- il y a 14 heures
Dans quelle proportion le conflit au Moyen Orient impacte-t-il les entreprises locales françaises ? On en parle avec Nicolas Dayot (CPME) et Marc Sanchez (SDI).
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00:03Musique
00:11Le cercle érache notre débat pour parler d'un sujet au cœur de l'actualité qui impacte, qui inquiète les
00:18chefs d'entreprise,
00:19qu'ils soient à la tête d'une TPE, d'une PME, d'une ETI, même d'une grande entreprise.
00:23Cette crise au Moyen-Orient, cette guerre en Iran qui a repris, a-t-elle déjà des impacts concrets sur
00:29la vie des entreprises et sur la création de valeurs et d'emplois ?
00:34Parce que c'est un sujet évidemment important.
00:35On en parle avec mes invités.
00:37Nicolas Daïot, merci d'avoir répondu à notre invitation.
00:40Membre du COMEX de la CPME, membre de la Fédération Nationale de l'Hôtellerie de plein air.
00:45Vous y tenez, c'est important.
00:46La FNHPA, les campings pour le dire simplement, et les bungalows, j'imagine, entre autres, qui vont avec.
00:53Merci d'être là.
00:53On aura un point précis parce que vous avez aussi des chiffres.
00:57Et puis à vos côtés, Marc Sanchez.
00:59Bonjour Marc.
00:59Bonjour.
01:00Secrétaire général du SDI.
01:01Alors vous venez régulièrement sur ce plateau nous informer des études de votre baromètre et des chiffres.
01:06On reviendra sur les chiffres et sur les résultats inquiétants.
01:10Je commence par vous d'ailleurs, et Caroline de Senneville évidemment est avec moi comme chaque semaine.
01:14Caroline, on commence avec vous, avec les chiffres justement du SDI sur les TPE, des chiffres qui sont inquiétants.
01:20Oui, l'enquête qui a été réalisée en mars 2026 et qui confirme une dégradation assez nette de la situation
01:26des TPE françaises
01:26puisque 83% des sondés jugent que le contexte international nuit fortement à leur activité en raison de la baisse
01:33de la consommation,
01:34de la hausse des coûts et bien sûr de l'incertitude accrue.
01:38Est-ce que c'est directement lié Marc à la crise du Moyen-Orient dont on nous dit qu'elle
01:42a déjà un impact sur les carburants,
01:44sur les engrais dans le monde agricole et c'est un certain nombre de produits ?
01:47Est-ce que sur les TPE qu'évoque Caroline, on peut dire que c'est la crise du Moyen-Orient
01:51ou c'est une autre crise qui est là et qui était déjà là ?
01:56Écoutez, c'est plusieurs facteurs.
01:58Je suis désolé mais à chaque fois que je viens dans votre émission, je parle toujours d'une crise supplémentaire.
02:03C'est vrai ?
02:04Depuis le Covid, vous vous rappelez.
02:06Exactement, oui.
02:06Donc ça fait un petit bail quand même.
02:08Mais globalement, oui, il y a un contexte économique au niveau des TPE qu'on traîne depuis déjà 4-5
02:16ans
02:17et qui effectivement pèse lourd sur l'activité.
02:19On le voit dans le nombre de défaillances qu'on constate tous les ans puisqu'on est sur des années
02:24record.
02:2569 000 défaillances ?
02:2668 500 l'année dernière.
02:28C'est ça ?
02:29Mais ce qu'il faut voir aussi, c'est les pertes de vocation puisqu'il y a eu quand même
02:32plus de 200 000 cessations volontaires.
02:33C'est un des chefs d'entreprise qui décident d'arrêter leur activité pour des tas de raisons
02:37mais souvent parce qu'ils en ont un peu ras-le-bol pour être clair.
02:40Le deuxième élément effectivement de ce début d'année qui a un impact très net aujourd'hui,
02:45c'est effectivement la guerre au Proche-Orient avec deux éléments.
02:50Il y a d'abord eu un impact direct d'un point de vue économique avec la hausse des carburants
02:54pour toutes les entreprises qui effectivement utilisent des carburants.
02:57Ça va être dans le domaine de l'artisanat, du bâtiment, des transports, etc.
03:02Des infirmières.
03:02Et puis tous les coûts indirects aussi induits.
03:05C'est-à-dire que forcément, beaucoup d'entreprises ont réactualisé leur prix,
03:09que ce soit dans le transport, les livraisons, les matières premières.
03:12Donc forcément, ça a aussi un impact sur les entreprises plus sédentaires
03:16ou qui ont moins recours à cette utilisation.
03:19Et quand vous contextualisez tout ça sur le premier trimestre
03:22avec effectivement une consommation qui est en baisse,
03:24si on prend les chiffres INSEE, Banque de France,
03:26on voit qu'effectivement elle est en recul de 0,1%.
03:30Si vous regardez aussi la hausse de l'inflation prévue et effectivement avec des barèmes
03:38qui sont aux alentours de 2 à 2,5 selon les organismes qui effectivement mettent des éléments en avant sur
03:44ce sujet.
03:45Et forcément, les éléments directs, ça va être le recul effectivement des investissements, des recrutements.
03:51Et donc on est dans une espèce de situation d'attente,
03:54mais qui pèse fortement sur les trésoreries des entreprises.
03:58Et ça, c'est l'effet immédiat.
03:59L'économie, c'est de la confiance.
04:01Le contexte là n'est pas favorable évidemment à la confiance,
04:04plus tous les éléments indiqués par Marc.
04:06Quels sont les retours que vous avez, vous,
04:08tant dans votre secteur d'activité, même si j'allais dire, il peut être épargné cet été.
04:12Les Français risquent de revenir en France avec des courtes et moyennes distances.
04:16Mais qu'est-ce que vous disent les adhérents de la CPME aujourd'hui ?
04:20Il y a énormément de retours de la part des adhérents de la CPME dans les territoires.
04:23Et la CPME, d'ailleurs, a mis en place une cellule de crise
04:26pour pouvoir répondre tant aux questions des fédérations professionnelles
04:30que des structures départementales et régionales.
04:33Parce qu'on a évidemment beaucoup de membres de la part de nos adhérents.
04:35Pour compléter ce que vous dites,
04:37il y a évidemment les secteurs, les professions qui étaient déjà impactées
04:40par un contexte un peu compliqué l'année dernière.
04:42Je ne reviens pas sur les 69 000 familles faillites.
04:45On peut prendre également l'exemple, par exemple, de l'hôtellerie-restauration.
04:48Près de 10 000 familles faillites sur les 12 mois glissants.
04:53Et puis, il y a des secteurs qui étaient fragilisés
04:55et qui risquent de subir l'impact de ce contexte particulier.
04:59Sans parler de l'éventuel ralentissement de la croissance
05:02qui n'était pas déjà très forte ces derniers mois.
05:04Et puis, il y a des secteurs qui se portaient bien
05:06et qui sont impactés de plein fouet.
05:08On peut prendre l'exemple des agences de voyage, par exemple,
05:10qui se portaient très bien.
05:11Directement.
05:11Et qui voient leur activité baisser de manière importante.
05:13On se duplie du kérosène, moins de vols, donc moins de clients dans les agences.
05:17Avec les compagnies aériennes, avec les petits aéroports de province.
05:20Et qui peut aller jusqu'à des faillites ?
05:21Excusez-moi, parce qu'il y a le sujet des faillites
05:23avec des projections un peu inquiétantes.
05:24Est-ce que vous dites, si on a encore 3 mois de crise comme ça
05:28et j'ai le sentiment qu'on y va,
05:31on y va, pas avant septembre déjà maintenant,
05:34est-ce qu'on a des risques de faillites ?
05:36Est-ce que vous dites, on va augmenter le nombre de faillites ?
05:39Alors, on parlait des 69 000 défaillances l'année dernière.
05:42On est à 19 000 défaillances sur le premier trimestre.
05:45Donc, en proportion, même si le rythme n'est pas forcément linéaire,
05:48on est à un volume de faillites plus important que l'année dernière.
05:50En projection automatiquement.
05:52En projection nécessairement.
05:53Si on regarde les effets d'entraînement que vous évoquiez,
05:56la hausse du coût des matériaux,
05:57parce qu'on pense évidemment, et c'est normal,
05:59aux transporteurs et à ceux qui dépendent directement.
06:02Mais il y a d'autres.
06:03C'est une scène économique.
06:04Le coût du transport, le coût du carburant,
06:06le pétrole a quand même augmenté de 40% au mois de mars,
06:0960% pour le gaz.
06:11Toute la chaîne économique va être impactée.
06:13Et derrière, si on prend le bâtiment, par exemple,
06:15on peut imaginer l'économie...
06:16Ce qui ne va pas si mal, je précise à ceux qui nous regardent
06:18et qui le savent, mais le bâtiment ne va pas si mal.
06:20Il y a plutôt une bonne activité économique.
06:22Qui avait un prix.
06:23Et qui ne va pas durer.
06:24Exactement.
06:25C'est ça le sujet.
06:25C'est le troisième secteur le plus impacté après les transports,
06:28le commerce.
06:29Le bâtiment.
06:30J'ai vu que la CCI, il y a la cellule montée par la CPME,
06:33qui fait remonter et qui va, j'imagine,
06:35aller rencontrer les pouvoirs publics, le gouvernement,
06:38parce qu'il faut savoir ce qu'il faut faire.
06:41La CCI a aussi travaillé sur ce sujet, Caroline.
06:44Oui, oui.
06:44Ils ont fait une étude récente qui rejoint un peu tout ce qui a été dit.
06:48Et peut-être un élément intéressant,
06:49c'est que 21% des sondés déclarent une activité à l'export.
06:52Et parmi eux, 51% rencontrent des difficultés
06:56en lien avec le blocage du détroit d'orbon.
06:58En préparant l'émission, j'ai vu qu'il y avait 18 000 ETI
07:02directement exportatrices vers les pays dans la zone
07:04où se trouve le conflit.
07:05C'est une zone très large, finalement.
07:08Donc, il y a des ETI qui sont impactés.
07:10Vous êtes des interlocuteurs,
07:13vous essayez de l'être en tout cas,
07:14des pouvoirs publics et du gouvernement.
07:17Alors, il y a un gouvernement qui est très prudent.
07:18Il dit, vraiment, on aide par secteur,
07:22des aides très ciblées.
07:23Alors, on l'a vu d'abord sur les routiers.
07:25Puis, ils ont un peu évolué,
07:26mais ils sont très prudents.
07:28Qu'est-ce que vous leur réclamez aujourd'hui ?
07:30Parce que si ça dure comme ça trois mois,
07:32il va falloir sortir le chéquier, quand même.
07:35Il va falloir sortir la grosse bertha,
07:36je vous dirais clairement,
07:37parce qu'aujourd'hui, les aides ciblées
07:39qu'on peut constater,
07:40alors, qui peuvent être importantes
07:41en fonction de certains secteurs d'activité,
07:44vous l'avez évoqué tout à l'heure,
07:45alors, on a assez mal démarré,
07:47parce qu'on a mis en place le fameux pré-carburant,
07:51alors qu'il y a peut-être un petit peu fonctionné
07:53au niveau des gros transporteurs routiers,
07:56parce que je crois que Nicolas Dufour,
07:58qui avait annoncé, je crois,
07:59sur les premiers jours,
08:00qu'il y avait des centaines d'entreprises.
08:01Il commençait à bloquer les rues, vous rappelez-vous.
08:03Oui, oui, qu'il y avait effectivement...
08:04Enfin, on est quand même dans un système,
08:06dans une solution,
08:07d'abord, qui n'était pas suffisamment large
08:09pour toutes les entreprises qui étaient impactées.
08:12Ça, c'était le premier point.
08:14Et puis, effectivement,
08:15le principe même d'un prêt
08:16pour pouvoir maintenir un outil de production
08:18à 3,8% d'un taux d'intérêt,
08:20ce n'était pas forcément ce qui fonctionnait le mieux.
08:22En tout cas, dans l'approche...
08:23Qu'est-ce que vous proposez en OZI ?
08:25Nous, on a une approche qui est assez simple.
08:27L'échec alimentation, l'échec carburant,
08:28le gouvernement dit qu'on ne veut pas.
08:29Non, non, ce n'est pas l'idée.
08:31Je crois qu'il faut déjà,
08:33dans les dispositifs actuels,
08:34essayer de voir dans quel secteur
08:35on peut les étendre le plus encore.
08:37C'est-à-dire, effectivement,
08:38on parlait des coûts indirects
08:40liés, effectivement, à la hausse des carburants.
08:42Il y a des secteurs qui sont difficiles,
08:44pas simplement sur le pétrole,
08:46mais sur le gaz ou sur l'électricité.
08:47On voit comment, là aussi, subir des chocs.
08:49Je pense aux boulangers, notamment,
08:51au pressing,
08:52enfin, à toutes les entreprises
08:53qui ont une consommation d'énergie importante,
08:55sur lesquelles il faudrait qu'on voit déjà
08:57les accomptes qui sont demandés
08:59par les fournisseurs qui sont...
09:00On a plus d'argent, quand même.
09:01Je le dis, je ne veux pas parler...
09:03Non, mais ce que je propose là,
09:04c'est simplement de dire aux fournisseurs,
09:06par exemple,
09:06parce que vous savez,
09:07vous priez vos factures
09:08en fonction d'acomptes
09:09que ce soit à la consommation
09:11et puis aussi au niveau du coût de l'énergie.
09:15Donc déjà, là, qu'on soit sur les accomptes,
09:16qu'on soit déjà un petit peu plus regardant,
09:19de manière à voir que les entreprises énergétiques
09:21n'augmentent pas de manière importante les accomptes.
09:23Le deuxième élément,
09:24il y a une mesure pragmatique.
09:26C'est toutes les taxes parafiscales
09:28qui pèsent sur le carburant.
09:29Je pense notamment à la taxe
09:31contribution économie énergie
09:32qui est payée par tous les distributeurs
09:35qui nous diront la venue.
09:36On n'est pas les seuls.
09:37On a mis cette solution en avant.
09:39Le gouvernement veut régler ces déficits aussi,
09:41on l'a compris.
09:42Vous en pensez quoi, vous, Nicolas Daillot,
09:43côté CPME ?
09:45Vous allez faire pression ?
09:46Vous dites, après tout,
09:47c'est un mauvais moment à passer,
09:48mais grâce à ces marges récupérées
09:51par l'État...
09:52sur 90 millions annoncés.
09:54Annoncés, on va peut-être pouvoir résoudre le déficit.
09:57Parce qu'il y a un peu ce calcul-là
09:58dans la tête du gouvernement.
09:59Est-ce que c'est votre calcul à vous ?
10:00Nous, on dit plusieurs choses.
10:01Déjà, on remercie le Premier ministre
10:03pour les annonces du 21 avril,
10:05même si, évidemment,
10:06pour beaucoup, ça ne va pas assez loin.
10:08Mais on paye la gestion budgétaire
10:10de notre pays
10:10pendant des années et des décennies.
10:12Donc, la CPME, évidemment, est raisonnable.
10:14Et les aides ciblées, évidemment,
10:15c'est le passage obligé.
10:17On ne peut pas demander des aides générales
10:18vu la configuration financière du pays.
10:19Mais ciblées plus largement ?
10:20Alors, plus autant,
10:21il y a quand même deux points
10:23à préciser de manière importante.
10:24C'est qu'il faut que ce soit ciblé,
10:27mais il ne faut pas que ce soit troué,
10:28si je puis me permettre.
10:29C'est-à-dire qu'il y a des trous dans la raquette,
10:33des effets de seuil qui ne sont pas compris
10:34et des imprécisions
10:37qui rendent un peu pantois
10:38les entrepreneurs sur le territoire.
10:41Un exemple, dans le BTP, par exemple,
10:43on peut comprendre les effets de seuil,
10:45mais seules les entreprises
10:46de moins de 20 salariés sont concernées.
10:4740% des emplois du BTP
10:51sont dans des entreprises
10:51de plus de 20 salariés.
10:53C'est-à-dire que le calcul fait à Bercy, ça ?
10:55Sans doute, après,
10:56les effets de seuil, c'est inévitable.
10:57D'accord.
10:57C'est monsieur à Bercy qui a vu ça, quoi.
10:59On parlait des agences de voyage tout à l'heure.
11:01Pour le chômage partiel, par exemple,
11:02c'est un peu kafkaïen.
11:04Même si l'entreprise ne travaille
11:05qu'avec la Thaïlande,
11:06on va lui dire,
11:07est-ce que vous êtes sûr
11:08que vous êtes impacté
11:08par les problématiques
11:10de fermeture des hubs à Dubaï ?
11:11Donc, il y a quelques petites problématiques techniques.
11:14Et puis,
11:15le point le plus important, sans doute,
11:17c'est que c'est le déploiement
11:19et le rythme.
11:20Car la préforme en ligne
11:21sera prête fin mai.
11:23Quand la crise sera finie, quoi.
11:24Les premiers paiements interviendront,
11:25sans doute, début juin,
11:26le 8 juin, je crois.
11:27C'est un peu de préditif.
11:28Les entreprises,
11:29le temps de l'administration
11:30n'est pas le temps
11:30de la trésorerie des entreprises.
11:32Il faut de l'argent tout de suite
11:33si on ne veut pas dégrader,
11:35encore une fois,
11:36les potets.
11:36Donc, vous nous dites,
11:37simplifions,
11:38arrêtons les usines à gaz
11:39qui font que l'entrepreneur
11:40va attendre trois mois
11:41pour pouvoir toucher
11:42le dossier qu'il a rempli
11:44jour et nuit.
11:45Simplicité,
11:46lisibilité,
11:46rapidité.
11:47On est d'accord.
11:48Parce que c'est un sujet.
11:49Et Caroline ?
11:49Il faut aller s'amuser
11:51à regarder les conditions exigées
11:52pour pouvoir remplir.
11:54C'est-à-dire,
11:54on va nous rajouter
11:55une petite couche
11:56de complexité administrative
11:59qu'on connaît
12:01parce qu'on les a déjà eues avant
12:02qui risque effectivement
12:04de décourager
12:06beaucoup d'entrepreneurs.
12:07Juste quand même un mot
12:08et Caroline
12:08qui peut-être voulait rajouter
12:10quelques éléments chiffrés
12:11et d'éclairage,
12:11mais on ne peut pas accuser
12:13le gouvernement.
12:14Là, c'est une crise exogène
12:16qui nous tombe dessus.
12:18La question, vous,
12:19Marc Sanchez,
12:20je sais que vous représentez
12:21des petites entreprises,
12:22vous êtes un peu la porteur
12:23de mauvaises nouvelles
12:23sur ce plateau à chaque fois.
12:25Vous l'avez dit,
12:25mais...
12:26Mais avec bonne humeur.
12:27Avec bonne humeur.
12:27Vous dites la grosse bertha
12:28en faisant une métaphore,
12:29un chéquier,
12:29donc c'est un gros chéquier,
12:30un gros chèque,
12:31mais on n'a pas d'argent.
12:32C'est-à-dire qu'on a de l'argent.
12:34Comme je dis tout à l'heure,
12:35les taxes parafiscales
12:36payées par les distributeurs
12:38pour financer
12:38la transition écologique.
12:40Ces taxes-là,
12:40elles ne vont pas
12:41dans les caisses de l'État.
12:42Est-ce qu'on considère
12:43aujourd'hui
12:44qu'on est dans une crise
12:45de trésorerie impactante
12:46maintenant ?
12:47Oui.
12:48Donc, à partir du moment
12:49où vous avez une démarche
12:50qui est de dire
12:50on va la suspendre
12:51pendant quelques mois,
12:52le temps qu'on y voit
12:53un petit peu...
12:54On ne touche pas
12:54la taxe que touche
12:55l'État sur l'essence.
12:57Ah non, non, non !
12:57C'est 70% du montant
12:58global d'un litre.
12:59C'est la contribution économique
13:01justement pour...
13:02Effectivement,
13:03elle représente
13:04à peu près
13:04entre 15 et 20 centimes
13:06d'euros par litre.
13:07Voilà.
13:07Donc, cette taxe-là,
13:08on n'est pas les seuls.
13:09Il y a déjà des distributeurs
13:10qui ont effectivement
13:11mis en avant
13:12la possibilité
13:13de la suspendre.
13:14Donc, on a proposé
13:16cette solution
13:17à Bercy notamment.
13:18Effectivement,
13:18à ce stade,
13:19ils ne sont pas favorables.
13:20Mais il faut qu'il y ait
13:21un impact majeur
13:22parce que,
13:22comme j'expliquais tout à l'heure,
13:23aujourd'hui,
13:25les dispositifs aménagés,
13:28on en verra
13:28les résultats sonnants
13:30et trébuchants
13:31dans un,
13:32deux ou trois mois.
13:32C'est presque trop tard.
13:33Oui, quasiment.
13:34On parlait de faillite
13:35tout à l'heure
13:36dans des boîtes de transport.
13:37Quand vous avez
13:38un litre de gazole
13:39qui est à 2,40 euros,
13:40je peux vous dire
13:41que l'impact,
13:41il est immédiat.
13:42C'est 4 000,
13:435 000 euros par semaine
13:44et donc,
13:45c'est des budgets conséquents.
13:47D'un mot,
13:47je redonne la parole à Caroline.
13:48Vous savez plusieurs fois
13:49que je lui promets la parole
13:50et que je lui retire
13:50et que je m'en excuse.
13:51Mais côté transport,
13:52je disais quand même
13:52qu'évidemment,
13:53là aussi,
13:53il y a une forme
13:54de dumping européen.
13:55Certains pays européens,
13:56je pense à l'Italie,
13:57ont fait un gros effort
13:57et donc,
13:58ça permet d'accélérer
14:00et d'accompagner
14:00le secteur du transport
14:01pendant que le nôtre
14:02ne touche pas à l'attaque.
14:03C'est un sujet
14:04qui vous impacte ça directement.
14:06Ça vous concurrence
14:07d'une manière déloyale.
14:08Évidemment,
14:13l'ACPME demande
14:14une gestion orthodoxe
14:15des finances publiques
14:16puisque en période
14:17de bonne santé économique,
14:20les finances de l'État
14:21doivent être tenues
14:22de manière serrée,
14:23ce qui permet
14:23en période difficile
14:24de pouvoir lâcher les chevaux
14:26et soutenir
14:27les secteurs en difficulté.
14:29Mais l'Italie a réduit
14:30son déficit public récemment
14:32et a une balance commerciale
14:33extra-excédenteur.
14:35Et aujourd'hui,
14:35on paye la fragilité
14:37de nos finances publiques.
14:38Caroline ?
14:39Peut-être revenir
14:39sur certains chiffres du SDI
14:40qui sont assez marquants,
14:41notamment le fait
14:42que près de la moitié
14:42des dirigeants
14:43qui ont répondu
14:43gagnent moins qu'un SMIC
14:44et que 36% d'entre eux
14:46envisagent de cesser
14:47leur activité ?
14:49SDI,
14:49je me retourne vers vous
14:50parce que le niveau
14:51de rémunération,
14:52on parle évidemment
14:52du surcoût
14:53qui pèse sur les épaules
14:54lié à la crise
14:54du Moyen-Orient.
14:55Très bien.
14:56L'essence,
14:56les intrants,
14:57bref.
14:57Mais il y a aussi
14:58le niveau de rémunération.
14:59Qu'est-ce que vous proposez
14:59à l'ACPME ?
15:00Parce qu'il y a aussi
15:01ce sujet-là,
15:02c'est-à-dire le mensuel,
15:04ce avec quoi on vit.
15:05C'est un niveau
15:06de rémunération
15:07sur 50 heures semaine.
15:08Oui, 50 heures, exact.
15:09Vous parlez des grands rouleurs.
15:10Moi, je parle des grands rouleurs
15:12et je parle des entrepreneurs,
15:13je dirais, de base,
15:14qui passent 50 heures
15:15à gérer leur compta,
15:17leurs clients
15:18et leur vie d'entrepreneur.
15:20Et ils ont 2000
15:22et des brouettes.
15:23C'est un sujet
15:24qui vous impacte, ça aussi ?
15:25Évidemment.
15:25Mais ça,
15:26c'est tout le programme
15:27de l'ACPME
15:28en termes de compétitivité,
15:29de simplification administrative.
15:31Il faut réduire, évidemment,
15:32la charge administrative
15:33pour se concentrer
15:34sur la vie de l'entreprise,
15:35sur la conquête
15:36de nouveaux marchés,
15:37sur la performance économique
15:38et le pays ne s'en pertera que mieux.
15:39Donc, vous nous dites,
15:40si j'entends bien votre discours
15:41et vous le dites,
15:42Mezzo-Volce,
15:42c'est que le gouvernement
15:43fait des choses
15:43pas inintéressantes
15:44mais c'est trop lent.
15:46Ça ne va pas assez vite
15:46et ce n'est pas assez efficace.
15:47Est-ce que vous êtes d'accord
15:48avec ça ?
15:49Non, alors,
15:50il faut m'expliquer
15:51quelles sont les choses intéressantes
15:52faites par les gouvernements
15:53successifs.
15:54J'entendais Nicolas Daio
15:55qui remerciait le Premier ministre
15:56de son discours du 21 avril.
15:58Vous ne voulez pas remercier, vous ?
15:59Dans notre enquête,
16:00on parle de la perspective
16:03donnée aux dirigeants
16:04aujourd'hui.
16:04Alors, on parlait
16:05de crise d'investissement,
16:06de crise de recrutement.
16:07Quelles sont les perspectives
16:08aujourd'hui des dirigeants
16:10de TPE
16:10pour pouvoir développer
16:12leur activité ?
16:13Dans quoi ?
16:13Dans quel schéma
16:14ils se mettent ?
16:15Aucun.
16:15Toutes les enquêtes
16:17qu'on a pu faire
16:17sur les deux dernières années
16:18et notamment depuis la dissolution
16:20le montrent de manière
16:22absolument alarmante.
16:23Donc, aujourd'hui,
16:25comment dirais-je,
16:25le gouvernement
16:26de M. Lecornu,
16:27alors bien évidemment,
16:28il a des contraintes budgétaires,
16:30il a un cadre politique aussi
16:31qui ne va pas l'aider très clairement,
16:34mais on ne peut pas dire clairement
16:36que quelque part,
16:37il passe un peu les plats,
16:38excusez-moi.
16:39Et aujourd'hui,
16:40les entrepreneurs
16:40sont dans une situation
16:42d'attente
16:42de l'année prochaine
16:44pour savoir effectivement
16:45ce qu'ils vont faire.
16:46Et sur plein de sujets,
16:47que ce soit sur la fiscalité,
16:48sur les politiques sociales,
16:50sur le statut
16:51des travailleurs indépendants,
16:52sur leur niveau de rémunération,
16:54sur le coût du travail,
16:56on a des sujets majeurs
16:58sur lesquels aujourd'hui,
16:59si on veut effectivement
17:01limiter la contrainte budgétaire
17:02et faire en sorte
17:03de sortir par le haut
17:04de la situation
17:05dans laquelle on est,
17:06où il va falloir effectivement
17:07trancher.
17:08Et ça,
17:08on ne l'a pas aujourd'hui.
17:09Et on sera dans une période
17:10d'élection présidentielle
17:11pour rappeler que c'est en 2027,
17:13donc très compliqué
17:14d'aller vite.
17:16Vous avez vu,
17:16Nicolas Daillot,
17:17il y a certains élus LFI
17:19qui proposent
17:19la nationalisation totale
17:21et qui disent qu'en une année,
17:22on règle l'affaire
17:23parce qu'en nationalisant,
17:25entreprise qui fait tellement de gains
17:26qu'on règle le sujet.
17:27Est-ce que vous dites,
17:29la Constitution autorise d'ailleurs
17:30la nationalisation
17:31à une condition,
17:32c'est qu'on indemnise convenablement
17:34les personnes qu'on a expropriées.
17:36Vous en pensez quoi,
17:37vous, la CPME ?
17:38Est-ce qu'il faut des mesures radicales
17:40devant une situation
17:41aussi radicale
17:42que la crise que l'on traverse ?
17:43La CPME ne fait pas de politique,
17:44évidemment.
17:45C'est un choix économique.
17:47C'est un choix économique.
17:47Par contre,
17:48on a des idées, évidemment,
17:48sur la manière
17:49dont l'économie française
17:50devrait être pilotée.
17:52Il est très clair
17:52que de toute façon,
17:54les choses sont assez simples
17:56et sont en lien direct
17:57avec ce qu'on vient de dire
17:57depuis quelques minutes,
17:59avec quel argent
18:00la France va-t-elle pouvoir
18:03rationaliser le total
18:04en trouvant 100 milliards d'euros ?
18:05Puisque j'ai entendu
18:06même s'acheter
18:07la totalité du capital
18:08en avant le contrôle.
18:10Il n'y a que l'endettement
18:13qui permettra de le faire
18:14mais avec quel argent ?
18:16Et ça ne fera que dégrader
18:16la situation.
18:17Encore une fois,
18:18la confiance est le maître mot
18:19puisque aujourd'hui,
18:20on a parlé évidemment
18:21de l'augmentation des coûts,
18:22l'augmentation des matériaux,
18:24l'augmentation du coût
18:25du pétrole, etc.
18:26Mais il y a la croissance
18:27qui va en être impactée directement
18:28parce qu'il n'y a pas de confiance.
18:30Il y a l'emploi
18:30qui va être impactée.
18:31Cercle vicieux, en fait.
18:32Cercle vicieux, évidemment.
18:33Il faut créer les conditions
18:34du rebond
18:35sans parler de la simplification, etc.
18:37Mais ça, c'est vraiment
18:37un travail de présidentielle.
18:39Aujourd'hui, il y a des conditions
18:40pour régler tout ceci.
18:41En fait, il faut vraiment
18:42que la performance
18:43de l'économie française
18:44soit au cœur du débat public
18:45parce que c'est ça
18:46qui permettra à la France
18:47de rentrer dans une trajectoire
18:48beaucoup plus constructive
18:50et vertueuse.
18:51Donc on est mal parti,
18:52je le redis,
18:52puisque dans une année présidentielle,
18:54on fait plus de politique
18:55et de proposition
18:55que de transformation.
18:56Ce n'est quand même pas bon
18:57pour les chefs d'entreprise
18:58qui aujourd'hui tirent la langue
18:59et se demandent
19:00s'ils vont pouvoir finir l'année.
19:02C'est quand même le sujet
19:02qui est sur la table.
19:03Très sincèrement,
19:04sur cette proposition de LFI,
19:08je vous dirais
19:09que c'est une idiotie totale.
19:12Parce qu'on peut se poser
19:12la question...
19:13Là, vous y avez...
19:13Non, non, mais oui.
19:15Moins de prudence,
19:15la CPM.
19:16Il faut bien considérer
19:17de ce point de vue-là
19:18qu'on peut s'interroger.
19:20Total, c'est les seuls
19:21aujourd'hui qui baissent
19:21justement à la ponte.
19:23Ça a repris dès lundi.
19:24Oui, mais ils font
19:25quand même un effort.
19:26Comme un petit jeu,
19:28ils n'ont aucun bénéfice
19:30en France.
19:31Ce n'est pas dans la distribution
19:33qu'ils gagnent de l'argent,
19:34c'est à l'étranger.
19:35Enfin, raffinage, distribution.
19:36Oui, voilà.
19:37Donc, de ce point de vue-là,
19:37c'est encore un élément complexe.
19:39Et on peut s'interroger
19:40quand vous avez une station
19:41sous l'hôtel
19:42qui est à 1,90,
19:441,90.
19:45Oui, prix CAP.
19:45Et vous avez un Leclerc
19:46à côté
19:47ou un Auchan
19:48qui sont à 2,20, 2,10.
19:51Où est la solution ?
19:52C'est-à-dire qu'il faut aller voir
19:53aussi Leclerc,
19:54il faut aller voir Auchan,
19:55il faut aller voir
19:55les distributeurs.
19:57Vous ne croyez pas ?
19:57Non, clairement, non.
19:59Ce n'est pas là-dessus,
20:00effectivement,
20:00que les choses vont vraiment varier.
20:02Il faut aujourd'hui
20:03donner du sens
20:03et de la perspective.
20:05Ça, c'est certain.
20:06Dans une année,
20:06on en reparlera évidemment
20:07sur ce plateau,
20:08dans une année présidentielle
20:09où évidemment,
20:11les programmes vont s'affronter,
20:12s'entrechoquer.
20:13On fera plus de politique,
20:14je pense,
20:14que d'action concrète.
20:16Merci à vous,
20:16Caroline de Saint-Guyne,
20:17journaliste, décideur RH.
20:18Merci de m'avoir accompagné
20:19comme chaque semaine.
20:20Merci à vous,
20:21cher Nicolas Daïot,
20:22membre du COMEX CPME,
20:23président de la Fédération nationale
20:24de l'hôtellerie de plein air
20:26FLHPA.
20:27C'est bien dit ?
20:28C'est parfait.
20:28Merci de nous avoir rendu visite.
20:29Merci à vous,
20:30Marc Sanchez,
20:30d'être venu nous rendre visite,
20:31toujours avec des chiffres
20:32très documentés.
20:33Vous êtes le secrétaire général du SDI.
20:35Combien d'adhérents ?
20:36Aujourd'hui, 25 000 à peu près.
20:3725 000.
20:38Donc évidemment,
20:39vous parlez à tous ces entrepreneurs,
20:40chefs d'entreprise,
20:41STPE.
20:42Merci de nous avoir accompagnés.
20:44Merci à vous,
20:45merci de votre fidélité.
20:46Évidemment,
20:46merci à toute l'équipe
20:47qui était derrière.
20:47Nicolas Juchat,
20:48je ne l'oublie pas.
20:49Léa, jeune journaliste
20:50à l'ISCPA
20:51qui est avec nous
20:52pendant quelques semaines.
20:54Merci à Fabien
20:55à la réalisation.
20:55Merci à Alexis,
20:57au son.
20:57Merci à vous
20:58pour votre fidélité.
20:59Je vous dis à bientôt.
20:59Bye bye.
21:05Sous-titrage Société Radio-Canada
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