00:00Le président Trump a quitté Davos, direction les Etats-Unis.
00:04Thierry Arnaud, vous êtes à Davos pour BFM TV, vous avez suivi ces deux jours de Donald Trump.
00:10Et aujourd'hui, il a vu le président Zelensky.
00:12Alors, est-ce qu'on peut dire que la paix avance à Davos ?
00:15En tout cas, elle avance sur un point particulier qui était essentiel aux yeux du président ukrainien.
00:22Ce sont les garanties de sécurité apportées par les Etats-Unis à l'Ukraine.
00:26Alors, de quoi parle-t-on ? On parle dans le cadre de la négociation d'un accord de paix.
00:30Le fait que les Etats-Unis s'engagent très concrètement à garantir la paix en Ukraine,
00:34avec des instruments présents pour notamment garantir le respect de la ligne de front,
00:39pour surveiller le ciel ukrainien.
00:41Le ciel ukrainien, ça a été un sujet majeur de préoccupation dans les conversations de Volodymyr Zelensky aujourd'hui.
00:47Mais l'idée essentielle qu'il faut retenir, c'est que les Etats-Unis s'engagent
00:50pour que, dans l'hypothèse où on parvient enfin à signer un accord de paix,
00:55ils mettent en place des moyens de garantie de sécurité suffisamment forts
01:00et de dégrader Vladimir Poutine et la Russie d'attaquer à nouveau l'Ukraine.
01:03C'est donc un aspect absolument essentiel de la voie vers un accord de paix.
01:07Et de ce point de vue, Volodymyr Zelensky considère que ce sujet est réglé,
01:11que Donald Trump s'est engagé de manière suffisamment ferme, concrète et convaincante.
01:16Donc ça, c'est évidemment très important.
01:18Maintenant, il reste un sujet à trancher qui est évidemment un sujet majeur,
01:23qui est celui des concessions territoriales qui seront demandées à l'Ukraine,
01:26de la position de la Russie.
01:28Est-ce qu'elle sera prête à reculer, à se désengager de certains territoires ?
01:31On a bien compris que pour l'instant, ce n'était pas du tout l'intention de Vladimir Poutine.
01:35Steve Witkoff, l'envoyé spécial de Donald Trump, qui est ici à Davos
01:38et qui va prendre avec Jared Kushner dans quelques heures maintenant le chemin de Moscou,
01:42l'a dit, il reste un sujet à trancher qui est fondamental.
01:45Il n'a pas dit lequel, mais tout le monde a bien compris que c'était cette question des territoires.
01:49En tout cas, du point de vue de Volodymyr Zelensky, on a avancé aujourd'hui
01:53et les États-Unis se sont engagés sur des garanties de sécurité, de défense de l'Ukraine.
01:58On a noté également, Thierry Arnaud, que le président ukrainien s'en était pris à l'Union européenne.
02:04Il déplore le manque de volonté politique de l'Europe envers Poutine.
02:09Pourquoi cette attaque ?
02:12Parce qu'il considère qu'effectivement, l'Europe aurait pu faire davantage.
02:18Alors on peut considérer que ce n'est pas très reconnaissant de sa part,
02:23mais que la pression n'a pas été assez forte.
02:24Et ce qui le gêne, en fait, lorsque vous lisez le détail de ses déclarations,
02:28c'est que l'Europe ne soit pas unique.
02:29Elle ne parle pas d'une voix forte.
02:32Alors on peut considérer que de ce point de vue, il ne s'en prend pas à la France et à Emmanuel Macron.
02:36Il ne s'en prend pas évidemment à Kirsten Hammer, le Premier ministre britannique.
02:39Le Premier ministre britannique et le président français, ce sont eux qui ont formé la coalition des volontaires
02:45pour mettre en place des moyens militaires pour défendre l'Ukraine et garantir la paix là aussi.
02:51Mais il s'en prend certainement davantage à d'autres pays qui sont plus en rentrée.
02:54On pense évidemment à la Hongrie de Viktor Orban en particulier.
02:57Donc c'est plus la désunion de l'Europe et le fait qu'un soutien manque auprès de la part de certains pays européens
03:07qu'il a voulu souligner ici pour dire que les efforts européens globalement manquaient d'unité, de cohésion
03:13et donc de puissance de son point de vue.
03:16Merci Thierry Arnaud.
03:17En direct de Davos avec Bruno Ferrault.
03:19Décidément Amandine Atalaya, l'Europe prend cher depuis deux jours.
03:23Alors critiquée hier par Donald Trump, critiquée aujourd'hui par le président ukrainien,
03:27effectivement on peut se demander si Zelensky est reconnaissant suffisamment
03:31pour l'aide que l'Europe lui apporte quand même depuis plusieurs hivers maintenant.
03:36Il va falloir quand même répondre.
03:38Oui, il y a aujourd'hui d'ailleurs un sommet européen qui est en cours.
03:41C'est le Conseil européen où Emmanuel Macron se rend également.
03:46Et il va être...
03:48Exactement, on va peut-être, on va l'entendre d'ailleurs.
03:50On vivra en direction d'effectivement.
03:50Et il se pose la question de savoir comment l'Europe va réagir maintenant au niveau de la relation transatlantique
03:58et au niveau des sanctions qui sont toujours dans l'air,
04:02possiblement après ce qu'a failli tenter Donald Trump avec le Groenland.
04:07Il y a quand même quelques points de satisfaction si on le prend dans l'autre sens pour l'Union européenne ces derniers temps.
04:14D'abord on a davantage entendu la voix comme ceux d'Emmanuel Macron
04:17qui souhaitent y aller plus fort et qui souhaitent qu'il y ait des ripostes plus importantes.
04:22Et on avait vu, il y a les mots, il y a les images ces derniers jours,
04:24mais Emmanuel Macron brandir la possible arme aussi d'anti-coercition qui pouvait être déployée.
04:31Sauf qu'il n'est pas suivi par tout le monde en Europe.
04:33Il n'est pas suivi par tout le monde, il y a toujours des divisions,
04:36il y a toujours, que ce soit l'Italienne Mélonie, que ce soit le Hongrois Orban,
04:41qui ont tendance, et l'Allemagne, il n'y a pas aujourd'hui de front commun fort
04:46comme on a pu avoir par le passé France-Allemagne.
04:49A l'inverse, il y a en revanche les Britanniques qui sont revenus davantage vers l'Union européenne
04:53et davantage vers la France parce que les Britanniques se rendent compte quand même
04:56que le lien s'est largement plus qu'effrité avec Donald Trump
04:59et donc ça fait un soutien qui, sur ce plan-là, se renforce.
05:05Et Emmanuel Macron, qui longtemps a essayé de prendre la tête du combat européen,
05:10a quand même réussi une percée ces derniers jours.
05:13Avec son discours.
05:14Il s'est fait davantage entendre et puis, ça reste anecdotique,
05:18mais cette fameuse histoire physique des lunettes a pris quand même des proportions incroyables.
05:22Les lunettes de Macron sont devenues le symbole de la rébellion contre Donald Trump dans le monde entier.
05:28Les démocrates américains veulent à tout prix acheter ces lunettes françaises,
05:32les mettre aux Etats-Unis parce que c'est devenu le symbole de ceux qui contestent le président américain.
05:36Exactement. Et il y a même un article très drôle du journal britannique, le Télégraphe.
05:40En politique, le symbole de la communication.
05:42Oui, ce Télégraphe explique d'ailleurs que dans un monde de testostérone,
05:46aujourd'hui, Emmanuel Macron, avec cette image, est devenu le chef de file des testostéronés, entre guillemets.
05:52Pour revenir sur ce que dit le président Zelensky, sur cet accord concernant les garanties de sécurité
05:58que devraient apporter les Etats-Unis le jour où il y aura un cessez-le-feu, c'est une avancée importante ?
06:05Oui, c'est même fondamental. En fait, c'est là-dessus que ça bloquait un petit peu la question de la signature du côté ukrainien
06:09parce que Donald Trump avait dit, et ça avait été dit aussi avec son chef d'état-major,
06:14lors de la réunion d'Abu Dhabi entre... Oui, on le fera, mais il n'avait pas signé.
06:18En fait, les Américains n'avaient pas signé les garanties du fait que le jour où il y aura un cessez-le-feu,
06:23ils resteraient là, ils regarderaient ce qui se passe avec leurs satellites et leurs moyens de renseignement,
06:28et ils appuieraient les troupes d'interposition ou de surveillance européennes.
06:34Et les Européens et Zelensky avaient quand même... Enfin, justement, pas les Européens,
06:38c'est pour ça que Zelensky culinait un petit peu, la coalition des volontaires.
06:42Alors, qui est faite d'Européens, mais pas de tous les Européens, vous avez bien compris,
06:45parce que c'est les Français et les Britanniques.
06:46Donc, on avait vraiment tous intérêt à avoir un engagement clair de...
06:51Pardon, de... de Trump, je vais y arriver, sur cette affaire-là.
06:58D'accord, mais quand la fin de la guerre ? Parce que c'est quand même ça qu'on a tenté.
07:01C'est maintenant... En fait, la problématique, c'est que la balle, maintenant, elle est à Moscou.
07:07C'est-à-dire qu'on est... Bon...
07:08Vous connaissez la réponse à Moscou, hein.
07:10Ça va être ça le problème, c'est que Européens, Ukrainiens et Américains, on est en phase.
07:15Maintenant, la problématique, c'est qu'il faut impérativement que Moscou bouge,
07:19et en quelque sorte, parce que la position de Moscou répétée sans cesse,
07:23tant par Vladimir Poutine que par Sergeï Lavrov, le ministre des Affaires étrangères,
07:27c'est la capitulation de l'Ukraine.
07:29Donc, on va voir, en fait, est-ce que ce que Witkoff et, donc, le gendre de Trump
07:35vont pouvoir négocier, parce qu'il faut obliger Moscou à réellement discuter
07:42et ne pas exiger la capitulation pure et simple de l'Ukraine.
07:45Donc, la balle, maintenant, elle est vraiment dans le...
07:47Elle est toujours le sort, quand même, des territoires qui ont été conquis par les Russes.
07:51C'est ça qu'ils vont discuter.
07:52C'est là ce qu'il dit, que le sort des territoires n'est pas réglé.
07:55Oui, alors ça, c'est hyper... ça, c'est aussi très compliqué.
07:59Alors, en gros, en off, tout ce qui est aujourd'hui occupé par les Russes,
08:04bon, bah...
08:05Rétra-Russes ?
08:06Enfin, disons que c'est occupé par les Russes.
08:09La problématique, c'est que Moscou, il en veut plus.
08:11Et c'est ça, la difficulté.
08:12Ce qui se passe là, ce que va discuter Vitkov et la proposition qui va être faite aux Russes,
08:16alors je pense qu'ils la refuseront, mais c'est ça qui est en train de discuter.
08:19En fait, ce que Trump disait, c'est qu'on va faire une zone démilitarisée dans le Donbass.
08:23C'est-à-dire, dans la partie que les Ukrainiens occupent encore
08:26et dans une partie que les Russes occupent.
08:28C'est-à-dire, l'idée, c'était de dire, vous reculez tous les deux.
08:30Et là, on fait une zone démilitarisée, que lui, il n'appelle pas une zone démilitarisée,
08:33il appelle ça une zone franche.
08:34Et qui sera surveillée par qui ?
08:35Qui sera surveillée par les Américains.
08:37D'accord.
08:37Et avec une capacité de faire du business dedans.
08:41Et le problème, c'est que les Russes ne veulent pas en sortir.
08:43Eux, ils disent, on veut bien la zone franche, mais les Ukrainiens en sortent,
08:47mais nous, on y reste.
08:48Et là, il y a un petit sujet.
08:50Bon, merci de ce point sur les négociations du jour à Davos
08:54entre Donald Trump et le président Volodymyr Zelensky.
08:57La balle, on l'a compris, va donc aller maintenant dans le camp de Moscou.
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