- il y a 3 mois
Chaque week-end, Anne Seften et Dominique Tenza vous accompagnent de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
Catégorie
📺
TVTranscription
00:01Générique
00:11Bonsoir à tous, soyez les bienvenus dans BFM Grand Soir.
00:14A la une, la tension qui s'accélère au 64ème jour de cette guerre au Moyen-Orient,
00:18avec Téhéran qui ce soir dit ne rien céder face à la pression américaine.
00:22L'Iran se dit prêt à reprendre la guerre ou bien à privilégier la diplomatie pour mettre fin au conflit.
00:27La balle est dans le camp des Etats-Unis.
00:30Voici ce que déclare le vice-ministre des Affaires étrangères iranien ce samedi soir.
00:34Même chose côté américain, pulvérisé, l'Iran est une option, affirme Donald Trump en cas de non-accord.
00:41État d'esprit résumé ce soir par ces deux images fortes.
00:44Regardez le président américain, Bayon en forme de détroit d'hormuz sur la bouche qui s'affiche en grand dans
00:49les rues de Téhéran.
00:49Et de l'autre, ce même président qui affirme, dessin à l'appui sur son réseau social, avoir toutes les
00:55cartes en main.
00:55La balle est donc ce soir dans le camp des Etats-Unis, affirme l'Iran après que Donald Trump a
01:01rejeté hier la dernière proposition formulée par le régime,
01:04affirmant ne pas être satisfait.
01:06On vous retrouve à Téhéran, Syavash Ghazi.
01:08C'est le vice-ministre iranien, rappelons-le, des Affaires étrangères, qui a pris la parole.
01:12Il assure que l'Iran est pleinement prêt à faire face à toute agression.
01:16C'est le vice-ministre iranien des Affaires étrangères qui a fait cette déclaration.
01:20Nous avons présenté notre proposition aux Pakistanais pour mettre fin à la guerre.
01:26Maintenant, la balle est dans le camp des Américains, qu'il a affirmé.
01:30Donc, on n'a pas de détails sur ces dernières propositions iraniennes.
01:36Mais ce qu'on sait, c'est que l'Iran ne lâchera pas le contrôle du détroit d'Hormuz.
01:40Il n'est pas question d'abandonner le programme nucléaire iranien.
01:45La représentation diplomatique iranienne aux Nations Unies a même affirmé que l'Iran avait le droit de faire de l
01:52'enrichissement d'uranium
01:54à n'importe quel niveau, tant que son programme est sous le contrôle de l'Agence internationale de l'énergie
01:59atomique.
01:59En ce qui concerne le détroit d'Hormuz, l'Iran a précisé qu'il n'était pas question que des
02:06navires militaires américains ou israéliens traversent le détroit
02:09et que tous les autres navires commerciaux devront payer une taxe à l'Iran pour être autorisés à traverser le
02:16détroit d'Hormuz.
02:17Les Américains n'ont pas de place, n'ont plus de place dans la région, a même affirmé le guide
02:22suprême iranien.
02:22Donc des positions très dures. L'Iran se dit prêt et préparé à une guerre si jamais il y a
02:30de nouvelles attaques américaines contre l'Iran
02:33avec une riposte très large, non seulement contre les intérêts américains, mais aussi contre les installations pétrolières, gazières et pétrochimiques
02:42des monarchies arabes du Golfe Persique.
02:45Si Siavoche gazille, prêt donc à faire face à une nouvelle agression américaine, poursuite de la guerre ou voie diplomatique,
02:51Téhéran se dit prêt. Benjamin Pétrovert, est-ce qu'il se prépare vraiment les Iraniens ou espère-t-il encore
02:57un accord et une paix ?
02:59On voit bien qu'on est dans un jeu de communication et vous l'avez vu notamment avec ces cartes
03:02de Donald Trump,
03:03mais on voit mal comment les négociations peuvent se poursuivre dans la mesure où les partis ne sont absolument d
03:08'accord sur rien.
03:10Quand on revient sur les origines de cette guerre, l'intention d'origine c'est mettre à bas la menace
03:14du nucléaire iranien,
03:15la menace d'un régime et également la menace du balistique, un pays qui menace de rayer l'État d
03:20'Israël de la carte.
03:21C'est aussi ça l'origine de cette guerre. Or, il s'est rajouté un quatrième paramètre qui est aujourd
03:26'hui libéré le détroit d'Hormuz.
03:27Et on voit bien que dans ce qui serait cette proposition iranienne, même si on n'a pas tous les
03:31détails, tout serait désormais un petit peu mélangé.
03:36Côté israéliens et américains, on se prépare à une offensive massive.
03:40Il faut rappeler qu'en l'espace de 24 heures, il y a quelques 6500 tonnes d'équipement qui sont
03:45arrivées en Israël,
03:45aux portes d'Ashdod et aux portes de Haïfa.
03:47Donc, est-ce qu'on est là dans la dissuasion, en train de dire vous avez intérêt à négocier vite
03:53parce que sinon on repart à l'attaque ?
03:55Avec la présence aussi d'avions ravitailleurs, nos équipes les ont filmés sur l'aéroport de Tel Aviv à Ben
03:58Gurion.
03:59Absolument, vous avez tout à fait raison de le préciser.
04:01Donc, est-ce qu'on est juste dans la dissuasion en disant négocier vite et bien sinon on repart à
04:05l'attaque ?
04:06Ou alors, est-ce qu'il y a vraiment une opération qui est en train de se jouer,
04:09sachant que ces derniers jours, les coups de fil entre Netanyahou et Trump ont été assez nombreux ?
04:14C'est une vraie question. De mon côté, je me demande simplement, si ce n'est pas la reprise des
04:19combats, c'est quoi ?
04:20Quelle est l'alternative pour faire bouger une situation où personne visiblement ne veut bouger ?
04:26Vous n'en voyez pas d'alternative à la guerre ?
04:27Je m'interroge, peut-être qu'ici en plateau certains en ont,
04:30mais je ne vois pas quelle est l'alternative aujourd'hui dans la mesure où les négociations ne donnent absolument
04:34rien.
04:35Et précisons-le que ce sont les tenants d'une ligne dure qui sont aujourd'hui à la tête du
04:40régime iranien.
04:41Pierre Berthelot, quand l'Iran dit que la balle est dans le camp des États-Unis,
04:44est-ce que la balle est-elle vraiment dans ce camp-là ?
04:46Est-ce que l'Iran peut, elle, à un moment donné, décider de passer le premier, justement, à la poursuite
04:51des combats ?
04:52En disant déjà, et les gardiens de la révolution l'ont déjà dit,
04:55le blocage de notre blocus dans le détroit d'Ormouz, c'est considéré comme une violation du cessez-le-feu
04:59?
05:00Je ne pense pas qu'ils partiront les premiers à l'offensive,
05:03sauf s'ils ont des informations d'une attaque imminente.
05:05Bon, ça, c'est autre chose.
05:06Parce qu'aujourd'hui, en fait, la stratégie iranienne, du régime iranien, c'est toujours la même.
05:11C'est en fait faire porter le chapeau aux États-Unis à Israël.
05:13C'est-à-dire que c'est eux les agresseurs et que nous, nous sommes une nation innocente, agressée.
05:19Voilà.
05:20Donc, ils n'ont aucun intérêt.
05:21Et d'ailleurs, ce qui vient d'être dit ici, c'est-à-dire qu'en gros, on est prêt
05:25à la diplomatie.
05:27On a envoyé hier 14 propositions.
05:29C'est toujours faire passer les Américains pour, finalement, le mauvais camp.
05:33C'est-à-dire que c'est les Américains qui ne veulent pas négocier, qui veulent une capitulation.
05:37Nous, on est prêts à faire des concessions.
05:39On est prêts à discuter.
05:41Et d'ailleurs, le départ précipité de Vence à Islamabad il y a quelques semaines va un peu dans cette
05:46ligne.
05:47Donc, c'est-à-dire, finalement, c'est les Américains qui ne veulent pas négocier, qui veulent une capitulation,
05:52ce qui est bien sûr impossible pour nous.
05:53Mais nous, on est prêts à faire des choses.
05:55Donc, c'est ça le message iranien.
05:57On n'est finalement pas les méchants qu'on décrit.
06:00Donc, c'est toujours un message, d'ailleurs, qui est d'une part vis-à-vis de l'opinion publique
06:05iranienne
06:05et surtout de l'opinion publique internationale et notamment américaine.
06:09Parce qu'ils savent très bien qu'il y a des échéances électorales, qu'il y a des dates symboliques,
06:13le 4 juillet, les 250 ans de l'indépendance.
06:16Donc, voilà, c'est un peu...
06:18Ils essayent de renverser, finalement, la situation du point de vue de la propagande.
06:23de leur côté, alors que, bien, depuis des décennies, c'est l'Iran qui est présenté comme la menace pour
06:30le Proche-Orient.
06:30Donc, voilà, c'est de bonne guerre, d'une certaine manière.
06:33Jérôme Poirot, j'aimerais avoir votre avis sur cette information de dernière minute que nous donne Al Jazeera.
06:38Le ministre des Affaires étrangères iranien, donc Abbas Arachi, et Français, Jean-Noël Barraud,
06:43se sont entretenus par téléphone ce soir et ont discuté des développements régionaux liés à la guerre.
06:49Arachi a notamment informé Jean-Noël Barraud des efforts de l'Iran pour mettre fin à la guerre.
06:54Un coup de fil entre la France et l'Iran, à quelques heures, peut-être, de la reprise de nouvelles
06:58frappes.
06:59Comment vous interprétez ça ?
07:00C'est une bonne chose que la France tente de prendre une place, qu'elle n'a guère eue jusqu
07:05'à présent,
07:06dans les discussions indirectes, il est vrai, entre l'Iran et les États-Unis.
07:10Donc, si la France arrivait à obtenir quelque chose à la fois des Iraniens et des Américains,
07:15ce serait une très bonne chose.
07:17Je doute, et je vous rejoins entièrement, sur le fait qu'il puisse y avoir de véritables négociations
07:25entre les deux partis, les Américains et les Iraniens, et un quelconque accord.
07:30Leurs positions sont irréconciliables.
07:32Mais l'effort français du ministre des Affaires étrangères est une bonne chose.
07:37Plus il y a, à mon sens, d'interlocuteurs qui dialoguent et qui tentent d'apaiser la situation d'une
07:43part
07:43et de pousser les partis à trouver une solution, meilleur c'est.
07:47Est-ce que c'est une manière aussi, pardon, pour la France de prendre aussi ses distances,
07:51encore un petit peu plus, avec la politique américaine et la position de Donald Trump ?
07:55Oui, peut-être, mais comme on ne connaît pas le détail de la conversation que Jean-Noël Barou a eue
08:00avec son homologue iranien, c'est difficile de le dire.
08:03Mais effectivement, on pense sans doute à Paris, que ce soit à l'Élysée ou au Quai d'Orsay,
08:08que la position américaine est excessive.
08:11Man Taraj, on voulait décrypter aussi ces images avec vous,
08:14ou celles du vice-président iranien dans les rues de Téhéran aujourd'hui.
08:18Alors, on avait vu le président iranien, il n'y a pas longtemps, aller au contact des vendeurs.
08:23Et bien maintenant, c'est le vice-président iranien, Mohamed Reza Aref,
08:27qui va à la rencontre de la population.
08:29Qu'est-ce que ces images, selon vous, nous disent ce soir ?
08:32Écoutez, c'est des images qui ne sont pas, en tout cas me concernant, surprenantes.
08:36Pourquoi ? Parce qu'il s'agit d'une propagande classique du régime.
08:41Il veut montrer aux yeux de sa population, aux yeux du monde,
08:45qu'il dispose d'un soutien populaire, que les forces sont toujours,
08:49enfin le régime est toujours là, présent.
08:51Il faut savoir que ces rassemblements comme celui-ci, ce n'est pas quelque chose qui est nouveau.
08:58Cela fait depuis, en réalité, le cessez-le-feu, que le régime organise ce type de rassemblement
09:04quasi quotidiennement en Iran.
09:07Il rassemble en fait toutes ses troupes, les familles des milices,
09:12les fonctionnaires et les familles des fonctionnaires,
09:15qui sont pour la plupart contraints de participer à ce type de rassemblement.
09:20Et d'ailleurs, il a été remonté également qu'ils font des distributions alimentaires
09:27de manière à attirer des personnes pauvres qui viennent pour récupérer de la distribution alimentaire
09:35dans cette situation de crise dans laquelle le peuple se trouve avec la pauvreté grandissante.
09:41On en parlera dans un instant avec vous, on parlera aussi de l'oppression, bien évidemment,
09:45et notamment de ce chef d'administration judiciaire qui en profite pour resserrer aussi tout ce qui est oppression.
09:51Mais avant cela, on voulait aussi revenir sur ces deux images.
09:53– Oui, puisque vous parlez de propagande justement, regardez cette autre image aujourd'hui,
09:58elle est assez saisissante, c'est Donald Trump.
10:01Alors la bouche de Donald Trump, baïonnée par un, je ne sais pas ce que c'est,
10:07une forme de baillon en forme en tout cas de détroit d'Harmouz.
10:09Ça s'affiche en grand dans les rues de Téhéran.
10:13Est-ce que c'est un signe aussi de mobilisation populaire, de propagande,
10:17ou c'est une façon peut-être aussi de préparer la population à la reprise de la guerre ?
10:21Comment vous l'interprétez cette photo ?
10:23– Alors les affiches comme celle-ci, c'est quelque chose de très habituel en Iran,
10:28il y en a énormément, et le régime est très inventif en ce qui concerne la propagande.
10:34On a vu notamment des vidéos avec des Legos qui ont été faites pour discréditer Donald Trump en particulier.
10:41Donc c'est totalement habituel ce type d'affichage de propagande en Iran,
10:46a fortiori en cette période de guerre.
10:49Et l'éventualité de la reprise de la guerre, c'est une option qui paraît possible également,
10:55puisque là aujourd'hui, comme on l'a dit à l'instant,
11:00la négociation paraît être dans une impasse.
11:02Donc l'éventualité que la guerre reprenne est une possibilité.
11:05– Ce n'est pas un détail d'avoir transformé ce baillon en forme de détroit d'Harmouz, Pierre Bertolot
11:11?
11:11C'est une manière aussi de dire, sur ce point-là notamment, on ne lâchera pas.
11:15– Oui, parce que ce que cette guerre a révélé, c'est que finalement maintenant les Iraniens ont deux cartes.
11:20La première carte qu'ils avaient avant, c'était la question nucléaire,
11:24et maintenant ils ont la question détroit d'Harmouz.
11:26Donc ils activent maintenant les deux cartes,
11:29en sachant que finalement, encore une fois, l'objectif final c'est de lever les sanctions.
11:34C'est un moyen finalement, la discussion sur Hormouz, ou même sur le nucléaire.
11:39Je ne pense pas que c'est des fins en soi,
11:41je ne pense pas qu'ils garderont le contrôle d'Hormouz pour les 10 ou 20 prochaines années,
11:47d'autant plus qu'il y a des voies de contournement.
11:48Mais à l'instant T, ils ont ces deux cartes,
11:51ils n'en avaient qu'une avant, ils ont pris des coups,
11:54ils sont affaiblis, mais ils ont ces deux éléments,
11:56et d'ailleurs ils essaient de les dissocier dans la négociation.
11:58On voit qu'ils veulent jouer l'une successivement,
12:01et pas, bien sûr, les deux en même temps.
12:04Donc toute la question elle est là,
12:05et effectivement, on est dans cette guerre de communication classique,
12:09dans laquelle effectivement ils se sont révélés plutôt bons,
12:12si on peut dire, assez surprenants avec ces légaux,
12:15comme on en a parlé.
12:17Mais encore une fois, c'est surtout un message, je pense,
12:19à destination des États-Unis, de la population américaine,
12:22parce que je ne suis pas convaincu que la population iranienne soit totalement dupe.
12:27Voilà, il y a le noyau dur qui soutient le régime,
12:30mais encore une fois, on sait qu'il est minoritaire.
12:32Allez, on y reviendra dans un instant.
12:34L'Iran est pleinement prêt à faire face à toute agression.
12:36Voilà ce que dit ce soir le vice-ministre iranien des Affaires étrangères,
12:39qui a pris la parole.
12:40On va voir avec vous, Pauline Sarafi,
12:42et merci de nous rejoindre.
12:43De quel arsenal disposerait, je dis bien disposerait encore l'Iran ?
12:47Eh oui, alors que Donald Trump affirmait encore hier
12:50que l'Iran n'avait plus rien,
12:52Eh bien, une récente évaluation des renseignements américains
12:55semble montrer le contraire.
12:57Vous allez le voir, l'Iran disposerait toujours
12:59de 40% de son arsenal de drones d'avant-guerre,
13:04également de 60% de ses lanceurs de missiles
13:07et 70% de ses missiles.
13:10Des chiffres conséquents
13:11qui nous portent à se poser la question
13:14de leur stockage.
13:16Eh bien, ce matériel, vous allez le voir,
13:17il est stocké dans des galeries souterraines
13:21d'une ampleur assez stupéfiante.
13:23On voit sur ces images de propagande
13:24des alignements de missiles
13:26dans des couloirs qui font plusieurs kilomètres
13:29et qui abritent également des drones et des avions.
13:32En fait, en trois semaines de cesser le feu,
13:34leur arsenal n'a pas changé.
13:36L'Iran n'a pas eu le temps de fabriquer de nouvelles armes.
13:39En revanche, ils ont eu le temps de se réorganiser
13:41et d'aller chercher toutes ces armes qui étaient enfouies.
13:44Et puis, Pauline, l'Iran qui disposera également
13:48de deux nouvelles armes fatales.
13:51On parle matériel et puis, plus étonnant,
13:53on parle aussi animaux.
13:55Effectivement, Téhéran menace aujourd'hui
13:57d'utiliser d'abord des sous-marins.
13:59Il s'agit en fait de petits engins,
14:01comme vous le voyez,
14:02que l'on appelle des sous-marins de poche.
14:04Ils font 29 mètres de long,
14:06ont une capacité de 5 à 10 personnes maximum
14:09et sont de confection iranienne.
14:12Ensuite, c'est une autre information du Wall Street Journal cette fois,
14:15l'Iran s'apprêterait à utiliser des dauphins porteurs de mines,
14:20une sorte de dauphin kamikaze,
14:22pour tenter de débloquer le blocus naval imposé par Donald Trump.
14:25Grand merci à vous, Pauline.
14:28Michel Derjanski, ce que les Américains n'avaient peut-être pas évalué,
14:31c'est tout cet arsenal qui reste encore.
14:33On parlait hier, par exemple, des nouveaux drones.
14:35Il y avait les Shahed, il y a les Arash.
14:37Il y a ces missiles, il y a ces animaux aussi
14:40qui permettent de faire quelque chose dans le détroit d'Hormuz.
14:42C'est vrai qu'il y a une possibilité de nuisance insoupçonnable,
14:45peut-être aussi, de la part des Iraniens.
14:47Je pense que de toute manière, les...
14:51C'est un petit problème de caméra qui grince,
14:53mais allez-y, on vous écoute.
14:55Pas de problème.
14:57Je pense que l'Iran est passé d'une puissance régionale
15:00à une puissance de nuisance.
15:01Alors effectivement, elle a des armes,
15:03elle pourra faire une guerre de nuisance,
15:04une guerre de résistance, de résilience,
15:06appelez ça comme vous voulez.
15:08Mais là, je lisais une information de Bloomberg et de Morgan
15:12qui dit qu'en fin de compte, aujourd'hui,
15:14il ne reste plus que 22 jours à l'Iran
15:16pour tenir d'un point de vue pétrolier.
15:18Et moi, je pense qu'aujourd'hui, ce que visent les Américains,
15:21ce n'est pas une reprise de la guerre,
15:22c'est simplement une implosion de la gouvernance,
15:25aujourd'hui, au sein de l'Iran,
15:26entre ceux qui voudront sauver le régime
15:29et ceux qui voudront sauver leur portefeuille.
15:31Et est-ce que demain, il y aura un effet thermidor,
15:34vous savez, le 27 juillet 1794...
15:36Avant que Robespierre serait situé.
15:37Robespierre a été décapité et la terreur s'effondre.
15:41Et bien là, aujourd'hui, ce qui se passe à l'intérieur
15:43de la gouvernance, si on peut l'appeler encore comme cela,
15:47iranienne, entre les diplomates...
15:48Ceux qui sont plus nombreux, côté révolutionnaire et Pazdaran.
15:51Oui, mais peu importe.
15:52Je veux dire, l'effet sera le même,
15:54parce que d'un point de vue économique,
15:55aujourd'hui, la question, dans 22 jours pour eux,
15:57ce sera de faire comment on continue à stocker du pétrole
16:00alors qu'on ne pourra plus,
16:01que les puits de pétrole, s'ils ne sont pas vidés,
16:04vont s'assécher,
16:05et que ça veut dire plus d'argent.
16:07Aujourd'hui, il faut rappeler trois chiffres.
16:09C'est 122% de déficit de l'économie iranienne,
16:13c'est 40% de chômage,
16:15c'est 232 milliards de dollars de déficit.
16:18Et une inflation qui culmine à...
16:20Et une inflation qui culmine à 132%.
16:23Ben Tara, je vous y croyez, vous,
16:25à cette théorie comme quoi les États-Unis
16:27voudraient asphyxier finalement le pays
16:29pour faire tomber le régime ?
16:30Parce que ça fait quand même plusieurs semaines
16:32qu'on en parle.
16:33C'est vrai que c'était le plan,
16:34l'un des plans de Donald Trump au début.
16:35Ça fait deux mois maintenant que l'Iran résiste.
16:37Alors, en tout cas,
16:38la stratégie des États-Unis
16:41de bloquer le détroit d'Hormuz
16:43est fortement efficace
16:44d'un point de vue économique
16:45pour les conséquences qui viennent d'être expliquées.
16:47c'est que les exportations du régime de l'Iran
16:52passent à 90% par le détroit d'Hormuz.
16:57Le fait de bloquer ainsi,
16:59et d'ailleurs d'après les données du Wall Street Journal,
17:03la production pétrolière a fortement baissé
17:06avec la guerre de 70%.
17:08Et les capacités de stockage du régime
17:12sont limitées d'après l'agence Kepler.
17:15Aujourd'hui, on est...
17:15Ils viennent de mettre 18 pétroliers en marche
17:18pour stocker 35 millions de barils de pétrole.
17:22À l'issue, il n'y aura plus rien.
17:23Donc, c'est une capacité maximale
17:25de 90 millions de barils en Iran.
17:29Aujourd'hui, on estime qu'entre 12 à 22 jours,
17:31on arriverait à cette capacité maximale de stockage.
17:34Ce qui veut dire que l'Iran va être obligé
17:36de trouver des voies alternatives
17:37pour exporter son pétrole,
17:39soit par voie terrestre, soit par voie ferrée.
17:42Mais en tout état de cause,
17:43ils n'arriveront pas à exporter tout ce flux-là.
17:46Ils vont être contraints
17:47de réduire la production de pétrole,
17:50voire arrêter leurs usines,
17:51ce qui serait extrêmement préjudiciable
17:54parce que refaire partir ensuite les usines,
17:56ce serait très coûteux.
17:57Ça prend beaucoup de temps.
17:58Exactement.
17:59Donc, d'un point de vue économique,
18:01oui, c'est fortement efficace,
18:02ce blocage du détroit d'Hormuz
18:04par les États-Unis.
18:05Ça impacte économiquement très fortement l'Iran.
18:08Justement, dans ce contexte,
18:09Giguerevitch, est-ce que l'Iran peut
18:11se réengager dans une guerre
18:13avec une économie totalement à tonne
18:15et une population qui ne suit plus ?
18:17C'est toujours la réaction du fouf blessé.
18:23C'est-à-dire que, bon,
18:26de toute façon, on n'a plus rien à perdre,
18:28donc on y va.
18:29Ce côté fuite en avant.
18:30C'est ça.
18:31C'est une espèce de fuite en avant
18:34et de sauvegarde de derniers recours.
18:37Mais je ne serais pas aussi optimiste,
18:41je dirais, dans ce théâtre d'opération.
18:46Je ne serais pas aussi optimiste.
18:51En se passant de quel côté, pardon ?
18:52Je me demande optimiste en me disant
18:54que l'Iran va s'effondrer.
18:56Non.
18:56OK.
18:57Ou l'Iran n'en a plus que pour 22 jours.
18:59D'abord, on a parlé de 22 jours,
19:02on a parlé de 30 jours,
19:04on a parlé de 15 jours,
19:05on a parlé de 60 jours.
19:08Tout ça sont quand même,
19:10aujourd'hui, des estimations.
19:12Ce qu'on peut dire,
19:13c'est que la première partie de la guerre
19:16a quand même surpris.
19:18Elle a surpris.
19:19On ne s'y attendait pas du tout.
19:22Personne ne s'y attendait.
19:23Et donc, il ne faut jamais sous-estimer son adversaire,
19:27à mon avis.
19:28C'est dangereux de sous-estimer son adversaire.
19:32Et autant Trump et son entourage
19:35a plutôt une tendance à sous-estimer son adversaire
19:39en disant qu'on va prendre la stratégie du boa,
19:42l'étouffer,
19:43autant les militaires,
19:45et on le voit apparaître dans certains articles de presse,
19:49ne sous-estiment pas l'adversaire
19:51et savent qu'il a des capacités de résistance
19:55tout à fait importantes.
19:57La meilleure preuve,
19:58c'est qu'on sent bien que les États-Unis hésitent.
20:02On hésite à y aller.
20:03Parce que si vraiment,
20:05il y avait aujourd'hui un déséquilibre,
20:08une asymétrie de puissances
20:11vraiment, vraiment importante,
20:13je pense que les États-Unis
20:14auraient déjà commencé.
20:16Depuis longtemps,
20:17auraient déjà commencé.
20:18On sent qu'il y a quand même
20:20une hésitation là-dessus.
20:24Notamment sur l'envoi des troupes au sol,
20:26mais pas seulement.
20:27Mais pas seulement.
20:28Donc, je pense qu'il faut...
20:30Ça peut être une bonne stratégie
20:32de contre-bloquer,
20:34d'avoir ce contre-blocus.
20:36Ça peut être une bonne stratégie.
20:39Est-ce qu'elle sera suffisante ?
20:41Ça, je n'en sais rien du tout.
20:43Et à mon avis,
20:43peu de personnes le savent.
20:45Non, mais pour faire tomber...
20:47Pour faire tomber le régime,
20:48ce n'est certainement pas cette stratégie
20:50qui sera suffisante.
20:51Pour faire tomber le régime,
20:52c'est la population iranienne,
20:54la résistance iranienne à l'intérieur de l'Iran
20:56qui est seule capable
20:57de faire tomber ce régime.
20:58Et il y a eu une réunion, d'ailleurs.
21:00On nous parle d'une réunion.
21:01C'est l'IAS W qui dit
21:02qu'il y aurait eu une réunion
21:02pour justement voir
21:03s'il n'y avait pas
21:04les services de renseignement.
21:04On parle d'une population
21:05qui serait prête à se soulever à nouveau.
21:08Benjamin, après trop vert,
21:09très vite,
21:09parce qu'on va parler économie aussi.
21:10Je vous donne la parole aussi.
21:11Deux choses qui ont été dit
21:12par M. Gourouvitch
21:12qui sont très intéressantes.
21:13D'abord,
21:14on n'en a pas parlé
21:15depuis le début de cette soirée,
21:16mais oui, des soldats au sol.
21:18C'est une vraie question
21:19parce que ça a été évacué
21:20depuis le début de cette guerre.
21:21Or, on voit mal
21:23dans l'histoire de l'humanité
21:24une guerre qui est remportée
21:26par un pays
21:26en se contentant simplement
21:27d'opérations aériennes.
21:29C'est-à-dire qu'à un moment,
21:30il faut qu'il y ait
21:30des soldats au sol.
21:31Alors, on rappelle
21:32que l'Iran,
21:32c'est un pays grand
21:33comme trois fois la France
21:34que cette opération
21:35est extrêmement compliquée.
21:36C'est vraiment l'option tabou,
21:37ça.
21:37C'est l'option tabou ultime,
21:38les soldats au sol.
21:39C'est casse-gueule.
21:40C'est tabou,
21:41mais à un moment,
21:41il faut quand même la poser,
21:42cette option,
21:43si les Américains et les Israéliens
21:44veulent véritablement
21:45remporter cette guerre.
21:46Et puis l'autre question...
21:47Après, ça dépend
21:47de quelle troupe aussi.
21:48Si c'est des forces spéciales,
21:49si c'est un raid,
21:50si c'est un commando.
21:50Et après, on limite ça ?
21:52Est-ce qu'on limite
21:52un Téhéran
21:53pour simplement aller
21:55au siège du pouvoir ?
21:56Mais on voit bien
21:57que l'Iran,
21:57c'est organisé
21:58en pouvoir décentralisé.
21:59Est-ce que c'est
22:00du côté d'Hormuz ?
22:01Il y a mille questions.
22:02Mais c'est une possibilité,
22:03on ne peut pas la négliger
22:04parce que jusqu'à maintenant,
22:05les Américains
22:05ne nous ont pas dit
22:06ce qu'ils avaient envie de faire.
22:07Donc c'est une possibilité.
22:08Ensuite, la question
22:09de l'étouffement économique,
22:10c'est primordial.
22:11Parce que c'est quelque chose
22:12qui est en action
22:13depuis le premier jour
22:14de cette guerre.
22:15Oui, tout le monde
22:16a été surpris,
22:17vous avez raison M. Gourevitch,
22:18par les têtes
22:19qui ont été découpées
22:19le premier jour.
22:20Mais l'étouffement économique
22:21a commencé
22:21dès le premier jour
22:22de cette guerre.
22:23Et on répète
22:24à longueur de temps
22:25que Donald Trump
22:26est pris par ses enjeux
22:27électoraux,
22:28mais c'est en novembre
22:29de l'année prochaine.
22:30On est bien d'accord ?
22:31On a six mois devant nous.
22:32Six mois, c'est énorme.
22:34Les Iraniens,
22:35chaque jour
22:35où l'économie est fermée,
22:37c'est une journée de plus
22:38où le pouvoir
22:39est déstabilisé,
22:41où il peut tomber
22:41du jour au lendemain.
22:42Juste pour préciser,
22:43l'Iran a aussi déjà
22:45fait sa contre-offensive
22:47puisqu'il y a
22:47six corridors terrestres
22:49qui ont été ouverts
22:50avec le Pakistan.
22:51Mais entre des camions
22:52qui vont vers le Pakistan
22:53et des bateaux entiers
22:54qui arrivent
22:55via l'étra d'Ormuz,
22:55évidemment,
22:56les quantités
22:56ne sont pas les mêmes.
Commentaires