00:00On en sait un peu plus aujourd'hui au 63ème jour de guerre sur les propositions,
00:04notamment la proposition de l'Iran via l'agence TASNIM qui nous dit que l'Iran a soumis une contre
00:08-proposition en 14 points
00:09à une offre américaine en 9 points qu'on va découvrir aussi par le biais des Pakistanais.
00:14Les Pakistanais qui jouent la médiation.
00:15Les Etats-Unis, et ça c'est peut-être la première nouveauté, vous allez nous aider à y voir plus
00:19clair Pierre Blot
00:20puisque les Etats-Unis auraient proposé un cessez-le-feu de deux mois
00:23et l'Iran veut elle que toutes les questions soient résolues en 30 jours.
00:26On va voir ces demandes iraniennes, retrait militaire américain de la périphérie de l'Iran,
00:31lever du blocus naval, dégel des avoirs, fin des combats sur tous les fronts y compris au Liban
00:34et les Etats-Unis, eux, se disent, bon, prêts à proposer un cessez-le-feu de deux mois.
00:39Est-ce que là, vous vous dites ce soir qu'on avance un petit peu plus que précédemment ?
00:44Inclure le Liban, ça forcément c'est pas acceptable pour les Américains
00:48parce qu'ils sont liés aux Israéliens.
00:51Donc on voit très bien le jeu iranien qui vise à tenter de régler toutes les crises
00:56en même temps ou toutes les conflictualités.
00:59Mais là, ils ont l'air de tout refuser les Iraniens.
01:01Sauf que la nouveauté du soir, c'est peut-être aussi les Etats-Unis
01:03qui sont prêts à un cessez-le-feu de deux mois maintenant.
01:06Oui. Après, c'est normal, c'est le jeu.
01:08On fait monter les enchères de manière assez importante en début de négociation.
01:14mais ça ne veut pas dire qu'il n'y a rien qui va se passer.
01:17Après, quand même, je voudrais une petite nuance par rapport à ce qui était dit
01:21sur l'économie iranienne parce que c'est lié finalement.
01:23Le pari qui est fait par l'administration américaine, c'est qu'effectivement,
01:27l'économie va s'effondrer rapidement et donc on aura les moyens de pression plus rapidement.
01:31Il n'y a pas, à ma connaissance, il n'y a pas 40% de chômeurs en Iran.
01:35Il y a un risque qu'il y ait 40% de chômage.
01:37Moi, j'ai 40% de la population qui vit désormais sous le seuil de la pauvreté.
01:40Oui, mais c'est autre chose.
01:41Et 4 à 5 millions de chômeurs.
01:43Oui, d'accord, mais ce n'est pas 40% de chômeurs.
01:45Non, c'est vrai.
01:46Donc ça, c'est une première.
01:47Après, les sources qu'on a, Bloomberg, Wall Street Journal,
01:50c'est des sources proches de l'administration américaine.
01:52Donc il faudrait voir les sources indépendantes.
01:54Donc ça, c'est une deuxième remarque.
01:55Et troisièmement, sur l'exportation du pétrole,
01:58on a vu qu'en fait, le blocus ne marche pas totalement
02:01parce qu'il y a ce qu'on appelle le cabotage.
02:03Donc c'est-à-dire qu'en fait, les Iraniens arrivent quand même à exporter du pétrole
02:07parce qu'ils passent le long de la côte iranienne puis pakistanaise.
02:11Donc là, par contre, pour le coup, c'est le Financial Times
02:13et d'autres qui ont dit qu'il y a quand même encore des exportations iraniennes.
02:17Donc il faut nuancer ce propos.
02:19C'est un espoir, bien évidemment, côté américain
02:22et qui, en partie, explique la stratégie de négociation.
02:26Mais il n'est pas certain que ça fonctionne à 100%.
02:29Benjamin Petrovert, le retrait militaire américain de la périphérie de l'Iran,
02:33ça paraît totalement impossible.
02:36Est-ce qu'en faisant ces propositions, finalement,
02:38l'Iran ne s'attend pas à ce que les Américains déchirent tout ça aussitôt ?
02:42Oui, vous avez raison.
02:43On a l'impression que c'est un jeu de dupes, en fait, ces négociations.
02:46Que tout le monde sait très bien que le protagoniste, de toute façon, n'acceptera pas
02:51parce que, de toute façon, les uns et les autres ne sont absolument pas sur la même ligne
02:55ni de départ ni d'arrivée, de toute façon.
02:57Il est impossible qu'ils trouvent les uns et les autres des terrains d'entente.
03:00Donc, on fait des propositions pour gagner du temps.
03:03Parce que chacun considère que l'opposant dans la guerre est plus pressé que lui.
03:08C'est ça qui est en train de se passer.
03:09Donc, on est en train de commenter des choses qui, de toute façon,
03:12ne feront jamais partie d'aucun accord.
03:14Puisque, comme il était très justement dit tout à l'heure,
03:17les Américains et les Israéliens veulent faire tomber ce régime.
03:20Point.
03:21Ça va être ça leur guerre.
03:22Et j'entendais tout à l'heure sur cette antenne Gilles Kepel, un petit peu plus tôt,
03:25qui disait, pour les Iraniens, c'est plus simple.
03:27Parce que, pour les Américains, pour gagner la guerre, il faut écraser le régime.
03:31Pour les Iraniens, pour gagner la guerre, il faut simplement résister.
03:35Vous voyez la différence ?
03:36Dans la perception que le monde a de cette guerre.
03:39Mais la réalité, et on le voit, c'est que Donald Trump,
03:42que tout le monde commente comme un homme pressé, rapide,
03:46qui ne pense qu'à son électorat, qui ne pense qu'aux réseaux sociaux,
03:49depuis le premier jour de cette guerre, en fait, il avance et il avance encore.
03:53Il faut quand même le dire.
03:54Il a rappelé d'ailleurs qu'il avait le temps, finalement.
03:55Oui, voilà.
03:56Il a dit, d'ailleurs, il y a quelques jours, finalement, j'ai le temps.
03:58En fait, il a quand même, pardon, changé sa doctrine sur ce point-là,
04:00parce qu'il promettait une guerre en six semaines au début, souvenez-vous.
04:03Et puis maintenant, il a le temps.
04:04Sur ça, vous avez totalement raison.
04:06Il a eu tort de donner l'agenda.
04:08Quand on fait la guerre, on ne donne pas l'agenda.
04:11Mais visiblement, il a dit ça pour assurer les marchés,
04:14ce qui a marché les premiers jours.
04:15Si vous vous souvenez, ça a fonctionné au début,
04:17lors de la panique qui a eu lieu de la guerre.
04:19Aujourd'hui, ça ne fonctionne plus du tout.
04:20On voit bien qu'il dit tout et son contraire.
04:23Mais en tout cas, ce soir-là, ces négociations, pour moi, ça ne dit rien.
04:26D'autant plus, on ne parle pas du tout d'uranium, de missiles balistiques.
04:29On ne parle pas d'uranium.
04:31Lié le conflit au Liban avec ce qui se passe en Iran,
04:34pardon, mais ça n'a rien à voir,
04:35puisque avec le Liban, c'est un conflit territorial entre Israël et le Hezbollah,
04:40qui pilonne les villages du nord d'Israël avec ses missiles.
04:42Donc, c'est encore autre chose.
04:43Mais c'était déjà une ligne rouge pour les Iraniens.
04:47C'était déjà une ligne rouge.
04:48Donald Trump avait même pressé Benyamin Netanyahou de mettre fin au combat
04:52pour pouvoir éventuellement discuter de cet accord avec les Iraniens.
04:56Ça faisait partie des lignes rouges.
04:57Et on voit bien qu'en fait, alors qu'il y a des discussions avec les Iraniens,
05:00du côté de l'armée israélienne et du Hezbollah,
05:02les affrontements ont lieu tous les jours, malgré le cessez-le-feu.
05:05Donc, on voit bien que ce sont deux fronts qui vont se régler
05:07de manière totalement différente.
05:09Et puisqu'on parle du front libanais,
05:11n'oubliez pas qu'en ce moment, il y a de vraies négociations de paix,
05:13très sérieuses, qui sont en train de se faire entre Israël et le Liban,
05:17puisque la guerre, elle est entre le Hezbollah et Israël,
05:19pas entre le Liban et Israël.
05:20Et si ça se trouve sur ce front-là,
05:22on trouvera une solution bien plus rapidement,
05:24je suis peut-être un peu trop optimiste,
05:26mais que par rapport au front iranien.
05:29Dans la proposition iranienne.
05:30En tout cas, ces accords-là, je ne vois pas ce qui est recevable.
05:33Est-ce que le dégel des avoirs, une compensation,
05:35allègement des sanctions, ça serait recevable par les Américains ?
05:39C'est-à-dire que, ok, on fait ça,
05:40mais en échange, on va vous demander quelque chose sur les missiles balistiques.
05:43Il commence par la fin.
05:44L'allègement des sanctions, c'est la conséquence d'un accord
05:48qui permettrait de restituer le nucléaire,
05:50de renoncer aux balistiques,
05:51et accessoirement, de renoncer aussi à vouloir éliminer
05:54le grand Satan et le petit Satan.
05:56Là, on commence par la fin.
05:57Ça n'a aucun sens.
05:59Michel Lezanski, les Etats-Unis proposent un cessez-le-feu de deux mois.
06:01Ça veut dire qu'on peut, comme ça, éternellement,
06:04stopper la guerre, temporairement,
06:06se faire des propositions de part et d'autre
06:08qui n'aboutissent pas.
06:09On va où comme ça et jusqu'à quand ?
06:11Tout simplement parce que vous avez vu que Piquexet,
06:13vis-à-vis du Congrès américain, a dit...
06:16Est-ce que vous avez fait l'Américain la guerre ?
06:18On n'est pas à 60 jours de guerre,
06:19donc on n'a pas besoin de venir devant le Congrès,
06:21puisqu'on a fait 40 jours...
06:23Oui, considère que le cessez-le-feu, en fait,
06:25a mis fin aux hostilités.
06:26Et le cessez-le-feu de 20 jours a mis fin aux hostilités.
06:28Et donc, ça laisse aux Américains, un, la possibilité
06:31de faire des projections militaires,
06:33de se préparer à tout ce qui est aujourd'hui énoncé
06:36en termes de nouveaux armements.
06:37Parce que vous imaginez bien que l'information
06:40que vous diffusez là,
06:41les Américains l'ont d'un point de vue satellitaire,
06:43que les Israéliens l'ont du point de vue du renseignement,
06:45que tout ça est cartographié, analysé par le CENCOM
06:49et qui ne sont pas aveugles de tout cela.
06:51D'accord ?
06:52Donc, ils sont en train de préparer, eux, leurs petits jeux,
06:54si je peux même, les World Games, de leur côté.
06:58Et de se dire, du point de vue de la politique américaine,
07:01on peut encore jouer le temps.
07:03Parce qu'on a encore, aujourd'hui, ce temps-là.
07:06Et ce temps-là, on verra bien, c'est du statu quo.
07:09Et puis, sur le côté proche oriental israélien et libanais,
07:13on va voir comment ça avance.
07:15Moi, je ne suis pas sûr que demain,
07:16sur le seuil de la Maison-Blanche, même si je le souhaiterais,
07:20il y ait d'un côté Joseph Aoun et de l'autre côté Benjamin Netanyahou
07:23qui sont en train de signer une paix.
07:24Je ne pense pas que ce sera aussi facile que cela.
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