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  • il y a 14 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.

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Transcription
00:00On va revenir sur la guerre en Iran, 53ème jour de guerre, avec un cessez-le-feu qui a été
00:07repoussé de 24h.
00:08Mais ce soir, il y a confusion, puisque du côté des Etats-Unis, on dit que ce cessez-le-feu
00:13doit expirer dans la nuit de mercredi à jeudi.
00:16À l'instant même, les Iraniens expliquent que pour eux, le cessez-le-feu expire cette nuit, à 2h du
00:23matin.
00:23Igor Saïri est avec nous, l'un de nos envoyés spéciaux. Il est du côté d'Abu Dhabi pour BFMTV.
00:30Rebonsoir Igor. On a du mal à comprendre pourquoi tout d'un coup, l'Iran nous explique que finalement, pour
00:36eux, le cessez-le-feu, comme prévu, cesse cette nuit.
00:43Écoutez, depuis plusieurs jours, en réalité, les contradictions vont bon train entre les Etats-Unis et l'Iran.
00:50Depuis, en réalité, ce double blocus installé par l'Iran dans ce détroit d'Hormuz et le blocus américain installé
00:57un peu plus à l'est dans la mer d'Arabie.
01:00Ce que l'on comprend de la part des Iraniens, c'est que la pression américaine n'est pas acceptable.
01:07Encore Donald Trump, tout à l'heure, parlait de libérer cette femme condamnée à mort en Iran pour éventuellement commencer
01:16les négociations.
01:17Mais tout cela reste insupportable pour le régime qui, lui, ne souhaite pas réduire son programme nucléaire,
01:25ne souhaite pas que les Etats-Unis libèrent totalement ce détroit d'Hormuz.
01:31Les Iraniens ont bien compris le levier aujourd'hui qu'ils maîtrisent sur l'économie internationale.
01:38Et on a du mal à voir ce régime iranien, notamment à travers la voie des Iraniens de la Révolution,
01:45beaucoup plus sévère, beaucoup plus dure, beaucoup plus dans la colère,
01:49renoncer à toutes ces exigences qu'ils ont, eux, de leur côté,
01:53et répondre à Donald Trump qui ne cesse de les menacer,
01:57notamment dans ce qu'ils appellent leur intégrité, leur légitimité,
02:01pour avoir du programme nucléaire enrichi ou même pour pouvoir passer librement dans ce détroit d'Hormuz.
02:09Cela veut dire clairement que la menace américaine est plus que jamais d'actualité
02:13la reprise des bombardements et une fermeture encore plus complète du détroit d'Hormuz,
02:20ce qui, effectivement, n'est pas une bonne nouvelle non plus pour les pays du Golfe
02:25qui se préparent, eux aussi, de fait, éventuellement, à des tirs de drones et de missiles sur leur territoire.
02:31Merci, Igor Saheri, avec Morgane Dumont pour BFMTV à Abu Dhabi.
02:35Donc là, on voit que les Iraniens, pour eux, finalement, le cessez-feu n'a pas été reporté.
02:39Il se termine cette nuit comme prévu, alors que Donald Trump nous avait annoncé
02:43qu'il avait accordé 24 heures supplémentaires, donc pour la nuit de mercredi à jeudi.
02:49Ça veut dire quoi, Jérôme Pays-Srandi ?
02:51C'est-à-dire que si c'est le feu s'arrête cette nuit, c'est que la guerre reprend
02:54?
02:55Ça veut dire que…
02:56Du côté iranien, et donc sans doute aussi du côté américain.
03:00Ils considèrent qu'ils sont en droit ou en mesure d'eux, je veux dire plutôt en mesure d'eux,
03:05de reprendre les hostilités.
03:07Donc, s'agit-il de taper sur les États du Golfe ?
03:11C'est encore une nouvelle nuit d'incertitude.
03:13Mais quel est l'intérêt pour les autorités iraniennes de faire ça, en fait ?
03:17Ils ne sont quand même pas en position de force.
03:19Ils ont face à eux l'armée américaine ?
03:22Je sais bien, mais c'est le sentiment de fuite en avant.
03:28Alors, est-ce que ce sont les durs qui l'ont emporté à Téhéran en disant
03:32« on a réussi à survivre, on va continuer » ?
03:37Bon, voilà, c'est une nouvelle nuit d'incertitude qui impacte non seulement, bien sûr, la région,
03:44mais qui impacte le monde entier avec les conséquences économiques dont on a parlé.
03:50Donc, on joue… Enfin, non, même, on ne joue pas assez.
03:55On est sur une ligne de crête et qu'est-ce qui va se passer dans les heures à venir
03:58?
03:58C'est juste impossible. Sachant que Judy Vance n'est pas parti d'après…
04:03– Bah là, il ne va pas partir.
04:04– Pardon, Michel Polacco, si les Iraniens disent « façon pour nous,
04:08le cessez-le-feu s'arrête cette nuit », on imagine bien que les Américains
04:12ne vont pas prendre l'avion pour Islamabad et que les Iraniens ne seront pas au Pakistan
04:15dans les heures qui viennent.
04:17– Je crois que c'est très difficile de vous répondre parce qu'ils sont tous capables
04:21de faire des choses que nous ne sommes pas capables d'anticiper.
04:25Entre les déclarations de Trump, l'amour propre de Judy Vance,
04:30qui évidemment ne va pas arriver pour se retrouver seul au Pakistan
04:34où ils n'avaient pas envie de rester très longtemps.
04:37Les Iraniens qui, quelque part, essayent de jouer un peu le temps
04:41pour voir en face comment ça réagit, parce que c'est quand même intéressant
04:44de voir comment les Américains réagissent.
04:47Est-ce que les Américains, à l'heure fatidique de fin du cessez-le-feu,
04:51qu'on a un peu de mal à déterminer à cause des décalages horaires,
04:54parce que ce n'est pas si simple que ça,
04:56est-ce que les Américains vont décider « bon ben voilà, l'heure est tombée
04:59et on repart en bordée ».
05:01– Au départ, ils avaient dit « non, on donne 24 heures de plus ».
05:05– Oui, mais les 24 heures, ça y est, on peut arriver.
05:07– Voilà, maintenant, les 24 heures sont terminées.
05:09Les Iraniens disent « ça se termine cette nuit, deux heures ».
05:11– On arrive au terme des 24 heures, à partir du moment où on arrive
05:13au terme des 24 heures, qui va tirer le premier ?
05:15– Non, mais je pense qu'Olivier a raison, c'est-à-dire qu'en fait,
05:19le signal adressé à Washington, c'est si le cessez-le-feu s'arrête
05:23et qu'il n'y a pas d'accord, à ce moment-là,
05:25le vice-président ne prend pas l'avion pour Islamabad.
05:27– Ah oui. – Mais ce n'est pas forcément la reprise des combats
05:30et en tout cas le déclenchement d'une nouvelle guerre.
05:32– Mais ça veut dire que ce n'est pas la reprise des pourparlers
05:36entre les Américains, Iraniens ou Pakistan.
05:37– Mais je dirais que, compte tenu de l'horaire qui est donné,
05:40c'est-à-dire 2 heures du matin, heure de Paris,
05:42c'est-à-dire 20 heures de Washington, rappelons-le,
05:45c'est l'horaire initial fixé par le CCE, par Donald Trump lui-même.
05:49– Oui, c'était ce qui était prévu au départ.
05:50– C'est ce qu'une vision sur l'antenne depuis…
05:51– Donc les Iraniens tiennent le calendrier,
05:54ils ne veulent pas de prolongement ou de prolongation du CCE.
05:56– Voilà, donc c'est une façon pour eux d'afficher une rigueur
05:59et une détermination et ça s'inscrit dans la guerre des nerfs
06:02à laquelle on assiste depuis maintenant, je dirais, 3 jours,
06:06qui a été déclenchée par Donald Trump lui-même,
06:08qui est celui qui est intervenu de façon extrêmement erratique
06:13en disant beaucoup de choses et en menaçant les Iraniens,
06:16ce qui a dû évidemment profondément agacer les Iraniens
06:19en se disant mais qu'est-ce qu'il fait ?
06:20– Donc l'idée c'est que l'Iran met à son tour la pression sur les États-Unis,
06:26on verra dans les heures qui viennent ce que dit la Maison-Blanche,
06:28il y aura un briefing de la porte-parole de Donald Trump
06:31vers 19h, heure française,
06:33et puis je pense qu'il y aura des réactions politiques dans la soirée,
06:37donc ça nous laisse jusqu'à…
06:38– Et peut-être une reprise de la guerre 7-8, pardon,
06:41tout est possible.
06:42– Alors si, si, non, je rappelle que Trump a prolongé l'ultimatum de 24 heures.
06:47– Oui, mais les Iraniens peuvent taper en premier, c'est pas…
06:49– Mais est-ce que vous imaginez les Iraniens, ça fait 2 heures du matin ?
06:51– Pardon, mais depuis 53 jours, tous les scénarios sont sur la table,
06:54c'est difficile, de voilà, il faut être quand même très prudent et très modeste.
06:59– Ce que je disais…
07:00– C'est un scénario possible.
07:01– Alors on ne peut pas exclure en effet qu'il y ait,
07:04je dirais quelques tirs de la part des Iraniens,
07:07qu'ils actionnent leur vedette rapide,
07:09qu'ils essayent de prendre d'assaut un navire américain, etc.
07:13– Si ce sont les durs qui ont pris le pouvoir finalement en Iran,
07:17c'est-à-dire les jusqu'aux boutistes, ils peuvent le faire.
07:21– Oui, mais ce n'est pas forcément ce qu'ils feront,
07:24parce que je l'inscris encore une fois plutôt dans cette guerre des nerfs
07:28et comme un élément supplémentaire de pression,
07:30mais effectivement, s'il n'y a pas d'accord,
07:32à ce moment-là, côté américain, on est prêt à reprendre les combats,
07:37ça c'est une certitude.
07:37Est-ce que les Iraniens pourraient prendre le risque ?
07:40Vous savez qu'au cours des dernières heures,
07:41Donald Trump les a à nouveau accusés d'avoir rompu le cessez-le-feu à plusieurs reprises.
07:45Donc du point de vue américain, le cessez-le-feu ne tient pas.
07:48Donc on est dans ce contexte-là qui est très tendu.
07:51– Amiral, la guerre peut reprendre maintenant dans les heures qui viennent ?
07:57– Oui, bien sûr qu'elle peut reprendre, moi je pense.
08:01Bon, les Iraniens veulent donner l'impression
08:03qu'ils sont capables aussi de maîtriser le calendrier,
08:06parce que c'est probablement ça aussi,
08:08il y a un jeu très subtil entre eux,
08:11donc c'est peut-être aussi pour montrer qu'ils peuvent maîtriser aussi l'agenda,
08:15ils peuvent le prendre à leur compte
08:18et peut-être lancer effectivement la guerre dès la fin de l'ultimatum en cours.
08:24C'est peut-être possible, on ne sait pas.
08:30C'est vrai que du point de vue réaction contre les bâtiments américains,
08:35c'est zéro, puisque la marine iranienne n'existe plus.
08:39Là où ils ont encore un petit peu de marine, c'est la marine des moustiques,
08:45qui sont quand même…
08:46– C'est des petits bateaux là.
08:47– Voilà, alors ce n'est pas très dangereux,
08:49parce que bien évidemment les américains ne vont jamais rentrer dans le golfe,
08:52donc c'est évident qu'ils ne vont pas aller rentrer dans le golfe,
08:54mais ils peuvent chatouiller quand même pas mal de bateaux sur place,
08:58provoquer, donner la pression de maîtriser un petit peu.
09:01Et puis pour le reste, on ne sait pas très bien,
09:03pour le reste on ne sait pas très bien ce qu'ils sont encore capables de faire.
09:06– À nos verges, vous êtes resté parce que, je rappelle que dans une autre vie,
09:10vous avez été conseillère diplomatique de François Mitterrand,
09:12Sherpa comme on dit.
09:13– Sherpa, oui.
09:14– Et vous avez eu affaire aux Iraniens,
09:16parce que malheureusement le problème iranien n'est pas récent.
09:20Vous avez négocié avec eux.
09:21Est-ce que vous arrivez à les cerner là ?
09:23Parce qu'on a l'impression que c'est quand même eux qui donnent le tempo,
09:25en disant le cessez-le-feu, finalement ils se terminent cette nuit.
09:27– Je crois que Donald Trump a multiplié les provocations.
09:30Et quelque part, pour l'Iran de dire,
09:34mais attendez, moi je n'ai pas besoin de 24 heures de plus et je fais face,
09:37c'est une provocation en réponse à l'état de provocation.
09:40Ils sont assez fiers.
09:42Je rappelle qu'on a vécu quand même l'enfer dans Paris,
09:45parce que les attentats des années 80-90,
09:49c'était beaucoup l'Iran.
09:51Et pourquoi ?
09:52Parce qu'il y avait eu un accord passé dans les années 70,
09:57au milieu des années 70,
09:59sur un Iran, l'Iran du Shah,
10:01pour construire des centrales nucléaires,
10:03et que le Shah avait prêté de l'argent à la France
10:06pour investir dans une future usine d'enrichissement
10:10qui s'appelait Eurodif.
10:11Et on devait livrer de l'uranium enrichi à l'Iran.
10:15Bien évidemment, après 79, la décision…
10:18– Civile, enrichi, civile.
10:20– Théoriquement, civile.
10:21– Et la décision est de ne pas leur livrer
10:25et de ne pas non plus rendre l'argent.
10:27Et ça, je dirais, c'est 10 ans d'enfer.
10:31Donc, le côté iranien utilisant tous les moyens,
10:35alors je dois dire que ce sont d'excellents négociateurs
10:38qui comprennent extrêmement bien les rapports de force,
10:42qui savent bouger, faire semblant de bouger sans bouger.
10:44Enfin, je dois dire que dans les négociations
10:47qu'on a pu avoir dans les différents pays,
10:49ça fait partie des très très très bons.
10:51Et là, je pense que face à Donald Trump
10:53qui change d'avis tous les 24 heures
10:55et même au sein des 24 heures
10:56qui dit des choses totalement contradictoires,
10:58c'est une façon, je pense, de le défier.
11:01– Sous-titrage Société Radio-Canada
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