vous dis
00:53:39que nous sommes fiduciairement
00:53:41redevables à nos actionnaires
00:53:44des dépenses de notre argent.
00:53:46Et quand on a des problèmes,
00:53:48on est de toute façon
00:53:49obligé d'aller les résoudre.
00:53:54Sur ces procédures
00:53:55de dénigrement,
00:53:56je pense que tout observateur
00:53:58objectif pourra dire
00:53:58que vous êtes régulièrement
00:53:59mis en cause personnellement
00:54:00sur les antennes
00:54:01du service public.
00:54:02Je vais citer quelques exemples.
00:54:04Le 28 octobre 2024,
00:54:06un journaliste de France Info
00:54:07demande à Thierry Ardisson,
00:54:08je le cite,
00:54:09c'est un facho,
00:54:10Bolloré,
00:54:10point d'interrogation.
00:54:12Ce dernier a répondu
00:54:13par la négative
00:54:13mais le journaliste
00:54:14a insisté
00:54:15et il a dit,
00:54:17à nouveau,
00:54:17je cite,
00:54:18Vincent Bolloré,
00:54:18est-il d'extrême droite
00:54:19sans obtenir
00:54:20de réponse positive ?
00:54:21Un an plus tard,
00:54:22le 29 octobre 2025,
00:54:23le même journaliste
00:54:24a reproché
00:54:25à Mme Royal
00:54:26d'avoir été édité
00:54:28dans une maison
00:54:29d'édition
00:54:29qui vous appartenait,
00:54:30d'avoir été aussi
00:54:31chroniqueux
00:54:32sur TPMP,
00:54:33l'obligeant d'ailleurs
00:54:34à invoquer
00:54:34une liberté d'expression.
00:54:36Le 18 septembre 2025,
00:54:38dans une interview
00:54:38au Monde,
00:54:39Delphine Arnot,
00:54:40présidente de France Télévisions,
00:54:41déclarait à propos
00:54:42de CNews
00:54:42qu'ils assument
00:54:43d'être une chaîne
00:54:44d'extrême droite,
00:54:45fin de la citation.
00:54:46Et enfin,
00:54:46le 16 avril 2025,
00:54:47on a eu d'ailleurs
00:54:48l'occasion d'y revenir
00:54:49lors de son audition,
00:54:50Thomas Legrand
00:54:51a partagé sur son compte X
00:54:52un message intitulé
00:54:54Bolloré égale Pétain,
00:54:57fin de la citation,
00:54:57alors même qu'il était
00:54:58toujours à l'antenne
00:54:59de France Inter
00:54:59sans qu'aucune sanction
00:55:01ni mise en garde
00:55:02n'ait été prononcée
00:55:03à son encontre.
00:55:04Est-ce que vous aussi,
00:55:05vous avez envisagé
00:55:07d'engager une action
00:55:08pour dénigrement
00:55:09contre l'audiovisuel public ?
00:55:13Écoutez,
00:55:13je pense qu'ils ont
00:55:14assez de problèmes
00:55:14comme ça
00:55:14pour que j'en rajoute.
00:55:16C'est assez rigolo
00:55:17qu'on mette Bolloré
00:55:18égale Pétain
00:55:19après l'histoire
00:55:19que je viens de vous raconter
00:55:20et que j'ai une des familles
00:55:21les plus actives
00:55:22dans la défense
00:55:23contre l'occupant nazi
00:55:25et fasciste.
00:55:29Voilà,
00:55:29je pense qu'il faut
00:55:30laisser passer.
00:55:30Je vous ai dit,
00:55:31je crois que je fais partie
00:55:32des paratonnerres
00:55:34qui servent pour le groupe.
00:55:36Je ne suis pas sûr
00:55:37que ça leur serve
00:55:37à eux vraiment.
00:55:40mais en tout cas,
00:55:41moi,
00:55:41en ce qui me concerne,
00:55:41je suis démocrate chrétien.
00:55:43Je l'ai affirmé sous serment
00:55:44déjà,
00:55:44je crois que c'est la quatrième fois
00:55:45que je suis reçu
00:55:45dans des commissions.
00:55:48Démocrate,
00:55:48c'est-à-dire que je respecte
00:55:49le vote
00:55:51des citoyens
00:55:52et des citoyennes.
00:55:53Et chrétien,
00:55:54c'est-à-dire que je crois
00:55:55en Dieu
00:55:57et en le Christ.
00:55:58Voilà.
00:55:58Et le Christ,
00:56:00comme vous savez,
00:56:01est venu sur Terre
00:56:01il y a un peu plus de 2000 ans
00:56:02avec un message
00:56:04extrêmement précis
00:56:05sur le comportement
00:56:06qu'on devait avoir.
00:56:08Et notamment,
00:56:09l'empathie vis-à-vis des autres,
00:56:10l'écoute,
00:56:11le pardon.
00:56:12Et donc,
00:56:13je me vois
00:56:14comme un démocrate chrétien.
00:56:16Ça se concrétise
00:56:17dans un parti politique,
00:56:18ça, aujourd'hui ?
00:56:19Dans le paysage politique français ?
00:56:21Ça se concrétise
00:56:22dans un engagement politique ?
00:56:24Non,
00:56:25je ne fais pas de politique.
00:56:26Je vous dis,
00:56:26je suis démocrate chrétien
00:56:27parce que je crois
00:56:27à la démocratie,
00:56:28profondément,
00:56:29à la liberté.
00:56:30et je crois vraiment
00:56:31en Christ.
00:56:33Mais enfin,
00:56:33vous savez,
00:56:33on est 2 milliards,
00:56:35donc je ne suis pas tout seul.
00:56:36dans la France,
00:56:36maintenant,
00:56:36ça a l'air un peu bizarre.
00:56:38Vous savez,
00:56:39ces gars d'Elmaleh,
00:56:41ils disent,
00:56:41c'est bizarre
00:56:42parce que quand on dit
00:56:43est-ce que tu es musulman ?
00:56:44Oui, évidemment,
00:56:44je suis musulman.
00:56:45Est-ce que tu es juif ?
00:56:46Oui, évidemment.
00:56:46Et toi,
00:56:46tu es catholique ?
00:56:47Non,
00:56:47mais pas vraiment.
00:56:48Oui,
00:56:48mais ma soeur...
00:56:49Voilà.
00:56:49Donc,
00:56:50il y a un problème,
00:56:50les gens n'osent plus le dire.
00:56:52Mais moi,
00:56:52je suis chrétien
00:56:53et je suis démocrate.
00:56:54Vous venez de le dire.
00:56:55Et je le répète,
00:56:57les variétures.
00:57:00Dernier point
00:57:00sur ce sujet
00:57:02de procédure
00:57:03pour dénigrement.
00:57:04J'ai examiné,
00:57:05notamment parce qu'on a reçu
00:57:06le responsable,
00:57:07la programmation
00:57:08de l'émission
00:57:09complément d'enquête
00:57:10et j'ai le sentiment
00:57:11qu'il y a un intérêt
00:57:12fort porté
00:57:13à votre groupe
00:57:14qui s'inscrit d'ailleurs
00:57:15dans une certaine
00:57:16continuité éditoriale.
00:57:17Le 7 avril 2016,
00:57:19complément d'enquête
00:57:19a diffusé
00:57:20Vincent Bolloré,
00:57:21le milliardaire
00:57:22impitoyable.
00:57:23Le 25 novembre dernier,
00:57:25la même émission
00:57:25diffusait un complément
00:57:26d'enquête sur CNews
00:57:27en s'appuyant notamment
00:57:28sur des témoignages
00:57:29de personnels
00:57:30ou de proches
00:57:31de salariés
00:57:32de France Télévisions.
00:57:33J'ai eu l'occasion
00:57:34d'ailleurs de leur poser
00:57:34la question.
00:57:35Le 30 novembre 2023,
00:57:37c'était aussi Cyril Hanouna
00:57:38qui était alors animateur
00:57:39de votre groupe
00:57:40qui était la tête d'affiche
00:57:42d'un autre complément
00:57:43d'enquête.
00:57:44Dans le même temps,
00:57:44M. Pigas
00:57:45qui pourtant est actionnaire
00:57:47et fondateur de MediaOne,
00:57:48propriétaire de groupe
00:57:49de médias Combat
00:57:50depuis 2008
00:57:51qui inclut notamment
00:57:53Radio Nova,
00:57:53le journal Les Inrocs,
00:57:55le Fintone Post
00:57:56et qui expliquait encore
00:57:56le 13 janvier dernier
00:57:57dans Libération,
00:57:58c'était à la une,
00:57:59qu'il mettrait notamment
00:58:00les médias
00:58:01et tous ses moyens
00:58:02au service d'un combat
00:58:03contre la droite radicale.
00:58:05Lui n'a jamais fait l'objet
00:58:06d'un complément d'enquête.
00:58:07Je le cite,
00:58:08mais il y en a bien d'autres.
00:58:10Je pense notamment
00:58:11à Martin Bouygues,
00:58:11à la tête du groupe TF1.
00:58:13Je pense à Rodolphe Saadé,
00:58:14propriétaire notamment
00:58:15de BFM TV et RMC,
00:58:17qui eux non plus
00:58:18n'ont jamais été au cœur
00:58:19d'une telle enquête.
00:58:20Comment est-ce que vous expliquez
00:58:21un tel intérêt
00:58:22de la part du service public
00:58:24et comment est-ce que
00:58:26vous envisagez aussi
00:58:27cette étude
00:58:28et cette enquête
00:58:29assez approfondie ?
00:58:32Je crois que ce n'est pas
00:58:32que le service public.
00:58:33Je crois que,
00:58:34si vous voulez,
00:58:34je vous l'ai dit tout à l'heure,
00:58:37je représente quelque chose
00:58:38qui est un monde
00:58:40que certains voudraient
00:58:41voir disparaître.
00:58:43C'est-à-dire un monde
00:58:45attaché à ses racines,
00:58:48mais qui avance.
00:58:51Moi, je ne crois pas du tout
00:58:52qu'il faille...
00:58:53je ne crois pas qu'on est
00:58:54ou conservateur
00:58:55ou progressif.
00:58:56Je pense qu'il faut être les deux.
00:58:57Je pense qu'il faut
00:58:57être attaché à ses racines,
00:58:59célébrer
00:59:00ce qui a fait
00:59:03votre entreprise
00:59:04ou votre famille
00:59:05et qu'il faut que,
00:59:07tout en célébrant
00:59:07et en se rappelant
00:59:08d'où vous venez,
00:59:09vous soyez actifs
00:59:10dans ce qu'il faut.
00:59:12Pour revenir, d'ailleurs,
00:59:13sur les questions spirituelles,
00:59:17c'est la parabole des talents.
00:59:18On n'a pas le droit
00:59:18de garder son talent
00:59:19et de ne pas essayer
00:59:20de le développer.
00:59:21Donc, j'énerve.
00:59:22Je vous dis,
00:59:23je le vois bien,
00:59:25quand on reçoit en Bretagne
00:59:27certaines personnes,
00:59:29j'ai reçu notamment
00:59:30les deux derniers présidents
00:59:31de la République,
00:59:32c'est compliqué
00:59:33quand ils voient ça
00:59:34et ça ne plaît pas.
00:59:36Bernard Poignan,
00:59:37que j'aime beaucoup,
00:59:37qui a été maire de Quimper
00:59:38et qui a été pendant
00:59:41plus de 40 ans,
00:59:4245 ans,
00:59:43notre ami fidèle,
00:59:44me dit,
00:59:45il faut faire venir
00:59:45les gens pour qu'ils voient
00:59:46ce que c'est que la Bretagne.
00:59:47Mais quand ils voient là,
00:59:48ils trouvent ça épouvantable.
00:59:49Je vous dis,
00:59:49ils voient des salariés
00:59:50qui sont contents,
00:59:51qui sont contents
00:59:51du concordat social
00:59:52qui ont signé à l'époque.
00:59:54Ils voient les usines
00:59:55qui sont flambant neuves.
00:59:56On est quand même
00:59:56numéro un mondial
00:59:58des films pour condensateurs
00:59:59et des composants
01:00:00pour condensateurs.
01:00:01On a développé
01:00:02à une époque
01:00:02le sachet à thé en papier
01:00:03qui existait peu ou pas.
01:00:05On a fait des tas
01:00:05de choses comme ça.
01:00:06Et en plus,
01:00:07je vous dis,
01:00:07il y a le musée
01:00:09de Tonton Guéenne
01:00:09qui est un musée
01:00:11océanographique
01:00:11avec un requin
01:00:11à deux têtes
01:00:12et un sélacanthe.
01:00:13Enfin bref,
01:00:14il y a tout ce qui est
01:00:15ce qu'on peut dire
01:00:16entre guillemets
01:00:17conservateur ou moisi.
01:00:18Donc c'est normal
01:00:19que tous ces gens,
01:00:20voilà,
01:00:20je comprends très bien
01:00:22que je ne leur plaise pas.
01:00:24J'en suis désolé pour eux.
01:00:25Mais moi,
01:00:26je pense qu'il est important
01:00:28de combattre
01:00:28pour notre pays
01:00:29qui est en difficulté.
01:00:30Je l'ai dit tout à l'heure.
01:00:31Et il faut que ceux
01:00:32qui ont du courage
01:00:34disent,
01:00:34voilà,
01:00:36peut-être qu'on ne vous plaît pas
01:00:37mais on est comme ça.
01:00:37Et la plupart des...
01:00:39On a réussi
01:00:41à réunir
01:00:42au sein d'un petit institut
01:00:44qui s'appelle
01:00:44l'Institut de l'Espérance
01:00:46une vingtaine de personnes
01:00:47qui réfléchissent
01:00:48et qui essayent
01:00:49de ramener du bon sens
01:00:50et de la prospérité
01:00:52pour la France
01:00:53et les Français.
01:00:54Et donc je pense
01:00:54que ça,
01:00:55ça ne plaît pas
01:00:55à la petite caste dirigeante
01:00:56aujourd'hui
01:00:57qui a envie de rester
01:00:58aux manettes
01:00:59de ce qu'elle a.
01:01:00Vous ne pouvez pas
01:01:01leur en vouloir.
01:01:01Ils n'ont pas envie.
01:01:02Et pour qu'on comprenne bien,
01:01:03M. Bolloré,
01:01:03pardon de vous interrompre,
01:01:04la caste dirigeante,
01:01:05c'est qui ?
01:01:05C'est le gouvernement en place ?
01:01:06C'est les dirigeantes
01:01:07de l'aide publique ?
01:01:08C'est qui la caste dirigeante ?
01:01:10La caste dirigeante,
01:01:11comme son nom l'indique,
01:01:12c'est les personnes
01:01:13qui sont aujourd'hui
01:01:14à diriger,
01:01:15qui sont très heureuses
01:01:16de diriger aujourd'hui.
01:01:17Elles sont très contentes.
01:01:18Et elles n'ont pas envie
01:01:19qu'il y ait des empêcheurs
01:01:20de tourner en rond
01:01:21qui disent
01:01:22qu'il faut faire des économies,
01:01:23qu'il faut faire attention,
01:01:24etc.
01:01:25On m'a souvent demandé
01:01:26pourquoi CNews
01:01:27avaient du succès.
01:01:29Et je dis
01:01:29CNews a du succès
01:01:30parce que malheureusement,
01:01:31CNews dit des choses
01:01:32que les autres chaînes
01:01:33ne disaient pas
01:01:34sur la situation financière,
01:01:36sur un certain nombre
01:01:37de choses comme ça.
01:01:38Et donc,
01:01:38on dérange.
01:01:39On dérange ces gens
01:01:40qui ont envie
01:01:40de continuer à vivre
01:01:41dans la,
01:01:42je n'allais pas dire
01:01:43l'opulence,
01:01:44alors que la situation
01:01:46n'est pas bonne.
01:01:47Avant que le rapporteur
01:01:48chante de Chuzet,
01:01:49s'il me le permet,
01:01:51est-ce que vous trouvez
01:01:53sain dans une démocratie
01:01:54ce à quoi on assiste,
01:01:55c'est-à-dire une certaine manière
01:01:56une guerre de l'audiovisuel
01:01:57public-privé,
01:01:58le rapporteur a cité
01:01:59des choses vous concernant.
01:02:02On pourrait citer aussi
01:02:03les unes du JDD
01:02:04parfois assez virulentes
01:02:05contre l'audiovisuel public
01:02:06ou en tout cas assez fortes
01:02:08pour essayer d'être
01:02:09le plus objectif
01:02:10et impartial possible.
01:02:11Parfois des émissions
01:02:12de CNews aussi
01:02:13qui critiquent
01:02:15et c'est tout à fait
01:02:16leur droit l'audiovisuel public.
01:02:17Mais est-ce que finalement,
01:02:19je ne sais pas si on va parler
01:02:20de guerre audiovisuel public
01:02:21et privé,
01:02:21mais ces tensions
01:02:22qui émergent,
01:02:23cette procédure de dénigrement,
01:02:24est-ce que c'est tout à fait
01:02:25sain dans une démocratie ?
01:02:26Vous avez dit vous-même
01:02:27que vous étiez attaché
01:02:28à la complémentarité
01:02:29de l'audiovisuel public
01:02:30et privé.
01:02:31Comment tout ça peut fonctionner
01:02:33de manière plus complémentaire
01:02:35et apaisée ?
01:02:36Écoutez, en tout cas,
01:02:37moi je ne suis pas du tout en guerre
01:02:39pour les raisons
01:02:40que j'ai évoquées tout à l'heure
01:02:41de démocratie chrétienne.
01:02:41Donc j'ai de la guerre
01:02:42avec personne.
01:02:43Je dois vous dire
01:02:43que je ne hais personne.
01:02:45Et je prie pour mes ennemis,
01:02:47ce qui me coûte,
01:02:47mais je le fais quand même.
01:02:48J'en ai quelques-uns.
01:02:51Non, je pense qu'il ne faut pas...
01:02:54Je crois que franchement,
01:02:55notre groupe n'est pas en guerre.
01:02:56Notre groupe,
01:02:56l'audiovisuel public,
01:02:57ne le concerne pas.
01:02:59Je vous ai dit,
01:03:01franchement, Canal,
01:03:03c'est un groupe
01:03:04qui est complètement
01:03:04en dehors de tout ça.
01:03:06Alors maintenant,
01:03:07en ce qui concerne
01:03:07Cedews ou JDD
01:03:08dont vous parlez,
01:03:10c'est vrai que
01:03:11comme ce sont des espaces
01:03:12de liberté,
01:03:13nous avons des talents
01:03:15qui sont extraordinairement
01:03:16indépendants.
01:03:18Pascal Praud,
01:03:18il aime la France
01:03:19et les Français.
01:03:20Il est né à Nantes
01:03:21ou en tout cas,
01:03:22il est intéressé par Nantes
01:03:23qui était la ville
01:03:25de ma grand-mère.
01:03:28Et voilà,
01:03:29il aime la France,
01:03:30il se balade partout
01:03:31et donc il donne son avis.
01:03:33Alors après,
01:03:34ça plaît,
01:03:34ça ne plaît pas.
01:03:35C'est comme ça.
01:03:36Mais visiblement,
01:03:36ça plaît à beaucoup de monde
01:03:37puisque c'est lui
01:03:38qui fait des records d'audience.
01:03:40Mais je crois
01:03:40que ce n'est pas le sujet.
01:03:42Il n'est pas contre
01:03:43l'audiovisuel public,
01:03:44il est contre les dépenses.
01:03:45Et je pense que c'est arrivé
01:03:47à un moment
01:03:47où il y avait une séquence
01:03:49budget de la France
01:03:51où tout le monde disait
01:03:52chez les politiques,
01:03:53ça va très mal,
01:03:54c'est épouvantable,
01:03:55la retraite,
01:03:56il faut faire des efforts
01:03:57épouvantables.
01:03:58Et il avait le sentiment
01:03:59qu'il n'y avait pas
01:04:00ces efforts
01:04:00qui étaient faits en face.
01:04:02Voilà.
01:04:02Et donc,
01:04:03comme je n'interviens pas,
01:04:04je ne vais pas aller dire
01:04:05quoi que ce soit
01:04:05à Pascal Praud
01:04:06qui dit ce qu'il pense.
01:04:07Mais il n'y a pas
01:04:07que Pascal Praud,
01:04:08ils sont tous indépendants.
01:04:10Et je pense que c'est bien
01:04:11d'avoir un petit espace
01:04:12de liberté,
01:04:14même si ça ne plaît pas,
01:04:15c'est bien.
01:04:19Le 11 décembre dernier,
01:04:20notre commission d'enquête
01:04:21a auditionné
01:04:22M. Roque-Olivier Mestre,
01:04:23ancien président du CSA.
01:04:25J'ai pu l'interroger
01:04:26sur l'écart très important
01:04:28observé ces 15 dernières années
01:04:29entre les sanctions pécuniaires
01:04:31infligées aux chaînes
01:04:32de votre groupe C8 et CNews
01:04:34et celle de l'audiovisuel public,
01:04:36alors même que
01:04:37des manquements au pluralisme
01:04:38à l'indépendance
01:04:39y sont régulièrement relevés.
01:04:40C'est d'ailleurs
01:04:40l'un des objets
01:04:41de notre commission d'enquête.
01:04:42Je rappelle que vos chaînes
01:04:44sur les 15 dernières années
01:04:45ont été sanctionnées,
01:04:46peut-être que le chiffre
01:04:47d'ailleurs n'est pas exact,
01:04:48à hauteur de 8 millions d'euros,
01:04:49tandis qu'aucune chaîne
01:04:51de l'audiovisuel public
01:04:52n'a eu à payer
01:04:53la moindre amende,
01:04:54le moindre euro
01:04:55sur la même période.
01:04:56Je lui ai posé
01:04:56cette même question
01:04:57que je vous poserai
01:04:58et sa réponse a été
01:04:59pour le moins surprenante.
01:05:01Il m'a indiqué,
01:05:04nos sanctions sont disproportionnées,
01:05:05il n'hésite pas à le dire.
01:05:06La première mesure
01:05:07que j'ai été amené à prendre
01:05:08en tant que président de l'ARCOM
01:05:09a été de verser
01:05:10un chèque de 1 million à C8,
01:05:12ce qui n'était pas
01:05:13la décision la plus agréable
01:05:15à prendre
01:05:15pour un magistrat
01:05:16de la Cour des comptes.
01:05:17Fin de la citation.
01:05:19Alors, je rappelle les faits
01:05:20et le contexte,
01:05:21mais en juin 2017,
01:05:22il évoquait,
01:05:23le CSA a infligé
01:05:24une sanction inédite
01:05:25à la chaîne
01:05:26en privant TPMP de publicité
01:05:28pendant une semaine,
01:05:28estimant que C8 avait gravement
01:05:30méconnu son obligation
01:05:31de faire preuve de retenue
01:05:32dans la diffusion
01:05:33d'images susceptibles
01:05:34d'humilier les personnes.
01:05:35Fin de la citation.
01:05:36Suite à un canular
01:05:37de Cyril Hanouna
01:05:38à l'encontre
01:05:39de Mathieu Delormeau,
01:05:40en 2018,
01:05:41le Conseil d'État
01:05:42a pourtant annulé
01:05:43la sanction du CSA,
01:05:45jugeant au contraire
01:05:45qu'à aucun moment,
01:05:46Mathieu Delormeau,
01:05:47je cite,
01:05:48la décision du Conseil d'État,
01:05:50n'avait été montrée
01:05:51sous un jour dégradant,
01:05:52humillant ou attentatoire
01:05:53à sa dignité.
01:05:54Fin de la citation.
01:05:55C'est un exemple
01:05:56parmi d'autres,
01:05:56mais comment est-ce
01:05:57que vous interprétez
01:05:58les déclarations
01:05:59de M. Roch-Olivier Mestre
01:06:01qui expliquait
01:06:02que verser un chèque
01:06:04d'un million
01:06:04à C8
01:06:05n'a pas été
01:06:05la décision
01:06:06la plus agréable
01:06:07à prendre
01:06:07pour un magistrat
01:06:08de la Cour des comptes ?
01:06:11Écoutez,
01:06:11je ne vais pas faire
01:06:12de commentaire,
01:06:13ce n'est pas de mon rôle,
01:06:15ce n'est pas de mon ressort.
01:06:16Comme vous savez,
01:06:18sur ces histoires
01:06:20de pénalité,
01:06:22l'Arcum fonctionne
01:06:22en fonction des signalements.
01:06:25Donc, il se trouve
01:06:26qu'on a
01:06:27toute une série de gens
01:06:29qui le déclarent.
01:06:30D'ailleurs,
01:06:30vous allez sur le net,
01:06:31ils disent,
01:06:32il faut aller faire
01:06:32des signalements,
01:06:33attaquer l'Empire Bolloré,
01:06:34etc.
01:06:35L'Empire,
01:06:36je suis très fier.
01:06:38Faites des signalements.
01:06:39Donc, l'Arcum
01:06:40doit recevoir, je vois,
01:06:405 000 signalements
01:06:42par jour
01:06:42ou un truc comme ça.
01:06:43Donc, il y a une phrase
01:06:44dès qu'il y a un truc
01:06:44qui est fait.
01:06:45Et puis,
01:06:46ils mettent des sanctions
01:06:47derrière
01:06:47parce qu'ils ne peuvent
01:06:47pas faire autrement.
01:06:50Et on voit bien
01:06:51que c'est une attaque
01:06:52vers nous.
01:06:52D'ailleurs,
01:06:53il y avait la preuve
01:06:54par 9 quand on était petit
01:06:55et puis il y a la preuve
01:06:55par Hanouna.
01:06:56Vous voyez ?
01:06:57En fait,
01:06:58ce qui nous était reproché
01:06:59sur la 8
01:07:00et les 99%
01:07:02des amendes,
01:07:02c'était Hanouna.
01:07:03Maintenant,
01:07:03Hanouna,
01:07:04on nous a confisqué
01:07:05la 8.
01:07:05Non,
01:07:06on n'a plus la 8.
01:07:10aucun problème
01:07:10sur Hanouna.
01:07:11Hanouna,
01:07:11qui est un type épatant,
01:07:13mais parce que les gens
01:07:14ne sont plus intéressés
01:07:16par attaquer la 9,
01:07:18c'est-à-dire la 6.
01:07:20Donc, je pense que,
01:07:21voilà,
01:07:21sans faire Calimero
01:07:22parce que ce n'est pas
01:07:22mon nature,
01:07:25je suis dans la résistance,
01:07:29je pense que,
01:07:30voilà,
01:07:30c'est comme ça.
01:07:31Mais, à nouveau,
01:07:32ce n'est pas agréable
01:07:33d'avoir des sanctions,
01:07:34ce n'est pas agréable
01:07:34surtout pour les équipes.
01:07:35Mais je vous dis,
01:07:36je pense que
01:07:37ces mauvais traitements
01:07:39nous forcent
01:07:40à être plus agiles.
01:07:41Peut-être qu'on n'aurait
01:07:42pas fait avec Canal
01:07:43nos acquisitions
01:07:44à l'étranger,
01:07:44nos investissements
01:07:46aussi rapidement
01:07:47si on avait eu
01:07:47un soutien en France
01:07:48extraordinairement important.
01:07:50Peut-être qu'on se serait
01:07:51endormi
01:07:51et qu'on aurait été
01:07:52très content
01:07:53d'aller bavarder
01:07:54avec les uns et les autres
01:07:55dans les festivals
01:07:57divers.
01:07:58Je pense que le fait
01:07:59qu'on ait été un peu
01:08:00maltraité,
01:08:00vous savez,
01:08:01ça arrive dans les familles,
01:08:02les enfants qui sont
01:08:02un peu secoués,
01:08:04parfois,
01:08:04sont ceux qui réussissent
01:08:06le mieux,
01:08:06même si c'est,
01:08:07sur le plan moral,
01:08:07pas très agréable.
01:08:10Encore 5 minutes
01:08:11puis je donne la parole
01:08:12aux orateurs de groupe.
01:08:13J'ai un certain nombre
01:08:14de questions encore,
01:08:15alors j'essaie d'être
01:08:16un peu plus synthétique.
01:08:18En 2005,
01:08:19puisque vous évoquiez
01:08:20le sujet,
01:08:21je passe à cette question.
01:08:22Vous avez été avec
01:08:23M. Baudcour,
01:08:24l'un des premiers à croire
01:08:25au développement de la TNT
01:08:26avec le lancement
01:08:27de Direct8.
01:08:28Vous êtes revenu sur le sujet
01:08:29et devenu par la suite
01:08:30C8.
01:08:31Près de 20 ans plus tard,
01:08:32l'Arcom a refusé
01:08:33le renouvellement
01:08:34de cette chaîne
01:08:35alors qu'elle figurait
01:08:36parmi les plus regardées
01:08:37à la sixième place
01:08:38en audience.
01:08:39Le canal a été
01:08:41depuis attribué
01:08:41à un investisseur étranger,
01:08:43M. Daniel Kretinsky,
01:08:44qui à ce stade
01:08:45n'y a pas encore installé
01:08:46de nouvelles chaînes.
01:08:48Alors invité
01:08:49de ses médiatiques
01:08:50sur France 5
01:08:50en janvier dernier,
01:08:51Alexia Larrojoubert,
01:08:52directrice de Banigé,
01:08:53a qualifié
01:08:54cette décision
01:08:54de déni de démocratie.
01:08:56Comment est-ce que vous
01:08:57analysez cette décision
01:08:58de l'Arcom ?
01:08:59Puisque vous avez voulu
01:09:00revenir sur le sujet
01:09:01sur les dernières réponses.
01:09:03Comment est-ce que vous
01:09:04analysez cette décision
01:09:05de l'Arcom ?
01:09:05Quels sont selon vous
01:09:07les fondements,
01:09:07les rationnels
01:09:08qui ont poussé
01:09:09l'Arcom à prendre
01:09:11cette décision
01:09:11de ne pas renouveler
01:09:12votre fréquence ?
01:09:15Pardon.
01:09:15Toujours pour la même raison.
01:09:17Je ne sais pas
01:09:17si vous avez reçu
01:09:18Daniel Kretinsky,
01:09:19il est charmant.
01:09:20Il parle avec un accent allemand,
01:09:22un français parfait.
01:09:24Il donne, je crois,
01:09:2515 ou 20 millions par an
01:09:26pour renflouer Libération
01:09:28et plein d'autres choses
01:09:29comme ça, un peu partout.
01:09:30Donc, il est extraordinairement
01:09:31bien vu.
01:09:32Donc, comme il est
01:09:33extraordinairement bien vu,
01:09:36il a beaucoup d'argent
01:09:37parce qu'il fait du charbon.
01:09:39Il est très francophile.
01:09:41Il est formidable.
01:09:41Et voilà, il donne de l'argent.
01:09:43Et donc, il est bien vu.
01:09:45Et nous, on dit des choses,
01:09:46voilà, on redresse.
01:09:48On trime.
01:09:49On développe.
01:09:50Voilà.
01:09:51Ça fait 204 ans
01:09:52que ça dure.
01:09:53et j'espère que ça va durer
01:09:54encore un petit moment.
01:09:55Je dis souvent,
01:09:56on a connu
01:09:58trois rois,
01:09:59un empereur,
01:10:0026 présidents de la République.
01:10:01On va se débrouiller, quoi.
01:10:03C'est pas agréable,
01:10:04mais franchement,
01:10:05je vous dis,
01:10:06une fois de plus,
01:10:06je pense que c'est comme ça
01:10:07que s'expliquent les choses.
01:10:09Il y a des gens
01:10:09qui sont bien vus
01:10:10par le petit caste
01:10:12et donc qui ont ouvert à tout.
01:10:13Et puis, il y a des gens
01:10:14qui sont mal vus
01:10:14et qui ont des ennuis.
01:10:15Mais ces gens
01:10:17qui ont des ennuis,
01:10:17je vous dis,
01:10:18travaillent peut-être plus dur
01:10:19pour compenser
01:10:21et réussissent mieux
01:10:21et leurs groupes
01:10:23sont peut-être à terme
01:10:24plus profitables
01:10:25ou en tout cas
01:10:26plus résistants.
01:10:27C'est des propos forts
01:10:27que vous tenez,
01:10:28M. Bolloré.
01:10:28Je pense que c'est important
01:10:29que vous les précisiez
01:10:30parce que ça peut jeter
01:10:31quand même une forme
01:10:31de suspicion
01:10:32sur des liens finalement
01:10:35politiques,
01:10:36économiques,
01:10:37financiers,
01:10:37en disant que certains
01:10:38sont aidés,
01:10:38d'autres pas.
01:10:39Est-ce que vous pouvez
01:10:39quand même préciser ?
01:10:40Je pense que c'est important.
01:10:41Quand vous dites
01:10:41cette petite caste
01:10:42qui nous gouverne,
01:10:43c'est quoi ?
01:10:43C'est les dirigeants actuels ?
01:10:44C'est les responsables politiques ?
01:10:47Les gens qui sont aujourd'hui
01:10:49aux manettes
01:10:49sont très très contents
01:10:50de rester aux manettes.
01:10:52Politique,
01:10:52les gens aux manettes politiques.
01:10:54La vie est ainsi.
01:10:55Vous lisez les journaux,
01:10:57vous allez sur le net
01:10:57et la vie est ainsi.
01:10:59Nous, notre groupe
01:11:00est plutôt paratonnerre.
01:11:01Peut-être que c'est notre faute,
01:11:02je ne veux pas dire le contraire.
01:11:04On ne peut pas dire
01:11:05qu'on nous aide
01:11:06à fonctionner.
01:11:08On ne peut pas dire
01:11:08qu'on nous aide.
01:11:09Vous allez parler à Maxime Sainab,
01:11:11vous allez le recevoir.
01:11:12Vous m'avez dit,
01:11:12je ne sais pas,
01:11:12demain ou après-demain.
01:11:14Vous allez voir avec lui
01:11:15quand vous recevez
01:11:15Maxime Sainab
01:11:16ce qu'il pense.
01:11:17Par exemple,
01:11:17les ministres de la Culture
01:11:18successives,
01:11:19vous considérez
01:11:20qu'ils ne vous ont pas aidé ?
01:11:21Parce que c'est dans le champ
01:11:22du ministre.
01:11:23Mais nous,
01:11:23on ne demande pas
01:11:23à être aidé.
01:11:24Vous dites,
01:11:25on nous a mis
01:11:25des bâtons dans les roues,
01:11:26il y a une petite caste qui se...
01:11:28Nous ne sommes pas soumis,
01:11:31pour répondre concreto,
01:11:32nous ne sommes pas soumis,
01:11:34nous sommes libres
01:11:34et donc on déplaît.
01:11:36C'est comme ça.
01:11:37C'est l'indépendance.
01:11:39C'est la valeur
01:11:41de notre indépendance.
01:11:44Et ce n'est pas quelque chose...
01:11:45Comme la France
01:11:46est de plus en plus
01:11:47en difficulté financière
01:11:50et donc avec tout ce que ça suppose
01:11:52pour les gens
01:11:52qui se trouvent
01:11:53avec des difficultés eux-mêmes,
01:11:54c'est sûr que les positions
01:11:56se radicalisent
01:11:57et qu'on représente,
01:11:58en effet,
01:11:59un espace
01:12:00qui ne plaît pas
01:12:02à certains,
01:12:03mais qui plaît à d'autres.
01:12:07Vous l'avez abordé
01:12:09dans votre précédente réponse,
01:12:11donc je me permets
01:12:12de basculer sur cette question.
01:12:13Le non-renouvellement
01:12:14de la fréquence de C8,
01:12:15c'est en partie fondé
01:12:16sur un nombre de sanctions
01:12:17que vous avez reçues.
01:12:18Je vais vous donner un exemple.
01:12:20C'était le 5 novembre 2022.
01:12:22Vous l'avez d'ailleurs rappelé,
01:12:23mais M. Hanouna,
01:12:24qui a été particulièrement ciblé
01:12:26par l'ARCOM,
01:12:27appelait la maire de Paris,
01:12:29Anne Hidalgo,
01:12:29je le cite,
01:12:30a fermé sa gueule
01:12:31et a chassé les rats la nuit
01:12:33au lieu de dire des conneries.
01:12:34J'ai déjà eu l'occasion
01:12:35de poser cette question
01:12:35notamment au président de l'ARCOM.
01:12:38Et pour ses propos,
01:12:38l'ARCOM a infligé à votre chaîne
01:12:40une sanction,
01:12:41une amende de 300 000 euros.
01:12:42Et dans le même temps,
01:12:43trois semaines plus tard,
01:12:44sur France Inter,
01:12:45France Inter n'a reçu
01:12:46qu'une simple lettre de rappel
01:12:48pour avoir appelé
01:12:49sur son antenne,
01:12:50je cite,
01:12:51à baiser les femmes des chasseurs,
01:12:52en visant particulièrement
01:12:54à la femme de Willy Schren,
01:12:55qui est le président
01:12:55de la Fédération nationale
01:12:56des chasseurs.
01:12:58Donc c'est sur la base
01:12:59de sanctions
01:13:00comme celle-ci
01:13:00qu'en juillet 2024,
01:13:02l'ARCOM a justifié
01:13:02le non-renouvellement
01:13:03de la fréquence de C8.
01:13:04Et depuis,
01:13:05on remarque
01:13:06une accélération
01:13:06des sanctions
01:13:08désormais prononcées
01:13:09à l'égard de CNews.
01:13:11Depuis donc
01:13:11la fermeture de C8
01:13:12en février 2025,
01:13:14les interventions
01:13:14de l'ARCOM
01:13:15envers CNews
01:13:16ont connu
01:13:17une accélération.
01:13:19Un tiers
01:13:20des interventions formelles
01:13:22de l'ARCOM
01:13:22envers CNews,
01:13:24c'est-à-dire
01:13:24un tiers des mises en garde,
01:13:25des mises en demeure
01:13:26et des sanctions pécuniaires
01:13:28ont été prononcées
01:13:29depuis le début officiel
01:13:31de cette commission d'enquête
01:13:32en octobre.
01:13:33Donc on observe
01:13:33quand même
01:13:34une accélération
01:13:35assez importante.
01:13:37Est-ce que
01:13:38vous êtes directement concerné,
01:13:39mais est-ce que
01:13:40vous estimez
01:13:40qu'il y a un risque
01:13:41aujourd'hui
01:13:42que fait peser l'ARCOM
01:13:43sur une fermeture
01:13:44éventuelle
01:13:45à court ou moyen terme
01:13:46de la chaîne CNews ?
01:13:48Je vous laisse répondre
01:13:49M. Bolloré.
01:13:49Je dis juste au rapporteur
01:13:50on sort un petit peu
01:13:51du périmètre
01:13:51de la commission d'enquête
01:13:52mais c'est des questions
01:13:53importantes
01:13:53et je vais bien sûr
01:13:54vous laisser y répondre
01:13:55mais il faut qu'on se ressente
01:13:57quand même sur les questions
01:13:57d'audiovisuel public
01:13:59même si l'audiovisuel
01:14:01est un paysage...
01:14:02Je vous laisse répondre
01:14:03M. Bolloré
01:14:04sur la question du rapporteur.
01:14:06Je crois que tout est possible
01:14:09donc je ne peux pas me prononcer
01:14:10j'en sais rien
01:14:11mais j'ai donné
01:14:12la dernière fois
01:14:12que j'ai été reçu
01:14:13par votre commission
01:14:14l'exemple à l'école
01:14:15quand les profs
01:14:17n'aiment pas un élève
01:14:18ou une élève
01:14:19voilà on regarde
01:14:20son comportement
01:14:21ses notes
01:14:21son machin
01:14:22elle a oublié
01:14:22son sac de gymnastique
01:14:24elle n'a pas fait
01:14:24etc.
01:14:25Et à la fin
01:14:25à la troisième
01:14:26ou à la quatrième remontrance
01:14:28on est convoqué
01:14:29chez le proviseur
01:14:29et puis après
01:14:31écoutez
01:14:33franchement
01:14:34dans notre situation
01:14:36on a vu beaucoup
01:14:37beaucoup de choses
01:14:38donc on en verra
01:14:39encore d'autres
01:14:39mais enfin
01:14:40rien de tout ça
01:14:41n'est mortel
01:14:42c'est un peu triste
01:14:43pour la liberté d'expression
01:14:45parce que je crois
01:14:46qu'en effet
01:14:47CNews a apporté beaucoup
01:14:49et les équipes de CNews
01:14:51sont des équipes
01:14:52absolument remarquables
01:14:53Serge Nedjar
01:14:54en plus
01:14:54a un gros crédit
01:14:57pour une acquisition
01:14:58donc
01:14:58il doit être très inquiet
01:15:00pour tout ça
01:15:01et ses équipes
01:15:02moi j'ai vu
01:15:02les pauvres équipes
01:15:03de la 8
01:15:03vous voyez
01:15:04qui faisaient mal à personne
01:15:06les animaux de la 8
01:15:08Tuituil
01:15:09voilà
01:15:09William L'Energie
01:15:10tout ça
01:15:11et finalement
01:15:12celui qui était visé
01:15:13c'était moi
01:15:15et Cyril
01:15:16à travers Cyril Hanouna
01:15:17et Cyril Hanouna
01:15:17il a retrouvé
01:15:18je pense même
01:15:20et il le mérite
01:15:20parce que je l'ai dit
01:15:21il fait venir
01:15:212 millions de personnes
01:15:22tous les soirs
01:15:22donc Cyril
01:15:23il a retrouvé
01:15:24sans problème
01:15:25donc on tire
01:15:25des
01:15:26voilà
01:15:26ça tire sur des cibles
01:15:27qui sont pas forcément
01:15:28les bonnes
01:15:29dans votre question
01:15:30j'en sais rien
01:15:30il faut demander à l'ARCO
01:15:34merci de votre réponse
01:15:35monsieur le rapporteur
01:15:36une question
01:15:37que l'on posera
01:15:38d'ailleurs à l'ARCOM
01:15:39en février 2025
01:15:40le journaliste
01:15:41Laurent Nerveux
01:15:41a publié une enquête
01:15:42assez fouillée
01:15:43au sujet de l'ARCOM
01:15:44dans Marianne
01:15:45une enquête
01:15:46qui l'a conduit
01:15:46à éplucher
01:15:47d'ailleurs le profil
01:15:48des 298
01:15:49profils LinkedIn
01:15:50soit près de 80%
01:15:51des employés
01:15:52de l'ARCOM
01:15:53et ses conclusions
01:15:54sont éloquentes
01:15:55on trouverait au sein
01:15:56de l'ARCOM
01:15:57aucun employé
01:15:58ayant précédemment
01:15:59travaillé pour votre groupe
01:16:00en revanche
01:16:01il y a plus de 15%
01:16:01des employés
01:16:02de cette autorité
01:16:03qui seraient issus
01:16:03directement
01:16:04de groupes de médias
01:16:05concurrents
01:16:07aux vôtres
01:16:07comme France TV
01:16:08TF1
01:16:09M6
01:16:09ou BFM TV
01:16:10et ces effectifs
01:16:11sont précisément
01:16:12surreprésentés
01:16:13dans des directions
01:16:13administratives
01:16:14qui ont eu
01:16:15un rôle stratégique
01:16:16dans l'instruction
01:16:17des dossiers
01:16:17dans l'envoi
01:16:18de sanctions
01:16:19les anciens
01:16:20concurrents
01:16:21de votre groupe
01:16:21représentent ainsi
01:16:2228%
01:16:23de la direction
01:16:24des plateformes en ligne
01:16:2536%
01:16:26de la direction
01:16:26des publics
01:16:27du pluralisme
01:16:28et de la cohésion sociale
01:16:29et enfin 50%
01:16:30de la direction
01:16:30de la communication
01:16:31est-ce que vous avez eu
01:16:33connaissance
01:16:33de cette enquête
01:16:35est-ce que vous pensez
01:16:36qu'une surreprésentation
01:16:38de vos concurrents
01:16:39notamment privés
01:16:40parmi les employés
01:16:41de l'ARCOM
01:16:41puisse être un facteur
01:16:43d'explication
01:16:44sur cette forte augmentation
01:16:45sur les derniers mois
01:16:46de sanctions
01:16:47qui ont été prononcées
01:16:48contre votre groupe
01:16:50je suppose
01:16:51je n'ai pas d'avis particulier
01:16:52je ne connaissais pas
01:16:53cette étude
01:16:54et voilà
01:16:55je sais simplement
01:16:56qu'on dérange
01:16:56nous sommes dans
01:16:58une situation
01:16:59d'un combat
01:17:00où nous avons redressé
01:17:01l'entreprise canale
01:17:03qui a échappé
01:17:04à cette
01:17:09joie collective
01:17:12qui existait
01:17:14et donc
01:17:15bon
01:17:15c'est normal
01:17:16qu'on soit la cible
01:17:16mais enfin bon
01:17:17ça va
01:17:17le groupe va bien
01:17:18on ne va pas mourir
01:17:19ça veut dire que pour vous
01:17:20l'ARCOM est soumise
01:17:21au pouvoir politique
01:17:23j'essaie de comprendre
01:17:24non mais c'est que c'est important
01:17:24ce que vous dites
01:17:25ce n'est pas des petits mots
01:17:25dire qu'il y a une casse
01:17:26qui se protège
01:17:27et qui vous cible
01:17:28une casse qui se protège
01:17:29ce n'est pas moi qui le dis
01:17:29c'est les gens qui le disent
01:17:31ça existe
01:17:32ça a toujours été
01:17:33mais c'est pour qu'on comprenne
01:17:33qui c'est
01:17:34le dirigeant
01:17:35mais est-ce que l'ARCOM
01:17:37est soumise au pouvoir politique
01:17:38vous diriez par exemple
01:17:38que l'ARCOM
01:17:39quand elle vous sanctionne
01:17:40mais je n'en sais rien
01:17:40je ne sais pas
01:17:41je ne sais pas
01:17:42mais enfin on a vu
01:17:43déjà dans des pays
01:17:45et dans des histoires
01:17:46des choses un peu
01:17:47qui sont bizarres
01:17:47mais c'est pas
01:17:48attendez je vous dis
01:17:49je redis nous
01:17:50on a connu des guerres mondiales
01:17:52on a connu des révolutions
01:17:53on a connu des tas d'évolutions
01:17:54voilà
01:17:55on passe à travers
01:17:57maintenant
01:17:58moi j'ai connu
01:17:58cette caste chez canal
01:17:59qu'est-ce que vous voulez
01:18:00je vous dise
01:18:00je ne peux pas vous dire autre chose
01:18:03ils étaient très contents
01:18:04ils s'amusaient beaucoup
01:18:05c'était très joyeux
01:18:07encore deux questions du rapporteur
01:18:09et je cède la parole
01:18:09aux différents représentants
01:18:11des groupes politiques
01:18:18merci monsieur le président
01:18:20dernière question
01:18:20sur l'ARCOM
01:18:21c'est une question
01:18:22l'une des premières questions
01:18:23que j'avais posées
01:18:24au président de l'ARCOM
01:18:25c'était d'ailleurs
01:18:25la première audition
01:18:26de cette commission d'enquête
01:18:27le 18 septembre 2024
01:18:29le militant d'ultra-gauche
01:18:30fouette Béraou
01:18:31appelé publiquement
01:18:33sur ses réseaux sociaux
01:18:34à une mobilisation antifasciste
01:18:35dans l'archipel des Glénans
01:18:37pour je le cite
01:18:38s'opposer à l'empire Bolloré
01:18:40le 25 août 2025
01:18:41soit à peine un an plus tard
01:18:43il a été nommé
01:18:44au collège de l'ARCOM
01:18:45à Paris
01:18:46et donc lors de cette audition
01:18:48le 25 novembre dernier
01:18:49dans le cadre
01:18:50de la commission d'enquête
01:18:51j'ai pu interroger
01:18:52monsieur H. Dary
01:18:53président de l'ARCOM
01:18:53sur ce cas
01:18:54il nous a indiqué
01:18:55ne pas avoir eu connaissance
01:18:57de ses publications
01:19:00pourtant publiques
01:19:01sur les réseaux sociaux
01:19:02il a annoncé d'ailleurs
01:19:03vouloir s'en saisir
01:19:04à la suite de son audition
01:19:05Rachida Dati
01:19:06ministre de la culture
01:19:07je lui ai aussi posé la question
01:19:09elle nous a indiqué
01:19:10qu'elle avait
01:19:11interpellé le président
01:19:12de l'ARCOM
01:19:12sur ce point précis
01:19:13mais qu'elle n'avait pas
01:19:15obtenu la moindre réponse
01:19:16depuis
01:19:18et donc depuis
01:19:19je le confirme
01:19:20mais je n'ai pas reçu
01:19:21de réponse
01:19:22ou de garantie claire
01:19:24apportée quant à l'indépendance
01:19:25de l'ARCOM
01:19:26depuis la nomination
01:19:27de cette personne
01:19:29monsieur Béraou
01:19:30est visiblement
01:19:31toujours en poste
01:19:31à l'ARCOM
01:19:32est-ce que vous aviez
01:19:33connaissance
01:19:33de cette nomination
01:19:35et d'un point de vue
01:19:36un peu plus général
01:19:37est-ce qu'il ne
01:19:38ne faut pas
01:19:40et bien
01:19:40faire preuve
01:19:41de la plus grande précaution
01:19:42sur les nominations
01:19:43au sein de l'ARCOM
01:19:44pour éviter
01:19:44toute forme de militantisme
01:19:46de ses membres
01:19:47qui peuvent aussi
01:19:47être amenés
01:19:48à prononcer
01:19:48des sanctions
01:19:49je veux juste indiquer
01:19:50monsieur Bolloré
01:19:51que suite à cette audition
01:19:53Martin Adjari
01:19:54le président de l'ARCOM
01:19:55nous a indiqué
01:19:56au bureau de la commission
01:19:57qu'il n'avait jamais saisi
01:19:59en tout cas c'est ce qu'il dit
01:20:00de courrier de la ministre
01:20:01au sujet de ce salarié
01:20:03qui est au comité de l'ARCOM
01:20:04comme vient de le rappeler
01:20:06vient de le rappeler
01:20:06le rapporteur
01:20:07je vous laisse répondre
01:20:08à sa question maintenant
01:20:09écoutez je ne connais pas
01:20:10ce monsieur
01:20:11je ne savais pas
01:20:11qu'il avait été nommé
01:20:12mais enfin évidemment
01:20:13c'est embêtant
01:20:15que soient nommés
01:20:16arbitres
01:20:17des gens qui sont
01:20:19extraordinairement
01:20:21orientés
01:20:22on a eu ça
01:20:23avec Reporters sans frontières
01:20:24on a eu ça
01:20:24dans des tas de cas
01:20:25mais enfin bon
01:20:26la vie est ainsi
01:20:27comme ça
01:20:29dernière question
01:20:30du rapporteur
01:20:31et puis je donnerai la parole
01:20:31à madame
01:20:33madame Sicard
01:20:34pardon
01:20:34merci monsieur le présent
01:20:36pour prendre un peu de recul
01:20:37la dernière fois
01:20:38que vous êtes intervenu
01:20:39dans cette salle
01:20:40enfin en tout cas
01:20:41dans le cadre
01:20:42des travaux
01:20:42de l'Assemblée nationale
01:20:43c'était lors
01:20:44de la commission d'enquête
01:20:45sur l'attribution
01:20:45des fréquences TNT
01:20:46qui a été créée
01:20:47suite à un droit de tirage
01:20:49de la France insoumise
01:20:50avant même que cette précédente
01:20:51commission d'enquête
01:20:52ne rende ses travaux
01:20:53et avant même d'ailleurs
01:20:54qu'elle n'auditionne
01:20:55les dirigeants du groupe Canal
01:20:56des membres de cette commission
01:20:57issus de la gauche
01:20:58dont certains d'ailleurs
01:20:59présents aujourd'hui
01:21:00et qui m'accusent
01:21:01d'intention de privatisation
01:21:02matin, midi et soir
01:21:03du service public
01:21:04que je n'ai jamais eue
01:21:05que je n'ai jamais tenue
01:21:07ces mêmes députés
01:21:08ont signé
01:21:08et ont relayé
01:21:09des pétitions
01:21:10pour appeler à la fermeture
01:21:11de C8 et CNews
01:21:12dans le cadre
01:21:13de cette commission d'enquête
01:21:15avant même
01:21:15que les travaux
01:21:16ne se terminent
01:21:17et quelques mois
01:21:18après cette commission d'enquête
01:21:19leur pétition
01:21:19a visiblement été entendue
01:21:21puisque l'ARCOM
01:21:22a décidé
01:21:22de ne pas renouveler
01:21:24la fréquence de C8
01:21:25est-ce que vous estimez
01:21:27qu'il y a eu un impact
01:21:28de cette commission d'enquête
01:21:29sur la décision
01:21:30de l'ARCOM
01:21:31et quelles sont
01:21:32selon vous
01:21:34les
01:21:35en tout cas
01:21:35les analyses à faire
01:21:36sur les conclusions
01:21:38et la façon
01:21:38de tenir
01:21:39une commission d'enquête
01:21:40quand elle concerne
01:21:41un sujet aussi médiatique
01:21:42et qui concerne
01:21:43des millions de français
01:21:46écoutez
01:21:47j'ai pas d'avis
01:21:47je sais qu'il y a
01:21:48des tas de gens
01:21:48qui voulaient fermer C8
01:21:50ça m'avait été annoncé
01:21:51je sais qu'il y a des tas
01:21:51de gens
01:21:52qui veulent fermer
01:21:52ces news
01:21:54enfin puis il y a des tas
01:21:55de gens
01:21:55qui voudraient arrêter
01:21:55tout ce qu'on fait
01:21:56déjà
01:21:57voilà
01:21:57qui voudraient nous arrêter
01:21:59des tas de gens
01:22:00qui vous regardent
01:22:01et il y a aussi
01:22:02des tas de gens
01:22:02qui vous regardent
01:22:03et qui souhaitent
01:22:03que vous puissiez continuer
01:22:04attendez
01:22:05je ne suis pas
01:22:06je ne suis pas
01:22:06bisounours
01:22:06c'est à dire
01:22:07que je suis
01:22:07tout à fait conscient
01:22:08de ce qui se passe
01:22:09autour
01:22:11je pense
01:22:11je vous redis
01:22:12je pense
01:22:12que la France
01:22:13est rentrée
01:22:14dans un moment
01:22:14de combat
01:22:16particulier
01:22:16eu égard
01:22:17à sa situation
01:22:18financière
01:22:19et que
01:22:21comme on
01:22:23nos chaînes
01:22:23nos médias
01:22:24disent la vérité
01:22:26en tout cas
01:22:27disent des choses
01:22:27différentes
01:22:27de ce que disent
01:22:28les autres
01:22:28et que nous ne sommes
01:22:30pas complaisants
01:22:30c'est normal
01:22:31qu'on dérange
01:22:32et qu'on veuille
01:22:32nous supprimer
01:22:32c'est arrivé
01:22:33dans des tas
01:22:33de pays
01:22:34dans des tas
01:22:34de périodes
01:22:35j'allais même dire
01:22:36ça arrive tout le temps
01:22:37vous m'interrogez
01:22:38sur la caste
01:22:38il y a toujours eu
01:22:39des castes
01:22:39dans tous les pays
01:22:40dans tous les moments
01:22:40la question c'est
01:22:41est-ce que vous êtes
01:22:41avec ou est-ce que
01:22:42vous n'êtes pas avec
01:22:44il se trouve que
01:22:44je ne suis pas avec
01:22:45mais je ne suis pas avec
01:22:45pas parce qu'ils n'ont
01:22:46pas voulu que je sois
01:22:47je ne suis pas avec
01:22:48parce que j'ai des convictions
01:22:50je crois dans la France
01:22:53et dans les français
01:22:54et françaises
01:22:55je crois
01:22:56en la religion
01:22:57je crois à l'empathie
01:22:59et je n'ai pas envie
01:23:00de compromettre ce groupe
01:23:03et comme on est
01:23:04un espace de liberté
01:23:05on a en effet
01:23:05un certain nombre
01:23:06de patriotes
01:23:07qui sont venus
01:23:07travailler dans ce groupe
01:23:08et qui je crois
01:23:09y sont bien en général
01:23:11est-ce que vous supprimeriez
01:23:13l'ARCOM
01:23:15considérant que pour vous
01:23:16elle menace finalement
01:23:17une forme de liberté
01:23:18d'expression
01:23:20à laquelle je crois
01:23:20que nous sommes tous ici
01:23:21attachés
01:23:22mais vous avez eu
01:23:22des propos là encore forts
01:23:24je vous remercie d'ailleurs
01:23:25de nous parler
01:23:26en transparence
01:23:26et sans aucune
01:23:27langue de bois
01:23:28je crois qu'on peut
01:23:29tous considérer
01:23:30quelle que soit
01:23:31la manière
01:23:32dont chacun peut recevoir
01:23:33vos propos
01:23:33en tout cas
01:23:34vous remercier
01:23:35au moins de nous dire
01:23:36des choses clairement
01:23:36telles que vous les pensez
01:23:37et donc je vais aller
01:23:39directement à cette question
01:23:40est-ce que vous
01:23:41supprimeriez l'ARCOM
01:23:42est-ce que vous diriez
01:23:43aujourd'hui que c'est
01:23:43une instance
01:23:44qui veut vous censurer
01:23:45qui veut même
01:23:46peut-être vous supprimer
01:23:48vous l'avez dit
01:23:49qui veut finalement
01:23:51faire en sorte
01:23:52que nous cessions
01:23:52nos activités
01:23:55vous avez même parlé
01:23:56de confiscation
01:23:56vous avez dit
01:23:58qu'on vous a confisqué
01:23:58ah oui
01:23:59c'est un fait
01:24:00je ne crois pas
01:24:01que l'ARCOM
01:24:02agisse proprio motu
01:24:03voilà
01:24:04ça veut dire
01:24:04par lui-même
01:24:05voilà
01:24:05je pense que l'ARCOM
01:24:07représente
01:24:10un ensemble de gens
01:24:11qui pensent que
01:24:12voilà
01:24:13donc ils ont le droit
01:24:14de le penser
01:24:14c'est la liberté
01:24:15je laisse à mes ennemis
01:24:17la liberté
01:24:18de vouloir nous supprimer
01:24:19c'est pas
01:24:20chacun fait comme il pense
01:24:21mais j'essaye
01:24:22vraiment c'est pas
01:24:23pour essayer de comprendre
01:24:23vraiment ce que
01:24:24votre propos
01:24:25non je pense que si vous supprimez
01:24:27l'ARCOM
01:24:27ça supprimerait pas
01:24:28les problèmes qu'on a
01:24:29d'accord
01:24:29il viendrait par un autre canal
01:24:31d'accord
01:24:31mais parce que pour vous
01:24:32il y a un prolongement politique
01:24:34c'est pas politique
01:24:35c'est
01:24:36je crois pas
01:24:37qu'on puisse
01:24:37exprimer comme ça
01:24:38vous avez des gens
01:24:39voilà
01:24:40dans la France d'aujourd'hui
01:24:41vous avez
01:24:42je sais pas si c'est 90%
01:24:44ou 95%
01:24:45ou 85%
01:24:46de gens
01:24:47qui voient leur situation
01:24:48qui se dégrade tous les jours
01:24:49voilà
01:24:50ils ont des problèmes
01:24:51non seulement financiers
01:24:52c'est à dire que leur pouvoir
01:24:53d'achat a baissé
01:24:54ils n'arrivent plus à vivre
01:24:56je disais tout à l'heure
01:24:57en souriant
01:24:57mais c'est pas un sourire
01:24:59de mon temps
01:25:00on avait des problèmes
01:25:00de fin de mois
01:25:01maintenant on a des problèmes
01:25:01de milieu de mois
01:25:02voire de début de mois
01:25:03et puis vous avez encore
01:25:05malgré ça
01:25:07un certain nombre de gens
01:25:08qui vivent dans un
01:25:09voilà
01:25:10dans une prospérité
01:25:12dans une félicité
01:25:14qui n'est pas forcément
01:25:14d'ailleurs une félicité
01:25:15uniquement financière
01:25:16mais c'est une félicité
01:25:18voilà
01:25:18comme dans les films
01:25:19vous regardez
01:25:20Gatsby le magnifique
01:25:21vous regardez
01:25:21je sais pas ce que vous regardez
01:25:22au cinéma ou pas
01:25:23bon
01:25:24il y a des films
01:25:24où les gens sont contents
01:25:25ils dansent et ils chantent
01:25:26voilà
01:25:27moi quand je suis arrivé
01:25:28chez Canal
01:25:28je vous dis les gens
01:25:29ils dansaient et ils chantaient
01:25:30c'était pas malheureux
01:25:30mais ils dansaient et ils chantaient
01:25:32parce que Vivendi
01:25:33n'osait pas aller
01:25:35arrêter les 500 millions
01:25:36qui coûtaient chaque année
01:25:38donc après
01:25:39c'est une question de volonté
01:25:41mais aujourd'hui
01:25:42c'est sûr que ça se radicalise
01:25:43et puis ça va se radicaliser
01:25:45parce que non seulement
01:25:45les gens ont moins d'argent
01:25:46mais on voit bien
01:25:47que l'état lui-même
01:25:48ayant moins d'argent
01:25:50donne moins aux services publics
01:25:52qui faisaient qu'en France
01:25:54même sans beaucoup d'argent
01:25:55on vivait bien
01:25:56les gens vivent mal
01:25:57les gens sont en difficulté
01:25:58on a parlé des agriculteurs
01:25:59des pêcheurs
01:25:59des commerçants
01:26:00on a parlé de tas de gens
01:26:01comme ça
01:26:02et donc bah voilà
01:26:03comme on le dit
01:26:04comme je le dis
01:26:05pourtant je m'exprime jamais
01:26:06dans la presse
01:26:07mais comme vous me convoquez
01:26:08sous le prétexte de Banidjet
01:26:10j'y connais que dalle
01:26:11mais comme je respecte
01:26:12les parlementaires
01:26:13vous me demandez
01:26:13je vous réponds
01:26:18je vous ai dit que j'étais démocrate
01:26:20donc pour moi
01:26:21toutes les personnes
01:26:21qui sont dans cette salle
01:26:22qui sont députées
01:26:23je crois
01:26:23je vous remercie
01:26:24et je vous remercie
01:26:25d'avoir répondu
01:26:26à notre convocation
01:26:26et je dois dire
01:26:27que vous y avez répondu
01:26:28directement
01:26:29sans aucune forme
01:26:30d'entrave
01:26:31et très spontanément
01:26:32et ça a été très simple
01:26:33d'organiser
01:26:33cette audition
01:26:34avec vous
01:26:35et je voulais vous en remercier
01:26:36même si nous sommes pas
01:26:37tout à fait à la fin
01:26:38monsieur Bolloré
01:26:39voilà donc pour cette audition
01:26:40de Vincent Bolloré
01:26:41devant la commission d'enquête
01:26:43sur le financement
01:26:45la neutralité
01:26:47et le fonctionnement
01:26:48du service public
01:26:49à la question de savoir
01:26:50s'il faut oui ou non
01:26:52privatiser le service public
01:26:54le milliardaire breton
01:26:55a répondu
01:26:56que l'état
01:26:57n'avait tout simplement
01:26:58plus les moyens
01:27:00de financer
01:27:01l'audiovisuel public
01:27:02il y a d'autres personnalités
01:27:04qui sont attendues
01:27:05devant cette commission d'enquête
01:27:07notamment Nagui
01:27:08Delphine Ernotte
01:27:09ou encore
01:27:09les hommes d'affaires
01:27:10Xavier Niel
01:27:11et Mathieu Pigasse
01:27:13on suivra ça
01:27:14bien sûr sur LCP
01:27:15à très bientôt
01:27:15très bonne suite de programme
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